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Les charleries Bienvenue sur mon blogue, Ce blogue contient des souvenirs, des anecdotes, des opinions, de la fiction, des bribes d’histoire, des énigmes et des documents d’archives. Charles-É. Jean
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Saint-Mathieu-de-Rioux par les dates Par Charles-Édouard Jean |
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| Page 4/4. Documents de 2013 à 2020 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Doc 2013A.
Marie-Marthe Fournier
Dans son édition du 6 mars 2013, Info-Dimanche, sous la
signature d’Hugues Albert, a publié un article sur une agricultrice
impliquée à Saint-Mathieu. Voici ce texte :
« Marie-Marthe Fournier affirme que pour réussir en agriculture, il
faut une bonne dose de détermination et l’amour du métier. « Mais ça
prend aussi une bonne capacité physique et je remercie le Bon Dieu
qui a été généreux envers moi à cet égard. »
Agricultrice impliquée s’il en est une, la dame de Saint-Mathieu,
qui exploite Ferme Masika avec son époux Charles Pelletier et leur
fils Simon, et qui possède 50 % des parts dans l’entreprise depuis
2010, est née d’une famille agricole. Elle dit avoir voulu acheter
la ferme familiale mais s’est plutôt tournée en 1987 vers celle
appartenant à un oncle à l’est du village.
En plus d’assumer son rôle de maman de trois enfants et d’être
partenaire d’une ferme laitière avec son mari, elle a consacré
passablement de temps au développement du milieu agricole et
politique, local et régional.
Conseillère municipale pendant quatre ans jusqu’en 2009, elle a
siégé de nombreuses années au Comité consultatif agricole de la MRC
des Basques, été administratrice au syndicat de base des Îlets, fait
partie du comité de loisirs de Saint-Mathieu, du comité des parents
et du conseil d’établissement scolaire. Elle est encore membre
active de l’AFÉAS. « J’ai même pensé à la mairie de Saint-Mathieu,
mais je n’avais pas assez de temps … »
Elle consacre beaucoup de temps aujourd’hui à la comptabilité de
producteurs agricoles de son secteur. Elle avoue que l’implication
en milieu agricole lui manque surtout pour l’aspect social de la
chose. L’entreprise offre des stages à la ferme à des étudiants de
l’ITA de La Pocatière. Marie-Marthe Fournier exerce parallèlement le
métier de chauffeure d’autobus scolaire depuis cinq ans.
Ferme Masika exploite un troupeau Holstein enregistré de 70 vaches
laitières. Autosuffisante avec ses 700 acres de superficie de terre
où sont produits des fourrages en quantité et dont les surplus sont
vendus au Québec et aux États-Unis, elle produit également des
céréales. » (Fin du texte cité)
Doc 2013B. Jeanne Parent
Jeanne Parent est née le 14 juillet 1927.
Elle est la fille de Paul Parent et de Diana Dubé. Après avoir été
institutrice, elle épouse Georges Théberge, fils d’Émile Théberge et
de Marie-Luce Ouellet, le 7 juillet 1948.
Le journal Info-Dimanche lui a
consacré un article dans son édition du 27 mars 2013. Le voici :
« Jeanne Parent, résidente de
Saint-Mathieu-de-Rioux, est une femme de 85 ans dont les valeurs de
la famille et de l’entraide sont de la plus grande importance.
Impliquée dans différentes organisations telles l’AFÉAS, la fabrique
et l’âge d’or où elle est trésorière depuis 27 ans, Madame Parent
est animée par la fibre bénévole. « J’aime rendre service aux
autres. Je fais tout ce que je peux pour me rendre utile. Ça fait du
bien autour et ça me valorise », exprime-t-elle.
Cette dame, mère de sept filles,
intervient encore régulièrement auprès de son entourage, avec sa
famille, ses amis et son voisinage, en toutes sortes d’occasions.
Plusieurs personnes malades de son milieu ont pu recourir à ses
soins, à son accompagnement et à sa compagnie très appréciée lors de
moments difficiles. « Bien que je sois encore très active,
j’aimerais diminuer mes activités. Je pense également à déménager
pour avoir moins de travail à faire », confie Madame Parent. » (Fin du texte cité)
Jeanne Parent a vendu la maison ancestrale
Théberge en 2014.
Doc 2013C.
Un citoyen émérite
En décembre 2013, la MRC des Basques décernait à Lorenzo Beaulieu le
titre de citoyen émérite de Saint-Mathieu-de-Rioux. Il est le fils
de Louis-Jacques Beaulieu et d’Azilda Lagacé qui se sont marié en
1935 et qui ont eu 10 enfants.
On a dit de lui qu’il était un homme de cœur et d’action. Sur le
site web CIMT, poste affilié à TVA, on pouvait lire sous la plume de
Catherine Pellerin :
« Connu de tous à Saint-Mathieu-de-Rioux comme ancien propriétaire
de l’Auberge 4 saisons et comme un citoyen dynamique, Lorenzo
Beaulieu est un homme d’action. Dans les années 1970, il crée avec
son frère un restaurant d’été. Suivront un camping, un motel, des
chalets et une auberge : l’Auberge 4 saisons. Le succès est là et
Lorenzo peut compter sur le soutien indéfectible de ses enfants et
du personnel de l’auberge.
Mais au-delà de ses occupations professionnelles, M. Beaulieu s’est
toujours impliqué dans la vie associative de son village. Sa feuille
de route est impressionnante : membre des Chevaliers de Colomb au 3e
et 4e
degré, membre du Club Richelieu, responsable de la salle
paroissiale, marguillier de la fabrique et président du Club des 50
ans et plus de sa municipalité. Malgré toutes ses occupations, il
trouve donc du temps pour réaliser des collectes de la Croix-Rouge
contre les maladies du cœur. Il est également cofondateur et membre
du comité d’organisation du marchethon qui vise à récolter des dons
pour la recherche contre le cancer.
Pour Lorenzo, l’implication constitue une manifestation concrète de
la citoyenneté. S’il continue de s’investir avec autant d’ardeur à
Saint-Mathieu-de-Rioux, c’est justement parce qu’il aime son milieu
de vie et croit en son potentiel. Mais comme il le précise lui-même,
il ne travaille pas seul dans ces projets. De nombreux résidents
s’impliquent et sa femme, Noëlla Pelletier, l’encourage et
l’accompagne dans ses multiples engagements. Finalement, son
principal souhait serait de voir de plus en plus de jeunes
s’investir et contribuer au dynamisme de notre belle région » (Fin
du texte cité)
Doc 2013D.
Le grès à Saint-Mathieu
Le 2 juin 2013, Info Dimanche
publiait, sous la signature d’Hugues Albert, un texte sur une
nouvelle entreprise à Saint-Mathieu-de-Rioux. Je me permets de
reproduire ce texte.
« L’entreprise Les Grès
Saint-Mathieu Inc. devrait connaître un très bel essor au cours
des prochaines années, selon son promoteur, propriétaire et
principal exploitant, Robert Paquette. « Après plus de 10 ans de
recherches et d’explorations, nous entamons une nouvelle phase sur
des bases solides et prometteuses », indique l’homme d’affaires
originaire de Saint-Jérôme, dans les Laurentides. Et qui dit
développement dit création de nouveaux emplois.
Robert Paquette précise que son seul compétiteur vient d’Écosse. En
2004, il a restauré l’immeuble centenaire de la Banque de Montréal
dans le Vieux-Montréal. En 2009, c’était au tour de l’hôtel de ville
de Rochester dans l’État de New York d’être recouverte de pierres de
grès rouge de Saint-Mathieu. L’an dernier, on a procédé à la
restauration de résidences sur le site de l’université de Milwaukee
dans le Wisconsin. Ce seul client a nécessité 65 chargements de 32
tonnes sur camions-remorques.
Doc 2013E. Les chemins pendant l’hiver
Autrefois, à Saint-Mathieu-de-Rioux comme dans plusieurs autres
municipalités, l’entretien des chemins ruraux pendant l’hiver était
confié aux cultivateurs. Ceux-ci s’engageaient à dégager les routes
avoisinant leur demeure.
Pour l’entretien des chemins l’hiver, mon père s’était fabriqué une
gratte en bois munie de brancards. La gratte était tirée par un
cheval. Il utilisait aussi parfois le rouleau qui servait à tasser
la terre après les semences. Pendant de nombreuses années, il a
ouvert les chemins sur une distance d’environ un kilomètre dans le
rang 5. Il était aussi responsable de l’entretien de la route qui
menait au rang 6. Cette dernière route était peu achalandée
puisqu’elle conduisait seulement à trois terres non habitées et
qu’elle servait aussi aux déplacements du gardien attitré à la
barrière du club Les Appalaches sur le territoire du
Lac-Boisbouscache.
Quand arrivait le printemps, chaque responsable devait avec des
moyens de fortune y compris la pelle enlever la croûte de neige qui
s’était formée au fil du temps par le rouleau, par la gratte ou par
les voitures. Il fallait faire fondre la neige le plus rapidement
possible. Cela créait des problèmes car tous n’avaient pas la même
habileté et le même entrain pour dégager le fond de neige croûtée si
bien que la transition du traîneau à la voiture à roues n’était pas
très rapide et était variable d’un bout de chemin à l’autre.
Au milieu des années 1950, l’arrivée des tracteurs à chenilles a
modifié le processus au printemps. La municipalité engageait un
entrepreneur qui parcourait tous les rangs pour ouvrir la route avec
un bulldozer (bouteur en québécois). Mais c’est le responsable de
son bout de chemin qui devait payer pour l’exécution des travaux. La
transition était alors très rapide et uniforme. On passait ainsi du
jour au lendemain du traîneau à la voiture à roues. Tout le monde
attendait cet événement avec impatience.
Dans les archives de ma mère, on retrouve une facture datée d’avril
1959 qui se détaille comme suit :
Ouverture de la route du 5e et du 6e
rang
9 avril. Route du 5e. Trois heures à
7,50 $ l’heure : 22,50 $.
10 avril. Route du 6e. Une heure à 7,50
$ l’heure : 7,50 $.
Total : 30 $.
Ma mère n’était pas très contente quand elle a reçu la facture.
Avant de l’archiver, elle y a écrit une note : « On n’avait que 45 $
pour faire l’entretien de la route tout l’hiver ». Un calcul simple
nous montre qu’il est resté seulement 15 $ à mon père pendant
l’hiver 1958-1959 pour de nombreuses opérations de grattage qui se
sont étendues sur une période d’environ quatre mois.
Plus tard, le mode d’entretien des chemins pendant l’hiver a été
modifié. La municipalité confiait maintenant cette tâche à un
déneigeur professionnel qui était responsable de tous les chemins de
la paroisse et qui utilisait une niveleuse (appelée
gratte dans le langage
populaire ou grader d’un
calque de l’anglais) ou une souffleuse. C’est la municipalité qui
payait la facture. C’était le début du voiturage sur roues à l’année
longue.
Doc 2013F.
Déclin de l’agriculture
Michel Jean (1794-1870) fut le premier colonisateur de
Saint-Mathieu-de-Rioux. Il s’y installa en 1830 avec sa famille.
Quand il y arriva, le territoire de la paroisse était peuplé
d’arbres. Il a bûché, essouché, semé du blé, de l’orge et de
l’avoine, hersé, engrangé ses récoltes. Il y a transporté des
animaux de ferme. Il rêvait sûrement d’un territoire peuplé
d’enfants et voué à un développement permettant de nourrir hommes et
animaux. Il a vu des routes se construire et sillonner la paroisse
dans les rangs 3, 4 et peut-être 5 et 6.
Que dirait Michel Jean s’il revenait à Saint-Mathieu aujourd’hui ?
Il verrait que le rang 6, habité un temps par Ferdinand Rousseau,
s’est transformé en forêt. Il verrait des maisons le long des routes
dans les autres rangs, mais moins de granges-étables, moins de
hangars, moins de porcheries et moins de poulaillers. Il se
demanderait où sont passées toutes ces dépendances.
Michel Jean ne sait pas que dans les années 1960 un mouvement de
décolonisation a été amorcé par le gouvernement du Québec. Il ne
sait pas que la terre de son arrière-petit-fils, mon père, a été
achetée par le Gouvernement au début des années 1970. Il ne sait pas
que la maison où je suis né a été détruite, de même que tous les
autres bâtiments de ferme. Il ne reste que la fondation de la
grange. Même le vieux pommier a plié bagage. Il ne sait pas que la
terre ensemencée pendant 32 ans par mon père pour faire vivre
décemment sa famille se transforme peu à peu en forêt.
Il ne sait pas qu’au même moment où le Gouvernement s’apprêtait à
fermer le rang 5, il a asphalté la route jusqu’à la demeure de mes
parents. Vous vous demandez sûrement pourquoi. C’est qu’il y a là un
embranchement qui conduisait et qui conduit toujours au club privé
les Appalaches dans le territoire du Lac-Boisbouscache.
Par ailleurs, Michel Jean serait étonné de voir un beau village
encore habité et qui ne veut pas mourir. Dans son temps, le village
n’était formé que d’une dizaine de fermes alors qu’aujourd’hui les
maisons sont à proximité les unes des autres comme en ville. Il
verrait aussi quelques érablières qui se développent au gré du
temps. Il verrait un majestueux lac qui, bougeant paisiblement, peut
sembler éternel mais qui doit lutter contre la pollution.
Ce que Michel Jean n’avait sûrement pas prévu, il verrait que la
municipalité de Saint-Mathieu d’agricole qu’elle était est devenue
un lieu touristique privilégié. Il verrait notamment un vignoble, un
club de golf, une station de ski, des chapelets de chalets qui
agrémentent les deux rives du lac Saint-Mathieu. Le tout assure la
stabilité économique de la paroisse.
Faut-il s’étonner de voir la forêt reprendre peu à peu l’état qui
était sien depuis des siècles et peut-être des millénaires ? Peut-on
penser qu’un retour à la terre sera un jour possible ? La réponse
est non dans les deux cas. La vie moderne ne peut pas s’enraciner
dans des terres peu propices à l’agriculture. Mais, il semble
réconfortant de voir les humains cohabiter sereinement de plus en
plus avec la forêt.
J’admire les gens de Saint-Mathieu qui veulent maintenir leur
municipalité malgré la disparition progressive de services de
proximité et qui réussissent leur pari.
Doc 2013G.
Réminiscences d’un ancien
Fernand Thibault est né à Saint-Mathieu-de-Rioux en 1938. Il est le
fils de Donat Thibault et d’Yvette Rioux. En 1941, son père Donat
achète une terre dans le rang 4 à Saint-Mathieu. La terre est située
au sud du lac en face de la route menant à Saint-Simon. Fernand y
passe son enfance jusqu’à ce que la famille quitte la paroisse en
1951 pour aller s’établir à Beaumont.
Dans son site web, Fernand raconte certaines péripéties vécues
pendant son enfance. Il y parle du passage du village à la ferme,
des terres achetées par son père, de ses parents, des naissances,
des voisins, de ses années à la petite école, sans compter des
détails sur la généalogie des Thibault. Par le biais, il décrit les
mœurs et la façon de vivre de l’époque.
Dans son avant-propos, il écrit : « Ce résumé de mes souvenirs
depuis ma plus tendre enfance constitue en fait mon autobiographie.
Le lecteur, spécialement s'il est quelqu'un qui a vécu cette période
ou qui fut témoin de ces évènements, n'aura pas à se formaliser si
les souvenirs et les situations que je décris ne sont pas exactement
vrais ou précis. Car il s'agit ici de souvenirs déjà lointains, que
je décris de la façon dont l'enfant que j'étais, à l'âge que
j'avais, voyait et percevait ces évènements ou situations et,
analysait les conversations qu'il entendait. »
Si vous avez vécu à Saint-Mathieu-de-Rioux pendant les années 1940
ou après, vous revivrez à travers l’auteur certaines situations.
Sinon, vous apprendrez comment les cultivateurs et les fils de
cultivateurs vivaient à cette époque.
Doc 2013H.
Lac-Boisbouscache
Dans mon enfance, la maison de mes parents au rang 5 de
Saint-Mathieu-de-Rioux était située à l’angle de la route qui menait
au sixième rang où mon père avait une deuxième terre. De l’autre
côté à l’ouest, il y avait une croix de chemin qui avait été érigée
en 1941.
Un peu avant la croix, il y avait une pancarte indiquant
Lac-Boisbouscache. Ma mère m’a expliqué que la route du sixième
conduisait aussi à un club privé de chasse et de pêche. Un peu plus
tard, la pancarte a été changée pour Club Appalaches. À l’époque, je
pensais qu’on avait simplement changé le nom de ce territoire. Mais
ce n’est pas tout à fait cela.
Lac-Boisbouscache est un territoire non organisé. Il apparaît dans
le répertoire des municipalités du Québec. Toutefois, il n’y a pas
d’hôtel de ville, pas d’église, pas de magasin général, puisque le
répertoire indique qu’il y a toujours 0 habitant. C’est un
territoire de 101,8 kilomètres carrés, soit l’équivalent de 10
kilomètres sur 10 kilomètres. Le club Appalaches a été fondé en 1910
et il occupe le territoire du Lac-Boisbouscache.
Quand mon père aménagea sur sa terre, il transportait les touristes
de la maison jusqu’au club en voiture à cheval, car le chemin était
impraticable pour l’automobile. En cours de route, on lui offrait un
p’tit coup : ce que mon père ne refusait pas. Craignant les
accidents et sous la pression de ma mère, mon père abandonna ces
transports. Plus tard, la route fut rendue carrossable.
Quand j’étais jeune, les membres du club ou leurs invités, dont la
majorité parlaient anglais, arrêtaient souvent à la maison pour
acheter du lait, de la crème, des œufs et parfois de petites choses
d’usage courant que ceux-ci avaient oublié d’apporter. Ils
achetaient aussi des vers de terre. C’était à nous les enfants que
la tâche incombait d’aller bêcher la terre pour y trouver des vers.
La commande tournait généralement autour de 50 à 100 vers et on
payait un sou le ver. Naturellement, c’est ma mère qui récoltait
l’argent. Mais nous adorions faire ce travail pour eux.
Malheureusement, je n’ai jamais pu entrer sur le territoire du club
puisqu’on avait placé une barrière et qu’un gardien en faisait la
surveillance. Comme la terre de mon père du rang 6 était bornée au
sud par ce territoire, il m’est arrivé quelques fois d’aller aux
framboises à la limite de la terre et d’y franchir la frontière.
Le club des Appalaches est le dernier club privé de chasse et de
pêche au Québec. Une soixantaine de
membres ont des droits exclusifs de chasse et de pêche sur ce
territoire public. Toutefois, le 14 juin 2013, l’Assemblée
nationale adopta la loi 206, une loi qui permettait à la MRC des
Basques en partenariat avec
la Première Nation Malécite de Viger de mettre sur pied un organisme
à but non lucratif dont le mandat serait de créer un parc régional.
Éventuellement, après entente avec les membres du club, les deux
partenaires pourraient acquérir les droits réels de chasse, de pêche
et de piégeage. Mais cela n’est pas encore fait.
Qui sont les
Malécites ? Ce sont des autochtones qui
ne sont pas regroupés en communauté, mais qui vivent
dispersés sur le territoire québécois, canadien et américain. La
communauté Malécite de Viger est la seule Première Nation Malécite
au Québec. Elle dispose d’un territoire situé dans le canton de
Whitworth,
à 30 kilomètres au sud de Rivière-du-Loup, et d’un
petit lot à Cacouna, la plus petite réserve autochtone au Canada.
Elle possède des droits ancestraux sur le territoire du Club Appalaches.
Doc 2013I.
Le lac Saint-Mathieu : Un attrait touristique
Le lac Saint-Mathieu a toujours été un objet d’envie pour les
visiteurs à cause de l’incomparable beauté de son site. La situation
du village sur un promontoire surplombant le lac donne à ce dernier
un cachet mystérieux. La richesse et la paisibilité de ses eaux le
font valoir comme un lac très recherché.
Pour s’en convaincre, on n’a qu’à visiter la longue chaîne de
chalets établis sur ses rives au sud-ouest du village. Un véritable
village de touristes pointe à l’horizon et donne à la paroisse une
vitalité nouvelle au cours des mois d’été. Ce paradis de touristes a
été nommé Pointe-du-Lac.
Dès 1890, Arthur Buies avait été émerveillé par la splendeur du lac
Saint-Mathieu. Dans un rapport au premier ministre Mercier, il
écrivait :
« Qui a vu le lac Saint-Mathieu en garde longtemps le souvenir. Il
est certains traits de physionomie qui, quoique aperçus souvent
comme à la dérobée, laissent dans la mémoire une empreinte qui se
dessine et s’accentue de plus en plus avec le temps. »
Dans le même rapport, il ne manque pas de faire quelques
commentaires sur notre paroisse. Voici un extrait : « En arrière de
cette dernière (Saint-Simon) s’étend l’intéressante paroisse de
Saint-Mathieu, qui n’est constituée que depuis 24 ans et qui paraît
avoir un bel avenir devant elle, grâce à l’excellence de ses terres,
à la beauté de son site, aux importantes carrières de pierre rouge
qu’elle renferme, et dont l’exploitation est à peine entamée, grâce
enfin à l’admirable lac qui la traverse à peu près dans toute sa
longueur, lac depuis nombre d’années célèbre parmi les sportsmen et
reconnu comme l’un des plus beaux et l’un des plus poissonneux de la
province … »
En somme, le lac Saint-Mathieu est un attrait touristique important
et avec tous les autres lacs de la paroisse, Saint-Mathieu est à se
tailler une réputation de centre touristique.
(Texte écrit en 1966 et publié dans l’Album
souvenir du centenaire de Saint-Mathieu)
Doc 2014A.
Un parc régional
Le Lac-Boisbouscache est un territoire non organisé situé au sud de
la paroisse de Saint-Mathieu-de-Rioux. De nouvelles avenues se
dessinent pour ce territoire alors que la MRC des Basques veut en
faire un parc régional en partenariat avec les Malécites de Viger.
Marjolaine Jolicoeur a écrit un article sur le sujet dans
L'Horizon des Basques. On le retrouve sur le site de l’AMECQ
(Association des médias écrits communautaires du Québec) en date du
16 septembre 2014. Il est intitulé
Entente historique entre la
Première Nation Malécite et la MRC des Basques. Voici des
extraits de ce texte :
« Anne Archambault, Grande Cheffe de la Première Nation Malécite de
Viger et Bertin Denis, préfet de la MRC des Basques, ont signé à
Cacouna une entente pour un projet de Parc régional Inter-Nations,
le 19 août dernier (2014). La Grande Cheffe Anne Archambault a
qualifié l’entente d’historique : « Aujourd’hui est une date
importante à retenir car elle exprime un moment d’histoire où la
Première Nation Malécite de Viger sera partie prenante des décisions
concernant son territoire ancestral. »
Situé sur le territoire public de la MRC des Basques, ce projet de
parc veut développer une mise en valeur commune du potentiel
récréotouristique de ce patrimoine collectif qui s’étend sur 265 km2.
Selon le préfet Bertin Denis, les grandes orientations du projet
vont s’échelonner sur une période de plus de dix ans et on analysera
chaque projet pour sa viabilité financière. « Nous voulons prendre
le temps de travailler pour faire du Parc Régional un projet
rassembleur ayant pour fondement la vocation multi-ressources de la
forêt dans une perspective de développement durable. » Cet
engagement commun sera respectueux des milieux naturels et il s’agit
d’un projet de territoire habité et non d’une zone de conservation.
« Nous allons utiliser l’ensemble des terres publiques pour le bien
de tous les citoyens », a ajouté le préfet. Camping rustique,
baignade, sentiers pédestres ou de ski de fond, pistes cyclables,
réserves fauniques, mise en valeur des sites naturels, de multiples
activités de villégiature s’avèrent possibles pour plusieurs
municipalités.
On retrouve aussi sur le territoire public le Club Appalaches qui
détient des privilèges exclusifs de chasse, de pêche et de piégeage,
depuis 1910. Parsemé de trente lacs, dont le Lac-Boisbouscache, le
club s’étend sur une superficie de près de 150 km2 entre Saint-Mathieu-de-Rioux, Sainte-Françoise et
Saint-Médard.
Selon un jugement de la Cour d’appel du Québec de 1999, les citoyens
(nes) détiennent cependant un égal droit d’accès à cette partie du
territoire – même en temps de chasse – pour y pratiquer d’autres
activités que celles de la chasse, de la pêche et du piégeage.
Ce partenariat entre la Première Nation Malécite de Viger et la MRC
des Basques découle de la loi 206 adoptée en juin 2013 leur
concédant le droit de créer un organisme à but non lucratif pour
l’exploitation d’un parc régional. » (Fin du texte cité)
Doc 2014B.
Des condos à Saint-Mathieu
Il devient de plus en plus évident que la paroisse de
Saint-Mathieu-de-Rioux prend de l’expansion. Les infrastructures
touristiques sont là pour en témoigner. Voilà que l’hebdomadaire
Info-Dimanche, sous la plume de Mario Pelletier, nous apprend que
bientôt des condos-hôtels verront le jour au pied du Mont
Saint-Mathieu.
Il est clair que la paroisse se prépare à recevoir les anciens en
2016 pour commémorer le 150e anniversaire de l’arrivée du
premier curé résident, qui coïncide avec l’ouverture des registres
paroissiaux. Voici le texte du journaliste publié le 22 décembre
2014 :
« Construction B.C.K. Inc. de Saint-Simon-de-Rimouski, dont le
propriétaire est Carl Bérubé, a débuté la construction de
condos-hôtels au pied des pentes du Parc du Mont-Saint-Mathieu.
« C’est un projet de 1,3 million de dollars, soit quatre jumelés
pour 8 condos », a mentionné le promoteur. M. Bérubé a acheté les
terrains nécessaires pour ce projet par voie de soumission. La MRC
des Basques, qui est propriétaire de la station de glisse, a ainsi
accordé ce mandat de développement à Construction B.C.K.
Ces condos de quatre pièces et demie seront donc érigés au pied de
la montagne et permettront une vue sur le lac Saint-Mathieu. « Ils
sont à vendre et les acheteurs pourront eux-mêmes décider s’ils
veulent les utiliser pour de la location à des plaisanciers », a
noté M. Bérubé.
« Ces condos de genre chalet sont une nouvelle tendance très
populaire dans les stations de glisse », a ajouté Daniel Bouchard,
des Habitations Mont-Carleton, entreprise collaboratrice au projet.
La construction du premier jumelé a débuté récemment. Les fondations
ont d’ailleurs été coulées le 11 décembre. Les deux premiers condos
devraient être disponibles vers la fin du mois de février 2015, à
temps pour la relâche scolaire. « Pour les autres condos, ce sera
selon la demande », a conclu M. Bérubé. » (Fin du texte cité)
Doc 2014C.
Le charbon de bois
Pendant le 20e siècle, la paroisse de
Saint-Mathieu-de-Rioux a maintenu un taux enviable de prospérité
grâce à un apport industriel important qui est venu compenser le
déclin de la ruralité. Une usine de charbon de bois qui opère depuis
1978 en est un exemple éloquent. Les anciens de cette paroisse
seront heureux d’apprendre que cette usine emploie près d’une
vingtaine de travailleurs. Je me permets de citer un article
d’Hugues Albert tiré du journal
Info-Dimanche en date de 4
août 2014.
« L’usine de Charbon de bois franc Basques produit du charbon
d’érable depuis plus de trois décennies. Il ne reste plus que deux
usines du genre au Canada, dont celle-ci à Saint-Mathieu. Fondée en
1978, l’entreprise a été acquise en 1988 par Produits forestiers
Basques avant de passer aux mains des employés cadres de cette
corporation en 2013.
On a su y maîtriser l’art de fabriquer un produit de qualité qui est
reconnu et convoité par des chefs, des traiteurs et de fins
connaisseurs de barbecue et de grillades dans la plupart des grands
centres du nord-est de l’Amérique du Nord, que ce soit de Montréal,
Boston, Toronto ou New York.
Mieux connu sous les marques
Charbon de bois francs Basques et
Nature’s Own, le produit
doit son succès à la combinaison d’une précieuse expérience acquise
par ses employés et du choix de sa matière première, principalement
des billes de bois d’érable à sucre et de bouleau jaune (merisier).
Le charbon de bois produit par Produits forestiers Basques offre un
bilan de carbone neutre en GES (gaz à effet de serre). La matière
première utilisée provient de programmes d’aménagement forestier en
conformité avec les règles d’aménagement forestier durable. On
n’utilise que des portions d’arbres résiduelles après que les billes
de sciage en ont été extraites.
Depuis quelque temps, on voit chez les consommateurs un intérêt
renouvelé dans le choix du charbon de bois comme mode de cuisson.
Plusieurs facteurs y contribuent. Le goût unique du charbon de bois
Basques procure aux aliments des odeurs et des arômes naturels du
bois.
Le directeur général David Huard explique que le volume de
production est écoulé à parts égales au Québec, en Ontario et aux
États-Unis et que 90 % de la production destinée au Québec est
vendue dans la région de Montréal. « L’acheteur numéro 1 au Québec
est le chef propriétaire qui veut distinguer la cuisson qu’il
effectue dans son restaurant de tous ses concurrents. Et avec le
charbon de bois naturel comme nous produisons, il y parvient
assurément. On retrouve aussi d’autres clients de pays du Maghreb ou
de la Méditerranée qui veulent préserver cette méthode de cuisson
ancestrale. Aussi avec l’avènement du poêle en céramique de type
Kamado, l’amateur de barbecue de fin de semaine pourra prolonger la
période d’utilisation du charbon de bois bien au-delà de l’été. Il
pourra le faire pendant toute l’année. » Le charbon de bois regagne
ses lettres de noblesse qu’il avait perdues au profit de la
briquette, du propane ou du gaz naturel.
M. Huard estime que plus de 3000 tonnes de charbon de bois seront
produites en 2014 à l’usine de Saint-Mathieu, qui dispose de 20
fours de carbonisation. Dix-neuf travailleurs s’activent au site de
mars à décembre. L’entreprise ne cesse d’améliorer l’environnement
de travail des employés grâce à un traitement de plus en plus
efficace des fumées générées par la carbonisation du bois et à
l’apport d’équipements de plus en plus sophistiqués dans le cadre de
ses opérations, ce qui contribue au rehaussement de la qualité de
l’air. L’entreprise est constamment en recrutement de main-d’œuvre.
Elle propose un niveau salarial des plus intéressants avec des
horaires flexibles. L’usine de carbonisation fonctionne 24 heures
par jour et sept jours par semaine.
L’entreprise explore d’autres avenues pour valoriser les fins
résidus du bois transformé en charbon à son usine de Saint-Mathieu.
La fine granulométrie, c’est-à-dire la poussière de charbon
produite, pourrait être utilisée en métallurgie et en horticulture,
ainsi que pour la fabrication de briquettes. » (Fin du texte cité)
Doc 2014D. Nouvelles de Roland Thibault
J’ai reçu un message de Roland Thibault, un ancien
de Saint-Mathieu, que je remercie beaucoup. Ce dernier m’a autorisé
à publier son message. Le voici :
« Récemment, ma nièce Carmen Vaillancourt, fille d’Émilien
Vaillancourt, époux en secondes noces de ma sœur Cécile Thibault,
fille d’Augustin Thibault de Saint-Mathieu et de Marie Dubé de
Notre-Dame-du-Lac, m’a fait parvenir l’adresse de ton blogue où j’ai
pu y lire « Les Charleries ». Que de plaisir et d’intérêt à fouiller
tous ces documents !!!
Je m’empresse de te féliciter pour toutes les informations que tu
nous fournis concernant ce beau coin de pays où j’y ai passé les
belles années de ma jeunesse. Je me prénomme Roland et je suis né à
Rivière-du-Loup le 26 avril 1930. C`est aussi l’endroit où j’ai
débuté mes études primaires, soit de 1936 à l’automne 1938. À ce
moment-là, notre père, n’ayant plus d’emploi à Rivière-du-Loup, dut
déménager la famille à Squatec où un travail lui était offert. Puis,
à l’automne 1941, la famille déménagea à nouveau, mais cette fois,
c’était pour s’établir à Saint-Mathieu où demeuraient nos
grands-parents, Pierre Thibault et Joséphine Lepage.
Le jour même de notre arrivée à Saint-Mathieu, alors que nous
aidions papa à décharger le camion qui transportait bagages et
meubles de la famille, un jeune garçon de mon âge est venu me
souhaiter la bienvenue. Ce fut mon premier ami à Saint-Mathieu. Il
s’agit de Patrice Dionne, fils d’Omer Dionne et de Cécile Ouellet
qui demeuraient alors à Saint-Mathieu et, quelques années plus tard,
à Rimouski. Je garde un souvenir impérissable de ce contact amical à
notre arrivée dans cette accueillante paroisse du Bas-du-Fleuve. Des
amis à Saint-Mathieu, j’en ai eu beaucoup d’autres par la suite !
Nos parents ont ainsi résidé à Saint-Mathieu de 1941 à 1972. La
maison familiale était située entre celle d’Arthur Fournier et celle
d’Edmond Jean, en face de la boutique de forge de Napoléon Saindon.
C’est donc au vieux couvent du village que j’ai terminé mes études
primaires en 1944. Au mois de septembre de la même année, j’entrais
au Séminaire de Rimouski pour entreprendre les études classiques. Je
m’y retrouvais avec les confrères de Saint-Mathieu, soit mes amis,
Patrice Dionne, Fernand Dionne, Rosaire Dionne, devenu l’abbé
Rosaire, bien aimé et regretté de tous, ainsi que Joseph-Paul
Boulanger, fils de Chs-Eugène Boulanger et de Clairina Parent.
Malheureusement, à la fin de la classe de Versification, soit après
avoir terminé la moitié du cours classique, au lendemain du retour à
la maison pour les vacances d’été, nous apprenions avec stupéfaction
que Joseph-Paul s’était noyé dans la rivière Saint-Mathieu, le 20
juin 1948, à l’âge de 16 ans et 6 mois. Il faut se souvenir qu’il
faisait une chaleur suffocante cette fin de semaine-là. Voulait-il
se baigner ou aller à la pêche ? Nous venions de perdre un confrère
très aimable et fort sympathique dont nous nous souviendrons
toujours.
Les études classiques terminées, j’entrais à l’Université Laval à
l’automne 1952 pour suivre le cours en « Sciences Appliquées »,
section génie civil. Vous vous demandez peut-être qu`était devenu
mon ami Patrice ? Eh bien, il était inscrit lui aussi au même cours
à l`université Laval. C’est ainsi qu’en 1957, nous quittions
l’Université, en possession du diplôme qui nous permettait d’exercer
la profession d’ingénieur civil.
Alors que j’étais encore aux études, je me suis marié en 1956 à
Huguette Vaillancourt, fille d’Henri Vaillancourt et de Germaine
D’Auteuil de Saint-Mathieu. Le mariage a eu lieu à St-Fabien, étant
donné que mes beaux-parents étaient déjà résidents de cette paroisse
depuis quelques années. Quatre enfants sont nés de notre union entre
les années 1958 et 1966. Inutile de vous dire que nous sommes très
fiers des dix petits-enfants qu’ils nous ont donnés.
Augustin, notre père, est décédé le 17 avril 1971 à Rimouski, alors
que Marie, notre mère, décéda à Montréal le 22 mai 1984. La famille
comptait six enfants, à savoir :
Raynald, né à Notre-Dame-du-Lac le 30 mars 1927, marié à Rita
Saindon à Saint-Mathieu le 27 août 1947. Il est décédé à la
Pocatière le 14 septembre 2013. Notons qu’il a été le dernier des
enfants à quitter Saint-Mathieu, de mémoire, en 1968.
Thomas, né le 21 octobre 1928 à Rivière-du-Loup, marié à Noëlla
Lagacé de Cabano le 15 octobre 1960, est décédé le 19 octobre 1986 à
Rimouski, lieu de sa résidence.
Roland, le soussigné, dont la présentation a été faite ci-avant.
Noël, né le 24 décembre 1931 à Rivière-du-Loup, marié le 4 août 1952
à Rachel Lebel de Trois-Pistoles. Rachel est décédée le 25 janvier
2006 à Baie-Comeau où Noël demeure toujours.
Gemma, née le 15 décembre 1933 à Rivière-du-Loup, mariée le 25 juin
1952 à Roger Ouellet, fils de Ludger Ouellet et de Claudia Caron de
Saint-Mathieu. Roger est décédé à Roberval le 19 mai 2014.
Cécile, née le 28 février 1936 à Rivière-du-Loup, mariée à
Saint-Mathieu le 31 juillet 1956 à Émilien Vaillancourt, fils de
Charles Vaillancourt et de Marie-Anne Albert. Émilien est décédé le
9 décembre 2001 à Rimouski. Cécile demeure maintenant à St-Simon.
Nous vous assurons que nous gardons un excellent souvenir de
Saint-Mathieu, ainsi que de ses concitoyens. En ce qui nous
concerne, à moins de circonstances défavorables, mon épouse et moi
auront le plaisir d’être présents au 150e
anniversaire de Saint-Mathieu en 2016. »
(Signé) Roland Thibault
Doc 2014E.
Camping à Saint-Mathieu
Saint-Mathieu se démarque de plus en plus par ses infrastructures
touristiques. Les anciens de cette paroisse seront ravis d’apprendre
que le site de camping progresse de façon importante et permet aux
nombreux visiteurs des séjours agréables près du lac Saint-Mathieu.
Voici un texte publié sur le site web du Centre local de
développement des Basques publié le 30 octobre 2014 :
« Le Camping KOA Bas-Saint-Laurent, situé à Saint-Mathieu-de-Rioux,
vient d’obtenir la classification cinq étoiles de Camping Québec.
C’est l’aboutissement de plusieurs années de travaux et
d’aménagements pour le président de l’entreprise, Thomas Gagnon.
« Il a fallu cinq ans de travail acharné pour passer de deux à cinq
étoiles. Notre camping devient ainsi le premier et le seul à obtenir
ce statut parmi les 130 campings que compte l’Est du Québec. »
En 2014, Camping KOA Bas-Saint-Laurent a investi dans la
construction d’une aire de jeux, d’une piscine chauffée, d’une
pataugeoire, spa, jeux d’eau chauffée, salle des campeurs avec
terrasse, équipements d’exercice et jeux intérieurs. Ces équipements
s’ajoutent à la trampoline géante qui était déjà en place. De plus,
le camping dispose d’une plage de sable fin sur les berges du lac
Saint-Mathieu. Ces infrastructures peuvent être utilisées
gratuitement par les campeurs. De plus, en 2015, elles seront
accessibles pour un coût journalier aux touristes de passage et aux
gens de la région.
Camping KOA Bas-Saint-Laurent a triplé son chiffre d’affaires au
cours des deux dernières années et il a connu une excellente saison
2014. De nouveaux sites seront ajoutés pour l’été prochain, faisant
passer la capacité d’accueil à 170 emplacements.
Le camping peut accueillir des tentes, tentes-roulottes et véhicules
récréatifs de toutes dimensions. La location de chalets donnant
directement sur le lac est également offerte. Le camping est
franchisé KOA, la plus importante bannière de campings au monde. »
(Fin du texte cité. Source : Thérèse Martin, Le journal
L’Avantage)
Doc 2014F.
Les livres sur Saint-Mathieu
Peu de livres ont été écrits sur Saint-Mathieu-de-Rioux. Le premier
a été l’Album-souvenir du
centenaire en 1966 dont j’ai eu l’honneur d’être l’auteur
principal et le réalisateur. Il a été tiré à 1000 exemplaires qui se
sont envolés rapidement.
Il y eut le livre d’Hélène Chénard intitulé
Naissances, décès et mariages
de la paroisse de Saint-Mathieu 1858-1985. C’est un ouvrage de
428 pages qui contient une multitude d’informations sur les chefs de
famille de cette paroisse et de leurs enfants. Comme les registres
de Saint-Mathieu ont été ouverts en 1866, plusieurs actes civils ou
religieux sont attribués à Saint-Simon avant cette date même si les
personnes demeuraient sur le territoire de Saint-Mathieu.
Après les fêtes du centenaire en 1966, Mgr Charles-Eugène Parent a
écrit un livre intitulé Échos
du centenaire de la paroisse de Saint-Mathieu. La première
partie raconte les événements de la fête. La seconde partie présente
la généalogie de la famille Louis Parent et contient les allocutions
de Mgr Parent lors de son ordination et de sa consécration
épiscopale, de même que celle de son frère Léonard Parent lors de
son ordination.
Maurice St-Pierre et Daniel Côté, en 1994, ont fait un travail
remarquable en compilant les naissances et les décès dans un premier
ouvrage intitulé Répertoire
des naissances et baptêmes de Saint-Mathieu et de Saint-Simon,
de même que dans un second intitulé
Répertoire des décès et
sépultures de Saint-Eugène, Saint-Fabien, Saint-Mathieu et
Saint-Simon.
À cette liste, il faut ajouter l’ouvrage fortement documenté de
Julienne Jean publié en 2008 dont le titre est
Michel Jean, 1er
colon de Saint-Mathieu-de-Rioux. Même si ce livre de 400 pages
ne traite pas spécifiquement de Saint-Mathieu, on y retrouve
plusieurs familles Jean ou familles collatérales qui ont vécu dans
cette paroisse.
Souhaitons que d’autres personnes prennent la plume pour raconter la
petite histoire de Saint-Mathieu qui a un cachet particulier et qui
peut être considérée comme unique si on admet que toutes les
paroisses ont leur identité propre. Qu’on le veuille ou non, chaque
jour l’histoire évolue. Les gens qui ont adopté Saint-Mathieu
pourraient très bien raconter leur vécu teinté de la tradition d’une
paroisse qui est née en 1830 et qui a 184 années d’existence.
Doc 2014G.
Mouvements de population
La population de Saint-Mathieu-de-Rioux a subi des fluctuations
depuis l’ouverture des registres paroissiaux en 1866. Cette
paroisse, fortement rurale à ses débuts, a pris par la suite un
accent industriel. Depuis quelques années, elle est devenue
néorurale.
La paroisse a connu des débuts très rapides. Le pionnier, Michel
Jean, a pris souche en 1830 et déjà, en 1866, on pouvait y compter
785 personnes. Les premiers colons ont été nombreux à bûcher, à
essoucher et à semer.
En 1878, on comptait 84 chefs de famille dont 18 au village qui
étaient, pour la plupart, cultivateurs. En 1881, la population a
atteint un sommet. La paroisse était formée de 1175 personnes. En 15
ans, la population a augmenté de 390 personnes. Les grosses familles
expliquaient en grande partie cette croissance. Voici le nombre de
naissances et de décès de 1866 à 1881 :
De 1866 à 1881, il y eut 704 naissances et 214 décès.
L’accroissement naturel fut de 490 personnes. D’ailleurs, l’année
1880 battit le record de naissances de la vie de la paroisse.
La population de Saint-Mathieu-de-Rioux était de 1175 habitants en
1881 et de 846 en 1891, soit une décroissance de 329 habitants. De
1881 à 1890, il y eut 501 naissances et 169 sépultures.
L’accroissement naturel a été de 332 habitants. Sans migration, la
population aurait dû être de 1507 habitants. En supposant que
l’immigration était nulle, on assistait donc à une perte de 661
habitants. Cette perte était due en grande partie à l’émigration
vers les États-Unis. On n’a qu’à consulter les répertoires de
mariage pour constater que plusieurs paroissiens ont pris racine
dans ce pays à cette époque.
De 1901 à 1931, la population s’est maintenue autour de 800
personnes comme en fait foi ce tableau. À partir de 1941, les 1000
habitants ont été dépassé et se sont maintenus jusqu’en 1966.
Le déclin commença alors et se poursuivit jusqu’en
1996, alors que commença une nouvelle remontée comme il est illustré
dans ce tableau.
Bref, on peut partager l’évolution de la population
de Saint-Mathieu en cinq périodes :
1830-1881 (51 ans) : augmentation
1881-1941 (60 ans) : déclin
1941-1966 (25 ans) : maintien
1966-1991 (25 ans) : déclin
1991-2011 (20 ans) : augmentation
Doc 2014H.
Mont Saint-Mathieu
Le Mont Saint-Mathieu, qui a reçu son appellation officielle le 6
juin 1973, est en train de devenir une plaque tournante du tourisme
dans le Bas-Saint-Laurent. Les anciens et les anciennes de cette
paroisse apprendront avec bonheur et fierté qu’un parc d’hébergement
continue à se développer.
Je me permets de reproduire un article du journaliste Hugues Albert
publié dans Info-Dimanche,
un journal de Rivière-du-Loup, le 21 février 2014. Le titre est :
1,3 M$ pour 18 unités d’hébergement au Mont Saint-Mathieu. Voici le
texte :
« Des investissements de 1,3 M$ échelonnés sur une période de sept
ans permettront à la Corporation de gestion du Parc du Mont
Saint-Mathieu de procéder à la troisième phase du projet de
développement et de renouvellement des infrastructures visant à
doter la station quatre-saisons de 18 unités d’hébergement. Fait à
souligner, ces unités seront construites dans la nouvelle usine de
Récupération des Basques.
À caractère familial, ces unités d’hébergement seront aménagées au
pied de la pente principale (13) de la station de ski et les quatre
premières seront prêtes pour location en juillet prochain. En 2015,
on fera l’aménagement de quatre autres unités, les 10 autres l’étant
à raison de deux par année de 2016 à 2020. Le coût de location
variera de 150 $ à 175 $ par nuitée. Des forfaits seront aussi
offerts pour des locations de moyenne ou longue durée.
Les services de base, eau potable et égouts, seront évidemment
compris dans ce complexe d’hébergement. Chaque unité d’une surface
de 650 pieds carrés sera assez spacieuse pour accueillir sept
personnes. Ce village de chalets alpins sera géré en formule
locative et on prévoit que d’autres unités d’habitation seront mises
en place éventuellement par des promoteurs privés. Des terrains ont
d’ailleurs été vendus pour la mise en place d’un condotel.
Le président de la corporation, Gaston Rioux, indiquait en
conférence de presse que les revenus de la vente de terrains
assureront le financement de ce projet et que des emprunts à long
terme seront effectués pour le combler.
Un grand besoin
L’accès à une capacité d’hébergement de qualité constitue un
problème majeur depuis plusieurs années dans la région des Basques.
Ce projet contribuera donc à y pallier partiellement.
La demande d’hébergement à proximité de la station de ski augmente
de façon exponentielle depuis quelques années. Comme le précisait le
président de la corporation, il n’y a pas si longtemps, ce centre de
sports de glisse n’était que saisonnier. Il présentait un bilan de
7000 jours/ski annuellement alors qu’il atteint aujourd’hui les
35 000.
Demande en hausse
La demande de location de chalets est en nette croissance en raison
de la provenance des amateurs de ski et de planche à neige :
Bas-Saint-Laurent, Gaspésie, Chaudière-Appalaches, Capitale
Nationale, Centre-du-Québec et Nouveau-Brunswick. M. Rioux cite à
titre d’exemple la clientèle néo-brunswickoise qui a été présente
pour 175 jours/ski l’an dernier.
Avec un chalet multifonctionnel des plus modernes ouvert à l’année
depuis 2012, le Parc du Mont Saint-Mathieu est devenu un site de
prédilection pour la tenue d’événements de toute nature. »
Nul doute que ces améliorations vont raffermir l’économie de la paroisse. Espérons que les services de proximité vont suivre la même trajectoire.
Doc 2014I. Le long des lacs de Saint-Mathieu
Je me permets de reproduire un texte intégral puisé dans le site
Tourisme patrimonial du
Bas-Saint-Laurent. C’est un texte très bien fait. Quand on a
vécu ou quand on vit à Saint-Mathieu-de-Rioux, on a cessé ou on
cesse de voir les beaux paysages qu’un œil aguerri peut observer.
Voici ce texte :
Se situer
Perché sur la rive nord du
Petit lac Saint-Mathieu, le village de Saint-Mathieu-de-Rioux longe
le 3e rang et fait face à une imposante crête rocheuse,
porte d’entrée du plateau appalachien et comprenant le mont
Saint-Mathieu. Ce village est situé au sud de Saint-Simon et on y
accède en gravissant des crêtes rocheuses faisant partie des
signatures paysagères de la région des Basques. La vallée au fond de
laquelle s’alignent le Petit lac Saint-Mathieu et le lac
Saint-Mathieu est nichée entre deux crêtes rocheuses appalachiennes.
Elle est propice à l’agriculture. Le climat y est particulier
puisqu’on y cultive même la vigne !
Saint-Mathieu-de-Rioux est la
première paroisse de la région des Basques à être créée à l’écart du
littoral du Saint-Laurent et la cinquième de la région (1858). Le
potentiel agricole de cette vallée y attira les premiers habitants
qui furent aussi encouragés à exploiter la forêt. L’agriculture y
fut donc longtemps la première activité économique, complétée par
l’exploitation forestière qui favorisa le développement de
l’industrie du sciage. La marque de commerce de
Saint-Mathieu-de-Rioux a longtemps été la fabrication manuelle de
boîtes à beurre en bois. Aujourd’hui, l’activité économique est
centrée sur l’acériculture, la production de charbon de bois,
l’agriculture et le développement de la villégiature.
Le paysage que vous pourrez
observer de ce point de vue, mais également du belvédère de
l’église, est dominé par les éléments naturels : les crêtes
rocheuses, les deux lacs allongés, la vallée et son relief ondulé.
L’agriculture occupe encore une place importante et vous remarquerez
les terres perpendiculaires aux lacs de même que la dispersion des
habitations. Les rives des lacs étant très recherchées pour la
villégiature, les rives du lac Saint-Mathieu sont densément
occupées. Verrez-vous l’île ?
Le village perché de
Saint-Mathieu-de-Rioux et son église
Le Petit lac Saint-Mathieu et
le lac Saint-Mathieu
Les crêtes rocheuses
La ligne de transport
d’énergie
La faune aviaire
Le patrimoine bâti et la
villégiature
La profondeur du point de vue
dans la vallée
Doc 2015A.
Un club critiqué
Le Club Appalaches est un club privé de chasse et de pêche dont le
territoire inclut le Lac-Boisbouscache et les terres de la Couronne
qui comprennent une partie du rang 6 de Saint-Mathieu-de-Rioux et
qui appartenaient autrefois à la seigneurie Nicolas-Rioux. Les
membres y possèdent encore des droits exclusifs de chasse et de
pêche.
Le 22 décembre 2015, Jean-Jacques Vien, autrefois notaire à
Trois-Pistoles, signe un article sur le sujet dans
L’Avantage, un
hebdomadaire de Rimouski. Le titre de l’article est
Club Appalaches et le Moyen Âge. Voici le texte de cet article :
« Il y a mille ans, la civilisation européenne vivait l’époque du
Moyen Âge : l’aristocratie détenait des droits seigneuriaux, la
bourgeoisie profitait de privilèges et le peuple devait se contenter
de miettes lui permettant d’accomplir sa mission de serviteur…
En 2015 dans les Basques, une région très ÉLOIGNÉE, la modernité
tarde ; l’opération DÉCLUBAGE de 1978 n’est pas encore arrivée dans
notre forêt publique : Club Appalaches y détient des droits
exclusifs de chasse et de pêche, reconnus en 1999 par l’honorable
René Letarte, juge de la Cour d’appel du Québec, qui en même temps,
a reconnu le droit de circuler pour les citoyens ordinaires… encore
des miettes ?
Depuis 1956, Club Appalaches a construit, installé, rénové et
agrandi une trentaine de chalets, et a aussi ouvert et prolongé des
kilomètres de chemin dans notre forêt publique, tout cela sans bail
ni autorisation du Ministère ; l’honorable Jean-Roch Landry de la
Cour supérieure du Québec, dans un jugement de 1998 leur a reconnu
des droits « de superficie » pour un MAXIMUM de 8 camps ou chalets :
certains fonctionnaires endormis n’ont pas lu la page 26 de ce
jugement ni le plan annexé en I-9 ; donc, cette occupation illégale
de notre forêt publique va persister.
En 2016, peut-on espérer que Jean D’Amour, député-ministre
responsable de notre région éloignée, nous sorte du Moyen Âge en
initiant une procédure d’expropriation de ces droits exclusifs ?
Avec l’aide de son collègue, le Notaire Laurent Lessard, ministre
des Forêts, de la Faune et des Parcs, il faudrait au moins ouvrir
les yeux de certains fonctionnaires inertes, car si ces
fonctionnaires continuent à pratiquer l’aveuglement volontaire et
que ces ministres continuent à faire la sourde oreille, on n’est pas
sorti du … Moyen Âge. » (Fin du texte cité)
Se peut-il que les membres du Club dont l’existence remonte à 1910
aient pu oser bafouer ainsi la décision du tribunal ? Si M. Vien dit
vrai et je préfère ne pas en douter, il y a là un problème de deux
poids deux mesures à corriger.
Quand j’étais jeune autour des années 1950, j’ai souvent eu
l’occasion d’entrer en contact avec des membres du Club puisque nous
demeurions à peu près à un kilomètre de la barrière et que la route
du rang 6 passait à côté de notre maison sur la terre de mon père.
Ces touristes venaient de la région de Sherbrooke et la plupart
parlaient anglais. Ils étaient très gentils. Ils achetaient du lait,
de la crème, des œufs et parfois de petites choses d’usage courant
qu’ils avaient oublié d’apporter. Ils achetaient surtout des vers de
terre que nous piochions pour un sou le ver. Un jour, l’un d’eux qui
était médecin a examiné une de mes sœurs qui était malade sans
exiger de frais.
Malheureusement pour nous, ces touristes venaient dans notre
« cour » pour capturer nos poissons et notre gibier. Je n’ai jamais
pu franchir la barrière, même si nous passions devant elle pour
aller sur la terre de mon père au rang 6.
Doc 2015B.
Prestations exceptionnelles
En 2015, Saint-Mathieu-de-Rioux a accueilli le concours
Trois-Pistoles en chansons du 10 au 12 juillet et du 17 au 19
juillet. Voici un texte d’Adeline Mantyk publié le 27 juillet 2015
dans le journal L’Avantage :
« Après deux longues fins de semaine enchaînant 10 spectacles, les
organisateurs du concours qui a eu lieu cette année au camping KOA
Bas-Saint-Laurent, se disent ravis de cette 9e édition de
Trois-Pistoles en chansons.
Le conseil d’administration et le directeur Éric Côté sont fiers
d’avoir enregistré des salles combles pour les six spectacles en
soirée. Selon les organisateurs, les quatre spectacles en après-midi
ont connu davantage de succès que par le passé, compte tenu de la
possibilité d’assister au spectacle en plein air sur la terrasse.
Lors des quatre grandes finales, certains spectateurs étaient sans
mot devant la qualité exceptionnelle des prestations des finalistes
: « On se croirait en direct de l’émission
La Voix, de dire plusieurs
spectateurs, même en plus beau car nous découvrons des artistes de
15 ans et moins tout à fait extraordinaires », rapporte M. Côté. «
Ils ont découvert 134 talents incroyables que le monde artistique ne
connaît pas encore ». Les membres du jury ont qualifié certains
finalistes de professionnels.
Cette année, pas de gagnants de la région que dessert
L'Avantage, mais Danyka Richard de Rimouski, dans la catégorie
Frimousse 12 ans et moins, a récolté le Prix Camp musical de
Saint-Alexandre.
Un nouveau site bien adapté
La nouvelle salle de spectacles et le nouveau site où est présenté
Trois-Pistoles en chansons
semblent faire l’unanimité. Selon les candidats et leur famille, le
site du Camping KOA Bas-Saint-Laurent est une station balnéaire
extraordinaire et se prête à merveille à ce genre d’événements. « Il
est beaucoup plus facile de socialiser entre artistes car le site
est vraiment familial, estival et festif », de rapporter le
directeur. Les organisateurs souhaitent donc réitérer l’expérience
du concours sur le site du camping l’année prochaine.
Deux points négatifs corrigés
Les membres du comité organisateur sont à l’écoute des commentaires
et les deux points majeurs négatifs qui étaient mentionnés à chaque
édition ont pu être résolus cette année. Le son de la salle
multifonctionnelle du camping KOA Bas Saint-Laurent était, selon les
artistes et les spectateurs présents, d’une qualité exceptionnelle
et la partie terrasse a apporté un vent de fraîcheur. » (Fin du
texte cité)
Pour une 2e année consécutive,
Trois-Pistoles en chansons
se déroulera à la salle multifonctionnelle du Camping KOA Bas
Saint-Laurent à Saint-Mathieu-de-Rioux. Les 9 et 10 avril 2016, on a
sélectionné 116 demi-finalistes qui participeront au concours du 8
au 10 juillet et du 15 au 17 juillet. Ce sera la 10e
année de Trois-Pistoles en
chansons.
Doc 2015C.
Un auteur de la paroisse
Fernand Thibault, natif de Saint-Mathieu, a écrit un livre de 596
pages sur les Thibault. Voici son texte de présentation :
Vers 1800, il n'y avait plus aucune terre de disponible pour les
jeunes qui désiraient s'y établir. Hilarion Thibault, comme tous les
jeunes de L'Islet, est venu s'établir à Saint-Simon. En moins de
vingt ans, la seigneurie Nicolas Rioux dut ouvrir les rangs de
Saint-Simon et de Saint-Fabien à l'agriculture.
Les jeunes de la région de L'Islet-Montmagny affluèrent en grand
nombre et, encore aujourd'hui, vous y trouvez les mêmes patronymes,
les mêmes expressions et patois.
Une fière descendance de défricheurs qui ont bâti notre pays. Un
peuple laborieux qui nous a laissé le Québec d'aujourd'hui.
Soyons reconnaissants envers eux. »
Doc 2015D.
Légendes ou vérités
Dans l’histoire d’une paroisse, il se passe des événements qui
parfois se transforment en légendes. Il est difficile d’y retrouver
la part de vérité. Voici quelques légendes de cette nature :
Dans son premier rapport annuel en 1867, le premier curé de la
paroisse, l’abbé Antoine Chouinard écrit :
« Ce non accord du curé de l'Isle-Verte et du curé de Saint-Simon
(au sujet de l’emplacement du site de la chapelle) créa une
division. Deux croix avaient été plantées par les deux délégués et
les partisans des deux sites les défendaient de leur mieux.
La croix plantée sur le terrain d'Élie Dionne fut arrachée par un
nommé Stanislas Roy dit Lauzier, lequel mourut bien misérablement
d'un coup de pied dans l'abdomen dans une rixe. La croix plantée à
l'endroit actuel fut arrachée par Henri Lagacé, lequel eut la main
brisée par un crochet de fer. Toutes ces intrigues se passaient dans
l'automne de 1860. » (En réalité, c’est en 1859.)
Ma mère nous a raconté le fait suivant : Un bon dimanche, le curé de
la paroisse déplorait que certaines personnes devaient entendre la
messe debout derrière l’église parce qu’elles n’avaient pas de banc
dans l’église ou encore que le nombre de places était insuffisant
pour la famille. Le curé demandait aux chefs de famille qui avaient
des places libres d’inviter les personnes debout dans leur banc.
Après la messe, sur le perron de l’église, Monsieur Joseph (nom
fictif) a indiqué à ses connaissances qu’il poserait son bras droit
pour que personne ne vienne occuper la place disponible. Au cours de
la semaine, Monsieur Joseph perdit son bras droit dans un accident
de travail dans un moulin à scie.
Vers 1950, Émile Lagacé qui demeurait non loin de l’école du
faubourg du Moulin a décidé de faire transporter sa maison au
village. Cela se fit au début du printemps. La maison devait passer
sur le Petit lac Saint-Mathieu. Parvenue sur la rive nord du lac, la
maison commença à s’enfoncer légèrement et stagna. Il semblait
impossible de la bouger. Alors, on fit venir le curé de la paroisse,
l’abbé Alfred Bérubé. Celui-ci leur dit de solidifier les chaînes et
de tenter un dernier effort. La maison sortit de sa fâcheuse
position et atteignit la terre ferme.
En 1966, un avant-midi de juillet, la maison de Jean-Pierre Devost
en haut de la paroisse prend en feu. Les pompiers volontaires s’y
rendent. Ils ne réussissent pas à maîtriser l’incendie. Le vent
souffle vers l’est. La grange, tout proche, est en danger. On fait
venir le curé, l’abbé Gérard Cayouette. Dès son arrivée sur les
lieux, le vent tourne si bien que la grange est épargnée.
J’invite les habitants actuels de Saint-Mathieu et les anciens de la
paroisse à me faire parvenir un court récit d’événements spéciaux
qu’ils ont vécu ou de légendes qu’ils ont entendues raconter. Ces
récits pourront éventuellement être publiés dans ce blogue.
Doc 2015E.
Hommage à Mathieu Dionne
Fernand Thibault m’a fait parvenir ce texte sous le titre :
Son désir de voler était si grand qu'on croyait lui voir pousser des
ailes. Fernand a passé 30 ans au service d’Air Canada et a
toujours été impressionné par la passion de Mathieu Dionne pour
l’aviation. Aussi, c’est de lui qu’il parle dans son texte parce
que, dit-il, « il a été une inspiration pour moi durant toute ma
vie. Je le voyais, quand j'étais jeune, juché sur le faîte de la
grange regarder au loin et plus tard j'ai eu l'occasion de le
rencontrer fréquemment dans les trois aéroports où j'ai travaillé …
Tout n'est pas vrai et précis, mais tout contient une part de vérité
romancée ».
Mathieu Dionne est le fils d’Edmond Dionne et de Valentine Jean.
Fernand Thibault, qui était de 10 ans plus jeune que Mathieu, a vécu
son enfance au Sud du lac, étant voisin de la famille Dionne. Voici
ce texte :
Enfant rêveur, juché sur sa montagne, regardant le profond lointain,
fleurant l'horizon doré du soleil levant, il songeait déjà à
accompagner les oiseaux dans leurs jeux naïfs, instinctifs, lui,
dans un monoplace, offrant ses ailes à ses amis du ciel. Il les
percevait, du coin de l'œil, sur les ailerons se laisser emporter au
gré du vent invitant. Il les distinguait devant son pare-brise ; il
le dirigeait vers des sommets jamais atteints.
Émergé de l'onde imaginaire, il retourna à la maison car, si l'âme
se nourrit de rêves, le corps, lui, a besoin de matière solide pour
assurer sa croissance. « Je reviendrai vous voir demain. »
« D'où viens-tu, mon grand ? Je ne t'ai pas vu depuis des heures. »
« J'étais sur la montagne, je me rapprochais des oiseaux, des nuages
et du ciel. »
« Ton désir de voler est si grand, dit sa maman, qu'on croirait te
voir pousser des ailes ! »
L'adolescence passa et il fut admis à l'école de pilotage. Il
s'appliqua à mémoriser toutes les lois : celles des vents, de la
pluie, des orages, de la foudre, des tempêtes, de la bruine, des
nuages, de l'altitude, de la puissance de l'air et des vents. Il
apprit les manœuvres de pilotage : le déploiement des ailerons, le
maniement du gouvernail, le contrôle de la vitesse. La lecture des
cadrans pleins d'aiguilles, une pour l'essence, l'autre pour
l'altitude, l'autre pour la vitesse des vents, etc.
Il devait se conformer à tous ces exercices, toutes ces leçons
obligatoires, et, toute sa vie retourner sur les bancs de l'école
pour se tenir au fait de toutes ces nouveautés que la science
offrirait aux gens de l'air. Mais, il voulait voler. « Patience !
lui disait le professeur, tout vient à temps à qui sait attendre. »
Un jour, l'instructeur, de sa main autoritaire, lui indiqua le siège
à ses côtés : « Le temps est maintenant venu, dit-il ! Nous ferons
des heures d'exercice pendant lesquelles je vais t'enseigner tous
les secrets de la navigation et du pilotage. » Mathieu était heureux
maintenant, il planait dans ce cerf-volant libre de ses mouvements,
sans ficelle pour entraver sa liberté.
Lorsque Mathieu eût maîtrisé toutes ces fonctions, son instructeur
lui dit : « Ce matin, tu prends les commandes, le temps est
maintenant venu. » Mathieu attendait ce moment depuis longtemps et
c'est avec beaucoup de fébrilité et de fierté qu'il prit place sur
le siège de gauche. Toutefois, avant tout, le pilote responsable de
son appareil en tout temps, en tout lieu, doit effectuer une
inspection complète de son aéronef. Lorsque tout lui semble parfait,
il peut se mettre aux commandes.
Le moteur démarra, tourna lentement pour se réchauffer. Les
commandes furent vérifiées tour à tour. Lorsque l'aiguille indiqua
que la température du moteur était normale, il relâcha les freins.
« Oh ! petite erreur, dit l'instructeur, arrête tout de suite,
établit les communications avec la tour de contrôle et suis les
instructions. » Le biplace s'avança au bout de la piste indiquée et
lorsqu'il en eut la permission, Mathieu aligna l'appareil au centre
de la piste, tira la manette plein gaz et lorsqu'il atteignit la
vitesse requise, il tira le bâton et les ailes soulevèrent le corps
de cet oiseau mécanique qui volait vers la liberté des grands
espaces.
Quelque temps plus tard, Mathieu obtint son brevet de pilotage. Le
cœur rempli de joie, de fierté, d'orgueil, il effectua son premier
vol solo. Dès qu'il économisait quelques sous, il retournait à
l'école et effectuait un autre vol d'entrainement. Lorsqu'il fut sûr
de ses aptitudes, il vint montrer à ses parents et à tout le monde
de la paroisse (Saint-Mathieu-de-Rioux) que ses rêves étaient
devenus réalité. Fébrile, lorsqu'il se libéra de l'emprise du sol,
il lança l'aéronef vers des sommets qu'il n'avait jamais atteints,
suivant cette route invisible que lui indiquait la boussole. Ici,
sous la voûte des cieux, seul le soleil guide le pilote dans
l'univers azur des espaces sans fin.
Au loin, Mathieu aperçut une grande surface blanche dont il
reconnaissait les contours, son village, son lac. Ces petits points
noirs devaient être son père et ses chevaux qui l'attendaient après
avoir préparé une piste d'atterrissage improvisée sur la glace. À
mesure qu'il s'approchait, il ajustait les réglages, alignait
l'appareil dans le vent, ajustait sa pente, sa vitesse, il
contrôlait le navigateur pour dompter les caprices du vent ; les
roues touchèrent le sol. Or, c'était la première fois qu'il
atterrissait sur la surface glacée du lac qui avait été son terrain
de jeu depuis son enfance. Des bourrasques inattendues lui firent
perdre le contrôle de l'appareil qui glissa dans la neige et piqua
du nez.
Avec l'aide d'un mécanicien qui vint de l'école de pilotage avec une
hélice neuve, les deux téméraires repartirent bientôt et, Mathieu,
en parfait synchro avec son ami, put enfin effectuer quelques
tonneaux afin d'épater de ses prouesses la population du village
assemblée devant l'église pour accueillir son héros.
« Pauvre petit, heureusement que je ne le vois pas toujours
effectuer ses prouesses, il me ferait mourir d'angoisse », dit sa
mère.
Doc 2015F.
Famille de Fernand Thibault
Fernand Thibault, natif de Saint-Mathieu-de-Rioux, est le fils de
Donat Thibault et d’Yvette Rioux. Il a eu l’amabilité de m’expédier
un texte concernant la petite histoire de sa famille. Je le
reproduis avec plaisir :
« Je suis né le 21 janvier 1938, dans la chambre au sud-ouest de la
maison d’Edmond Jean et d’Alexina Fournier. Le bon docteur Catellier
me mit au monde sain et sauf. En cet hiver-là, mes parents avaient
partagé la maison d’Edmond qui était parti avec mon père travailler
dans les chantiers. Au printemps, la petite maison blanche voisine ―
située entre la boucherie d’Arthur Fournier et la maison d’Edmond
Jean ― devint libre et mon père s’empressa de la louer. Comme nous
le verrons plus loin, nous y demeurâmes jusqu’en mars 1941. Cette
propriété fut vendue à Augustin Thibault ― père de Roland ― qui y
éleva sa famille et y mourut à un âge avancé.
Mes ancêtres pionniers de Saint-Simon
Mon premier ancêtre en la seigneurie Nicolas Rioux fut Hilarion et
Marthe Lefebvre-Boulanger, sa femme. Ce pionnier, venu de L’Islet en
1805, s’établit sur une terre située à environ un kilomètre à l’est
de la route de Saint-Mathieu sur la route 132. Cette terre est à
l’intersection de la voie ferrée et de la route 132 qu’on appelle «
la traverse ». Plus tard, en 1818, il acheta une autre terre à la
limite de Saint-Fabien, de Grégoire Bélanger, qu’il divisa en deux
pour en céder les moitiés à ses fils François et Pierre-Chrysologue.
Ces terres demeurèrent en la possession des Thibault durant trois
générations. Mon arrière-grand-père y est né.
L’ouverture du deuxième rang à la colonisation
Lorsque les seigneuresses Drapeau ouvrirent le deuxième rang à la
colonisation, Hilarion et son fils François obtinrent chacun une
censive de 10 arpents de front sur 30 de profondeur, partant de la
terre de Pierre Bélanger ― à noter que depuis deux siècles, cette
terre est toujours en la possession de Bélanger, descendants de
Pierre ― allant vers l’est, en d’autres mots, jusqu’aux terres des
frères Jean environ, du côté est de l’ancien chemin pour se rendre à
Saint-Mathieu qui débouchait à la beurrerie de Gérard Belzile, ou de
son père avant lui. Ce sont donc mes ancêtres qui ont commencé le
défrichement de presque la moitié du deuxième rang de Saint-Simon.
Un des fils d’Hilarion, Denis, à qui son père avait cédé un lot de
deux arpents de front sur trente de profondeur sur son fief de 10
arpents de front, vendit celle-ci à un de ses frères et acheta une
terre située à environ huit arpents à l’ouest du village ― très
difficile d’évaluer aujourd’hui où commençait le village en 1830 ou
1840 ―.
L’arrivée de François-Xavier Thibault dans la nouvelle paroisse de
Saint-Mathieu
Mon arrière arrière-grand-père Jean-Baptiste acheta deux terres de
trois arpents de front situées entre Séverin Dubé et François
Létourneau dans le bas de la paroisse, ― maintenant la terre no 28
au cadastre de Saint-Mathieu ― l’une possédait des bâtisses et il la
céda à son fils François-Xavier qui épousait alors Zélie Caron. Il
céda l’autre à un autre fils Ferdinand, mais il semble que ce
dernier ne l’ait jamais habitée car il demeurait sur la terre no 39
au cadastre de Saint-Mathieu avant de devenir quincaillier et
ensuite d’émigrer aux États.
Mon grand-père Jean-Baptiste est né sur cette terre no 28, il y
demeura jusqu’au temps où la famille émigra à Fall River aux États.
Il avait environ 15 ans, c’était au printemps 1895 ou 1896. Le
séjour ne fut pas long car François-Xavier revint avec sa famille au
printemps 1900, alors que sa femme était décédée d’un cancer du sein
en 1898 à l’âge de 46 ans. Il acheta la terre no 329 au cadastre de
Saint-Simon dans le deuxième rang juste après la courbe en haut de
la colline.
Mariage de mon grand-père Jean-Baptiste
Le 18 mai 1909, mon grand-père Jean-Baptiste épousa Alice Bélanger,
fille d’Antoine Bélanger et d’Émilia Desjardins de Saint-Mathieu. Le
couple s’installa à Montréal car Jean-Baptiste, devenu bilingue,
travaillait aux Ateliers Angus du Pacifique Canadien. Lorsque la
guerre de 1914/1918 fut déclarée, Jean-Baptiste, ne voulant pas
aller se battre en Europe, acheta la terre no 326/328 longeant
l’ancienne route entre le 2e rang et le village de
Saint-Mathieu. En 1937, mon père Donat épousa Yvette Rioux, petite
fille de son rang et vint s’établir à Saint-Mathieu. Son premier
emploi fut à la manufacture de boîtes à beurre des Dionne & Dionne,
dont Réal était un des propriétaires avec son frère Onésime.
Le retour à la terre
C’est en mars 1941 que Donat acheta de Jean-Baptiste Jean une petite
terre au 4e rang, partie sud du lac, située entre Edmond
Dionne et Georges Rousseau. Ce n’était pas une terre, c’était des
flancs de montagne. Il n’y avait pas plus de cinq ou six arpents en
superficie qui était cultivable avec des instruments aratoires tirés
par les chevaux. Les vaillants défricheurs avaient défriché des
côtes où même les vaches avaient peine à se tenir debout ; parfois,
on les voyait à genoux pour brouter. Bien sûr, il était possible de
cultiver ces montagnes au pic et à la pelle, à la faucille et au
râteau de bois, mais depuis l’avènement de la mécanisation agricole,
toutes ces terres sont retournées à la forêt. Mon père qui voulait
augmenter son troupeau s’empressa de faire l’achat de lopins de
terre au sud du lac, près du ruisseau froid. Plus tard, il fit
l’achat d’une terre de Romuald Jean, voisine d’Edmond Dionne, côté
ouest. Cette terre a sûrement déjà été habitée car elle possédait
encore une bonne grange. Dès qu’on avait franchi la première côte,
on y trouvait de grands champs cultivables ; elle devait compter une
quinzaine d’arpents en valeur.
La ruée vers l’Abitibi
Au printemps 1951, Donat accompagna ses amis Omer, Réal et Mathieu
Ouellet en Abitibi dans l’idée d’acquérir une belle terre selon la
propagande du gouvernement et le désir de tout bon habitant. Omer et
Réal achetèrent des terres près d’Amos qu’ils n’ont presque jamais
cultivées car ils étaient tous deux menuisiers et le travail ne
manquait pas. Mon père et Mathieu n’avaient pas mordu à l’hameçon.
Ils s’arrêtèrent donc à Beaumont sur le chemin du retour où, avec
l’aide de l’agent des terres, ils trouvèrent tous les deux une très
belle ferme à leur goût. En 1951, les agents des terres existaient
encore comme au temps de la colonisation. Il s’agissait de Josaphat
Morency, ancien maire et l’homme de Duplessis dans la paroisse.
Monsieur Morency avait épousé une dame Rioux de Saint-Simon, petite
cousine de ma mère. C’est la raison pourquoi mon père était allé le
rencontrer.
Nous avons déménagé le 18 juin 1951 après avoir tout vendu à
l’encan. Quant aux terres, elles furent vendues en partie à Edmond
Dionne, Gérard Gagnon et Philippe Ouellet. La maison fut acquise par
Adrien Saindon qui utilisa les matériaux pour agrandir la forge.
Voilà qui complète la vie de ma famille à Saint-Mathieu. Mais soyez
assurés que même s’il est possible d’éloigner quelqu’un de ses
racines, il est autrement plus difficile d’en déraciner son esprit.
Mathéen un jour, Mathéen toujours. » (Fin du texte cité)
Doc 2015G.
Quatre sœurs Dionne centenaires
Les annales de Saint-Mathieu-de-Rioux peuvent se glorifier d’un
exploit exceptionnel. Quatre sœurs natives de cette paroisse ont
atteint et dépassé le seuil de 100 ans. Vous avez bien lu : quatre
filles d’une même famille. Fernand Dionne, le neveu de ces femmes,
m’a aimablement transmis un texte où il présente les quatre
centenaires. Voici ce texte écrit le 1er
septembre 2010 :
« Chacun se souvient de l’immense impact médiatique soulevé par la
naissance et la vie des célèbres jumelles DIONNE.
Aujourd’hui, notre grande famille mérite qu’on s’attarde à un autre
événement exceptionnel alors que quatre sœurs Dionne ont atteint
l’âge de cent ans.
Ces sœurs sont de la famille d’Ernest Dionne (1870-1947) et d’Odila
Vaillancourt (1873-1951) de Saint-Mathieu-de-Rioux dans la MRC des
Basques ; cette famille de huit garçons et huit filles s’est
illustrée par la mise sur pied de nombreuses industries et commerces
qui ont assuré le développement de cette paroisse rurale.
Je vous présente ces quatre sœurs :
CLAIRINA, mariée à Émile Gauvin de Saint-Simon et
mère de 13 enfants. Elle est née le 6 janvier 1893 et décédée le 30
mars 1997 à l’âge de 104 ans.
LÉDA, épouse en premières noces d’Amédée Plourde
qui est décédé en 1918 de la grippe espagnole, à l’âge de 27 ans et
laissant deux enfants. Avec Alphonse Bérubé, son deuxième mari, elle
a eu sept enfants. Elle a œuvré plusieurs années dans les
entreprises de son père avant de s’établir sur une ferme à Cacouna
au début de son deuxième mariage.
Elle est née le 3 avril 1895 et elle est décédée le 20 mai 2004 à
l’âge de 109 ans.
VALENTINE, épouse de Magloire D’Anjou (comptable de
l’entreprise Dionne & Dionne) et mère de quatre enfants ; elle a
travaillé de nombreuses années dans les entreprises de son père.
Elle est née le 1er mars 1909 et elle a maintenant l’âge
de 101 ans.
[2015]
Sr JEANNE DIONNE est membre de la Congrégation des Sœurs de la
Providence et elle a célébré l’an dernier ses 75 ans de vie
religieuse. Après ses études en sciences infirmières et plusieurs
formations spécialisées en cours de carrière, Sr. Jeanne a œuvré
dans de nombreux postes de responsabilités dans plusieurs hôpitaux
du Québec à titre de directrice de la pédiatrie ou de directrice du
nursing.
Son centenaire a été célébré avec faste (chants, musique et
hommages) en présence de plus de soixante neveux, nièces et
conjoints et plusieurs de ses compagnes de communauté qui lui ont
témoigné leur affection et leur fierté.
Sr Jeanne est née le 6 juillet 1910. Son centenaire a été célébré le
jour de sa fête, soit le 6 juillet 2010.
Ces quatre sœurs Dionne centenaires font partie de ces femmes
pionnières qui ont contribué par leur dévouement, leur engagement et
leur fierté à assurer notre survivance collective.
Il nous incombe de profiter de cet événement pour leur signifier à
elles et à toutes les femmes de leur génération notre reconnaissance
et notre attachement aux valeurs qu’elles nous ont transmises. »
(Fin du texte cité)
Note 1. Valentine est décédée le 30 mars 2012 à l’âge de 103 ans. Sr
Jeanne est encore vivante et elle fêtera ses 105 ans le 6 juillet
2015. Souhaitons qu’elle batte le record de sa sœur Léda qui est
décédée à 109 ans.
Note 2. « Amédée Plourde avait une petite ferme à Sayabec. Dès son
décès, mon grand-père Ernest a envoyé son fils Félix et sa fille
Alice s’occuper de la ferme et des funérailles. Félix avait le
mandat de vendre la ferme et de ramener la petite famille à
Saint-Mathieu. Ils avaient deux très jeunes enfants. Deux mois plus
tard, ils étaient tous de retour et hébergés chez mon grand-père. »
(Fernand Dionne)
Doc 2015H.
Un innovateur : Marc Jean
Marc Jean est né à Saint-Mathieu-de-Rioux. Il est actuellement de
retour dans son village natal. Après avoir réparé des instruments à
vent pendant plus de 30 ans, il a conçu des ligatures pour
différents instruments de musique comme les clarinettes et les
saxophones. S’ajoute aussi un modèle de barillet de clarinette
fabriqué à partir de panache d’orignal.
Ses ligatures sont les plus performantes sur le marché international
et sont l’objet d’un brevet aux États-Unis. « Créée sur le principe
d'une anche de hautbois, la ligature
Marc Jean libère les
harmoniques comme aucune autre. Elle est maintenant la ligature
préférée d'une dizaine de fabricants de becs parmi les meilleurs au
monde et de très nombreux musiciens de tous les niveaux. Plus de 2
700 ligatures Marc Jean
ont été vendues dans plus de 37 pays à ce jour, la grande majorité
ayant été expédiée directement à des musiciens. »
« Les Ligatures Marc Jean
facilitent substantiellement l'exécution de toutes les notes de tous
les registres même pendant de longues périodes d'utilisation. Le son
ainsi généré est plus propre, plus ouvert, avec plus d'harmoniques
tout en libérant toutes les caractéristiques de votre bec. Plusieurs
disent que les accents et nuances sont améliorés d'au moins 15 %.
Même les attaques sont 15 % plus rapides. »
En cette fin d’année 2014, je suis fier de souligner les mérites de
cet homme qui a créé une véritable petite entreprise et qui est
considéré parmi les deux meilleurs au monde dans la fabrication de
ligatures. Un fleuron pour Saint-Mathieu-de-Rioux.
Doc 2016A.
Lancement officiel des festivités
Le 5 février 2016, Guy Caron, le député fédéral de la
circonscription Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, a fait
une déclaration à la Chambre des communes pour souligner le
lancement officiel des festivités du 150e
anniversaire de la municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux. Voici
cette déclaration :
« Il y aura célébration d'un 150e anniversaire dans ma
circonscription, (qui commencera) dès la semaine prochaine, celui de
la très belle municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux, dans la MRC
des Basques.
Saint-Mathieu-de-Rioux est un petit joyau dans la circonscription
que j'ai l'honneur et le privilège de représenter. Le lac
Saint-Mathieu, d'une très grande beauté, est encore l'un des secrets
les mieux gardés au Québec. Et le camping KOA Bas-Saint-Laurent est
le seul classé 5 étoiles dans l'Est-du-Québec.
Monsieur le Président, je serai présent le samedi 13 février pour la
soirée d'ouverture de cette année bien spéciale, qui verra la tenue
de 36 événements tout au long de l'année. Il y aura bien sûr des
soupers et soirées dansantes, mais aussi des expositions, des
visites guidées, un défilé !
Il me fait plaisir de vous inviter à goûter l'hospitalité des
Mathéens et des Mathéennes au cours de cette année très spéciale. »
Doc 2016B.
Festivités du 150e anniversaire
Saint-Mathieu-de-Rioux s’apprête à célébrer son 150e
anniversaire de façon grandiose. Le comité organisateur vient de
dévoiler le programme des activités pour l’année 2016. On y retrouve
36 activités réparties de février jusqu’à novembre.
La première activité est prévue pour le 13 février.
C’est le souper d’ouverture à la salle municipale. Le tout sera
suivi d’une soirée dansante avec animation.
Des invitations avec copie du programme des
festivités ont été expédiées aux gens qui ont un lien avec la
paroisse et dont l’adresse postale était connue. Détail qui montre
l’envergure que les organisateurs ont voulu donner à l’événement :
le timbre est oblitéré avec la mention Postes Canada
Saint-Mathieu-de-Rioux 150e
anniversaire.
Dans son message de présentation, le comité
organisateur écrit : « Comme il nous est impossible de rejoindre
tout le monde, nous vous demandons de transmettre cette invitation
aux membres de votre famille : frères, sœurs, enfants, ainsi qu’à
vos amis, car c’est toujours agréable de partager les bons moments
avec ceux que nous aimons. »
À la fin du message de présentation du comité organisateur, on peut
lire : « Saint-Mathieu-de-Rioux remercie le passé, salue le présent
… et sourit à l’avenir. »
Doc 2016C.
Chant du 150e anniversaire
Cette année, Saint-Mathieu-de-Rioux fête son 150e
anniversaire. Un chant de ralliement a été composé pour l’occasion.
Le voici :
Air : La valse de l’Isle-aux-Coudres
Musique : Céline Neault
Paroles : Marjolaine Bernier, inspirées du chant de bienvenue de
l’Âge d’Or
Refrain
Cent cinquante ans à Saint-Mathieu,
Festivités dans notr’milieu.
Amis, amis, chantons ensemble,
Rions, chantons, amusons-nous.
Amis, amis, chantons ensemble,
Toujours tournés vers l’avenir!
Couplets
1. Aujourd’hui, pour nous, il y a fête,
Venez, venez nous visiter.
Faisons place à nos retrouvailles,
À tous, cordiales amitiés.
2. Notre village est en liesse,
Très fier de tous vous recevoir.
Il vous dit sa viv’allégresse,
En pensant à nos défricheurs.
3. Fièr’ment Saint-Mathieu vous accueille,
Dans ses murs hospitaliers.
Ouvrant ses bras, il recueille
Les fruits de la fraternité.
Doc 2016D.
Souper du 13 février 2016
Voici un texte d’Amélie Brière, mathéenne d’adoption depuis décembre
2009 :
Le 13 février dernier, j’ai assisté au souper d’ouverture du 150e
anniversaire de Saint-Mathieu-de-Rioux. Au moins 150 personnes
étaient présentes pour ce premier évènement. Les activités se sont
tenues dans la salle municipale de Saint-Mathieu.
À l’arrivée des convives, les Mathéens d’origine - ou d’adoption,
comme moi - recevaient une jolie rose rouge brodée, à mettre à leur
boutonnière. Je l’ai d’ailleurs gardée fièrement. Elle orne
désormais le décolleté de l’un de mes chemisiers ! Cette petite
attention – qui a certes demandé des heures de travail !!! (150
roses rouges… au moins !) – a donné le ton à la soirée. Une soirée
chaleureuse, où l’on se sentait chez soi et en bonne compagnie.
Malgré la fameuse inclinaison dans le plancher de la salle
municipale, les bénévoles ont réussi à installer les tables pour le
souper sans trop de problèmes. À la table d’honneur, juchée sur la
scène, trônaient les doyens de Saint-Mathieu, Jeanne Parent (dit
Madame Théberge) et André Fournier, bien entourés par le maire, Yvon
Ouellet, son épouse et coordonnatrice du comité du 150e
anniversaire de Saint-Mathieu-de-Rioux, Monique Rainville, Bertin
Denis, préfet de la MRC des Basques, de même que le député Guy Caron
et le ministre et député Jean D’Amour.
Si de mon côté j’étais affairée, en début de soirée, à trouver le
caméraman de l’évènement pour lui donner quelques indications, les
bénévoles, eux papillonnaient entre les tables, rectifiaient les
plats pour le souper, accueillaient chaleureusement les gens,
s’assuraient que tout le monde était à sa place et prêt pour débuter
le service. Du côté des convives, ça papotait joyeusement, ça se
donnait l’accolade, ça se retrouvait. Ça échangeait beaucoup ! Les
gens en avaient des choses à se raconter ce soir-là ! Le souper
s’est très bien déroulé. Théry-Bel, un des restaurants populaires de
Trois-Pistoles avait eu le mandat du service de traiteur.
Sans me rappeler l’ordre des évènements, il y a eu tout plein
d’interventions pendant la soirée. La chorale, dirigée par Manon
Dionne et accompagnée par Fernand Beaulieu à la guitare, a entonné,
en début de soirée, le chant du 150e
anniversaire de la paroisse et de la municipalité. C’est Marjolaine
Bernier qui l’a composé. Les gens ont particulièrement apprécié ce
moment.
Comme l’écrivait Charles-Étienne, membre du comité du 150e
: « Félicitations à tous et à toutes pour cette soirée colorée ! [Il
est important de] souligner le travail remarquable de Marjolaine,
Gaston, Monique et Fernand, qui ont su «affronter» la foule et user
du micro comme de véritables animateurs professionnels! » Je
l’appuie dans ses dires.
Organiser des activités comme celle-là, ça demande beaucoup de
temps, de préparation, de structure et surtout de gens. 18 personnes
ont été impliquées de très près dans l’organisation de cette
activité, et ça, c’est sans compter la chorale.
Comme le soulignait Lorraine, aussi membre du comité du 150e :
« Maintenant que la table est mise, continuons de la garnir avec
joie, fierté et confiance ! »
Doc 2016E.
Lancement de la monographie
Dimanche le 24 avril 2016, se tenait le lancement du livre-souvenir
de Saint-Mathieu-de-Rioux au Parc du Mont-Saint-Mathieu. Autour de
200 personnes ont répondu à l’appel. La monographie de 368 pages est
intitulée
Saint-Mathieu-de-Rioux raconte son histoire. À cette occasion,
en tant qu’auteur, j’ai fait une présentation générale du livre.
Pour les personnes qui n’ont pas pu être présentes, voici le texte
de mon exposé :
Nos ancêtres n’ont pas hésité à bâtir une paroisse
à leur image. Ils ont trimé dur pour survivre et laisser à leurs
descendants un coin de pays où il fait bon vivre. Alors qu’au 19e
siècle, la paroisse est essentiellement rurale, elle entre dans
l’ère industrielle au début du 20e siècle avec la mise en
place d’industries, comme Dionne & Dionne. Une cohabitation
pacifique des deux secteurs, agriculture et industrie, permet
d’assurer à la paroisse une certaine prospérité. À la fin du 20e
siècle, grâce à ses lacs et à la beauté de son paysage,
Saint-Mathieu-de-Rioux attire les touristes et devient un important
lieu de villégiature. Le développement touristique et l’apport de la
néoruralité s’intensifient alors pour combler la décroissance de
l’agriculture et des industries.
En 1956, la population de Saint-Mathieu est
d’environ 1200 personnes. Les maisons sont pleines d’enfants. Les
cultivateurs et les journaliers, des hommes à l’époque, consacrent
toute leur énergie à faire vivre leur famille. Aujourd’hui, la
population est un peu plus de la moitié de ce qu’elle était. Depuis
1981, elle se maintient autour de 600 personnes. C’est un constat
rassurant quand on sait que les paroisses de la région subissent des
chutes plus ou moins dramatiques de leur population.
Le livre contient une centaine de textes et une centaine de photos.
De plus, on y retrouve un millier de noms et plus d’un millier de
dates. Le livre couvre les principaux secteurs de développement de
la municipalité. Bien des sujets de l’histoire de la paroisse n’ont
pas été documentés principalement parce qu’ils sont d’ordre
domestique. Nous avons essayé d’en relater certains.
Dans ce contexte, je me permets une suggestion. Pour faciliter la
tâche de ceux ou celles qui voudront écrire à nouveau sur la
paroisse, il serait bon de mettre en place un centre d’archives. On
pourrait y trouver notamment des photos numérisées ou non, des
documents de famille comme les vieux contrats qui risquent d’être
perdus à jamais ou même des archives d’entreprises qui assurent ou
ont assuré le bien-être des Mathéens. Éventuellement, on pourrait
recueillir des articles fabriqués à Saint-Mathieu, comme une boite à
beurre, un coffret d’écolier.
Pour l’écriture du livre, j’ai eu la collaboration de Marjolaine
Bernier qui a fait un travail colossal de recherches et qui a
recueilli des photos. Monique Rainville Ouellet a assuré la révision
linguistique et la critique des textes. Geneviève Thibault a fait la
mise en page et une dernière révision. De plus, je tiens à remercier
ceux et celles qui ont signé des textes.
Nous espérons que cette monographie vous procurera de très beaux
moments. Je ne vous dévoilerai pas le contenu du livre, mais en le
lisant je suis assuré que vous y ressentirez la fierté d’appartenir
d’une façon ou d’une autre à cette paroisse dynamique et fière de
son histoire. » (Fin du texte cité)
Par la suite, j’ai lu un extrait d’un texte intitulé
La santé publique. J’ai dédié ce texte aux médecins de
Trois-Pistoles qui ont assuré en santé un service de proximité et en
particulier à Martin Gamache. Ce dernier, qui était présent, a
visité des malades à Saint-Mathieu pendant de nombreuses années.
Le livre est
composé de 14 chapitres. Les voici :
1. Les premiers pas
2. La paroisse
3. La municipalité
4. Les services à la communauté
5. La commission scolaire
6. Les bâtiments
7. L’agriculture
8. Les commerces et entreprises
9. Le tourisme
10. La santé
11. Les festivités
12. Les personnalités marquantes
13. Souvenirs et anecdotes
14. Éphémérides
Doc 2016F.
Reportage sur la monographie
Le 20 avril 2016, Thérèse Martin du journal L’Avantage de Rimouski a
présenté la monographie de Saint-Mathieu-de-Rioux. Voici son texte :
Les festivités soulignant le 150e anniversaire de
Saint-Mathieu se poursuivent et le lancement de la monographie
Saint-Mathieu-de-Rioux raconte son histoire est un événement
marquant de ces fêtes.
Le volume comprend 368 pages et 115 photographies. La mémoire des gens
de Saint-Mathieu a été mise à contribution, de même que des documents
d’archives de la commission scolaire, de la fabrique et de la
municipalité.
La monographie est disponible au coût de 30 $ et près du quart des
volumes ont déjà été (vendus).
Les fêtes ne font que commencer
Les festivités du 150e anniversaire s’étalent sur plusieurs
mois. Lancées en février dernier, les fêtes sont ponctuées par le
lancement du livre […] en avril puis reprendront en juin, à la
Saint-Jean, pour se poursuivre de façon intense en juillet et en août.
Quelques activités sont également prévues à l’automne.
Les fêtes se dérouleront principalement sous un chapiteau qui sera
installé à l’emplacement de la patinoire, rue du Collège, à la salle
municipale, au parc du Mont-Saint-Mathieu, à la plage municipale et au
golf du parc du Mont-Saint-Mathieu. Un programme varié a été préparé,
comprenant notamment une exposition de photographies anciennes, des
repas et soirées dansantes, expositions d’artisans, de voitures
anciennes, défilé, feux d’artifice, tournoi de golf.
Dans le cadre des activités de la Saint-Jean, le nouveau nom de la plage
municipale sera dévoilé. » (Fin du texte cité)
Doc 2016G.
Festivités de juin à Saint-Mathieu
En 2016, dans le cadre du 150e anniversaire de la paroisse,
deux activités ont déjà eu lieu : le souper d’ouverture le 13 février et
le lancement de la monographie le 24 avril.
Le 24 juin, jour de la Fête nationale, un pique-nique et des activités
familiales se dérouleront à la plage municipale à partir de midi. Un
souper y sera servi. À 19 h, le nouveau nom de la plage municipale sera
dévoilé. Quel sera ce nom ? Faites des paris. Par la suite, on pourra
entendre de la musique québécoise. Le tout sera couronné par le feu de
la Saint-Jean, toujours à la plage municipale.
Doc 2016H.
Festivités de juillet
Juillet 2016 sera le mois le plus important pour souligner le 150e
anniversaire de la paroisse. L’ouverture officielle des fêtes se fera le
22 juillet. Suivra une soirée dansante avec Ghislain Lavoie sous le
chapiteau installé à l’emplacement de la patinoire.
Le 23 juillet à 10 heures, les Mathéens et leurs invités auront droit à
une exposition d’artisans sur le parvis de l’église ou à la salle
municipale. À 13 heures, un concours de tire de chevaux aura lieu sur le
terrain de balle. Après le souper spaghetti à 17 heures 30 sous le
chapiteau, une soirée country avec le Duo Harvey prendra la relève.
Le 24 juillet à 13 heures, l’automobile est à l’honneur avec une
exposition de voitures anciennes sur le parvis de l’église. Suivra à 14
heures, une visite guidée des croix de chemin. À 17 heures 30, il y aura
un souper tournedos sous le chapiteau. La journée se termine avec une
soirée de danses sociales avec Michelle Fournier sous le chapiteau.
Le 29 juillet à 21 heures, se tiendra une soirée rock avec le groupe
Open House sous le chapiteau.
Le 30 juillet à 10 heures, les artisans exposent sur le parvis de
l’église ou à la salle municipale. À partir de 11 heures, des activités
familiales sont prévues autour du chapiteau. À 17 heures 30, un souper
canadien retrouvailles est offert sous le chapiteau. La journée se
termine par une soirée dansante avec Kaven Haché au même endroit.
Le 31 juillet est une journée bien remplie.
◊ 10 heures : Messe au Parc du Mont-Saint-Mathieu ou à l’église
◊ 11 heures 30 : Brunch au Parc du Mont-Saint-Mathieu
◊ 13 heures 30 : Défilé sur la rue Principale
◊ 17 heures 30 : Souper Méchoui sous le chapiteau
◊ 19 heures 30 : Soirée des artistes locaux et tirages avec Émilie Rioux
sous le chapiteau
◊ 21 heures 30 : Feux d’artifice au-dessus du Petit lac Saint-Mathieu.
Pendant le même mois, deux événements auront lieu à Saint-Mathieu : le
festival Le Riverain du 1er au 3 juillet à la plage
municipale et la 10e édition de Trois-Pistoles en chansons du
8 au 10 juillet et du 15 au 17 juillet à la salle communautaire du
camping KOA.
Doc 2016I. Les
festivités continuent
La dernière fin de semaine de juillet a vu une foule de natifs et d’amis
déferler vers Saint-Mathieu-de-Rioux.
Le samedi 30 juillet, l’exposition des artisans et les activités
familiales ont précédé le souper canadien retrouvailles. Plus de 750
convives ont convergé vers le chapiteau installé sur la patinoire. De
nombreuses rencontres souvent très émotives ont eu lieu.
Le dimanche 31 juillet, sous un soleil bienfaisant, une messe présidée
par l’Archevêque de Rimouski attira des centaines de paroissiens et de
touristes au Parc du Mont-Saint-Mathieu. Un brunch suivi. Puis, ce fut
le défilé sur la rue Principale, un défilé haut en couleurs et en
musique. Le souper méchoui montra un service plutôt lent.
Après la soirée des artistes locaux sous le chapiteau, un feu d’artifice
exceptionnel éclaira le Petit lac Saint-Mathieu.
La plupart des activités du 150e sont maintenant du passé. Il
reste encore :
• Le 20 août à 19 h 30, à la salle municipale, une soirée de contes où
trois interprètes, Daniel Projean, Georgette Renaud et Renée Robitaille
seront sur scène. Cinq de mes contes seront interprétés par eux.
• Le 28 août à partir de 10 heures, un tournoi de golf au club de golf
du Parc du Mont-Saint-Mathieu.
• Le 17 septembre à 19 h 30 à la salle municipale, projection du
film Retour au pays d’en bas
avec J.-C. Colbois et Bernard Vachon.
• Le 26 novembre à 19 h 30 à l’église, un concert de Noël et à 22 h, le
réveillon de clôture des festivités qui auront vu passer un nombre
impressionnant d’activités, soit 36.
Doc 2016J.
Conférence de Bernard Vachon
Je reproduis avec plaisir le texte d’une conférence prononcée par
Bernard Vachon le 17 septembre 2016 à Saint-Mathieu-de-Rioux, lors d'une
soirée organisée dans le cadre des Fêtes du 150e
anniversaire de la municipalité.
…………………..
« Évolution de la ruralité à Saint-Mathieu »
Conférence dans le cadre des fêtes du 150e
anniversaire de la
municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux1
17 septembre 2016
Bernard Vachon, Ph.D.
Professeur retraité de l’Université du Québec à
Montréal
Spécialiste en développement local et régional
Résident au Rang 5, Saint-Mathieu-de-Rioux.
____________________________________________________________________
Je voudrais tout d’abord féliciter les membres du Comité organisateur
des Fêtes du 150e et les très nombreux bénévoles qui, depuis
le mois de février dernier, ont offert un programme diversifié
d’activités et d’événements pour souligner en grand cet anniversaire de
la municipalité. Un merci aussi aux organisateurs de cette soirée
spéciale pour leur aimable invitation.
D’entrée de jeu, je veux profiter de ce temps de parole pour vous dire
combien, mon épouse Francine et moi, ainsi que nos trois garçons, sommes
reconnaissants au hasard de la vie de nous avoir conduits dans le rang 5
de Saint-Mathieu-de-Rioux où, un 20 juin 1979, nous avons déposé nos
valises, il y a de cela 37 ans. L’accueil de la population a été des
plus chaleureux et notre projet d’élevage ovin et de remise en état des
terres et des bâtiments de la ferme nouvellement acquise a bénéficié des
conseils et des talents de nombreuses personnes qui sont devenues des
amis. Je salue ici la famille agricole Omer Beaulieu, les menuisiers
Gilbert Jean, Roger Jean, Bill Moore et Gervais Tanguay, l’électricien
et plombier Raynald Vaillancourt, les mécaniciens Jean-Paul et Sabin
Vaillancourt, les garagistes Michel Vaillancourt et avant lui son père.
Les rêves qui nous animaient à notre arrivée se sont pour la plupart
réalisés allant même au-delà de nos vœux.
La communauté de Saint-Mathieu-de-Rioux fête cette année 150 ans
d’histoire. 150 ans qui ne se sont pas écoulés comme un long fleuve
tranquille, des périodes sereines, d’autres troubles ayant marqué son
parcours. C’est ce dont je voudrais vous entretenir ce soir.
1. La phase d’occupation et de développement du territoire
C'est au milieu du XIXe siècle que des hommes, à l'étroit sur le
littoral, entreprennent la conquête du haut-pays et défrichent les
premières terres.
Le premier qui s'aventura dans les concessions de la future paroisse de
Saint-Mathieu fut Michel Jean.
Natif de Saint-Jean-Port-Joli, il était maçon de profession.
Il s'établit d'abord à Trois-Pistoles puis prit possession
d'une terre située à environ huit arpents à l'ouest de l'église
actuelle de Saint-Mathieu.
Dès son arrivée en 1830, il travailla avec acharnement à défricher son
lopin de terre. Il ne
pouvait compter que sur sa famille et trois amérindiens de la nation
Micmac établis déjà en ces lieux : Abraham René, Jeannot René et Isaac
René.
Après trois ans de labeur soutenu, il alla vendre des échantillons de sa
récolte à Trois-Pistoles. On
fut étonné de constater qu'il était possible de vivre à cet endroit et
bientôt d'autres suivirent la trace du pionnier.
Ainsi commença le mouvement de colonisation du territoire qui allait
devenir la paroisse, puis la municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux.
Au sud de Saint-Simon, le site choisi pour ériger le nouveau village est
splendide. On imagine
l'émerveillement des pionniers : deux grands lacs allongés encastrés
dans une vallée radieuse, dominée par un éperon rocheux, site idéal pour
y construire la première église et le noyau de village.
La reconnaissance d'un bon potentiel agricole et la présence d'un
microclimat dû à l’étendue des lacs attirent de nouvelles familles.
La vie s'anime. On
ouvre des rangs, on sème, on bâtit.
Les espoirs sont sans limites.
On est de la race des bâtisseurs de pays, de pays où la vie
rurale est porteuse d'avenir.
Des fermes surgissent ici et là, mais aussi des commerces et les
services nécessaires au bon fonctionnement de la communauté naissante.
Les travaux de la première chapelle débutèrent en février 1861.
La construction alla bon train puisqu'elle fut bénite le 15
juin de la même année.
Durant plus d’un siècle, la petite communauté de Saint-Mathieu allait se
développer sur la base de trois piliers : l’activité agricole et
forestière, l’industrie artisanale, les commerces de proximité et les
services publics à la population.
1.1 La croissance
démographique
Toute cette activité s’accompagna de l’arrivée de
nouvelles familles et la population s’accrut à un bon rythme. Alors que
15 personnes étaient établies dans le rang 3 en 1858, le nombre de
résidents passa à 880 en 1870, puis à 1 333 dix ans plus tard (1880).
Ces chiffres diminuèrent toutefois dans les années suivantes puisque les
statistiques révèlent une population totale de 1 000 habitants en 1887
et de 930 en 1890. Cette décroissance rapide s’explique par le départ de
plusieurs jeunes hommes et jeunes familles vers les États de la
Nouvelle-Angleterre pour y travailler dans les usines, notamment les
filatures.
Un nouveau palier est atteint vers 1950 alors que
la population est de 1 200 habitants. Dans un effort pour garder leurs
enfants dans la paroisse, les pères fractionnent leur propriété en
petites unités. Ainsi, une terre de 10 arpents de front par 30 de
profond sera subdivisée en 2 ou 3. Mais on constate rapidement qu’une
terre de 2 ou 3 arpents de front fait difficilement vivre une famille.
Les sols cultivables apparaissent bientôt surpeuplés, ce qui entraîne un
nouveau mouvement d’exode vers les villes où la croissance industrielle
a grand besoin de main-d’œuvre.
1.2 L’activité agricole et forestière
En 1878, la municipalité compte déjà 90 fermes : 48 sont établies dans
le rang 3, 24 au rang 4 et 12 dans le rang 5. Un faible nombre dans le
rang 6 et au village.
Le nombre maximum de fermes sera atteint en 1891 alors que 122
propriétés agricoles sont enregistrées. Ce nombre passera à 87 en 1921,
à 89 en 1931, à 105 en 1941, à 78 en 1961. Il s’agit de petites fermes
familiales polyvalentes, dont les activités sont principalement tournées
vers la satisfaction des besoins de base de la famille.
Dans les rangs, les fermes se succèdent sans discontinuité ; pas de sols
en friche, les clôtures de perches sont bien alignées et les bords de
chemin soigneusement entretenus.
Les tracteurs ont fait leur apparition dans les champs au cours
des années 50, mais les chevaux sont encore bien présents : on en
comptait 42 dans le seul rang 5.
Les années 1950, c'est la décennie de l'électrification dans les rangs.
L'ampoule vient remplacer la flamme vacillante du fanal.
Quel bonheur d'aller traire les vaches à la lumière électrique.
Un ancien me rappelle : « Avant l’arrivée de l’électricité, on
allait traire les vaches deux seaux d’eau dans les mains et l’anse du
fanal dans la bouche. Les risques d’incendie étaient toujours présents à
l’étable comme à la maison où l’on s’éclairait à la lampe à l’huile ».
Quelques appareils nouveaux font leur entrée dans les foyers pour
alléger les tâches domestiques.
À partir du milieu des années 1950, les incitations à la spécialisation,
l’introduction de la mécanisation, l’adoption de nouvelles méthodes
culturales, (et plus récemment la robotisation de certaines tâches),
accélèrent les phénomènes d’abandon, de regroupement et de
restructuration des fermes. Et les problèmes de relève ne sont pas sans
incidences sur l’évolution de l’activité agricole.
L’activité forestière a connu
une évolution analogue. Pour approvisionner les trois moulins à scie et
les usines de transformation qui se sont implantées sur le territoire de
Saint-Mathieu, les coupes de bois sur les réserves forestières de la
Brown Corporation et la concession forestière accordée à même les terres
publiques de l’ancienne seigneurie Nicolas-Rioux, créaient plusieurs
emplois saisonniers. La disparition des scieries locales et des usines
de transformation, conjuguée à l’introduction progressive des
technologies performantes d’abattage et de débardage, ont contribué à
éliminer la plupart des emplois en forêt. L’usage aujourd’hui des
équipements multifonctionnels explique la disparition presque complète
du métier de bûcheron remplacé par celui de chauffeur de machineries
lourdes sophistiquées appartenant à des entreprises de l’extérieur.
1.3 L’industrie artisanale
L’industrie artisanale est particulièrement florissante à Saint-Mathieu
jusqu’au milieu des années 1960. Cette activité industrielle compte un
moulin à farine à la décharge de la rivière Neigette (Faubourg du
moulin), trois moulins à scie (le dernier au village a été détruit par
un incendie en 1991), une beurrerie2, une usine de boîtes à
beurre3 et de boîtes à pommes, une autre de coffrets
d'écoliers, de chaises, de râteaux à foin, de manches de haches, de
talons de souliers, de pattes de meubles, etc.
Toutes ces activités composaient une économie de production dynamique
(agriculture, foresterie, industrie) qui créait de nombreux emplois
réguliers et saisonniers.
Les familles étaient nombreuses et l'ouvrage ne manquait pas. Bien sûr,
la vie était rude, mais chacun se sentait solidaire de sa communauté et
l'on ne calculait pas les heures passées aux champs ou à l'usine.
On n'était pas riches certes, mais qu'est-ce que la richesse ? Plusieurs
m'ont dit qu'on mangeait bien, qu'on s'amusait fort et que le soir venu
on dormait profondément.
N'est-ce pas là une forme de richesse, cependant très éloignée de nos
critères actuels de consommation et d'accumulation matérielle ?
1.4 Activités commerciales et services à la population
Isolée des centres urbains et des grands circuits nationaux, l'économie
d’autrefois est rurale et locale.
Ainsi en est-il de la vie sociale.
Celle-ci s'écoule dans une forme d'autarcie dont les règles sont
définies sur la base des ressources humaines, naturelles, financières et
techniques du milieu. L'ingéniosité, le talent et la détermination sont
facteurs de progrès et de réussite.
Dans un tel univers, la concurrence qui déstabilise la
rentabilité d'une entreprise ne vient pas de Chine ou du Mexique, mais
d'un village ou d'une petite ville voisine.
L'apogée de la communauté rurale de Saint-Mathieu est atteint au cours
des années 50 alors que la population culmine à quelque 1200 habitants
(elle est d'environ 670 aujourd'hui) et que l’activité économique est
intense.
Au village, noyau multifonctionnel de la communauté, la vie est
trépidante. Pas de centre
d'achats à vingt minutes de voiture. Toute la vitalité de Saint-Mathieu
repose sur sa capacité à offrir du travail et à satisfaire les besoins
de sa population. Durant les
mois paisibles d'hiver, plusieurs vont bûcher dans les chantiers pour
accumuler quelques dollars nécessaires à l'achat d'un équipement de
ferme ou à des travaux de construction. Dans les maisons on organise des
veillées où l’on se rassemble pour danser et chanter.
Vers 1937, un relevé de la population active révèle que la paroisse
compte 5 commerçants, 1 forgeron, 1 ferblantier-plombier, 43 journaliers
(hommes de ferme, menuisiers, charpentiers, etc.), 7 domestiques, qui
s’ajoutent aux 92 cultivateurs.
Au milieu des années 1950, le village compte un magasin général et deux
coopératives à caractère agricole, trois magasins d'alimentation, une
quincaillerie, une bijouterie, une meunerie, un abattoir, deux hôtels,
deux maisons de pension, trois garages avec atelier mécanique, deux
postes d’essence, une cordonnerie-sellerie, un bureau de poste, une
caisse populaire (créée en 1937), deux ateliers de menuiserie, une
forge, et une multitude de petits services établis dans des foyers
privés : couture, coiffure,
tissage... Au centre du
village se dresse une grande écurie où sont gardés les chevaux pendant
que l'on fait ses emplettes ou que l'on assiste à la messe.
Les offices religieux, nombreux et fréquentés assidument par la grande
majorité de la population jusqu’à la fin des années 1970, sont assurés
par un curé et un vicaire qui habitent en résidence au presbytère.
Quant à l’enseignement des jeunes, chaque rang a son école (deux dans le
rang 3) et un couvent tenu par des religieuses ainsi qu’une école sont
implantés au cœur du village. L’ensemble des écoles accueille plus de
300 enfants (la seule école qui dessert aujourd'hui toute la communauté
compte moins de 40 élèves). Suite aux recommandations du rapport Parent
des années 60, les écoles de rang sont abandonnées et les élèves sont
regroupés dans une nouvelle école construite au village. Un service
d’autobus scolaire assure le transport des élèves.
À Saint-Simon, le village voisin sis dans les basses terres du
Saint-Laurent, le train apporte le sucre, la mélasse et autres denrées
que les commerçants achètent en grosse quantité.
La plateforme de la gare est le lien avec le reste du monde.
On y vient pour accueillir des êtres chers ou pour aller visiter
de la famille. Parfois,
c'est pour aller tenter sa chance ailleurs.
La combinaison de toutes ces activités a généré durant plusieurs
décennies une économie de production et de services assurant le
dynamisme et la croissance de la communauté de Saint-Mathieu.
2. Puis survient
la rupture
Dès le début des années 1960 les premiers signes d’effritement et de
déséquilibre se manifestent.
Les frontières de l'économie locale reculent.
Le marché du lait prend une ampleur nationale et de nouvelles
règles de production (quotas) et de conservation sont imposées. Ceux qui
ne peuvent y répondre sont écartés.
La taille des fermes s'agrandit par souci de rentabilité
entraînant la disparition de plusieurs petits producteurs.
En 1962, le gouvernement fédéral accepte l'entreposage du beurre dans
des boîtes de carton. Une
décision fatale pour l'usine des frères Dionne, la plus importante
entreprise de boîtes à beurre au Canada, offrant des dizaines d'emplois
pour la population de Saint-Mathieu. Il était impossible de concurrencer
la boîte de carton, ce qui signifiait la mort de cette entreprise.
Le ramassage et la concentration du lait dans des usines régionales de
transformation entraîne la fermeture de la beurrerie locale et la perte
de ses emplois.
En 1976, on dénombre 25 fermes seulement dans la municipalité, plus que
6 en 1997 et 5 en 2016, soient deux fermes laitières, deux fermes ovines
et un vignoble. À ces entreprises agricoles s’ajoutent 24 producteurs de
sirop d’érable.
Depuis la fin des années 1970, des centaines d’hectares ont été
retournés à la forêt, principalement dans le cadre des programmes
gouvernementaux de reboisement…, avec la bénédiction du ministère de
l’Agriculture, soustrayant d’autant ces superficies à la production
agricole.
Précisons que les 5 fermes actuelles produisent en volume autant, sinon
davantage que la centaine de fermes du début du siècle dernier.
Cependant, du fait de la forte mécanisation, l’agriculture d’aujourd’hui
crée bien peu d’emplois, soit à peine un emploi par ferme, secondé par
un employé à temps partiel.
Le réseau routier s'améliore et l'automobile se généralise, ce qui
contribue à briser l'isolement villageois et à rendre les villes
voisines, Trois-Pistoles, puis Rimouski et Rivière-du-Loup, plus
accessibles. Les commerces locaux font face désormais à la concurrence
des centres urbains.
La disparition des chevaux, la généralisation de l’automobile et l’achat
dans les villes régionales entraînent la fermeture de plusieurs petits
métiers et commerces locaux.
Le recul des frontières économiques s'accompagne du recul des frontières
sociales et culturelles. Les élèves du niveau secondaire vont à la
polyvalente de Trois-Pistoles et ceux qui poursuivent leurs études
partent pour de longs mois vivre dans les centres urbains. La télévision
favorise par ailleurs la pénétration des valeurs de la société urbaine.
Cette ouverture sur l'extérieur entraîne un affaiblissement progressif
de l'économie locale et un effritement de la cohésion sociale et
culturelle. Les emplois
perdus dans le secteur agricole, l’activité commerciale et la
transformation artisanale, ne sont pas remplacés par des emplois des
secteurs de la grande industrie et des services spécialisés.
Faute d'emploi local, une partie de plus en plus importante de la
population n'a d'autre alternative que l'exode.
L'exode rural fait ainsi suite à l'exode agricole.
Ceux qui partent sont généralement des jeunes attirés par la
perspective d'emplois plus nombreux et variés à la ville, mais aussi par
l'image d'un mode de vie facile et excitant.
Ces départs privent la communauté d'éléments dynamiques porteurs
d'avenir. La population
restante est réduite et vieillissante.
Ces tendances se sont maintenues et accentuées jusqu’au milieu des
années 1970. Au début, la
vitalité démographique et économique de la communauté a pu atténuer la
portée des changements.
Mais, sans un apport d'énergies nouvelles, l'épuisement allait
inévitablement se manifester.
Doucement, insensiblement tout d'abord, puis de façon de plus en
plus marquée.
Saint-Mathieu, au même titre que des centaines d'autres municipalités
rurales au Québec, est progressivement engagée dans la spirale de la
dévitalisation dont l'issue est inquiétante. À la fin des années 1960,
dans le cadre des travaux du Bureau d’aménagement de l’Est du Québec
(BAEQ), la fermeture des rangs 4 et 5 a été envisagée.
La structure économique traditionnelle étant en déclin et offrant peu de
perspectives de reprise, sur quelles bases nouvelles, en fonction de
quelles orientations, pouvait-on insuffler un dynamisme renouvelé à la
communauté de Saint-Mathieu-de-Rioux ?
Des initiatives sont lancées, des projets voient le jour, des
personnalités s’affirment dans les efforts de relance. Messieurs Adrien
Ouellet et Georges Théberge notamment, s’avèrent particulièrement
dévoués à la création d’entreprises pour la mise en valeur des
ressources locales. Ils contribuent à la création de la Société
d’exploitation des ressources des Basques (SER des Basques) et de
l’usine de charbon de bois,
Produits forestiers basques.
Mais il faut davantage. Et l’économie de production (agriculture,
foresterie, transformation) ne semble pas la voie exclusive de la
redynamisation de la communauté de Saint-Mathieu. D’autres avenues sont
à explorer et à promouvoir. Elles se trouvent dans la mise en valeur des
atouts du milieu naturel et la qualité d’accueil de la communauté.
Saint-Mathieu réinvente sa ruralité : agriculture, résidence,
villégiature et plein air
Dans le respect de son authenticité et de l'harmonie de
ses paysages, Saint-Mathieu réinvente sa ruralité pour une meilleure
adaptation au contexte contemporain. À travers une combinaison
d'éléments où s'enchevêtrent activités agricoles et télétravail, culture
de la vigne et ébénisterie, résidences permanentes et villégiature,
activités de plein air et services de proximité, la vie rurale de
Saint-Mathieu se recompose sur de nouvelles bases. Une métamorphose
profonde s'opère de laquelle émerge une ruralité redessinée, celle du
XXIe siècle, faite de diversité et de cohabitations inédites.
Saint-Mathieu veut résolument offrir une alternative désirable à la
ville. Que ce soit pour s’y installer à demeure, pour la durée d’un
séjour saisonnier ou pour la pratique d’une activité sportive,
Saint-Mathieu a beaucoup à offrir : centre de plein air, station de ski,
parcours de golf, club de chasse et pêche, terrains de camping, chalets…
et avant tout, une qualité de vie. Une nouvelle vocation émerge. Un
village du futur est en ébullition.
Nos pionniers et leurs descendants ont façonné, sur
près d'un siècle et demi, une communauté rurale agroforestière dotée
d'une petite activité industrielle de sciage et de fabrication
artisanale. La communauté d'aujourd'hui invente une ruralité nouvelle
fondée sur une mixité d'activités dont l'axe central repose désormais
sur le récréotourisme, la fonction résidentielle et la villégiature. La
vie rurale de Saint-Mathieu est dorénavant faite de diversité et de
cohabitation, dans le respect profond de son authenticité et de
l'harmonie des lieux.
Conclusion : le
devoir de la protection
Le défi qui se pose au futur de la communauté de Saint-Mathieu-de-Rioux
est à la portée de la population locale, des élus, des organismes, des
entrepreneurs : c'est celui de la cohésion sociale, de la solidarité, de
la qualité de vie.
Malgré l'attraction persistante des grands centres urbains, un nombre
croissant d'entreprises, d'individus et de familles sont sensibles aux
avantages des petites communautés et à l'environnement rural. Faisons en
sorte que la municipalité de Saint-Mathieu soit un milieu où il fait bon
vivre, travailler, se divertir et s'épanouir.
Alors qu’en plusieurs lieux au Québec, la ruralité redevient attractive
et désirable, il n’est pas utopique de croire désormais en un
renversement spectaculaire de la tendance au déclin des dernières
décennies, introduisant sur le territoire de Saint-Mathieu des forces
capables de bouleverser en profondeur la structure économique et
provoquer un renouveau démographique à l'origine d'un mouvement de
reconquête et de recomposition du territoire.
La diversité et la qualité des services aux familles et aux entreprises,
la protection et la mise en valeur de l'environnement naturel et bâti,
la consolidation de l'appartenance territoriale et l'affirmation de
l’identité culturelle, la concertation, le partenariat et la
solidarité... deviennent des éléments fondamentaux du projet de société
à se donner pour l'avenir durable de la municipalité de
Saint-Mathieu-de-Rioux.
La qualité de notre milieu naturel composé de lacs, de rivières, de
sentiers, de champs en culture, de forêts et de paysages sublimes, est
la première richesse sur laquelle bâtir l’avenir. Sachons protéger et
mettre en valeur intelligemment ce patrimoine naturel. Il devient un
facteur d’attractivité et d’implantation pour des travailleurs
indépendants, des petites entreprises, des familles, des villégiateurs
et des amateurs de plein air, lesquels génèrent une économie
résidentielle (de consommation) complétant avantageusement une économie
de production qui s’est affaiblie au cours des dernières décennies.
Devenons une communauté rurale du XXIe siècle, désirée, fréquentée,
occupée…, et jalousement protectrice de son cadre de vie.
Bibliographie
Album souvenir, Centenaire de Saint-Mathieu,
1866-1966, Saint-Mathieu 1966.
Jean, Charles-Édouard et Marjolaine Bernier ;
Saint-Mathieu-de-Rioux raconte son
histoire. Livre du 150e anniversaire de la municipalité
de Saint-Mathieu-de-Rioux.
Institut de la statistique du Québec ;
La population des régions
administratives, des MRC et des municipalités du Québec,
Gouvernement du Québec, 2016
Jean, Charles-Édouard ;
Saint-Mathieu-de-Rioux raconte son
histoire (1830-2016).
Vachon, Bernard (sous la direction de) ; Le Québec rural dans tous ses états, Boréal, Montréal 1991, 314 p.
Vachon, Bernard, "Le peuplement des régions rurales du Québec face aux
phénomènes de dénatalité et de désurbanisation", in
Populations rurales et populations agricoles, Université des
Sciences et Technologies de Lille-Flandres-Artois, France, 1986, pp.
85-94.
Vachon, Bernard, "Pour une politique spécifique
d'aménagement rural au Québec", in
Trames, no. 11, Université de Montréal, Faculté d'Aménagement, 1996,
pp. 78-84.
Note 1. Notes de conférence prononcée le 17 septembre 2016, lors d’une
soirée consacrée à l’évolution de la ruralité à Saint-Mathieu-de-Rioux.
Précédée de la projection du film de Jean-Claude Coulbois,
Retour au pays d’en bas,
réalisé en 1977. Présent à cette soirée, le cinéaste a expliqué les
circonstances et le contexte dans lequel le film a été tourné. Plusieurs
témoignages de résidents ont suivi.
Note 2. En 1932, la beurrerie de Saint-Mathieu transformait un total de
107,745 livres de beurre pour atteindre une production maximum de
182,207 livres en 1958.
Note 3. Dans les bonnes années, la production était de 400 000 boîtes
par an. Une centaine d’hommes y travaillaient.
Doc 2016K. Les contes à Saint-Mathieu
Le 20 août dernier, Georgette et moi avons été invités à participer aux
festivités du 150e anniversaire en racontant des « Charleries
» de Monsieur Charles-Édouard Jean, écrivain et professeur de
mathématiques.
Ce fut une très belle soirée où 65 personnes ont tendu l’oreille pour se
faire rêver de leurs jeunes temps à Saint-Mathieu-de-Rioux. Plusieurs
nous ont dit après la soirée « J’ai pensé à mon grand-père… Je
l’imaginais là…» « Ça fait du bien… une soirée comme ça ». Aux dires des
organisateurs, ils n’attendront pas 150 ans pour recevoir d’autres
conteurs!
Pour nous, ce fut une expérience très enrichissante d’entrer dans des
personnages avec toutes leurs émotions de ce temps-là et surtout
d’entrer en communication avec les gens présents, de jaser, d’échanger
avec eux. Espérons revivre ces beaux moments.
Nous suggérons d’ajouter un autre volet aux « Charleries », soit de les
présenter aux étudiants dans les écoles de la région. Comme on dit : «
Il faut savoir d’où on vient pour savoir où l’on va ». Avec les
histoires de monsieur Jean, nous savons d’où nous venons …
Texte : Georgette Renaud et Daniel Projean,
auteurs et conteurs/formateurs.
Doc 2016L. Projet d’un spectacle historique
À
l’automne 2016, j’ai eu l’idée de préparer les textes d’un spectacle
historique sur Saint-Mathieu-de-Rioux. J’ai contacté la présidente du
comité organisateur des fêtes du 150e qui m’a alors mentionné
que, faute de ressources disponibles, elle ne pouvait pas assurer
l’organisation du spectacle en 2017. J’ai donc décidé de vous présenter
le scénario de ce projet de spectacle. Le titre du spectacle est
Saint-Mathieu-de-Rioux, je t’aime.
Voici des éléments de mise en scène et la scène 1 :
Mise en scène
[Sur la scène, en permanence, un grand écran est placé. Il sert à
montrer des images fixes ou animées selon les besoins de l’illustration
et/ou selon les documents disponibles. Chaque fois qu’une année est
mentionnée, elle apparaît à l’écran. Les titres peuvent aussi apparaître
à l’écran. Les images sont toujours en relation avec le texte.
Il
peut y avoir plus d’un lecteur. Pour les dialogues, on peut faire appel
ou non à de jeunes acteurs ou actrices. Les porteurs de pancartes
peuvent être diversifiés. Ce seront des jeunes ou non.
Les chansons traditionnelles peuvent être interprétées par un chœur ou
par une personne seule. Dans certains cas, il faudrait ignorer des
couplets moins intéressants. On énoncera, au fur et à mesure, le nom des
personnes ou groupes qui font des interprétations.
Pour les costumes, j’ai fait quelques suggestions. Pour le reste, ce
sera selon la créativité des organisateurs ou selon les possibilités.
Les textes de ma composition en vers peuvent être récités, rappés,
rythmés ou chantés. Les refrains peuvent être repris par un chœur.
Les propositions de mise en scène sont entre crochets.
Scène 1
Bienvenue
[Un jeune habillé en costume d’époque surgit de derrière les rideaux
au-devant de la scène. Il proclame d’une voix forte.]
Oyez, oyez braves gens de Saint-Mathieu,
Vous qui habitez hors ou dans ce lieu,
Nous allons vous présenter
Quelques fresques de notre passé.
Oyez, oyez braves gens de Saint-Mathieu
Vous qui habitez hors ou dans ce lieu,
Nous allons vous raconter
Certains événements peut-être oubliés.
Oyez, oyez braves gens de Saint-Mathieu
Vous qui habitez hors ou dans ce lieu,
Votre paroisse sera à l’honneur
Grâce aux défricheurs.
Oyez, oyez braves gens de Saint-Mathieu
Vous qui habitez hors ou dans ce lieu,
Nous vous souhaitons une bonne soirée
Remplie de souvenirs animés.
Scène 2
Les débuts de la colonisation
[Les rideaux sont tirés. Un lecteur sur la scène présente le texte. Le
ou les lecteurs sont habillés avec les costumes actuels ou anciens.]
[Lecteur]
L’histoire de Saint-Mathieu-de-Rioux de 1830 à 2016 a été largement
couverte dans la monographie
Saint-Mathieu-de-Rioux raconte son histoire. Aujourd’hui, nous
allons revisiter certains événements en les romançant. Les personnages
et certains faits sont réels, mais les dialogues sont le fruit de
l’imagination.
1830
Nous sommes le
dimanche 11 avril 1830 : c’est la fête de Pâques. Michel Jean, 37 ans,
qui demeure à Saint-Simon se lève très tôt. Avec son fils Melchior, âgé
de 9 ans, il se rend à une source d’eau non loin de sa demeure. Une
minute ou deux avant le lever du soleil, il demande à son fils de
remplir d’eau la petite chaudière qu’il a apportée. L’enfant est très
heureux de participer à la cueillette d’eau de Pâques. Au retour, son
père le prend par la main.
Depuis que sa
première épouse, Véronique Plourde, est décédée à 27 ans seulement,
Michel est plus tendre envers son fils. En même temps, il pense à ses
deux filles : Restitute, 8 ans, et Élisabeth, 6 ans.
Il pense aussi
à Sophie Bergeron, sa nouvelle épouse, qui a maintenant 25 ans. Il n’a
pas oublié le chagrin qu’il a eu quand ses deux enfants Michel Junior et
Sévérine sont décédés non longtemps après leur naissance. Le père Michel
a le cœur gros et il craint de ne pas avoir d’autres enfants. Il est à
un tournant de sa vie.
Il fait sa
besogne à l’étable et, en voiture à cheval, il se rend avec son fils
Melchior à la messe pascale en l’église de Trois-Pistoles. La belle-mère
reste à la maison pour s’occuper de Restitute et d’Élisabeth. Tout au
long du parcours, Michel est songeur. Son fils lui demande ce qui ne va
pas.
Au retour de
la messe où le curé Édouard Faucher a parlé de la résurrection qui
pouvait exister dans la vie de chacun, Michel est plus serein. Il va
quérir sa femme et ses deux autres enfants. Toute la famille est invitée
pour le dîner pascal chez son frère Régis qui demeure aussi à
Saint-Simon.
Régis, le plus
vieux de la famille, a maintenant 50 ans. Il a été le premier colon de
Saint-Simon. Il s’est établi au premier rang à l’ouest du village en
1796. Peu à peu, les colons ont défriché le premier et le deuxième rang.
On compte alors à Saint-Simon plus de 1000 personnes.
Marguerite
Chouinard, l’épouse de Régis, a préparé un excellent repas : soupe au
barley, dinde, pommes de
terre, légumes, tartes aux framboises : le tout agrémenté d’une tranche
de pain maison et d’un verre de vin de gadelles.
[Hors champ]
Nos ancêtres au 19e siècle avaient l’habitude de boire du vin
en mangeant, tout comme les Français. Pendant les années 1840, l’abbé
Charles Chiniquy, originaire de Kamouraska, entreprend une campagne dans
tout le Québec contre l'alcool et l'ivrognerie. C’est une réussite
presque totale. Les habitudes changent. Si, dans votre maison, vous avez
une croix noire en bois, c’est grâce à l’initiative de Chiniquy qui en
avait fait le symbole de la tempérance.
[Lecteur]
Après le
repas, pendant que les femmes font la vaisselle, Michel et Régis
entament une conversation, un autre verre de vin à la main.
[Michel et Régis sont endimanchés comme à l’époque. Les deux hommes
dialoguent.]
Michel :
Régis, je dois te parler de ma situation. Les contrats de construction
de maisons et de granges se font de plus en plus rares. Ma terre est
trop petite pour faire vivre convenablement ma famille.
Régis : Que
comptes-tu faire, Michel ?
Michel : Lors
des funérailles de ma fille Sévérine le 2 février dernier, j’ai parlé au
curé Édouard Faucher de Trois-Pistoles. Il m’a dit que dès son arrivée
comme curé, il avait acheté une terre dans les concessions de
Saint-Simon.
Régis : Que
veut-il faire de sa terre ? Un curé ne défriche pas.
Michel : Il a
acheté une terre de 10 arpents de front de Pierre Michaud. Dans sa tête,
il pensait qu’une nouvelle paroisse pourrait être érigée à partir du
troisième rang et que l’église pourrait être construite sur cette terre.
Régis : Et
alors, Michel ?
Michel : Il
m’a dit qu’il avait rencontré Cyprien Vaillancourt du deuxième rang de
Saint-Simon et que ce dernier était prêt à vendre une partie de sa terre
plus au sud. Cyprien trouve que la côte du sud de sa ferme est trop
abrupte pour y construire une route convenable.
Régis :
Savais-tu, Michel, que je suis déjà allé pêcher au petit lac ? Je pense
que cette terre est bornée par ce lac. Ai-je raison ?
Michel : C’est
ça. Ma femme serait d’accord pour déménager quand l’habitation sera
prête. Elle n’a pas peur des maringouins. Mon plus vieux Melchior n’a
pas encore 10 ans, mais il peut m’aider.
Régis : Si
jamais, Michel, tu décides de t’installer à cet endroit, compte sur moi
pour te donner un coup de main autant dans ton défrichement que dans tes
constructions.
[Lecteur]
Michel avait
maintenant pris sa décision. Il irait de l’avant malgré les nombreuses
difficultés qu’il appréhendait. Le 1er juillet 1830, il
achète de Cyprien Vaillancourt de Saint-Simon une terre de 10 arpents de
front, soit près de 600 mètres de front, et d’environ 30 arpents de
profondeur au troisième rang de cette paroisse. Ce lot est situé à
l’ouest de l’église actuelle de Saint-Mathieu, là où se trouve
aujourd’hui la route qui mène à Saint-Simon. La transaction s’effectue
pour un montant de 10 livres ou 40 dollars.
Scène 3
1831
[Lecteur]
À
la mi-juin, Melchior fredonne à son père une vieille chanson du folklore
français V’là le bon vent
qu’il a apprise à l’école.
Prestation de V'là le bon vent.
Voilà le refrain :
Refrain
V'là le bon vent, v'là le joli vent,
Scène 4
[Lecteur]
Reprenons le
récit du début de la colonisation. Michel Jean vit seul depuis presqu’un
an. Il s’est construit une cabane en bois rond. De temps à autre, il va
à Trois-Pistoles par le grand lac pour y quérir des provisions et des
outils. Un jour, il en profite pour acheter des médailles qu’il compte
donner aux Micmacs. Il n’a pas oublié ses leçons d’histoire du Canada où
Samuel de Champlain n’hésitait pas à offrir des présents aux Amérindiens
pour rester en bons termes avec eux.
De temps à
autre, il va visiter sa femme à Saint-Simon. Il en profite pour
rapporter certaines victuailles préparées par elle. Son fils Melchior,
alors âgé de 11 ans, a hâte d’aller demeurer à l’endroit choisi par son
père. Pendant l’été, son père l’amène passer quelques jours à
l’occasion. À partir du deuxième rang de Saint-Simon, ils doivent suivre
un sentier à pied. Le jeune garçon est ravi de vivre dans cette nature
sauvage. Il aide son père dans de menus travaux. Il l’accompagne à la
pêche sur le petit lac, là où il y a une multitude d’anguilles et de
saumons.
Un jour,
Michel amène son fils pour visiter la bourgade des Micmacs près de la
Rivière Neigette qu’on appellera plus tard faubourg du Moulin. Son grand
ami Micmac, Isaac René, un trentenaire comme lui, l’accueille avec
beaucoup d’égards.
[Dialogue. Cette partie pourrait être filmée près de la Rivière Neigette
et présentée sur grand écran.]
Isaac :
Michel, m’as-tu apporté des médailles aujourd’hui ?
Michel : Non,
Isaac, mais je t’ai apporté un pain que j’ai confectionné moi-même.
Isaac : Ça
doit être bon. Viens prendre un verre avec moi.
Michel :
Est-ce que les tiens portent les médailles que je vous ai offertes ?
L’as-tu attachée à ta camisole ? Tu te souviens. Je t’avais dit que ça
portait chance.
Isaac : Moi,
oui, je la porte. Mais les autres ont préféré donner leur médaille aux
enfants. Ils craignent que le Grand Esprit soit jaloux et se venge. Les
enfants jouent dans la terre avec leur médaille. Ils les cachent, mais
parfois ils ne les retrouvent pas. Tu as amené ton fils avec toi.
Michel : Oui,
c’est Melchior.
[En le montrant]
[Un wigwam
apparaît à l’écran.]
Melchior : Regarde, papa, comme c’est beau.
Isaac : On appelle cela un wigwam dans notre langue. Comme tu peux voir,
l’extérieur est couvert de peaux, d'écorces de bouleaux et de branches
de sapins. Il peut abriter de 10 à 12 personnes. À l’intérieur, le sol
est couvert de feuillage. On couche sur des peaux d’animaux.
[Sur l’écran, on peut lire pendant la prochaine réplique : Images
censurées.]
Melchior : Regarde, papa, les enfants qui montent dans les arbres le
long de la Rivière Neigette et qui se jettent à l’eau. Ils sont tout
nus.
[Se tournant
vers le Micmac]
Y
a-t-il une école ici ?
Isaac : Non, Melchior. Nous n’avons pas d’école.
Melchior :
[En
se tournant vers son père] J’aimerais rester ici.
Michel : On reviendra une autre fois.
[Hors champ]
Une anecdote racontée par le révérend Germain Siméon Marceau, curé de
Saint-Simon. Du temps qu’il desservait Saint-Mathieu, il fut appelé
auprès d’Isaac René dangereusement malade par suite de son ivrognerie.
Ce dernier lui demanda de lui administrer les sacrements. Le prêtre
refusa dû à son état. Alors Isaac lui dit : « Donne donc, donne, ça me
fera pas de mal. »
Scène 5
[Lecteur]
Quelques
semaines plus tard, lors d’une visite à Trois-Pistoles, Michel Jean va
voir le curé Faucher. Celui-ci lui annonce une nouvelle qui le
bouleverse.
[Dialogue]
Curé Faucher :
Mon cher Michel, tu ne me croiras pas. L’évêque de Québec n’a pas aimé
que j’aie acheté une terre. Il dit que l’Église nous défend de faire des
transactions civiles sans l’accord de l’évêque.
Michel : Vous n’aviez pas demandé l’autorisation ?
Curé Faucher : Non, je savais que cela me serait refusé. L’évêque va me
relever de mes fonctions ici à Trois-Pistoles. En septembre, je m’en
vais à Lotbinière comme curé. Je ne sais pas ce que je vais faire de ma
terre.
[Lecteur]
Sur le chemin de retour, Michel se sent de plus en plus seul. Au moins,
avec le projet du curé de Trois-Pistoles, il avait de l’espoir.
1832
L’année suivante, soit en 1832, sa femme et ses enfants viennent le
rejoindre. Depuis qu’il s’est installé au troisième rang, il a eu deux
autres enfants : Narcisse et Louis. La petite famille est maintenant
composée de cinq enfants. Michel Jean entrevoit l’avenir avec plus de
sérénité.
1833
Pendant trois ans, Michel Jean est le seul résident permanent avec sa
famille au milieu des bois. Il débroussaille le sentier sur sa terre
pour se rendre à Saint-Simon. Il va montrer à ses connaissances de
Trois-Pistoles des échantillons de sa récolte, dont du pain et des
céréales. Ceux-ci sont étonnés de constater que les produits sont tout
aussi de qualité que les leurs.
[Courte pause]
Y a-t-il quelqu’un dans la salle qui a connu Michel Jean, le
premier défricheur ?
[Dialogue. Un
spectateur habillé en bûcheron se lève.]
Louis-Amable Parent : Oui, moi.
Lecteur : Comment vous appelez-vous ?
Louis-Amable Parent : Je m’appelle Louis-Amable Parent. À l’automne
1832, je suis venu bûcher à contrat sur les terres de la Seigneurie
Nicolas-Rioux pour le propriétaire de la scierie de L’Isle-Verte. En
passant devant la résidence de Michel Jean, je me suis arrêté pour lui
parler. On ne se connaissait pas parce que, moi, je venais de Kamouraska
et, lui, de Saint-Jean-Port-Joli.
Lecteur : Quelle sorte d’homme était-il ?
Louis-Amable Parent : C’était un homme affable, sympathique et de bonne
conversation. Il était enthousiaste à l’idée de défricher une nouvelle
terre et éventuellement d’être, comme son frère, le pionnier d’une
nouvelle paroisse. Il était en train de construire sa maison.
Lecteur : Que vous a-t-il dit ?
Louis-Amable Parent : Il m’a offert une partie de ses 10 arpents si je
voulais venir vivre ici. Trois ans plus tard, je l’ai rencontré chez le
notaire pour l’achat d’un lot. Par la suite, j’ai eu un accident de
voiture à cheval et je suis décédé.
Lecteur : Je suis désolé.
Louis-Amable Parent : Ma femme et mes enfants ont déménagé sur le lot
que j’avais acheté. Je suis l’ancêtre des Parent de Saint-Mathieu.
Saint-Pierre m’a informé qu’un de mes arrière-petits-fils,
Charles-Eugène Parent, est devenu plus tard archevêque de Rimouski.
Lecteur : Merci, monsieur Parent.
[Lecteur]
Les premiers pionniers proviennent principalement de Saint-Simon et de
Trois-Pistoles. Ils occupent des terres au troisième rang, d’abord dans
la partie qui deviendra le village, puis avec extension vers l’ouest. À
cause de l’obstacle naturel qu’est la rivière Neigette, le bas de la
paroisse est habité après celui de l’ouest. Le mouvement de colonisation
est enclenché. Rendons hommage au pionnier Michel Jean.
Scène 6
[Prestation]
Hommage à
Michel Jean
Honneur au pionnier Michel Jean
Qui d’ici fut le premier artisan.
Muni d’une hache et d’une scie,
Il
commença par une éclaircie.
Les arbres plus que centenaires
Troublés dans leur repaire
N’ont pas résisté longtemps
À
ses bras forts et menaçants.
Honneur au pionnier Michel Jean
Qui d’ici fut le premier artisan.
Il
a mis en terre le premier grain
Qui a poussé comme le levain.
Il
a pétri le premier pain
Digne d’un Mathéen.
Son talent de menuisier
Lui a permis de bâtir un foyer.
Honneur au pionnier Michel Jean
Qui d’ici fut le premier artisan.
Il
a choisi de vivre non loin d’un lac
Où
séjournaient des Micmacs.
Avec sa femme et ses enfants,
D’énergie et de rêve vibrant,
Il
édifia une petite colonie
Qui aujourd’hui a ses armoiries.
Honneur au pionnier Michel Jean
Qui d’ici fut le premier artisan.
Les années ont passé.
Les arbres ont repoussé.
Sa
trace n’est pas perdue.
Par des apports soutenus,
Elle vit dans le sillage
De
nouveaux personnages.
Honneur au pionnier Michel Jean
Qui d’ici fut le premier artisan.
Scène 7
Hommage à la campagne
[Lecteur]
Si
la chanson Au fond des campagnes
avait existé à l’époque, il est certain que la famille de Michel Jean
aurait aimé la fredonner le soir à la lumière des chandelles.
Scène 8
Prestation de Au fond des
campagnes. Voilà le refrain :
Scène 9
Sermon du premier curé
1866
[Lecteur]
Depuis 36 ans, les hommes ont défriché une bonne partie des terres de la
paroisse. Ils ont maintenant une chapelle depuis cinq ans. L’évêque leur
fait la faveur de leur donner un curé résident qui aura la tâche
initiale d’ouvrir les registres paroissiaux. Écoutons le sermon de
l’abbé Antoine Chouinard, le premier curé de la paroisse, lors de sa
première messe dominicale en septembre 1866. La dernière partie du
sermon est largement puisée dans les notes que le curé Chouinard a
écrites dans les livres de la fabrique.
[Interprète portant une soutane et un surplis, peut-être par un jeune]
Mes très chers frères,
Quand l’archevêque de Québec, Mgr Pierre-Flavien Turgeon, m’a demandé de
devenir curé de votre paroisse, j’ai accepté avec plaisir mais avec
certaines appréhensions. Je sais qu’être le premier curé d’une paroisse
est une tâche très lourde. C’est aussi ma première cure. Auparavant,
j’étais desservant à Sainte-Félicité de Matane. Je demande au Dieu
tout-puissant d’éclairer mon chemin.
Heureusement que votre paroisse est sur la bonne voie. Vous avez un
moulin à farine, un moulin à scie et, depuis cet été, un magasin
général. Du côté religieux, vous avez cette belle chapelle construite
par vos dons, il y a maintenant cinq ans. L’espace est restreint et les
bancs sont rudimentaires. Aussi, je vais travailler avec les chefs de
famille pour que nous puissions avoir une église.
Nous allons demander aux autorités civiles l’autorisation d’établir une
commission scolaire pour gérer nos deux maisons d’école qui existent
déjà. Nous allons travailler pour avoir une école dans chaque rang.
Vous avez été assez aimables pour permettre au pionnier de la paroisse,
Michel Jean, d’occuper le premier banc d’en avant comme on le faisait
autrefois pour les seigneurs. Je vous en félicite. C’est un signe de
reconnaissance pour le travail qu’il a accompli.
Vous le savez sans doute, Michel Jean est natif de la même paroisse que
moi, Saint-Jean-Port-Joli. Quand je suis né en 1838, il avait déjà pris
racine dans votre belle paroisse depuis huit ans. J’ai bien connu sa
parenté.
Jésus a dit : « []Un semeur sortit pour semer. Et comme il
semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux, étant
venus, ont tout mangé. D'autres sont tombés sur des endroits pierreux et
ils se sont desséchés. D'autres sont tombés sur les épines, et les
épines les ont étouffés. Mais, d'autres sont tombés sur de la bonne
terre et ils ont donné du fruit au centuple. »
Il
en a été de Saint-Mathieu comme du grain de sénevé dont Jésus parle. Il
est tombé dans la bonne terre. Honneur donc aux intrépides pionniers qui
en abattant les premiers arbres y plantèrent à la place le signe de la
rédemption, le véritable arbre de vie à l’ombre duquel tout fleurit et
porte des fruits.
Ce
coin de pays, élevé par les Sauvages, a été converti au christianisme.
Aujourd’hui, votre chapelle domine la paroisse et veille sur ses
enfants. Le lac, qui dort paisiblement à ses pieds, est un vrai miroir
où les objets des alentours viennent à l’envie se mirer. Il s’offre
alors aux regards du spectateur un panorama digne de la main d’un grand
maître.
Mes très chers frères, soyez fiers de votre paroisse qui a grandi
rapidement. Voyez les petits oiseaux s’élever sur les rives verdoyantes
et accourir pour saluer de leur cri joyeux vous tous qui ont daigné
venir partager leur solitude. Il semble nous dire comment, au travail,
on peut unir l’hymne de louange à la gloire de Dieu.
Mes très chers frères, demandons au Dieu tout-puissant de bénir notre
paroisse et de l’assurer de sa protection. Amen.
Scène 10
[Lecteur]
À
cette époque, la plupart des chefs de famille ont un verger. Autour du
jardin, on y trouve des cerisiers, des pruniers et surtout des pommiers.
Voyons Colin et Colette dans le verger.
Scène 11
Prestation de Le temps des
pommes. Voici le premier
couplet :
C'était au temps des pommes
Colin avait douze ans
Mais il faisait son homme
Comme un garçon de vingt ans
Un
jour avec Colette
La
fille du voisin
Ils faisaient la cueillette
Des pommes du jardin
Scène 12
Les écoles
1867
[Lecteur]
En
1867, il y deux maisons d’école qui dispensent l’enseignement primaire
dans la paroisse. Ce sont des maisons dont une chambre ou le salon est
occupé comme local de classe. Il est raisonnable de penser que l’une est
située au village et l’autre en haut de la paroisse.
Il n’y a pas
encore de commission scolaire. Celle-ci verra le jour deux ans plus
tard. En attendant, c’est la municipalité qui prend la responsabilité de
l’organisation scolaire. Pour l’année qui vient de se terminer, la
municipalité a reçu une subvention de 254 $ du Gouvernement du Québec.
C’est peu pour payer l’institutrice, l’utilisation des locaux et
l’équipement scolaire. Les parents qui ont des enfants à l’école doivent
se cotiser pour payer la différence. On compte 98 élèves qui sont
inscrits à ces deux écoles. Toutefois, seulement 67 y assistent
régulièrement. Deux institutrices sont responsables de l’enseignement,
une dans chaque école.
Pendant près
de 100 ans, les institutrices ont été presque les seules à transmettre
le savoir. Ayons l’indiscrétion d’épier les gestes de quatre élèves de
la cinquième année du village qui sont en rang. Les autres élèves
travaillent autour d’une table de cuisine munie de longs bancs en bois.
Ceux qui n’ont pas de place travaillent sur leurs genoux. L’institutrice
est peut-être Geneviève Rousseau, Marie Sirois, Eugénie Chamberland ou
Élisabeth Cloutier.
[Dialogue. Les
jeunes sont endimanchés comme cela se faisait à l’époque dans les
écoles.]
Institutrice :
Avez-vous appris vos leçons ?
Élèves en
chœur : Oui, Mademoiselle.
Institutrice :
Nous allons vérifier vos connaissances en catéchisme. Délima, qui est le
créateur du monde ?
Délima : Dieu
est le créateur du ciel et de la terre et de toutes les choses visibles
et invisibles.
Institutrice :
Très bien. Émile
[Émile est plus grand que les autres
et il a doublé au moins une année], vous savez
que ce qui est le plus important dans la vie, c’est d’aller au ciel,
c’est-à-dire nous sauver. Émile, que devrons-nous faire pour nous sauver
?
Émile : Il
faut partir à courir. C’est mon père qui me l’a dit.
[On entend des
rires d’enfants à l’arrière-plan.]
Institutrice :
À la queue, Émile. Antonio, que devrons-nous faire pour nous sauver ?
Antonio : Pour
nous sauver, nous devons adorer Dieu par la foi, l’espérance et la
charité.
Institutrice :
Très bien. Est-ce que vous comprenez ce que cela veut dire ?
Antonio : Ça
veut dire qu’on doit aimer Dieu de tout notre cœur.
Institutrice :
Parfait. Elmire, en combien de jours, Dieu a-t-il créé le ciel et la
terre ?
Elmire : En
sept jours.
Émile : Non,
mademoiselle, en six jours. Le septième jour, il se reposa. Il était
trop fatigué.
[On
entend des rires d’enfants à l’arrière-plan.]
Institutrice :
Émile, vous serez en retenue après l’école.
[Chœur de l’institutrice et des écoliers, sauf Émile]
Merci aux institutrices et aux instituteurs, de même qu’aux religieuses
du Saint-Rosaire pour avoir consacré leurs belles années à l’éducation
des jeunes de la paroisse.
[Émile se place devant les autres et se tournant légèrement vers son
institutrice.]
Émile : Merci Mademoiselle de m’endurer.
[Chœur de l’institutrice et des quatre écoliers]
Rendons hommage aux institutrices.
Scène 13
[Prestation]
Hommage aux
institutrices
Honneur aux institutrices
Qui ont été des zélatrices.
Malgré leur maigre salaire,
Elles ont été exemplaires
Pour transmettre le savoir
Dans tout le terroir.
Honneur aux institutrices
Qui ont été des zélatrices.
Elles ont montré aux enfants
À
devenir des conquérants
En
maîtrisant la lecture,
Mais aussi l’écriture.
Honneur aux institutrices
Qui ont été des zélatrices.
Elles ont montré aux enfants
À
devenir des gagnants
En
maîtrisant l’arithmétique
Et
le catéchisme catholique.
Honneur aux institutrices
Qui ont été des zélatrices.
Elles ont transmis les valeurs
D’un peuple défricheur.
Elles n’ont pas oublié la prière
Qui autrefois était si chère.
Honneur aux institutrices
Qui ont été des zélatrices.
Scène 14
Hommage aux
maires
1872
[Lecteur]
La
première assemblée du conseil municipal
de
Saint-Mathieu-de-Rioux
a eu lieu le 4 mars 1872 sous la présidence de Joseph Bélanger.
Voici le nom des maires qui ont été en fonction pendant les 100
dernières années :
[À
mesure, des jeunes apparaissent sur la scène en portant des pancartes
contenant le nom d’un maire et récitent le texte. Si un maire est vivant
et le veut bien, il pourrait se présenter lui-même. Dans ce cas, il
dit : « Je suis le vrai … ». Par ailleurs, on pourrait demander à un
descendant ou une descendante de porter la pancarte. Lorsque c’est le
cas, la personne dit, par exemple : « Je suis la petite-fille de … qui a
été maire de … » On pourra montrer à l’écran les photos des maires quand
on les possède.]
• Je suis
Georges Caron. J’ai été maire de 1913 à 1918. Je suis décédé de la
grippe espagnole alors que j’étais en fonction.
• Je suis
Antoine Dionne. J’ai été maire de 1918 à 1934. J’ai dû démissionner
pour des raisons de santé et je suis décédé quelques mois plus tard.
• Je suis
Alfred Belzile. J’ai été maire de 1934 à 1937.
• Je suis
Onésime Dionne. J’ai été maire pendant 20 ans, soit de 1937 à 1957.
J’ai été préfet du comté de
Rimouski pendant 12 ans.
• Je suis
Réal Dionne. J’ai été maire de 1957 à 1967.
• Je suis
Jean-Eudes
Dionne. J’ai été maire de 1967 à 1977 et de
1993 à 1999. Je suis décédé pendant mon dernier mandat.
• Je suis
Georges Théberge.
J’ai été maire de 1977 à 1978.
• Je suis
Simon Plourde. J’ai été maire de 1978 à 1989.
• Je suis
Kenneth Ogilvie. J’ai été maire de 1989 à 1993.
• Je suis
Norbert Rousseau. J’ai été maire de 1999 à 2009.
• Je suis
Réal Côté.
J’ai été maire de 2009 à 2012.
• Je suis
Yvon Ouellet. Je suis maire depuis 2012.
[Les maires en
chœur en groupes successifs de 3, 4 ou 5]
Nous nous sommes
dévoués
Pour que notre
municipalité
Soit un coin de pays
Où agréable est la vie.
C’est un peu grâce à notre énergie
Si la municipalité bénéficie
D’infrastructures variées
Qui font notre renommée.
Nous avons été épaulés
Par des secrétaires-trésoriers
Et des conseillers
Qui ont donné temps et idées.
Scène 15
L’église
1875
[Lecteur]
Comme le disait le premier curé Chouinard, la paroisse de
Saint-Mathieu-de-Rioux a été élevée au christianisme dès ses débuts.
L’église est là pour qu’on s’en rappelle.
[Un jeune s’avance avec la photo de l’église.]
Je suis l’église. Je suis un des bâtiments parmi les plus vieux de
la paroisse. J’ai été inaugurée le 15 janvier 1875. J’ai 142 ans. J’ai
vu des poupons pleurer lors de leur baptême. J’ai vu des mamans pleurer
de peine ou de joie lors de mariages. J’ai vu des proches pleurer lors
de services funèbres. J’ai entendu des curés dans la chaire parler de la
foi, mais aussi de la morale, parfois avec une voix un peu trop forte.
J’ai vibré lors des messes de Minuit.
Aujourd’hui, je suis moins populaire. Mon coq continue de
surveiller le va-et-vient dans le village et ne porte jamais de
jugement. Mon carillon est formé de trois cloches qui résonnent depuis
1922. Je suis classée comme immeuble patrimonial depuis 2010.
Une messe de Minuit
[Lecteur]
À l’été 1875, le curé Cyprien Lebel, en lisant les journaux,
apprend que, quelques années auparavant, un poète français a écrit un
texte intitulé Minuit, chrétiens.
Le curé Lebel veut souligner le fait que c’est la première messe de
Minuit dans l’église de Saint-Mathieu-de-Rioux puisqu’elle a été bénie
le 15 janvier dernier. Il veut, en même temps, faire une surprise aux
paroissiens. Il a demandé à l’évêque de Rimouski qu’on puisse chanter ce
cantique à Noël dans l’église. S’il a fait cette demande, c’est qu’à
l’époque les chants en français étaient interdits lors de cérémonies
religieuses. Seul le latin était permis. L’évêque a accepté. Le 25
décembre 1875, les paroissiens découvrent ce cantique qui sera, pendant
longtemps, populaire.
Prestation de Minuit,
Chrétiens
Minuit, Chrétiens, c'est l'heure solennelle
Scène 18
Les cultivateurs
1878
[Lecteur]
Quarante-huit ans après l’arrivée du premier colon, on compte déjà un
peu plus de 1000 âmes à Saint-Mathieu-de-Rioux, en grande partie des
enfants, car les familles sont nombreuses. Les rangs 3, 4 et 5 sont
presque entièrement habités. Peu à peu, des sexagénaires prennent leur
retraite et demeurent sur leur terre avec leur fils ou leur fille ;
d’autres se bâtissent une maison au village. Le rang 6 appartient
toujours à la seigneurie Nicolas-Rioux et aucun défrichement n’y a été
encore fait.
Cette année-là, on compte 84 chefs de famille dont la plupart possèdent
une terre. Voici, choisis au hasard, quelques noms de ces chefs de
famille :
[À
mesure, des jeunes apparaissent sur la scène en portant des pancartes
contenant le nom d’un cultivateur et disent « Je suis ... ». On pourra
voir des garçons et des filles.]
Rang 3 Ouest
Édouard Bérubé, Achille Paradis, Venant Plourde, Louis Beaulieu
Village
Vital Rousseau, Étienne Ouellet, Louis Parent, Thomas Vaillancourt
Rang 3 Est
Hilaire Boulanger, Séverin Dubé, Frédéric Létourneau, Georges Parent
Rang 4
Majorique Rousseau, Denis Fournier, Narcisse Ouellet, François Roy
Rang 5
Olivier Vaillancourt, Paul Gaudreau, Zacharie Côté, Gilbert Fortin
[En
chœur]
Merci à tous les cultivateurs qui ont défriché et ensemencé notre beau
coin de pays à la sueur de leur front et à la force de leurs bras.
Rendons-leur hommage.
Scène 19
[Prestation]
Hommage aux
cultivateurs
Honneur à ces cultivateurs
Qui n’ont pas craint le labeur.
Au
printemps, ils ont semé le blé
De
leurs mains bien cadencées.
À
l’été, ils ont ramassé le foin
Avec un très grand soin.
À
l’automne, ils ont cueilli les grains
Pour s’en faire du pain.
Honneur à ces cultivateurs
Qui n’ont pas craint le labeur.
Ils ont défriché toutes ces terres
Avec des outils rudimentaires.
Bon an mal an, ils ont protégé
Leur précieuse maisonnée.
De
leur courage empressé,
La
paroisse a prospéré.
Honneur à ces cultivateurs
Qui n’ont pas craint le labeur.
Ils ont été aidés des ménagères
Qui ont été exemplaires.
Les enfants ont été nourris
Sans craindre la pénurie.
Les enfants ont été vêtus
De
vêtements-maison cousus.
Honneur à ces cultivateurs
Qui n’ont pas craint le labeur.
Les femmes à l’honneur
[Lecteur]
Arrêtons-nous
un instant pour rendre hommage à toutes ces femmes qui ont trimé dur au
foyer et même dans les champs ; qui ont aimé ; qui ont pleuré ; qui ont
éduqué ; qui ont laissé une postérité pour continuer leur œuvre.
Dans
l’histoire de la paroisse,
• 36 femmes
ont mis au monde 12 enfants
• 23 femmes
ont mis au monde 13 enfants
• 11 femmes
ont mis au monde 14 enfants
• 12 femmes
ont mis au monde 15 enfants
• 4 femmes ont
mis au monde 16 enfants
Saluons, de
façon particulière, les mères qui ont mis au monde 17 enfants et plus.
17 enfants (5
femmes)
Félécité Dionne, épouse de Léon Vaillancourt, mariée le 21 juillet 1868
Marie-Anna Lévesque, épouse de Thomas Pelletier, mariée le 24 novembre
1874
Malvina Parent, épouse de Georges Caron, mariée le 25 juillet 1893
Florida Dubé, épouse d’Émile Paradis, mariée le 2 octobre 1923
Thérèse Fournier, épouse de Charles Beaulieu, mariée le 22 octobre 1947
18 enfants (3
femmes)
Éva Rousseau, épouse de Joseph Vaillancourt, mariée le 22 août 1905
Célina Bérubé, épouse de J.-Émile Ouellet, mariée le 11 janvier 1910
Laura Théberge, épouse d’Eugène Vaillancourt, mariée le 5 avril 1910
19 enfants (4
femmes)
Célina Gagnon, épouse de Thomas Bélanger, mariée le 22 juillet 1873
Victoria Jean, épouse de Pierre Devost, mariée le 15 février 1881
Victoria Lévesque, épouse de Joseph Plourde, mariée le 24 juin 1884
Odila Vaillancourt, épouse d’Ernest Dionne, mariée le 3 février 1891
25 enfants (1
femme)
Germaine Parent, épouse de Gérard Ouellet, mariée le 29 octobre 1938
Au
total, ces 99 femmes ont mis au monde 1369 enfants. Parmi elles, le
couple le plus ancien est le pionnier Michel Jean et Sophie Bergeron qui
s’est marié en 1827 et qui a eu 15 enfants. De plus, Michel Jean avait
eu trois enfants d’un mariage précédent avec Véronique Plourde. Le plus
récent couple est Charles Beaulieu et Thérèse Fournier que nous avons
mentionné tantôt avec 17 enfants. C’est une image forte d’une autre
époque qui ne reviendra plus, si l’on en croit la tendance actuelle.
Écoutons le
poème Petite mère, c’est toi.
Scène 21
Récitation de Petite mère, c’est
toi.
Petite mère, c'est toi
Scène 22
L’usine de boîtes à beurre
1904
[Lecteur]
Nous sommes jeudi le 25 novembre 1904. C’est le jour de la
Sainte-Catherine. Il est 9 heures du matin. Odila Vaillancourt, 31 ans,
l’épouse d’Ernest Dionne, est assise à la table de cuisine dans sa
maison du faubourg du Moulin. Quatre de ses enfants sont à l’école :
Clairina, Rose-Anna, Ida et Félix. Pendant ce temps, Désiré, Antoine,
Onésime et Rose-Aimée jouent avec des blocs de bois que leur père a
apportés à la maison. Alice qui a un peu plus de neuf mois dort dans son
berceau.
Un visiteur bien connu frappe à la porte. C’est Léon Vaillancourt,
59 ans, le père d’Odila. Il est cultivateur au rang 5, dans la partie
est du rang.
[Derrière Odila, on voit la croix noire encadrée par deux images
religieuses, le Sacré Cœur et la Vierge Marie.]
Odila : Bonjour, papa, comment ça va ?
Léon : Qu’est-ce que tu fais de bon, Odila ?
Odila : Je suis en train de faire de la tire. J’ai déjà un sac
plein de kisses. Cet
après-midi, je vais à l’école pour fêter la Sainte-Catherine. J’amène
mes enfants avec moi. C’est la troisième année que je fais ça. Les
écoliers sont tellement heureux de me voir.
Léon : Où est Ernest ?
Odila : Il est allé acheter des billots chez un cultivateur du haut de
la paroisse.
Léon : Comment vont les démarches de ton mari pour avoir le
téléphone ?
Odila : La compagnie de téléphone du Témiscouata nous a promis de
planter les poteaux dès le printemps prochain. Maintenant que les gens
du village ont le téléphone, ce sera à notre tour de l’avoir.
Léon : Je suis bien content. Nous pourrons venir téléphoner ici en
cas d’urgence. Nous aussi, nous voulons avoir le téléphone. J’en ai
parlé au maire Ferdinand Jean. Je lui ai dit qu’avec mes garçons,
j’étais prêt à planter les poteaux d’ici jusqu’au rang 5. Il m’a dit
qu’il en parlerait au boss de la compagnie.
Odila : Vous avez toujours la tête pleine de projets.
Léon : Je suis allé porter ma dernière canisse de lait de la saison
à la beurrerie. La beurrerie ferme demain pour l’hiver. Imagine-toi que
cette année j’ai deux vaches aneillères, deux vaches qu’on va pouvoir
traire tout l’hiver. Ta mère va pouvoir faire du beurre pendant tout ce
temps. Le beurrier, Alfred Belzile, m’a remis ce papier. C’est un
article du journal La Presse.
Odila : Il parle de quoi ?
Léon : Il parle de fromageries et de beurreries. Tu te rappelles
sans doute qu’il y a une quinzaine d’années, le curé Hermel Tremblay,
que nous avons bien aimé, a tenté d’établir une fromagerie à
Saint-Mathieu, mais ça n’a pas fonctionné.
Odila : Bien sûr que je m’en souviens. J’avais été frappée par
l’enthousiasme du curé pour ce projet.
Je me demande bien pourquoi Alfred
t’a donné cet article de journal.
Léon : Il ne me l’a pas dit. Il faut que je me sauve. J’ai du bûchage à
faire.
Odila : À la prochaine, papa.
[Lecteur]
En attendant
la venue d’Ernest Dionne, écoutons la chanson
Dans tous les cantons.
Prestation de Dans tous les
cantons (premier couplet).
Scène 24
[Lecteur]
Le
dimanche suivant, Ernest Dionne, 34 ans, aborde Alfred Belzile, 31 ans,
sur le perron de l’église. Ils écoutent ensemble les avis publics lus en
anglais par Joseph Jean, le secrétaire-trésorier de la municipalité.
Puis, Alfred Belzile invite Ernest Dionne chez lui.
[Dialogue]
Ernest : Je ne
comprends pas pourquoi le secrétaire-trésorier lit les avis publics en
anglais alors que personne ne comprend cette langue. Qu’en penses-tu
Alfred ?
Alfred : Depuis la Conquête en 1763, c’est ainsi que ça se passe. Les
Anglais veulent tout contrôler. Ils nous imposent leur loi. J’espère
qu’un jour les gens vont dire : « Le joug des Anglais, c’est terminé. »
… As-tu lu l’article que ton beau-père t’a apporté ?
Ernest : Très intéressant, Alfred. Je ne savais pas que ce sont les
Anglais qui ont mis sur pied les premières fromageries et les premières
beurreries dans la province du Québec.
Alfred : Tu vois, Ernest. Ils sont partout où il y a une piastre à
faire. Tu l’as sans doute remarqué, dans l’article, on dit que les
ménagères ne font plus de fromage depuis qu’on a construit des
fromageries. Quant au beurre, le même phénomène tend à se produire.
Ernest : C’est vrai. J’ai lu qu’en 1881, seulement 2 % du beurre était
fabriqué dans les beurreries et que 20 ans plus tard, on est passé à 53
%. On pense que la tendance va se maintenir.
Alfred : Il faut que les Canadiens français s’impliquent de plus en plus
dans les affaires. J’ai pensé que tu pourrais peut-être te lancer dans
la fabrication de boîtes à beurre.
Ernest : Vraiment ? Tu me surprends.
Alfred : Le marché du beurre d’usine va être de plus en plus important.
Les beurriers comme moi doivent faire fabriquer les boîtes pour le
transport par des menuisiers locaux. Le produit n’est pas toujours
adéquat. Cela affecte la qualité du beurre.
Ernest : Quel est ton marché pour la vente du beurre ?
Alfred : À part Saint-Mathieu dont la demande est de plus en plus forte,
je vends mon beurre dans le Témiscouata. Plusieurs paroisses n’ont pas
encore de beurrerie. Je dois livrer en voitures à cheval. La route est
parfois longue et la senteur du bois s’imprègne dans le beurre. Je
produis trois qualités de beurre. Pour le beurre de première qualité, je
ne peux pas réutiliser les boîtes.
Ernest : Pour le beurre de deuxième et de troisième qualité, peux-tu
réutiliser les boîtes ?
Alfred : Oui, mais ce n’est pas recommandé. Comme tu as pu le lire dans
l’article, il n’y a aucune usine de fabrication de boîtes à beurre au
Québec. Tu serais un pionnier dans le domaine.
Ernest : C’est excitant. Je vais en parler à ma femme Odila, qui comme
son père aime les nouveaux projets. Peux-tu me montrer une boîte à
beurre ?
[Alfred se lève et va chercher celle qui est dans le coin de la
cuisine.]
Alfred : Voilà ! Ernest.
Ernest : Je pense qu’elle est fabriquée en sapin.
Alfred : Peut-être. On utilise aussi l’épinette. Je ne sais pas faire la
différence. Pour la fabrication, on utilise des planches d’environ un
demi-pouce d’épaisseur. L’intérieur de la boîte est recouvert d’une
couche de paraffine afin d’atténuer la senteur du bois.
Ernest : Utilises-tu les mêmes boîtes pour le beurre en vrac, Alfred ?
Alfred : Quand je livre en vrac, je tapisse l’intérieur de deux lisières
de papier ciré. Il faut que la boîte soit complètement hermétique. S’il
y a de petites ouvertures, il faut les obturer pour empêcher l’air de
passer et ainsi éviter les moisissures.
Ernest : Puis-je apporter la boîte ?
Alfred : Bien sûr. Si jamais ça t’intéresse, je vais en parler aux
beurriers des paroisses voisines.
Ernest : Bien le bonjour et merci, Alfred.
[Lecteur]
Ernest Dionne
fut plusieurs nuits sans dormir. Il était excité par le fait de donner à
sa paroisse une manufacture de boîtes à beurre qui pourrait
éventuellement donner du travail à plusieurs hommes. Il était subjugué
par la tâche colossale que la mise en place exigerait. Il était inquiet
de la réussite. Après en avoir longuement parlé avec sa femme Odila, il
conclut qu’il ne pouvait pas entreprendre seul ce projet. Il pensa à son
cousin Antoine, le fils de Jean Dionne et d’Hélène Jean, qui avait alors
26 ans. Il alla le rencontrer. Celui-ci accepta avec plaisir d’être
associé au projet.
Ernest fit part de son projet au maire Ferdinand Jean qui accepta de le
présenter à la réunion annuelle des maires du comté de Rimouski. Lors de
la visite paroissiale du curé Réal Cayouette, Ernest en parla au curé.
Ce dernier l’encouragea à aller de l’avant.
1906
Les cousins
Ernest et Antoine Dionne enregistrèrent leur entreprise sous le nom de
Dionne & Dionne en 1906.
Les boîtes à beurre ont d’abord été
fabriquées à la main au faubourg du Moulin. Par la suite, Antoine Dionne
créa plusieurs machines adaptées à leur fabrication. Après deux
incendies, l’usine a été construite au village.
Scène 25
[Lecteur]
Rendons hommage à Ernest Dionne.
[Prestation]
Hommage à
Ernest Dionne
Honneur au bâtisseur Ernest Dionne
Qui, en tout, jamais n’abandonne.
Dès l’âge de vingt ans,
Avec son frère Ferdinand,
Il achète un moulin à farine
Qui devient sa première usine.
Il est encore célibataire
Quand il se lance en affaires.
Honneur au bâtisseur Ernest Dionne
Qui, en tout, jamais n’abandonne.
Près des chutes de la Rivière Neigette,
Il achète terre et maisonnette.
Il y construit un moulin à scie
Qui, de la rivière, bénéficie.
Il y scie épinette et sapin
Pour services à son patelin.
Honneur au bâtisseur Ernest Dionne
Qui, en tout, jamais n’abandonne.
Il n’a pas dit son dernier mot
Quand il voit tous les billots.
De boîtes à beurre,
Il rêve en douceur.
Il y met sa chemise
Pour que son rêve se réalise.
Honneur au bâtisseur Ernest Dionne
Qui, en tout, jamais n’abandonne.
Avec Antoine, son cousin,
Qui aime tous les engins,
Il met sur pied une manufacture
Qui deviendra, dans le futur,
De loin, la plus chérie
De ce
coin de pays.
Honneur au bâtisseur Ernest Dionne
Qui, en tout, jamais n’abandonne.
Scène 26
Le
mois de Marie
1947
[Lecteur]
C’est jeudi le
1er mai. Rita Parent, l’institutrice du bas de la paroisse, a
donné rendez-vous aux gens du rang à la croix de chemin chez Philéas
Dubé à 7 heures du soir. Elle veut souligner le premier jour du mois
dédié à la Vierge Marie. Les femmes et les enfants s’y rendent
accompagnés de quelques hommes. Les autres prétextent qu’ils sont trop
fatigués à cause des labours. On récite un chapelet et on entonne en
chœur le cantique C’est le mois de Marie.
Prestation de
C’est le mois de Marie.
Refrain
Les objets
d’autrefois
[Lecteur]
La
mécanisation a transformé les habitudes des gens. Plusieurs instruments
ou outils utilisés jusqu’à la moitié du 20e siècle ont été
remplacés. Voici quelques-uns de ces objets :
[À
mesure, des jeunes apparaissent sur la scène en portant des pancartes
contenant le nom ou encore l’objet lui-même selon les possibilités. Ils
récitent le texte approprié.
On
montre des photos ou des images animées.]
Le poêle à bois
Je suis le
poêle à bois. J’étais placé dans la cuisine où j’ai souvent entendu des
conversations animées. J’ai toujours été discret, me contentant de
réchauffer les corps et aussi les cœurs. Mes ronds et mon four servaient
à préparer des mets délicieux. Mon « boiler » [On prononçait bâleur]
apportait de l’eau chaude pour les soins d’hygiène et d’entretien
ménager. Avant l’électricité, vu mes multiples fonctions, j’étais
l’appareil le plus important de la maison.
Le rouet
Je suis le
rouet. Au cours de ma vie, mon fuseau a tourné pendant de nombreux
kilomètres. J’ai filé principalement la laine. C’était en hiver que
j’étais le plus occupé. Pendant que le maître de la maison bûchait et
que les enfants étaient à l’école, la ménagère m’installait dans la
cuisine. Quand les grandes maisons de fabrication de vêtements ont
envahi le marché, j’ai été mis aux oubliettes. Il ne me reste plus qu’à
me souvenir du bon vieux temps.
La charrue
Je suis la
charrue. Pendant longtemps, j’ai été tirée par deux chevaux pour que je
laboure la terre afin de recevoir les semis. J’avais un seul soc et je
plongeais dans la terre avec vigueur, parfois avec férocité. J’avais mal
quand je frappais des roches. Pour un instant, j’étais immobilisée parce
que mon maître arrêtait les chevaux. Je reprenais de plus belle, mais
avec un peu de frayeur. Aujourd’hui, le soc est attaché à un tracteur.
Il y a même plus d’un soc.
La charrette à foin
Je suis la
charrette à foin. J’étais tirée par un cheval qui parfois trouvait la
charge un peu lourde. J’étais munie de barreaux qui retenaient le foin
en vrac. Les enfants s’en donnaient à cœur joie à fouler le foin qui,
d’une fourchée à l’autre, m’emplissait. Quand j’étais remplie, mon
maître rejoignait les enfants et s’assoyait au-devant pour diriger le
cheval vers la grange. Une de mes amies a déjà transporté des dames de
Montréal aux framboises.
La petite faux
Je suis la
petite faux. J’ai remplacé la
faucille qui était utilisée à genoux pour couper le foin ou le grain.
Quant à moi, l’homme qui me tenait était debout. Il devait tournoyer
méthodiquement pour ne pas se donner un tour de rein. J’aimais ça quand
les jeunes garçons de 12 ou 13 ans apprenaient à me manier. J’ai été
remplacée par la faucheuse tirée par deux chevaux. Alors que j’étais
constituée d’une seule longue lame, la faucheuse en avait plusieurs
petites. Aujourd’hui, la faux est attachée à un tracteur.
Le boghei
Je suis un boghei, un véhicule à quatre roues qui ne servait que
dans les chemins roulants. J’étais tiré par le cheval le plus fringant
et le chouchou de mon maître. Je servais le dimanche ou lors de
cérémonies importantes, parce que j’étais le plus beau véhicule de
promenade. J’ai déjà transporté des nouveaux mariés. Les enfants des
rangs avaient hâte d’aller à la messe pour s’asseoir sur mes sièges
confortables. Les enfants du village les enviaient. L’automobile m’a
remplacé.
La sleigh à patins
Je suis une
sleigh à patins. J’étais le plus beau traîneau de la famille. Tout
cheval rêvait de me tirer pour aller à l’église en hiver. C’était
tellement agréable d’entendre les grelots qui étaient suspendus sur mes
brancards. Je me souviens d’enfants que j’ai amenés à leur première
messe de Minuit. À l’aller, emmitouflés dans des couvertures, ils
regardaient le ciel scintillant d’étoiles. Ils me caressaient de leurs
petites mains. Au retour de la messe, ils dormaient.
La boîte à
beurre
Je suis une
boîte à beurre. Pendant longtemps, j’ai été faite de bois. J’ai
transporté des milliers de livres de beurre, mais très rarement de
l’alcool de contrebande. Je suis fière d’avoir été fabriquée ici même à
Saint-Mathieu-de-Rioux par la compagnie Dionne & Dionne. J’ai été
distribuée un peu partout au Canada. Quand le plastique est arrivé, j’ai
pris ma retraite. Toutefois, il reste encore quelques-unes de mes amies
qui font le plaisir des collectionneurs.
Le coffret
d’écolier
Je
suis un coffret d’écolier. Pendant plusieurs années, j’ai fait le
bonheur des jeunes Mathéens qui, pour l’école, y déposaient leur crayon,
leur plume et leur gomme à effacer. J’ai été fabriqué ici même à
Saint-Mathieu-de-Rioux par l’entreprise d’Amédée Dionne. Je n’oublie pas
ces jeunes enfants pour qui j’ai été, pendant un bon moment, un
accompagnateur discret qui les encourageait à s’instruire. Je n’oublie
pas non plus ce jeune garçon qui m’a utilisé pour transmettre un message
d’amour à une copine.
Scène 29
Centenaire de la paroisse
1966
[Lecteur]
Le centenaire
de la paroisse aurait dû être fêté en 1958 pour souligner son érection
canonique qui avait eu lieu en 1858. On se reprend en 1966, année qui
coïncide avec le centenaire de l’arrivée du premier curé résident et de
l’ouverture des registres paroissiaux.
Saint-Mathieu
vit alors une période difficile. La morosité atteint les gens.
L’entreprise Dionne & Dionne ne produit plus de boîtes à beurre. Le
Coffret d’écolier a cessé ses opérations. Le nombre de cultivateurs
commence à diminuer. Les gens fêtent quand même. La croix du centenaire
est là pour nous rappeler ces célébrations.
[Un jeune s’avance avec la photo de la croix du centenaire et dit :]
La croix du
centenaire
Je
suis la croix du centenaire. Je trône sur un mont au nord-ouest de
l’église. J’ai été érigée en 1966 lors du centenaire de la paroisse. Je
suis là pour montrer la foi des ancêtres qui ont construit de leurs bras
et de leur tête cette belle paroisse. Je ne me déplace pas, mais je suis
soutenu par neuf croix de chemin qui, réparties un peu partout, comme
moi, bravent vents et gel. Des passants nous regardent parfois avec
étonnement.
Scène 30
125e anniversaire de la
paroisse
1991
[Lecteur]
Depuis le centenaire de Saint-Mathieu-de-Rioux, la population a diminué,
mais les activités touristiques ont donné de la vigueur à la paroisse.
En 1991, Saint-Mathieu-de-Rioux fête le 125e anniversaire.
Revoyons certaines images de ces fêtes mémorables.
[Selon les images choisies, un texte pourra être ajouté.]
[Lecteur]
Lors de la soirée historique du 125e anniversaire,
Louis-Jacques Beaulieu a interprété la chanson populaire
Souvenirs d’un vieillard avec
beaucoup d’émotion. En souvenir de l’événement et de cet homme, écoutons
cette chanson.
Scène 31
Prestation de Souvenirs d’un
vieillard (Deux couplets et refrain)
[Peut-être, montrer à l’écran un segment de la prestation de
Louis-Jacques Beaulieu en 1991.]
Petits enfants jouez dans la prairie.
Trop tôt hélas vous verserez des pleurs.
Scène 32
Saint-Mathieu
en images
[Lecteur]
Les paysages de Saint-Mathieu-de-Rioux sont magnifiques. Ils viennent
embellir la vie des gens qui y habitent. Regardons cinq paysages.
[Pour chaque paysage, le lecteur indique le titre, le lieu, la date et
l’auteur de la photo.]
Scène 33
Les lacs de
Saint-Mathieu
[Lecteur]
Le
sol de Saint-Mathieu-de-Rioux est parsemé de monts et de montagnes. Ce
n’est pas très bon pour l’agriculture, mais c’est un plus pour le
tourisme. Cela génère des paysages magnifiques et sert de base à de
nombreuses activités. On trouve aussi à Saint-Mathieu de nombreux plans
d’eau qui permettent la pêche et les activités nautiques. Parmi ces
plans d’eau, on retrouve 16 lacs qui coulent paisiblement sur le
territoire.
[Des jeunes portent des pancartes montrant le nom des lacs. Par exemple,
ils ont tous une canne à pêche. Pour les trois premiers, le porteur
récite le texte. Pour les autres, le porteur dit : Je suis le lac… Des
photos des lacs pourraient être montrées.]
Lac
Saint-Mathieu
Je
suis le lac Saint-Mathieu,
De
loin, le plus prestigieux.
Autour de moi, plus de 300 chalets
Améliorent mon cachet.
Petit lac
Saint-Mathieu
Je
suis le petit lac Saint-Mathieu
Qui, de son voisin, est moins populeux.
J’ai, pour moi, le coq du clocher
Qui, en tout temps, sait me consoler.
Grand lac
Neigette
Je
suis le Grand lac Neigette
Qui vit parmi les épinettes.
Du
sud au nord, je me déleste
Dans la rivière du Sud-Ouest.
Je
suis toujours accompagné
De
deux amis bien-aimés
Le
Petit lac Neigette
Et
le Deuxième lac Neigette.
Je
suis le lac du Quatrième.
Je
suis le lac du Cinquième.
Je
suis le lac Alarie.
Je
suis le lac des Prairies.
Je
suis le lac Maximien.
Je
suis le lac Olivier.
Je
suis le lac Pigeon.
Je
suis le lac Vaillancourt.
Je
suis le lac Voisine.
Je
suis le Petit lac sur la Montagne.
Je
suis le Petit lac Vaseux.
[En
chœur]
Nous sommes heureux que nos eaux coulent dans votre belle paroisse.
Venez nous visiter.
Scène 34
Le tourisme
[Lecteur]
Depuis plus de 60 ans, grâce à ses lacs et à la nature en partie
montagneuse, Saint-Mathieu-de-Rioux crée des offres touristiques plutôt
nombreuses. En cela, elle est supportée par la MRC des Basques et par
les paroisses qui la composent. Les autres paroisses envient avec raison
nos sites touristiques pour une petite municipalité rurale. Voici les
principaux sites :
[À
mesure, des jeunes apparaissent sur la scène en portant des pancartes
contenant le nom et en récitant le texte.
On montre des photos ou des images animées.]
Le centre de
ski
Je
suis le centre de ski situé au Mont Saint-Mathieu. Mon histoire a
commencé en 1969. Au cours des ans, des Mathéens ont consacré beaucoup
d’énergie pour me rendre viable. Plus je voyais des culbutes de toute
nature dans la neige, plus le nombre de mes pentes augmentait. Au cours
des ans, je me suis diversifié pour devenir un Centre de plein air qui
comprend des sentiers de randonnées et des pistes cyclables.
Le golf
Je
suis un terrain de golf qui existe depuis 1992. Je suis situé à flanc de
montagnes dans les vallons du rang 3 Ouest avec une vue panoramique sur
le lac Saint-Mathieu. Au début, je m’appelais Golf Appalaches. Depuis
2015, j’appartiens à la municipalité et je suis le
Golf du Parc du Mont-Saint-Mathieu. Si l’hiver, l’attraction est le
centre de ski, l’été c’est à mon tour de recevoir des visiteurs venant
de partout pour parcourir mes neuf trous.
Le camping KOA
Bas-Saint-Laurent
Je suis le premier et le seul camping 5 étoiles de l'Est du Québec.
J’offre plus de 170 emplacements et je suis doté d’une salle
multifonctionnelle qui peut accueillir jusqu’à 200 personnes. Je suis
situé à la Pointe du lac Saint-Mathieu, tout près du Centre de ski, en
face d’un Islet qui attire les regards comme un aimant. Pas très loin,
un autre camping opère : c’est le Camping Saint-Mathieu avec sa
soixantaine d’emplacements.
Le vignoble
Je
suis le vignoble Le Domaine du Lac
qui est en opération depuis 2006. Ma plantation est en partie sur la
terre défrichée par le premier colon, Michel Jean. Mes 10 000 plants de
vigne produisent de façon artisanale du vin rouge et du vin blanc. Une
maison rustique accueille les gens pour goûter au vin, en faire
provision ou encore s’initier à sa fabrication. Je suis l’un des deux
seuls vignobles du Bas-Saint-Laurent.
Les sucreries
Je
suis la sucrerie de [nom du propriétaire]. Je suis la plus importante de
la paroisse avec mes [nombre] entailles. Nous sommes encore une
vingtaine de sucreries qui, chaque printemps, sommes heureuses de vous
accueillir et de vous sucrer le bec, tout en respectant une belle
tradition. Nos érables endurent un léger picotement quand on insère le
chalumeau pour les entailler, mais elles le font pour vous. Au début,
nous voyions des chevaux, mais ils sont disparus. Nous disposons
maintenant d’un outillage moderne. Venez nous visiter chaque printemps.
[Lecteur]
La
chanson populaire, Mon beau sapin,
a été légèrement modifiée pour rendre hommage à nos érables qui nous
servent si bien.
Scène 35
Prestation de Mon bel érable.
Mon bel érable,
[Lecteur] Partie optionnelle
Saint-Mathieu-de-Rioux est reconnue pour ses érablières. Goûtons
ensemble les produits de l’érable. Des bonbons d’érable ont été préparés
pour vous par des artisans d’ici.
[Certains
participants du spectacle distribuent des bonbons d’érable dans la
foule.]
Scène 37
150e
anniversaire de la paroisse
2016
[Lecteur]
En
2016, Saint-Mathieu-de-Rioux a fêté le 150e anniversaire. Le
comité organisateur a prévu 36 activités dont la très grande majorité
ont été une réussite totale. Revoyons certaines images de cette année
mémorable.
[Selon les images choisies, un texte pourra être ajouté.]
Scène 38
Hymne à Saint-Mathieu-de-Rioux
[Lecteur]
Le spectacle tire à sa fin. Il nous reste à montrer notre amour
envers ce beau coin de pays qu’est notre paroisse bénie des dieux.
Écoutons l’hymne à Saint-Mathieu-de-Rioux.
Scène 39
[Prestation.]
Je t’aime
Saint-Mathieu-de-Rioux
Je t’aime Saint-Mathieu-de-Rioux
Toi comblée de nombreux atouts.
J’aime ton village perché
Qui semble raconter
L’histoire du passé.
Je t’aime Saint-Mathieu-de-Rioux
Toi comblée de nombreux atouts.
J’aime ton église de pierres
Plus que séculaire
Qui invite à la prière.
Je t’aime Saint-Mathieu-de-Rioux
Toi comblée de nombreux atouts.
J’aime du Sacré-Cœur
Ton monument songeur
Regardant passer les voyageurs.
Je t’aime Saint-Mathieu-de-Rioux
Toi comblée de nombreux atouts.
J’aime ton patrimoine bâti
Qui, avec le temps, se rafraîchit
Sans perdre tout son esprit.
Je t’aime Saint-Mathieu-de-Rioux
Toi comblée de nombreux atouts.
J’aime tes terres ancestrales
Et tes allures patrimoniales
Dans cette paroisse originale.
Je t’aime Saint-Mathieu-de-Rioux
Toi comblée de nombreux atouts.
J’aime tes érables
Plus que respectables
Qui sont infatigables.
Je t’aime Saint-Mathieu-de-Rioux
Toi comblée de nombreux atouts.
J’aime ton lac Saint-Mathieu
Et son petit frère envieux
Qui attirent touristes de tout lieu.
Je t’aime Saint-Mathieu-de-Rioux
Toi comblée de nombreux atouts.
J’aime tes attraits touristiques
Créés par des gens dynamiques
Et pleins d’idées stratégiques.
Je t’aime Saint-Mathieu-de-Rioux
Toi comblée de nombreux atouts.
Scène 40
[Les participants au spectacle se présentent sur la scène et disent en
chœur le texte suivant. Par la suite, ils font le salut traditionnel.]
Merci Mathéens, Mathéennes et amis de la paroisse d’avoir assisté à ce
spectacle. Soyons fiers de nos ancêtres et de notre coin de pays que la
nature a doté de paysages si magnifiques et où la vie est si agréable.
Merci beaucoup. (Fin)
Doc 2016M.
Vincent Théberge
Vincent Théberge naît à Saint-Mathieu le 6 avril 1943. Il est le fils de
Léo Théberge et de Lucie D’Auteuil, mariés le 16 juillet 1930.
Il fait son cours classique au Séminaire de Rimouski et au Séminaire de
Philosophie de Montréal, de 1957 à 1965. Il suit des cours en arts
plastiques à l’École des Beaux-Arts de Montréal et à l’UQAM. À titre de
complément, il a un certificat en andragogie de l’Université du Québec à
Hull.
Ses activités touchent à la création littéraire, la gravure, la
sculpture et le graphisme. Au cours des ans, il collabore à la
conception ou à la réalisation de huit livres d’artistes ou
poèmes-gravures.
En sculpture, il conçoit quatre œuvres.
1. Hommage au père Louis-Étienne Delille Reboul, sculpture, ville de
Hull, 2001.
2. Les Orgues, sculpture-fontaine, Chénéville, 2000.
3. Séquences urbaines, murale, ministère des Transports du Québec, Hull,
1979
4. Fontaine des bâtisseurs, sculpture-fontaine, ville de Hull, 1975.
Depuis 1973, il a remporté 11 prix dont le plus important est celui de
l’Ordre de Gatineau en 2013 pour l’ensemble de son œuvre, pour sa
carrière et pour son engagement. C’est la plus haute distinction
honorifique accordée par cette ville. Conséquemment, il reçoit le titre
de Grand Citoyen de Gatineau.
Il est le coauteur d’au moins cinq livres, auteur d’un récit
Coupable d’être jumeau en 1996 et d’un roman
Francis à marée basse en 2001. Ces deux derniers livres ont été
publiés par les Éditions Vents d’Ouest de Hull. En 1997, le journal Le
Droit lui décerne son prix littéraire pour son livre
Coupable d’être jumeau. Il faut dire que Vincent Théberge est jumeau
identique. Voici ce que l’éditeur a écrit à titre de présentation de ce
livre :
L’auteur pose un regard pas toujours tendre sur une société
contradictoire : un jour, les jumeaux sont adulés pour leur ressemblance
et, le lendemain, ils subissent méfiance et exclusion. Ils deviennent
coupables d’être jumeaux.
Écrit dans un style ouvragé, ce récit concerne un être qui tente de se
singulariser. Ironiquement, cela se passe dans un monde composé
essentiellement de singuliers qui rêvent de copies conformes et de
symbiose. »
Pour en savoir davantage, visitez son site internet où il énumère et
illustre ses principales œuvres :
http://www.vincenttheberge.ca/.
Doc 2016N. Un
oiseau rare à Saint-Mathieu
Sous le titre de Cet oiseau ne
devrait pas être au Québec, le
Journal de Québec a publié dans son édition du 13 décembre 2016, un
article sur un oiseau, le tohi tacheté, qui a élu résidence à
Saint-Mathieu-de-Rioux depuis le 2 décembre 2016. Voici ce qu’a alors
écrit Stéphanie Gendron dans ce journal :
« Un oiseau qui devrait se trouver dans l’ouest du pays a attiré à ce
jour au moins 60 curieux dans la cour
Engouement
Depuis, une soixantaine de personnes venant d’aussi loin que du
Nouveau-Brunswick, de Sorel et de Victoriaville, ont fait le chemin
jusqu’à Saint-Mathieu-de-Rioux pour le photographier et l’observer. « Je
lui mets des graines, du beurre d’arachides et des dattes vers 7 h 15 le
matin et il apparaît et se nourrit au sol vers 7 h 30. Le seul moment où
on l’a moins vu, c’est quand une dizaine de personnes le
photographiaient en même temps », a dit Lise Dionne.
Perdu
Il existe une espèce de tohi au Québec, le tohi à flancs roux. Il peut
être observé, mais pas très souvent, dans le sud de la province. « Mais
dans ce cas-ci, c’est un tohi tacheté et c’est vraiment rare de le voir
ici. Est-ce qu’il est désorienté ? Est-ce qu’il s’est retrouvé dans une
tempête ? C’est encore le mystère des oiseaux perdus », souligne
Mireille Poulin, biologiste spécialisée en ornithologie pour
Go Oiseaux à L’Isle-Verte.
(…) De la même famille que les bruants et de la grosseur d’un merle,
l’oiseau a un bec conique qui lui permet de manger des graines. « Il
pourrait survivre cet hiver, mais c’est loin d’être certain, évidemment
à cause du froid. » Lise Dionne n’arrêtera pas de le nourrir chaque
matin, tant que l’oiseau viendra la visiter. « On espère vraiment qu’il
passe l’hiver ici », conclut-elle. » (Fin du texte cité)
La page Facebook de Ghislaine Théberge nous apprend récemment que
l’oiseau n’a pas quitté depuis. D’ailleurs, en date du 10 mars 2017,
Lise Dionne écrit : « Il est très futé ce Tohi. Il est très prudent ...
Il se nourrit tôt le matin ou tard en PM afin d'éviter l'achalandage des
plus gros oiseaux ! »
À ce jour, la présence de cet oiseau a attiré plus de 200 ornithologues
amateurs du Québec et du Nouveau-Brunswick.
La vocation touristique de Saint-Mathieu-de-Rioux se confirme par le
séjour de ce nouveau touriste. D’ailleurs, dans un message du 11 mars
2017, Lise Dionne indique qu’elle a « répertorié une cinquantaine
d'oiseaux de différentes espèces à Saint-Mathieu ». Elle invite les
ornithologues amateurs à venir faire de l’observation aux abords du
Petit lac Saint-Mathieu.
La photo est de Lise Dionne.
Doc 2016O.
Fernand Dionne (1932-2016)
Fernand Dionne est décédé le 10 décembre, à l’âge de 84 ans. Fils
d’Onésime Dionne, industriel, et de Gracia Ouellet, il est né à
Saint-Mathieu-de-Rioux le 29 avril 1932 au moment où le pays vit une
grande dépression économique suite à la crise boursière de 1929 à New
York.
Il fait ses études primaires au couvent du village, puis son cours
classique au Séminaire de Rimouski de 1944 à 1952 où il obtient son
baccalauréat ès arts de l’université Laval. Par la suite, il prolonge sa
formation en faisant des études universitaires en administration.
Il fait carrière principalement en éducation. Il est tour à tour le
premier secrétaire-trésorier de la commission scolaire régionale du
Bas-St-Laurent, le premier secrétaire général et le deuxième directeur
général du Cégep de Rimouski, le premier directeur régional de la
Direction régionale du Bas-St-Laurent et de la Gaspésie sous l’égide du
ministère de l’Éducation.
L’hebdomadaire de Rimouski
L’Avantage lui a rendu hommage le 14 décembre 2016 sous la plume de
Pierre Michaud. Voici ce texte :
« Le député de Rimouski, Harold LeBel, et le Cégep de Rimouski rendent
hommage au second directeur général de l'histoire du Cégep de Rimouski,
Fernand Dionne, décédé le 10 décembre, à 84 ans.
« Je suis ému et je tiens à exprimer mes plus profondes sympathies ainsi
que mes condoléances à la famille, aux amis et à tous les proches de
Fernand Dionne. J’ai eu l’occasion d’échanger avec lui lors d’un récent
point de presse sur la sauvegarde de la cathédrale et j’ai été
impressionné par l’attachement qu’il avait pour sa région. C’était un
homme dynamique et engagé dans sa communauté. M. Dionne se battait dur
comme fer pour les causes dans lesquelles il s’engageait. Respecté de
tous et grand passionné, il fut une grande source d’inspiration pour
celles et ceux qui l’ont côtoyé », déclare le député de Rimouski.
« C’est avec tristesse que le personnel et la direction du Collège de
Rimouski ont appris le décès de Fernand Dionne. M. Dionne a occupé
différentes fonctions au Collège, dont celles de contrôleur de 1967 à
1968, de secrétaire général de 1968 à 1970 et de directeur général de
1970 à 1975. M. Dionne a été un grand précurseur pendant son mandat à la
direction du Collège. Il a entre autres procédé à l’inauguration de la
toute nouvelle bibliothèque Gilles-Vigneault en 1970 et il a réalisé
plusieurs changements, notamment en ce qui concerne le développement de
plus d’une douzaine de programmes de formation professionnelle »,
indique un communiqué du Cégep.
« Nous avons eu le privilège de
côtoyer M. Fernand Dionne à quelques reprises alors qu’il était à sa
retraite. Il a d'ailleurs participé à la tenue des célébrations du 150e
du Séminaire de Rimouski. À chaque fois, ce fut un plaisir de le
rencontrer et d’échanger avec lui sur l’histoire du Collège. Nos plus
sincères condoléances à la famille de M. Dionne », ajoute une
responsable des communications du Collège, Claire Bérubé. » (Fin du texte cité)
On peut penser que Fernand Dionne, dans son
domaine, a suivi les traces de son père qui a été maire de
Saint-Mathieu-de-Rioux pendant 20 ans et préfet du comté de Rimouski
pendant 8 ans.
Doc 2016P. Un
parc éolien
Le 27 mai 2016, Radio-Canada faisait un reportage sous le titre :
Parc éolien Nicolas-Riou : « Une
mine d'or pour la MRC des Basques », dit Bertin Denis. Le texte a
été écrit d'après les informations de Denis Leduc.
« Le projet de parc Nicolas-Riou, qui consiste à ériger 65 éoliennes de
3,3 MW dans les MRC des Basques et de Rimouski-Neigette, obtient le feu
vert du gouvernement Couillard. Une nouvelle qui réjouit les élus
locaux.
Les ministres de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand,
et du Bas-Saint-Laurent, Jean D'Amour, étaient à Saint-Mathieu-de-Rioux
vendredi matin pour en faire l'annonce.
Quatre cents emplois seront créés durant la construction du parc, et une
dizaine pour assurer les opérations des éoliennes. Le préfet de la MRC
des Basques, Bertin Denis, parle de ce projet comme de l'investissement
le plus important en 100 ans dans sa région. « C'est vraiment énorme
pour la MRC des Basques, les gens sont en train de se préparer, ça
s'achète des maisons pour louer aux travailleurs, ils s'ouvrent des
petits restaurants, des cantines, c'est génial », affirme Bertin Denis.
Pour le préfet, il s'agit de retombées de 1,1 million de dollars en
revenus et en redevances pour les 25 prochaines années, dans la MRC des
Basques. Trois éoliennes ont été retirées du projet initial, pour éviter
une éventuelle pollution visuelle, qui avait fait l'objet d'inquiétudes
chez les résidents de la région.
Le parc éolien Nicolas-Riou sera financé par la société française EDF,
Énergie Éolienne Bas-Saint-Laurent et la Régie intermunicipale de
l'énergie Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine.
Projet éolien Nicolas-Riou :
68 éoliennes de 3,3 MW (capacité totale de 224,4 MW)
Coûts estimés à 500 M $
Les éoliennes seront implantées dans les MRC des Basques et de
Rimouski-Neigette. Le parc Nicolas-Riou sera l'un des derniers projets
éoliens à voir le jour après le quatrième appel d'offres gouvernemental,
puisque le gouvernement Couillard a annoncé dans sa nouvelle politique
énergétique qu’il ne développera pas de nouveaux approvisionnements
énergétiques tant et aussi longtemps que Québec aura une marge de
manœuvre énergétique supérieure à 4 %.
Après avoir tenu des consultations publiques l'automne dernier, le
Bureau d'audiences publiques sur l'environnement a donné son feu vert au
projet en février dernier. » (Fin du texte cité)
Doc 2016Q. La
grange à dime
Dans la monographie de Saint-Mathieu-de-Rioux publiée en avril 2016,
j’ai écrit un texte intitulé La
grange à dime. Certaines personnes ont été surprises du fait que je
l’avais appelée ainsi, parce que souvent les gens disaient
La grange du curé.
Je me souviens d’être allé à cette grange avec mon père quand j’avais
probablement neuf ans. C’était en 1950. Mon père était allé porter des
poches d’avoine.
Dans le livre, j’ai mentionné que les cultivateurs allaient « y déposer
un prorata de leur récolte de grains ou de foin », mais je n’ai pas
défini le prorata pour ne pas alourdir le texte et parce que ce ratio a
changé au cours du temps.
Dans la Bible, on raconte qu’Abraham avait donné la dime à Dieu, soit la
dixième partie de son revenu. D’ailleurs, le mot dime, vient du mot
latin decima signifiant
dixième.
Dans le site de Sainte-Flavie, on fait la petite histoire de la dime au
Québec. On peut lire : « La dime est à l’origine un impôt en nature. Ce
système de prélèvement provient du système féodal français et il a
traversé l’Atlantique avec les premiers colons français. La dime était
un des moyens employés par l’Église, pour libérer les curés des
paroisses du fardeau des travaux manuels.
Au Québec, l’instauration de la dime subit plusieurs adaptations et
soubresauts. En effet, le premier évêque de Québec la fixe à la
treizième part de la récolte du grain. Mais ce dernier est contraint de
la réduire à la vingtième part et finit même par la suspendre. Il faut
attendre Jean Talon, premier intendant de la Nouvelle-France
(1665-1681), pour que la dîme soit fixée à la vingtième part en 1674.
Lors de la Conquête de 1760, la dîme est abolie. Toutefois, il semble
qu’elle continua d’être fidèlement payée au curé après les
bouleversements du changement de régime. Enfin en 1774, l’Acte de Québec
remet le système en vigueur. »
Plus loin, on écrit : « Au Québec, la dîme correspond le plus souvent au
vingt-sixième minot de grain récolté. »
Même si les évêques fixaient des proratas, la dime est passée de statut
d’obligation légale à celui de devoir moral sur une base volontaire.
Il existe encore quatre granges à dime au Québec, dont celles de
Sainte-Flavie, Sainte-Florence et de Saint-Joseph de Kamouraska.
Doc 2016R.
Terre d’Yvon Ouellet
Sur la page Facebook de Ghislaine Théberge, Yannick Plourde a nommé cinq
propriétaires de la terre qui appartient aujourd’hui à Yvon Ouellet.
Cette terre est située au rang 3 Ouest, non loin de la route qui mène à
Saint-Simon. Mes recherches ont permis de trouver un autre propriétaire,
Joseph-Narcisse Ouellet. Les propriétaires connus de cette terre sont
uniquement des Plourde et des Ouellet. Les voici :
1. Éloi Plourde, marié à Euphémie Bélanger le 3 septembre 1850 à
Saint-Simon. Le couple a eu six enfants.
*2. Cyprien Plourde, marié à Symphrose Gauvin le 22 juillet 1884 à
Saint-Simon. Il est le fils d’Éloi Plourde. Par la suite, il fut
marchand général. Le couple a eu 13 enfants.
3. Joseph-Narcisse Ouellet, marié à Éva Bérubé le 7 juillet 1896 à
Saint-Mathieu. Le couple a eu 14 enfants.
4. Étienne Ouellet, marié à Alice Vaillancourt le 27 juillet 1920 à
Saint-Mathieu. Il est le fils de Joseph-Narcisse. Le couple a eu 13
enfants.
*5. Simon Plourde, marié à Anne-Marie Beaulieu le 7 juillet 1951 à
Saint-Mathieu. Il est l’arrière-petit-fils d’Éloi Plourde (Éloi, Joseph,
Émile, Simon). Le couple a eu sept enfants.
*6. Yvon Ouellet, marié à Monique Rainville le 27 avril 1974 à Beauport.
Aimée Ouellet, la grand-mère d’Yvon du côté maternel, est la fille de
François Ouellet, frère de Joseph-Narcisse. Le couple a eu trois
enfants.
On peut penser que, selon la coutume, l’année de possession de la
terre pour les quatre premiers propriétaires correspond à la date de
leur mariage. Peut-être, y a-t-il eu d’autres propriétaires ? Les actes
notariés nous permettraient de valider cette liste.
L’astérisque indique que le propriétaire a été (ou est) maire.
Serait-ce une terre fertile pour accéder à la mairie ?
Il serait intéressant de faire le même
exercice pour d’autres terres de Saint-Mathieu.
Doc 2016S.
L’Auberge 4-Saisons
Dans un article écrit par Pierre Michaud et publié le 17 mai 2016 dans
le journal l’Avantage, on nous apprend que le Camping KOA Bas-St-Laurent
a acheté l’Auberge 4-Saisons. Voici le texte :
« À la suite de la fermeture définitive et de la faillite de l’Auberge
4-Saisons de Saint‐Mathieu
en février dernier, Camping KOA Bas‐St‐Laurent vient de s'entendre avec le syndic pour en
faire l’acquisition.
- les Fêtes du 150e anniversaire de Saint‐Mathieu‐de‐Rioux
;
- la piscine, la plage, le parc d’amusement familial et les croisières
en ponton seront accessibles du 10 juin au 15 septembre ;
- le Festival du Riverain, du 1er au 3 juillet ;
- Trois‐Pistoles
en Chansons, les fins de semaines du 8 et 15 juillet ;
- le Weekend Country à la Fête du Travail ;
- le Tour du Lac Saint‐Mathieu le 10 septembre.
« L’Auberge 4-Saisons existait
depuis 40 ans et est devenue une véritable institution. Nous croyons
important qu’il y ait des services de restauration et d’hébergement
autour du Lac, cet été. Nous analyserons comment en assurer la pérennité
» lance Thomas Gagnon, président.
Situé directement sur les rives du Lac Saint‐Mathieu et sa plage de sable fin, Camping KOA Bas‐St‐Laurent
est le premier camping 5 étoiles de tout l’Est du Québec.
En 2016, avec 255 sites dont 230 pour VR, 25 pour tentes et petits VR
ainsi que 6 cabines, Camping KOA Bas‐St‐Laurent devient également le plus important camping
dans l’Est. Thomas Gagnon est secondé par Martin Bruneau, gérant, et
Jérôme Bérubé, responsable de la construction. » (Fin du texte cité)
Doc 2016T.
Populations comparées
Il est intéressant de comparer la population de
Saint-Mathieu-de-Rioux et de Saint-Simon au cours de leur histoire
respective.
En 1861, Saint-Simon compte 1951 habitants. Même si
Saint-Mathieu se développe à un bon rythme, les personnes qui vivent
dans cette paroisse sont comptées pour Saint-Simon. En effet, tous les
actes religieux et civils, comme les baptêmes, les mariages et les
sépultures sont enregistrés à Saint-Simon.
En 1866, avec l’arrivée d’un curé résident et
l’ouverture des registres paroissiaux à Saint-Mathieu, tout est
maintenant enregistré dans cette paroisse.
Nous n’avons pas les statistiques de 1861 pour
Saint-Mathieu et de 1866 pour Saint-Simon. Toutefois, il est raisonnable
de penser que la population de Saint-Mathieu en 1861 était d’au moins
700 personnes et celle de Saint-Simon en 1866, d’environ 1200 personnes.
En 1866, Saint-Simon a perdu environ 40 % de sa population en faveur de
Saint-Mathieu.
En 1871, la paroisse de Saint-Simon compte 290
personnes de plus que Saint-Mathieu. En 1881, c’est seulement 91
personnes de plus.
Dans les années 1880, la migration vers les États-Unis commence. En même
temps, les cultivateurs scindent leur terre en deux ou trois parties.
Les jeunes adultes ne peuvent pas tous demeurer sur la terre paternelle.
Ils quittent le logis paternel pour les centres urbains du Québec ou
pour les usines des États-Unis. On voit très bien cette perte dans les
données. De 1881 à 1891, Saint-Simon perd 268 habitants et Saint-Mathieu
en perd 329.
Pour la première fois, en 1901, Saint-Mathieu dépasse Saint-Simon et ce,
de 95 habitants.
De 1911 à 1921, Saint-Simon voit sa population
augmenter de 39 âmes tandis que Saint-Mathieu diminue de 61 âmes.
Saint-Simon reprend alors la première place. En 1941, Saint-Mathieu
atteint plus de 1000 habitants, ce qui n’est pas arrivé à Saint-Simon
par la suite.
De 1941 à 1966, Saint-Simon se maintient autour de
900 habitants, tandis que Saint-Mathieu est autour de 1100 habitants
avec un cap en 1956. Il est fort plausible que la manufacture de boîtes
à beurre et les coupes forestières ont permis à Saint-Mathieu de
maintenir ce haut taux de population.
De 1966 à 2016, la population de Saint-Simon a
sensiblement diminué d’une année à l’autre. Le même phénomène s’est
produit à Saint-Mathieu, mais s’est estompé en 2001 alors que la
population se maintient dans les 600 habitants.
En 2016, Saint-Mathieu comptait 213 habitants de
plus que Saint-Simon. Si Saint-Mathieu a réussi à maintenir sa
population entre 600 et 700 depuis 2001, c’est à cause des chalets qui
ont proliféré principalement autour du Lac Saint-Mathieu.
Voici les statistiques de la population des deux
paroisses de 1861 à 2016 :
______
Sources des statistiques : Ministère de
l'Agriculture/Bureau fédéral de la statistique/Statistique Canada,
Recensements du Canada, 1861 à 2016
Doc 2016U.
Portrait comparé 2006-2016
Statistique Canada a dressé le portrait
socio-économique de Saint-Mathieu-de-Rioux en 2006 et en 2016. Voici les
principaux points* :
Voici quelques considérations basées sur ces statistiques :
1. Le nombre de logements a augmenté de 4,9 %.
2. La population a vieilli de 2,2 ans. On compte 20 jeunes de moins et
45 aînés de plus.
3. Le nombre de personnes qui parlent le français et l’anglais a
augmenté de 13 %.
4. Le revenu moyen des ménages a augmenté de 26,6 %, tandis que la
valeur d’un logement a augmenté de 110,4 %. Si on transpose annuellement
sur une période de 10 ans, le revenu moyen a augmenté de 2,66 % et la
valeur d’un logement de 11 %.
5. Le nombre de personnes qui n’ont aucun certificat d’études a diminué
de 35 %, tandis que le nombre de personnes ayant un diplôme
universitaire a augmenté de 21,5 %.
_________
* Il faut prendre ces statistiques avec une certaine réserve étant donné
la petite taille de la population étudiée. Toutefois, ces statistiques
peuvent être une bonne base de discussions.
** On appelle logement tout lieu d’habitation, que ce soit une maison,
un chalet ou un appartement.
Doc 2017A.
Place aux femmes
Dans la petite histoire comme dans la grande histoire, les femmes sont
souvent oubliées. Pourtant elles ont joué un rôle important.
À Saint-Mathieu, qui a déjà entendu parler de Sophie Bergeron, Archange
Jean et Élisabeth Côté ? Pourtant, l’histoire a retenu les noms de leur
mari qui sont respectivement Michel Jean, Élie Dionne et Louis Parent
(père), les premiers défricheurs.
Plus près de nous, à part la parenté, qui pourrait replacer Eugénie
Lebel, Gracia Ouellet et Ilda D’Auteuil ? Pourtant, ce sont les épouses
des maires de Saint-Mathieu de 1934 à 1967 qui sont respectivement
Alfred Belzile, Onésime Dionne et Réal Dionne.
La première femme marguillière de la paroisse est élue en 1966. Dans
l’album-souvenir du centenaire, on l’appelle Madame Gérard Belzile,
d’ailleurs comme c’est inscrit dans les registres paroissiaux. Pourtant,
son nom est Jeanne Gagnon.
Une des raisons de ces oublis est qu’en se mariant la femme prend le nom
de son mari, un peu comme les religieuses qui choisissent un nouveau
nom. Ce n’est que dans les années 1980 que les femmes ont pu commencer à
conserver leur vrai nom et à devenir légalement autonomes. Quand on
retrouve, dans les anciens écrits, des noms de femmes cachés sous les
noms de leur mari, il faut faire des pirouettes pour retracer leur
identité.
Pourtant les femmes de Saint-Mathieu ont contribué autant et peut-être
plus que les hommes au développement de la paroisse. On ne saura jamais
si certains hommes sont devenus illustres à cause de leur femme qui les
conseillait. Pensons à ces mères de famille qui ont mis au monde de
nombreux enfants, les ont éduqués et n’ont pas cessé de leur manifester
leur tendresse du berceau à la tombe.
Les femmes du milieu rural, en plus de mettre des enfants au monde, ont
participé aux travaux de la ferme en trayant les vaches, en semant des
jardins, en récoltant les légumes, en filant la laine, en soignant les
poules et en ramassant les œufs, en défaisant des vêtements usagés pour
en faire de nouveaux, en fabriquant le savon, en lavant le ligne, en
faisant le ménage de la maison, en préparant les repas, en ramassant les
petits fruits des champs, en faisant le beurre, en bourrant les matelas
de paille, etc. Dans le milieu villageois ou urbain, plusieurs de ces
tâches leur incombaient.
Doc 2017B. Un
Mathéen en France
Saint-Mathieu-de-Rioux au Québec a vu un des siens participer à
l’émission de télévision The Voice
en France samedi le 25 février 2017. Il s’agit de Yoann Guay, un jeune
homme de 16 ans. Il n’a pas été retenu par les juges, mais son talent a
été remarqué.
« Jeune expatrié canadien, Yoann Guay ne se balade jamais sans sa
guitare. Il décide de participer à cette sixième saison de
The Voice afin de faire
découvrir sa voix au public français. Pour ces Auditions à l’Aveugle,
Yoann Guay s’accompagne de sa guitare et reprend le titre « J’entends
siffler le train » de Richard Anthony dans l’espoir d’attirer
l’attention des Coachs. Son timbre de voix lui permettra-t-il de gagner
sa place au sein de l’équipe de l’un d’entre eux et d’accéder ainsi aux
Battles ? »
Voici ce qu’écrivait Ruben VANYPER, pour TF1 le 26 février, au lendemain
de l’émission :
« Yoann Guay n'a pas réussi à faire se retourner les
coachs. Pourtant, sa voix atypique aurait dû les intriguer. Du haut de
ses 16 ans, le jeune Québécois a une voix très grave. Et pour la mettre
en avant, il a interprété J'entends siffler le train de Richard
Anthony. Pour Mika, le jeune homme est "un senior". Un avis qu'a partagé
Florent Pagny. Et pourtant... À la fin de sa prestation, les coachs,
curieux, n'ont pas hésité à se retourner pour découvrir la personne qui
se cachait derrière cette voix. Force est de constater qu'il faut
toujours se méfier des apparences... »
Félicitations à ce jeune homme et bonne chance pour l’avenir.
La photo est de TF1.
Doc 2017C. Le prochain anniversaire
Dans la monographie
Saint-Mathieu-de-Rioux raconte son histoire, j’ai écrit :
« Le centenaire de
Saint-Mathieu aurait dû être célébré en 1958 pour souligner l’érection
de la paroisse. Il est probable que ce détail ait échappé au curé Alfred
Bérubé et aux marguilliers de l’époque. Quand l’abbé Gérard Cayouette
est nommé curé en 1959, il réalise cet oubli.
Il aurait pu alors choisir 1965 pour commémorer l’érection civile de la
paroisse, mais comme, selon la tradition, il revient à la fabrique de
souligner un tel événement, il préfère attendre 1966 qui est le centième
anniversaire de l’arrivée du premier curé résident. C’est donc la
première fois en 1966 qu’on souligne un anniversaire de la paroisse par
des festivités. »
En 1966, 1991 et 2016, on a fêté respectivement le 100e, le
125e et le 150e anniversaire de la paroisse.
Pourtant, ce n’était pas un anniversaire de la paroisse. On soulignait
l’arrivée du premier curé résident. La fabrique en 1966 et en 1991 en
avait décidé ainsi. La municipalité en 2016 a fait de même. À partir de
la première décision de la fabrique, les autres se sont enchaînées.
Quand j’ai écrit la monographie de Saint-Mathieu-de-Rioux, j’étais
toujours mal à l’aise de parler d’anniversaires de la paroisse, car le
fondement historique ne justifiait pas ces appellations. Je n’avais pas
le choix. Les autorités religieuses puis civiles en avaient décidé
ainsi.
Pourtant, Saint-Anaclet-de-Lessard dont l’érection canonique a eu lieu
en 1858, la même année que Saint-Mathieu, et l’érection civile l’année
suivante a fêté son 150e anniversaire en 2009, sept ans avant
Saint-Mathieu.
Dans ce contexte, quatre options se posent :
1. Fêter le 175e anniversaire d’érection de la paroisse en
2033.
2. Fêter le 175e anniversaire d’érection de la municipalité
en 2040.
3. Fêter le 175e anniversaire de l’arrivée du premier curé
résident en 2041.
4. Fêter le 200e anniversaire de fondation de
Saint-Mathieu-de-Rioux en 2030.
Dans la dernière option, on ne parle pas de paroisse ni de municipalité
tout comme le font Québec et Montréal, par exemple. Québec a vu arriver
Samuel de Champlain en 1608. On a fêté le 400e anniversaire
de fondation en 2008. Montréal a vu arriver Pierre de Maisonneuve en
1642. On fête le 375e anniversaire de fondation en 2017.
Personnellement, j’opte pour l’option 4. Je laisse au soin des Mathéens
et Mathéennes de discuter de cette proposition pour qu’une décision soit
prise quand le temps sera venu.
Doc 2017D. Une entreprise de tuques
À Saint-Mathieu-de-Rioux, Naïma Viens a mis sur pied une
entreprise qui confectionne des tuques réversibles. Voici un texte du
journal L’Avantage à partir du
clavier d’Adeline
Mantyk, publié le 27 novembre 2017 :
« Naïma Viens, qui a adopté la municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux en
2007, vient de se lancer en affaires avec son entreprise
Metatuq, elle crée des tuques
réversibles pour les amateurs de plein air.
Naïma Viens, qui crée et coud ses modèles elle-même depuis octobre,
s’est lancée dans l’entrepreneuriat après avoir identifié un besoin :
« Je fais beaucoup de plein air et lorsque je cherchais des tuques, je
trouvais qu’il était difficile de se procurer un bon produit. Au début,
j’allais en friperie pour chercher des gilets en polyester, de type
« spandex » ou lycra, car c’est une matière qui sèche rapidement et
évacue bien l’humidité. Mais je passais énormément de temps à chercher
ces vêtements, difficiles à trouver. J’ai commencé à acheter du lycra. »
Mme Viens a toutefois conservé son modèle « écoresponsable unique »
réversible. Pourquoi réversible ? « Je trouve que ça permet d’avoir deux
looks pour le prix d’un. J’ai inséré un trou par la couette et un
bandeau de polar intégré pour le soutien dans ma collection
automne-hiver. Les tuques sont de taille unique, je crée des modèles
pour femmes, hommes et pour les enfants. »
Étudiante en techniques de radiologie, Mme Viens a choisi de se
réorienter dans cette nouvelle carrière pour sa famille. À 35 ans, elle
possède une famille de quatre enfants, âgés de 5 à 12 ans : « En
radiologie, les horaires sont très variables. Je voulais gérer mon
temps, être mon propre patron et surtout, ma famille passe en premier.
J’ai quitté mon stage, et depuis j’ai fait des essais de patrons pour
trouver le meilleur modèle. »
Mme Viens lancera officiellement sa collection le 21 novembre en ligne
et présentera ses produits au kiosque de l’équipement du parc du
Mont-Saint-Mathieu dès l’ouverture de la saison le 2 décembre. Elle a
déjà commencé à commercer via un site de transactions en ligne et se
réjouit de déjà acheminer des tuques jusqu’au Tennessee ! » (Fin du
texte cité)
Doc 2017E. Un marché de Noël
Une autre activité communautaire est organisée à
Saint-Mathieu-de-Rioux ce dimanche. Voici un article extrait
d’Infodimanche du 26 novembre 2017 à ce sujet :
« La Municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux sera
l’hôte de son premier Marché de Noël à la salle municipale de
Saint-Mathieu-de-Rioux située face à l’église. L’accès au marché est
gratuit et vous y êtes tous conviés le 3 décembre de 9 h à 17 h.
L’idée de faire ce marché est venue du fait qu’il y a plusieurs artistes
et artisans dans le village qui désiraient avoir une vitrine pour faire
connaitre les fruits de leur créativité. De plus en plus dynamique, ce
beau village fourmille d’initiatives communautaires pour animer le
milieu. Afin de valider la possibilité de tenir une journée de marché,
un appel d’intérêt a été fait via les réseaux sociaux. Les gens ont vite
répondu à cette belle opportunité. Les 20 tables ont été réservées en
quelques semaines et le Marché de Noël venait de se concrétiser.
Voici la liste des exposants qui seront présents à cette première
édition :
Confection Lime et lune (portefeuilles et sacoches);
Lorenzo Beaulieu (articles en bois);
Caroline Beaulieu (tissage);
Marie-Hélène Beaulieu (savon);
Cynthia Cyn Beaulieu (bijoux);
Metatuq (tuques);
Miss Pigeon (chemises, sous-vêtement et créations);
Mélanie Paquet (bijoux et tricot);
Laurie Ouellet (cartes);
Annie Nadeau (colliers);
Sonia Pelletier (sacs, napperons);
Marie Lee Billot D’eau (linogravure et tissus imprimés);
Christel de Vries (bombes de bain);
Melanie Marier (miel et confitures artisanales);
Francine Lebel (fleurs d’hiver);
Annik Beaulieu (chocolat);
Carol Rioux (produits de l’érable),
Marjolaine Perron (articles de bois),
Lorraine Jean (cartes et toiles) et
Marie Norbert (bijoux et sculpture). » (Fin du texte cité)
Impressionnant, le
nombre d’exposants ! Bonne chance.
Doc 2018A.
Le Club Appalaches
En août 2018, le Journal de Montréal et de Québec a publié deux articles
concernant le Club Appalaches. Suite à ces articles, la page Facebook
Échos de Saint-Mathieu,
administrée par Ghislaine Théberge, a reçu de nombreux commentaires.
On a pu lire des opinions diversifiées dans le respect et dans la
retenue. En effet, c’est un sujet émotif pour plusieurs à
Saint-Mathieu-de-Rioux et, en conséquence, il pourrait être la cause de
dérapages.
Personnellement, dans mon enfance et dans mon adolescence, j’ai eu un
lien affectif envers le club et ses membres. La maison de mes parents
était située au rang 5 à l’entrée de la route qui se rend au sixième
rang et au Lac-Boisbouscache.
En 1932, quand mon père a acheté sa terre, il devint le conducteur
officiel des membres du club. La route n’était pas encore carrossable
pour les automobiles. Quand les membres arrivaient chez nous, ils
garaient leur automobile sur la terre de mon père. Ce dernier attelait
son cheval et les conduisait à leurs chalets. En cours de route, les
touristes offraient à mon père un p’tit verre : ce qu’il ne dédaignait
pas. Au bout de trois ou quatre ans, un soir, au retour, il a failli se
noyer dans une rivière qui débordait. Il a alors abandonné le transport.
Quand j’étais jeune, les touristes arrêtaient souvent à la maison. La
plupart portaient des bermudas. Pour nous, c’était inhabituel. Ma mère
n’aimait pas cela, mais elle ne disait mot.
Entre autres fait divers, un jour, un touriste qui était médecin a
soigné une de mes sœurs. Un autre a voulu adopter une de mes sœurs qui
avait 3 ou 4 ans. Il l’a photographiée et a envoyé à ma mère deux photos
par la poste.
Les membres du club achetaient de ma mère des œufs, du lait et divers
petits objets qu’ils avaient oublié d’apporter. Pour nous, c’était un
plaisir de piocher des vers de terre à un sou le ver.
Par ailleurs, le surveillant de la barrière arrêtait souvent chez mes
parents le dimanche après-midi, apportait des friandises aux enfants et
parfois soupait chez nous.
Tout cela entre dans le lien affectif. Toutefois, en vieillissant, j’ai
vécu de la frustration. J’ai passé des centaines de fois devant la
barrière du Club et pourtant je n’ai jamais pu entrer dans ce
territoire. Cette barrière bloquait l’accès à toute personne, sauf aux
membres, à leurs invités et aux travailleurs forestiers. Pourtant, mon
père avait au sixième rang une terre qui était à la frontière du
Lac-Boisbouscache.
En somme, les membres du Club dont la plupart provenaient de Sherbrooke
à l’époque venaient prendre nos poissons et notre gibier dans notre
cour. Ils chassaient le même gibier que mon père convoitait sur sa terre
du sixième rang tout près.
Ce qui en a fait sursauter plus d’un s’est passé au début des années
1970. Jusque-là, la route qu’on appelle aujourd’hui la
Route du 5e-Rang était asphaltée jusque
chez Charles Dionne, soit avant d’entreprendre la première côte. À
partir de ce point, des travaux d’asphaltage ont été entrepris et se
sont arrêtés à l’intersection de la route qui mène au Club soit avant
notre maison, laissant dans la poussière les 12 maisons du rang 5 plus à
l’est.
Le sujet est émotif pour moi. Mais, de façon rationnelle, je souhaite
qu’une entente soit conclue pour permettre à tout le monde d’avoir accès
librement à ce territoire sans restriction au sujet de la pêche et de la
chasse. On ne peut pas accepter que les membres du club aient accès en
exclusivité à 16 lacs du Lac-Boisbouscache et à certains lacs du sixième
rang de Saint-Mathieu-de-Rioux.
Qui sait ? Il y a peut-être un os dans ce litige. Le 8 mai 2013, le
conseil municipal de Saint-Mathieu se disait en faveur du maintien du
Club Appalaches et refusait d’appuyer la MRC des Basques dans ses
démarches.
J’ose penser que plusieurs personnes de Saint-Mathieu ont, pour diverses
raisons, des liens émotifs et rationnels avec le Club. C’est pour cela
que les commentaires de la page Facebook sont si précieux. Il faut en
parler et en reparler pour que nos décideurs, proches ou lointains, ne
nous oublient pas.
Doc 2018B. Du
dynamisme à Saint-Mathieu
Sous le titre Plusieurs projets en
marche à Saint-Mathieu-de-Rioux, le journal
Infodimanche du 6 avril 2018
nous informe que cette municipalité a des projets de développement fort
intéressants pour son milieu. Voici le texte :
« Le comité de développement de Saint-Mathieu-de-Rioux a le vent dans
les voiles et dresse un bilan fort stimulant de la dernière année. Lors
de son assemblée générale annuelle qui s’est tenue le 28 mars, sept
administrateurs ont été élus auxquels s’ajoutent deux administrateurs
délégués par la municipalité.
Il s’agit de Sylvie Brochu, présidente, Lucie Malenfant,
vice-présidente, Ginette Rainville, secrétaire-trésorière, Marie-France
Camirand, Marlaine Samson, Maylina Fournier, Réal Dubé, René Bérubé et
Marc Jean.
Le 18 novembre 2017, le comité de développement en collaboration avec la
SADC des Basques tenait une rencontre publique de présentation de son
plan d’action 2017-2022 devant 60 participants. Une importante
mobilisation s’est ensuite orchestrée autour des projets jugés
prioritaires découlant des démarches consultatives précédentes. Ainsi,
un sous-comité d’embellissement et d’aménagement a mis en place
différents petits comités de travail, que ce soit pour la poursuite de
l’aménagement de la plage municipale du Riverain, la création d’un site
d’observation ornithologique, l’étude d’un projet de sentiers
écologiques et le déploiement d’un plan d’aménagement paysager global
pour la municipalité. Le comité entend aussi entreprendre des démarches
visant à étudier les possibilités d’aménagement d’un terrain municipal
bordant le grand lac Saint-Mathieu.
D’autre part, un sous-comité de communication, promotion et
signalisation s’attarde d’abord à développer un plan de signalisation
harmonisé, efficace et esthétique visant à mieux orienter et accueillir
les visiteurs et passants. Le comité de développement entend aussi
appuyer les efforts visant la relance du Comité des loisirs et appuyer
toutes démarches pertinentes visant l’accessibilité au réseau de
téléphonie cellulaire à titre de besoin essentiel. Appuyés et
accompagnés par la SADC des Basques, plus d’une quinzaine de bénévoles
sont impliqués sur les différents comités et sous-comités liés à la
réalisation des projets du plan d’actions 2017-2022.
Le comité de développement avait aussi soumis au conseil municipal un
projet d’embauche d’un agent de développement, visant à soutenir et
faciliter les initiatives liées au développement local. Lors de
l’assemblée générale annuelle, le maire de Saint-Mathieu-de-Rioux, Roger
Martin, confirma que des procédures d’embauche seront lancées
prochainement, afin d’ouvrir ce nouveau poste clé. Un partenariat avec
la Corporation du Parc du Mont-Saint-Mathieu est établi pour partager
cette ressource.
Bénéficiant d’un environnement fort agréable et du renouvèlement continu
de sa population, le comité de développement remercie tous les acteurs
locaux qui sont à l’œuvre afin de continuer de faire de
Saint-Mathieu-de-Rioux une municipalité énergique, accueillante et
attractive. Il est possible de contacter le comité de développement par
courriel à stmdr.cdev@outlook.com ou rendez-vous sur le site de la
municipalité, onglet communiqués et avis, pour consulter le plan
d’actions, le rapport annuel et autres documents d’intérêt. » (Fin du
texte cité)
Doc 2018C. L’église Saint-Mathieu
Le débat est lancé. La municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux compte
acquérir l’église de la paroisse et la transformer en un centre
multifonctionnel. Voici ce qu’écrit Éric Gagnon, de Radio-Canada en date
du 6 mars 2018 :
« L'occasion est belle, on a besoin d'un centre
multifonctionnel. On a discuté avec le diocèse et [la fabrique] ils
seraient probablement prêts à nous la céder. » Roger Martin, maire de
Saint-Mathieu-de-Rioux
Un comité doit être formé au cours des prochaines semaines pour étudier
la question. Ce comité sera formé de trois membres du conseil de
fabrique, trois membres du conseil municipal et de l'économe diocésain
de l'Archevêché de Rimouski, Michel Lavoie.
« Dans un premier temps, les travaux qu'on va entamer avec le comité, ça
concerne la nef pour la transformer en centre communautaire. On
souhaite, un peu comme ç'a été fait à Lac-au-Saumon et à d'autres
endroits, garder un endroit pour le culte. »
M. Martin souligne qu'une étude sera faite prochainement pour évaluer
les sommes qui doivent investies pour réparer l'église. » (Fin du texte
cité)
Photo
de l’église avant 1930
Doc 2020.
Décès d’un
centenaire
Daniel Jean Girouard, époux de Claire Girouard (née Henley), de Calgary,
Alberta, est décédé le samedi 22 février 2020 à l'âge de 100 ans et 4
mois. Il était natif de Saint-Mathieu-de-Rioux. La maison funéraire
McInnis & Holloway a publié
sur son site une courte biographie en anglais de cet homme.
Comme le récit de sa vie est
assez exceptionnel pour l’époque, j’ai pensé vous présenter ce texte. Le
voici en traduction libre :
« Daniel John Girouard est né le 22 octobre 1919 d'Alfred Girouard et
d'Yvonne Dionne dans la paroisse de Saint-Mathieu au Québec. Le temps
que Daniel a passé avec sa mère a été malheureusement bref. En 1921, peu
de temps après la naissance du frère de Daniel, Charles, sa mère et son
bébé Charles sont décédés de complications après la naissance. Cette
tragédie a incité Alfred à quitter le Québec pour commencer une nouvelle
vie dans l'Ouest, soit dans le district de Peace River en Alberta.
Quand Daniel eut 12 ans, son père est revenu à Saint-Mathieu pour le ramener
en Alberta. Au début du séjour, Daniel ne croyait pas qu'Alfred était
son père. Le lendemain, après le retour de Daniel de l'école, Alfred
était toujours là. Ses grands-parents ont réussi à le convaincre
qu'Alfred était bien son père et il accepta la situation. Daniel a
voyagé avec son père, ses oncles Charles et Ferdinand Dionne, et
Philippe D'Auteuil en Alberta.
Son père s'était marié une deuxième fois avec Florentine Campbell en 1926,
ils avaient deux enfants : Ted (Phillip Alfred) et Jeanne. Daniel avait
un demi-frère et une demi-sœur qu'il avait rencontrés à son arrivée à la
propriété familiale de Dreau en Alberta. Daniel a poursuivi ses études
jusqu'à l'âge de 15 ans quand il a fait une chute brutale de son cheval
et s'est blessé à la jambe. Après avoir récupéré à la maison, il a été
décidé qu'il avait suffisamment de scolarité, et il était temps pour lui
de commencer à travailler à plein temps à la ferme. Daniel a travaillé à
la ferme jusqu'à ce qu'il convainque son père de le laisser aller dans
un camp de bûcherons pour aider ses oncles. Il a également défriché des
terres avec son père et a travaillé pour le chemin de fer dans sa
jeunesse.
En 1941, à l'âge de 21 ans, Daniel s'est enrôlé dans les Forces armées
canadiennes à Grande Prairie en Alberta. Il s'est entraîné près de
Calgary, puis en Angleterre. Daniel a servi pendant la Seconde Guerre
mondiale avec une équipe de transport au sol. Il a été affecté en
Méditerranée centrale, en Europe du Nord-Ouest et en Hollande à la fin
de la guerre. Il est revenu au Canada en 1946. Il a noué des amitiés à
vie avec plusieurs de ses copains de l'armée, dont Dick Page et Henry
Johnson de la région de Didsbury, et plusieurs autres de partout en
Alberta et au Canada.
Daniel est retourné dans la région de Peace River pour travailler sur le
chemin de fer et la ferme. Là, il a rencontré l'amour de sa vie Claire
Marie Henley. En décembre 1946, ils se sont mariés à Girouxville, en
Alberta. La réception a dû être assez festive car l’édifice a brûlé
après le départ des invités tôt le matin
Daniel et Claire ont acquis une terre au sud de Girouxville qu'ils ont
défrichée et cultivée jusqu'en 1950, tout en occupant d'autres emplois
pour joindre les deux bouts. En 1947, leur première fille est née,
Marguerite Yvonne. En 1948, leur premier fils est né, Richard Theodore.
La jeune famille demeurait près de Prince George, en
Colombie-Britannique, pour le travail, où leur deuxième fille, Paula
Louise, est née en 1949. Pendant leur séjour en Colombie-Britannique, un
incendie a de nouveau frappé et ils ont perdu de nombreux biens.
Daniel a ensuite trouvé un emploi dans une équipe sismique et la famille a
voyagé avec lui. Ils vivaient dans une petite remorque au gré des
travaux sismiques en Alberta et en Saskatchewan. En 1953, ils sont
arrivés à Calgary et ont vécu dans le parc à roulottes d'Inglewood, puis
à Sunshine Auto Court, qui fait maintenant partie de Stampede Park. En
1954, Daniel a commencé à travailler pour Postes Canada, où il fut
facteur jusqu'à sa retraite en 1980.
En 1955, la famille emménage dans une toute nouvelle maison à Bowness. Les
enfants avaient de l’espace en masse : 850 pieds carrés, une grosse
différence par rapport à la roulotte. Les enfants ont fréquenté l'école
à Bowness, et Daniel et Claire se sont fait de nombreux nouveaux amis.
Daniel aimait voyager, et la famille a passé de nombreux week-ends sur
la route pour rendre visite à des parents et amis. À la surprise
générale, le quatrième enfant de Daniel et Claire, Paul Louis, est
arrivé en 1966, 17 ans après sa sœur.
Les voyages de Daniel et Claire les ont emmenés en Europe, en Amérique du
Sud et dans les Caraïbes. Après leur retraite en 1980, ils ont passé
plusieurs années à faire des voyages en camping-car à travers le Canada,
les États-Unis et le Mexique. Après que Daniel ait eu 80 ans, les
voyages ont été plus courts, mais ils ont quand même voyagé à travers le
Canada pour rendre visite à des amis et à leur famille.
Daniel était membre de la filiale 238 de la Légion royale canadienne. Il a
passé du temps en tant qu'officier de service et a aidé le Fonds du
coquelicot pendant de nombreuses années. Daniel et Claire étaient des
habitués du Jam du jeudi pour aînés et aimaient faire une danse ou deux.
Ils ont assisté à deux voyages « Merci Canada » en Hollande, où ils ont
été extrêmement bien traités grâce à l’implication de Daniel à la fin et
après la guerre. Daniel et Claire ont vécu dans leur maison de Bowness
jusqu'à ce qu'il soit enfin prêt à emménager dans une résidence de
retraite à l'âge de 97 ans.
Daniel avait un grand amour pour sa famille et ses amis. Il n'était jamais
plus heureux que lorsqu'il jouait avec des enfants. Il aimait taquiner
tous les enfants et ils revenaient tous vers lui. Daniel a fêté ses 100
ans en octobre dernier, où il a eu le plaisir de rendre visite à de
nombreux amis et à sa famille qui ont voyagé pour profiter d'un
après-midi en son honneur. Daniel était très aimé, et sa mémoire vivra
avec nous pour longtemps.
Daniel a été précédé dans la mort par sa mère Yvonne Dionne, son père Alfred
Girouard, deux frères, Charles Girouard et Ted Girouard, sa sœur Jeanne
Gendron et ses grands-parents, Ferdinand Dionne et Marie Gagnon. » (Fin
du texte cité)
La photo appartient à la
maison funéraire McInnis
& Holloway.
FIN |
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