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Les charleries

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Ce blogue contient des souvenirs, des anecdotes, des opinions, de la fiction, des bribes d’histoire, des énigmes et des documents d’archives.

Charles-É. Jean

Saint-Mathieu-de-Rioux

par les dates

Par Charles-Édouard  Jean

Page 4/4. Documents de 2013 à 2020

Doc 2013A. Marie-Marthe Fournier

Dans son édition du 6 mars 2013, Info-Dimanche, sous la signature d’Hugues Albert, a publié un article sur une agricultrice impliquée à Saint-Mathieu. Voici ce texte :

 

« Marie-Marthe Fournier affirme que pour réussir en agriculture, il faut une bonne dose de détermination et l’amour du métier. « Mais ça prend aussi une bonne capacité physique et je remercie le Bon Dieu qui a été généreux envers moi à cet égard. »

 

Agricultrice impliquée s’il en est une, la dame de Saint-Mathieu, qui exploite Ferme Masika avec son époux Charles Pelletier et leur fils Simon, et qui possède 50 % des parts dans l’entreprise depuis 2010, est née d’une famille agricole. Elle dit avoir voulu acheter la ferme familiale mais s’est plutôt tournée en 1987 vers celle appartenant à un oncle à l’est du village.

 

En plus d’assumer son rôle de maman de trois enfants et d’être partenaire d’une ferme laitière avec son mari, elle a consacré passablement de temps au développement du milieu agricole et politique, local et régional.

 

Conseillère municipale pendant quatre ans jusqu’en 2009, elle a siégé de nombreuses années au Comité consultatif agricole de la MRC des Basques, été administratrice au syndicat de base des Îlets, fait partie du comité de loisirs de Saint-Mathieu, du comité des parents et du conseil d’établissement scolaire. Elle est encore membre active de l’AFÉAS. « J’ai même pensé à la mairie de Saint-Mathieu, mais je n’avais pas assez de temps … »

 

Elle consacre beaucoup de temps aujourd’hui à la comptabilité de producteurs agricoles de son secteur. Elle avoue que l’implication en milieu agricole lui manque surtout pour l’aspect social de la chose. L’entreprise offre des stages à la ferme à des étudiants de l’ITA de La Pocatière. Marie-Marthe Fournier exerce parallèlement le métier de chauffeure d’autobus scolaire depuis cinq ans.

 

Ferme Masika exploite un troupeau Holstein enregistré de 70 vaches laitières. Autosuffisante avec ses 700 acres de superficie de terre où sont produits des fourrages en quantité et dont les surplus sont vendus au Québec et aux États-Unis, elle produit également des céréales. » (Fin du texte cité)

 

 

Doc 2013B. Jeanne Parent

Jeanne Parent est née le 14 juillet 1927. Elle est la fille de Paul Parent et de Diana Dubé. Après avoir été institutrice, elle épouse Georges Théberge, fils d’Émile Théberge et de Marie-Luce Ouellet, le 7 juillet 1948.

 

Le journal Info-Dimanche lui a consacré un article dans son édition du 27 mars 2013. Le voici :

 

« Jeanne Parent, résidente de Saint-Mathieu-de-Rioux, est une femme de 85 ans dont les valeurs de la famille et de l’entraide sont de la plus grande importance. Impliquée dans différentes organisations telles l’AFÉAS, la fabrique et l’âge d’or où elle est trésorière depuis 27 ans, Madame Parent est animée par la fibre bénévole. « J’aime rendre service aux autres. Je fais tout ce que je peux pour me rendre utile. Ça fait du bien autour et ça me valorise », exprime-t-elle.

 

Cette dame, mère de sept filles, intervient encore régulièrement auprès de son entourage, avec sa famille, ses amis et son voisinage, en toutes sortes d’occasions. Plusieurs personnes malades de son milieu ont pu recourir à ses soins, à son accompagnement et à sa compagnie très appréciée lors de moments difficiles. « Bien que je sois encore très active, j’aimerais diminuer mes activités. Je pense également à déménager pour avoir moins de travail à faire », confie Madame Parent. » (Fin du texte cité)

 

Jeanne Parent a vendu la maison ancestrale Théberge en 2014.

 

 

Doc 2013C. Un citoyen émérite

En décembre 2013, la MRC des Basques décernait à Lorenzo Beaulieu le titre de citoyen émérite de Saint-Mathieu-de-Rioux. Il est le fils de Louis-Jacques Beaulieu et d’Azilda Lagacé qui se sont marié en 1935 et qui ont eu 10 enfants.

 

On a dit de lui qu’il était un homme de cœur et d’action. Sur le site web CIMT, poste affilié à TVA, on pouvait lire sous la plume de Catherine Pellerin :

 

« Connu de tous à Saint-Mathieu-de-Rioux comme ancien propriétaire de l’Auberge 4 saisons et comme un citoyen dynamique, Lorenzo Beaulieu est un homme d’action. Dans les années 1970, il crée avec son frère un restaurant d’été. Suivront un camping, un motel, des chalets et une auberge : l’Auberge 4 saisons. Le succès est là et Lorenzo peut compter sur le soutien indéfectible de ses enfants et du personnel de l’auberge.

 

Mais au-delà de ses occupations professionnelles, M. Beaulieu s’est toujours impliqué dans la vie associative de son village. Sa feuille de route est impressionnante : membre des Chevaliers de Colomb au 3e et 4e degré, membre du Club Richelieu, responsable de la salle paroissiale, marguillier de la fabrique et président du Club des 50 ans et plus de sa municipalité. Malgré toutes ses occupations, il trouve donc du temps pour réaliser des collectes de la Croix-Rouge contre les maladies du cœur. Il est également cofondateur et membre du comité d’organisation du marchethon qui vise à récolter des dons pour la recherche contre le cancer.

 

Pour Lorenzo, l’implication constitue une manifestation concrète de la citoyenneté. S’il continue de s’investir avec autant d’ardeur à Saint-Mathieu-de-Rioux, c’est justement parce qu’il aime son milieu de vie et croit en son potentiel. Mais comme il le précise lui-même, il ne travaille pas seul dans ces projets. De nombreux résidents s’impliquent et sa femme, Noëlla Pelletier, l’encourage et l’accompagne dans ses multiples engagements. Finalement, son principal souhait serait de voir de plus en plus de jeunes s’investir et contribuer au dynamisme de notre belle région » (Fin du texte cité)

 

 

Doc 2013D. Le grès à Saint-Mathieu

Le 2 juin 2013, Info Dimanche publiait, sous la signature d’Hugues Albert, un texte sur une nouvelle entreprise à Saint-Mathieu-de-Rioux. Je me permets de reproduire ce texte.

 

« L’entreprise Les Grès Saint-Mathieu Inc. devrait connaître un très bel essor au cours des prochaines années, selon son promoteur, propriétaire et principal exploitant, Robert Paquette. « Après plus de 10 ans de recherches et d’explorations, nous entamons une nouvelle phase sur des bases solides et prometteuses », indique l’homme d’affaires originaire de Saint-Jérôme, dans les Laurentides. Et qui dit développement dit création de nouveaux emplois.


C’est en 2003 que ce tailleur de pierre professionnel s’est pointé dans cette municipalité des Basques afin d’y explorer le potentiel d’extraction du grès rouge présent sur le Mont Saint-Mathieu. Il relate qu’en 2001, le ministère des Ressources naturelles du Québec a réalisé une étude sur les pierres ornementales commercialisables depuis Forillon jusqu’à Sherbrooke. Ces recherches ont permis de découvrir sur le sommet du site un énorme gisement de grès rouge qui, selon toute vraisemblance, sera pratiquement inépuisable. Le volume en est de neuf kilomètres de longueur par deux kilomètres de largeur et 900 mètres de profondeur.


Au fil des étés passés sur le terrain, M. Paquette dit s’être taillé une part de marché importante au niveau de l’exportation aux États-Unis. « Des firmes de transformation viennent maintenant s’approvisionner des grès basques, qui proviennent de la même formation géologique que le grès d’Écosse et qui servent actuellement de pierres de remplacement pour la restauration de bâtiments. »


Au cours de l’été 2012, trois employés ont travaillé à temps plein dans la carrière. L’entrepreneur ajoute que ce nombre devrait augmenter sensiblement d’ici peu. L’entreprise a aussi reçu l’aide du CLD des Basques et elle souhaite maintenant développer le marché local dans le but d’offrir des produits de revêtement, d’aménagement paysager et de pierre ornementale. Les grès extraits offrent une belle variété de couleurs et d’aspects.


L’homme d’affaires tient à mentionner que sans l’appui inconditionnel à la sous-traitance de Jean-Claude Vaillancourt et son fils Sébastien, de l’entreprise locale J. P. Vaillancourt, il aurait été extrêmement difficile d’élever ce projet à ce niveau.

 

Robert Paquette précise que son seul compétiteur vient d’Écosse. En 2004, il a restauré l’immeuble centenaire de la Banque de Montréal dans le Vieux-Montréal. En 2009, c’était au tour de l’hôtel de ville de Rochester dans l’État de New York d’être recouverte de pierres de grès rouge de Saint-Mathieu. L’an dernier, on a procédé à la restauration de résidences sur le site de l’université de Milwaukee dans le Wisconsin. Ce seul client a nécessité 65 chargements de 32 tonnes sur camions-remorques.


Présentement, Les Grès Saint-Mathieu détient un bail d’extraction exclusif (BEX) sur 100 hectares, c’est-à-dire que tout le sous-sol lui appartient. L’entreprise est autonome pour ce qui est de l’extraction et de la première transformation du produit brut. Elle ne l’est pas encore pour le produit fini, sa prochaine étape de développement.


« Nous voulons développer la pierre d’aménagement paysager, c’est-à-dire pour la confection de trottoirs, murets et marches naturelles. »


L’année 2013 sera difficile pour la pierre ornementale d’aménagement paysager, prévoit Robert Paquette, qui désire développer son marché sur la côte est américaine, le Québec, l’Ontario et les Maritimes. « Une situation qui comporte des inconvénients mais aussi des avantages car il est possible d’acheter de la machinerie de qualité à bas prix, pour la transformation de la pierre notamment. »


Si les choses vont tel qu’il l’anticipe, avec l’achat prochain d’une presse à guillotine à ciel ouvert, l’équipe d’extraction passera à 10 travailleurs. En 2014, il compte réaliser le projet d’établissement d’une usine de transformation qui fournirait de l’embauche à cinq autres personnes. Il est à la recherche d’équipements usagés aux États-Unis et en Europe afin de bien meubler cette usine qui opérerait 12 mois par année. » (Fin du texte cité)

 

 

Doc 2013E. Les chemins pendant l’hiver

Autrefois, à Saint-Mathieu-de-Rioux comme dans plusieurs autres municipalités, l’entretien des chemins ruraux pendant l’hiver était confié aux cultivateurs. Ceux-ci s’engageaient à dégager les routes avoisinant leur demeure.

 

Pour l’entretien des chemins l’hiver, mon père s’était fabriqué une gratte en bois munie de brancards. La gratte était tirée par un cheval. Il utilisait aussi parfois le rouleau qui servait à tasser la terre après les semences. Pendant de nombreuses années, il a ouvert les chemins sur une distance d’environ un kilomètre dans le rang 5. Il était aussi responsable de l’entretien de la route qui menait au rang 6. Cette dernière route était peu achalandée puisqu’elle conduisait seulement à trois terres non habitées et qu’elle servait aussi aux déplacements du gardien attitré à la barrière du club Les Appalaches sur le territoire du Lac-Boisbouscache.

 

Quand arrivait le printemps, chaque responsable devait avec des moyens de fortune y compris la pelle enlever la croûte de neige qui s’était formée au fil du temps par le rouleau, par la gratte ou par les voitures. Il fallait faire fondre la neige le plus rapidement possible. Cela créait des problèmes car tous n’avaient pas la même habileté et le même entrain pour dégager le fond de neige croûtée si bien que la transition du traîneau à la voiture à roues n’était pas très rapide et était variable d’un bout de chemin à l’autre.

 

Au milieu des années 1950, l’arrivée des tracteurs à chenilles a modifié le processus au printemps. La municipalité engageait un entrepreneur qui parcourait tous les rangs pour ouvrir la route avec un bulldozer (bouteur en québécois). Mais c’est le responsable de son bout de chemin qui devait payer pour l’exécution des travaux. La transition était alors très rapide et uniforme. On passait ainsi du jour au lendemain du traîneau à la voiture à roues. Tout le monde attendait cet événement avec impatience.

 

Dans les archives de ma mère, on retrouve une facture datée d’avril 1959 qui se détaille comme suit :

Ouverture de la route du 5e et du 6e rang

9 avril. Route du 5e. Trois heures à 7,50 $ l’heure : 22,50 $.

10 avril. Route du 6e. Une heure à 7,50 $ l’heure : 7,50 $.

Total : 30 $.

 

Ma mère n’était pas très contente quand elle a reçu la facture. Avant de l’archiver, elle y a écrit une note : « On n’avait que 45 $ pour faire l’entretien de la route tout l’hiver ». Un calcul simple nous montre qu’il est resté seulement 15 $ à mon père pendant l’hiver 1958-1959 pour de nombreuses opérations de grattage qui se sont étendues sur une période d’environ quatre mois.

 

Plus tard, le mode d’entretien des chemins pendant l’hiver a été modifié. La municipalité confiait maintenant cette tâche à un déneigeur professionnel qui était responsable de tous les chemins de la paroisse et qui utilisait une niveleuse (appelée gratte dans le langage populaire ou grader d’un calque de l’anglais) ou une souffleuse. C’est la municipalité qui payait la facture. C’était le début du voiturage sur roues à l’année longue.

 

 

Doc 2013F. Déclin de l’agriculture

Michel Jean (1794-1870) fut le premier colonisateur de Saint-Mathieu-de-Rioux. Il s’y installa en 1830 avec sa famille. Quand il y arriva, le territoire de la paroisse était peuplé d’arbres. Il a bûché, essouché, semé du blé, de l’orge et de l’avoine, hersé, engrangé ses récoltes. Il y a transporté des animaux de ferme. Il rêvait sûrement d’un territoire peuplé d’enfants et voué à un développement permettant de nourrir hommes et animaux. Il a vu des routes se construire et sillonner la paroisse dans les rangs 3, 4 et peut-être 5 et 6.

 

Que dirait Michel Jean s’il revenait à Saint-Mathieu aujourd’hui ? Il verrait que le rang 6, habité un temps par Ferdinand Rousseau, s’est transformé en forêt. Il verrait des maisons le long des routes dans les autres rangs, mais moins de granges-étables, moins de hangars, moins de porcheries et moins de poulaillers. Il se demanderait où sont passées toutes ces dépendances.

 

Michel Jean ne sait pas que dans les années 1960 un mouvement de décolonisation a été amorcé par le gouvernement du Québec. Il ne sait pas que la terre de son arrière-petit-fils, mon père, a été achetée par le Gouvernement au début des années 1970. Il ne sait pas que la maison où je suis né a été détruite, de même que tous les autres bâtiments de ferme. Il ne reste que la fondation de la grange. Même le vieux pommier a plié bagage. Il ne sait pas que la terre ensemencée pendant 32 ans par mon père pour faire vivre décemment sa famille se transforme peu à peu en forêt.

 

Il ne sait pas qu’au même moment où le Gouvernement s’apprêtait à fermer le rang 5, il a asphalté la route jusqu’à la demeure de mes parents. Vous vous demandez sûrement pourquoi. C’est qu’il y a là un embranchement qui conduisait et qui conduit toujours au club privé les Appalaches dans le territoire du Lac-Boisbouscache.

 

Par ailleurs, Michel Jean serait étonné de voir un beau village encore habité et qui ne veut pas mourir. Dans son temps, le village n’était formé que d’une dizaine de fermes alors qu’aujourd’hui les maisons sont à proximité les unes des autres comme en ville. Il verrait aussi quelques érablières qui se développent au gré du temps. Il verrait un majestueux lac qui, bougeant paisiblement, peut sembler éternel mais qui doit lutter contre la pollution.

 

Ce que Michel Jean n’avait sûrement pas prévu, il verrait que la municipalité de Saint-Mathieu d’agricole qu’elle était est devenue un lieu touristique privilégié. Il verrait notamment un vignoble, un club de golf, une station de ski, des chapelets de chalets qui agrémentent les deux rives du lac Saint-Mathieu. Le tout assure la stabilité économique de la paroisse.

 

Faut-il s’étonner de voir la forêt reprendre peu à peu l’état qui était sien depuis des siècles et peut-être des millénaires ? Peut-on penser qu’un retour à la terre sera un jour possible ? La réponse est non dans les deux cas. La vie moderne ne peut pas s’enraciner dans des terres peu propices à l’agriculture. Mais, il semble réconfortant de voir les humains cohabiter sereinement de plus en plus avec la forêt.

 

J’admire les gens de Saint-Mathieu qui veulent maintenir leur municipalité malgré la disparition progressive de services de proximité et qui réussissent leur pari.

 

 

Doc 2013G. Réminiscences d’un ancien

Fernand Thibault est né à Saint-Mathieu-de-Rioux en 1938. Il est le fils de Donat Thibault et d’Yvette Rioux. En 1941, son père Donat achète une terre dans le rang 4 à Saint-Mathieu. La terre est située au sud du lac en face de la route menant à Saint-Simon. Fernand y passe son enfance jusqu’à ce que la famille quitte la paroisse en 1951 pour aller s’établir à Beaumont.

 

Dans son site web, Fernand raconte certaines péripéties vécues pendant son enfance. Il y parle du passage du village à la ferme, des terres achetées par son père, de ses parents, des naissances, des voisins, de ses années à la petite école, sans compter des détails sur la généalogie des Thibault. Par le biais, il décrit les mœurs et la façon de vivre de l’époque.

 

Dans son avant-propos, il écrit : « Ce résumé de mes souvenirs depuis ma plus tendre enfance constitue en fait mon autobiographie. Le lecteur, spécialement s'il est quelqu'un qui a vécu cette période ou qui fut témoin de ces évènements, n'aura pas à se formaliser si les souvenirs et les situations que je décris ne sont pas exactement vrais ou précis. Car il s'agit ici de souvenirs déjà lointains, que je décris de la façon dont l'enfant que j'étais, à l'âge que j'avais, voyait et percevait ces évènements ou situations et, analysait les conversations qu'il entendait. »

 

Si vous avez vécu à Saint-Mathieu-de-Rioux pendant les années 1940 ou après, vous revivrez à travers l’auteur certaines situations. Sinon, vous apprendrez comment les cultivateurs et les fils de cultivateurs vivaient à cette époque.

 

 

Doc 2013H. Lac-Boisbouscache

Dans mon enfance, la maison de mes parents au rang 5 de Saint-Mathieu-de-Rioux était située à l’angle de la route qui menait au sixième rang où mon père avait une deuxième terre. De l’autre côté à l’ouest, il y avait une croix de chemin qui avait été érigée en 1941.

 

Un peu avant la croix, il y avait une pancarte indiquant Lac-Boisbouscache. Ma mère m’a expliqué que la route du sixième conduisait aussi à un club privé de chasse et de pêche. Un peu plus tard, la pancarte a été changée pour Club Appalaches. À l’époque, je pensais qu’on avait simplement changé le nom de ce territoire. Mais ce n’est pas tout à fait cela.

 

Lac-Boisbouscache est un territoire non organisé. Il apparaît dans le répertoire des municipalités du Québec. Toutefois, il n’y a pas d’hôtel de ville, pas d’église, pas de magasin général, puisque le répertoire indique qu’il y a toujours 0 habitant. C’est un territoire de 101,8 kilomètres carrés, soit l’équivalent de 10 kilomètres sur 10 kilomètres. Le club Appalaches a été fondé en 1910 et il occupe le territoire du Lac-Boisbouscache.

 

Quand mon père aménagea sur sa terre, il transportait les touristes de la maison jusqu’au club en voiture à cheval, car le chemin était impraticable pour l’automobile. En cours de route, on lui offrait un p’tit coup : ce que mon père ne refusait pas. Craignant les accidents et sous la pression de ma mère, mon père abandonna ces transports. Plus tard, la route fut rendue carrossable.

 

Quand j’étais jeune, les membres du club ou leurs invités, dont la majorité parlaient anglais, arrêtaient souvent à la maison pour acheter du lait, de la crème, des œufs et parfois de petites choses d’usage courant que ceux-ci avaient oublié d’apporter. Ils achetaient aussi des vers de terre. C’était à nous les enfants que la tâche incombait d’aller bêcher la terre pour y trouver des vers. La commande tournait généralement autour de 50 à 100 vers et on payait un sou le ver. Naturellement, c’est ma mère qui récoltait l’argent. Mais nous adorions faire ce travail pour eux.

 

Malheureusement, je n’ai jamais pu entrer sur le territoire du club puisqu’on avait placé une barrière et qu’un gardien en faisait la surveillance. Comme la terre de mon père du rang 6 était bornée au sud par ce territoire, il m’est arrivé quelques fois d’aller aux framboises à la limite de la terre et d’y franchir la frontière.

 

Le club des Appalaches est le dernier club privé de chasse et de pêche au Québec. Une soixantaine de membres ont des droits exclusifs de chasse et de pêche sur ce territoire public. Toutefois, le 14 juin 2013, l’Assemblée nationale adopta la loi 206, une loi qui permettait à la MRC des Basques en partenariat avec la Première Nation Malécite de Viger de mettre sur pied un organisme à but non lucratif dont le mandat serait de créer un parc régional.

 

Éventuellement, après entente avec les membres du club, les deux partenaires pourraient acquérir les droits réels de chasse, de pêche et de piégeage. Mais cela n’est pas encore fait.

 

Qui sont les Malécites ? Ce sont des autochtones qui ne sont pas regroupés en communauté, mais qui vivent dispersés sur le territoire québécois, canadien et américain. La communauté Malécite de Viger est la seule Première Nation Malécite au Québec. Elle dispose d’un territoire situé dans le canton de Whitworth, à 30 kilomètres au sud de Rivière-du-Loup, et d’un petit lot à Cacouna, la plus petite réserve autochtone au Canada. Elle possède des droits ancestraux sur le territoire du Club Appalaches.

 

 

Doc 2013I. Le lac Saint-Mathieu : Un attrait touristique

Le lac Saint-Mathieu a toujours été un objet d’envie pour les visiteurs à cause de l’incomparable beauté de son site. La situation du village sur un promontoire surplombant le lac donne à ce dernier un cachet mystérieux. La richesse et la paisibilité de ses eaux le font valoir comme un lac très recherché.

 

Pour s’en convaincre, on n’a qu’à visiter la longue chaîne de chalets établis sur ses rives au sud-ouest du village. Un véritable village de touristes pointe à l’horizon et donne à la paroisse une vitalité nouvelle au cours des mois d’été. Ce paradis de touristes a été nommé Pointe-du-Lac.

 

Dès 1890, Arthur Buies avait été émerveillé par la splendeur du lac Saint-Mathieu. Dans un rapport au premier ministre Mercier, il écrivait :

 

« Qui a vu le lac Saint-Mathieu en garde longtemps le souvenir. Il est certains traits de physionomie qui, quoique aperçus souvent comme à la dérobée, laissent dans la mémoire une empreinte qui se dessine et s’accentue de plus en plus avec le temps. »

 

Dans le même rapport, il ne manque pas de faire quelques commentaires sur notre paroisse. Voici un extrait : « En arrière de cette dernière (Saint-Simon) s’étend l’intéressante paroisse de Saint-Mathieu, qui n’est constituée que depuis 24 ans et qui paraît avoir un bel avenir devant elle, grâce à l’excellence de ses terres, à la beauté de son site, aux importantes carrières de pierre rouge qu’elle renferme, et dont l’exploitation est à peine entamée, grâce enfin à l’admirable lac qui la traverse à peu près dans toute sa longueur, lac depuis nombre d’années célèbre parmi les sportsmen et reconnu comme l’un des plus beaux et l’un des plus poissonneux de la province … »

 

En somme, le lac Saint-Mathieu est un attrait touristique important et avec tous les autres lacs de la paroisse, Saint-Mathieu est à se tailler une réputation de centre touristique.

 

(Texte écrit en 1966 et publié dans l’Album souvenir du centenaire de Saint-Mathieu)

 

 

Doc 2014A. Un parc régional

Le Lac-Boisbouscache est un territoire non organisé situé au sud de la paroisse de Saint-Mathieu-de-Rioux. De nouvelles avenues se dessinent pour ce territoire alors que la MRC des Basques veut en faire un parc régional en partenariat avec les Malécites de Viger.

 

Marjolaine Jolicoeur a écrit un article sur le sujet dans L'Horizon des Basques. On le retrouve sur le site de l’AMECQ (Association des médias écrits communautaires du Québec) en date du 16 septembre 2014. Il est intitulé Entente historique entre la Première Nation Malécite et la MRC des Basques. Voici des extraits de ce texte :

 

« Anne Archambault, Grande Cheffe de la Première Nation Malécite de Viger et Bertin Denis, préfet de la MRC des Basques, ont signé à Cacouna une entente pour un projet de Parc régional Inter-Nations, le 19 août dernier (2014). La Grande Cheffe Anne Archambault a qualifié l’entente d’historique : « Aujourd’hui est une date importante à retenir car elle exprime un moment d’histoire où la Première Nation Malécite de Viger sera partie prenante des décisions concernant son territoire ancestral. »

 

Situé sur le territoire public de la MRC des Basques, ce projet de parc veut développer une mise en valeur commune du potentiel récréotouristique de ce patrimoine collectif qui s’étend sur 265 km2.

 

Selon le préfet Bertin Denis, les grandes orientations du projet vont s’échelonner sur une période de plus de dix ans et on analysera chaque projet pour sa viabilité financière. « Nous voulons prendre le temps de travailler pour faire du Parc Régional un projet rassembleur ayant pour fondement la vocation multi-ressources de la forêt dans une perspective de développement durable. » Cet engagement commun sera respectueux des milieux naturels et il s’agit d’un projet de territoire habité et non d’une zone de conservation. « Nous allons utiliser l’ensemble des terres publiques pour le bien de tous les citoyens », a ajouté le préfet. Camping rustique, baignade, sentiers pédestres ou de ski de fond, pistes cyclables, réserves fauniques, mise en valeur des sites naturels, de multiples activités de villégiature s’avèrent possibles pour plusieurs municipalités.

 

On retrouve aussi sur le territoire public le Club Appalaches qui détient des privilèges exclusifs de chasse, de pêche et de piégeage, depuis 1910. Parsemé de trente lacs, dont le Lac-Boisbouscache, le club s’étend sur une superficie de près de 150 km2 entre Saint-Mathieu-de-Rioux, Sainte-Françoise et Saint-Médard.

 

Selon un jugement de la Cour d’appel du Québec de 1999, les citoyens (nes) détiennent cependant un égal droit d’accès à cette partie du territoire – même en temps de chasse – pour y pratiquer d’autres activités que celles de la chasse, de la pêche et du piégeage.

 

Ce partenariat entre la Première Nation Malécite de Viger et la MRC des Basques découle de la loi 206 adoptée en juin 2013 leur concédant le droit de créer un organisme à but non lucratif pour l’exploitation d’un parc régional. » (Fin du texte cité)

 

 

Doc 2014B. Des condos à Saint-Mathieu

Il devient de plus en plus évident que la paroisse de Saint-Mathieu-de-Rioux prend de l’expansion. Les infrastructures touristiques sont là pour en témoigner. Voilà que l’hebdomadaire Info-Dimanche, sous la plume de Mario Pelletier, nous apprend que bientôt des condos-hôtels verront le jour au pied du Mont Saint-Mathieu.

 

Il est clair que la paroisse se prépare à recevoir les anciens en 2016 pour commémorer le 150e anniversaire de l’arrivée du premier curé résident, qui coïncide avec l’ouverture des registres paroissiaux. Voici le texte du journaliste publié le 22 décembre 2014 :

 

« Construction B.C.K. Inc. de Saint-Simon-de-Rimouski, dont le propriétaire est Carl Bérubé, a débuté la construction de condos-hôtels au pied des pentes du Parc du Mont-Saint-Mathieu.

 

« C’est un projet de 1,3 million de dollars, soit quatre jumelés pour 8 condos », a mentionné le promoteur. M. Bérubé a acheté les terrains nécessaires pour ce projet par voie de soumission. La MRC des Basques, qui est propriétaire de la station de glisse, a ainsi accordé ce mandat de développement à Construction B.C.K.

 

Ces condos de quatre pièces et demie seront donc érigés au pied de la montagne et permettront une vue sur le lac Saint-Mathieu. « Ils sont à vendre et les acheteurs pourront eux-mêmes décider s’ils veulent les utiliser pour de la location à des plaisanciers », a noté M. Bérubé.

 

« Ces condos de genre chalet sont une nouvelle tendance très populaire dans les stations de glisse », a ajouté Daniel Bouchard, des Habitations Mont-Carleton, entreprise collaboratrice au projet.

 

La construction du premier jumelé a débuté récemment. Les fondations ont d’ailleurs été coulées le 11 décembre. Les deux premiers condos devraient être disponibles vers la fin du mois de février 2015, à temps pour la relâche scolaire. « Pour les autres condos, ce sera selon la demande », a conclu M. Bérubé. » (Fin du texte cité)

 

 

Doc 2014C. Le charbon de bois

Pendant le 20e siècle, la paroisse de Saint-Mathieu-de-Rioux a maintenu un taux enviable de prospérité grâce à un apport industriel important qui est venu compenser le déclin de la ruralité. Une usine de charbon de bois qui opère depuis 1978 en est un exemple éloquent. Les anciens de cette paroisse seront heureux d’apprendre que cette usine emploie près d’une vingtaine de travailleurs. Je me permets de citer un article d’Hugues Albert tiré du journal Info-Dimanche en date de 4 août 2014.

 

« L’usine de Charbon de bois franc Basques produit du charbon d’érable depuis plus de trois décennies. Il ne reste plus que deux usines du genre au Canada, dont celle-ci à Saint-Mathieu. Fondée en 1978, l’entreprise a été acquise en 1988 par Produits forestiers Basques avant de passer aux mains des employés cadres de cette corporation en 2013.

 

On a su y maîtriser l’art de fabriquer un produit de qualité qui est reconnu et convoité par des chefs, des traiteurs et de fins connaisseurs de barbecue et de grillades dans la plupart des grands centres du nord-est de l’Amérique du Nord, que ce soit de Montréal, Boston, Toronto ou New York.

 

Mieux connu sous les marques Charbon de bois francs Basques et Nature’s Own, le produit doit son succès à la combinaison d’une précieuse expérience acquise par ses employés et du choix de sa matière première, principalement des billes de bois d’érable à sucre et de bouleau jaune (merisier). Le charbon de bois produit par Produits forestiers Basques offre un bilan de carbone neutre en GES (gaz à effet de serre). La matière première utilisée provient de programmes d’aménagement forestier en conformité avec les règles d’aménagement forestier durable. On n’utilise que des portions d’arbres résiduelles après que les billes de sciage en ont été extraites.

 

Depuis quelque temps, on voit chez les consommateurs un intérêt renouvelé dans le choix du charbon de bois comme mode de cuisson. Plusieurs facteurs y contribuent. Le goût unique du charbon de bois Basques procure aux aliments des odeurs et des arômes naturels du bois.

 

Le directeur général David Huard explique que le volume de production est écoulé à parts égales au Québec, en Ontario et aux États-Unis et que 90 % de la production destinée au Québec est vendue dans la région de Montréal. « L’acheteur numéro 1 au Québec est le chef propriétaire qui veut distinguer la cuisson qu’il effectue dans son restaurant de tous ses concurrents. Et avec le charbon de bois naturel comme nous produisons, il y parvient assurément. On retrouve aussi d’autres clients de pays du Maghreb ou de la Méditerranée qui veulent préserver cette méthode de cuisson ancestrale. Aussi avec l’avènement du poêle en céramique de type Kamado, l’amateur de barbecue de fin de semaine pourra prolonger la période d’utilisation du charbon de bois bien au-delà de l’été. Il pourra le faire pendant toute l’année. » Le charbon de bois regagne ses lettres de noblesse qu’il avait perdues au profit de la briquette, du propane ou du gaz naturel.

 

M. Huard estime que plus de 3000 tonnes de charbon de bois seront produites en 2014 à l’usine de Saint-Mathieu, qui dispose de 20 fours de carbonisation. Dix-neuf travailleurs s’activent au site de mars à décembre. L’entreprise ne cesse d’améliorer l’environnement de travail des employés grâce à un traitement de plus en plus efficace des fumées générées par la carbonisation du bois et à l’apport d’équipements de plus en plus sophistiqués dans le cadre de ses opérations, ce qui contribue au rehaussement de la qualité de l’air. L’entreprise est constamment en recrutement de main-d’œuvre. Elle propose un niveau salarial des plus intéressants avec des horaires flexibles. L’usine de carbonisation fonctionne 24 heures par jour et sept jours par semaine.

 

L’entreprise explore d’autres avenues pour valoriser les fins résidus du bois transformé en charbon à son usine de Saint-Mathieu. La fine granulométrie, c’est-à-dire la poussière de charbon produite, pourrait être utilisée en métallurgie et en horticulture, ainsi que pour la fabrication de briquettes. » (Fin du texte cité)

 

 

Doc 2014D. Nouvelles de Roland Thibault

J’ai reçu un message de Roland Thibault, un ancien de Saint-Mathieu, que je remercie beaucoup. Ce dernier m’a autorisé à publier son message. Le voici :

 

« Récemment, ma nièce Carmen Vaillancourt, fille d’Émilien Vaillancourt, époux en secondes noces de ma sœur Cécile Thibault, fille d’Augustin Thibault de Saint-Mathieu et de Marie Dubé de Notre-Dame-du-Lac, m’a fait parvenir l’adresse de ton blogue où j’ai pu y lire « Les Charleries ». Que de plaisir et d’intérêt à fouiller tous ces documents !!!

 

Je m’empresse de te féliciter pour toutes les informations que tu nous fournis concernant ce beau coin de pays où j’y ai passé les belles années de ma jeunesse. Je me prénomme Roland et je suis né à Rivière-du-Loup le 26 avril 1930. C`est aussi l’endroit où j’ai débuté mes études primaires, soit de 1936 à l’automne 1938. À ce moment-là, notre père, n’ayant plus d’emploi à Rivière-du-Loup, dut déménager la famille à Squatec où un travail lui était offert. Puis, à l’automne 1941, la famille déménagea à nouveau, mais cette fois, c’était pour s’établir à Saint-Mathieu où demeuraient nos grands-parents, Pierre Thibault et Joséphine Lepage.

 

Le jour même de notre arrivée à Saint-Mathieu, alors que nous aidions papa à décharger le camion qui transportait bagages et meubles de la famille, un jeune garçon de mon âge est venu me souhaiter la bienvenue. Ce fut mon premier ami à Saint-Mathieu. Il s’agit de Patrice Dionne, fils d’Omer Dionne et de Cécile Ouellet qui demeuraient alors à Saint-Mathieu et, quelques années plus tard, à Rimouski. Je garde un souvenir impérissable de ce contact amical à notre arrivée dans cette accueillante paroisse du Bas-du-Fleuve. Des amis à Saint-Mathieu, j’en ai eu beaucoup d’autres par la suite !

 

Nos parents ont ainsi résidé à Saint-Mathieu de 1941 à 1972. La maison familiale était située entre celle d’Arthur Fournier et celle d’Edmond Jean, en face de la boutique de forge de Napoléon Saindon. C’est donc au vieux couvent du village que j’ai terminé mes études primaires en 1944. Au mois de septembre de la même année, j’entrais au Séminaire de Rimouski pour entreprendre les études classiques. Je m’y retrouvais avec les confrères de Saint-Mathieu, soit mes amis, Patrice Dionne, Fernand Dionne, Rosaire Dionne, devenu l’abbé Rosaire, bien aimé et regretté de tous, ainsi que Joseph-Paul Boulanger, fils de Chs-Eugène Boulanger et de Clairina Parent. Malheureusement, à la fin de la classe de Versification, soit après avoir terminé la moitié du cours classique, au lendemain du retour à la maison pour les vacances d’été, nous apprenions avec stupéfaction que Joseph-Paul s’était noyé dans la rivière Saint-Mathieu, le 20 juin 1948, à l’âge de 16 ans et 6 mois. Il faut se souvenir qu’il faisait une chaleur suffocante cette fin de semaine-là. Voulait-il se baigner ou aller à la pêche ? Nous venions de perdre un confrère très aimable et fort sympathique dont nous nous souviendrons toujours.

 

Les études classiques terminées, j’entrais à l’Université Laval à l’automne 1952 pour suivre le cours en « Sciences Appliquées », section génie civil. Vous vous demandez peut-être qu`était devenu mon ami Patrice ? Eh bien, il était inscrit lui aussi au même cours à l`université Laval. C’est ainsi qu’en 1957, nous quittions l’Université, en possession du diplôme qui nous permettait d’exercer la profession d’ingénieur civil.

 

Alors que j’étais encore aux études, je me suis marié en 1956 à Huguette Vaillancourt, fille d’Henri Vaillancourt et de Germaine D’Auteuil de Saint-Mathieu. Le mariage a eu lieu à St-Fabien, étant donné que mes beaux-parents étaient déjà résidents de cette paroisse depuis quelques années. Quatre enfants sont nés de notre union entre les années 1958 et 1966. Inutile de vous dire que nous sommes très fiers des dix petits-enfants qu’ils nous ont donnés.

 

Augustin, notre père, est décédé le 17 avril 1971 à Rimouski, alors que Marie, notre mère, décéda à Montréal le 22 mai 1984. La famille comptait six enfants, à savoir :

 

Raynald, né à Notre-Dame-du-Lac le 30 mars 1927, marié à Rita Saindon à Saint-Mathieu le 27 août 1947. Il est décédé à la Pocatière le 14 septembre 2013. Notons qu’il a été le dernier des enfants à quitter Saint-Mathieu, de mémoire, en 1968.

 

Thomas, né le 21 octobre 1928 à Rivière-du-Loup, marié à Noëlla Lagacé de Cabano le 15 octobre 1960, est décédé le 19 octobre 1986 à Rimouski, lieu de sa résidence.

 

Roland, le soussigné, dont la présentation a été faite ci-avant.

 

Noël, né le 24 décembre 1931 à Rivière-du-Loup, marié le 4 août 1952 à Rachel Lebel de Trois-Pistoles. Rachel est décédée le 25 janvier 2006 à Baie-Comeau où Noël demeure toujours.

 

Gemma, née le 15 décembre 1933 à Rivière-du-Loup, mariée le 25 juin 1952 à Roger Ouellet, fils de Ludger Ouellet et de Claudia Caron de Saint-Mathieu. Roger est décédé à Roberval le 19 mai 2014.

 

Cécile, née le 28 février 1936 à Rivière-du-Loup, mariée à Saint-Mathieu le 31 juillet 1956 à Émilien Vaillancourt, fils de Charles Vaillancourt et de Marie-Anne Albert. Émilien est décédé le 9 décembre 2001 à Rimouski. Cécile demeure maintenant à St-Simon.

 

Nous vous assurons que nous gardons un excellent souvenir de Saint-Mathieu, ainsi que de ses concitoyens. En ce qui nous concerne, à moins de circonstances défavorables, mon épouse et moi auront le plaisir d’être présents au 150e anniversaire de Saint-Mathieu en 2016. »

 

(Signé) Roland Thibault

 

 

Doc 2014E. Camping à Saint-Mathieu

Saint-Mathieu se démarque de plus en plus par ses infrastructures touristiques. Les anciens de cette paroisse seront ravis d’apprendre que le site de camping progresse de façon importante et permet aux nombreux visiteurs des séjours agréables près du lac Saint-Mathieu. Voici un texte publié sur le site web du Centre local de développement des Basques publié le 30 octobre 2014 :

 

« Le Camping KOA Bas-Saint-Laurent, situé à Saint-Mathieu-de-Rioux, vient d’obtenir la classification cinq étoiles de Camping Québec.

 

C’est l’aboutissement de plusieurs années de travaux et d’aménagements pour le président de l’entreprise, Thomas Gagnon. « Il a fallu cinq ans de travail acharné pour passer de deux à cinq étoiles. Notre camping devient ainsi le premier et le seul à obtenir ce statut parmi les 130 campings que compte l’Est du Québec. »

 

En 2014, Camping KOA Bas-Saint-Laurent a investi dans la construction d’une aire de jeux, d’une piscine chauffée, d’une pataugeoire, spa, jeux d’eau chauffée, salle des campeurs avec terrasse, équipements d’exercice et jeux intérieurs. Ces équipements s’ajoutent à la trampoline géante qui était déjà en place. De plus, le camping dispose d’une plage de sable fin sur les berges du lac Saint-Mathieu. Ces infrastructures peuvent être utilisées gratuitement par les campeurs. De plus, en 2015, elles seront accessibles pour un coût journalier aux touristes de passage et aux gens de la région.

 

Camping KOA Bas-Saint-Laurent a triplé son chiffre d’affaires au cours des deux dernières années et il a connu une excellente saison 2014. De nouveaux sites seront ajoutés pour l’été prochain, faisant passer la capacité d’accueil à 170 emplacements.

 

Le camping peut accueillir des tentes, tentes-roulottes et véhicules récréatifs de toutes dimensions. La location de chalets donnant directement sur le lac est également offerte. Le camping est franchisé KOA, la plus importante bannière de campings au monde. » (Fin du texte cité. Source : Thérèse Martin, Le journal L’Avantage)

 

 

Doc 2014F. Les livres sur Saint-Mathieu

Peu de livres ont été écrits sur Saint-Mathieu-de-Rioux. Le premier a été l’Album-souvenir du centenaire en 1966 dont j’ai eu l’honneur d’être l’auteur principal et le réalisateur. Il a été tiré à 1000 exemplaires qui se sont envolés rapidement.

 

Il y eut le livre d’Hélène Chénard intitulé Naissances, décès et mariages de la paroisse de Saint-Mathieu 1858-1985. C’est un ouvrage de 428 pages qui contient une multitude d’informations sur les chefs de famille de cette paroisse et de leurs enfants. Comme les registres de Saint-Mathieu ont été ouverts en 1866, plusieurs actes civils ou religieux sont attribués à Saint-Simon avant cette date même si les personnes demeuraient sur le territoire de Saint-Mathieu.

 

Après les fêtes du centenaire en 1966, Mgr Charles-Eugène Parent a écrit un livre intitulé Échos du centenaire de la paroisse de Saint-Mathieu. La première partie raconte les événements de la fête. La seconde partie présente la généalogie de la famille Louis Parent et contient les allocutions de Mgr Parent lors de son ordination et de sa consécration épiscopale, de même que celle de son frère Léonard Parent lors de son ordination.

 

Maurice St-Pierre et Daniel Côté, en 1994, ont fait un travail remarquable en compilant les naissances et les décès dans un premier ouvrage intitulé Répertoire des naissances et baptêmes de Saint-Mathieu et de Saint-Simon, de même que dans un second intitulé Répertoire des décès et sépultures de Saint-Eugène, Saint-Fabien, Saint-Mathieu et Saint-Simon.

 

À cette liste, il faut ajouter l’ouvrage fortement documenté de Julienne Jean publié en 2008 dont le titre est Michel Jean, 1er colon de Saint-Mathieu-de-Rioux. Même si ce livre de 400 pages ne traite pas spécifiquement de Saint-Mathieu, on y retrouve plusieurs familles Jean ou familles collatérales qui ont vécu dans cette paroisse.

 

Souhaitons que d’autres personnes prennent la plume pour raconter la petite histoire de Saint-Mathieu qui a un cachet particulier et qui peut être considérée comme unique si on admet que toutes les paroisses ont leur identité propre. Qu’on le veuille ou non, chaque jour l’histoire évolue. Les gens qui ont adopté Saint-Mathieu pourraient très bien raconter leur vécu teinté de la tradition d’une paroisse qui est née en 1830 et qui a 184 années d’existence.

 

 

Doc 2014G. Mouvements de population

La population de Saint-Mathieu-de-Rioux a subi des fluctuations depuis l’ouverture des registres paroissiaux en 1866. Cette paroisse, fortement rurale à ses débuts, a pris par la suite un accent industriel. Depuis quelques années, elle est devenue néorurale.

 

La paroisse a connu des débuts très rapides. Le pionnier, Michel Jean, a pris souche en 1830 et déjà, en 1866, on pouvait y compter 785 personnes. Les premiers colons ont été nombreux à bûcher, à essoucher et à semer.

 

En 1878, on comptait 84 chefs de famille dont 18 au village qui étaient, pour la plupart, cultivateurs. En 1881, la population a atteint un sommet. La paroisse était formée de 1175 personnes. En 15 ans, la population a augmenté de 390 personnes. Les grosses familles expliquaient en grande partie cette croissance. Voici le nombre de naissances et de décès de 1866 à 1881 :

 

 

1866

1867

1868

1869

1870

1871

1872

1873

1874

Naissances

14

45

32

40

39

47

41

45

48

Décès

4

31

15

8

11

10

6

11

21

 

 

1875

1876

1877

1878

1879

1880

1881

Total

Naissances

39

49

45

54

56

61

49

704

Décès

18

14

13

8

14

17

13

214

 

De 1866 à 1881, il y eut 704 naissances et 214 décès. L’accroissement naturel fut de 490 personnes. D’ailleurs, l’année 1880 battit le record de naissances de la vie de la paroisse.

 

La population de Saint-Mathieu-de-Rioux était de 1175 habitants en 1881 et de 846 en 1891, soit une décroissance de 329 habitants. De 1881 à 1890, il y eut 501 naissances et 169 sépultures. L’accroissement naturel a été de 332 habitants. Sans migration, la population aurait dû être de 1507 habitants. En supposant que l’immigration était nulle, on assistait donc à une perte de 661 habitants. Cette perte était due en grande partie à l’émigration vers les États-Unis. On n’a qu’à consulter les répertoires de mariage pour constater que plusieurs paroissiens ont pris racine dans ce pays à cette époque.

 

De 1901 à 1931, la population s’est maintenue autour de 800 personnes comme en fait foi ce tableau. À partir de 1941, les 1000 habitants ont été dépassé et se sont maintenus jusqu’en 1966.

 

1901

1911

1921

1931

1941

1951

1956

1961

1966

893

842

781

858

1056

1089

1193

1113

1097

 

Le déclin commença alors et se poursuivit jusqu’en 1996, alors que commença une nouvelle remontée comme il est illustré dans ce tableau.

 

1971

1976

1981

1986

1991

1996

2001

2006

2011

813

723

667

621

560

565

601

672

678

 

Bref, on peut partager l’évolution de la population de Saint-Mathieu en cinq périodes :

1830-1881 (51 ans) : augmentation

1881-1941 (60 ans) : déclin

1941-1966 (25 ans) : maintien

1966-1991 (25 ans) : déclin

1991-2011 (20 ans) : augmentation

 

 

Doc 2014H. Mont Saint-Mathieu

Le Mont Saint-Mathieu, qui a reçu son appellation officielle le 6 juin 1973, est en train de devenir une plaque tournante du tourisme dans le Bas-Saint-Laurent. Les anciens et les anciennes de cette paroisse apprendront avec bonheur et fierté qu’un parc d’hébergement continue à se développer.

 

Je me permets de reproduire un article du journaliste Hugues Albert publié dans Info-Dimanche, un journal de Rivière-du-Loup, le 21 février 2014. Le titre est : 1,3 M$ pour 18 unités d’hébergement au Mont Saint-Mathieu. Voici le texte :

 

« Des investissements de 1,3 M$ échelonnés sur une période de sept ans permettront à la Corporation de gestion du Parc du Mont Saint-Mathieu de procéder à la troisième phase du projet de développement et de renouvellement des infrastructures visant à doter la station quatre-saisons de 18 unités d’hébergement. Fait à souligner, ces unités seront construites dans la nouvelle usine de Récupération des Basques.

 

À caractère familial, ces unités d’hébergement seront aménagées au pied de la pente principale (13) de la station de ski et les quatre premières seront prêtes pour location en juillet prochain. En 2015, on fera l’aménagement de quatre autres unités, les 10 autres l’étant à raison de deux par année de 2016 à 2020. Le coût de location variera de 150 $ à 175 $ par nuitée. Des forfaits seront aussi offerts pour des locations de moyenne ou longue durée.

 

Les services de base, eau potable et égouts, seront évidemment compris dans ce complexe d’hébergement. Chaque unité d’une surface de 650 pieds carrés sera assez spacieuse pour accueillir sept personnes. Ce village de chalets alpins sera géré en formule locative et on prévoit que d’autres unités d’habitation seront mises en place éventuellement par des promoteurs privés. Des terrains ont d’ailleurs été vendus pour la mise en place d’un condotel.

 

Le président de la corporation, Gaston Rioux, indiquait en conférence de presse que les revenus de la vente de terrains assureront le financement de ce projet et que des emprunts à long terme seront effectués pour le combler.

 

Un grand besoin

L’accès à une capacité d’hébergement de qualité constitue un problème majeur depuis plusieurs années dans la région des Basques. Ce projet contribuera donc à y pallier partiellement.

La demande d’hébergement à proximité de la station de ski augmente de façon exponentielle depuis quelques années. Comme le précisait le président de la corporation, il n’y a pas si longtemps, ce centre de sports de glisse n’était que saisonnier. Il présentait un bilan de 7000 jours/ski annuellement alors qu’il atteint aujourd’hui les 35 000.

 

Demande en hausse

La demande de location de chalets est en nette croissance en raison de la provenance des amateurs de ski et de planche à neige : Bas-Saint-Laurent, Gaspésie, Chaudière-Appalaches, Capitale Nationale, Centre-du-Québec et Nouveau-Brunswick. M. Rioux cite à titre d’exemple la clientèle néo-brunswickoise qui a été présente pour 175 jours/ski l’an dernier.


De plus, hors saison hivernale, le Parc du Mont Saint-Mathieu doit renoncer à l’accueil d’événements en raison de l’absence d’hébergement de proximité. On pourra dorénavant répondre adéquatement à la demande et attirer de nouvelles clientèles.

 

Avec un chalet multifonctionnel des plus modernes ouvert à l’année depuis 2012, le Parc du Mont Saint-Mathieu est devenu un site de prédilection pour la tenue d’événements de toute nature. »

 

Nul doute que ces améliorations vont raffermir l’économie de la paroisse. Espérons que les services de proximité vont suivre la même trajectoire.

 

 

Doc 2014I. Le long des lacs de Saint-Mathieu

Je me permets de reproduire un texte intégral puisé dans le site Tourisme patrimonial du Bas-Saint-Laurent. C’est un texte très bien fait. Quand on a vécu ou quand on vit à Saint-Mathieu-de-Rioux, on a cessé ou on cesse de voir les beaux paysages qu’un œil aguerri peut observer. Voici ce texte :

 

Se situer

Perché sur la rive nord du Petit lac Saint-Mathieu, le village de Saint-Mathieu-de-Rioux longe le 3e rang et fait face à une imposante crête rocheuse, porte d’entrée du plateau appalachien et comprenant le mont Saint-Mathieu. Ce village est situé au sud de Saint-Simon et on y accède en gravissant des crêtes rocheuses faisant partie des signatures paysagères de la région des Basques. La vallée au fond de laquelle s’alignent le Petit lac Saint-Mathieu et le lac Saint-Mathieu est nichée entre deux crêtes rocheuses appalachiennes. Elle est propice à l’agriculture. Le climat y est particulier puisqu’on y cultive même la vigne !


Petit retour dans le temps

Saint-Mathieu-de-Rioux est la première paroisse de la région des Basques à être créée à l’écart du littoral du Saint-Laurent et la cinquième de la région (1858). Le potentiel agricole de cette vallée y attira les premiers habitants qui furent aussi encouragés à exploiter la forêt. L’agriculture y fut donc longtemps la première activité économique, complétée par l’exploitation forestière qui favorisa le développement de l’industrie du sciage. La marque de commerce de Saint-Mathieu-de-Rioux a longtemps été la fabrication manuelle de boîtes à beurre en bois. Aujourd’hui, l’activité économique est centrée sur l’acériculture, la production de charbon de bois, l’agriculture et le développement de la villégiature.


Paysage d’aujourd’hui

Le paysage que vous pourrez observer de ce point de vue, mais également du belvédère de l’église, est dominé par les éléments naturels : les crêtes rocheuses, les deux lacs allongés, la vallée et son relief ondulé. L’agriculture occupe encore une place importante et vous remarquerez les terres perpendiculaires aux lacs de même que la dispersion des habitations. Les rives des lacs étant très recherchées pour la villégiature, les rives du lac Saint-Mathieu sont densément occupées. Verrez-vous l’île ?

 
Le paysage en un clin d’œil !

Le village perché de Saint-Mathieu-de-Rioux et son église

Le Petit lac Saint-Mathieu et le lac Saint-Mathieu

Les crêtes rocheuses

La ligne de transport d’énergie

La faune aviaire

Le patrimoine bâti et la villégiature

La profondeur du point de vue dans la vallée


À Saint-Mathieu-de-Rioux, dans la vallée des lacs, prendre le temps de s’arrêter …

 

 

Doc 2015A. Un club critiqué

Le Club Appalaches est un club privé de chasse et de pêche dont le territoire inclut le Lac-Boisbouscache et les terres de la Couronne qui comprennent une partie du rang 6 de Saint-Mathieu-de-Rioux et qui appartenaient autrefois à la seigneurie Nicolas-Rioux. Les membres y possèdent encore des droits exclusifs de chasse et de pêche.

 

Le 22 décembre 2015, Jean-Jacques Vien, autrefois notaire à Trois-Pistoles, signe un article sur le sujet dans L’Avantage, un hebdomadaire de Rimouski. Le titre de l’article est Club Appalaches et le Moyen Âge. Voici le texte de cet article :

 

« Il y a mille ans, la civilisation européenne vivait l’époque du Moyen Âge : l’aristocratie détenait des droits seigneuriaux, la bourgeoisie profitait de privilèges et le peuple devait se contenter de miettes lui permettant d’accomplir sa mission de serviteur…

 

En 2015 dans les Basques, une région très ÉLOIGNÉE, la modernité tarde ; l’opération DÉCLUBAGE de 1978 n’est pas encore arrivée dans notre forêt publique : Club Appalaches y détient des droits exclusifs de chasse et de pêche, reconnus en 1999 par l’honorable René Letarte, juge de la Cour d’appel du Québec, qui en même temps, a reconnu le droit de circuler pour les citoyens ordinaires… encore des miettes ?

 

Depuis 1956, Club Appalaches a construit, installé, rénové et agrandi une trentaine de chalets, et a aussi ouvert et prolongé des kilomètres de chemin dans notre forêt publique, tout cela sans bail ni autorisation du Ministère ; l’honorable Jean-Roch Landry de la Cour supérieure du Québec, dans un jugement de 1998 leur a reconnu des droits « de superficie » pour un MAXIMUM de 8 camps ou chalets : certains fonctionnaires endormis n’ont pas lu la page 26 de ce jugement ni le plan annexé en I-9 ; donc, cette occupation illégale de notre forêt publique va persister.

 

En 2016, peut-on espérer que Jean D’Amour, député-ministre responsable de notre région éloignée, nous sorte du Moyen Âge en initiant une procédure d’expropriation de ces droits exclusifs ? Avec l’aide de son collègue, le Notaire Laurent Lessard, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, il faudrait au moins ouvrir les yeux de certains fonctionnaires inertes, car si ces fonctionnaires continuent à pratiquer l’aveuglement volontaire et que ces ministres continuent à faire la sourde oreille, on n’est pas sorti du … Moyen Âge. » (Fin du texte cité)

 

Se peut-il que les membres du Club dont l’existence remonte à 1910 aient pu oser bafouer ainsi la décision du tribunal ? Si M. Vien dit vrai et je préfère ne pas en douter, il y a là un problème de deux poids deux mesures à corriger.

 

Quand j’étais jeune autour des années 1950, j’ai souvent eu l’occasion d’entrer en contact avec des membres du Club puisque nous demeurions à peu près à un kilomètre de la barrière et que la route du rang 6 passait à côté de notre maison sur la terre de mon père. Ces touristes venaient de la région de Sherbrooke et la plupart parlaient anglais. Ils étaient très gentils. Ils achetaient du lait, de la crème, des œufs et parfois de petites choses d’usage courant qu’ils avaient oublié d’apporter. Ils achetaient surtout des vers de terre que nous piochions pour un sou le ver. Un jour, l’un d’eux qui était médecin a examiné une de mes sœurs qui était malade sans exiger de frais.

 

Malheureusement pour nous, ces touristes venaient dans notre « cour » pour capturer nos poissons et notre gibier. Je n’ai jamais pu franchir la barrière, même si nous passions devant elle pour aller sur la terre de mon père au rang 6.

 

 

Doc 2015B. Prestations exceptionnelles

En 2015, Saint-Mathieu-de-Rioux a accueilli le concours Trois-Pistoles en chansons du 10 au 12 juillet et du 17 au 19 juillet. Voici un texte d’Adeline Mantyk publié le 27 juillet 2015 dans le journal L’Avantage :

 

« Après deux longues fins de semaine enchaînant 10 spectacles, les organisateurs du concours qui a eu lieu cette année au camping KOA Bas-Saint-Laurent, se disent ravis de cette 9e édition de Trois-Pistoles en chansons.

 

Le conseil d’administration et le directeur Éric Côté sont fiers d’avoir enregistré des salles combles pour les six spectacles en soirée. Selon les organisateurs, les quatre spectacles en après-midi ont connu davantage de succès que par le passé, compte tenu de la possibilité d’assister au spectacle en plein air sur la terrasse.

 

Lors des quatre grandes finales, certains spectateurs étaient sans mot devant la qualité exceptionnelle des prestations des finalistes : « On se croirait en direct de l’émission La Voix, de dire plusieurs spectateurs, même en plus beau car nous découvrons des artistes de 15 ans et moins tout à fait extraordinaires », rapporte M. Côté. « Ils ont découvert 134 talents incroyables que le monde artistique ne connaît pas encore ». Les membres du jury ont qualifié certains finalistes de professionnels.

 

Cette année, pas de gagnants de la région que dessert L'Avantage, mais Danyka Richard de Rimouski, dans la catégorie Frimousse 12 ans et moins, a récolté le Prix Camp musical de Saint-Alexandre.

 

Un nouveau site bien adapté

La nouvelle salle de spectacles et le nouveau site où est présenté Trois-Pistoles en chansons semblent faire l’unanimité. Selon les candidats et leur famille, le site du Camping KOA Bas-Saint-Laurent est une station balnéaire extraordinaire et se prête à merveille à ce genre d’événements. « Il est beaucoup plus facile de socialiser entre artistes car le site est vraiment familial, estival et festif », de rapporter le directeur. Les organisateurs souhaitent donc réitérer l’expérience du concours sur le site du camping l’année prochaine.

 

Deux points négatifs corrigés

Les membres du comité organisateur sont à l’écoute des commentaires et les deux points majeurs négatifs qui étaient mentionnés à chaque édition ont pu être résolus cette année. Le son de la salle multifonctionnelle du camping KOA Bas Saint-Laurent était, selon les artistes et les spectateurs présents, d’une qualité exceptionnelle et la partie terrasse a apporté un vent de fraîcheur. » (Fin du texte cité)

 

Pour une 2e année consécutive, Trois-Pistoles en chansons se déroulera à la salle multifonctionnelle du Camping KOA Bas Saint-Laurent à Saint-Mathieu-de-Rioux. Les 9 et 10 avril 2016, on a sélectionné 116 demi-finalistes qui participeront au concours du 8 au 10 juillet et du 15 au 17 juillet. Ce sera la 10e année de Trois-Pistoles en chansons.

 

 

Doc 2015C. Un auteur de la paroisse

Fernand Thibault, natif de Saint-Mathieu, a écrit un livre de 596 pages sur les Thibault. Voici son texte de présentation :

 

« La Thibaudière, c'est le récit d'une histoire qui a débuté au dix-septième siècle et qui raconte la vie de nos ancêtres, génération après génération jusqu'au milieu du vingtième siècle. Ces ancêtres ont défriché les terres de la Côte-de-Beaupré, ont ensuite traversé le Fleuve pour s'établir au Cap-Saint-Ignace. De là, ils ont défriché les terres de Montmagny et de L'Islet.

 

Vers 1800, il n'y avait plus aucune terre de disponible pour les jeunes qui désiraient s'y établir. Hilarion Thibault, comme tous les jeunes de L'Islet, est venu s'établir à Saint-Simon. En moins de vingt ans, la seigneurie Nicolas Rioux dut ouvrir les rangs de Saint-Simon et de Saint-Fabien à l'agriculture.

 

Les jeunes de la région de L'Islet-Montmagny affluèrent en grand nombre et, encore aujourd'hui, vous y trouvez les mêmes patronymes, les mêmes expressions et patois.

 

Une fière descendance de défricheurs qui ont bâti notre pays. Un peuple laborieux qui nous a laissé le Québec d'aujourd'hui.

 

Soyons reconnaissants envers eux. »

 

 

Doc 2015D. Légendes ou vérités

Dans l’histoire d’une paroisse, il se passe des événements qui parfois se transforment en légendes. Il est difficile d’y retrouver la part de vérité. Voici quelques légendes de cette nature :

 

Dans son premier rapport annuel en 1867, le premier curé de la paroisse, l’abbé Antoine Chouinard écrit :

 

« Ce non accord du curé de l'Isle-Verte et du curé de Saint-Simon (au sujet de l’emplacement du site de la chapelle) créa une division. Deux croix avaient été plantées par les deux délégués et les partisans des deux sites les défendaient de leur mieux.

 

La croix plantée sur le terrain d'Élie Dionne fut arrachée par un nommé Stanislas Roy dit Lauzier, lequel mourut bien misérablement d'un coup de pied dans l'abdomen dans une rixe. La croix plantée à l'endroit actuel fut arrachée par Henri Lagacé, lequel eut la main brisée par un crochet de fer. Toutes ces intrigues se passaient dans l'automne de 1860. » (En réalité, c’est en 1859.)

 

Ma mère nous a raconté le fait suivant : Un bon dimanche, le curé de la paroisse déplorait que certaines personnes devaient entendre la messe debout derrière l’église parce qu’elles n’avaient pas de banc dans l’église ou encore que le nombre de places était insuffisant pour la famille. Le curé demandait aux chefs de famille qui avaient des places libres d’inviter les personnes debout dans leur banc. Après la messe, sur le perron de l’église, Monsieur Joseph (nom fictif) a indiqué à ses connaissances qu’il poserait son bras droit pour que personne ne vienne occuper la place disponible. Au cours de la semaine, Monsieur Joseph perdit son bras droit dans un accident de travail dans un moulin à scie.

 

Vers 1950, Émile Lagacé qui demeurait non loin de l’école du faubourg du Moulin a décidé de faire transporter sa maison au village. Cela se fit au début du printemps. La maison devait passer sur le Petit lac Saint-Mathieu. Parvenue sur la rive nord du lac, la maison commença à s’enfoncer légèrement et stagna. Il semblait impossible de la bouger. Alors, on fit venir le curé de la paroisse, l’abbé Alfred Bérubé. Celui-ci leur dit de solidifier les chaînes et de tenter un dernier effort. La maison sortit de sa fâcheuse position et atteignit la terre ferme.

 

En 1966, un avant-midi de juillet, la maison de Jean-Pierre Devost en haut de la paroisse prend en feu. Les pompiers volontaires s’y rendent. Ils ne réussissent pas à maîtriser l’incendie. Le vent souffle vers l’est. La grange, tout proche, est en danger. On fait venir le curé, l’abbé Gérard Cayouette. Dès son arrivée sur les lieux, le vent tourne si bien que la grange est épargnée.

 

J’invite les habitants actuels de Saint-Mathieu et les anciens de la paroisse à me faire parvenir un court récit d’événements spéciaux qu’ils ont vécu ou de légendes qu’ils ont entendues raconter. Ces récits pourront éventuellement être publiés dans ce blogue.

 

 

Doc 2015E. Hommage à Mathieu Dionne

Fernand Thibault m’a fait parvenir ce texte sous le titre : Son désir de voler était si grand qu'on croyait lui voir pousser des ailes. Fernand a passé 30 ans au service d’Air Canada et a toujours été impressionné par la passion de Mathieu Dionne pour l’aviation. Aussi, c’est de lui qu’il parle dans son texte parce que, dit-il, « il a été une inspiration pour moi durant toute ma vie. Je le voyais, quand j'étais jeune, juché sur le faîte de la grange regarder au loin et plus tard j'ai eu l'occasion de le rencontrer fréquemment dans les trois aéroports où j'ai travaillé … Tout n'est pas vrai et précis, mais tout contient une part de vérité romancée ».

 

Mathieu Dionne est le fils d’Edmond Dionne et de Valentine Jean. Fernand Thibault, qui était de 10 ans plus jeune que Mathieu, a vécu son enfance au Sud du lac, étant voisin de la famille Dionne. Voici ce texte :

 

Enfant rêveur, juché sur sa montagne, regardant le profond lointain, fleurant l'horizon doré du soleil levant, il songeait déjà à accompagner les oiseaux dans leurs jeux naïfs, instinctifs, lui, dans un monoplace, offrant ses ailes à ses amis du ciel. Il les percevait, du coin de l'œil, sur les ailerons se laisser emporter au gré du vent invitant. Il les distinguait devant son pare-brise ; il le dirigeait vers des sommets jamais atteints.

 

Émergé de l'onde imaginaire, il retourna à la maison car, si l'âme se nourrit de rêves, le corps, lui, a besoin de matière solide pour assurer sa croissance. « Je reviendrai vous voir demain. »

 

« D'où viens-tu, mon grand ? Je ne t'ai pas vu depuis des heures. »

« J'étais sur la montagne, je me rapprochais des oiseaux, des nuages et du ciel. »

« Ton désir de voler est si grand, dit sa maman, qu'on croirait te voir pousser des ailes ! »

 

L'adolescence passa et il fut admis à l'école de pilotage. Il s'appliqua à mémoriser toutes les lois : celles des vents, de la pluie, des orages, de la foudre, des tempêtes, de la bruine, des nuages, de l'altitude, de la puissance de l'air et des vents. Il apprit les manœuvres de pilotage : le déploiement des ailerons, le maniement du gouvernail, le contrôle de la vitesse. La lecture des cadrans pleins d'aiguilles, une pour l'essence, l'autre pour l'altitude, l'autre pour la vitesse des vents, etc.

 

Il devait se conformer à tous ces exercices, toutes ces leçons obligatoires, et, toute sa vie retourner sur les bancs de l'école pour se tenir au fait de toutes ces nouveautés que la science offrirait aux gens de l'air. Mais, il voulait voler. « Patience ! lui disait le professeur, tout vient à temps à qui sait attendre. »

 

Un jour, l'instructeur, de sa main autoritaire, lui indiqua le siège à ses côtés : « Le temps est maintenant venu, dit-il ! Nous ferons des heures d'exercice pendant lesquelles je vais t'enseigner tous les secrets de la navigation et du pilotage. » Mathieu était heureux maintenant, il planait dans ce cerf-volant libre de ses mouvements, sans ficelle pour entraver sa liberté.

 

Lorsque Mathieu eût maîtrisé toutes ces fonctions, son instructeur lui dit : « Ce matin, tu prends les commandes, le temps est maintenant venu. » Mathieu attendait ce moment depuis longtemps et c'est avec beaucoup de fébrilité et de fierté qu'il prit place sur le siège de gauche. Toutefois, avant tout, le pilote responsable de son appareil en tout temps, en tout lieu, doit effectuer une inspection complète de son aéronef. Lorsque tout lui semble parfait, il peut se mettre aux commandes.

 

Le moteur démarra, tourna lentement pour se réchauffer. Les commandes furent vérifiées tour à tour. Lorsque l'aiguille indiqua que la température du moteur était normale, il relâcha les freins. « Oh ! petite erreur, dit l'instructeur, arrête tout de suite, établit les communications avec la tour de contrôle et suis les instructions. » Le biplace s'avança au bout de la piste indiquée et lorsqu'il en eut la permission, Mathieu aligna l'appareil au centre de la piste, tira la manette plein gaz et lorsqu'il atteignit la vitesse requise, il tira le bâton et les ailes soulevèrent le corps de cet oiseau mécanique qui volait vers la liberté des grands espaces.

 

Quelque temps plus tard, Mathieu obtint son brevet de pilotage. Le cœur rempli de joie, de fierté, d'orgueil, il effectua son premier vol solo. Dès qu'il économisait quelques sous, il retournait à l'école et effectuait un autre vol d'entrainement. Lorsqu'il fut sûr de ses aptitudes, il vint montrer à ses parents et à tout le monde de la paroisse (Saint-Mathieu-de-Rioux) que ses rêves étaient devenus réalité. Fébrile, lorsqu'il se libéra de l'emprise du sol, il lança l'aéronef vers des sommets qu'il n'avait jamais atteints, suivant cette route invisible que lui indiquait la boussole. Ici, sous la voûte des cieux, seul le soleil guide le pilote dans l'univers azur des espaces sans fin.

 

Au loin, Mathieu aperçut une grande surface blanche dont il reconnaissait les contours, son village, son lac. Ces petits points noirs devaient être son père et ses chevaux qui l'attendaient après avoir préparé une piste d'atterrissage improvisée sur la glace. À mesure qu'il s'approchait, il ajustait les réglages, alignait l'appareil dans le vent, ajustait sa pente, sa vitesse, il contrôlait le navigateur pour dompter les caprices du vent ; les roues touchèrent le sol. Or, c'était la première fois qu'il atterrissait sur la surface glacée du lac qui avait été son terrain de jeu depuis son enfance. Des bourrasques inattendues lui firent perdre le contrôle de l'appareil qui glissa dans la neige et piqua du nez.

 

Avec l'aide d'un mécanicien qui vint de l'école de pilotage avec une hélice neuve, les deux téméraires repartirent bientôt et, Mathieu, en parfait synchro avec son ami, put enfin effectuer quelques tonneaux afin d'épater de ses prouesses la population du village assemblée devant l'église pour accueillir son héros.

 

« Pauvre petit, heureusement que je ne le vois pas toujours effectuer ses prouesses, il me ferait mourir d'angoisse », dit sa mère.

 

 

Doc 2015F. Famille de Fernand Thibault

Fernand Thibault, natif de Saint-Mathieu-de-Rioux, est le fils de Donat Thibault et d’Yvette Rioux. Il a eu l’amabilité de m’expédier un texte concernant la petite histoire de sa famille. Je le reproduis avec plaisir :

 

« Je suis né le 21 janvier 1938, dans la chambre au sud-ouest de la maison d’Edmond Jean et d’Alexina Fournier. Le bon docteur Catellier me mit au monde sain et sauf. En cet hiver-là, mes parents avaient partagé la maison d’Edmond qui était parti avec mon père travailler dans les chantiers. Au printemps, la petite maison blanche voisine ― située entre la boucherie d’Arthur Fournier et la maison d’Edmond Jean ― devint libre et mon père s’empressa de la louer. Comme nous le verrons plus loin, nous y demeurâmes jusqu’en mars 1941. Cette propriété fut vendue à Augustin Thibault ― père de Roland ― qui y éleva sa famille et y mourut à un âge avancé.

 

Mes ancêtres pionniers de Saint-Simon

Mon premier ancêtre en la seigneurie Nicolas Rioux fut Hilarion et Marthe Lefebvre-Boulanger, sa femme. Ce pionnier, venu de L’Islet en 1805, s’établit sur une terre située à environ un kilomètre à l’est de la route de Saint-Mathieu sur la route 132. Cette terre est à l’intersection de la voie ferrée et de la route 132 qu’on appelle « la traverse ». Plus tard, en 1818, il acheta une autre terre à la limite de Saint-Fabien, de Grégoire Bélanger, qu’il divisa en deux pour en céder les moitiés à ses fils François et Pierre-Chrysologue. Ces terres demeurèrent en la possession des Thibault durant trois générations. Mon arrière-grand-père y est né.

 

L’ouverture du deuxième rang à la colonisation

Lorsque les seigneuresses Drapeau ouvrirent le deuxième rang à la colonisation, Hilarion et son fils François obtinrent chacun une censive de 10 arpents de front sur 30 de profondeur, partant de la terre de Pierre Bélanger ― à noter que depuis deux siècles, cette terre est toujours en la possession de Bélanger, descendants de Pierre ― allant vers l’est, en d’autres mots, jusqu’aux terres des frères Jean environ, du côté est de l’ancien chemin pour se rendre à Saint-Mathieu qui débouchait à la beurrerie de Gérard Belzile, ou de son père avant lui. Ce sont donc mes ancêtres qui ont commencé le défrichement de presque la moitié du deuxième rang de Saint-Simon. Un des fils d’Hilarion, Denis, à qui son père avait cédé un lot de deux arpents de front sur trente de profondeur sur son fief de 10 arpents de front, vendit celle-ci à un de ses frères et acheta une terre située à environ huit arpents à l’ouest du village ― très difficile d’évaluer aujourd’hui où commençait le village en 1830 ou 1840 ―.

 

L’arrivée de François-Xavier Thibault dans la nouvelle paroisse de Saint-Mathieu

Mon arrière arrière-grand-père Jean-Baptiste acheta deux terres de trois arpents de front situées entre Séverin Dubé et François Létourneau dans le bas de la paroisse, ― maintenant la terre no 28 au cadastre de Saint-Mathieu ― l’une possédait des bâtisses et il la céda à son fils François-Xavier qui épousait alors Zélie Caron. Il céda l’autre à un autre fils Ferdinand, mais il semble que ce dernier ne l’ait jamais habitée car il demeurait sur la terre no 39 au cadastre de Saint-Mathieu avant de devenir quincaillier et ensuite d’émigrer aux États.

 

Mon grand-père Jean-Baptiste est né sur cette terre no 28, il y demeura jusqu’au temps où la famille émigra à Fall River aux États. Il avait environ 15 ans, c’était au printemps 1895 ou 1896. Le séjour ne fut pas long car François-Xavier revint avec sa famille au printemps 1900, alors que sa femme était décédée d’un cancer du sein en 1898 à l’âge de 46 ans. Il acheta la terre no 329 au cadastre de Saint-Simon dans le deuxième rang juste après la courbe en haut de la colline.

 

Mariage de mon grand-père Jean-Baptiste

Le 18 mai 1909, mon grand-père Jean-Baptiste épousa Alice Bélanger, fille d’Antoine Bélanger et d’Émilia Desjardins de Saint-Mathieu. Le couple s’installa à Montréal car Jean-Baptiste, devenu bilingue, travaillait aux Ateliers Angus du Pacifique Canadien. Lorsque la guerre de 1914/1918 fut déclarée, Jean-Baptiste, ne voulant pas aller se battre en Europe, acheta la terre no 326/328 longeant l’ancienne route entre le 2e rang et le village de Saint-Mathieu. En 1937, mon père Donat épousa Yvette Rioux, petite fille de son rang et vint s’établir à Saint-Mathieu. Son premier emploi fut à la manufacture de boîtes à beurre des Dionne & Dionne, dont Réal était un des propriétaires avec son frère Onésime.

 

Le retour à la terre

C’est en mars 1941 que Donat acheta de Jean-Baptiste Jean une petite terre au 4e rang, partie sud du lac, située entre Edmond Dionne et Georges Rousseau. Ce n’était pas une terre, c’était des flancs de montagne. Il n’y avait pas plus de cinq ou six arpents en superficie qui était cultivable avec des instruments aratoires tirés par les chevaux. Les vaillants défricheurs avaient défriché des côtes où même les vaches avaient peine à se tenir debout ; parfois, on les voyait à genoux pour brouter. Bien sûr, il était possible de cultiver ces montagnes au pic et à la pelle, à la faucille et au râteau de bois, mais depuis l’avènement de la mécanisation agricole, toutes ces terres sont retournées à la forêt. Mon père qui voulait augmenter son troupeau s’empressa de faire l’achat de lopins de terre au sud du lac, près du ruisseau froid. Plus tard, il fit l’achat d’une terre de Romuald Jean, voisine d’Edmond Dionne, côté ouest. Cette terre a sûrement déjà été habitée car elle possédait encore une bonne grange. Dès qu’on avait franchi la première côte, on y trouvait de grands champs cultivables ; elle devait compter une quinzaine d’arpents en valeur.

 

La ruée vers l’Abitibi

Au printemps 1951, Donat accompagna ses amis Omer, Réal et Mathieu Ouellet en Abitibi dans l’idée d’acquérir une belle terre selon la propagande du gouvernement et le désir de tout bon habitant. Omer et Réal achetèrent des terres près d’Amos qu’ils n’ont presque jamais cultivées car ils étaient tous deux menuisiers et le travail ne manquait pas. Mon père et Mathieu n’avaient pas mordu à l’hameçon. Ils s’arrêtèrent donc à Beaumont sur le chemin du retour où, avec l’aide de l’agent des terres, ils trouvèrent tous les deux une très belle ferme à leur goût. En 1951, les agents des terres existaient encore comme au temps de la colonisation. Il s’agissait de Josaphat Morency, ancien maire et l’homme de Duplessis dans la paroisse. Monsieur Morency avait épousé une dame Rioux de Saint-Simon, petite cousine de ma mère. C’est la raison pourquoi mon père était allé le rencontrer.

 

Nous avons déménagé le 18 juin 1951 après avoir tout vendu à l’encan. Quant aux terres, elles furent vendues en partie à Edmond Dionne, Gérard Gagnon et Philippe Ouellet. La maison fut acquise par Adrien Saindon qui utilisa les matériaux pour agrandir la forge.

 

Voilà qui complète la vie de ma famille à Saint-Mathieu. Mais soyez assurés que même s’il est possible d’éloigner quelqu’un de ses racines, il est autrement plus difficile d’en déraciner son esprit. Mathéen un jour, Mathéen toujours. » (Fin du texte cité)

 

 

Doc 2015G. Quatre sœurs Dionne centenaires

Les annales de Saint-Mathieu-de-Rioux peuvent se glorifier d’un exploit exceptionnel. Quatre sœurs natives de cette paroisse ont atteint et dépassé le seuil de 100 ans. Vous avez bien lu : quatre filles d’une même famille. Fernand Dionne, le neveu de ces femmes, m’a aimablement transmis un texte où il présente les quatre centenaires. Voici ce texte écrit le 1er septembre 2010 :

 

« Chacun se souvient de l’immense impact médiatique soulevé par la naissance et la vie des célèbres jumelles DIONNE.

 

Aujourd’hui, notre grande famille mérite qu’on s’attarde à un autre événement exceptionnel alors que quatre sœurs Dionne ont atteint l’âge de cent ans.

 

Ces sœurs sont de la famille d’Ernest Dionne (1870-1947) et d’Odila Vaillancourt (1873-1951) de Saint-Mathieu-de-Rioux dans la MRC des Basques ; cette famille de huit garçons et huit filles s’est illustrée par la mise sur pied de nombreuses industries et commerces qui ont assuré le développement de cette paroisse rurale.

 

Je vous présente ces quatre sœurs :

 

CLAIRINA, mariée à Émile Gauvin de Saint-Simon et mère de 13 enfants. Elle est née le 6 janvier 1893 et décédée le 30 mars 1997 à l’âge de 104 ans.

 

LÉDA, épouse en premières noces d’Amédée Plourde qui est décédé en 1918 de la grippe espagnole, à l’âge de 27 ans et laissant deux enfants. Avec Alphonse Bérubé, son deuxième mari, elle a eu sept enfants. Elle a œuvré plusieurs années dans les entreprises de son père avant de s’établir sur une ferme à Cacouna  au début de son deuxième mariage.

 

Elle est née le 3 avril 1895 et elle est décédée le 20 mai 2004 à l’âge de 109 ans.

 

VALENTINE, épouse de Magloire D’Anjou (comptable de l’entreprise Dionne & Dionne) et mère de quatre enfants ; elle a travaillé de nombreuses années dans les entreprises de son père. Elle est née le 1er mars 1909 et elle a maintenant l’âge de 101 ans. [2015]

 

Sr JEANNE DIONNE est membre de la Congrégation des Sœurs de la Providence et elle a célébré l’an dernier ses 75 ans de vie religieuse. Après ses études en sciences infirmières et plusieurs formations spécialisées en cours de carrière, Sr. Jeanne a œuvré dans de nombreux postes de responsabilités dans plusieurs hôpitaux du Québec à titre de directrice de la pédiatrie ou de directrice du nursing.

 

Son centenaire a été célébré avec faste (chants, musique et hommages) en présence de plus de soixante neveux, nièces et conjoints et plusieurs de ses compagnes de communauté qui lui ont témoigné leur affection et leur fierté.

 

Sr Jeanne est née le 6 juillet 1910. Son centenaire a été célébré le jour de sa fête, soit le 6 juillet 2010.

 

Ces quatre sœurs Dionne centenaires font partie de ces femmes pionnières qui ont contribué par leur dévouement, leur engagement et leur fierté à assurer notre survivance collective.

 

Il nous incombe de profiter de cet événement pour leur signifier à elles et à toutes les femmes de leur génération notre reconnaissance et notre attachement aux valeurs qu’elles nous ont transmises. » (Fin du texte cité)

 

Note 1. Valentine est décédée le 30 mars 2012 à l’âge de 103 ans. Sr Jeanne est encore vivante et elle fêtera ses 105 ans le 6 juillet 2015. Souhaitons qu’elle batte le record de sa sœur Léda qui est décédée à 109 ans.

 

Note 2. « Amédée Plourde avait une petite ferme à Sayabec. Dès son décès, mon grand-père Ernest a envoyé son fils Félix et sa fille Alice s’occuper de la ferme et des funérailles. Félix avait le mandat de vendre la ferme et de ramener la petite famille à Saint-Mathieu. Ils avaient deux très jeunes enfants. Deux mois plus tard, ils étaient tous de retour et hébergés chez mon grand-père. » (Fernand Dionne)

 

 

Doc 2015H. Un innovateur : Marc Jean

Marc Jean est né à Saint-Mathieu-de-Rioux. Il est actuellement de retour dans son village natal. Après avoir réparé des instruments à vent pendant plus de 30 ans, il a conçu des ligatures pour différents instruments de musique comme les clarinettes et les saxophones. S’ajoute aussi un modèle de barillet de clarinette fabriqué à partir de panache d’orignal.

 

Ses ligatures sont les plus performantes sur le marché international et sont l’objet d’un brevet aux États-Unis. « Créée sur le principe d'une anche de hautbois, la ligature Marc Jean libère les harmoniques comme aucune autre. Elle est maintenant la ligature préférée d'une dizaine de fabricants de becs parmi les meilleurs au monde et de très nombreux musiciens de tous les niveaux. Plus de 2 700 ligatures Marc Jean ont été vendues dans plus de 37 pays à ce jour, la grande majorité ayant été expédiée directement à des musiciens. »

 

« Les Ligatures Marc Jean facilitent substantiellement l'exécution de toutes les notes de tous les registres même pendant de longues périodes d'utilisation. Le son ainsi généré est plus propre, plus ouvert, avec plus d'harmoniques tout en libérant toutes les caractéristiques de votre bec. Plusieurs disent que les accents et nuances sont améliorés d'au moins 15 %. Même les attaques sont 15 % plus rapides. »

En cette fin d’année 2014, je suis fier de souligner les mérites de cet homme qui a créé une véritable petite entreprise et qui est considéré parmi les deux meilleurs au monde dans la fabrication de ligatures. Un fleuron pour Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

 

Doc 2016A. Lancement officiel des festivités

Le 5 février 2016, Guy Caron, le député fédéral de la circonscription Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, a fait une déclaration à la Chambre des communes pour souligner le lancement officiel des festivités du 150e anniversaire de la municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux. Voici cette déclaration :

 

« Il y aura célébration d'un 150e anniversaire dans ma circonscription, (qui commencera) dès la semaine prochaine, celui de la très belle municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux, dans la MRC des Basques.

 

Saint-Mathieu-de-Rioux est un petit joyau dans la circonscription que j'ai l'honneur et le privilège de représenter. Le lac Saint-Mathieu, d'une très grande beauté, est encore l'un des secrets les mieux gardés au Québec. Et le camping KOA Bas-Saint-Laurent est le seul classé 5 étoiles dans l'Est-du-Québec.
 
Saint-Mathieu-de-Rioux ne s'endort pas durant l'hiver, puisque le centre de ski du Mont-Saint-Mathieu est l'un des plus modernes et fréquentés de la région.
 
La municipalité compte même un vignoble : le Domaine du Lac. De fait, malgré les difficultés économiques qu'éprouve ma région, Saint-Mathieu-de-Rioux est l'une des rares municipalités à voir sa population croître et se rajeunir.

 

Monsieur le Président, je serai présent le samedi 13 février pour la soirée d'ouverture de cette année bien spéciale, qui verra la tenue de 36 événements tout au long de l'année. Il y aura bien sûr des soupers et soirées dansantes, mais aussi des expositions, des visites guidées, un défilé !

 

Il me fait plaisir de vous inviter à goûter l'hospitalité des Mathéens et des Mathéennes au cours de cette année très spéciale. »

 

 

Doc 2016B. Festivités du 150e anniversaire

Saint-Mathieu-de-Rioux s’apprête à célébrer son 150e anniversaire de façon grandiose. Le comité organisateur vient de dévoiler le programme des activités pour l’année 2016. On y retrouve 36 activités réparties de février jusqu’à novembre.

 

La première activité est prévue pour le 13 février. C’est le souper d’ouverture à la salle municipale. Le tout sera suivi d’une soirée dansante avec animation.

 

Des invitations avec copie du programme des festivités ont été expédiées aux gens qui ont un lien avec la paroisse et dont l’adresse postale était connue. Détail qui montre l’envergure que les organisateurs ont voulu donner à l’événement : le timbre est oblitéré avec la mention Postes Canada Saint-Mathieu-de-Rioux 150e anniversaire.

 

Dans son message de présentation, le comité organisateur écrit : « Comme il nous est impossible de rejoindre tout le monde, nous vous demandons de transmettre cette invitation aux membres de votre famille : frères, sœurs, enfants, ainsi qu’à vos amis, car c’est toujours agréable de partager les bons moments avec ceux que nous aimons. »

 

À la fin du message de présentation du comité organisateur, on peut lire : « Saint-Mathieu-de-Rioux remercie le passé, salue le présent … et sourit à l’avenir. »

 

 

Doc 2016C. Chant du 150e anniversaire

Cette année, Saint-Mathieu-de-Rioux fête son 150e anniversaire. Un chant de ralliement a été composé pour l’occasion. Le voici :

 

Air : La valse de l’Isle-aux-Coudres

Musique : Céline Neault

Paroles : Marjolaine Bernier, inspirées du chant de bienvenue de l’Âge d’Or

 

Refrain

Cent cinquante ans à Saint-Mathieu,

Festivités dans notr’milieu.

Amis, amis, chantons ensemble,

Rions, chantons, amusons-nous.

Amis, amis, chantons ensemble,

Toujours tournés vers l’avenir!

 

Couplets

1. Aujourd’hui, pour nous, il y a fête,

Venez, venez nous visiter.

Faisons place à nos retrouvailles,

À tous, cordiales amitiés.

2. Notre village est en liesse,

Très fier de tous vous recevoir.

Il vous dit sa viv’allégresse,

En pensant à nos défricheurs.

 

3. Fièr’ment Saint-Mathieu vous accueille,

Dans ses murs hospitaliers.

Ouvrant ses bras, il recueille

Les fruits de la fraternité.

 

 

Doc 2016D. Souper du 13 février 2016

Voici un texte d’Amélie Brière, mathéenne d’adoption depuis décembre 2009 :

 

Le 13 février dernier, j’ai assisté au souper d’ouverture du 150e anniversaire de Saint-Mathieu-de-Rioux. Au moins 150 personnes étaient présentes pour ce premier évènement. Les activités se sont tenues dans la salle municipale de Saint-Mathieu.

 

À l’arrivée des convives, les Mathéens d’origine - ou d’adoption, comme moi - recevaient une jolie rose rouge brodée, à mettre à leur boutonnière. Je l’ai d’ailleurs gardée fièrement. Elle orne désormais le décolleté de l’un de mes chemisiers ! Cette petite attention – qui a certes demandé des heures de travail !!! (150 roses rouges… au moins !) – a donné le ton à la soirée. Une soirée chaleureuse, où l’on se sentait chez soi et en bonne compagnie.

 

Malgré la fameuse inclinaison dans le plancher de la salle municipale, les bénévoles ont réussi à installer les tables pour le souper sans trop de problèmes. À la table d’honneur, juchée sur la scène, trônaient les doyens de Saint-Mathieu, Jeanne Parent (dit Madame Théberge) et André Fournier, bien entourés par le maire, Yvon Ouellet, son épouse et coordonnatrice du comité du 150e anniversaire de Saint-Mathieu-de-Rioux, Monique Rainville, Bertin Denis, préfet de la MRC des Basques, de même que le député Guy Caron et le ministre et député Jean D’Amour.

 

Si de mon côté j’étais affairée, en début de soirée, à trouver le caméraman de l’évènement pour lui donner quelques indications, les bénévoles, eux papillonnaient entre les tables, rectifiaient les plats pour le souper, accueillaient chaleureusement les gens, s’assuraient que tout le monde était à sa place et prêt pour débuter le service. Du côté des convives, ça papotait joyeusement, ça se donnait l’accolade, ça se retrouvait. Ça échangeait beaucoup ! Les gens en avaient des choses à se raconter ce soir-là ! Le souper s’est très bien déroulé. Théry-Bel, un des restaurants populaires de Trois-Pistoles avait eu le mandat du service de traiteur.

Sans me rappeler l’ordre des évènements, il y a eu tout plein d’interventions pendant la soirée. La chorale, dirigée par Manon Dionne et accompagnée par Fernand Beaulieu à la guitare, a entonné, en début de soirée, le chant du 150e anniversaire de la paroisse et de la municipalité. C’est Marjolaine Bernier qui l’a composé. Les gens ont particulièrement apprécié ce moment.

Tout au long de la soirée, il y a eu des petits bouts d’histoires qui ont été lues ou contées par Marjolaine Bernier, Monique Rainville, Fernand Beaulieu ou Gaston Bourdages. De mon côté, j’ai eu un petit faible pour la fougue du conteur naturel qu’est Fernand Beaulieu. Il a su bien enrober les anecdotes qu’il a livrées au public captivé qu’il avait devant lui. J’ai appris ce soir-là plein de choses : des évènements cocasses de la vie mathéenne, comme le déménagement d’une grange qui a causé bien du fil à retordre et ça m’a permis de faire des liens entre les familles. Un tel est le cousin d’un tel, elle c’est la tante d’un tel… On peut facilement s’y perdre lorsqu’on n’est pas né dans la place ! Saint-Mathieu, c’est comme une grande famille finalement !

Je n’ai pas assisté à tous les spectacles, mais on m’a raconté plein de belles choses. La soirée s’est terminée à minuit, juste avant que les carrosses ne se transforment en citrouille ! Vers 22 heures, le premier duo de musiciens fut Sylvie Vaillancourt, une Mathéenne pure laine, et son conjoint, Jacques Bédard, bien connus dans la municipalité et dans les environs. Jacques est un guitariste hors pair et Sylvie a une voix fluide et juste. Le deuxième duo fut celui de Simon Fournier, un nouvel arrivant à Saint-Mathieu que je connais très bien et qui joue d’ailleurs à l’occasion avec Jacques. Simon habite à côté du cimetière, dans l’ancienne maison de Madame Théberge. Il y eut aussi les incontournables, Manon Dionne et Fernand Beaulieu que l’on retrouve dans toutes les festivités de Saint-Mathieu. Ce sont les piliers de nos prestations musicales !!!

Et il paraitrait que ça l’a dansé !  À 23 heures, le président des fêtes du 150
e, Lorenzo Beaulieu, a ouvert la danse avec son épouse Noëlla. Le maire Yvon Ouellet et son épouse Monique se sont joints aux danseurs. Il y eut du cha-cha, des rocks et de la danse en ligne.

On m’a dit que les trois groupes ont donné de belles performances, avec des styles très différents. L’animation a été assurée par Gaston Bourdages qui a bien su ficeler chaque intervention de la soirée. Les doyens, assis aux premières loges, ont passé une très belle soirée à ce que l’on raconte.

 

Comme l’écrivait Charles-Étienne, membre du comité du 150e : « Félicitations à tous et à toutes pour cette soirée colorée ! [Il est important de] souligner le travail remarquable de Marjolaine, Gaston, Monique et Fernand, qui ont su «affronter» la foule et user du micro comme de véritables animateurs professionnels! » Je l’appuie dans ses dires.

 

Organiser des activités comme celle-là, ça demande beaucoup de temps, de préparation, de structure et surtout de gens. 18 personnes ont été impliquées de très près dans l’organisation de cette activité, et ça, c’est sans compter la chorale.

 

Comme le soulignait Lorraine, aussi membre du comité du 150: « Maintenant que la table est mise, continuons de la garnir avec joie, fierté et confiance ! »

 

 

Doc 2016E. Lancement de la monographie

Dimanche le 24 avril 2016, se tenait le lancement du livre-souvenir de Saint-Mathieu-de-Rioux au Parc du Mont-Saint-Mathieu. Autour de 200 personnes ont répondu à l’appel. La monographie de 368 pages est intitulée Saint-Mathieu-de-Rioux raconte son histoire. À cette occasion, en tant qu’auteur, j’ai fait une présentation générale du livre. Pour les personnes qui n’ont pas pu être présentes, voici le texte de mon exposé :

 

Quand j’ai entrepris d’écrire l’histoire de Saint-Mathieu-de-Rioux, je me suis dit que les gens de Saint-Mathieu ont été et continuent d’être des gens fiers et dynamiques. On n’a qu’à feuilleter le programme des activités qui marquent ce 150e anniversaire pour s’en convaincre. J’ai voulu être à la hauteur de cette fierté et de ce dynamisme en y consacrant toutes mes énergies.

Nos ancêtres n’ont pas hésité à bâtir une paroisse à leur image. Ils ont trimé dur pour survivre et laisser à leurs descendants un coin de pays où il fait bon vivre. Alors qu’au 19e siècle, la paroisse est essentiellement rurale, elle entre dans l’ère industrielle au début du 20e siècle avec la mise en place d’industries, comme Dionne & Dionne. Une cohabitation pacifique des deux secteurs, agriculture et industrie, permet d’assurer à la paroisse une certaine prospérité. À la fin du 20e siècle, grâce à ses lacs et à la beauté de son paysage, Saint-Mathieu-de-Rioux attire les touristes et devient un important lieu de villégiature. Le développement touristique et l’apport de la néoruralité s’intensifient alors pour combler la décroissance de l’agriculture et des industries.

En 1956, la population de Saint-Mathieu est d’environ 1200 personnes. Les maisons sont pleines d’enfants. Les cultivateurs et les journaliers, des hommes à l’époque, consacrent toute leur énergie à faire vivre leur famille. Aujourd’hui, la population est un peu plus de la moitié de ce qu’elle était. Depuis 1981, elle se maintient autour de 600 personnes. C’est un constat rassurant quand on sait que les paroisses de la région subissent des chutes plus ou moins dramatiques de leur population.

Le livre contient une centaine de textes et une centaine de photos. De plus, on y retrouve un millier de noms et plus d’un millier de dates. Le livre couvre les principaux secteurs de développement de la municipalité. Bien des sujets de l’histoire de la paroisse n’ont pas été documentés principalement parce qu’ils sont d’ordre domestique. Nous avons essayé d’en relater certains.

 

Dans ce contexte, je me permets une suggestion. Pour faciliter la tâche de ceux ou celles qui voudront écrire à nouveau sur la paroisse, il serait bon de mettre en place un centre d’archives. On pourrait y trouver notamment des photos numérisées ou non, des documents de famille comme les vieux contrats qui risquent d’être perdus à jamais ou même des archives d’entreprises qui assurent ou ont assuré le bien-être des Mathéens. Éventuellement, on pourrait recueillir des articles fabriqués à Saint-Mathieu, comme une boite à beurre, un coffret d’écolier.

 

Pour l’écriture du livre, j’ai eu la collaboration de Marjolaine Bernier qui a fait un travail colossal de recherches et qui a recueilli des photos. Monique Rainville Ouellet a assuré la révision linguistique et la critique des textes. Geneviève Thibault a fait la mise en page et une dernière révision. De plus, je tiens à remercier ceux et celles qui ont signé des textes.

 

En 1867, le premier curé Antoine Chouinard, alors âgé de 29 ans, a écrit : « Soit dit en passant, les gens de Saint-Mathieu sont d’un caractère dur, aimant les dissensions. » Cela semble négatif à première vue et s’explique peut-être par le fait que M. Chouinard a eu des démêlés avec les paroissiens concernant la construction de l’église. Quoi qu’il en soit, l’attitude de nos ancêtres a permis de définir une communauté ayant des valeurs solides et prête à les défendre.

 

Nous espérons que cette monographie vous procurera de très beaux moments. Je ne vous dévoilerai pas le contenu du livre, mais en le lisant je suis assuré que vous y ressentirez la fierté d’appartenir d’une façon ou d’une autre à cette paroisse dynamique et fière de son histoire. » (Fin du texte cité)

 

Par la suite, j’ai lu un extrait d’un texte intitulé La santé publique. J’ai dédié ce texte aux médecins de Trois-Pistoles qui ont assuré en santé un service de proximité et en particulier à Martin Gamache. Ce dernier, qui était présent, a visité des malades à Saint-Mathieu pendant de nombreuses années.

 

Le livre est composé de 14 chapitres. Les voici :

 

1. Les premiers pas

2. La paroisse

3. La municipalité

4. Les services à la communauté

5. La commission scolaire

6. Les bâtiments

7. L’agriculture

8. Les commerces et entreprises

9. Le tourisme

10. La santé

11. Les festivités

12. Les personnalités marquantes

13. Souvenirs et anecdotes

14. Éphémérides


Doc 2016F. Reportage sur la monographie

Le 20 avril 2016, Thérèse Martin du journal L’Avantage de Rimouski a présenté la monographie de Saint-Mathieu-de-Rioux. Voici son texte :

 

« L’histoire de Saint-Mathieu et de son site exceptionnel est racontée dans un volume de 368 pages.

 

Les festivités soulignant le 150e anniversaire de Saint-Mathieu se poursuivent et le lancement de la monographie Saint-Mathieu-de-Rioux raconte son histoire est un événement marquant de ces fêtes.

 

Ce livre raconte l’histoire de la paroisse et de la municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux. La plume de Charles-Édouard Jean et les recherches de Marjolaine Bernier ont permis d’enrichir et de mettre en valeur les événements couvrant la longue période de 1830 à 2016.

 

Le volume comprend 368 pages et 115 photographies. La mémoire des gens de Saint-Mathieu a été mise à contribution, de même que des documents d’archives de la commission scolaire, de la fabrique et de la municipalité.

 

La monographie est disponible au coût de 30 $ et près du quart des volumes ont déjà été (vendus).

 

Les fêtes ne font que commencer

Les festivités du 150e anniversaire s’étalent sur plusieurs mois. Lancées en février dernier, les fêtes sont ponctuées par le lancement du livre […] en avril puis reprendront en juin, à la Saint-Jean, pour se poursuivre de façon intense en juillet et en août. Quelques activités sont également prévues à l’automne.

 

Les fêtes se dérouleront principalement sous un chapiteau qui sera installé à l’emplacement de la patinoire, rue du Collège, à la salle municipale, au parc du Mont-Saint-Mathieu, à la plage municipale et au golf du parc du Mont-Saint-Mathieu. Un programme varié a été préparé, comprenant notamment une exposition de photographies anciennes, des repas et soirées dansantes, expositions d’artisans, de voitures anciennes, défilé, feux d’artifice, tournoi de golf.

 

Dans le cadre des activités de la Saint-Jean, le nouveau nom de la plage municipale sera dévoilé. » (Fin du texte cité)

 

 

Doc 2016G. Festivités de juin à Saint-Mathieu

En 2016, dans le cadre du 150e anniversaire de la paroisse, deux activités ont déjà eu lieu : le souper d’ouverture le 13 février et le lancement de la monographie le 24 avril.

 

Au cours de l’été, une exposition de photos anciennes aura lieu dans l’église. L’ouverture officielle est prévue pour le dimanche 19 juin après la messe. Il y aura des expositions guidées dans l’église du 22 juin au 14 août de 11 h 30 à 17 h 30 du mercredi au dimanche. Il en sera de même les 3 et 4 septembre.

 

Le 24 juin, jour de la Fête nationale, un pique-nique et des activités familiales se dérouleront à la plage municipale à partir de midi. Un souper y sera servi. À 19 h, le nouveau nom de la plage municipale sera dévoilé. Quel sera ce nom ? Faites des paris. Par la suite, on pourra entendre de la musique québécoise. Le tout sera couronné par le feu de la Saint-Jean, toujours à la plage municipale.

 

 

Doc 2016H. Festivités de juillet

Juillet 2016 sera le mois le plus important pour souligner le 150e anniversaire de la paroisse. L’ouverture officielle des fêtes se fera le 22 juillet. Suivra une soirée dansante avec Ghislain Lavoie sous le chapiteau installé à l’emplacement de la patinoire.

 

Le 23 juillet à 10 heures, les Mathéens et leurs invités auront droit à une exposition d’artisans sur le parvis de l’église ou à la salle municipale. À 13 heures, un concours de tire de chevaux aura lieu sur le terrain de balle. Après le souper spaghetti à 17 heures 30 sous le chapiteau, une soirée country avec le Duo Harvey prendra la relève.

 

Le 24 juillet à 13 heures, l’automobile est à l’honneur avec une exposition de voitures anciennes sur le parvis de l’église. Suivra à 14 heures, une visite guidée des croix de chemin. À 17 heures 30, il y aura un souper tournedos sous le chapiteau. La journée se termine avec une soirée de danses sociales avec Michelle Fournier sous le chapiteau.

 

Le 29 juillet à 21 heures, se tiendra une soirée rock avec le groupe Open House sous le chapiteau.

 

Le 30 juillet à 10 heures, les artisans exposent sur le parvis de l’église ou à la salle municipale. À partir de 11 heures, des activités familiales sont prévues autour du chapiteau. À 17 heures 30, un souper canadien retrouvailles est offert sous le chapiteau. La journée se termine par une soirée dansante avec Kaven Haché au même endroit.

 

Le 31 juillet est une journée bien remplie.

◊ 10 heures : Messe au Parc du Mont-Saint-Mathieu ou à l’église

◊ 11 heures 30 : Brunch au Parc du Mont-Saint-Mathieu

◊ 13 heures 30 : Défilé sur la rue Principale

◊ 17 heures 30 : Souper Méchoui sous le chapiteau

◊ 19 heures 30 : Soirée des artistes locaux et tirages avec Émilie Rioux sous le chapiteau

◊ 21 heures 30 : Feux d’artifice au-dessus du Petit lac Saint-Mathieu.

 

Pendant le même mois, deux événements auront lieu à Saint-Mathieu : le festival Le Riverain du 1er au 3 juillet à la plage municipale et la 10e édition de Trois-Pistoles en chansons du 8 au 10 juillet et du 15 au 17 juillet à la salle communautaire du camping KOA.

 

 

Doc 2016I. Les festivités continuent

La dernière fin de semaine de juillet a vu une foule de natifs et d’amis déferler vers Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

Le samedi 30 juillet, l’exposition des artisans et les activités familiales ont précédé le souper canadien retrouvailles. Plus de 750 convives ont convergé vers le chapiteau installé sur la patinoire. De nombreuses rencontres souvent très émotives ont eu lieu.

 

Le dimanche 31 juillet, sous un soleil bienfaisant, une messe présidée par l’Archevêque de Rimouski attira des centaines de paroissiens et de touristes au Parc du Mont-Saint-Mathieu. Un brunch suivi. Puis, ce fut le défilé sur la rue Principale, un défilé haut en couleurs et en musique. Le souper méchoui montra un service plutôt lent.

 

Après la soirée des artistes locaux sous le chapiteau, un feu d’artifice exceptionnel éclaira le Petit lac Saint-Mathieu.

 

La plupart des activités du 150e sont maintenant du passé. Il reste encore :

• Le 20 août à 19 h 30, à la salle municipale, une soirée de contes où trois interprètes, Daniel Projean, Georgette Renaud et Renée Robitaille seront sur scène. Cinq de mes contes seront interprétés par eux.

• Le 28 août à partir de 10 heures, un tournoi de golf au club de golf du Parc du Mont-Saint-Mathieu.

• Le 17 septembre à 19 h 30 à la salle municipale, projection du film Retour au pays d’en bas avec J.-C. Colbois et Bernard Vachon.

• Le 26 novembre à 19 h 30 à l’église, un concert de Noël et à 22 h, le réveillon de clôture des festivités qui auront vu passer un nombre impressionnant d’activités, soit 36.

 

 

Doc 2016J. Conférence de Bernard Vachon

Je reproduis avec plaisir le texte d’une conférence prononcée par Bernard Vachon le 17 septembre 2016 à Saint-Mathieu-de-Rioux, lors d'une soirée organisée dans le cadre des Fêtes du 150e anniversaire de la municipalité.

 

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« Évolution de la ruralité à Saint-Mathieu »

Conférence dans le cadre des fêtes du 150e anniversaire de la

municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux1

17 septembre 2016

 

Bernard Vachon, Ph.D.

Professeur retraité de l’Université du Québec à Montréal

Spécialiste en développement local et régional

Résident au Rang 5, Saint-Mathieu-de-Rioux.

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Je voudrais tout d’abord féliciter les membres du Comité organisateur des Fêtes du 150e et les très nombreux bénévoles qui, depuis le mois de février dernier, ont offert un programme diversifié d’activités et d’événements pour souligner en grand cet anniversaire de la municipalité. Un merci aussi aux organisateurs de cette soirée spéciale pour leur aimable invitation.

 

D’entrée de jeu, je veux profiter de ce temps de parole pour vous dire combien, mon épouse Francine et moi, ainsi que nos trois garçons, sommes reconnaissants au hasard de la vie de nous avoir conduits dans le rang 5 de Saint-Mathieu-de-Rioux où, un 20 juin 1979, nous avons déposé nos valises, il y a de cela 37 ans. L’accueil de la population a été des plus chaleureux et notre projet d’élevage ovin et de remise en état des terres et des bâtiments de la ferme nouvellement acquise a bénéficié des conseils et des talents de nombreuses personnes qui sont devenues des amis. Je salue ici la famille agricole Omer Beaulieu, les menuisiers Gilbert Jean, Roger Jean, Bill Moore et Gervais Tanguay, l’électricien et plombier Raynald Vaillancourt, les mécaniciens Jean-Paul et Sabin Vaillancourt, les garagistes Michel Vaillancourt et avant lui son père. Les rêves qui nous animaient à notre arrivée se sont pour la plupart réalisés allant même au-delà de nos vœux.

 

La communauté de Saint-Mathieu-de-Rioux fête cette année 150 ans d’histoire. 150 ans qui ne se sont pas écoulés comme un long fleuve tranquille, des périodes sereines, d’autres troubles ayant marqué son parcours. C’est ce dont je voudrais vous entretenir ce soir.

 

1. La phase d’occupation et de développement du territoire

C'est au milieu du XIXe siècle que des hommes, à l'étroit sur le littoral, entreprennent la conquête du haut-pays et défrichent les premières terres.

 

Le premier qui s'aventura dans les concessions de la future paroisse de Saint-Mathieu fut Michel Jean.  Natif de Saint-Jean-Port-Joli, il était maçon de profession.  Il s'établit d'abord à Trois-Pistoles puis prit possession d'une terre située à environ huit arpents à l'ouest de l'église actuelle de Saint-Mathieu.  Dès son arrivée en 1830, il travailla avec acharnement à défricher son lopin de terre.  Il ne pouvait compter que sur sa famille et trois amérindiens de la nation Micmac établis déjà en ces lieux : Abraham René, Jeannot René et Isaac René.

 

Après trois ans de labeur soutenu, il alla vendre des échantillons de sa récolte à Trois-Pistoles.  On fut étonné de constater qu'il était possible de vivre à cet endroit et bientôt d'autres suivirent la trace du pionnier.

 

Ainsi commença le mouvement de colonisation du territoire qui allait devenir la paroisse, puis la municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

Au sud de Saint-Simon, le site choisi pour ériger le nouveau village est splendide.  On imagine l'émerveillement des pionniers : deux grands lacs allongés encastrés dans une vallée radieuse, dominée par un éperon rocheux, site idéal pour y construire la première église et le noyau de village.

 

La reconnaissance d'un bon potentiel agricole et la présence d'un microclimat dû à l’étendue des lacs attirent de nouvelles familles.  La vie s'anime.  On ouvre des rangs, on sème, on bâtit.  Les espoirs sont sans limites.  On est de la race des bâtisseurs de pays, de pays où la vie rurale est porteuse d'avenir.

 

Des fermes surgissent ici et là, mais aussi des commerces et les services nécessaires au bon fonctionnement de la communauté naissante.

 

Les travaux de la première chapelle débutèrent en février 1861.  La construction alla bon train puisqu'elle fut bénite le 15 juin de la même année.

 

Durant plus d’un siècle, la petite communauté de Saint-Mathieu allait se développer sur la base de trois piliers : l’activité agricole et forestière, l’industrie artisanale, les commerces de proximité et les services publics à la population.

 

1.1 La croissance démographique

Toute cette activité s’accompagna de l’arrivée de nouvelles familles et la population s’accrut à un bon rythme. Alors que 15 personnes étaient établies dans le rang 3 en 1858, le nombre de résidents passa à 880 en 1870, puis à 1 333 dix ans plus tard (1880). Ces chiffres diminuèrent toutefois dans les années suivantes puisque les statistiques révèlent une population totale de 1 000 habitants en 1887 et de 930 en 1890. Cette décroissance rapide s’explique par le départ de plusieurs jeunes hommes et jeunes familles vers les États de la Nouvelle-Angleterre pour y travailler dans les usines, notamment les filatures.

 

Un nouveau palier est atteint vers 1950 alors que la population est de 1 200 habitants. Dans un effort pour garder leurs enfants dans la paroisse, les pères fractionnent leur propriété en petites unités. Ainsi, une terre de 10 arpents de front par 30 de profond sera subdivisée en 2 ou 3. Mais on constate rapidement qu’une terre de 2 ou 3 arpents de front fait difficilement vivre une famille. Les sols cultivables apparaissent bientôt surpeuplés, ce qui entraîne un nouveau mouvement d’exode vers les villes où la croissance industrielle a grand besoin de main-d’œuvre.

 

1.2 L’activité agricole et forestière

En 1878, la municipalité compte déjà 90 fermes : 48 sont établies dans le rang 3, 24 au rang 4 et 12 dans le rang 5. Un faible nombre dans le rang 6 et au village.

 

Le nombre maximum de fermes sera atteint en 1891 alors que 122 propriétés agricoles sont enregistrées. Ce nombre passera à 87 en 1921, à 89 en 1931, à 105 en 1941, à 78 en 1961. Il s’agit de petites fermes familiales polyvalentes, dont les activités sont principalement tournées vers la satisfaction des besoins de base de la famille.

 

Dans les rangs, les fermes se succèdent sans discontinuité ; pas de sols en friche, les clôtures de perches sont bien alignées et les bords de chemin soigneusement entretenus.  Les tracteurs ont fait leur apparition dans les champs au cours des années 50, mais les chevaux sont encore bien présents : on en comptait 42 dans le seul rang 5.

 

Les années 1950, c'est la décennie de l'électrification dans les rangs.  L'ampoule vient remplacer la flamme vacillante du fanal.  Quel bonheur d'aller traire les vaches à la lumière électrique.  Un ancien me rappelle : « Avant l’arrivée de l’électricité, on allait traire les vaches deux seaux d’eau dans les mains et l’anse du fanal dans la bouche. Les risques d’incendie étaient toujours présents à l’étable comme à la maison où l’on s’éclairait à la lampe à l’huile ». Quelques appareils nouveaux font leur entrée dans les foyers pour alléger les tâches domestiques.

 

À partir du milieu des années 1950, les incitations à la spécialisation, l’introduction de la mécanisation, l’adoption de nouvelles méthodes culturales, (et plus récemment la robotisation de certaines tâches), accélèrent les phénomènes d’abandon, de regroupement et de restructuration des fermes. Et les problèmes de relève ne sont pas sans incidences sur l’évolution de l’activité agricole.

 

L’activité forestière a connu une évolution analogue. Pour approvisionner les trois moulins à scie et les usines de transformation qui se sont implantées sur le territoire de Saint-Mathieu, les coupes de bois sur les réserves forestières de la Brown Corporation et la concession forestière accordée à même les terres publiques de l’ancienne seigneurie Nicolas-Rioux, créaient plusieurs emplois saisonniers. La disparition des scieries locales et des usines de transformation, conjuguée à l’introduction progressive des technologies performantes d’abattage et de débardage, ont contribué à éliminer la plupart des emplois en forêt. L’usage aujourd’hui des équipements multifonctionnels explique la disparition presque complète du métier de bûcheron remplacé par celui de chauffeur de machineries lourdes sophistiquées appartenant à des entreprises de l’extérieur.

 

1.3 L’industrie artisanale

L’industrie artisanale est particulièrement florissante à Saint-Mathieu jusqu’au milieu des années 1960. Cette activité industrielle compte un moulin à farine à la décharge de la rivière Neigette (Faubourg du moulin), trois moulins à scie (le dernier au village a été détruit par un incendie en 1991), une beurrerie2, une usine de boîtes à beurre3 et de boîtes à pommes, une autre de coffrets d'écoliers, de chaises, de râteaux à foin, de manches de haches, de talons de souliers, de pattes de meubles, etc.

 

Toutes ces activités composaient une économie de production dynamique (agriculture, foresterie, industrie) qui créait de nombreux emplois réguliers et saisonniers.

 

Les familles étaient nombreuses et l'ouvrage ne manquait pas. Bien sûr, la vie était rude, mais chacun se sentait solidaire de sa communauté et l'on ne calculait pas les heures passées aux champs ou à l'usine.

 

On n'était pas riches certes, mais qu'est-ce que la richesse ? Plusieurs m'ont dit qu'on mangeait bien, qu'on s'amusait fort et que le soir venu on dormait profondément.  N'est-ce pas là une forme de richesse, cependant très éloignée de nos critères actuels de consommation et d'accumulation matérielle ?

 

1.4 Activités commerciales et services à la population

Isolée des centres urbains et des grands circuits nationaux, l'économie d’autrefois est rurale et locale.  Ainsi en est-il de la vie sociale.  Celle-ci s'écoule dans une forme d'autarcie dont les règles sont définies sur la base des ressources humaines, naturelles, financières et techniques du milieu. L'ingéniosité, le talent et la détermination sont facteurs de progrès et de réussite.  Dans un tel univers, la concurrence qui déstabilise la rentabilité d'une entreprise ne vient pas de Chine ou du Mexique, mais d'un village ou d'une petite ville voisine.

 

L'apogée de la communauté rurale de Saint-Mathieu est atteint au cours des années 50 alors que la population culmine à quelque 1200 habitants (elle est d'environ 670 aujourd'hui) et que l’activité économique est intense. 

 

Au village, noyau multifonctionnel de la communauté, la vie est trépidante.  Pas de centre d'achats à vingt minutes de voiture. Toute la vitalité de Saint-Mathieu repose sur sa capacité à offrir du travail et à satisfaire les besoins de sa population.  Durant les mois paisibles d'hiver, plusieurs vont bûcher dans les chantiers pour accumuler quelques dollars nécessaires à l'achat d'un équipement de ferme ou à des travaux de construction. Dans les maisons on organise des veillées où l’on se rassemble pour danser et chanter.

 

Vers 1937, un relevé de la population active révèle que la paroisse compte 5 commerçants, 1 forgeron, 1 ferblantier-plombier, 43 journaliers (hommes de ferme, menuisiers, charpentiers, etc.), 7 domestiques, qui s’ajoutent aux 92 cultivateurs.

 

Au milieu des années 1950, le village compte un magasin général et deux coopératives à caractère agricole, trois magasins d'alimentation, une quincaillerie, une bijouterie, une meunerie, un abattoir, deux hôtels, deux maisons de pension, trois garages avec atelier mécanique, deux postes d’essence, une cordonnerie-sellerie, un bureau de poste, une caisse populaire (créée en 1937), deux ateliers de menuiserie, une forge, et une multitude de petits services établis dans des foyers privés :  couture, coiffure, tissage...  Au centre du village se dresse une grande écurie où sont gardés les chevaux pendant que l'on fait ses emplettes ou que l'on assiste à la messe.  

 

Les offices religieux, nombreux et fréquentés assidument par la grande majorité de la population jusqu’à la fin des années 1970, sont assurés par un curé et un vicaire qui habitent en résidence au presbytère. 

 

Quant à l’enseignement des jeunes, chaque rang a son école (deux dans le rang 3) et un couvent tenu par des religieuses ainsi qu’une école sont implantés au cœur du village. L’ensemble des écoles accueille plus de 300 enfants (la seule école qui dessert aujourd'hui toute la communauté compte moins de 40 élèves). Suite aux recommandations du rapport Parent des années 60, les écoles de rang sont abandonnées et les élèves sont regroupés dans une nouvelle école construite au village. Un service d’autobus scolaire assure le transport des élèves.

 

À Saint-Simon, le village voisin sis dans les basses terres du Saint-Laurent, le train apporte le sucre, la mélasse et autres denrées que les commerçants achètent en grosse quantité.  La plateforme de la gare est le lien avec le reste du monde.  On y vient pour accueillir des êtres chers ou pour aller visiter de la famille.  Parfois, c'est pour aller tenter sa chance ailleurs.

 

La combinaison de toutes ces activités a généré durant plusieurs décennies une économie de production et de services assurant le dynamisme et la croissance de la communauté de Saint-Mathieu.

 

2. Puis survient la rupture

Dès le début des années 1960 les premiers signes d’effritement et de déséquilibre se manifestent.  Les frontières de l'économie locale reculent.  Le marché du lait prend une ampleur nationale et de nouvelles règles de production (quotas) et de conservation sont imposées. Ceux qui ne peuvent y répondre sont écartés.  La taille des fermes s'agrandit par souci de rentabilité entraînant la disparition de plusieurs petits producteurs.

 

En 1962, le gouvernement fédéral accepte l'entreposage du beurre dans des boîtes de carton.  Une décision fatale pour l'usine des frères Dionne, la plus importante entreprise de boîtes à beurre au Canada, offrant des dizaines d'emplois pour la population de Saint-Mathieu. Il était impossible de concurrencer la boîte de carton, ce qui signifiait la mort de cette entreprise.

 

Le ramassage et la concentration du lait dans des usines régionales de transformation entraîne la fermeture de la beurrerie locale et la perte de ses emplois.

 

En 1976, on dénombre 25 fermes seulement dans la municipalité, plus que 6 en 1997 et 5 en 2016, soient deux fermes laitières, deux fermes ovines et un vignoble. À ces entreprises agricoles s’ajoutent 24 producteurs de sirop d’érable.

 

Depuis la fin des années 1970, des centaines d’hectares ont été retournés à la forêt, principalement dans le cadre des programmes gouvernementaux de reboisement…, avec la bénédiction du ministère de l’Agriculture, soustrayant d’autant ces superficies à la production agricole.

 

Précisons que les 5 fermes actuelles produisent en volume autant, sinon davantage que la centaine de fermes du début du siècle dernier. Cependant, du fait de la forte mécanisation, l’agriculture d’aujourd’hui crée bien peu d’emplois, soit à peine un emploi par ferme, secondé par un employé à temps partiel.

 

Le réseau routier s'améliore et l'automobile se généralise, ce qui contribue à briser l'isolement villageois et à rendre les villes voisines, Trois-Pistoles, puis Rimouski et Rivière-du-Loup, plus accessibles. Les commerces locaux font face désormais à la concurrence des centres urbains.

 

La disparition des chevaux, la généralisation de l’automobile et l’achat dans les villes régionales entraînent la fermeture de plusieurs petits métiers et commerces locaux.

 

Le recul des frontières économiques s'accompagne du recul des frontières sociales et culturelles. Les élèves du niveau secondaire vont à la polyvalente de Trois-Pistoles et ceux qui poursuivent leurs études partent pour de longs mois vivre dans les centres urbains. La télévision favorise par ailleurs la pénétration des valeurs de la société urbaine.

 

Cette ouverture sur l'extérieur entraîne un affaiblissement progressif de l'économie locale et un effritement de la cohésion sociale et culturelle.  Les emplois perdus dans le secteur agricole, l’activité commerciale et la transformation artisanale, ne sont pas remplacés par des emplois des secteurs de la grande industrie et des services spécialisés.

 

Faute d'emploi local, une partie de plus en plus importante de la population n'a d'autre alternative que l'exode.  L'exode rural fait ainsi suite à l'exode agricole.  Ceux qui partent sont généralement des jeunes attirés par la perspective d'emplois plus nombreux et variés à la ville, mais aussi par l'image d'un mode de vie facile et excitant.  Ces départs privent la communauté d'éléments dynamiques porteurs d'avenir.  La population restante est réduite et vieillissante.

 

Ces tendances se sont maintenues et accentuées jusqu’au milieu des années 1970.  Au début, la vitalité démographique et économique de la communauté a pu atténuer la portée des changements.  Mais, sans un apport d'énergies nouvelles, l'épuisement allait inévitablement se manifester.  Doucement, insensiblement tout d'abord, puis de façon de plus en plus marquée.

 

Saint-Mathieu, au même titre que des centaines d'autres municipalités rurales au Québec, est progressivement engagée dans la spirale de la dévitalisation dont l'issue est inquiétante. À la fin des années 1960, dans le cadre des travaux du Bureau d’aménagement de l’Est du Québec (BAEQ), la fermeture des rangs 4 et 5 a été envisagée.

 

La structure économique traditionnelle étant en déclin et offrant peu de perspectives de reprise, sur quelles bases nouvelles, en fonction de quelles orientations, pouvait-on insuffler un dynamisme renouvelé à la communauté de Saint-Mathieu-de-Rioux ?

 

Des initiatives sont lancées, des projets voient le jour, des personnalités s’affirment dans les efforts de relance. Messieurs Adrien Ouellet et Georges Théberge notamment, s’avèrent particulièrement dévoués à la création d’entreprises pour la mise en valeur des ressources locales. Ils contribuent à la création de la Société d’exploitation des ressources des Basques (SER des Basques) et de l’usine de charbon de bois, Produits forestiers basques.

 

Mais il faut davantage. Et l’économie de production (agriculture, foresterie, transformation) ne semble pas la voie exclusive de la redynamisation de la communauté de Saint-Mathieu. D’autres avenues sont à explorer et à promouvoir. Elles se trouvent dans la mise en valeur des atouts du milieu naturel et la qualité d’accueil de la communauté.

 

Saint-Mathieu réinvente sa ruralité : agriculture, résidence, villégiature et plein air

Dans le respect de son authenticité et de l'harmonie de ses paysages, Saint-Mathieu réinvente sa ruralité pour une meilleure adaptation au contexte contemporain. À travers une combinaison d'éléments où s'enchevêtrent activités agricoles et télétravail, culture de la vigne et ébénisterie, résidences permanentes et villégiature, activités de plein air et services de proximité, la vie rurale de Saint-Mathieu se recompose sur de nouvelles bases. Une métamorphose profonde s'opère de laquelle émerge une ruralité redessinée, celle du XXIe siècle, faite de diversité et de cohabitations inédites.

 

Saint-Mathieu veut résolument offrir une alternative désirable à la ville. Que ce soit pour s’y installer à demeure, pour la durée d’un séjour saisonnier ou pour la pratique d’une activité sportive, Saint-Mathieu a beaucoup à offrir : centre de plein air, station de ski, parcours de golf, club de chasse et pêche, terrains de camping, chalets… et avant tout, une qualité de vie. Une nouvelle vocation émerge. Un village du futur est en ébullition.

 

Nos pionniers et leurs descendants ont façonné, sur près d'un siècle et demi, une communauté rurale agroforestière dotée d'une petite activité industrielle de sciage et de fabrication artisanale. La communauté d'aujourd'hui invente une ruralité nouvelle fondée sur une mixité d'activités dont l'axe central repose désormais sur le récréotourisme, la fonction résidentielle et la villégiature. La vie rurale de Saint-Mathieu est dorénavant faite de diversité et de cohabitation, dans le respect profond de son authenticité et de l'harmonie des lieux.

 

Conclusion : le devoir de la protection

Le défi qui se pose au futur de la communauté de Saint-Mathieu-de-Rioux est à la portée de la population locale, des élus, des organismes, des entrepreneurs : c'est celui de la cohésion sociale, de la solidarité, de la qualité de vie.

 

Malgré l'attraction persistante des grands centres urbains, un nombre croissant d'entreprises, d'individus et de familles sont sensibles aux avantages des petites communautés et à l'environnement rural. Faisons en sorte que la municipalité de Saint-Mathieu soit un milieu où il fait bon vivre, travailler, se divertir et s'épanouir.

 

Alors qu’en plusieurs lieux au Québec, la ruralité redevient attractive et désirable, il n’est pas utopique de croire désormais en un renversement spectaculaire de la tendance au déclin des dernières décennies, introduisant sur le territoire de Saint-Mathieu des forces capables de bouleverser en profondeur la structure économique et provoquer un renouveau démographique à l'origine d'un mouvement de reconquête et de recomposition du territoire.

 

La diversité et la qualité des services aux familles et aux entreprises, la protection et la mise en valeur de l'environnement naturel et bâti, la consolidation de l'appartenance territoriale et l'affirmation de l’identité culturelle, la concertation, le partenariat et la solidarité... deviennent des éléments fondamentaux du projet de société à se donner pour l'avenir durable de la municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

La qualité de notre milieu naturel composé de lacs, de rivières, de sentiers, de champs en culture, de forêts et de paysages sublimes, est la première richesse sur laquelle bâtir l’avenir. Sachons protéger et mettre en valeur intelligemment ce patrimoine naturel. Il devient un facteur d’attractivité et d’implantation pour des travailleurs indépendants, des petites entreprises, des familles, des villégiateurs et des amateurs de plein air, lesquels génèrent une économie résidentielle (de consommation) complétant avantageusement une économie de production qui s’est affaiblie au cours des dernières décennies. Devenons une communauté rurale du XXIe siècle, désirée, fréquentée, occupée…, et jalousement protectrice de son cadre de vie.

 

Bibliographie

Album souvenir, Centenaire de Saint-Mathieu, 1866-1966, Saint-Mathieu 1966.

Jean, Charles-Édouard et Marjolaine Bernier ; Saint-Mathieu-de-Rioux raconte son histoire. Livre du 150e anniversaire de la municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux.

Institut de la statistique du Québec ; La population des régions administratives, des MRC et des municipalités du Québec, Gouvernement du Québec, 2016

Jean, Charles-Édouard ; Saint-Mathieu-de-Rioux raconte son histoire (1830-2016).

Vachon, Bernard (sous la direction de) ; Le Québec rural dans tous ses états, Boréal, Montréal 1991, 314 p.

Vachon, Bernard, "Le peuplement des régions rurales du Québec face aux phénomènes de dénatalité et de désurbanisation", in Populations rurales et populations agricoles, Université des Sciences et Technologies de Lille-Flandres-Artois, France, 1986, pp. 85-94.

Vachon, Bernard, "Pour une politique spécifique d'aménagement rural au Québec", in Trames, no. 11, Université de Montréal, Faculté d'Aménagement, 1996, pp. 78-84.

 

Note 1. Notes de conférence prononcée le 17 septembre 2016, lors d’une soirée consacrée à l’évolution de la ruralité à Saint-Mathieu-de-Rioux. Précédée de la projection du film de Jean-Claude Coulbois, Retour au pays d’en bas, réalisé en 1977. Présent à cette soirée, le cinéaste a expliqué les circonstances et le contexte dans lequel le film a été tourné. Plusieurs témoignages de résidents ont suivi.

 

Note 2. En 1932, la beurrerie de Saint-Mathieu transformait un total de 107,745 livres de beurre pour atteindre une production maximum de 182,207 livres en 1958.

 

Note 3. Dans les bonnes années, la production était de 400 000 boîtes par an. Une centaine d’hommes y travaillaient.

 

 

Doc 2016K. Les contes à Saint-Mathieu

Le 20 août dernier, Georgette et moi avons été invités à participer aux festivités du 150e anniversaire en racontant des « Charleries » de Monsieur Charles-Édouard Jean, écrivain et professeur de mathématiques. 

 

Ce fut une très belle soirée où 65 personnes ont tendu l’oreille pour se faire rêver de leurs jeunes temps à Saint-Mathieu-de-Rioux. Plusieurs nous ont dit après la soirée « J’ai pensé à mon grand-père… Je l’imaginais là…» « Ça fait du bien… une soirée comme ça ». Aux dires des organisateurs, ils n’attendront pas 150 ans pour recevoir d’autres conteurs!

Pour nous, ce fut une expérience très enrichissante d’entrer dans des personnages avec toutes leurs émotions de ce temps-là et surtout d’entrer en communication avec les gens présents, de jaser, d’échanger avec eux. Espérons revivre ces beaux moments.

 

Nous suggérons d’ajouter un autre volet aux « Charleries », soit de les présenter aux étudiants dans les écoles de la région. Comme on dit : « Il faut savoir d’où on vient pour savoir où l’on va ». Avec les histoires de monsieur Jean, nous savons d’où nous venons …

 

Texte : Georgette Renaud et Daniel Projean, auteurs et conteurs/formateurs.

 

 

Doc 2016L. Projet d’un spectacle historique

À l’automne 2016, j’ai eu l’idée de préparer les textes d’un spectacle historique sur Saint-Mathieu-de-Rioux. J’ai contacté la présidente du comité organisateur des fêtes du 150e qui m’a alors mentionné que, faute de ressources disponibles, elle ne pouvait pas assurer l’organisation du spectacle en 2017. J’ai donc décidé de vous présenter le scénario de ce projet de spectacle. Le titre du spectacle est Saint-Mathieu-de-Rioux, je t’aime. Voici des éléments de mise en scène et la scène 1 :

 

Mise en scène

[Sur la scène, en permanence, un grand écran est placé. Il sert à montrer des images fixes ou animées selon les besoins de l’illustration et/ou selon les documents disponibles. Chaque fois qu’une année est mentionnée, elle apparaît à l’écran. Les titres peuvent aussi apparaître à l’écran. Les images sont toujours en relation avec le texte.

 

Il peut y avoir plus d’un lecteur. Pour les dialogues, on peut faire appel ou non à de jeunes acteurs ou actrices. Les porteurs de pancartes peuvent être diversifiés. Ce seront des jeunes ou non.

 

Les chansons traditionnelles peuvent être interprétées par un chœur ou par une personne seule. Dans certains cas, il faudrait ignorer des couplets moins intéressants. On énoncera, au fur et à mesure, le nom des personnes ou groupes qui font des interprétations.

 

Pour les costumes, j’ai fait quelques suggestions. Pour le reste, ce sera selon la créativité des organisateurs ou selon les possibilités.

 

Les textes de ma composition en vers peuvent être récités, rappés, rythmés ou chantés. Les refrains peuvent être repris par un chœur.

 

Les propositions de mise en scène sont entre crochets.

 

Scène 1

Bienvenue

[Un jeune habillé en costume d’époque surgit de derrière les rideaux au-devant de la scène. Il proclame d’une voix forte.]

 

Oyez, oyez braves gens de Saint-Mathieu,

Vous qui habitez hors ou dans ce lieu,

Nous allons vous présenter

Quelques fresques de notre passé.

 

Oyez, oyez braves gens de Saint-Mathieu

Vous qui habitez hors ou dans ce lieu,

Nous allons vous raconter

Certains événements peut-être oubliés.

 

Oyez, oyez braves gens de Saint-Mathieu

Vous qui habitez hors ou dans ce lieu,

Votre paroisse sera à l’honneur

Grâce aux défricheurs.

 

Oyez, oyez braves gens de Saint-Mathieu

Vous qui habitez hors ou dans ce lieu,

Nous vous souhaitons une bonne soirée

Remplie de souvenirs animés.

 

Scène 2

Les débuts de la colonisation

[Les rideaux sont tirés. Un lecteur sur la scène présente le texte. Le ou les lecteurs sont habillés avec les costumes actuels ou anciens.]

 

[Lecteur]

L’histoire de Saint-Mathieu-de-Rioux de 1830 à 2016 a été largement couverte dans la monographie Saint-Mathieu-de-Rioux raconte son histoire. Aujourd’hui, nous allons revisiter certains événements en les romançant. Les personnages et certains faits sont réels, mais les dialogues sont le fruit de l’imagination.

 

1830

 

Nous sommes le dimanche 11 avril 1830 : c’est la fête de Pâques. Michel Jean, 37 ans, qui demeure à Saint-Simon se lève très tôt. Avec son fils Melchior, âgé de 9 ans, il se rend à une source d’eau non loin de sa demeure. Une minute ou deux avant le lever du soleil, il demande à son fils de remplir d’eau la petite chaudière qu’il a apportée. L’enfant est très heureux de participer à la cueillette d’eau de Pâques. Au retour, son père le prend par la main.

 

Depuis que sa première épouse, Véronique Plourde, est décédée à 27 ans seulement, Michel est plus tendre envers son fils. En même temps, il pense à ses deux filles : Restitute, 8 ans, et Élisabeth, 6 ans.

 

Il pense aussi à Sophie Bergeron, sa nouvelle épouse, qui a maintenant 25 ans. Il n’a pas oublié le chagrin qu’il a eu quand ses deux enfants Michel Junior et Sévérine sont décédés non longtemps après leur naissance. Le père Michel a le cœur gros et il craint de ne pas avoir d’autres enfants. Il est à un tournant de sa vie.

 

Il fait sa besogne à l’étable et, en voiture à cheval, il se rend avec son fils Melchior à la messe pascale en l’église de Trois-Pistoles. La belle-mère reste à la maison pour s’occuper de Restitute et d’Élisabeth. Tout au long du parcours, Michel est songeur. Son fils lui demande ce qui ne va pas.

 

Au retour de la messe où le curé Édouard Faucher a parlé de la résurrection qui pouvait exister dans la vie de chacun, Michel est plus serein. Il va quérir sa femme et ses deux autres enfants. Toute la famille est invitée pour le dîner pascal chez son frère Régis qui demeure aussi à Saint-Simon.

 

Régis, le plus vieux de la famille, a maintenant 50 ans. Il a été le premier colon de Saint-Simon. Il s’est établi au premier rang à l’ouest du village en 1796. Peu à peu, les colons ont défriché le premier et le deuxième rang. On compte alors à Saint-Simon plus de 1000 personnes.

 

Marguerite Chouinard, l’épouse de Régis, a préparé un excellent repas : soupe au barley, dinde, pommes de terre, légumes, tartes aux framboises : le tout agrémenté d’une tranche de pain maison et d’un verre de vin de gadelles.

 

[Hors champ]

Nos ancêtres au 19e siècle avaient l’habitude de boire du vin en mangeant, tout comme les Français. Pendant les années 1840, l’abbé Charles Chiniquy, originaire de Kamouraska, entreprend une campagne dans tout le Québec contre l'alcool et l'ivrognerie. C’est une réussite presque totale. Les habitudes changent. Si, dans votre maison, vous avez une croix noire en bois, c’est grâce à l’initiative de Chiniquy qui en avait fait le symbole de la tempérance.

 

[Lecteur]

Après le repas, pendant que les femmes font la vaisselle, Michel et Régis entament une conversation, un autre verre de vin à la main.

 

[Michel et Régis sont endimanchés comme à l’époque. Les deux hommes dialoguent.]

Michel : Régis, je dois te parler de ma situation. Les contrats de construction de maisons et de granges se font de plus en plus rares. Ma terre est trop petite pour faire vivre convenablement ma famille.

Régis : Que comptes-tu faire, Michel ?

Michel : Lors des funérailles de ma fille Sévérine le 2 février dernier, j’ai parlé au curé Édouard Faucher de Trois-Pistoles. Il m’a dit que dès son arrivée comme curé, il avait acheté une terre dans les concessions de Saint-Simon.

Régis : Que veut-il faire de sa terre ? Un curé ne défriche pas.

Michel : Il a acheté une terre de 10 arpents de front de Pierre Michaud. Dans sa tête, il pensait qu’une nouvelle paroisse pourrait être érigée à partir du troisième rang et que l’église pourrait être construite sur cette terre.

Régis : Et alors, Michel ?

Michel : Il m’a dit qu’il avait rencontré Cyprien Vaillancourt du deuxième rang de Saint-Simon et que ce dernier était prêt à vendre une partie de sa terre plus au sud. Cyprien trouve que la côte du sud de sa ferme est trop abrupte pour y construire une route convenable.

Régis : Savais-tu, Michel, que je suis déjà allé pêcher au petit lac ? Je pense que cette terre est bornée par ce lac. Ai-je raison ?

Michel : C’est ça. Ma femme serait d’accord pour déménager quand l’habitation sera prête. Elle n’a pas peur des maringouins. Mon plus vieux Melchior n’a pas encore 10 ans, mais il peut m’aider.

Régis : Si jamais, Michel, tu décides de t’installer à cet endroit, compte sur moi pour te donner un coup de main autant dans ton défrichement que dans tes constructions.

 

[Lecteur]

Michel avait maintenant pris sa décision. Il irait de l’avant malgré les nombreuses difficultés qu’il appréhendait. Le 1er juillet 1830, il achète de Cyprien Vaillancourt de Saint-Simon une terre de 10 arpents de front, soit près de 600 mètres de front, et d’environ 30 arpents de profondeur au troisième rang de cette paroisse. Ce lot est situé à l’ouest de l’église actuelle de Saint-Mathieu, là où se trouve aujourd’hui la route qui mène à Saint-Simon. La transaction s’effectue pour un montant de 10 livres ou 40 dollars.

 

Scène 3

1831

 

[Lecteur]

À la mi-juin, Melchior fredonne à son père une vieille chanson du folklore français V’là le bon vent qu’il a apprise à l’école.

 

Prestation de V'là le bon vent. Voilà le refrain :

 

Refrain

V'là le bon vent, v'là le joli vent,
V'là le bon vent m'ami m'appelle.
V'là le bon vent, v'là le joli vent,
V'là le bon vent, m'ami m'attend.

 

Scène 4

[Lecteur]

Reprenons le récit du début de la colonisation. Michel Jean vit seul depuis presqu’un an. Il s’est construit une cabane en bois rond. De temps à autre, il va à Trois-Pistoles par le grand lac pour y quérir des provisions et des outils. Un jour, il en profite pour acheter des médailles qu’il compte donner aux Micmacs. Il n’a pas oublié ses leçons d’histoire du Canada où Samuel de Champlain n’hésitait pas à offrir des présents aux Amérindiens pour rester en bons termes avec eux.

 

De temps à autre, il va visiter sa femme à Saint-Simon. Il en profite pour rapporter certaines victuailles préparées par elle. Son fils Melchior, alors âgé de 11 ans, a hâte d’aller demeurer à l’endroit choisi par son père. Pendant l’été, son père l’amène passer quelques jours à l’occasion. À partir du deuxième rang de Saint-Simon, ils doivent suivre un sentier à pied. Le jeune garçon est ravi de vivre dans cette nature sauvage. Il aide son père dans de menus travaux. Il l’accompagne à la pêche sur le petit lac, là où il y a une multitude d’anguilles et de saumons.

 

Un jour, Michel amène son fils pour visiter la bourgade des Micmacs près de la Rivière Neigette qu’on appellera plus tard faubourg du Moulin. Son grand ami Micmac, Isaac René, un trentenaire comme lui, l’accueille avec beaucoup d’égards.

 

[Dialogue. Cette partie pourrait être filmée près de la Rivière Neigette et présentée sur grand écran.]

Isaac : Michel, m’as-tu apporté des médailles aujourd’hui ?

Michel : Non, Isaac, mais je t’ai apporté un pain que j’ai confectionné moi-même.

Isaac : Ça doit être bon. Viens prendre un verre avec moi.

Michel : Est-ce que les tiens portent les médailles que je vous ai offertes ? L’as-tu attachée à ta camisole ? Tu te souviens. Je t’avais dit que ça portait chance.

Isaac : Moi, oui, je la porte. Mais les autres ont préféré donner leur médaille aux enfants. Ils craignent que le Grand Esprit soit jaloux et se venge. Les enfants jouent dans la terre avec leur médaille. Ils les cachent, mais parfois ils ne les retrouvent pas. Tu as amené ton fils avec toi.

Michel : Oui, c’est Melchior. [En le montrant]

[Un wigwam apparaît à l’écran.]

Melchior : Regarde, papa, comme c’est beau.

Isaac : On appelle cela un wigwam dans notre langue. Comme tu peux voir, l’extérieur est couvert de peaux, d'écorces de bouleaux et de branches de sapins. Il peut abriter de 10 à 12 personnes. À l’intérieur, le sol est couvert de feuillage. On couche sur des peaux d’animaux.

[Sur l’écran, on peut lire pendant la prochaine réplique : Images censurées.]

Melchior : Regarde, papa, les enfants qui montent dans les arbres le long de la Rivière Neigette et qui se jettent à l’eau. Ils sont tout nus. [Se tournant vers le Micmac] Y a-t-il une école ici ?

Isaac : Non, Melchior. Nous n’avons pas d’école.

Melchior : [En se tournant vers son père] J’aimerais rester ici.

Michel : On reviendra une autre fois.

[Hors champ]

Une anecdote racontée par le révérend Germain Siméon Marceau, curé de Saint-Simon. Du temps qu’il desservait Saint-Mathieu, il fut appelé auprès d’Isaac René dangereusement malade par suite de son ivrognerie. Ce dernier lui demanda de lui administrer les sacrements. Le prêtre refusa dû à son état. Alors Isaac lui dit : « Donne donc, donne, ça me fera pas de mal. »

 

Scène 5

[Lecteur]

Quelques semaines plus tard, lors d’une visite à Trois-Pistoles, Michel Jean va voir le curé Faucher. Celui-ci lui annonce une nouvelle qui le bouleverse.

 

[Dialogue]

Curé Faucher : Mon cher Michel, tu ne me croiras pas. L’évêque de Québec n’a pas aimé que j’aie acheté une terre. Il dit que l’Église nous défend de faire des transactions civiles sans l’accord de l’évêque.

Michel : Vous n’aviez pas demandé l’autorisation ?

Curé Faucher : Non, je savais que cela me serait refusé. L’évêque va me relever de mes fonctions ici à Trois-Pistoles. En septembre, je m’en vais à Lotbinière comme curé. Je ne sais pas ce que je vais faire de ma terre.

 

[Lecteur]

Sur le chemin de retour, Michel se sent de plus en plus seul. Au moins, avec le projet du curé de Trois-Pistoles, il avait de l’espoir.

 

1832

 

L’année suivante, soit en 1832, sa femme et ses enfants viennent le rejoindre. Depuis qu’il s’est installé au troisième rang, il a eu deux autres enfants : Narcisse et Louis. La petite famille est maintenant composée de cinq enfants. Michel Jean entrevoit l’avenir avec plus de sérénité.

 

1833

 

Pendant trois ans, Michel Jean est le seul résident permanent avec sa famille au milieu des bois. Il débroussaille le sentier sur sa terre pour se rendre à Saint-Simon. Il va montrer à ses connaissances de Trois-Pistoles des échantillons de sa récolte, dont du pain et des céréales. Ceux-ci sont étonnés de constater que les produits sont tout aussi de qualité que les leurs.

 

[Courte pause] Y a-t-il quelqu’un dans la salle qui a connu Michel Jean, le premier défricheur ?

[Dialogue. Un spectateur habillé en bûcheron se lève.]

Louis-Amable Parent : Oui, moi.

Lecteur : Comment vous appelez-vous ?

Louis-Amable Parent : Je m’appelle Louis-Amable Parent. À l’automne 1832, je suis venu bûcher à contrat sur les terres de la Seigneurie Nicolas-Rioux pour le propriétaire de la scierie de L’Isle-Verte. En passant devant la résidence de Michel Jean, je me suis arrêté pour lui parler. On ne se connaissait pas parce que, moi, je venais de Kamouraska et, lui, de Saint-Jean-Port-Joli.

Lecteur : Quelle sorte d’homme était-il ?

Louis-Amable Parent : C’était un homme affable, sympathique et de bonne conversation. Il était enthousiaste à l’idée de défricher une nouvelle terre et éventuellement d’être, comme son frère, le pionnier d’une nouvelle paroisse. Il était en train de construire sa maison.

Lecteur : Que vous a-t-il dit ?

Louis-Amable Parent : Il m’a offert une partie de ses 10 arpents si je voulais venir vivre ici. Trois ans plus tard, je l’ai rencontré chez le notaire pour l’achat d’un lot. Par la suite, j’ai eu un accident de voiture à cheval et je suis décédé.

Lecteur : Je suis désolé.

Louis-Amable Parent : Ma femme et mes enfants ont déménagé sur le lot que j’avais acheté. Je suis l’ancêtre des Parent de Saint-Mathieu. Saint-Pierre m’a informé qu’un de mes arrière-petits-fils, Charles-Eugène Parent, est devenu plus tard archevêque de Rimouski.

Lecteur : Merci, monsieur Parent.

 

[Lecteur]

Les premiers pionniers proviennent principalement de Saint-Simon et de Trois-Pistoles. Ils occupent des terres au troisième rang, d’abord dans la partie qui deviendra le village, puis avec extension vers l’ouest. À cause de l’obstacle naturel qu’est la rivière Neigette, le bas de la paroisse est habité après celui de l’ouest. Le mouvement de colonisation est enclenché. Rendons hommage au pionnier Michel Jean.

 

Scène 6

[Prestation]

Hommage à Michel Jean

Honneur au pionnier Michel Jean

Qui d’ici fut le premier artisan.

 

Muni d’une hache et d’une scie,

Il commença par une éclaircie.

Les arbres plus que centenaires

Troublés dans leur repaire

N’ont pas résisté longtemps

À ses bras forts et menaçants.

Honneur au pionnier Michel Jean

Qui d’ici fut le premier artisan.

 

Il a mis en terre le premier grain

Qui a poussé comme le levain.

Il a pétri le premier pain

Digne d’un Mathéen.

Son talent de menuisier

Lui a permis de bâtir un foyer.

Honneur au pionnier Michel Jean

Qui d’ici fut le premier artisan.

 

Il a choisi de vivre non loin d’un lac

Où séjournaient des Micmacs.

Avec sa femme et ses enfants,

D’énergie et de rêve vibrant,

Il édifia une petite colonie

Qui aujourd’hui a ses armoiries.

Honneur au pionnier Michel Jean

Qui d’ici fut le premier artisan.

 

Les années ont passé.

Les arbres ont repoussé.

Sa trace n’est pas perdue.

Par des apports soutenus,

Elle vit dans le sillage

De nouveaux personnages.

Honneur au pionnier Michel Jean

Qui d’ici fut le premier artisan.

 

Scène 7

Hommage à la campagne

[Lecteur]

Si la chanson Au fond des campagnes avait existé à l’époque, il est certain que la famille de Michel Jean aurait aimé la fredonner le soir à la lumière des chandelles.

 

Scène 8

Prestation de Au fond des campagnes. Voilà le refrain :


Au fond des campagnes
Qu'il fait bon, fait bon, fait bon
Au fond des campagnes
Qu'il fait bon rester.

 

Scène 9

Sermon du premier curé

1866

 

[Lecteur]

Depuis 36 ans, les hommes ont défriché une bonne partie des terres de la paroisse. Ils ont maintenant une chapelle depuis cinq ans. L’évêque leur fait la faveur de leur donner un curé résident qui aura la tâche initiale d’ouvrir les registres paroissiaux. Écoutons le sermon de l’abbé Antoine Chouinard, le premier curé de la paroisse, lors de sa première messe dominicale en septembre 1866. La dernière partie du sermon est largement puisée dans les notes que le curé Chouinard a écrites dans les livres de la fabrique.

 

[Interprète portant une soutane et un surplis, peut-être par un jeune]

 

Mes très chers frères,

Quand l’archevêque de Québec, Mgr Pierre-Flavien Turgeon, m’a demandé de devenir curé de votre paroisse, j’ai accepté avec plaisir mais avec certaines appréhensions. Je sais qu’être le premier curé d’une paroisse est une tâche très lourde. C’est aussi ma première cure. Auparavant, j’étais desservant à Sainte-Félicité de Matane. Je demande au Dieu tout-puissant d’éclairer mon chemin.

 

Heureusement que votre paroisse est sur la bonne voie. Vous avez un moulin à farine, un moulin à scie et, depuis cet été, un magasin général. Du côté religieux, vous avez cette belle chapelle construite par vos dons, il y a maintenant cinq ans. L’espace est restreint et les bancs sont rudimentaires. Aussi, je vais travailler avec les chefs de famille pour que nous puissions avoir une église.

 

Nous allons demander aux autorités civiles l’autorisation d’établir une commission scolaire pour gérer nos deux maisons d’école qui existent déjà. Nous allons travailler pour avoir une école dans chaque rang.

 

Vous avez été assez aimables pour permettre au pionnier de la paroisse, Michel Jean, d’occuper le premier banc d’en avant comme on le faisait autrefois pour les seigneurs. Je vous en félicite. C’est un signe de reconnaissance pour le travail qu’il a accompli.

 

Vous le savez sans doute, Michel Jean est natif de la même paroisse que moi, Saint-Jean-Port-Joli. Quand je suis né en 1838, il avait déjà pris racine dans votre belle paroisse depuis huit ans. J’ai bien connu sa parenté.

 

Jésus a dit : « []Un semeur sortit pour semer. Et comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux, étant venus, ont tout mangé. D'autres sont tombés sur des endroits pierreux et ils se sont desséchés. D'autres sont tombés sur les épines, et les épines les ont étouffés. Mais, d'autres sont tombés sur de la bonne terre et ils ont donné du fruit au centuple. »

 

Il en a été de Saint-Mathieu comme du grain de sénevé dont Jésus parle. Il est tombé dans la bonne terre. Honneur donc aux intrépides pionniers qui en abattant les premiers arbres y plantèrent à la place le signe de la rédemption, le véritable arbre de vie à l’ombre duquel tout fleurit et porte des fruits.

 

Ce coin de pays, élevé par les Sauvages, a été converti au christianisme. Aujourd’hui, votre chapelle domine la paroisse et veille sur ses enfants. Le lac, qui dort paisiblement à ses pieds, est un vrai miroir où les objets des alentours viennent à l’envie se mirer. Il s’offre alors aux regards du spectateur un panorama digne de la main d’un grand maître.

 

Mes très chers frères, soyez fiers de votre paroisse qui a grandi rapidement. Voyez les petits oiseaux s’élever sur les rives verdoyantes et accourir pour saluer de leur cri joyeux vous tous qui ont daigné venir partager leur solitude. Il semble nous dire comment, au travail, on peut unir l’hymne de louange à la gloire de Dieu.

 

Mes très chers frères, demandons au Dieu tout-puissant de bénir notre paroisse et de l’assurer de sa protection. Amen.

 

Scène 10

[Lecteur]

À cette époque, la plupart des chefs de famille ont un verger. Autour du jardin, on y trouve des cerisiers, des pruniers et surtout des pommiers. Voyons Colin et Colette dans le verger.

 

Scène 11

Prestation de Le temps des pommes. Voici le premier couplet :

 

C'était au temps des pommes

Colin avait douze ans

Mais il faisait son homme

Comme un garçon de vingt ans

Un jour avec Colette

La fille du voisin

Ils faisaient la cueillette

Des pommes du jardin

 

Scène 12

Les écoles

1867

[Lecteur]

En 1867, il y deux maisons d’école qui dispensent l’enseignement primaire dans la paroisse. Ce sont des maisons dont une chambre ou le salon est occupé comme local de classe. Il est raisonnable de penser que l’une est située au village et l’autre en haut de la paroisse.

 

Il n’y a pas encore de commission scolaire. Celle-ci verra le jour deux ans plus tard. En attendant, c’est la municipalité qui prend la responsabilité de l’organisation scolaire. Pour l’année qui vient de se terminer, la municipalité a reçu une subvention de 254 $ du Gouvernement du Québec. C’est peu pour payer l’institutrice, l’utilisation des locaux et l’équipement scolaire. Les parents qui ont des enfants à l’école doivent se cotiser pour payer la différence. On compte 98 élèves qui sont inscrits à ces deux écoles. Toutefois, seulement 67 y assistent régulièrement. Deux institutrices sont responsables de l’enseignement, une dans chaque école.

 

Pendant près de 100 ans, les institutrices ont été presque les seules à transmettre le savoir. Ayons l’indiscrétion d’épier les gestes de quatre élèves de la cinquième année du village qui sont en rang. Les autres élèves travaillent autour d’une table de cuisine munie de longs bancs en bois. Ceux qui n’ont pas de place travaillent sur leurs genoux. L’institutrice est peut-être Geneviève Rousseau, Marie Sirois, Eugénie Chamberland ou Élisabeth Cloutier.

 

[Dialogue. Les jeunes sont endimanchés comme cela se faisait à l’époque dans les écoles.]

Institutrice : Avez-vous appris vos leçons ?

Élèves en chœur : Oui, Mademoiselle.

Institutrice : Nous allons vérifier vos connaissances en catéchisme. Délima, qui est le créateur du monde ?

Délima : Dieu est le créateur du ciel et de la terre et de toutes les choses visibles et invisibles.

Institutrice : Très bien. Émile [Émile est plus grand que les autres et il a doublé au moins une année], vous savez que ce qui est le plus important dans la vie, c’est d’aller au ciel, c’est-à-dire nous sauver. Émile, que devrons-nous faire pour nous sauver ?

Émile : Il faut partir à courir. C’est mon père qui me l’a dit. [On entend des rires d’enfants à l’arrière-plan.]

Institutrice : À la queue, Émile. Antonio, que devrons-nous faire pour nous sauver ?

Antonio : Pour nous sauver, nous devons adorer Dieu par la foi, l’espérance et la charité.

Institutrice : Très bien. Est-ce que vous comprenez ce que cela veut dire ?

Antonio : Ça veut dire qu’on doit aimer Dieu de tout notre cœur.

Institutrice : Parfait. Elmire, en combien de jours, Dieu a-t-il créé le ciel et la terre ?

Elmire : En sept jours.

Émile : Non, mademoiselle, en six jours. Le septième jour, il se reposa. Il était trop fatigué. [On entend des rires d’enfants à l’arrière-plan.]

Institutrice : Émile, vous serez en retenue après l’école.

 

[Chœur de l’institutrice et des écoliers, sauf Émile]

Merci aux institutrices et aux instituteurs, de même qu’aux religieuses du Saint-Rosaire pour avoir consacré leurs belles années à l’éducation des jeunes de la paroisse.

 

[Émile se place devant les autres et se tournant légèrement vers son institutrice.]

Émile : Merci Mademoiselle de m’endurer.

 

[Chœur de l’institutrice et des quatre écoliers]

Rendons hommage aux institutrices.

 

Scène 13

[Prestation]

Hommage aux institutrices

Honneur aux institutrices

Qui ont été des zélatrices.

 

Malgré leur maigre salaire,

Elles ont été exemplaires

Pour transmettre le savoir

Dans tout le terroir.

Honneur aux institutrices

Qui ont été des zélatrices.

 

Elles ont montré aux enfants

À devenir des conquérants

En maîtrisant la lecture,

Mais aussi l’écriture.

Honneur aux institutrices

Qui ont été des zélatrices.

 

Elles ont montré aux enfants

À devenir des gagnants

En maîtrisant l’arithmétique

Et le catéchisme catholique.

Honneur aux institutrices

Qui ont été des zélatrices.

 

Elles ont transmis les valeurs

D’un peuple défricheur.

Elles n’ont pas oublié la prière

Qui autrefois était si chère.

Honneur aux institutrices

Qui ont été des zélatrices.

 

Scène 14

Hommage aux maires

1872

[Lecteur]

La première assemblée du conseil municipal de Saint-Mathieu-de-Rioux a eu lieu le 4 mars 1872 sous la présidence de Joseph Bélanger. Voici le nom des maires qui ont été en fonction pendant les 100 dernières années :

 

[À mesure, des jeunes apparaissent sur la scène en portant des pancartes contenant le nom d’un maire et récitent le texte. Si un maire est vivant et le veut bien, il pourrait se présenter lui-même. Dans ce cas, il dit : « Je suis le vrai … ». Par ailleurs, on pourrait demander à un descendant ou une descendante de porter la pancarte. Lorsque c’est le cas, la personne dit, par exemple : « Je suis la petite-fille de … qui a été maire de … » On pourra montrer à l’écran les photos des maires quand on les possède.]

• Je suis Georges Caron. J’ai été maire de 1913 à 1918. Je suis décédé de la grippe espagnole alors que j’étais en fonction.

• Je suis Antoine Dionne. J’ai été maire de 1918 à 1934. J’ai dû démissionner pour des raisons de santé et je suis décédé quelques mois plus tard.

• Je suis Alfred Belzile. J’ai été maire de 1934 à 1937.

• Je suis Onésime Dionne. J’ai été maire pendant 20 ans, soit de 1937 à 1957. J’ai été  préfet du comté de Rimouski pendant 12 ans.

• Je suis Réal Dionne. J’ai été maire de 1957 à 1967.

• Je suis Jean-Eudes Dionne. J’ai été maire de 1967 à 1977 et de 1993 à 1999. Je suis décédé pendant mon dernier mandat.

• Je suis Georges Théberge. J’ai été maire de 1977 à 1978.

• Je suis Simon Plourde. J’ai été maire de 1978 à 1989.

• Je suis Kenneth Ogilvie. J’ai été maire de 1989 à 1993.

• Je suis Norbert Rousseau. J’ai été maire de 1999 à 2009.

• Je suis Réal Côté. J’ai été maire de 2009 à 2012.

• Je suis Yvon Ouellet. Je suis maire depuis 2012.

 

[Les maires en chœur en groupes successifs de 3, 4 ou 5]

Nous nous sommes dévoués

Pour que notre municipalité

Soit un coin de pays

Où agréable est la vie.

 

C’est un peu grâce à notre énergie

Si la municipalité bénéficie

D’infrastructures variées

Qui font notre renommée.

 

Nous avons été épaulés

Par des secrétaires-trésoriers

Et des conseillers

Qui ont donné temps et idées.

 

Scène 15

L’église

1875

[Lecteur]

Comme le disait le premier curé Chouinard, la paroisse de Saint-Mathieu-de-Rioux a été élevée au christianisme dès ses débuts. L’église est là pour qu’on s’en rappelle.

 

[Un jeune s’avance avec la photo de l’église.]

 

Je suis l’église. Je suis un des bâtiments parmi les plus vieux de la paroisse. J’ai été inaugurée le 15 janvier 1875. J’ai 142 ans. J’ai vu des poupons pleurer lors de leur baptême. J’ai vu des mamans pleurer de peine ou de joie lors de mariages. J’ai vu des proches pleurer lors de services funèbres. J’ai entendu des curés dans la chaire parler de la foi, mais aussi de la morale, parfois avec une voix un peu trop forte. J’ai vibré lors des messes de Minuit.

 

Aujourd’hui, je suis moins populaire. Mon coq continue de surveiller le va-et-vient dans le village et ne porte jamais de jugement. Mon carillon est formé de trois cloches qui résonnent depuis 1922. Je suis classée comme immeuble patrimonial depuis 2010.

 

 Scène 16

Une messe de Minuit

[Lecteur]

À l’été 1875, le curé Cyprien Lebel, en lisant les journaux, apprend que, quelques années auparavant, un poète français a écrit un texte intitulé Minuit, chrétiens.

 

Le curé Lebel veut souligner le fait que c’est la première messe de Minuit dans l’église de Saint-Mathieu-de-Rioux puisqu’elle a été bénie le 15 janvier dernier. Il veut, en même temps, faire une surprise aux paroissiens. Il a demandé à l’évêque de Rimouski qu’on puisse chanter ce cantique à Noël dans l’église. S’il a fait cette demande, c’est qu’à l’époque les chants en français étaient interdits lors de cérémonies religieuses. Seul le latin était permis. L’évêque a accepté. Le 25 décembre 1875, les paroissiens découvrent ce cantique qui sera, pendant longtemps, populaire.

 

 Scène 17

Prestation de Minuit, Chrétiens

Minuit, Chrétiens, c'est l'heure solennelle 
Où l'Homme Dieu descendit jusqu'à nous
Pour effacer la faute originelle 
Et de son Père apaiser le courroux.
Le monde entier tressaille d'espérance 
En cette nuit qui lui donne un Sauveur.

 

Scène 18

Les cultivateurs

1878

[Lecteur]

Quarante-huit ans après l’arrivée du premier colon, on compte déjà un peu plus de 1000 âmes à Saint-Mathieu-de-Rioux, en grande partie des enfants, car les familles sont nombreuses. Les rangs 3, 4 et 5 sont presque entièrement habités. Peu à peu, des sexagénaires prennent leur retraite et demeurent sur leur terre avec leur fils ou leur fille ; d’autres se bâtissent une maison au village. Le rang 6 appartient toujours à la seigneurie Nicolas-Rioux et aucun défrichement n’y a été encore fait.

 

Cette année-là, on compte 84 chefs de famille dont la plupart possèdent une terre. Voici, choisis au hasard, quelques noms de ces chefs de famille :

 

[À mesure, des jeunes apparaissent sur la scène en portant des pancartes contenant le nom d’un cultivateur et disent « Je suis ... ». On pourra voir des garçons et des filles.]

 

Rang 3 Ouest

Édouard Bérubé, Achille Paradis, Venant Plourde, Louis Beaulieu

 

Village

Vital Rousseau, Étienne Ouellet, Louis Parent, Thomas Vaillancourt

 

Rang 3 Est

Hilaire Boulanger, Séverin Dubé, Frédéric Létourneau, Georges Parent

 

Rang 4

Majorique Rousseau, Denis Fournier, Narcisse Ouellet, François Roy

 

Rang 5

Olivier Vaillancourt, Paul Gaudreau, Zacharie Côté, Gilbert Fortin

 

[En chœur]

Merci à tous les cultivateurs qui ont défriché et ensemencé notre beau coin de pays à la sueur de leur front et à la force de leurs bras. Rendons-leur hommage.

 

 

Scène 19

[Prestation]

 

Hommage aux cultivateurs

Honneur à ces cultivateurs

Qui n’ont pas craint le labeur.

 

Au printemps, ils ont semé le blé

De leurs mains bien cadencées.

À l’été, ils ont ramassé le foin

Avec un très grand soin.

À l’automne, ils ont cueilli les grains

Pour s’en faire du pain.

Honneur à ces cultivateurs

Qui n’ont pas craint le labeur.

 

Ils ont défriché toutes ces terres

Avec des outils rudimentaires.

Bon an mal an, ils ont protégé

Leur précieuse maisonnée.

De leur courage empressé,

La paroisse a prospéré.

Honneur à ces cultivateurs

Qui n’ont pas craint le labeur.

 

Ils ont été aidés des ménagères

Qui ont été exemplaires.

Les enfants ont été nourris

Sans craindre la pénurie.

Les enfants ont été vêtus

De vêtements-maison cousus.

Honneur à ces cultivateurs

Qui n’ont pas craint le labeur.

 

 Scène 20

Les femmes à l’honneur

[Lecteur]

Arrêtons-nous un instant pour rendre hommage à toutes ces femmes qui ont trimé dur au foyer et même dans les champs ; qui ont aimé ; qui ont pleuré ; qui ont éduqué ; qui ont laissé une postérité pour continuer leur œuvre.

 

Dans l’histoire de la paroisse,

• 36 femmes ont mis au monde 12 enfants

• 23 femmes ont mis au monde 13 enfants

• 11 femmes ont mis au monde 14 enfants

• 12 femmes ont mis au monde 15 enfants

• 4 femmes ont mis au monde 16 enfants

 

Saluons, de façon particulière, les mères qui ont mis au monde 17 enfants et plus.

 

17 enfants (5 femmes)

Félécité Dionne, épouse de Léon Vaillancourt, mariée le 21 juillet 1868

Marie-Anna Lévesque, épouse de Thomas Pelletier, mariée le 24 novembre 1874

Malvina Parent, épouse de Georges Caron, mariée le 25 juillet 1893

Florida Dubé, épouse d’Émile Paradis, mariée le 2 octobre 1923

Thérèse Fournier, épouse de Charles Beaulieu, mariée le 22 octobre 1947

 

18 enfants (3 femmes)

Éva Rousseau, épouse de Joseph Vaillancourt, mariée le 22 août 1905

Célina Bérubé, épouse de J.-Émile Ouellet, mariée le 11 janvier 1910

Laura Théberge, épouse d’Eugène Vaillancourt, mariée le 5 avril 1910

 

19 enfants (4 femmes)

Célina Gagnon, épouse de Thomas Bélanger, mariée le 22 juillet 1873

Victoria Jean, épouse de Pierre Devost, mariée le 15 février 1881

Victoria Lévesque, épouse de Joseph Plourde, mariée le 24 juin 1884

Odila Vaillancourt, épouse d’Ernest Dionne, mariée le 3 février 1891

 

25 enfants (1 femme)

Germaine Parent, épouse de Gérard Ouellet, mariée le 29 octobre 1938

 

Au total, ces 99 femmes ont mis au monde 1369 enfants. Parmi elles, le couple le plus ancien est le pionnier Michel Jean et Sophie Bergeron qui s’est marié en 1827 et qui a eu 15 enfants. De plus, Michel Jean avait eu trois enfants d’un mariage précédent avec Véronique Plourde. Le plus récent couple est Charles Beaulieu et Thérèse Fournier que nous avons mentionné tantôt avec 17 enfants. C’est une image forte d’une autre époque qui ne reviendra plus, si l’on en croit la tendance actuelle.

 

Écoutons le poème Petite mère, c’est toi.

 

Scène 21

Récitation de Petite mère, c’est toi.

 

Petite mère, c'est toi
La nuit, lorsque je sommeille,
Qui vient se pencher sur moi ?
Qui sourit quand je m'éveille ?
- Petite mère, c'est toi.

 

Scène 22

L’usine de boîtes à beurre

1904

[Lecteur]

Nous sommes jeudi le 25 novembre 1904. C’est le jour de la Sainte-Catherine. Il est 9 heures du matin. Odila Vaillancourt, 31 ans, l’épouse d’Ernest Dionne, est assise à la table de cuisine dans sa maison du faubourg du Moulin. Quatre de ses enfants sont à l’école : Clairina, Rose-Anna, Ida et Félix. Pendant ce temps, Désiré, Antoine, Onésime et Rose-Aimée jouent avec des blocs de bois que leur père a apportés à la maison. Alice qui a un peu plus de neuf mois dort dans son berceau.

 

Un visiteur bien connu frappe à la porte. C’est Léon Vaillancourt, 59 ans, le père d’Odila. Il est cultivateur au rang 5, dans la partie est du rang.

 

[Derrière Odila, on voit la croix noire encadrée par deux images religieuses, le Sacré Cœur et la Vierge Marie.]

Odila : Bonjour, papa, comment ça va ?

Léon : Qu’est-ce que tu fais de bon, Odila ?

Odila : Je suis en train de faire de la tire. J’ai déjà un sac plein de kisses. Cet après-midi, je vais à l’école pour fêter la Sainte-Catherine. J’amène mes enfants avec moi. C’est la troisième année que je fais ça. Les écoliers sont tellement heureux de me voir.

Léon : Où est Ernest ?

Odila : Il est allé acheter des billots chez un cultivateur du haut de la paroisse.

Léon : Comment vont les démarches de ton mari pour avoir le téléphone ?

Odila : La compagnie de téléphone du Témiscouata nous a promis de planter les poteaux dès le printemps prochain. Maintenant que les gens du village ont le téléphone, ce sera à notre tour de l’avoir.

Léon : Je suis bien content. Nous pourrons venir téléphoner ici en cas d’urgence. Nous aussi, nous voulons avoir le téléphone. J’en ai parlé au maire Ferdinand Jean. Je lui ai dit qu’avec mes garçons, j’étais prêt à planter les poteaux d’ici jusqu’au rang 5. Il m’a dit qu’il en parlerait au boss de la compagnie.

Odila : Vous avez toujours la tête pleine de projets.

Léon : Je suis allé porter ma dernière canisse de lait de la saison à la beurrerie. La beurrerie ferme demain pour l’hiver. Imagine-toi que cette année j’ai deux vaches aneillères, deux vaches qu’on va pouvoir traire tout l’hiver. Ta mère va pouvoir faire du beurre pendant tout ce temps. Le beurrier, Alfred Belzile, m’a remis ce papier. C’est un article du journal La Presse.

Odila : Il parle de quoi ?

Léon : Il parle de fromageries et de beurreries. Tu te rappelles sans doute qu’il y a une quinzaine d’années, le curé Hermel Tremblay, que nous avons bien aimé, a tenté d’établir une fromagerie à Saint-Mathieu, mais ça n’a pas fonctionné.

Odila : Bien sûr que je m’en souviens. J’avais été frappée par l’enthousiasme du curé pour ce projet. Je me demande bien pourquoi Alfred t’a donné cet article de journal.

Léon : Il ne me l’a pas dit. Il faut que je me sauve. J’ai du bûchage à faire.

Odila : À la prochaine, papa.

Scène 23

[Lecteur]

En attendant la venue d’Ernest Dionne, écoutons la chanson Dans tous les cantons.

 

Prestation de Dans tous les cantons (premier couplet).


Dans tous les cantons
Y'a des filles et des garçons
Qui veulent se marier
C'est la pure vérité
Les garçons vont les voir
Le plus souvent le soir
Les filles se réjouissent
Quand elles voient leurs amis
Elles se disent en souriant:
Le voilà mon amant.

 

Scène 24

[Lecteur]

Le dimanche suivant, Ernest Dionne, 34 ans, aborde Alfred Belzile, 31 ans, sur le perron de l’église. Ils écoutent ensemble les avis publics lus en anglais par Joseph Jean, le secrétaire-trésorier de la municipalité. Puis, Alfred Belzile invite Ernest Dionne chez lui.

 

[Dialogue]

Ernest : Je ne comprends pas pourquoi le secrétaire-trésorier lit les avis publics en anglais alors que personne ne comprend cette langue. Qu’en penses-tu Alfred ?

Alfred : Depuis la Conquête en 1763, c’est ainsi que ça se passe. Les Anglais veulent tout contrôler. Ils nous imposent leur loi. J’espère qu’un jour les gens vont dire : « Le joug des Anglais, c’est terminé. » … As-tu lu l’article que ton beau-père t’a apporté ?

Ernest : Très intéressant, Alfred. Je ne savais pas que ce sont les Anglais qui ont mis sur pied les premières fromageries et les premières beurreries dans la province du Québec.

Alfred : Tu vois, Ernest. Ils sont partout où il y a une piastre à faire. Tu l’as sans doute remarqué, dans l’article, on dit que les ménagères ne font plus de fromage depuis qu’on a construit des fromageries. Quant au beurre, le même phénomène tend à se produire.

Ernest : C’est vrai. J’ai lu qu’en 1881, seulement 2 % du beurre était fabriqué dans les beurreries et que 20 ans plus tard, on est passé à 53 %. On pense que la tendance va se maintenir.

Alfred : Il faut que les Canadiens français s’impliquent de plus en plus dans les affaires. J’ai pensé que tu pourrais peut-être te lancer dans la fabrication de boîtes à beurre.

Ernest : Vraiment ? Tu me surprends.

Alfred : Le marché du beurre d’usine va être de plus en plus important. Les beurriers comme moi doivent faire fabriquer les boîtes pour le transport par des menuisiers locaux. Le produit n’est pas toujours adéquat. Cela affecte la qualité du beurre.

Ernest : Quel est ton marché pour la vente du beurre ?

Alfred : À part Saint-Mathieu dont la demande est de plus en plus forte, je vends mon beurre dans le Témiscouata. Plusieurs paroisses n’ont pas encore de beurrerie. Je dois livrer en voitures à cheval. La route est parfois longue et la senteur du bois s’imprègne dans le beurre. Je produis trois qualités de beurre. Pour le beurre de première qualité, je ne peux pas réutiliser les boîtes.

Ernest : Pour le beurre de deuxième et de troisième qualité, peux-tu réutiliser les boîtes ?

Alfred : Oui, mais ce n’est pas recommandé. Comme tu as pu le lire dans l’article, il n’y a aucune usine de fabrication de boîtes à beurre au Québec. Tu serais un pionnier dans le domaine.

Ernest : C’est excitant. Je vais en parler à ma femme Odila, qui comme son père aime les nouveaux projets. Peux-tu me montrer une boîte à beurre ?

[Alfred se lève et va chercher celle qui est dans le coin de la cuisine.]

Alfred : Voilà ! Ernest.

Ernest : Je pense qu’elle est fabriquée en sapin.

Alfred : Peut-être. On utilise aussi l’épinette. Je ne sais pas faire la différence. Pour la fabrication, on utilise des planches d’environ un demi-pouce d’épaisseur. L’intérieur de la boîte est recouvert d’une couche de paraffine afin d’atténuer la senteur du bois.

Ernest : Utilises-tu les mêmes boîtes pour le beurre en vrac, Alfred ?

Alfred : Quand je livre en vrac, je tapisse l’intérieur de deux lisières de papier ciré. Il faut que la boîte soit complètement hermétique. S’il y a de petites ouvertures, il faut les obturer pour empêcher l’air de passer et ainsi éviter les moisissures.

Ernest : Puis-je apporter la boîte ?

Alfred : Bien sûr. Si jamais ça t’intéresse, je vais en parler aux beurriers des paroisses voisines.

Ernest : Bien le bonjour et merci, Alfred.

 

[Lecteur]

Ernest Dionne fut plusieurs nuits sans dormir. Il était excité par le fait de donner à sa paroisse une manufacture de boîtes à beurre qui pourrait éventuellement donner du travail à plusieurs hommes. Il était subjugué par la tâche colossale que la mise en place exigerait. Il était inquiet de la réussite. Après en avoir longuement parlé avec sa femme Odila, il conclut qu’il ne pouvait pas entreprendre seul ce projet. Il pensa à son cousin Antoine, le fils de Jean Dionne et d’Hélène Jean, qui avait alors 26 ans. Il alla le rencontrer. Celui-ci accepta avec plaisir d’être associé au projet.

Ernest fit part de son projet au maire Ferdinand Jean qui accepta de le présenter à la réunion annuelle des maires du comté de Rimouski. Lors de la visite paroissiale du curé Réal Cayouette, Ernest en parla au curé. Ce dernier l’encouragea à aller de l’avant.

 

1906

 

Les cousins Ernest et Antoine Dionne enregistrèrent leur entreprise sous le nom de Dionne & Dionne en 1906. Les boîtes à beurre ont d’abord été fabriquées à la main au faubourg du Moulin. Par la suite, Antoine Dionne créa plusieurs machines adaptées à leur fabrication. Après deux incendies, l’usine a été construite au village.

 

Scène 25

[Lecteur]

Rendons hommage à Ernest Dionne.

 

[Prestation]

Hommage à Ernest Dionne

Honneur au bâtisseur Ernest Dionne

Qui, en tout, jamais n’abandonne.

 

Dès l’âge de vingt ans,

Avec son frère Ferdinand,

Il achète un moulin à farine

Qui devient sa première usine.

Il est encore célibataire

Quand il se lance en affaires.

Honneur au bâtisseur Ernest Dionne

Qui, en tout, jamais n’abandonne.

 

Près des chutes de la Rivière Neigette,

Il achète terre et maisonnette.

Il y construit un moulin à scie

Qui, de la rivière, bénéficie.

Il y scie épinette et sapin

Pour services à son patelin.

Honneur au bâtisseur Ernest Dionne

Qui, en tout, jamais n’abandonne.

 

Il n’a pas dit son dernier mot

Quand il voit tous les billots.

De boîtes à beurre,

Il rêve en douceur.

Il y met sa chemise

Pour que son rêve se réalise.

Honneur au bâtisseur Ernest Dionne

Qui, en tout, jamais n’abandonne.

 

Avec Antoine, son cousin,

Qui aime tous les engins,

Il met sur pied une manufacture

Qui deviendra, dans le futur,

De loin, la plus chérie

De ce coin de pays.

Honneur au bâtisseur Ernest Dionne

Qui, en tout, jamais n’abandonne.

 

Scène 26

Le mois de Marie

1947

[Lecteur]

C’est jeudi le 1er mai. Rita Parent, l’institutrice du bas de la paroisse, a donné rendez-vous aux gens du rang à la croix de chemin chez Philéas Dubé à 7 heures du soir. Elle veut souligner le premier jour du mois dédié à la Vierge Marie. Les femmes et les enfants s’y rendent accompagnés de quelques hommes. Les autres prétextent qu’ils sont trop fatigués à cause des labours. On récite un chapelet et on entonne en chœur le cantique C’est le mois de Marie.

 

 Scène 27

Prestation de C’est le mois de Marie.

 

Refrain
C'est le mois de Marie
C'est le mois le plus beau
À la Vierge chérie
Disons un chant nouveau.

Scène 28

Les objets d’autrefois

[Lecteur]

La mécanisation a transformé les habitudes des gens. Plusieurs instruments ou outils utilisés jusqu’à la moitié du 20e siècle ont été remplacés. Voici quelques-uns de ces objets :

 

[À mesure, des jeunes apparaissent sur la scène en portant des pancartes contenant le nom ou encore l’objet lui-même selon les possibilités. Ils récitent le texte approprié. On montre des photos ou des images animées.]

 

Le poêle à bois

Je suis le poêle à bois. J’étais placé dans la cuisine où j’ai souvent entendu des conversations animées. J’ai toujours été discret, me contentant de réchauffer les corps et aussi les cœurs. Mes ronds et mon four servaient à préparer des mets délicieux. Mon « boiler » [On prononçait bâleur] apportait de l’eau chaude pour les soins d’hygiène et d’entretien ménager. Avant l’électricité, vu mes multiples fonctions, j’étais l’appareil le plus important de la maison.

 

Le rouet

Je suis le rouet. Au cours de ma vie, mon fuseau a tourné pendant de nombreux kilomètres. J’ai filé principalement la laine. C’était en hiver que j’étais le plus occupé. Pendant que le maître de la maison bûchait et que les enfants étaient à l’école, la ménagère m’installait dans la cuisine. Quand les grandes maisons de fabrication de vêtements ont envahi le marché, j’ai été mis aux oubliettes. Il ne me reste plus qu’à me souvenir du bon vieux temps.

 

La charrue

Je suis la charrue. Pendant longtemps, j’ai été tirée par deux chevaux pour que je laboure la terre afin de recevoir les semis. J’avais un seul soc et je plongeais dans la terre avec vigueur, parfois avec férocité. J’avais mal quand je frappais des roches. Pour un instant, j’étais immobilisée parce que mon maître arrêtait les chevaux. Je reprenais de plus belle, mais avec un peu de frayeur. Aujourd’hui, le soc est attaché à un tracteur. Il y a même plus d’un soc.

 

La charrette à foin

Je suis la charrette à foin. J’étais tirée par un cheval qui parfois trouvait la charge un peu lourde. J’étais munie de barreaux qui retenaient le foin en vrac. Les enfants s’en donnaient à cœur joie à fouler le foin qui, d’une fourchée à l’autre, m’emplissait. Quand j’étais remplie, mon maître rejoignait les enfants et s’assoyait au-devant pour diriger le cheval vers la grange. Une de mes amies a déjà transporté des dames de Montréal aux framboises.

 

La petite faux

Je suis la petite faux. J’ai remplacé la faucille qui était utilisée à genoux pour couper le foin ou le grain. Quant à moi, l’homme qui me tenait était debout. Il devait tournoyer méthodiquement pour ne pas se donner un tour de rein. J’aimais ça quand les jeunes garçons de 12 ou 13 ans apprenaient à me manier. J’ai été remplacée par la faucheuse tirée par deux chevaux. Alors que j’étais constituée d’une seule longue lame, la faucheuse en avait plusieurs petites. Aujourd’hui, la faux est attachée à un tracteur.

 

Le boghei

Je suis un boghei, un véhicule à quatre roues qui ne servait que dans les chemins roulants. J’étais tiré par le cheval le plus fringant et le chouchou de mon maître. Je servais le dimanche ou lors de cérémonies importantes, parce que j’étais le plus beau véhicule de promenade. J’ai déjà transporté des nouveaux mariés. Les enfants des rangs avaient hâte d’aller à la messe pour s’asseoir sur mes sièges confortables. Les enfants du village les enviaient. L’automobile m’a remplacé.

 

La sleigh à patins

Je suis une sleigh à patins. J’étais le plus beau traîneau de la famille. Tout cheval rêvait de me tirer pour aller à l’église en hiver. C’était tellement agréable d’entendre les grelots qui étaient suspendus sur mes brancards. Je me souviens d’enfants que j’ai amenés à leur première messe de Minuit. À l’aller, emmitouflés dans des couvertures, ils regardaient le ciel scintillant d’étoiles. Ils me caressaient de leurs petites mains. Au retour de la messe, ils dormaient.

 

La boîte à beurre

Je suis une boîte à beurre. Pendant longtemps, j’ai été faite de bois. J’ai transporté des milliers de livres de beurre, mais très rarement de l’alcool de contrebande. Je suis fière d’avoir été fabriquée ici même à Saint-Mathieu-de-Rioux par la compagnie Dionne & Dionne. J’ai été distribuée un peu partout au Canada. Quand le plastique est arrivé, j’ai pris ma retraite. Toutefois, il reste encore quelques-unes de mes amies qui font le plaisir des collectionneurs.

 

Le coffret d’écolier

Je suis un coffret d’écolier. Pendant plusieurs années, j’ai fait le bonheur des jeunes Mathéens qui, pour l’école, y déposaient leur crayon, leur plume et leur gomme à effacer. J’ai été fabriqué ici même à Saint-Mathieu-de-Rioux par l’entreprise d’Amédée Dionne. Je n’oublie pas ces jeunes enfants pour qui j’ai été, pendant un bon moment, un accompagnateur discret qui les encourageait à s’instruire. Je n’oublie pas non plus ce jeune garçon qui m’a utilisé pour transmettre un message d’amour à une copine.

 

Scène 29

Centenaire de la paroisse

1966

[Lecteur]

Le centenaire de la paroisse aurait dû être fêté en 1958 pour souligner son érection canonique qui avait eu lieu en 1858. On se reprend en 1966, année qui coïncide avec le centenaire de l’arrivée du premier curé résident et de l’ouverture des registres paroissiaux.

 

Saint-Mathieu vit alors une période difficile. La morosité atteint les gens. L’entreprise Dionne & Dionne ne produit plus de boîtes à beurre. Le Coffret d’écolier a cessé ses opérations. Le nombre de cultivateurs commence à diminuer. Les gens fêtent quand même. La croix du centenaire est là pour nous rappeler ces célébrations.

 

[Un jeune s’avance avec la photo de la croix du centenaire et dit :]

 

La croix du centenaire

Je suis la croix du centenaire. Je trône sur un mont au nord-ouest de l’église. J’ai été érigée en 1966 lors du centenaire de la paroisse. Je suis là pour montrer la foi des ancêtres qui ont construit de leurs bras et de leur tête cette belle paroisse. Je ne me déplace pas, mais je suis soutenu par neuf croix de chemin qui, réparties un peu partout, comme moi, bravent vents et gel. Des passants nous regardent parfois avec étonnement.

 

Scène 30

125e anniversaire de la paroisse

1991

 [Lecteur]

Depuis le centenaire de Saint-Mathieu-de-Rioux, la population a diminué, mais les activités touristiques ont donné de la vigueur à la paroisse. En 1991, Saint-Mathieu-de-Rioux fête le 125e anniversaire. Revoyons certaines images de ces fêtes mémorables.

 

[Selon les images choisies, un texte pourra être ajouté.]

 

[Lecteur]

Lors de la soirée historique du 125e anniversaire, Louis-Jacques Beaulieu a interprété la chanson populaire Souvenirs d’un vieillard avec beaucoup d’émotion. En souvenir de l’événement et de cet homme, écoutons cette chanson.

 

Scène 31

Prestation de Souvenirs d’un vieillard (Deux couplets et refrain)

[Peut-être, montrer à l’écran un segment de la prestation de Louis-Jacques Beaulieu en 1991.]

 

Petits enfants jouez dans la prairie.
Chantez, sentez le doux parfum des fleurs
Profitez bien du printemps de la vie

Trop tôt hélas vous verserez des pleurs.

 

Scène 32

Saint-Mathieu en images

[Lecteur]

Les paysages de Saint-Mathieu-de-Rioux sont magnifiques. Ils viennent embellir la vie des gens qui y habitent. Regardons cinq paysages.

 

[Pour chaque paysage, le lecteur indique le titre, le lieu, la date et l’auteur de la photo.]

 

Scène 33

Les lacs de Saint-Mathieu

[Lecteur]

Le sol de Saint-Mathieu-de-Rioux est parsemé de monts et de montagnes. Ce n’est pas très bon pour l’agriculture, mais c’est un plus pour le tourisme. Cela génère des paysages magnifiques et sert de base à de nombreuses activités. On trouve aussi à Saint-Mathieu de nombreux plans d’eau qui permettent la pêche et les activités nautiques. Parmi ces plans d’eau, on retrouve 16 lacs qui coulent paisiblement sur le territoire.

 

[Des jeunes portent des pancartes montrant le nom des lacs. Par exemple, ils ont tous une canne à pêche. Pour les trois premiers, le porteur récite le texte. Pour les autres, le porteur dit : Je suis le lac… Des photos des lacs pourraient être montrées.]

 

Lac Saint-Mathieu

Je suis le lac Saint-Mathieu,

De loin, le plus prestigieux.

Autour de moi, plus de 300 chalets

Améliorent mon cachet.

 

Petit lac Saint-Mathieu

Je suis le petit lac Saint-Mathieu

Qui, de son voisin, est moins populeux.

J’ai, pour moi, le coq du clocher

Qui, en tout temps, sait me consoler.

 

Grand lac Neigette

Je suis le Grand lac Neigette

Qui vit parmi les épinettes.

Du sud au nord, je me déleste

Dans la rivière du Sud-Ouest.

Je suis toujours accompagné

De deux amis bien-aimés

Le Petit lac Neigette

Et le Deuxième lac Neigette.

 

Je suis le lac du Quatrième.

Je suis le lac du Cinquième.

Je suis le lac Alarie.

Je suis le lac des Prairies.

Je suis le lac Maximien.

Je suis le lac Olivier.

Je suis le lac Pigeon.

Je suis le lac Vaillancourt.

Je suis le lac Voisine. 

Je suis le Petit lac sur la Montagne. 

Je suis le Petit lac Vaseux.

 

[En chœur]

Nous sommes heureux que nos eaux coulent dans votre belle paroisse. Venez nous visiter.

 

Scène 34

Le tourisme

[Lecteur]

Depuis plus de 60 ans, grâce à ses lacs et à la nature en partie montagneuse, Saint-Mathieu-de-Rioux crée des offres touristiques plutôt nombreuses. En cela, elle est supportée par la MRC des Basques et par les paroisses qui la composent. Les autres paroisses envient avec raison nos sites touristiques pour une petite municipalité rurale. Voici les principaux sites :

 

[À mesure, des jeunes apparaissent sur la scène en portant des pancartes contenant le nom et en récitant le texte. On montre des photos ou des images animées.]

 

Le centre de ski

Je suis le centre de ski situé au Mont Saint-Mathieu. Mon histoire a commencé en 1969. Au cours des ans, des Mathéens ont consacré beaucoup d’énergie pour me rendre viable. Plus je voyais des culbutes de toute nature dans la neige, plus le nombre de mes pentes augmentait. Au cours des ans, je me suis diversifié pour devenir un Centre de plein air qui comprend des sentiers de randonnées et des pistes cyclables.

 

Le golf

Je suis un terrain de golf qui existe depuis 1992. Je suis situé à flanc de montagnes dans les vallons du rang 3 Ouest avec une vue panoramique sur le lac Saint-Mathieu. Au début, je m’appelais Golf Appalaches. Depuis 2015, j’appartiens à la municipalité et je suis le Golf du Parc du Mont-Saint-Mathieu. Si l’hiver, l’attraction est le centre de ski, l’été c’est à mon tour de recevoir des visiteurs venant de partout pour parcourir mes neuf trous.

 

Le camping KOA Bas-Saint-Laurent

Je suis le premier et le seul camping 5 étoiles de l'Est du Québec. J’offre plus de 170 emplacements et je suis doté d’une salle multifonctionnelle qui peut accueillir jusqu’à 200 personnes. Je suis situé à la Pointe du lac Saint-Mathieu, tout près du Centre de ski, en face d’un Islet qui attire les regards comme un aimant. Pas très loin, un autre camping opère : c’est le Camping Saint-Mathieu avec sa soixantaine d’emplacements.

 

Le vignoble

Je suis le vignoble Le Domaine du Lac qui est en opération depuis 2006. Ma plantation est en partie sur la terre défrichée par le premier colon, Michel Jean. Mes 10 000 plants de vigne produisent de façon artisanale du vin rouge et du vin blanc. Une maison rustique accueille les gens pour goûter au vin, en faire provision ou encore s’initier à sa fabrication. Je suis l’un des deux seuls vignobles du Bas-Saint-Laurent.

 

Les sucreries

Je suis la sucrerie de [nom du propriétaire]. Je suis la plus importante de la paroisse avec mes [nombre] entailles. Nous sommes encore une vingtaine de sucreries qui, chaque printemps, sommes heureuses de vous accueillir et de vous sucrer le bec, tout en respectant une belle tradition. Nos érables endurent un léger picotement quand on insère le chalumeau pour les entailler, mais elles le font pour vous. Au début, nous voyions des chevaux, mais ils sont disparus. Nous disposons maintenant d’un outillage moderne. Venez nous visiter chaque printemps.

 

[Lecteur]

La chanson populaire, Mon beau sapin, a été légèrement modifiée pour rendre hommage à nos érables qui nous servent si bien.

 

Scène 35

Prestation de Mon bel érable.

 

Mon bel érable,
Roi d’nos forêts
Que j'aime ton feuillage.
Quand par l'hiver
Bois et guérets
Sont dépouillés
De leurs attraits

Scène 36

[Lecteur] Partie optionnelle

Saint-Mathieu-de-Rioux est reconnue pour ses érablières. Goûtons ensemble les produits de l’érable. Des bonbons d’érable ont été préparés pour vous par des artisans d’ici.

 

[Certains participants du spectacle distribuent des bonbons d’érable dans la foule.]

 

Scène 37

150e anniversaire de la paroisse

2016

[Lecteur]

En 2016, Saint-Mathieu-de-Rioux a fêté le 150e anniversaire. Le comité organisateur a prévu 36 activités dont la très grande majorité ont été une réussite totale. Revoyons certaines images de cette année mémorable.

 

[Selon les images choisies, un texte pourra être ajouté.]

 

Scène 38

Hymne à Saint-Mathieu-de-Rioux

[Lecteur]

Le spectacle tire à sa fin. Il nous reste à montrer notre amour envers ce beau coin de pays qu’est notre paroisse bénie des dieux. Écoutons l’hymne à Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

Scène 39

[Prestation.]

Je t’aime Saint-Mathieu-de-Rioux

Je t’aime Saint-Mathieu-de-Rioux

Toi comblée de nombreux atouts.

 

J’aime ton village perché

Qui semble raconter

L’histoire du passé.

Je t’aime Saint-Mathieu-de-Rioux

Toi comblée de nombreux atouts.

 

J’aime ton église de pierres

Plus que séculaire

Qui invite à la prière.

Je t’aime Saint-Mathieu-de-Rioux

Toi comblée de nombreux atouts.

 

J’aime du Sacré-Cœur

Ton monument songeur

Regardant passer les voyageurs.

Je t’aime Saint-Mathieu-de-Rioux

Toi comblée de nombreux atouts.

 

J’aime ton patrimoine bâti

Qui, avec le temps, se rafraîchit

Sans perdre tout son esprit.

Je t’aime Saint-Mathieu-de-Rioux

Toi comblée de nombreux atouts.

 

J’aime tes terres ancestrales

Et tes allures patrimoniales

Dans cette paroisse originale.

Je t’aime Saint-Mathieu-de-Rioux

Toi comblée de nombreux atouts.

 

J’aime tes érables

Plus que respectables

Qui sont infatigables.

Je t’aime Saint-Mathieu-de-Rioux

Toi comblée de nombreux atouts.

 

J’aime ton lac Saint-Mathieu

Et son petit frère envieux

Qui attirent touristes de tout lieu.

Je t’aime Saint-Mathieu-de-Rioux

Toi comblée de nombreux atouts.

 

J’aime tes attraits touristiques

Créés par des gens dynamiques

Et pleins d’idées stratégiques.

Je t’aime Saint-Mathieu-de-Rioux

Toi comblée de nombreux atouts.

 

Scène 40

[Les participants au spectacle se présentent sur la scène et disent en chœur le texte suivant. Par la suite, ils font le salut traditionnel.]

 

Merci Mathéens, Mathéennes et amis de la paroisse d’avoir assisté à ce spectacle. Soyons fiers de nos ancêtres et de notre coin de pays que la nature a doté de paysages si magnifiques et où la vie est si agréable. Merci beaucoup. (Fin)

 

 

Doc 2016M. Vincent Théberge

Vincent Théberge naît à Saint-Mathieu le 6 avril 1943. Il est le fils de Léo Théberge et de Lucie D’Auteuil, mariés le 16 juillet 1930.

 

Il fait son cours classique au Séminaire de Rimouski et au Séminaire de Philosophie de Montréal, de 1957 à 1965. Il suit des cours en arts plastiques à l’École des Beaux-Arts de Montréal et à l’UQAM. À titre de complément, il a un certificat en andragogie de l’Université du Québec à Hull.

 

Ses activités touchent à la création littéraire, la gravure, la sculpture et le graphisme. Au cours des ans, il collabore à la conception ou à la réalisation de huit livres d’artistes ou poèmes-gravures.

 

En sculpture, il conçoit quatre œuvres.

1. Hommage au père Louis-Étienne Delille Reboul, sculpture, ville de Hull, 2001.

2. Les Orgues, sculpture-fontaine, Chénéville, 2000.

3. Séquences urbaines, murale, ministère des Transports du Québec, Hull, 1979

4. Fontaine des bâtisseurs, sculpture-fontaine, ville de Hull, 1975.

Depuis 1973, il a remporté 11 prix dont le plus important est celui de l’Ordre de Gatineau en 2013 pour l’ensemble de son œuvre, pour sa carrière et pour son engagement. C’est la plus haute distinction honorifique accordée par cette ville. Conséquemment, il reçoit le titre de Grand Citoyen de Gatineau.

 

Il est le coauteur d’au moins cinq livres, auteur d’un récit Coupable d’être jumeau en 1996 et d’un roman Francis à marée basse en 2001. Ces deux derniers livres ont été publiés par les Éditions Vents d’Ouest de Hull. En 1997, le journal Le Droit lui décerne son prix littéraire pour son livre Coupable d’être jumeau. Il faut dire que Vincent Théberge est jumeau identique. Voici ce que l’éditeur a écrit à titre de présentation de ce livre :

 

« Des jumeaux naissent. C’est l’étonnement, la fascination, puis les interrogations. Pour une rare fois, un jumeau identique transgresse une loi tacite et apporte des éléments de réponse, entraînant le lecteur dans un univers empreint de sensualité, de complicité et de non-dits.

 

L’auteur pose un regard pas toujours tendre sur une société contradictoire : un jour, les jumeaux sont adulés pour leur ressemblance et, le lendemain, ils subissent méfiance et exclusion. Ils deviennent coupables d’être jumeaux.

 

Écrit dans un style ouvragé, ce récit concerne un être qui tente de se singulariser. Ironiquement, cela se passe dans un monde composé essentiellement de singuliers qui rêvent de copies conformes et de symbiose. »

 

Pour en savoir davantage, visitez son site internet où il énumère et illustre ses principales œuvres : http://www.vincenttheberge.ca/.

 

 

Doc 2016N. Un oiseau rare à Saint-Mathieu

Sous le titre de Cet oiseau ne devrait pas être au Québec, le Journal de Québec a publié dans son édition du 13 décembre 2016, un article sur un oiseau, le tohi tacheté, qui a élu résidence à Saint-Mathieu-de-Rioux depuis le 2 décembre 2016. Voici ce qu’a alors écrit Stéphanie Gendron dans ce journal :

 

« Un oiseau qui devrait se trouver dans l’ouest du pays a attiré à ce jour au moins 60 curieux dans la cour d’une dame de Saint-Mathieu-de-Rioux dans le Bas-Saint-Laurent, depuis qu’il s’y nourrit.

 

Le tohi tacheté est loin de chez lui. L’oiseau devrait rester dans l’ouest de l’Amérique du Nord toute l’année et ne pas se retrouver au Québec. « Quand je l’ai vu la première fois le vendredi 2 décembre, j’ai cru que c’était un merle d’Amérique », raconte Lise Dionne, la première qui l’a observé et celle qui le nourrit depuis dix jours.

 

 Deux jours plus tard, il s’est posé à ses pieds et elle l’a photographié. Après quelques vérifications, elle a constaté que c’était un tohi tacheté et que c’était très rare de pouvoir l’observer ici. Elle a partagé sa découverte sur internet auprès d’autres passionnés d’oiseaux.

 

Engouement

Depuis, une soixantaine de personnes venant d’aussi loin que du Nouveau-Brunswick, de Sorel et de Victoriaville, ont fait le chemin jusqu’à Saint-Mathieu-de-Rioux pour le photographier et l’observer. « Je lui mets des graines, du beurre d’arachides et des dattes vers 7 h 15 le matin et il apparaît et se nourrit au sol vers 7 h 30. Le seul moment où on l’a moins vu, c’est quand une dizaine de personnes le photographiaient en même temps », a dit Lise Dionne.

 

Perdu

Il existe une espèce de tohi au Québec, le tohi à flancs roux. Il peut être observé, mais pas très souvent, dans le sud de la province. « Mais dans ce cas-ci, c’est un tohi tacheté et c’est vraiment rare de le voir ici. Est-ce qu’il est désorienté ? Est-ce qu’il s’est retrouvé dans une tempête ? C’est encore le mystère des oiseaux perdus », souligne Mireille Poulin, biologiste spécialisée en ornithologie pour Go Oiseaux à L’Isle-Verte.

 

(…) De la même famille que les bruants et de la grosseur d’un merle, l’oiseau a un bec conique qui lui permet de manger des graines. « Il pourrait survivre cet hiver, mais c’est loin d’être certain, évidemment à cause du froid. » Lise Dionne n’arrêtera pas de le nourrir chaque matin, tant que l’oiseau viendra la visiter. « On espère vraiment qu’il passe l’hiver ici », conclut-elle. » (Fin du texte cité)

 

La page Facebook de Ghislaine Théberge nous apprend récemment que l’oiseau n’a pas quitté depuis. D’ailleurs, en date du 10 mars 2017, Lise Dionne écrit : « Il est très futé ce Tohi. Il est très prudent ... Il se nourrit tôt le matin ou tard en PM afin d'éviter l'achalandage des plus gros oiseaux ! »

 

À ce jour, la présence de cet oiseau a attiré plus de 200 ornithologues amateurs du Québec et du Nouveau-Brunswick.

 

La vocation touristique de Saint-Mathieu-de-Rioux se confirme par le séjour de ce nouveau touriste. D’ailleurs, dans un message du 11 mars 2017, Lise Dionne indique qu’elle a « répertorié une cinquantaine d'oiseaux de différentes espèces à Saint-Mathieu ». Elle invite les ornithologues amateurs à venir faire de l’observation aux abords du Petit lac Saint-Mathieu.

 

La photo est de Lise Dionne.

 

 

Doc 2016O. Fernand Dionne (1932-2016)

Fernand Dionne est décédé le 10 décembre, à l’âge de 84 ans. Fils d’Onésime Dionne, industriel, et de Gracia Ouellet, il est né à Saint-Mathieu-de-Rioux le 29 avril 1932 au moment où le pays vit une grande dépression économique suite à la crise boursière de 1929 à New York.

 

Il fait ses études primaires au couvent du village, puis son cours classique au Séminaire de Rimouski de 1944 à 1952 où il obtient son baccalauréat ès arts de l’université Laval. Par la suite, il prolonge sa formation en faisant des études universitaires en administration.

 

Il fait carrière principalement en éducation. Il est tour à tour le premier secrétaire-trésorier de la commission scolaire régionale du Bas-St-Laurent, le premier secrétaire général et le deuxième directeur général du Cégep de Rimouski, le premier directeur régional de la Direction régionale du Bas-St-Laurent et de la Gaspésie sous l’égide du ministère de l’Éducation.

 

Tout au long de sa vie, Fernand Dionne s’implique notamment dans l’organisation de régates régionales à Saint-Mathieu-de-Rioux et dans la fondation d’un club de Voile. Après sa retraite, il prend résidence dans sa paroisse natale où il est conseiller municipal pendant quelques années. En 2015, il écrit trois articles dans la monographie Saint-Mathieu-de-Rioux raconte son histoire parue en avril 2016.

 

L’hebdomadaire de Rimouski L’Avantage lui a rendu hommage le 14 décembre 2016 sous la plume de Pierre Michaud. Voici ce texte :

 

« Le député de Rimouski, Harold LeBel, et le Cégep de Rimouski rendent hommage au second directeur général de l'histoire du Cégep de Rimouski, Fernand Dionne, décédé le 10 décembre, à 84 ans.

 

« Je suis ému et je tiens à exprimer mes plus profondes sympathies ainsi que mes condoléances à la famille, aux amis et à tous les proches de Fernand Dionne. J’ai eu l’occasion d’échanger avec lui lors d’un récent point de presse sur la sauvegarde de la cathédrale et j’ai été impressionné par l’attachement qu’il avait pour sa région. C’était un homme dynamique et engagé dans sa communauté. M. Dionne se battait dur comme fer pour les causes dans lesquelles il s’engageait. Respecté de tous et grand passionné, il fut une grande source d’inspiration pour celles et ceux qui l’ont côtoyé », déclare le député de Rimouski.

 

« C’est avec tristesse que le personnel et la direction du Collège de Rimouski ont appris le décès de Fernand Dionne. M. Dionne a occupé différentes fonctions au Collège, dont celles de contrôleur de 1967 à 1968, de secrétaire général de 1968 à 1970 et de directeur général de 1970 à 1975. M. Dionne a été un grand précurseur pendant son mandat à la direction du Collège. Il a entre autres procédé à l’inauguration de la toute nouvelle bibliothèque Gilles-Vigneault en 1970 et il a réalisé plusieurs changements, notamment en ce qui concerne le développement de plus d’une douzaine de programmes de formation professionnelle », indique un communiqué du Cégep.

 

 « Nous avons eu le privilège de côtoyer M. Fernand Dionne à quelques reprises alors qu’il était à sa retraite. Il a d'ailleurs participé à la tenue des célébrations du 150e du Séminaire de Rimouski. À chaque fois, ce fut un plaisir de le rencontrer et d’échanger avec lui sur l’histoire du Collège. Nos plus sincères condoléances à la famille de M. Dionne », ajoute une responsable des communications du Collège, Claire Bérubé. » (Fin du texte cité)

 

On peut penser que Fernand Dionne, dans son domaine, a suivi les traces de son père qui a été maire de Saint-Mathieu-de-Rioux pendant 20 ans et préfet du comté de Rimouski pendant 8 ans.

  

 

Doc 2016P. Un parc éolien

Le 27 mai 2016, Radio-Canada faisait un reportage sous le titre : Parc éolien Nicolas-Riou : « Une mine d'or pour la MRC des Basques », dit Bertin Denis. Le texte a été écrit d'après les informations de Denis Leduc.

 

« Le projet de parc Nicolas-Riou, qui consiste à ériger 65 éoliennes de 3,3 MW dans les MRC des Basques et de Rimouski-Neigette, obtient le feu vert du gouvernement Couillard. Une nouvelle qui réjouit les élus locaux.

 

Les ministres de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, et du Bas-Saint-Laurent, Jean D'Amour, étaient à Saint-Mathieu-de-Rioux vendredi matin pour en faire l'annonce.

 

Quatre cents emplois seront créés durant la construction du parc, et une dizaine pour assurer les opérations des éoliennes. Le préfet de la MRC des Basques, Bertin Denis, parle de ce projet comme de l'investissement le plus important en 100 ans dans sa région. « C'est vraiment énorme pour la MRC des Basques, les gens sont en train de se préparer, ça s'achète des maisons pour louer aux travailleurs, ils s'ouvrent des petits restaurants, des cantines, c'est génial », affirme Bertin Denis.

 

Pour le préfet, il s'agit de retombées de 1,1 million de dollars en revenus et en redevances pour les 25 prochaines années, dans la MRC des Basques. Trois éoliennes ont été retirées du projet initial, pour éviter une éventuelle pollution visuelle, qui avait fait l'objet d'inquiétudes chez les résidents de la région.

 

Le parc éolien Nicolas-Riou sera financé par la société française EDF, Énergie Éolienne Bas-Saint-Laurent et la Régie intermunicipale de l'énergie Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine.

 

Projet éolien Nicolas-Riou :

68 éoliennes de 3,3 MW (capacité totale de 224,4 MW)

Coûts estimés à 500 M $

 

Les éoliennes seront implantées dans les MRC des Basques et de Rimouski-Neigette. Le parc Nicolas-Riou sera l'un des derniers projets éoliens à voir le jour après le quatrième appel d'offres gouvernemental, puisque le gouvernement Couillard a annoncé dans sa nouvelle politique énergétique qu’il ne développera pas de nouveaux approvisionnements énergétiques tant et aussi longtemps que Québec aura une marge de manœuvre énergétique supérieure à 4 %.

 

Après avoir tenu des consultations publiques l'automne dernier, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement a donné son feu vert au projet en février dernier. » (Fin du texte cité)

 

 

Doc 2016Q. La grange à dime

Dans la monographie de Saint-Mathieu-de-Rioux publiée en avril 2016, j’ai écrit un texte intitulé La grange à dime. Certaines personnes ont été surprises du fait que je l’avais appelée ainsi, parce que souvent les gens disaient La grange du curé.

 

Je me souviens d’être allé à cette grange avec mon père quand j’avais probablement neuf ans. C’était en 1950. Mon père était allé porter des poches d’avoine.

 

Dans le livre, j’ai mentionné que les cultivateurs allaient « y déposer un prorata de leur récolte de grains ou de foin », mais je n’ai pas défini le prorata pour ne pas alourdir le texte et parce que ce ratio a changé au cours du temps.

 

Dans la Bible, on raconte qu’Abraham avait donné la dime à Dieu, soit la dixième partie de son revenu. D’ailleurs, le mot dime, vient du mot latin decima signifiant dixième.

 

Dans le site de Sainte-Flavie, on fait la petite histoire de la dime au Québec. On peut lire : « La dime est à l’origine un impôt en nature. Ce système de prélèvement provient du système féodal français et il a traversé l’Atlantique avec les premiers colons français. La dime était un des moyens employés par l’Église, pour libérer les curés des paroisses du fardeau des travaux manuels.

 

Au Québec, l’instauration de la dime subit plusieurs adaptations et soubresauts. En effet, le premier évêque de Québec la fixe à la treizième part de la récolte du grain. Mais ce dernier est contraint de la réduire à la vingtième part et finit même par la suspendre. Il faut attendre Jean Talon, premier intendant de la Nouvelle-France (1665-1681), pour que la dîme soit fixée à la vingtième part en 1674.

 

Lors de la Conquête de 1760, la dîme est abolie. Toutefois, il semble qu’elle continua d’être fidèlement payée au curé après les bouleversements du changement de régime. Enfin en 1774, l’Acte de Québec remet le système en vigueur. »

 

Plus loin, on écrit : « Au Québec, la dîme correspond le plus souvent au vingt-sixième minot de grain récolté. »

 

Même si les évêques fixaient des proratas, la dime est passée de statut d’obligation légale à celui de devoir moral sur une base volontaire.

 

Il existe encore quatre granges à dime au Québec, dont celles de Sainte-Flavie, Sainte-Florence et de Saint-Joseph de Kamouraska.

 

 

Doc 2016R. Terre d’Yvon Ouellet

Sur la page Facebook de Ghislaine Théberge, Yannick Plourde a nommé cinq propriétaires de la terre qui appartient aujourd’hui à Yvon Ouellet. Cette terre est située au rang 3 Ouest, non loin de la route qui mène à Saint-Simon. Mes recherches ont permis de trouver un autre propriétaire, Joseph-Narcisse Ouellet. Les propriétaires connus de cette terre sont uniquement des Plourde et des Ouellet. Les voici :

1. Éloi Plourde, marié à Euphémie Bélanger le 3 septembre 1850 à Saint-Simon. Le couple a eu six enfants.

*2. Cyprien Plourde, marié à Symphrose Gauvin le 22 juillet 1884 à Saint-Simon. Il est le fils d’Éloi Plourde. Par la suite, il fut marchand général. Le couple a eu 13 enfants.

3. Joseph-Narcisse Ouellet, marié à Éva Bérubé le 7 juillet 1896 à Saint-Mathieu. Le couple a eu 14 enfants.

4. Étienne Ouellet, marié à Alice Vaillancourt le 27 juillet 1920 à Saint-Mathieu. Il est le fils de Joseph-Narcisse. Le couple a eu 13 enfants.

*5. Simon Plourde, marié à Anne-Marie Beaulieu le 7 juillet 1951 à Saint-Mathieu. Il est l’arrière-petit-fils d’Éloi Plourde (Éloi, Joseph, Émile, Simon). Le couple a eu sept enfants.

*6. Yvon Ouellet, marié à Monique Rainville le 27 avril 1974 à Beauport. Aimée Ouellet, la grand-mère d’Yvon du côté maternel, est la fille de François Ouellet, frère de Joseph-Narcisse. Le couple a eu trois enfants.

On peut penser que, selon la coutume, l’année de possession de la terre pour les quatre premiers propriétaires correspond à la date de leur mariage. Peut-être, y a-t-il eu d’autres propriétaires ? Les actes notariés nous permettraient de valider cette liste.

 

L’astérisque indique que le propriétaire a été (ou est) maire. Serait-ce une terre fertile pour accéder à la mairie ?

 

Il serait intéressant de faire le même exercice pour d’autres terres de Saint-Mathieu.

 

 

Doc 2016S. L’Auberge 4-Saisons

Dans un article écrit par Pierre Michaud et publié le 17 mai 2016 dans le journal l’Avantage, on nous apprend que le Camping KOA Bas-St-Laurent a acheté l’Auberge 4-Saisons. Voici le texte :

 

 « À la suite de la fermeture définitive et de la faillite de l’Auberge 4-Saisons de SaintMathieu en février dernier, Camping KOA BasStLaurent vient de s'entendre avec le syndic pour en faire l’acquisition.

 

L’Auberge 4 Saisons est enclavée à l’intérieur des terrains de Camping KOA BasStLaurent. Pour cet été, il est donc prévu que l’Auberge opérera un service de restauration et d’hébergement pendant la saison touristique. Par la suite, une évaluation sera faite des orientations à donner à l'Auberge pour son développement.

 

La nouvelle tombe à point, car lors de la belle saison 2016, plusieurs activités se tiendront à SaintMathieu :

- les Fêtes du 150e anniversaire de SaintMathieudeRioux ;

- la piscine, la plage, le parc d’amusement familial et les croisières en ponton seront accessibles du 10 juin au 15 septembre ;

- le Festival du Riverain, du 1er au 3 juillet ;

- TroisPistoles en Chansons, les fins de semaines du 8 et 15 juillet ;

- le Weekend Country à la Fête du Travail ;

- le Tour du Lac SaintMathieu le 10 septembre.

 

 « L’Auberge 4-Saisons existait depuis 40 ans et est devenue une véritable institution. Nous croyons important qu’il y ait des services de restauration et d’hébergement autour du Lac, cet été. Nous analyserons comment en assurer la pérennité » lance Thomas Gagnon, président.

 

Situé directement sur les rives du Lac SaintMathieu et sa plage de sable fin, Camping KOA BasStLaurent est le premier camping 5 étoiles de tout l’Est du Québec.

 

En 2016, avec 255 sites dont 230 pour VR, 25 pour tentes et petits VR ainsi que 6 cabines, Camping KOA BasStLaurent devient également le plus important camping dans l’Est. Thomas Gagnon est secondé par Martin Bruneau, gérant, et Jérôme Bérubé, responsable de la construction. » (Fin du texte cité)

 

 

Doc 2016T. Populations comparées

Il est intéressant de comparer la population de Saint-Mathieu-de-Rioux et de Saint-Simon au cours de leur histoire respective.

 

En 1861, Saint-Simon compte 1951 habitants. Même si Saint-Mathieu se développe à un bon rythme, les personnes qui vivent dans cette paroisse sont comptées pour Saint-Simon. En effet, tous les actes religieux et civils, comme les baptêmes, les mariages et les sépultures sont enregistrés à Saint-Simon.

 

En 1866, avec l’arrivée d’un curé résident et l’ouverture des registres paroissiaux à Saint-Mathieu, tout est maintenant enregistré dans cette paroisse.

 

Nous n’avons pas les statistiques de 1861 pour Saint-Mathieu et de 1866 pour Saint-Simon. Toutefois, il est raisonnable de penser que la population de Saint-Mathieu en 1861 était d’au moins 700 personnes et celle de Saint-Simon en 1866, d’environ 1200 personnes. En 1866, Saint-Simon a perdu environ 40 % de sa population en faveur de Saint-Mathieu.

 

En 1871, la paroisse de Saint-Simon compte 290 personnes de plus que Saint-Mathieu. En 1881, c’est seulement 91 personnes de plus.

 

Dans les années 1880, la migration vers les États-Unis commence. En même temps, les cultivateurs scindent leur terre en deux ou trois parties. Les jeunes adultes ne peuvent pas tous demeurer sur la terre paternelle. Ils quittent le logis paternel pour les centres urbains du Québec ou pour les usines des États-Unis. On voit très bien cette perte dans les données. De 1881 à 1891, Saint-Simon perd 268 habitants et Saint-Mathieu en perd 329.

 

Pour la première fois, en 1901, Saint-Mathieu dépasse Saint-Simon et ce, de 95 habitants. De 1911 à 1921, Saint-Simon voit sa population augmenter de 39 âmes tandis que Saint-Mathieu diminue de 61 âmes. Saint-Simon reprend alors la première place. En 1941, Saint-Mathieu atteint plus de 1000 habitants, ce qui n’est pas arrivé à Saint-Simon par la suite.

 

De 1941 à 1966, Saint-Simon se maintient autour de 900 habitants, tandis que Saint-Mathieu est autour de 1100 habitants avec un cap en 1956. Il est fort plausible que la manufacture de boîtes à beurre et les coupes forestières ont permis à Saint-Mathieu de maintenir ce haut taux de population.

 

De 1966 à 2016, la population de Saint-Simon a sensiblement diminué d’une année à l’autre. Le même phénomène s’est produit à Saint-Mathieu, mais s’est estompé en 2001 alors que la population se maintient dans les 600 habitants.

 

En 2016, Saint-Mathieu comptait 213 habitants de plus que Saint-Simon. Si Saint-Mathieu a réussi à maintenir sa population entre 600 et 700 depuis 2001, c’est à cause des chalets qui ont proliféré principalement autour du Lac Saint-Mathieu.

 

Voici les statistiques de la population des deux paroisses de 1861 à 2016 :

 

Année

St-Simon

Saint-Mathieu

 

Année

St-Simon

Saint-Mathieu

1861

1951

---

 

1961

888

1 113

1866

---

785

 

1966

906

1 097

1871

1186

896

 

1971

763

813

1881

1266

1175

 

1976

675

723

1891

998

846

 

1981

602

667

1901

798

893

 

1986

502

621

1911

766

842

 

1991

491

560

1921

805

781

 

1996

504

565

1931

905

858

 

2001

451

601

1941

911

1 056

 

2006

437

672

1951

905

1 089

 

2011

438

678

1956

880

1 193

 

2016

426

639

______

Sources des statistiques : Ministère de l'Agriculture/Bureau fédéral de la statistique/Statistique Canada, Recensements du Canada, 1861 à 2016

 

 

Doc 2016U. Portrait comparé 2006-2016

Statistique Canada a dressé le portrait socio-économique de Saint-Mathieu-de-Rioux en 2006 et en 2016. Voici les principaux points* :

 

2006

2016

On compte 672 habitants.

 

On compte 639 habitants.

L’âge moyen des habitants est de 48,2 ans. On compte :

85 jeunes de 0 à 14 ans,

130 personnes âgées de 65 ans et plus.

 

L’âge moyen des habitants est de 50,4 ans. On compte :

65 jeunes de 0 à 14 ans,

175 personnes âgées de 65 ans et plus.

Les résidents permanents vivent dans 299 logements** sur un total de 533.

 

Les résidents permanents vivent dans 309 logements sur un total de 559.

Entre 1986 et 2006, 40 logements ont été ajoutés.

 

Entre 2001 et 2016, 35 logements ont été ajoutés.

10 % des logements nécessitent des réparations majeures.

 

14 % des logements nécessitent des réparations majeures.

Le nombre moyen de pièces par logement est de 6,4.

 

Le nombre moyen de pièces par logement est de 6,8.

 

La valeur moyenne des logements est de 81 302 $.

 

La valeur moyenne des logements est de 171 082 $.

Un logement loué coûte en moyenne 435 $ par mois.

 

Un logement loué coûte en moyenne 434 $ par mois.

Sur une population de 15 ans et plus comportant 580 personnes, on compte :

275 personnes mariées,

215 célibataires,

60 divorcés,

30 veufs ou veuves.

 

Sur une population de 15 ans et plus comportant 570 personnes, on compte :

240 personnes mariées,

160 personnes vivant en union libre,

170 non mariés et ne vivant pas en union libre.

 

La paroisse compte 210 familles. Il y a 2,7 personnes par famille.

 

La paroisse compte 215 familles. Il y a 2,4 personnes par famille.

Le revenu moyen des ménages en 2005 est de 52 322 $.

 

Le revenu moyen des ménages en 2015 est de 66 236 $.

90 % parlent seulement le français.

 

77 % parlent seulement le français.

10 % parlent le français et l’anglais.

 

23 % parlent le français et l’anglais.

10 personnes ont le statut d’immigrant.

 

Aucun n’a le statut d’immigrant.

98 % sont au moins de la troisième génération au Québec.

 

98 % sont au moins de la troisième génération au Québec.

84 % des habitants ont la même adresse que l’année précédente.

 

92 % des habitants ont la même adresse que l’année précédente.

 

Sur une population totale de 15 ans et plus comportant 570 habitants,

185 : Aucun certificat d’études,

115 : Diplôme d’études secondaires,

110 : Certificat d’une école de métiers,

60 : Diplôme d’études collégiales,

25 : Diplôme préuniversitaire,

70 : Diplôme universitaire.

 

Sur une population totale de 15 ans et plus comportant 585 habitants,

120 : Aucun certificat d’études,

150 : Diplôme d’études secondaires,

105 : Certificat d’une école de métiers,

90 : Diplôme d’études collégiales,

35 : Diplôme préuniversitaire,

85 : Diplôme universitaire.

Dans la population de 15 ans et plus comportant 570 personnes,

255 personnes ont un emploi à temps plein ou à temps partiel.

315 sont des chômeurs, des étudiants, des retraités, des travailleurs saisonniers ou des personnes au foyer.

Dans la population de 15 ans et plus comportant 585 personnes,

370 personnes ont un emploi à temps plein ou à temps partiel.

215 sont des chômeurs, des étudiants, des retraités, des travailleurs saisonniers ou des personnes au foyer.

 

85 % des personnes se rendent au travail en véhicules motorisés, les autres à pied ou à bicyclette.

85 % des personnes se rendent au travail en véhicules motorisés, les autres à pied.

 

Voici quelques considérations basées sur ces statistiques :

 

1. Le nombre de logements a augmenté de 4,9 %.

 

2. La population a vieilli de 2,2 ans. On compte 20 jeunes de moins et 45 aînés de plus.

 

3. Le nombre de personnes qui parlent le français et l’anglais a augmenté de 13 %.

 

4. Le revenu moyen des ménages a augmenté de 26,6 %, tandis que la valeur d’un logement a augmenté de 110,4 %. Si on transpose annuellement sur une période de 10 ans, le revenu moyen a augmenté de 2,66 % et la valeur d’un logement de 11 %.

 

5. Le nombre de personnes qui n’ont aucun certificat d’études a diminué de 35 %, tandis que le nombre de personnes ayant un diplôme universitaire a augmenté de 21,5 %.

 

_________

* Il faut prendre ces statistiques avec une certaine réserve étant donné la petite taille de la population étudiée. Toutefois, ces statistiques peuvent être une bonne base de discussions.

 

** On appelle logement tout lieu d’habitation, que ce soit une maison, un chalet ou un appartement.

 

 

Doc 2017A. Place aux femmes

Dans la petite histoire comme dans la grande histoire, les femmes sont souvent oubliées. Pourtant elles ont joué un rôle important.

 

À Saint-Mathieu, qui a déjà entendu parler de Sophie Bergeron, Archange Jean et Élisabeth Côté ? Pourtant, l’histoire a retenu les noms de leur mari qui sont respectivement Michel Jean, Élie Dionne et Louis Parent (père), les premiers défricheurs.

 

Plus près de nous, à part la parenté, qui pourrait replacer Eugénie Lebel, Gracia Ouellet et Ilda D’Auteuil ? Pourtant, ce sont les épouses des maires de Saint-Mathieu de 1934 à 1967 qui sont respectivement Alfred Belzile, Onésime Dionne et Réal Dionne.

 

La première femme marguillière de la paroisse est élue en 1966. Dans l’album-souvenir du centenaire, on l’appelle Madame Gérard Belzile, d’ailleurs comme c’est inscrit dans les registres paroissiaux. Pourtant, son nom est Jeanne Gagnon.

 

Une des raisons de ces oublis est qu’en se mariant la femme prend le nom de son mari, un peu comme les religieuses qui choisissent un nouveau nom. Ce n’est que dans les années 1980 que les femmes ont pu commencer à conserver leur vrai nom et à devenir légalement autonomes. Quand on retrouve, dans les anciens écrits, des noms de femmes cachés sous les noms de leur mari, il faut faire des pirouettes pour retracer leur identité.

 

Pourtant les femmes de Saint-Mathieu ont contribué autant et peut-être plus que les hommes au développement de la paroisse. On ne saura jamais si certains hommes sont devenus illustres à cause de leur femme qui les conseillait. Pensons à ces mères de famille qui ont mis au monde de nombreux enfants, les ont éduqués et n’ont pas cessé de leur manifester leur tendresse du berceau à la tombe.

 

Les femmes du milieu rural, en plus de mettre des enfants au monde, ont participé aux travaux de la ferme en trayant les vaches, en semant des jardins, en récoltant les légumes, en filant la laine, en soignant les poules et en ramassant les œufs, en défaisant des vêtements usagés pour en faire de nouveaux, en fabriquant le savon, en lavant le ligne, en faisant le ménage de la maison, en préparant les repas, en ramassant les petits fruits des champs, en faisant le beurre, en bourrant les matelas de paille, etc. Dans le milieu villageois ou urbain, plusieurs de ces tâches leur incombaient.

 

 

Doc 2017B. Un Mathéen en France

Saint-Mathieu-de-Rioux au Québec a vu un des siens participer à l’émission de télévision The Voice en France samedi le 25 février 2017. Il s’agit de Yoann Guay, un jeune homme de 16 ans. Il n’a pas été retenu par les juges, mais son talent a été remarqué.

 

Voici ce qu’écrivait TF1 quelques heures avant l’émission :

« Jeune expatrié canadien, Yoann Guay ne se balade jamais sans sa guitare. Il décide de participer à cette sixième saison de The Voice afin de faire découvrir sa voix au public français. Pour ces Auditions à l’Aveugle, Yoann Guay s’accompagne de sa guitare et reprend le titre « J’entends siffler le train » de Richard Anthony dans l’espoir d’attirer l’attention des Coachs. Son timbre de voix lui permettra-t-il de gagner sa place au sein de l’équipe de l’un d’entre eux et d’accéder ainsi aux Battles ? »

 

Voici ce qu’écrivait Ruben VANYPER, pour TF1 le 26 février, au lendemain de l’émission :

« Yoann Guay n'a pas réussi à faire se retourner les coachs. Pourtant, sa voix atypique aurait dû les intriguer. Du haut de ses 16 ans, le jeune Québécois a une voix très grave. Et pour la mettre en avant, il a interprété J'entends siffler le train de Richard Anthony. Pour Mika, le jeune homme est "un senior". Un avis qu'a partagé Florent Pagny. Et pourtant... À la fin de sa prestation, les coachs, curieux, n'ont pas hésité à se retourner pour découvrir la personne qui se cachait derrière cette voix. Force est de constater qu'il faut toujours se méfier des apparences... »

 

Félicitations à ce jeune homme et bonne chance pour l’avenir.

 

La photo est de TF1.

 

 

Doc 2017C. Le prochain anniversaire

Dans la monographie Saint-Mathieu-de-Rioux raconte son histoire, j’ai écrit : « Le centenaire de Saint-Mathieu aurait dû être célébré en 1958 pour souligner l’érection de la paroisse. Il est probable que ce détail ait échappé au curé Alfred Bérubé et aux marguilliers de l’époque. Quand l’abbé Gérard Cayouette est nommé curé en 1959, il réalise cet oubli.

 

Il aurait pu alors choisir 1965 pour commémorer l’érection civile de la paroisse, mais comme, selon la tradition, il revient à la fabrique de souligner un tel événement, il préfère attendre 1966 qui est le centième anniversaire de l’arrivée du premier curé résident. C’est donc la première fois en 1966 qu’on souligne un anniversaire de la paroisse par des festivités. »

 

En 1966, 1991 et 2016, on a fêté respectivement le 100e, le 125e et le 150e anniversaire de la paroisse. Pourtant, ce n’était pas un anniversaire de la paroisse. On soulignait l’arrivée du premier curé résident. La fabrique en 1966 et en 1991 en avait décidé ainsi. La municipalité en 2016 a fait de même. À partir de la première décision de la fabrique, les autres se sont enchaînées.

 

Quand j’ai écrit la monographie de Saint-Mathieu-de-Rioux, j’étais toujours mal à l’aise de parler d’anniversaires de la paroisse, car le fondement historique ne justifiait pas ces appellations. Je n’avais pas le choix. Les autorités religieuses puis civiles en avaient décidé ainsi.

 

Pourtant, Saint-Anaclet-de-Lessard dont l’érection canonique a eu lieu en 1858, la même année que Saint-Mathieu, et l’érection civile l’année suivante a fêté son 150e anniversaire en 2009, sept ans avant Saint-Mathieu.

 

Dans ce contexte, quatre options se posent :

1. Fêter le 175e anniversaire d’érection de la paroisse en 2033.

2. Fêter le 175e anniversaire d’érection de la municipalité en 2040.

3. Fêter le 175e anniversaire de l’arrivée du premier curé résident en 2041.

4. Fêter le 200e anniversaire de fondation de Saint-Mathieu-de-Rioux en 2030.

 

Dans la dernière option, on ne parle pas de paroisse ni de municipalité tout comme le font Québec et Montréal, par exemple. Québec a vu arriver Samuel de Champlain en 1608. On a fêté le 400e anniversaire de fondation en 2008. Montréal a vu arriver Pierre de Maisonneuve en 1642. On fête le 375e anniversaire de fondation en 2017.

 

Personnellement, j’opte pour l’option 4. Je laisse au soin des Mathéens et Mathéennes de discuter de cette proposition pour qu’une décision soit prise quand le temps sera venu.

 

 

Doc 2017D. Une entreprise de tuques

À Saint-Mathieu-de-Rioux, Naïma Viens a mis sur pied une entreprise qui confectionne des tuques réversibles. Voici un texte du journal L’Avantage à partir du clavier d’Adeline Mantyk, publié le 27 novembre 2017 :

 

« Naïma Viens, qui a adopté la municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux en 2007, vient de se lancer en affaires avec son entreprise Metatuq, elle crée des tuques réversibles pour les amateurs de plein air.

 

Naïma Viens, qui crée et coud ses modèles elle-même depuis octobre, s’est lancée dans l’entrepreneuriat après avoir identifié un besoin : « Je fais beaucoup de plein air et lorsque je cherchais des tuques, je trouvais qu’il était difficile de se procurer un bon produit. Au début, j’allais en friperie pour chercher des gilets en polyester, de type « spandex » ou lycra, car c’est une matière qui sèche rapidement et évacue bien l’humidité. Mais je passais énormément de temps à chercher ces vêtements, difficiles à trouver. J’ai commencé à acheter du lycra. »

 

Mme Viens a toutefois conservé son modèle « écoresponsable unique » réversible. Pourquoi réversible ? « Je trouve que ça permet d’avoir deux looks pour le prix d’un. J’ai inséré un trou par la couette et un bandeau de polar intégré pour le soutien dans ma collection automne-hiver. Les tuques sont de taille unique, je crée des modèles pour femmes, hommes et pour les enfants. »

 

Étudiante en techniques de radiologie, Mme Viens a choisi de se réorienter dans cette nouvelle carrière pour sa famille. À 35 ans, elle possède une famille de quatre enfants, âgés de 5 à 12 ans : « En radiologie, les horaires sont très variables. Je voulais gérer mon temps, être mon propre patron et surtout, ma famille passe en premier. J’ai quitté mon stage, et depuis j’ai fait des essais de patrons pour trouver le meilleur modèle. »

 

Mme Viens lancera officiellement sa collection le 21 novembre en ligne et présentera ses produits au kiosque de l’équipement du parc du Mont-Saint-Mathieu dès l’ouverture de la saison le 2 décembre. Elle a déjà commencé à commercer via un site de transactions en ligne et se réjouit de déjà acheminer des tuques jusqu’au Tennessee ! » (Fin du texte cité)

 

 

Doc 2017E. Un marché de Noël

Une autre activité communautaire est organisée à Saint-Mathieu-de-Rioux ce dimanche. Voici un article extrait d’Infodimanche du 26 novembre 2017 à ce sujet :

 

« La Municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux sera l’hôte de son premier Marché de Noël à la salle municipale de Saint-Mathieu-de-Rioux située face à l’église. L’accès au marché est gratuit et vous y êtes tous conviés le 3 décembre de 9 h à 17 h.

 

L’idée de faire ce marché est venue du fait qu’il y a plusieurs artistes et artisans dans le village qui désiraient avoir une vitrine pour faire connaitre les fruits de leur créativité. De plus en plus dynamique, ce beau village fourmille d’initiatives communautaires pour animer le milieu. Afin de valider la possibilité de tenir une journée de marché, un appel d’intérêt a été fait via les réseaux sociaux. Les gens ont vite répondu à cette belle opportunité. Les 20 tables ont été réservées en quelques semaines et le Marché de Noël venait de se concrétiser.

 

Voici la liste des exposants qui seront présents à cette première édition :

Confection Lime et lune (portefeuilles et sacoches);

Lorenzo Beaulieu (articles en bois);

Caroline Beaulieu (tissage);

Marie-Hélène Beaulieu (savon);

Cynthia Cyn Beaulieu (bijoux);

Metatuq (tuques);

Miss Pigeon (chemises, sous-vêtement et créations);

Mélanie Paquet (bijoux et tricot);

Laurie Ouellet (cartes);

Annie Nadeau (colliers);

Sonia Pelletier (sacs, napperons);

Marie Lee Billot D’eau (linogravure et tissus imprimés);

Christel de Vries (bombes de bain);

Melanie Marier (miel et confitures artisanales);

Francine Lebel (fleurs d’hiver);

Annik Beaulieu (chocolat);

Carol Rioux (produits de l’érable),

Marjolaine Perron (articles de bois),

Lorraine Jean (cartes et toiles) et

Marie Norbert (bijoux et sculpture). » (Fin du texte cité)

 

Impressionnant, le nombre d’exposants ! Bonne chance.

 

 

Doc 2018A. Le Club Appalaches

En août 2018, le Journal de Montréal et de Québec a publié deux articles concernant le Club Appalaches. Suite à ces articles, la page Facebook Échos de Saint-Mathieu, administrée par Ghislaine Théberge, a reçu de nombreux commentaires.

 

On a pu lire des opinions diversifiées dans le respect et dans la retenue. En effet, c’est un sujet émotif pour plusieurs à Saint-Mathieu-de-Rioux et, en conséquence, il pourrait être la cause de dérapages.

 

Personnellement, dans mon enfance et dans mon adolescence, j’ai eu un lien affectif envers le club et ses membres. La maison de mes parents était située au rang 5 à l’entrée de la route qui se rend au sixième rang et au Lac-Boisbouscache.

 

En 1932, quand mon père a acheté sa terre, il devint le conducteur officiel des membres du club. La route n’était pas encore carrossable pour les automobiles. Quand les membres arrivaient chez nous, ils garaient leur automobile sur la terre de mon père. Ce dernier attelait son cheval et les conduisait à leurs chalets. En cours de route, les touristes offraient à mon père un p’tit verre : ce qu’il ne dédaignait pas. Au bout de trois ou quatre ans, un soir, au retour, il a failli se noyer dans une rivière qui débordait. Il a alors abandonné le transport.

 

Quand j’étais jeune, les touristes arrêtaient souvent à la maison. La plupart portaient des bermudas. Pour nous, c’était inhabituel. Ma mère n’aimait pas cela, mais elle ne disait mot.

 

Entre autres fait divers, un jour, un touriste qui était médecin a soigné une de mes sœurs. Un autre a voulu adopter une de mes sœurs qui avait 3 ou 4 ans. Il l’a photographiée et a envoyé à ma mère deux photos par la poste.

 

Les membres du club achetaient de ma mère des œufs, du lait et divers petits objets qu’ils avaient oublié d’apporter. Pour nous, c’était un plaisir de piocher des vers de terre à un sou le ver.

 

Par ailleurs, le surveillant de la barrière arrêtait souvent chez mes parents le dimanche après-midi, apportait des friandises aux enfants et parfois soupait chez nous.

 

Tout cela entre dans le lien affectif. Toutefois, en vieillissant, j’ai vécu de la frustration. J’ai passé des centaines de fois devant la barrière du Club et pourtant je n’ai jamais pu entrer dans ce territoire. Cette barrière bloquait l’accès à toute personne, sauf aux membres, à leurs invités et aux travailleurs forestiers. Pourtant, mon père avait au sixième rang une terre qui était à la frontière du Lac-Boisbouscache.

 

En somme, les membres du Club dont la plupart provenaient de Sherbrooke à l’époque venaient prendre nos poissons et notre gibier dans notre cour. Ils chassaient le même gibier que mon père convoitait sur sa terre du sixième rang tout près.

 

Ce qui en a fait sursauter plus d’un s’est passé au début des années 1970. Jusque-là, la route qu’on appelle aujourd’hui la Route du 5e-Rang était asphaltée jusque chez Charles Dionne, soit avant d’entreprendre la première côte. À partir de ce point, des travaux d’asphaltage ont été entrepris et se sont arrêtés à l’intersection de la route qui mène au Club soit avant notre maison, laissant dans la poussière les 12 maisons du rang 5 plus à l’est.

 

Le sujet est émotif pour moi. Mais, de façon rationnelle, je souhaite qu’une entente soit conclue pour permettre à tout le monde d’avoir accès librement à ce territoire sans restriction au sujet de la pêche et de la chasse. On ne peut pas accepter que les membres du club aient accès en exclusivité à 16 lacs du Lac-Boisbouscache et à certains lacs du sixième rang de Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

Qui sait ? Il y a peut-être un os dans ce litige. Le 8 mai 2013, le conseil municipal de Saint-Mathieu se disait en faveur du maintien du Club Appalaches et refusait d’appuyer la MRC des Basques dans ses démarches.

 

J’ose penser que plusieurs personnes de Saint-Mathieu ont, pour diverses raisons, des liens émotifs et rationnels avec le Club. C’est pour cela que les commentaires de la page Facebook sont si précieux. Il faut en parler et en reparler pour que nos décideurs, proches ou lointains, ne nous oublient pas.

 

 

Doc 2018B. Du dynamisme à Saint-Mathieu

Sous le titre Plusieurs projets en marche à Saint-Mathieu-de-Rioux, le journal Infodimanche du 6 avril 2018 nous informe que cette municipalité a des projets de développement fort intéressants pour son milieu. Voici le texte :

 

« Le comité de développement de Saint-Mathieu-de-Rioux a le vent dans les voiles et dresse un bilan fort stimulant de la dernière année. Lors de son assemblée générale annuelle qui s’est tenue le 28 mars, sept administrateurs ont été élus auxquels s’ajoutent deux administrateurs délégués par la municipalité.

 

Il s’agit de Sylvie Brochu, présidente, Lucie Malenfant, vice-présidente, Ginette Rainville, secrétaire-trésorière, Marie-France Camirand, Marlaine Samson, Maylina Fournier, Réal Dubé, René Bérubé et Marc Jean.

 

Le 18 novembre 2017, le comité de développement en collaboration avec la SADC des Basques tenait une rencontre publique de présentation de son plan d’action 2017-2022 devant 60 participants. Une importante mobilisation s’est ensuite orchestrée autour des projets jugés prioritaires découlant des démarches consultatives précédentes. Ainsi, un sous-comité d’embellissement et d’aménagement a mis en place différents petits comités de travail, que ce soit pour la poursuite de l’aménagement de la plage municipale du Riverain, la création d’un site d’observation ornithologique, l’étude d’un projet de sentiers écologiques et le déploiement d’un plan d’aménagement paysager global pour la municipalité. Le comité entend aussi entreprendre des démarches visant à étudier les possibilités d’aménagement d’un terrain municipal bordant le grand lac Saint-Mathieu.

 

D’autre part, un sous-comité de communication, promotion et signalisation s’attarde d’abord à développer un plan de signalisation harmonisé, efficace et esthétique visant à mieux orienter et accueillir les visiteurs et passants. Le comité de développement entend aussi appuyer les efforts visant la relance du Comité des loisirs et appuyer toutes démarches pertinentes visant l’accessibilité au réseau de téléphonie cellulaire à titre de besoin essentiel. Appuyés et accompagnés par la SADC des Basques, plus d’une quinzaine de bénévoles sont impliqués sur les différents comités et sous-comités liés à la réalisation des projets du plan d’actions 2017-2022.

 

Le comité de développement avait aussi soumis au conseil municipal un projet d’embauche d’un agent de développement, visant à soutenir et faciliter les initiatives liées au développement local. Lors de l’assemblée générale annuelle, le maire de Saint-Mathieu-de-Rioux, Roger Martin, confirma que des procédures d’embauche seront lancées prochainement, afin d’ouvrir ce nouveau poste clé. Un partenariat avec la Corporation du Parc du Mont-Saint-Mathieu est établi pour partager cette ressource.

 

Bénéficiant d’un environnement fort agréable et du renouvèlement continu de sa population, le comité de développement remercie tous les acteurs locaux qui sont à l’œuvre afin de continuer de faire de Saint-Mathieu-de-Rioux une municipalité énergique, accueillante et attractive. Il est possible de contacter le comité de développement par courriel à stmdr.cdev@outlook.com ou rendez-vous sur le site de la municipalité, onglet communiqués et avis, pour consulter le plan d’actions, le rapport annuel et autres documents d’intérêt. » (Fin du texte cité)

 

 

Doc 2018C. L’église Saint-Mathieu

Le débat est lancé. La municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux compte acquérir l’église de la paroisse et la transformer en un centre multifonctionnel. Voici ce qu’écrit Éric Gagnon, de Radio-Canada en date du 6 mars 2018 :

 

« Le conseil de fabrique de l'église de Saint-Mathieu-de-Rioux, qui avait imposé un moratoire de trois ans sur tout projet de conversion de l'église, a récemment adopté une résolution pour briser ce moratoire et ouvrir le dialogue avec la Municipalité.

 

« L'occasion est belle, on a besoin d'un centre multifonctionnel. On a discuté avec le diocèse et [la fabrique] ils seraient probablement prêts à nous la céder. » Roger Martin, maire de Saint-Mathieu-de-Rioux

 

Un comité doit être formé au cours des prochaines semaines pour étudier la question. Ce comité sera formé de trois membres du conseil de fabrique, trois membres du conseil municipal et de l'économe diocésain de l'Archevêché de Rimouski, Michel Lavoie.

 

« Dans un premier temps, les travaux qu'on va entamer avec le comité, ça concerne la nef pour la transformer en centre communautaire. On souhaite, un peu comme ç'a été fait à Lac-au-Saumon et à d'autres endroits, garder un endroit pour le culte. »

 

M. Martin souligne qu'une étude sera faite prochainement pour évaluer les sommes qui doivent investies pour réparer l'église. » (Fin du texte cité)

 

Photo de l’église avant 1930

 

 

Doc 2020. Décès d’un centenaire

Daniel Jean Girouard, époux de Claire Girouard (née Henley), de Calgary, Alberta, est décédé le samedi 22 février 2020 à l'âge de 100 ans et 4 mois. Il était natif de Saint-Mathieu-de-Rioux. La maison funéraire McInnis & Holloway  a publié sur son site une courte biographie en anglais de cet homme.

 

Comme le récit de sa vie est assez exceptionnel pour l’époque, j’ai pensé vous présenter ce texte. Le voici en traduction libre :

« Daniel John Girouard est né le 22 octobre 1919 d'Alfred Girouard et d'Yvonne Dionne dans la paroisse de Saint-Mathieu au Québec. Le temps que Daniel a passé avec sa mère a été malheureusement bref. En 1921, peu de temps après la naissance du frère de Daniel, Charles, sa mère et son bébé Charles sont décédés de complications après la naissance. Cette tragédie a incité Alfred à quitter le Québec pour commencer une nouvelle vie dans l'Ouest, soit dans le district de Peace River en Alberta.

 

Daniel est demeuré au Québec pour être élevé par ses grands-parents maternels, Ferdinand Dionne et Marie Gagnon. Ceux-ci ayant élevé une famille nombreuse (8 enfants), ils ont donné à Daniel la possibilité de grandir avec des oncles et des tantes, certains presque de son âge. Daniel a grandi sur la ferme familiale et a vécu une enfance heureuse et aimante. Le premier jour d'école où l'enseignante faisait l’appel des noms, elle a dit « Daniel Girouard », personne n'a répondu. Elle a de nouveau appelé le nom, a montré Daniel et a dit : « C'est toi ? » Daniel secoua la tête, il dit : « Non, je m'appelle Daniel Dionne. » Quand il est rentré chez lui, il a dit à sa grand-mère : « Cette maîtresse est folle, elle a dit que je m'appelle Girouard ! »

 

Quand Daniel eut 12 ans, son père est revenu à Saint-Mathieu pour le ramener en Alberta. Au début du séjour, Daniel ne croyait pas qu'Alfred était son père. Le lendemain, après le retour de Daniel de l'école, Alfred était toujours là. Ses grands-parents ont réussi à le convaincre qu'Alfred était bien son père et il accepta la situation. Daniel a voyagé avec son père, ses oncles Charles et Ferdinand Dionne, et Philippe D'Auteuil en Alberta.

 

Son père s'était marié une deuxième fois avec Florentine Campbell en 1926, ils avaient deux enfants : Ted (Phillip Alfred) et Jeanne. Daniel avait un demi-frère et une demi-sœur qu'il avait rencontrés à son arrivée à la propriété familiale de Dreau en Alberta. Daniel a poursuivi ses études jusqu'à l'âge de 15 ans quand il a fait une chute brutale de son cheval et s'est blessé à la jambe. Après avoir récupéré à la maison, il a été décidé qu'il avait suffisamment de scolarité, et il était temps pour lui de commencer à travailler à plein temps à la ferme. Daniel a travaillé à la ferme jusqu'à ce qu'il convainque son père de le laisser aller dans un camp de bûcherons pour aider ses oncles. Il a également défriché des terres avec son père et a travaillé pour le chemin de fer dans sa jeunesse.

 

En 1941, à l'âge de 21 ans, Daniel s'est enrôlé dans les Forces armées canadiennes à Grande Prairie en Alberta. Il s'est entraîné près de Calgary, puis en Angleterre. Daniel a servi pendant la Seconde Guerre mondiale avec une équipe de transport au sol. Il a été affecté en Méditerranée centrale, en Europe du Nord-Ouest et en Hollande à la fin de la guerre. Il est revenu au Canada en 1946. Il a noué des amitiés à vie avec plusieurs de ses copains de l'armée, dont Dick Page et Henry Johnson de la région de Didsbury, et plusieurs autres de partout en Alberta et au Canada.

 

Daniel est retourné dans la région de Peace River pour travailler sur le chemin de fer et la ferme. Là, il a rencontré l'amour de sa vie Claire Marie Henley. En décembre 1946, ils se sont mariés à Girouxville, en Alberta. La réception a dû être assez festive car l’édifice a brûlé après le départ des invités tôt le matin .

 

Daniel et Claire ont acquis une terre au sud de Girouxville qu'ils ont défrichée et cultivée jusqu'en 1950, tout en occupant d'autres emplois pour joindre les deux bouts. En 1947, leur première fille est née, Marguerite Yvonne. En 1948, leur premier fils est né, Richard Theodore. La jeune famille demeurait près de Prince George, en Colombie-Britannique, pour le travail, où leur deuxième fille, Paula Louise, est née en 1949. Pendant leur séjour en Colombie-Britannique, un incendie a de nouveau frappé et ils ont perdu de nombreux biens.

 

Daniel a ensuite trouvé un emploi dans une équipe sismique et la famille a voyagé avec lui. Ils vivaient dans une petite remorque au gré des travaux sismiques en Alberta et en Saskatchewan. En 1953, ils sont arrivés à Calgary et ont vécu dans le parc à roulottes d'Inglewood, puis à Sunshine Auto Court, qui fait maintenant partie de Stampede Park. En 1954, Daniel a commencé à travailler pour Postes Canada, où il fut facteur jusqu'à sa retraite en 1980.

 

En 1955, la famille emménage dans une toute nouvelle maison à Bowness. Les enfants avaient de l’espace en masse : 850 pieds carrés, une grosse différence par rapport à la roulotte. Les enfants ont fréquenté l'école à Bowness, et Daniel et Claire se sont fait de nombreux nouveaux amis. Daniel aimait voyager, et la famille a passé de nombreux week-ends sur la route pour rendre visite à des parents et amis. À la surprise générale, le quatrième enfant de Daniel et Claire, Paul Louis, est arrivé en 1966, 17 ans après sa sœur.

 

Les voyages de Daniel et Claire les ont emmenés en Europe, en Amérique du Sud et dans les Caraïbes. Après leur retraite en 1980, ils ont passé plusieurs années à faire des voyages en camping-car à travers le Canada, les États-Unis et le Mexique. Après que Daniel ait eu 80 ans, les voyages ont été plus courts, mais ils ont quand même voyagé à travers le Canada pour rendre visite à des amis et à leur famille.

 

Daniel était membre de la filiale 238 de la Légion royale canadienne. Il a passé du temps en tant qu'officier de service et a aidé le Fonds du coquelicot pendant de nombreuses années. Daniel et Claire étaient des habitués du Jam du jeudi pour aînés et aimaient faire une danse ou deux. Ils ont assisté à deux voyages « Merci Canada » en Hollande, où ils ont été extrêmement bien traités grâce à l’implication de Daniel à la fin et après la guerre. Daniel et Claire ont vécu dans leur maison de Bowness jusqu'à ce qu'il soit enfin prêt à emménager dans une résidence de retraite à l'âge de 97 ans.

 

Daniel avait un grand amour pour sa famille et ses amis. Il n'était jamais plus heureux que lorsqu'il jouait avec des enfants. Il aimait taquiner tous les enfants et ils revenaient tous vers lui. Daniel a fêté ses 100 ans en octobre dernier, où il a eu le plaisir de rendre visite à de nombreux amis et à sa famille qui ont voyagé pour profiter d'un après-midi en son honneur. Daniel était très aimé, et sa mémoire vivra avec nous pour longtemps.

 

Daniel a été précédé dans la mort par sa mère Yvonne Dionne, son père Alfred Girouard, deux frères, Charles Girouard et Ted Girouard, sa sœur Jeanne Gendron et ses grands-parents, Ferdinand Dionne et Marie Gagnon. » (Fin du texte cité)

 

La photo appartient à la maison funéraire McInnis & Holloway.

 

 

FIN

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