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Les charleries Bienvenue sur mon blogue, Ce blogue contient des souvenirs, des anecdotes, des opinions, de la fiction, des bribes d’histoire, des énigmes et des documents d’archives. Charles-É. Jean
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Saint-Mathieu-de-Rioux par les dates Par Charles-Édouard Jean |
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| Page 2/4. Documents de 1812 à 1938 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Doc 1812. Édouard Bérubé : un pionnier
Édouard Bérubé est né le 10 octobre 1812 à Rivière-Ouelle. Il épouse
Osithe (Ozita) Rioux le 12 novembre 1833 à Trois-Pistoles. Il décède le
21 janvier 1869 à Trois-Pistoles à l’âge de 56 ans. Son épouse est née à
L’Isle-Verte le 20 décembre 1803 et décède à Trois-Pistoles le 3 février
1869 à l’âge de 65 ans.
Le couple a au moins trois enfants :
• Édouard, né le 10 février 1837 à Saint-Simon. Il épouse Sérazine
Bélanger le 25 juillet 1859 à Saint-Simon.
• Bernard, né le 2 avril 1838 à Saint-Simon. Il épouse Philomène
Lévesque le 24 février 1868 à Trois-Pistoles. Philomène est née le 4
juillet 1847 à Saint-Simon.
• Calixte, né le 13 octobre 1839 à Saint-Simon. Il épouse en secondes
noces Emma-Aimée Boulanger le 16 février 1892 à Saint-Mathieu.
Édouard (fils) a au moins 11 enfants. L’aîné Elzéar est né le 12 janvier
1862. Il est baptisé à Trois-Pistoles. On ne connaît pas le lieu de
naissance d’Émilia, née en 1864. Arthémise, née en 1865, est baptisée à
Saint-Simon, les autres à Saint-Mathieu. En 1878, Édouard (fils) est
cultivateur en haut de la paroisse, soit dans le rang 3 Ouest.
Elzéar épouse Claudia Lévesque, née à Saint-Simon, le 12 novembre 1886 à
Trois-Pistoles. Tous deux décèdent à Saint-Mathieu. Le couple
Bérubé-Lévesque a huit enfants dont au moins trois fils ont vécu à
Saint-Mathieu : Joseph, Charles-Eugène et Émile.
Que faut-il conclure de toutes ces données ?
Il faut d’abord noter que les registres paroissiaux de Saint-Simon ont
été ouverts en 1836 et ceux de Saint-Mathieu en 1866. Avant 1836, tout
acte religieux accompli à Saint-Mathieu est inscrit à Trois-Pistoles.
Entre 1836 et 1866, l’inscription est à Saint-Simon.
Le fait que les trois enfants connus d’Édouard Bérubé (père) soient nés
à Saint-Simon en 1837, 1838 et 1839 nous permet de conclure que le
couple vivait à Saint-Mathieu ou à Saint-Simon. Lors de leur mariage en
1833, les terres de Saint-Simon étaient probablement toutes défrichées,
car le premier colon s’y est installé en 1798. Si Édouard Bérubé (père)
n’a pas acheté une terre déjà défrichée, il vivait sur le territoire de
Saint-Mathieu. C’est son fils Édouard qui aurait hérité de la terre du
rang 3 Ouest. Dans les années 1940, des fils d’Elzéar sont cultivateurs
dans ce rang. Émile et Joseph avaient deux terres voisines et
Charles-Eugène en avait une plus à l’ouest.
À Saint-Mathieu, le premier colon s’y est établi en 1830. Édouard
Bérubé, père, s’est marié en 1833. À cette époque, on occupait
habituellement une terre en se mariant.
Bref, le fait que les trois fils connus d’Édouard Bérubé (père) aient
été baptisés à Saint-Simon, qu’Édouard Bérubé (fils) est cultivateur au
rang 3 Ouest de Saint-Mathieu en 1878 et que trois fils d’Elzéar aient
été cultivateurs au même rang me porte à croire qu’Édouard Bérubé (père)
est un pionnier de Saint-Mathieu et qu’il s’est établi au rang 3 ouest,
mais je ne peux pas l’affirmer avec certitude. L’acte notarié d’achat
pourrait le confirmer ou non.
Doc 1832.
La famine
de la décennie 1830
En 1830, Michel Jean s’installe au troisième rang
de
Saint-Simon-de-la-Baie-Ha ! Ha ! (1), aujourd’hui faisant partie de
Saint-Mathieu-de-Rioux. Au cours de cette décennie,
le mouvement de colonisation y progresse lentement. De nouveaux chefs de
famille viennent occuper les terres d’abord celles du village actuel et
celles contigües à l’ouest.
Au plan national,
la décennie 1830 est marquée par le mouvement des patriotes qui conduit
aux troubles de 1837-1838 et par une crise économique qui affecte autant
les gens de la campagne que des villes. Cette crise économique a comme
origine la perte de récolte de céréales causée en grande partie par des
gels hâtifs en automne. Les pertes sont tellement importantes qu’elles
conduisent à la famine dans plusieurs régions du Québec.
On ne connaît pas en détails l’ampleur de la crise
sur le territoire de Saint-Mathieu-de-Rioux, mais on peut présumer que
les conséquences sont à peu près les mêmes que celles des autres
paroisses voisines touchées.
Les hivers 1833 et 1834
Le premier gel hâtif de cette décennie a lieu à l’automne 1832. Une
grande partie des récoltes particulièrement de grains est avariée ou
détruite. Le même scénario se produit à l’automne 1833. Selon les
journaux de l’époque, l’est du Québec est particulièrement touché par
ces pertes qui conduisent sans pitié vers une famine sévère. Les comtés
visés sont ceux de Saguenay, Bellechasse, Kamouraska, Beauce et
Rimouski, ce dernier s’étendant de Rivière-du-Loup à Matane.
L’hiver 1833 et pire encore celui de 1834 s’avèrent
pénibles. La famine provoque une grande détresse dans la population et
principalement chez les chefs de famille. Ceux-ci ont peur de voir
mourir les leurs à petit feu, mais aussi de ne pas pouvoir se procurer
des grains de semence à crédit pour mettre en terre au prochain
printemps. Certains vont jusqu’à surhypothéquer leur terre pour payer
les denrées alimentaires et craignent qu’à un moment donné le crédit ne
sera plus disponible.
Dans un
premier temps, des quêtes sont menées dans les églises pour venir en
aide aux plus touchés par la famine. Les curés s’impliquent dans la
distribution de l’argent récolté. Malgré bien des efforts, la situation
devient tellement alarmante que les curés et les notables de ces lieux
se tournent vers le Parlement provincial du Bas-Canada. La Chambre
d’assemblée forme
un comité spécial appelé
Comité sur les requêtes des paroisses en détresse.
Témoignages dans le comté de Rimouski
Dans l’édition du 5 février
1834, le journal Le Canadien publie un résumé du rapport du
comité spécial. Voici un aperçu des témoignages dans les
paroisses du comté de Rimouski :
• Messire Mailloux, curé de la
Rivière-du-Loup : « Sur le chemin du lac Témiscouata, sur 80 quelques
habitants, un seul a de quoi vivre. Déjà des enfants, en allant à
l’école, sont tombés en faiblesse, d’autres ont passé deux jours sans
prendre de nourriture, 8 familles n’ont absolument rien (à manger), 10
autres à la Rivière, locataires, ne trouvent rien à gagner, et le peu
qu’ils avaient a péri. »
• Messire Roy, curé de
Cacouna : « Environ 23 à 30 familles n’ont les uns rien, les autres
presque rien récolté ; ce qu’ils ont d’animaux va être leur seul soutien
jusque vers la fin de février. Tous les habitants, excepté 5 ou 6, ont
souffert plus ou moins ».
• Messire Béland, curé de
l’Isle-Verte : « Il est à craindre, si on n’a pas quelque secours, que
quelques-uns ne meurent de faim cet hiver ; 72 familles pourront à peine
subsister deux ou trois mois. »
• Messire Fortier, curé de
Trois-Pistoles et, en plus, desservant de Saint-Simon et
de Saint-Fabien : « Sur la récolte de 1832,
dans Saint-Fabien, deux habitants seulement m’ont payé la dîme (2) : ce
qui m’a donné trois minots et demi de mauvais grains. Dans cette
paroisse, 30 familles vont être à bout ; il y en a déjà qui n’ont rien
(à manger). Sur 135 familles dans Saint-Simon et 271 dans les
Trois-Pistoles, le tiers commence déjà à manquer de tout : c’est la
deuxième année que tout manque. Malgré tous nos efforts, il est certain
que plusieurs périront de faim si la Providence ne vient à leur
secours. »
• M. Destroismaisons, curé de
Rimouski, dit que dans Rimouski et Sainte-Cécile du Bic, 75 familles
sont dans un véritable état de détresse, dont la plupart n’ont seulement
pas une vache. Il ajoute que Sainte-Luce et Sainte-Flavie sont en
détresse dans la même proportion. « Dans les deux Matane, dit-il, il est
probable que 22 familles manqueront de nourriture dès le mois de
février. »
• M. Rivard de Rimouski : « À
sa connaissance, nombre de familles de Saint-Fabien, Sainte-Cécile et
une partie de Rimouski, n’avaient plus aucune nourriture à la fin de
décembre. Il connaît un chef de famille, avec trois enfants, qui a passé
trois jours sans manger. La gelée y aurait détruit toutes les
céréales ».
Recommandations du comité
spécial
Le comité spécial sur la détresse recommande de
secourir 527 familles dans le comté de Rimouski. Voici la répartition :
Notons que
Saint-Simon, y compris Saint-Mathieu, et Trois-Pistoles représentent 25
% des familles à secourir dans le comté de Rimouski.
Le Parlement
se prononce
Des débats ont
lieu au Parlement. Les uns parmi les élus sont d’accord pour verser des
subsides aux victimes de la famine ; d’autres comme Louis-Joseph
Papineau s’opposent à ce que l’on aide sans conditions. Celui-ci
préfèrerait des prêts qui seraient garantis par les bénéficiaires ou par
des notables des paroisses. Il argue dans une formule lapidaire : «
Notre
objet sera donc d'aider des
gens qui ne s'aident pas eux-mêmes, et qui se contentent de demander ».
Toujours
est-il que, le 25 février 1834,
le Parlement vote 4629 livres pour
secourir les paroisses en détresse de tout l’est du Québec. Il décide
que cette somme sera donnée en pur don aux habitants des paroisses
concernées.
Cette somme doit être
administrée par le curé en concertation avec les marguilliers. Pour
s’assurer que l’argent aille aux personnes vraiment nécessiteuses, un
comité de surveillance d’au moins neuf cultivateurs devait être formé
par paroisse. L’argent devait « servir à l’achat de grains et de patates
de semence pour les cultivateurs qui, sans secours, ne pourraient pas
ensemencer leurs terres. » De cette somme, Trois-Pistoles et Saint-Simon
devaient recevoir 332 livres.
Il semble que le montant total
de 4629 livres n’est pas très élevé si on considère que le comité avait
ciblé 2243 familles dans le besoin : ce qui donnerait en moyenne un peu
plus de deux livres par famille. À titre de comparaison, la veille un
montant de 500 livres avait été voté comme aide aux dames Ursulines afin
d’agrandir leur maison d’enseignement.
L’hiver 1837
À l’automne
1836, des gelées prématurées détruisent encore les récoltes.
Le journal La Minerve, dans son
édition du 9 janvier 1837, décrit une situation dramatique : « Une
lettre des Trois-Pistoles en date du 30 décembre, dont on nous a donné
communication, fait un affreux tableau de misère qui règne en cet
endroit. Elle est telle que plusieurs habitants mangent leurs chevaux.
La lettre en nomme deux, entre autres l’un de Saint-Fabien et l'autre de
Saint-Simon, qui n'ayant chacun qu'un seul cheval maigre, les ont tués
pour s'en nourrir eux et leurs familles. Les récoltes ont manqué depuis
quatre ans et beaucoup d’habitants n'ont pas une patate. Les plus aisés
ont à peine assez pour eux et leurs familles en bien ménageant. Que vont
devenir tous ces pauvres malheureux d'ici au mois de mai ? C'est un
supplice d'y songer. Il est certain que la plupart d’entre eux mourront
de faim, si l’on ne vient pas promptement à leur secours. » (Fin du
texte cité)
Dans son
édition du 4 février 1837, le journal
L’ami du peuple, de l’ordre et
des lois mentionne que « la misère affreuse
accable le pays » et que le district de Montréal est le moins touché par
la famine, même si « les pauvres y fourmillent ». Il continue en
écrivant :
« Mais la détresse de ce
district n’est rien en comparaison de celle qui se fait sentir dans les
districts inférieurs. Là, la misère se présente dans toutes ses phases ;
les habitants privés depuis longtemps de récoltes sont dénués de vivres
et souffrent toutes les cruelles angoisses de la famine la plus dure. On
a vu par des lettres que nous avons publiées déjà que, vers les
Trois-Pistoles, environ 1200 personnes étaient sur le point de mourir de
faim. »
Le journal déplore les
assertions du journal Morning Courier qui « pour toute
consolation aux malheureuses victimes de l’intempérie des saisons, les
accable de reproches sur leur mode d'agriculture, et se répand en
invectives sans nombre sur l’ignorance des habitants des campagnes. »
Encore une fois, les familles
ont besoin d’aide. Le Parlement ne semble pas disposé à renouveler son
secours. Dans son édition du 1er mai 1837, le journal Le
Populaire écrit que « ce sont les citoyens de Québec qui se sont
rendus cautions des subsides accordés pour arrêter la famine des
Trois-Pistoles, de la Malbaie, etc. »
Conclusion
On souhaiterait bien que les pionniers installés à
Saint-Mathieu-de-Rioux dans la décennie 1830 n’aient pas été touchés par
cette famine. Toutefois, vu l’ampleur de la catastrophe, il est
difficile de penser qu’ils en aient été épargnés. Bref,
Saint-Mathieu-de-Rioux est née dans une détresse vécue ou appréhendée.
…………………………..
(1) Cette appellation deviendra officiellement Saint-Simon-de-Rimouski
le 21 mars 2020.
(2) La dîme était une contribution d'environ 10 % de la récolte des
cultivateurs, versée à la fabrique. Dans le droit canonique de l’église
catholique, elle n’est plus en vigueur.
Doc 1836. La saga du premier
moulin à farine de Saint-Mathieu-de-Rioux
Jusqu’en 1854, le régime
seigneurial oblige le seigneur à bâtir un moulin à farine sur ses
terres. En revanche, les censitaires doivent y faire moudre leurs grains
et céder un droit de mouture, appelé droit de banalité.
En 1830, quand Michel Jean
s’établit au troisième rang de Saint-Simon-de-Rimouski, aujourd’hui
Saint-Mathieu-de-Rioux, les six filles de Joseph Drapeau sont
propriétaires de façon indivise de la seigneurie Nicolas-Rioux que leur
père a achetée en 1790. À ce moment, aucun moulin à farine n’existe dans
la paroisse de Saint-Simon (1).
Construction d’un moulin à
farine
En 1836, Joseph Migné
Lagacé (2), un cultivateur de 56 ans de Kamouraska et père de 19
enfants, achète une terre de deux arpents au faubourg du Moulin à
Saint-Mathieu. On peut raisonnablement penser qu’il a opté pour ce lot à
cause de la rivière Neigette qui y coule du sud au nord et qu’il a des
plans précis pour la faire fructifier.
Le
vendeur de la terre est Antoine Ouellet (3) qui s’est marié à Kamouraska
en 1828. Il est âgé de 32 ans et est cultivateur à Saint-Mathieu. Le
lien qui unit les deux hommes se consolidera quand Narcisse Ouellet, le fils
d’Antoine, épousera en 1851 Hortense Lagacé, la fille de Joseph.
Le 21 janvier 1842, un avis public est lu sur le
perron de l’église de Saint-Simon. Par cet avis, Joseph Lagacé somme les
seigneuresses Drapeau, dont Luce-Gertrude est l’administratrice,
d’ériger un moulin à farine sur le territoire de cette paroisse, sinon
il le fera. À cette époque, le deuxième rang de Saint-Simon est peu
peuplé à cause d’obstacles naturels et le troisième rang, aujourd’hui de
Saint-Mathieu, est habité partiellement seulement depuis 12 ans. Par
ailleurs, les côtes abruptes constituent un frein pour les déplacements
entre les deux paroisses. Le pari, pour Lagacé, de s’engager dans un tel
bras de fer est risqué.
Devant le refus des dames Drapeau de souscrire à son
ultimatum, Joseph Lagacé entreprend par ses propres moyens la
construction d’un moulin à farine sur son lot en 1843. Il se procure les
machines-outils nécessaires dont deux moulanges. Il hypothèque son lot
de Kamouraska et celui de Saint-Mathieu. Il engage Jean Bouchard comme
meunier et le moulin commence à opérer le 24 juin 1845.
La bâtisse (4) est située à
une cinquantaine de mètres au sud du pont qui enjambe la rivière
Neigette, aujourd’hui [2022] appelé pont à Désiré. Elle a deux étages.
Le rez-de-chaussée fait office de meunerie. Un escalier extérieur joint
le deuxième étage qui sert de résidence au meunier. Du côté ouest tout
près, un barrage est érigé sur la rivière Neigette.
Les
seigneuresses
Drapeau n’apprécient pas qu’un de leurs censitaires les défie. Pour
empêcher Lagacé de bâtir, puis de faire fonctionner son moulin, elles
font émettre des protêts notariés. Lagacé ne bouge pas.
Les
dames Drapeau
continuent à revendiquer leurs droits en justice.
Elles confient leur défense à
un jeune avocat de Québec du nom d’Ulric-Joseph Tessier (5). Ce dernier
fait partie de leur famille puisqu’il épouse en 1847 une fille
d’Adélaïde Drapeau, l’une des seigneuresses.
Le 14 mars 1850, Joseph Lagacé
cède son lot et le tiers des parts du moulin à farine à son fils Édouard
(6) qui a 26 ans et qui est marié depuis moins d’un mois. L’année
suivante, sans qu’on en connaisse la raison, Édouard rétrocède à son
père cette même terre en même temps que les parts du moulin.
Joseph Lagacé se tourne vers
William Price, de la compagnie Price Brothers, qui
a un droit de coupe de bois dans la
seigneurie. Price prend possession de la terre et du
moulin et cède à Lagacé en échange un lot de quatre arpents au rang 4,
de même qu’un terrain adjacent. Lagacé devait être bien mal pris
financièrement pour accepter cet échange.
Droit de banalité en jeu
Les dames Drapeau réclament de la compagnie Price une
indemnité pour compenser leur droit de banalité. Le commissaire de la
tenure seigneuriale décide que celles-ci ne sont pas éligibles à une
telle indemnité. En 1858, elles vont en appel. Leur avocat affirme de
façon erronée « que le moulin bâti par le nommé Migné Lagacé n'a été
érigé non pas comme un moulin à farine véritable, mais que ce n’était
qu’une petite bâtisse construite par un pauvre homme sur un terrain qui
ne lui appartenait pas, mais appartenait à William Price, écuyer. (7) »
Il continue en soutenant qu’un bail avait été négocié
entre William Price et les requérantes. Ce bail reconnaissait que les
dames Drapeau conservaient leur droit de banalité. L’appel est rejeté.
De nouveaux propriétaires
Plus tard, Firmin Dion achète
le moulin à farine des Price. Toutefois, en 1877, Jane Price, la fille
de William, fait vendre aux enchères publiques la terre maintenant de
quatre arpents où est situé le moulin à farine et six autres terres
appartenant à Dion. Il semble clair que Dion ne peut pas remplir ses
obligations financières envers la compagnie Price. Voici l’acte de mise
en vente de la terre où est situé le moulin :
« Demoiselle Jane Price,
demanderesse, contre Firmin Dion, défendeur, savoir :
Une terre située en le
quatrième rang de la seigneurie Nicolas-Rioux, paroisse de
Saint-Mathieu, de la contenance de quatre arpents de front et trente
arpents de profondeur, borné au nord aux terres du troisième rang, au
sud aux terres du cinquième rang, à l’est à Charles Lagacé ou ses
représentants, à l’ouest au défendeur, avec un moulin à farine, un
moulin à scie et maison et autres bâtisses sus-construites,
circonstances et dépendances.
Pour être vendue à la porte de
l’église de la paroisse de Saint-Mathieu le 10 avril 1877. » (Gazette
officielle du Québec, 24 mars 1877)
Un nouvel acheteur se pointe
en la personne de Jean-Baptiste Lavoie (8) qui est originaire de
Kamouraska, tout comme Joseph Lagacé. En voilà un autre qui ne tiendra
pas le coup très longtemps.
En
1880, Joseph Dionne, cultivateur et maître de poste de Sainte-Anne de la
Pocatière, entre en scène. Il a le titre d’écuyer, signe qu’il a une
certaine fortune et une certaine notoriété. Il fait vendre aux enchères
publiques la terre où se trouve notamment le moulin à farine. Voici
l’acte de mise en vente :
« Joseph Dionne, de la paroisse de Sainte-Anne la Pocatière, district de
Kamouraska, demandeur, contre Jean-Baptiste Lavoie, de la paroisse de
Saint-Mathieu, dans le district de Rimouski, cultivateur, défendeur,
savoir :
Une terre située en le quatrième rang des concessions de la seigneurie
de Nicolas-Rioux, paroisse Saint-Mathieu, contenant quatre arpents de
front sur trente arpents de profondeur ; bornée au nord au troisième
rang, au sud au cinquième rang, au sud-ouest à Jules Fournier, et au
nord-est à Joseph Ouellet, avec les moulins à scie et à farine et autres
bâtisses sus-construites, appartenances et dépendances.
Pour être vendue à la porte de l'église de ladite paroisse de
Saint-Mathieu, le 21 décembre 1880. » (Gazette
officielle du Québec, 16 octobre 1880)
Selon Fernand Dionne, un petit-fils d’Ernest Dionne, ce dernier et son
frère Ferdinand (10)
se portent
acquéreurs du moulin Lagacé en 1890. Ils sont les premiers propriétaires
originaires de Saint-Mathieu.
Dernier propriétaire
Le moulin à farine passe dans les mains d’Alfred
Bernier (11), un habitant de Saint-Simon-de-Rimouski. En 1937, le moulin
est encore en opération. Selon
un rapport intitulé
Inventaire des ressources
naturelles et industrielles 1938 : comté municipal de Rimouski, cette
année-là, Bernier « a
moulu près de 215 000 livres de blé représentant 150 000 livres de
farine, ainsi que 600 000 livres de moulées alimentaires. M. Bernier
moud à commission pour les cultivateurs et garde comme rémunération de
son travail 12 % des grains qu'il reçoit. Il est parfois payé en
argent. »
En 1937,
la paroisse de Saint-Mathieu importe 140 000 livres de farine,
représentant 70 % de la consommation locale.
En plus, elle
importe 20 000 livres de moulées alimentaires.
Avec le temps, les importations de farine et de moulées
s’accentuent. En 1940, un
moulin à farine coopératif voit le jour à Saint-Mathieu-de-Rioux. Même
si ce moulin est davantage axé sur la moulée, il n’aide pas à la
rentabilité du moulin de Bernier.
Le
30 mai 1942, la Gazette officielle du Québec publie un acte de
vente aux enchères publiques du moulin :
« Cour Supérieure, District de Rimouski
Ludger Bernier, Noranda, vs Alfred Bernier, savoir :
1. Parties des lots 225, 226, et 227 au cadastre officiel de la paroisse
de Saint-Mathieu bornées au nord au chemin, au sud à deux arpents au sud
de l'écluse du moulin, à l'est et à l'ouest sur le haut de l'écart de la
Rivière Neigette, avec la maison, moulin à farine, et accessoires, et
autres bâtisses, circonstances et dépendances.
2. Partie du lot N° 227 au cadastre officiel de la paroisse de
Saint-Mathieu, d'environ 50 pieds carrés, bornée au nord et à l'est à
Édouard Bélanger, au sud à Désiré Dionne, à l'ouest à la Rivière
Neigette.
Pour être vendues à la porte de l'église de la paroisse de
Saint-Mathieu, le 9 juin prochain (1942). »
On peut
raisonnablement penser qu’à ce moment le moulin à farine avait cessé
d’opérer.
Conclusion
Le premier moulin à farine de
Saint-Mathieu-de-Rioux a eu une histoire mouvementée. Elle commence par
une mise en demeure d’un habitant de Kamouraska envers les seigneuresses
Drapeau les intimant de construire un moulin banal. Cet habitant, Joseph
Lagacé, passe aux actes en construisant un moulin privé. Des poursuites
juridiques s’enclenchent et durent des années. Finalement, Joseph Lagacé
en sort vainqueur.
Dans un premier temps, Joseph
Lagacé cède une partie des parts du moulin à son fils Édouard. S’agit-il
d’un cadeau empoisonné ? Toujours est-il qu’au bout d’un an, Édouard
remet ce cadeau à son père.
Joseph Lagacé échange son
moulin contre des propriétés de William Price. Ce dernier cède ses parts
à sa fille Janette. Par la suite, au moins deux propriétaires (12) se
succèdent et sont forcés de vendre. Ce sont Firmin Dion et Jean-Baptiste
Lavoie. Puis, les frères Ernest et Ferdinand Dionne achètent le moulin.
Ils le revendent à Alfred Bernier qui abandonne vers 1940. Le moulin
privé aura opéré pendant plus de 90 ans.
………………………………….
Références
(1) Certains renseignements concernant les débuts du moulin à farine de
Saint-Mathieu ont été puisés dans l’article La guerre des moulins de
Saint-Simon (1836-1870) dont les auteurs sont Jean-Pierre Proulx et
Lucie Plante. Cet article a été publié en juin 2019 dans la revue l’Estuaire
et met l’accent sur les « relations conflictuelles entre un censitaire
et une seigneuresse dans le cadre du régime seigneurial ». Voici le lien
permettant de lire l’article :
Généalogie Joseph Migner (nosorigines.qc.ca)
Généalogie Antoine Ouellet (nosorigines.qc.ca)
(5) Ulric-Joseph Tessier est né le 3 mai 1817 à Québec. Il est le fils de Michel Tessier, marchand, et de Marie-Anne
Perrault. Il
est admis au barreau de Québec le 22 juin 1839. Il est tour à
tour maire de Québec, député, conseiller législatif, sénateur, seigneur
et juge. Il décède en 1892 à Québec.
Généalogie Ulric-Joseph Tessier
(nosorigines.qc.ca)
(6) Édouard Lagacé est né le 6 mai 1824 à Kamouraska.
Il épouse Desanges Bérubé le 5 février 1850 à Trois-Pistoles. Il décède
à Saint-Mathieu le 1er juin 1880.
Généalogie Joseph Migner (nosorigines.qc.ca)
Requête des Dames Drapeau en appel à la Cour de Révision des
commissaires de la tenure seigneuriale concernant la Seigneurie Nicolas
Rioux | BAnQ numérique
GÉNÉALOGIE (genealogie-info.ca)
(9) Auguste Tessier naît le 20 novembre 1853 à Québec. Il est
admis au
Barreau du Québec le 18 juillet 1876.
Il épouse Corinne Gauvreau à Rimouski le
21 août 1878. Il
décède à Québec le 10 février 1938 à l’âge de 84 ans.
Généalogie Ulric-Joseph Tessier (nosorigines.qc.ca)
Généalogie Jean-Baptiste Dionne (nosorigines.qc.ca)
Ferdinand Dionne : Family tree by Gilles LAVOIE (gilleslavoie46) -
Geneanet
(12) Il est fort possible que d’autres propriétaires aient existé entre
William Price et les frères Dionne. Pour les trouver, il aurait fallu
consulter le registre foncier du Québec.
Doc 1840.
Un père éprouvé : Alfred Théberge
Jusque vers 1950, la mortalité infantile, les accouchements, les
maladies pulmonaires, les épidémies plombaient l’espérance de vie. Je
vous raconte l’histoire d’Alfred Théberge de Saint-Mathieu-de-Rioux qui
a été durement éprouvé par des pertes de vie dans sa famille immédiate.
Alfred Théberge
est le fils d’Alexandre-Timothée Théberge et
d’Émérence St-Pierre. Il est né le 26 février 1840. Il épouse en
premières noces Arthémise Bélanger le 24 novembre 1863 et en deuxièmes
noces Rose Rousseau le 15 octobre 1878. Cette dernière décède le 13 mai
1940 à l’âge de 88 ans.
Pendant sa vie, Alfred Théberge a perdu sa première épouse, Arthémise
Bélanger. Elle décède le 3 octobre 1867 à l’âge de 23 ans d’une maladie
contagieuse. Elle avait mis au monde son deuxième enfant une semaine
plus tôt, soit le 27 septembre.
Pendant sa vie, Alfred Théberge a perdu huit de ses 13 enfants. Voici
les noms par ordre chronologique de décès :
Victime 1. Délima. Née le 27 septembre 1867, elle décède le 25 novembre
1867 à l’âge de 2 mois de la même maladie que sa mère Arthémise.
Les victimes suivantes sont les enfants de Rose Rousseau qui a mis au
monde 11 enfants.
Victime 2. Adélard. Né le 28 mai 1880, il décède le 9 mai 1881 à l’âge
de presqu’un an.
Victime 3. Un autre Adélard. Né le 13 juillet 1881, il décède le 7
septembre 1882 à l’âge d’un an et 2 mois.
Victime 4. Hermel Alfred. Né le 25 mars 1888, il décède le 3 décembre
1889 à l’âge d’un an et 8 mois.
Victime 5. Éva. Née le 26 août 1894, elle décède le 10 février 1901 à
l’âge de 6 ans et 6 mois.
Victime 6. Émilie. Née le 4 septembre 1892, elle décède de la
tuberculose le 12 mai 1915 à l’âge de 22 ans. Elle était institutrice.
Victime 7. Aurore. Née le 8 mars 1891, elle épouse Cyprien Plourde le 1er
juillet 1913. Elle décède le 12 novembre 1918 de la grippe espagnole à
l’âge de 27 ans. Elle a mis au monde un enfant anonyme la veille de sa
mort. Elle avait perdu un autre enfant anonyme le 29 septembre 1917.
Victime 8. Rose. Née le 15 novembre 1883, elle épouse Thomas Ouellet le
25 janvier 1905. Elle décède le 8 janvier 1920 à l’âge de 36 ans après
avoir mis au monde 9 enfants.
Quand Alfred Théberge décède le 9 août 1924 à l’âge de 84 ans,
il ne reste plus que cinq de ses enfants sur 13 pour pleurer sa perte.
Ce sont : Clémentine, Émile, Désiré, Laura, une ancienne institutrice,
et Corine. Cette dernière, une institutrice, décède
le 6 septembre
1924 à l’âge de 39 ans, moins d’un mois après son père. |
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Doc 1849. La famille Auguste D’Anjou
Auguste
D’Anjou est né à Rivière-Ouelle en 1849. Il est le fils de Georges
D’Anjou et de Desanges Martin. Il épouse Marie-Victoire Lévesque de la
même paroisse, fille de Georges Lévesque et de Marie Boucher, à
Saint-Mathieu-de-Rioux le 25 août 1880.
Les deux
conjoints ont une certaine instruction. Auguste est secrétaire-trésorier
de la municipalité de Saint-Mathieu de 1881 à 1890. En 1883, il est
nommé juge de paix. Il est secrétaire de la commission scolaire de 1889
à 1891. Il est responsable du bureau de poste du 1er
septembre 1889 au 21 juillet 1892. Marie-Victoire, connue sous le prénom
de Mary, a enseigné et sera une grande lectrice toute sa vie. Elle a une
plume très efficace et très nuancée.
Auguste est
marchand général à Saint-Mathieu et à ce titre, en 1889, il fait saisir
la terre de Timothée Ouellet du cinquième rang pour dettes impayées.
Le 14 janvier
1890, le marchand D’Anjou annonce qu’il fait cession de ses biens. Un
curateur est nommé. Le 4 mars 1890, une vente à l’encan a lieu pour
écouler les produits alimentaires, le matériel de quincaillerie, les
chevaux, les voitures, etc. Le terrain d’un arpent sur un demi-arpent et
les bâtisses, comme la maison, le hangar, l’étable et la remise ne sont
pas touchés.
Auguste
D’Anjou cède alors ses biens immobiliers, terrain et bâtisses, à son
épouse Mary Lévesque. En 1892, une poursuite est engagée par le
grossiste Thibaudeau et frères de Québec. La saisie est « contre dame
Marie Lévesque, épouse séparée quant aux biens par contrat de mariage
d’Auguste D’Anjou, de la paroisse de Saint-Mathieu, district de
Rimouski, marchande publique, et le dit Auguste D’Anjou, mis en cause
pour assister et autoriser sa dite épouse. »
L’objet de la
saisie est « un emplacement situé à Saint-Mathieu, avec maison et autres
bâtisses dessus construites, étant connu et désigné sous le numéro
quatre-vingts (80), du cadastre officiel pour la paroisse de
Saint-Mathieu. » (Gazette officielle du Québec, 7 mai 1892).
Cette famille
a été grandement éprouvée. Six des huit enfants nés à Saint-Mathieu sont
décédés en bas âge.
• Arthur, né
le 12 novembre 1882, décédé à 1 jour.
• Candide, née
le 24 avril 1885, décédée à 4 ans 8 mois.
• Hectorine,
née le 21 octobre 1886, décédée à 5 mois.
• Philippe
Auguste, né le 18 juillet 1888, décédé à 4 mois.
• Émérence,
née le 17 mars 1890, décédée à 2 mois et 4 jours.
• Paul
Emmanuel, né le 26 novembre 1892, décédé à 20 jours.
Aimée, l’ainée
de la famille, est née le 27 juin 1881. Elle est de santé délicate. À
l’aube de ses 18 ans, elle obtient son diplôme d’enseignement à
Rivière-Ouelle. Elle enseigne un peu plus d’un an, puis elle entre chez
les Sœurs de la Congrégation Notre-Dame en janvier 1902. Vu son état de
santé, les religieuses la renvoient à la maison. Elle décède le 22 avril
1904 à l’âge de 22 ans : un autre drame qui perturbe grandement la
famille. Les parents auront vu mourir sept de leurs neuf enfants.
Corine, la
fille du couple, est née le 11 décembre 1883. Elle est de santé normale.
Le 4 mai 1909, elle épouse Alfred Bélanger, un veuf ayant deux enfants.
Pendant toute sa vie, elle se tient très loin de sa famille à cause du
climat toxique ambiant qui est accentué par l’alcoolisme et des périodes
dépressives de sa mère.
Presque huit
ans après la naissance de son huitième enfant, le 27 décembre 1900 au
Bic, Mary accouche d’un garçon qui est appelé Réal. Cet être fragile
sera toute sa vie sous la férule de sa mère qui l’entraînera dans le
vice. Cette histoire est racontée dans un livre de 646 pages écrit par
Odette Mainville en 2011.
Dans son avant-propos, l’autrice écrit : « Un prêtre, Réal d'Anjou, sombre dans l'alcoolisme sous l'influence de sa mère, qui exerce sur lui un funeste empire. D'abord éconduit par la communauté franciscaine où il avait été ordonné, il est alors admis comme prêtre séculier dans le diocèse de Gaspé par Monseigneur François-Xavier Ross, en 1932, et devient curé de la paroisse de Saint-Majorique.
Dans le presbytère, le curé, sa mère et son bedeau,
infernal trio, s'adonnent aux pires dévergondages. Excommunié en 1936
par l'Église catholique, Réal d'Anjou devient pasteur dans l'Église
presbytérienne, qui, à son tour, finira par l'évincer de ses rangs. Les
frasques de ce prêtre sont si énormes et si scandaleuses que l'histoire
n'a guère besoin de recourir à la fiction pour construire son intrigue.
D'un charisme irrésistible partout où il passe, il séduit et trompe ;
mais surtout, il entraîne à la débauche et sème la désolation. »
Voilà une histoire qui débute à Saint-Mathieu-de-Rioux
et qui finit dans une déchéance totale. On peut trouver plusieurs
critiques du livre sur internet. Un livre passionnant à lire.
Note. Auguste D’Anjou est décédé le 11 juin 1916 à
l’âge de 66 ans et 8 mois. Mary est décédée le 25 novembre 1938 à l’âge
de 79 ans. Lors de leur mariage en 1880, Auguste a 31 ans et Mary 21
ans.
La
superficie de la municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux est actuellement
[2022] de 11 520 hectares ou de 115,2 kilomètres carrés. On y trouve
approximativement 5,5 habitants au kilomètre carré. Le territoire
comprend quatre rangs, de 3 à 6. Le rang 6 a vu deux lots en
défrichement à la fin du 19e siècle et n’est pas habité
depuis plus d’un siècle.
Le
défrichement de la paroisse commence en 1830 et progresse lentement, au
début par l’ouest du village, puis par le rang 3 ouest, le début du rang
3 est et le faubourg du Moulin.
À
l’époque, l’évêque du diocèse peut par décret ériger dans son diocèse de
nouvelles paroisses. Il le fait quand la population est suffisamment
grande pour pouvoir construire une chapelle, un presbytère et pour
éventuellement faire vivre un prêtre qui est le curé de la paroisse. Ce
dernier est alors le président de la fabrique qui est une corporation
ecclésiastique dont l’objet est de détenir des biens et de les
administrer.
C’est ainsi que le 8 mars 1858, l’évêque de Québec, Mgr Pierre-Flavien
Turgeon, érige canoniquement la paroisse de Saint-Mathieu par détachement de celle de Saint-Simon et nomme un desservant,
l’abbé Germain-Siméon Marceau.
Pour que le décret canonique
soit reconnu civilement, un plan du territoire concerné,
préparé par un arpenteur-géomètre, doit être produit.
Rang 3 : Ce rang est entièrement cultivable. Environ 4 kilomètres ne
sont pas établis.
Rang 4. Environ 10 kilomètres sont cultivables. La moitié est établie.
Environ 5 kilomètres à l’extrême ouest ne sont pas cultivables.
Rang 5. Environ 10 kilomètres sont cultivables. La moitié est établie.
Environ 5 kilomètres à l’extrême ouest ne sont pas cultivables.
Rang 6. Environ 10 kilomètres sont cultivables, mais les lots ne sont
pas encore concédés. Environ 5 kilomètres à l’extrême ouest ne sont pas
cultivables.
On note que, sauf pour le rang 3, une partie du territoire de la
paroisse située à l’ouest n’a jamais été habitée puisqu’elle est non
cultivable.
La paroisse sera érigée civilement le 18 août 1865 sous le nom de
municipalité de la paroisse de Saint-Mathieu-de-Rioux.
Lors de l’érection de nouvelles paroisses, il y a souvent des voix
discordantes. Il y a ceux de l’ancienne paroisse qui voient partir des
dizaines de cultivateurs et leur famille et leur contribution à l’église
et à la municipalité. Il y a ceux des nouvelles paroisses dont le nombre
de cultivateurs au départ est minime et qui ont devant eux de nouveaux
frais importants reliés aux lieux du culte. Il y a parfois des
inspecteurs d’école comme celui-ci dont un extrait a été publié dans le
Journal de l’instruction publique de juillet 1862.
« Saint-Mathieu de Rioux. Petite municipalité détachée
de celle de Saint-Simon, qui n’a que deux écoles médiocres en opération,
et depuis peu de temps seulement, lors de ma dernière visite.
Une de ces deux écoles a été
fermée, parce que la maîtresse, qui la dirigeait, n’avait point de
diplôme. Je crois devoir remarquer ici que le morcellement des
municipalités me paraît, dans la plupart des cas, grandement
préjudiciable au bon fonctionnement de la loi ; car c’est ordinairement
une partie riche et importante de la paroisse qui se sépare des rangs
pauvres et contribuant peu au fonds commun.
Ces nouvelles municipalités,
ainsi abandonnées à elles-mêmes, sont forcées, pour avoir des écoles,
d’engager des maîtresses au rabais, et l’on sait ce que produisent
généralement ces écoles. »
Doc 1858B. Censitaires de Saint-Mathieu-de-Rioux
La
seigneurie Nicolas-Rioux a appartenu à Joseph Drapeau à partir du 15
décembre 1803. À son décès, elle a été léguée à ses filles. En 1858,
dans le Cadastre abrégé de la seigneurie de Nicolas Rioux,
appartenant alors aux dames Drapeau, Siméon Lelièvre, écuyer et
commissaire, établit une liste de tous les censitaires de la
municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux à cette date. Je vous transmets
tous ces noms.
Dans cette liste, j’ai utilisé les abréviations suivantes :
•
(2) : 2 arpents de front, 30 arpents de profondeur
•
(2, 24) : 2 arpents de front, 24 arpents de profondeur
•
(6 p.) : 6 perches de front, 30 arpents de profondeur
Les fractions de pieds ou de perches ont été arrondies selon les règles
habituelles. Notons les équivalences suivantes :
•
1 arpent : 11,6261 perches
•
1 perche : 16,5 pieds
Cette liste contient les noms de 245 censitaires. Elle ne permet pas de
connaître les chefs de famille qui cultivent une terre. Toutefois, on
peut faire ces remarques :
1.
Dans chaque rang, les noms des censitaires se suivent de l’ouest à
l’est.
2.
Quelques terres ont été fractionnées probablement entre les membres
d’une même famille.
3.
Certaines personnes possédaient une terre uniquement pour la coupe du
bois. C’est sans doute le cas de William Price, le propriétaire du
moulin à scie.
4.
Certaines personnes possédaient plus d’une terre ou encore des noms
étaient identiques.
Troisième rang
(137
lots)
Quatrième rang (70 lots)
Cinquième rang
(38
lots)
Cadastre Lelièvre :
93455_2f.pdf
Doc 1858C. Dérives du régime seigneurial à
Saint-Mathieu-de-Rioux
En 1627, la Nouvelle-France
adopte le régime seigneurial qui vise à faciliter la possession du sol
et son exploitation par le biais de distribution de terres. La
subsistance des familles et l’occupation du territoire sont les deux
fondements de cette politique.
Certaines personnes parmi les
plus influentes du pays reçoivent de larges territoires qui
correspondent à cinq ou six paroisses actuelles et souvent même plus.
Ces territoires sont appelés seigneuries. Avec le temps, des gens
fortunés achètent des fractions de territoire.
En 1790, une partie de la seigneurie Nicolas-Rioux est
achetée par Joseph Drapeau, un riche marchand de Québec. Outre
Saint-Mathieu-de-Rioux, cette seigneurie comprend alors les paroisses
actuelles de Saint-Simon-de-Rimouski, de Saint-Fabien et de
Saint-Eugène-de-Ladrière. En 1829, les six filles de Joseph Drapeau
héritent de la seigneurie. Luce-Gertrude Drapeau en est
l’administratrice.
Le seigneur doit concéder
gratuitement à un chef de famille un lot qu’il a l’obligation de
défricher, d’y construire une habitation et d’y résider. En retour,
l’acquéreur qu’on appelle censitaire doit verser au seigneur une
redevance annuelle appelée cens.
Ce régime seigneurial est
parfois victime de gens déjà riches ou de gens ambitieux qui cherchent
fortune. Ceux-ci acquièrent des lots dans le but de les revendre à
profit ou d’exploiter la forêt en engageant des bûcheurs à gages. Ils ne
se soucient guère de leur obligation envers la colonisation.
Nous vous
présentons 12 cas où visiblement, à
Saint-Mathieu-de-Rioux, la spéculation
et l’exploitation forestière priment sur le
développement agricole. (1)
William Venner, écuyer, naît à Québec en 1813. Il est
le premier marchand à s’établir à Saint-Anselme-de-Lauzon. Après 20 ans,
il fait office de courtier et de banquier à Québec.
Il est l’un des hommes les plus riches du quartier Saint-Roch de cette
ville.
Il décède en 1890.
En 1858, il possède un lot au
village de Saint-Mathieu-de-Rioux. Sa terre mesure 4 arpents de front et
20 arpents de profondeur. Elle est située entre celle de Joseph Paradis
et celle de Philomène Lauzier.
Cas 2. Le révérend Chouinard
et le juge Caron
René-Édouard Caron avait obtenu cette terre de Nicolas
Leblond en 1838. Leblond l’avait acheté de Joseph Caron qui lui-même
l’avait obtenu des seigneuresses Drapeau en 1834.
L’acte d’achat par le révérend Chouinard ne mentionne
pas de bâtisse. On présume que la terre n’est pas encore défrichée.
Nonobstant ce fait, Chouinard a déboursé 100 $ pour cet achat, un
montant payable en cinq ans avec un taux d’intérêt de 7 %. Pour en
assurer le paiement, il a hypothéqué son lot.
« Une terre située en la
paroisse de Saint-Mathieu, contenant huit arpents de front sur trente
arpents de profondeur, plus ou moins, en le quatrième rang de la
seigneurie Nicolas Rioux ; joignant d'un côté au nord-est à la veuve
Thadée Bélanger ou représentants, d'autre côté au sud-ouest aux
représentants du juge Caron — sans bâtisses. »
Cas 3. Le révérend Louis-Théophile Fortier
Louis-Théophile Fortier naît à Québec en 1803. Il est ordonné prêtre en
1826. Il succède au révérend Édouard Faucher à la cure de
Trois-Pistoles, soit de 1831 à 1835. Il décède à Nicolet en 1874.
En 1858, il possède une terre de six arpents au rang
4. Elle est située entre celle de Vital Rousseau et celle de William
Price.
Cas 4. Félix Têtu
Félix Têtu, écuyer, est un
riche marchand et maître de poste de Trois-Pistoles. Il est commissaire
pour les petites causes dans la seigneurie de Trois-Pistoles. Il décède
à Trois-Pistoles le 16 juin 1876 à l’âge de 74 ans.
En 1858, il possède une terre
de huit arpents au rang 3 de Saint-Mathieu-de-Rioux. Elle est située
entre celle de Magloire Bérubé et celle de Simon Talbot.
Cas 5. Ulric-Joseph Tessier
Ulric-Joseph Tessier est né le 3 mai 1817 à Québec. Il
est le fils de Michel Tessier, marchand, et de Marie-Anne Perrault.
Il
est admis au barreau du Québec le 22 juin 1839. En 1847, il
épouse à Rimouski Marguerite-Adèle Kelly, fille
d'Augustin Kelly et
d’Adélaïde Drapeau, l’une des seigneuresses. Il est l’avocat des
seigneuresses Drapeau. Il est tour à tour maire de Québec, député,
conseiller législatif, sénateur, seigneur et juge. Il décède en 1892 à
Québec.
En 1858, il possède une terre
de neuf arpents au rang 5. Elle est située entre celle de François
Lefebvre et l’une de William Price.
Cas 6. Le révérend Édouard Faucher
Édouard Faucher naît à Saint-Michel-de-Bellechasse en 1802. Il est
ordonné prêtre en 1824. Il est nommé curé de Trois-Pistoles en 1829,
l’année même où les Dames Drapeau héritent de la seigneurie
Nicolas-Rioux. Le 22 octobre 1829, il achète de Pierre Michaud une terre
de 10 arpents de front au troisième rang de Saint-Simon. Quelques mois
plus tard, il obtient une cure à Lotbinière et vend son bien à deux de
ses sœurs.
Détail surprenant. Le 10 février 1835, Luce-Gertrude Drapeau,
administratrice de la seigneurie, épouse le notaire Thomas Casault. Ce
dernier est le frère de Marie-Geneviève Casault qui est la mère du
révérend Faucher. Ce dernier devient le neveu de la seigneuresse
Drapeau.
Cas 7. Les Ouellet
Fait intriguant. Dans la liste des propriétaires des terres en 1858, on
retrouve sept dénommés Ouellet qui ont chacun un arpent de terre au rang
3 et qui sont voisins. Ce sont : Joseph, Pierre, Angélique, Éliza,
Justine, Sophie et Génoffe dans cet ordre. Il est fort probable que ce
sont des membres d’une
même famille, mais je n’ai rien trouvé qui permet de l’affirmer.
Une surprise. On retrouve les mêmes noms dans le même
ordre au rang 4 avec encore chacun un arpent sauf que Sophie est
remplacée par Marie. (Serait-ce la même ?) Aucune de ces personnes n’est
décédée à Saint-Mathieu.
Au total, les Ouellet possèdent 14 arpents de terre.
Cas 8. Nazaire Têtu
Nazaire Têtu, écuyer, est né en 1814 à Montmagny.
Il est le cousin de Félix Têtu.
Il devient coseigneur d’une cinquième partie de la seigneurie de
Trois-Pistoles, n’ayant toutefois que deux censitaires. Il s’associe à
William Price pour le commerce du bois, tout en ayant sa propre scierie
à Trois-Pistoles. Il décède à cet
endroit
en 1891.
En 1858, il possède une terre
de neuf arpents au rang 3 de Saint-Mathieu-de-Rioux. Elle est située
entre celle de Zéphirin Lebel et celle de Majorique Turcot. Il possède
aussi une terre de huit arpents de front et de 10 de profondeur au rang
4, entre celle de François Roussel et celle de Jean-Baptiste Turcot. Au
total, Nazaire Têtu possède 17 arpents de terre.
Cas 9. Firmin Dion
Firmin Dion est originaire de
Saint-Roch des Aulnaies. Pendant un certain temps, il est propriétaire
du premier moulin à farine de Saint-Mathieu-de-Rioux. À un moment donné,
il éprouve des difficultés financières. En 1877, Jane Price, la fille de
William, fait vendre aux enchères publiques non seulement la terre de
quatre arpents où est situé le moulin à farine, mais encore six autres
de ses terres.
Au rang 4, y compris la
précédente, Dion possède trois terres contigües bornées à l’est à
Charles Lagacé et à l’ouest à Bélonie Pigeon. Au rang 5, Dion possède
quatre terres contigües bornées à l’est à Placide Lafontaine et à
l’ouest aux seigneuresses Drapeau. Ces sept terres sont sans bâtisse
sauf celle voisine de Pigeon où une grange a été érigée. Les sept terres
chacune de quatre arpents totalisent 28 arpents.
Cas 10. Les frères Turcot (ou
Turcotte)
Six membres de la famille
Augustin Turcot et Angélique Lavoie ont chacun une terre à
Saint-Mathieu-de-Rioux en 1858. Ceux-ci sont nés à Trois-Pistoles. Le
père est décédé en 1855 à Saint-Fabien.
Au rang 3, on retrouve les
propriétaires suivants : Majorique, quatre arpents, Fabien, six arpents,
Octave, quatre arpents, Séverin, quatre arpents et Sifroid, sept
arpents. Les terres des quatre premiers frères sont voisines dans
l’ordre donné. De plus, leur frère Jean-Baptiste possède une terre de 12
arpents de front et de six arpents de profondeur au rang 4. Les Turcot
ont 37 arpents de front au total.
Il est probable qu’aucun de
ces frères n’a demeuré à Saint-Mathieu. Ce qui est sûr, c’est qu’aucun
n’y est décédé. D’ailleurs, trois d’entre eux ont aussi des terres au
deuxième rang de Saint-Simon.
Cas 11. Louis Bertrand
Louis Bertrand est né en 1786
à Cap-Santé. Il s’installe à l’Isle-Verte en 1811. En tant que marchand
de bois, il mène des contrats de coupe de bois pour des négociants
extérieurs à la région. Il est seigneur de l’Isle-Verte. Parmi ses
autres titres, on peut citer : député, maire, lieutenant-colonel de
milice. Il est décédé à l’Isle-Verte en 1871.
En 1858, il possède au rang 3
de Saint-Mathieu-de-Rioux deux terres chacune de deux arpents, une de
cinq arpents et une autre de 34 arpents. Il possède aussi une terre de
quatre arpents au rang 4. Ses possessions totalisent 47 arpents.
Cas 12. William Price
William Price, marchand de
bois, naît en 1789 au Royaume-Uni. Il est propriétaire de nombreux
moulins à scie dans les régions de Charlevoix, du
Saguenay-Lac-Saint-Jean et du Bas-Saint-Laurent. À
Saint-Mathieu-de-Rioux, il a en sa possession pendant un certain temps
un moulin à scie et un moulin à farine. Il décède en 1867.
En 1858, Price
possède une terre de six arpents au rang
3, une autre de 24 arpents au rang 4 et une troisième de 36 arpents au
rang 5. Au total, il possède 66 arpents de terre : ce qui
correspond à 3,86 kilomètres de front.
Autres cas non documentés
Dans le cadastre de Siméon Lelièvre de 1858, on constate qu’il y a deux
représentants, l’un est Olivier Simon qui a aussi une terre de six
arpents au deuxième rang de Saint-Simon, l’autre est Paul Sylvain. On ne
sait pas si, de fait, ces deux hommes habitent sur les terres dont les
propriétaires sont inconnus.
Il y a d’autres cas qu’il a été impossible de confirmer. Par exemple, en
1858, Éloi Rioux possède une terre de deux arpents au rang 3. Est-ce le
nommé Éloi Rioux qui est un coseigneur de la seigneurie des
Trois-Pistoles ?
On peut aussi penser que certains cultivateurs qui sont parmi les plus
fortunés achètent un ou d’autres lots pour les revendre ou en faire
l’exploitation forestière. Ces cas n’ont pas été retenus dans le calcul
global.
Conclusion
À Saint-Mathieu-de-Rioux, en 1858, 760 arpents de terre sont concédés ou
revendus. On trouve 355 arpents au rang 3, 243 arpents au rang 4 et 162
arpents au rang 5. Aucune terre du rang 6 n’est alors concédée.
L’ensemble des cas cités montre qu’environ 33 % du territoire qui est
concédé ou revendu est présumément voué à la spéculation ou à
l’exploitation forestière. Si on considère l’ensemble du territoire de
Saint-Mathieu, y compris le rang 6, c’est environ 35 % du sol seulement
qui est en train d’être colonisé.
Les dames Drapeau sont-elles responsables de cette situation ? Il semble
exister une certaine complicité entre les élites et les seigneuresses.
Certains membres du clergé, certains notables ou certains exploitants
forestiers obtiennent des terres sans vouloir s’y installer et les
défricher en vue de semer et de récolter. Bref, les seigneuresses
Drapeau concèdent des terres sans présumément obliger les tenanciers à
faire de l’exploitation agricole.
Ces dérives du régime seigneurial ne sont pas totalement négatives. En
effet, le fait d’exploiter les ressources forestières aide à consolider
l’économie locale en donnant du travail d’appoint à certains
cultivateurs ou à leurs fils et en permettant aux moulins à scie de
produire autant pour les besoins locaux que pour l’exportation. Bien
souvent, à cette époque,
les moulins à scie constituent la base de l’économie d’une paroisse.
Ces retombées positives ne doivent pas nous faire oublier qu’à
Saint-Mathieu-de-Rioux la distribution et l’occupation des terres ne se
sont pas toujours faites dans un climat sain et que des élites ont abusé
de leur notoriété pour détourner à leur profit les ressources
forestières sans se soucier des colons qui trimaient dur pour faire
vivre décemment leur famille.
………………………….. Notes
(1) La plupart des renseignements
concernant les noms des propriétaires de terre sont tirés du Cadastre
abrégé de la seigneurie de Nicolas Rioux établi, en 1858, par
Siméon Lelièvre,
écuyer et commissaire. Voici le lien qui a été vérifié le 14
janvier 2021 :
(2) Lorsque la profondeur d’une
terre n’est pas mentionnée, c’est qu’elle est de 30 arpents.
Doc 1859.
La commission scolaire
La commission scolaire de Saint-Mathieu-de-Rioux a
été érigée le 11 juillet 1859 (Journal
de l’Instruction publique, juillet 1859). Le Gouverneur Général a
fait, le 25 octobre de la même année, les premières nominations de
commissaires d’école. Ce sont Célestin Vaillancourt, Damase Devost,
Hyacinthe Gagnon, Vital Rousseau et Édouard Lagacé.
En 1862, la paroisse a deux maisons d’école qui sont ouvertes depuis peu
et que l’inspecteur d’écoles juge médiocres.
Une de ces écoles a été fermée, parce que la maîtresse qui la dirige,
n’avait point de diplôme. D’ailleurs, l’inspecteur en profite pour dire
qu’il est contre le morcellement des paroisses. (Journal de l’instruction publique, juillet 1862)
« Les commissions scolaires reconnues comme pauvres
reçoivent des subventions du Gouvernement. La commission scolaire de
Saint-Mathieu reçoit pour 1865 une subvention ordinaire de 84,10 $. Elle
a prélevé en cotisations (impôts scolaires) 118,60 $. En plus, elle
reçoit une subvention supplémentaire de 30 $ alors qu’elle demandait 36
$. » (Journal de l’Instruction
publique, février 1866)
« La commission scolaire de Saint-Mathieu reçoit
pour 1866 une subvention ordinaire de 84,10 $. Elle a prélevé 121 $ en
cotisations. En plus, elle reçoit une subvention supplémentaire de 27 $
alors qu’elle demandait 32 $. » (Journal
de l’Instruction publique, mars 1867)
En 1867, « cette municipalité n’a que deux écoles
mais on avise aux moyens d’en ouvrir une troisième dans un canton
éloigné des écoles établies. Les progrès sont satisfaisants dans ces
deux écoles que fréquentent 98 élèves, avec une assistance quotidienne
de 67 élèves. On note que les livres de comptes sont bien tenus. » (Journal
de l’Instruction publique, mai 1867)
Le 31 décembre 1869 a lieu la première assemblée de la Commission
scolaire consignée au registre. Le président est M. le curé Antoine
Chouinard et les commissaires sont Georges Parent, Édouard Bérubé et
Barthélémy Dandurand. Le secrétaire-trésorier est Théophile Lévesque.
« La commission scolaire de Saint-Mathieu reçoit
pour 1870 une subvention ordinaire de 84,10 $. Elle a prélevé 94,32 $.
En plus, elle reçoit une subvention supplémentaire de 30 $ alors qu’elle
demandait 30 $. On note que quatre écoles existent. » (Journal
de l’Instruction publique, janvier 1871)
« La commission scolaire de Saint-Mathieu reçoit
pour 1871 une subvention ordinaire de 84,10 $. Elle a prélevé en
cotisations 152,90 $. En plus, elle reçoit une subvention supplémentaire
de 30 $ alors qu’elle demandait 36 $. On note que quatre écoles
existent. » (Journal de
l’Instruction publique, mars 1872)
Les derniers extraits nous montrent le peu de
ressources financières de la commission scolaire. Par exemple, en 1871,
le budget annuel de l’organisme est de 267 $ pour quatre écoles, soit
une moyenne de 66,75 $ par école. Avec cet argent, il fallait payer
l’institutrice et assurer le loyer des maisons d’école et leur
entretien, en particulier le chauffage pendant l’hiver.
Le 30 octobre 1880, la
Gazette officielle du Québec
publie un avis de demande d’annexion. Le texte se lit comme suit :
« Annexer à la municipalité de Sainte-Françoise,
dans le comté de Témiscouata, le territoire suivant de la paroisse de
Saint-Mathieu, dans le comté de Rimouski, savoir : dix-huit arpents de
front sur la cinquième concession, et 14 arpents sur la sixième
concession ; bornée au nord aux terres de la quatrième concession, de la
seigneurie de Nicolas Rioux, au sud aux terres de la septième
concession, à l’ouest à la ligne de Sainte-Françoise, et à l’est à
Thomas P. Pelletier, écuyer, sur les deux concessions. »
En septembre 1892, le journal
L’enseignement primaire
écrit : « Il a plu à Son Honneur le lieutenant-gouverneur, par un ordre
en conseil, en date du 8 juillet dernier (1892), de détacher de la
municipalité de Saint-Mathieu de Rioux, comté de Rimouski, les
propriétés nos 135, 136, 137, 138 et 139 du cadastre de la dite
paroisse, et les annexer pour les fins scolaires à la municipalité de la
paroisse des Trois-Pistoles, comté de Témiscouata. Cet ordre en conseil
ne prendra effet que le premier de juillet prochain (1893) ».
Doc 1860.
L’incendie de
1860
En 1860,
il y a déjà 30 ans que le premier arbre
a été abattu à Saint-Mathieu-de-Rioux.
La paroisse est érigée
canoniquement depuis deux ans. Le curé de Saint-Simon est alors
desservant. Il le sera jusqu’à l’arrivée du premier curé en 1866.
Comme tous les actes religieux et civils sont
enregistrés à Saint-Simon, on ne connaît pas le nombre exact d’habitants
de Saint-Mathieu en 1860. Toutefois, il est raisonnable de penser que la population y était
d’au moins 650 personnes.
L’incendie à Saint-Épiphane
À l’été 1860, une bonne partie du Québec est touchée
par des incendies majeurs. Dans son édition du 2 mars 1863, la
Gazette des campagnes explique la situation vécue trois ans
auparavant en présentant les causes de l’incendie à Saint-Épiphane, une
paroisse près de Rivière-du-Loup.
« Nous sommes à l’été 1860. Pendant plusieurs
semaines, un soleil ardent, une chaleur étouffante avait asséché la
terre ; point de pluie depuis plus d’un mois. Le feu, allumé dans les
bois voisins ou conservé dans des anciens abattis, attiré, rallumé par
un fort vent d'ouest, s’est élevé tout à coup ; et voilà qu’il
s’agrandit, s’avance, s’approche des champs ensemencés et des demeures
des colons. Des efforts vigoureux, inouïs, sont faits pour arrêter
l'élément destructeur. C’est en vain ! ... En quelques heures, plusieurs
maisons, granges et autres bâtisses, ainsi que près de 500 minots (1) de
grain ensemencé, sont devenues la proie des flammes. C’était le 7
juillet. »
L’incendie a pu progresser d’une paroisse voisine à
l’autre. Ou encore, il s’est déclaré dans les mêmes conditions dans
d’autres paroisses.
L’incendie aux Trois-Pistoles
Dans son édition du 3 août 1860, le journal Le
Franco-Canadien décrit les ravages causés par l’incendie aux
Trois-Pistoles qui se traduisent en pertes considérables. Le
correspondant écrit : « Je
ne parle que pour la paroisse de Trois-Pistoles, laissant aux autres
paroisses le soin de faire connaître leur misère.
Maisons
incendiées : 28
Granges incendiées : 28
Grains de semence : 661 minots
Patates : 96 minots
Têtes de bétail : 43
Familles ayant perdu par le feu leurs habitations, ménages, semences et
fourrages : 30
Nombre d’individus dans ces familles : 159
Familles qui n‘ont
sauvé que leurs bâtisses : 17
Personnes ayant perdu par le feu une partie de leur
semence et de leur fourrage : 18
Les bois en
arrière de notre paroisse sont incendiés sur une superficie d’au moins
40 milles. Un seul enfant est mort des suites de ses brûlures, mais
beaucoup d’autres ont été atteints par les flammes. Il n’y a personne de
disparu. »
Le correspondant raconte qu’une rumeur a circulé à
l’effet qu’une femme de Saint-Éloi s’est réfugiée dans un étang avec ses
enfants et qu’elle était en compagnie d’un ours et d’un orignal.
Pour ce correspondant, l’information est fausse. Il
explique ce qui, selon lui, a donné lieu à cette rumeur : « Six hommes
étaient occupés, dans le township Bégon (Saint-Jean-de-Dieu), à préparer
le bois d’une grange ; surpris par l’élément destructeur, ils ont couru
se réfugier dans une petite rivière où ils ont passé trois terribles
heures à s’entre-jeter de l’eau pour s’empêcher de brûler. À quelques
pas d’eux était un ours qui, lui aussi, faisait de son mieux pour se
protéger du feu. Ils avaient avec eux un cheval et c’est lui qu’on aura
transformé en orignal ; car à part lui et l’ours, il n’y avait
avec eux que des lièvres. »
Les secours arrivent
Certaines paroisses des comtés de Kamouraska et de
l’Islet ont été épargnées par ce terrible fléau et la récolte y a été
abondante. Aussi, les brûlés de Trois-Pistoles et des environs ont été
secourus par des connaissances, des parents et des amis de ces
paroisses.
« Chaque jour, la charité distribuait le blé, la
viande, le linge et l’argent pour secourir les malheureuses victimes, et
cela avec une bienveillance, une sympathie et une générosité dignes des
plus beaux éloges. »
(2)
Les colons purent ainsi nourrir leurs familles et
empêcher leurs animaux de mourir de faim pendant l’hiver de 1861.
Toutefois, comme beaucoup de colons par manque d’argent
ne pouvaient pas se procurer de grains de semence, les curés des
localités incendiées se réunirent à l’Isle-Verte pour préparer une
demande d’aide au Gouvernement. Ce dernier, après hésitation, acquiesça
à la demande et remit entre les mains des curés des montants d’argent
qu’il devait distribuer aux colons « au meilleur de leur connaissance et
conscience. » (3)
Conclusion
En 1860, les surfaces cultivables des rangs 3, 4 et 5 de
Saint-Mathieu sont habitées en bonne partie. Il est à espérer que le feu
ne s’est pas répandu sur le territoire de la paroisse.
Toutefois, on sait que le feu ne connaît pas
de frontières. Aussi, vu l’ampleur de la catastrophe à
Trois-Pistoles, il est peu probable que la paroisse de Saint-Mathieu ait
été complètement épargnée.
………………………………
(1) Un minot de grain correspond à 60 livres ou environ
27 kilogrammes.
(2)
Gazette des
campagnes : journal du cultivateur et du colon, 2 mars 1863 (3) Idem |
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Doc 1861. État de la colonisation
En lisant d’anciens textes, on obtient parfois des renseignements
précieux. Ceci est un extrait du livre
Colonisation du Bas-Canada
(1851-1861) écrit par Stanislas Drapeau, p. 54-55.
« La colonisation s'est également bien développée dans les seigneuries,
malgré la valeur plus élevée du prix des terres, puisqu'aujourd’hui nous
comptons trois autres paroisses nouvelles qui ont surgi durant ces
dernières dix années, suivant que le constatent les calendriers de 1851
et 1861. Ces paroisses sont celles de Saint-Octave, Saint-Anaclet et
Saint-Mathieu, formées par les démembrements de Métis, Rimouski et
Saint-Simon, lesquelles nouvelles paroisses commencent les deuxièmes
rangées de paroisses qui bordent le Saint-Lament, dans les seigneuries.
Chacune possède un prêtre résident, à l’exception de celle de
Saint-Mathieu, qui est desservie par M. le curé de Saint-Simon. […]
Saint-Mathieu, formé par le démembrement de la paroisse de Saint-Simon,
possède une chapelle temporaire, et les habitants sont desservis par M.
le curé de Saint-Simon, comme je viens de le dire. Deux écoles sont
ouvertes donnant l’instruction à 72 enfants. Le site élevé et déjà beau
de cette paroisse naissante, nous dit le vénérable et fidèle
Touriste Canadien dans ses
notes sur les paroisses du Bas-du-Fleuve. Bien qu’entouré de bois, de
collines et de montagnes, Saint-Mathieu offre au regard du voyageur,
tout proche, au pied même du côteau sur lequel est bâtie la chapelle, un
lac charmant, qui vient de quelques arpents au-delà, dans l’ouest, et
qui se continue, sous forme de rivière ou même de ruisseau, à trois
lieues plus bas à l’Est, jusqu’à la vieille église du Bic, située entre
Saint-Fabien et Sainte-Cécile. […] Je ne puis offrir aucune statistique
sur les développements agricoles de cette nouvelle paroisse ; les
chiffres du recensement de 1861 ayant été portés au profit seul de la
paroisse de Saint-Simon. »
Dans la suite de ce texte, quand on parle de la Seigneurie Rioux, on
vise les rangs 3, 4, 5 et 6 de Saint-Mathieu. Quand on parle des terres
de la couronne, on désigne ce qui est aujourd’hui le Lac-Boisbouscache.
Voici la suite :
« Un chemin dit de Saint-Simon part du troisième rang de la seigneurie
Rioux et se dirige vers l’intérieur (vers le sud). M. J. L. Caron,
conducteur actuel des travaux, dit que ce chemin passe à travers une
vaste étendue de belles terres qui n’attendent que les bras du
défricheur pour devenir fertiles. Les terres dont parle M. Caron sont
celles renfermées dans la seigneurie. Il ajoute que, lorsque le chemin
aura atteint les terres de la Couronne, la colonisation prendra un plus
rapide essor : les conditions d’acquisition étant plus faciles. M.
Charles François Caron, ancien conducteur des travaux de ce chemin,
tient le même langage, et dit que les terres que traverse cette route
sont bonnes, mais il croit celles qui sont plus en profondeur -
c’est-à-dire les terres de la couronne - d’une qualité encore
supérieure : le bois qui y croît étant de merisier, érable et autres
bois francs qui, d’ordinaire, ajoute-t-il, indiquent un sol riche. »
Doc 1866A.
Une histoire commune
Saint-Simon de Rimouski et Saint-Mathieu-de-Rioux
ont formé un seul territoire pendant 36 ans. Le premier colon qui
s’installe sur une terre à Saint-Simon est Régis Jean, natif de
Saint-Jean-Port-Joli. Le premier qui s’installe à Saint-Mathieu est
Michel Jean, le frère de Régis. On voit déjà se dessiner des liens de
parenté entre les gens des deux paroisses.
Examinons d’abord les dates des principaux événements qui ont marqué les
deux paroisses. Dans tous les cas, sauf pour la Caisse populaire,
Saint-Mathieu arrive plus tard avec une moyenne d’environ 30 ans.
Vers 1828, on compte 1125 personnes dans les rangs
1 et 2 de Saint-Simon, soit environ 150 familles. En 1830, Michel Jean
achète une terre de 10 arpents au troisième rang de Saint-Simon.
D’autres colons suivent provenant principalement de Saint-Simon, de
Trois-Pistoles et de la région de Saint-Jean-Port-Joli.
La première cassure avec Saint-Simon se fait en
1858 lorsque Saint-Mathieu est érigé canoniquement et que l’archevêque
de Québec nomme le curé de Saint-Simon, l’abbé Germain-Siméon Marceau,
âgé de 56 ans, comme desservant de Saint-Mathieu. Sa mission est de
faire les offices religieux une fois par mois dans cette deuxième
paroisse. Les Simonois doivent alors partager leur curé. Maintenant,
c’est au tour de ce dernier de franchir les côtes abruptes qui séparent
les deux paroisses
Les actes religieux comme les baptêmes, les
mariages et les sépultures continuent d’être enregistrés à Saint-Simon.
Même si Saint-Mathieu se développe à un bon rythme, les personnes vivant
à Saint-Mathieu sont comptées pour Saint-Simon.
À partir de 1858, les rencontres dominicales sur le
perron de l’église sont en diminution à Saint-Simon. Les Mathéens vont
moins souvent aux messes à Saint-Simon étant donné la présence mensuelle
du prêtre. Partir du fond du cinquième rang ou du sixième rang et se
rendre à l’église de Saint-Simon constitue un déplacement d’environ 14
kilomètres. Il y a plusieurs côtes aussi dans cet itinéraire. Certains
le font à pied et, quand les circonstances le permettent, ils marchent
pieds nus pour ne pas abîmer leurs chaussures.
La deuxième cassure se fait en 1865 lorsque
Saint-Mathieu est érigée en municipalité de paroisse. J’imagine que les
Simonois ont eu un pincement au cœur quand ils ont appris qu’ils
venaient de perdre définitivement le Grand lac Saint-Simon, le Petit lac
Saint-Simon et les 14 autres lacs qui coulent sur le territoire actuel
de Saint-Mathieu. (Le conseil municipal de Saint-Mathieu a fait changer
le nom des deux lacs en 1973.)
En outre, Saint-Simon perd plus de 40 % de sa
population, une soixantaine de terres défrichées, de même que les taxes
foncières qui vont avec les fonds de terre et les bâtisses. En pratique,
les Simonois ont dû céder environ 110 kilomètres carrés. Il ne leur en
restait qu’environ 75.
1828 et civile
L’église de Saint-Simon a dû paraître vide en 1866
quand elle a perdu environ 40 % de ses fidèles. En outre, les gens des
deux paroisses avaient entre eux certains liens de parenté et d’amitié.
Avant 1866, ils pouvaient fraterniser sur le perron de l’église. Ils
faisaient partie des mêmes associations. Ils vivaient tous la même
petite histoire.
Cette proximité s’est maintenue pendant assez
longtemps par l’entraide entre les gens des deux paroisses et par leur
présence de part et d’autre à certains événements, comme les
funérailles. On peut le constater dans les journaux régionaux du début
du 20e siècle.
……………………………….
(1) L’érection de la municipalité de
Saint-Simon-de-la-Baie Ha! Ha! a lieu en 1845. Deux ans plus tard, la
municipalité est abolie. En 1855, c’est l’érection de la municipalité de
la paroisse de Saint-Simon.
Doc 1866B. Dix pionniers
Entendons-nous pour définir le mot
pionnier comme étant l’homme qui a acheté une terre à
Saint-Mathieu-de-Rioux dans la période 1830-1866.
Les registres paroissiaux de Saint-Simon ont été ouverts en 1836. Tous
les actes religieux officiels de Saint-Mathieu et de Saint-Simon sont
donc enregistrés à Trois-Pistoles avant 1836. Par ailleurs, les
registres paroissiaux de Saint-Mathieu ont été ouverts en 1866. Les
actes religieux officiels de Saint-Mathieu sont donc enregistrés à
Saint-Simon de 1836 à 1866.
Une personne née à Saint-Simon en 1845, par exemple, peut tout aussi
bien demeurer sur le territoire de Saint-Simon ou de Saint-Mathieu.
Voici 10 noms de pionniers par ordre alphabétique :
Louis Beaulieu
Il naît le 3 juillet 1833 à Trois-Pistoles. Il est le fils de Marcel
Hudon dit Beaulieu et d’Éléonore Paradis. Il épouse Émélie Albert le 28
février 1854 à Saint-Simon et Arthémise Lévesque le 8 juin 1897 à
Saint-Mathieu. En 1878, il demeure au rang 3 ouest. Il décède le 11
septembre 1917 à Saint-Mathieu.
Édouard Bérubé
Il naît le 10 février 1837 à Saint-Simon. Il est le fils d’Édouard
Bérubé et d’Osithe (Ozita) Rioux. Il épouse Sarasine Bélanger le 25
juillet 1859 à Saint-Simon et Marie-Victoria Beaulieu le 9 août 1881 à
Saint-Épiphane. En 1878, il demeure au rang 3 ouest.
Élie Dionne
Il naît à Kamouraska le 31 mars 1814. Il est le fils de Jean-Baptiste
Dionne et de Desanges Soucy. Il épouse Archange Jean le 2 octobre 1837 à
Saint-Simon et Obéline Bérubé le 22 octobre 1881 à Saint-Mathieu. Il
s’établit à Saint-Mathieu en 1835 sur une terre à l’ouest de celle de
Michel Jean. Il est notamment le grand-père d’Ernest Dionne, industriel
et meunier. Il décède le 10 février 1895 à Saint-Mathieu.
Séverin Dubé
Il naît le 1er novembre 1839 à Cacouna. Il est le fils
d’Edmond Dubé et de Geneviève Gagnon. Il épouse Émilie Bélanger le 12
février 1866 à Saint-Éloi. L’ainé de la famille Philias naît à
Saint-Mathieu le 5 avril 1868. En 1878, Séverin demeure au rang 3 est.
Il décède le 8 novembre 1927 à Saint-Mathieu.
Michel Jean
Il naît le 19 février 1793 à Saint-Jean-Port-Joli. Il est le fils de
François-Régis Jean et de Marie-Josephte Gauvin. Il épouse Véronique
Plourde le 27 octobre 1818 à Trois-Pistoles et Sophie Bergeron le 6
octobre 1827 à Cacouna. En 1830, il est le premier colon de
Saint-Mathieu. De ses neuf fils issus de deux mariages, deux ont fait
principalement souche à Saint-Mathieu : Melchior et Narcisse. Michel
décède le 24 mai 1870 à Saint-Mathieu.
Étienne Ouellet
Il naît le 12 septembre 1833 à Trois-Pistoles. Il est le fils de
Jean-Baptiste Ouellet et de Véronique Rioux. Il épouse Rachel Lévesque
le 4 février 1856 à Trois-Pistoles. Il achète la terre de Michel Jean
probablement en 1856. Cette terre est par la suite cédée de père en fils
: François, Philippe, Laurent et Gilles. En 1878, Étienne demeure au
village. Il décède le 25 mai 1915 à Saint-Mathieu.
Louis-Amable Parent
Il naît le 2 juin 1785 à Kamouraska. Il épouse Marie-Anne Normandin à
Kamouraska le 13 février 1809. Il achète une terre à Saint-Mathieu en
1835 à l’est de Michel Jean. Malheureusement, il décède accidentellement
le 17 mars 1836 à Rivière-du-Loup avant de prendre possession de sa
terre. Malgré cela, on peut le considérer comme un pionnier. Il a eu
deux fils : Louis et Georges. C’est Louis qui prend possession de la
terre de son père. Il épouse Louise-Élisabeth Côté le 29 octobre 1844
aux Trois-Pistoles. Il décède le 12 juin 1882 à Saint-Mathieu. Georges
Parent s'établit au 3e rang est, aux limites de la paroisse
de Saint-Mathieu.
Ferdinand Rousseau
Il naît le 14 août 1854 à Saint-Simon. Il est le fils de Vital Rousseau
et d’Euphrosine Bérubé. Il épouse Annie Jean le 16 juillet 1878 à
Saint-Mathieu et Léocadie Lagacé le 15 mai 1883 à Saint-Mathieu. On peut
le considérer comme pionnier car il a défriché la partie sud du sixième
rang de Saint-Mathieu. Il émigre aux États-Unis après 1896.
Majorique Rousseau
Il naît le 24 avril 1830 à Trois-Pistoles. Il est le fils de Laurent
Rousseau et de Rosalie Lévesque. Il épouse Desanges Vaillancourt le 11
juillet 1854 à Saint-Simon et Marie Lagacé le 15 octobre 1872 à
Saint-Mathieu. En 1878, il demeure au rang 4. Il décède le 16 octobre
1903 à Saint-Mathieu.
Thomas Vaillancourt
Il naît le 5 juin 1830 à Trois-Pistoles. Il est le fils de Célestin
Vaillancourt et de Marcelline Thibault. Il épouse Apolline Jean le 22
janvier 1856 à Saint-Simon. En 1878, il demeure au village. Il décède le
3 mai 1906 à Saint-Mathieu.
Cette liste est à compléter, car il existe des dizaines d’autres
cultivateurs qui ont occupé des lots sur le territoire de Saint-Mathieu
de 1830 à 1866. Par exemple, en 1878, on compte 84 chefs de famille,
probablement autant de cultivateurs, dont une bonne partie sont les
premiers à défricher la terre qu’ils occupent.
Doc 1868. Le premier bureau de poste
Le premier
bureau de poste de Saint-Mathieu ouvre ses portes le 1er
février 1868. C’est le premier curé de la paroisse, le révérend Antoine
Chouinard, qui en est le responsable, lui qui est en fonction comme curé
depuis un peu plus d’un an seulement.
Dans le site
Bibliothèque et
Archives Canada (BAC),
on trouve les responsables successifs du bureau de poste de 1868 à 1971
avec la date d’entrée en fonction et celle de départ. Voici les
données :
Le premier
bureau de poste est situé dans le presbytère. Il déménage au magasin
général, puis dans la maison située à l’est du terrain de la fabrique du
côté sud. Plus tard, on le trouve dans la maison située immédiatement à
l’ouest de l’église au nord de la salle paroissiale. Enfin, en 1966, un
édifice est construit.
Item : 6220- Bibliothèque et
Archives Canada (bac-lac.gc.ca)
Pendant longtemps, la poste était considérée comme un service essentiel.
Sur la route, le camion des Postes avait priorité sur tout autre
véhicule.
Dans les sacs à malle, on trouvait des lettres et des colis. Les lettres
garantissaient un mode de communication avec la parenté, les amis et les
services gouvernementaux ou d’affaires. Les colis provenaient de
particuliers, mais principalement de grands magasins de Montréal, comme
Dupuis & Frères, Eaton ou Simpson. Alors qu’aujourd’hui, les colis sont
de plus en plus nombreux, à cette époque, les lettres occupaient la
première position.
Le téléphone, là où il existait, servait à annoncer des nouvelles
urgentes. Le télégramme était peu connu. Il fallait se rabattre sur le
courrier. Dans les années 1950, le timbre qui était placé sur une
enveloppe coûtait quatre sous. Si on expédiait une carte de Noël sans
cacheter l’enveloppe, le tarif était de deux sous. En 2018, le timbre
standard coûte au-delà d’un dollar.
Le bureau de poste situé dans le village desservait toute la population
de la paroisse. Les gens du village devaient aller chercher leur
courrier au bureau de poste. Un postillon livrait le courrier à domicile
dans les rangs. Au début du 20e siècle, le transport se
faisait en voiture à cheval. Par la suite, les véhicules devinrent
motorisés. Pendant l’été, le postillon se servait de son automobile.
Pendant l’hiver, quand les chemins n’étaient pas déblayés, il parcourait
les rangs en snowmobile.
Dans les rangs, chaque propriétaire avait soin de se fabriquer ou de se
procurer une boîte à malle qui pouvait résister aux intempéries. Il
inscrivait son nom sur un côté de la boîte qui devait être pivotante.
Quand le postillon passait, il y déposait le courrier, mais aussi il
prenait le courrier d’envoi. En repos et sans courrier, la boîte était
parallèle au chemin. Quand une personne y déposait une lettre, par
exemple, elle tournait la boîte perpendiculaire au chemin, c’est-à-dire
la porte face au chemin.
Si le postillon n’avait pas de courrier pour cette personne, il prenait
l’envoi et tournait la boîte parallèle au chemin. Au contraire, si cette
personne avait du courrier, le postillon le déposait et laissait la
boîte dans sa position antérieure.
Quand une personne des rangs désirait acheter des timbres, elle mettait
de l’argent dans une enveloppe avec la quantité désirée. Les timbres
arrivaient le jour suivant. Quand une personne voulait poster un colis,
elle le plaçait dans la boîte à malle. Le lendemain, la facture des
timbres arrivait. La personne mettait le montant dans une enveloppe qui
était retournée au bureau de poste par le postillon.
Doc 1870A. Vente de
terres par le shérif
À
Saint-Mathieu-de-Rioux
comme dans de nombreuses paroisses, des grosses familles et des terres peu productives forçaient
certains cultivateurs à vendre leur propriété pour éponger leurs dettes
ou parfois pour recommencer à neuf. Nous vous indiquons les terres qui
ont fait l’objet de vente en Cour supérieure, c’est-à-dire par
l’intermédiaire du shérif.
■ Terres de Noël Gagnon
L’honorable David-Édouard
Price et John-Evans Price de Chicoutimi, comté de Saguenay, contre Noël
Gagnon, cultivateur de la paroisse de Saint-Simon en sa qualité de
tuteur.
1. Une terre située au
troisième rang de la paroisse de Saint-Mathieu, contenant deux arpents
de front, sur trente arpents de profondeur, bornée au nord aux terres du
second rang, au sud au bout de ladite profondeur, au nord-est à la terre
en dernier lieu désignée, et au sud-ouest à Pierre Garant, sans bâtisse.
(Gazette officielle du Québec,
26 novembre 1870)
2. Une autre terre située en
la troisième concession de la paroisse de Saint-Mathieu, contenant deux
arpents de front sur trente arpents de profondeur, bornée au nord aux
terres du second rang, au sud aux terres du cinquième rang, au nord-est
à la terre désignée au no 3 ci-dessous, et au sud-ouest à la terre en
dernier lieu désignée, sans bâtisse. (Gazette
officielle du Québec, 26 novembre 1870)
3. Une autre terre située en
la paroisse de Saint-Mathieu, contenant deux arpents de front sur trente
arpents de profondeur, bornée au nord aux terres du second rang, au sud
aux terres du quatrième rang, au nord-est à la terre désignée au no 4
ci-dessous et au sud-ouest à la terre en dernier lieu désignée, sans
bâtisse. (Gazette officielle du
Québec, 26 novembre 1870)
4. Une terre située au
troisième rang de la paroisse de Saint-Mathieu, contenant deux arpents
de front sur trente arpents de profondeur, bornée au nord aux terres du
second rang, au sud au bout de ladite profondeur, au nord-est à Adolphe
Dionne et au sud-ouest à la terre en dernier lieu désignée, sans
bâtisse. (Gazette officielle du Québec, 26 novembre 1870)
■ Huit terres
Des taxes dues obligent huit
propriétaires à vendre leur terre :
Rang 2 : Louis Dumont, 4 x 5
arpents. Montant dû : 0,02 $.
Rang 3 : Félix Têtu, 6 x 30
arpents. Montant dû : 1,18 $.
Rang 4 : Basile D’Astous, 4 x
30 arpents. Montant dû : 0,20 $.
Rang 4 : Charles Lagacé, 4 x
26 arpents. Montant dû : 0,45 $.
Rang 4 : Honoré Roy, 2 x 30
arpents. Montant dû : 0,06 $.
Rang 5 : Samuel Lévesque, 2 x
30 arpents. Montant dû : 6,70 $.
Rang 5 : Inconnu, 3 x 30
arpents. Montant dû : 0,06 $.
Rang 6 : Narcisse Beaulieu, 2
x 30 arpents. Montant dû : 0,28 $.
(Gazette officielle du
Québec, 23 janvier 1875)
■ Terre de Jean-Baptiste
Fournier
Magloire Roy dit Desjardins,
demandeur vs Jean-Baptiste Fournier, défendeur.
Une terre située en le premier
rang de la paroisse de Saint-Mathieu, contenant trois arpents de front
sur trente arpents de profondeur, plus ou moins, bornée au nord au
deuxième rang de la paroisse de Saint-Simon ; au sud au bout de la
profondeur ; à l'ouest à Hilaire Boulanger, et à l'est à Pierre Ouellet
ou ses représentants, — avec une maison et une grange, dessus
construites, circonstances et dépendances. (Gazette officielle du
Québec, 6 mars 1875)
■ Terre d’Herménégilde Fournier
Jean-Baptiste Fournier,
demandeur, contre Herménégilde Fournier, défendeur savoir :
Une terre sise et située au
premier rang de la paroisse de Saint-Mathieu, de la contenance de trois
arpents de front sur trente arpents de profondeur, bornée au nord aux
terres du second rang de la paroisse de Saint-Simon, au sud aux terres
du second rang de la paroisse de Saint-Mathieu, au nord-ouest à Hilaire
Boulanger, au nord-est à Narcisse Lévesque et Simon Bélanger — avec les
bâtisses dessus construites, circonstances et dépendances. (Gazette
officielle du Québec, 3 février 1877)
■ Terre de Joseph Bélanger
Louis Roy, demandeur, contre
Joseph Bélanger, défendeur, savoir :
Une terre située au troisième
rang des concessions de la seigneurie Nicolas Rioux étant le premier
rang de la paroisse de Saint-Mathieu, contenant quatre arpents de front
sur trente arpents de profondeur ; bornée au nord au second rang, au sud
au quatrième rang, au sud-ouest à Étienne Ouellet et à la route du
gouvernement, et au nord-est à Napoléon Fournier, avec la maison et les
autres bâtisses dessus construites et toutes les appartenances et
dépendances. (Gazette officielle
du Québec, 10 février 1877)
■ Terres de Firmin Dion
Demoiselle Jane Price,
demanderesse, contre Firmin Dion, défendeur, savoir :
Benjamin Dionne, écuyer,
marchand, de la paroisse de Saint-Georges de Cacouna, dans le district
de Kamouraska, demandeur, contre Octave Dubé, de la paroisse de
Saint-Mathieu, dans le district de Rimouski, cultivateur, défendeur
savoir :
Une terre située en la
troisième concession de la seigneurie de Nicolas Rioux, dans le premier
rang de la paroisse de Saint-Mathieu, contenant cinq arpents de front
sur vingt-cinq arpents de profondeur ; bornée au nord aux terres du
second rang, au sud au lac qui s’y rencontre, à l’est à Charles
Bertrand, écuyer ou ses représentants, et à l’ouest à Vital Rousseau ou
ses représentants, avec les bâtisses sus-construites, circonstances et
dépendances. (Gazette officielle du Québec, 30 octobre 1880)
Même demandeur et même défendeur. Une autre terre située dans le
quatrième rang de la seigneurie de Nicolas Rioux, dite paroisse de
Saint-Mathieu, contenant six arpents de front sur vingt-deux arpents de
profondeur ; bornée au nord aux terres du troisième rang, au sud aux
terres du cinquième rang, au sud-ouest à Narcisse Jean, et au nord-est à
Joseph Bérubé, sans bâtisses, circonstances et dépendances. (Gazette
officielle du Québec, 30 octobre 1880)
■ Terre de Napoléon Charrette
David Bertrand, écuyer, marchand de la paroisse de Dame-des-Neiges des
Trois-Pistoles, Demandeur ; contre Napoléon Charrette, cultivateur de la
paroisse de Saint-Mathieu, défendeur, savoir :
Une terre de trois arpents et cinq perches de front sur vingt-cinq
arpents de profondeur, contenant quatre-vingt-sept arpents et cinquante
perches en superficie, sise et située au troisième rang de la paroisse
de Saint-Mathieu — avec les bâtisses sus-construites, circonstances et
dépendances. La dite terre étant connue et désignée au cadastre officiel
de la dite paroisse de Saint-Mathieu, sous le numéro cent vingt-quatre
(124). Cette vente doit être faite sujette aux charges, clauses et
conditions d'un certain acte de donation de J. Bte Charest à Napoléon
Charest, passé à Trois Pistoles, le trente-un octobre mil huit cent
soixante-seize, devant Mtre M. Michaud, et enregistré sous le numéro
20 374. (Gazette officielle du
Québec, 22 mars 1884)
■ Terre de Narcisse Lévesque
Magloire D’Anjou, marchand, demandeur, contre Narcisse Lévesque,
cultivateur, de la paroisse de Saint-Mathieu, district susdit,
défendeur, savoir :
Une terre située en le troisième rang des concessions de la seigneurie
de Nicolas Rioux, paroisse de Saint-Mathieu, contenant trois arpents de
front sur trente arpents de profondeur ; bornée au nord au second rang,
au sud au quatrième rang, au sud-ouest à Johnny Jean, et au nord-est à
David Jean — avec la maison et les autres bâtisses sus-construites,
circonstances et dépendances. La dite terre connue et désignée au
cadastre officiel de la susdite paroisse, sous le numéro quarante-six. (Gazette
officielle du Québec, 22 mars 1884)
■ Terre d’Octave Dubé
Thomas Philippe Pelletier, de
la paroisse de Notre-Dame des Neiges des Trois-Pistoles, demandeur,
contre Octave Dubé, de la paroisse de Saint-Mathieu, dans le district de
Rimouski, défendeur savoir :
Le lot numéro cent quatre
(104) des plan et livre de renvoi officiels de cadastre pour la paroisse
de Saint-Mathieu, contenant soixante-six arpents en superficie avec
bâtisses dessus construites, circonstances et dépendances. (Gazette
officielle du Québec, 1er octobre 1887)
■ Terre de Jean-Baptiste
Fournier
Thomas Philippe Pelletier, de
la paroisse de Notre-Dame des Neiges des Trois-Pistoles, écuyer,
marchand, demandeur, contre Jean-Baptiste Fournier, de la paroisse de
Saint-Mathieu, dans le district de Rimouski, défendeur savoir :
Une terre située en le
troisième rang des concessions de Nicolas Rioux, contenant deux arpents
de front sur vingt-trois et demi de profondeur ; bornée au nord au
second rang, au sud au lac, au sud-ouest à Étienne Tardif et au nord-est
à Jean-Baptiste Dionne, avec la maison et les autres bâtisses
sus-construites et toutes les appartenances de la terre, connue et
désignée aux plan et livre de renvoi officiels de la dite paroisse de
Saint-Mathieu, sous le numéro soixante-six (66). (Gazette officielle
du Québec, 18 août 1888)
■ Terre de Denis Fournier
Joseph Rioux, marchand, de la
paroisse de Trois-Pistoles, dans le district de Kamouraska, demandeur ;
contre Denis Fournier, cultivateur, de la paroisse de Saint-Mathieu,
dans le district de Rimouski, défendeur, savoir :
Une terre située en le
troisième rang de la seigneurie de Nicolas Rioux, en la paroisse de
Saint-Mathieu, contenant trois arpents de front sur trente arpents de
profondeur ; bornée au nord-est à Blaise Vaillancourt, et au sud-ouest à
Narcisse Rioux avec les bâtisses sus-érigées, la dite terre étant connue
et désignée sous le numéro cent six (106) sur le plan cadastral et le
livre de renvoi officiel. (Gazette officielle du Québec, 20
octobre 1888)
■ Terre de Timothée Ouellet
Auguste D’Anjou de
Saint-Mathieu, marchand, demandeur, contre Timothée Ouellet, de
Saint-Mathieu, cultivateur, défendeur savoir :
Une terre située au cinquième
rang de la seigneurie de Nicolas Rioux, troisième rang de la paroisse de
Saint-Mathieu, dans le district de Rimouski, de la contenance de deux
arpents de front sur trente arpents de profondeur, étant connue et
désignée aux plans et livre de renvoi officiels du cadastre pour la dite
paroisse de Saint-Mathieu, sous le numéro trois cent sept (307) avec
bâtisses dessus construites, circonstances et dépendances. (Gazette
officielle du Québec, 6 juillet 1889)
■ Terre de Jules Lapointe
Joseph Mathias Michaud, de
Notre-Dame des Neiges des Trois-Pistoles, demandeur ; contre Jules
Lapointe, ci-devant cultivateur, de Saint-Mathieu, et maintenant
meunier, de ladite paroisse des Trois-Pistoles, défendeur.
Une terre située au deuxième
rang de la paroisse de Saint-Mathieu, dans le district de Rimouski,
étant connue et désignée aux plans et livres de renvoi officiels du
cadastre pour ladite paroisse de Saint-Mathieu, sous le numéro cent
trente-deux (132) — avec bâtisses dessus construites, circonstances et
dépendances, avec obligation de payer une somme de 990 $ à Marie-Anne
Lapointe, fille mineure du dit Jules Lapointe, et de feue Dame Cézarie
Paradis, de payer tout dû à Jean alias Johnny Bérubé, cultivateur, de
Saint-Mathieu et de payer 400 $ à Charles Édouard Léonidas Dionne,
avocat de Rimouski. (Gazette officielle du Québec, 5 avril 1890)
■ Terre de Pierre Roy
Thomas Philippe Pelletier, de
la paroisse des Trois-Pistoles, marchand, demandeur ; contre Pierre Roy
dit Desjardins, de la paroisse de Saint-Mathieu-de-Rioux, cultivateur,
défendeur, savoir :
Une terre située au deuxième
rang de la paroisse de Saint-Mathieu, (quatrième rang de la seigneurie),
contenant six arpents de front sur trente arpents de profondeur, étant
le numéro deux cent onze (211) du cadastre officiel de la dite paroisse
de Saint -Mathieu — avec bâtisses dessus construites, circonstances et
dépendances. (Gazette officielle du Québec, 8 novembre 1890)
■ Terre de Barthélémy Dandurand
Thomas Philippe Pelletier, marchand des Trois-Pistoles, demandeur ;
contre Barthélémy Dandurand, cultivateur, de Saint-Mathieu, Défendeur, à
savoir :
Une terre située au cinquième rang de la seigneurie Nicolas Rioux, dans
la paroisse de Saint-Mathieu, de trois arpents de front, étant la partie
sud-ouest du lot numéro deux cent quatre-vingt-dix- neuf (299), du
cadastre officiel de la dite paroisse de Saint-Mathieu — avec bâtisses
dessus construites circonstances et dépendances. (Gazette officielle
du Québec, 14 janvier 1893)
■ Quatre terres
Des taxes dues obligent quatre
propriétaires à vendre leur terre :
- Johnny Jean, fils de Louis,
cultivateur, terre no 47 au cadastre, 2 x 27 arpents. Montant dû : 4,76
$.
- Thomas Pelletier, marchand,
lot 315, 6 x 30 arpents. Montant dû : 9,21 $.
- Dame veuve Marcelline
Rousseau, cultivateur, lot 199, 2 x 20 arpents. Montant dû : 1,53 $.
-
Timothée Lévesque, menuisier, un terrain sur le lot no 98 avec maison et
autres bâtisses et un autre avec un moulin à scie sur le lot 100.
Montant dû : 2,66 $.
(Gazette
officielle du Québec, 29 janvier 1898)
■ Trois terres
Des taxes dues obligent trois
cultivateurs à vendre leur terre :
- Michel Ouellet, cultivateur,
lot 269. Montant dû : 73 ¢.
-
Antoine Rioux, cultivateur, lot 282. Montant dû : 82 ¢
- Thomas Charest, cultivateur,
partie du lot 183. Montant dû : 9,15 $.
(Gazette officielle du
Québec, 26 janvier 1901)
■ Terres d’Auguste Bélanger
L'honorable T. P. Pelletier, demandeur vs Blaise Vaillancourt,
défendeur, et Auguste Bélanger, tiers-saisi, savoir :
-
Une terre de 2 arpents sur 30, étant le no 17, du cadastre officiel de
la paroisse de Saint-Mathieu, district de Rimouski.
-
Une terre de deux arpents sur 30, no 18, du dit cadastre.
-
Une autre terre de 2 arpents sur 30, no 23, du dit cadastre — le tout
avec bâtisses, circonstances et dépendances. (Gazette officielle du Québec, 14 juin 1902) ■ Terres non concédées
Edmund William Tobin (1), de
Brompton Falls, dans le comté de Richmond, négociant, demandeur ; contre
des propriétaires de la seigneurie Nicolas-Rioux :
Toutes les terres non
concédées, y compris les lacs et rivières et les réserves dans les
titres de concession, dans cette partie de la seigneurie de Nicolas
Rioux, comprenant les paroisses de Saint-Simon et de Saint-Mathieu, et
les terres en arrière jusqu'aux terres de la Couronne, comprenant les
dits terrains non concédés, soit les lots nos 158, 162, 164, 166, 179,
283, 316, 317, 318 et les numéros consécutifs de 328 à 348,
inclusivement, 350 et les numéros consécutifs de 371 à 412,
inclusivement, et les numéros consécutifs de 423 à 449, inclusivement,
des plan et livre de renvoi officiels pour la paroisse de Saint-Mathieu,
comté de Rimouski, contenant environ 8953 arpents et 75 perches en
superficie. (Gazette officielle du Québec, 30 août 1902)
(1) Tobin a été président la compagnie de pulpe de
Trois-Pistoles. Sa demande est gigantesque.
■
Terre de
Charles-Eugène Lavoie
Une terre à bois d'un arpent de largeur par trente
arpents de profondeur, le tout plus ou moins ; bornée à l'ouest à Elzéar D'Amours et à l'est à
Cyrice D'Amours, au sud au cinquième rang et au nord au troisième rang,
laquelle terre fait partie du lot de terre no cent cinquante-neuf (159)
au cadastre officiel de la paroisse de Saint-Mathieu, comté de Rimouski.
(Gazette officielle du Québec, 23 septembre 1922)
■ Terre de Joseph Vaillancourt
Une terre au 4e rang de la Seigneurie Nicolas Rioux,
contenant environ 288 arpents en superficie, bornée au nord partie à
Louis Fournier, partie à Charles Beaulieu, partie à Philias Fortin,
partie à Archibald Berger, au sud au 5e rang, à l'est à
Ernest Dionne et à l'ouest partie à Désiré Rousseau et partie à Ernest
Boucher, étant partie des lots numéros 262, 264, 265, 266 et le numéro
263 du cadastre officiel de la paroisse de Saint-Mathieu — avec
bâtisses.
Taxes municipales dues : 39,24
$. Taxes scolaires dues : 78,48 $. Total : 117,72 $ (Gazette
officielle du Québec,
20 janvier 1934)
■ Terre de Jules Lagacé
Une terre au 4e
rang, contenant 6 arpents par 4, bornée au nord au troisième rang, au
sud partie à Thomas Ouellet et partie à Joseph Vaillancourt, étant une
partie du lot numéro 261, et le lot numéro 19, 3e rang, le
tout du cadastre officiel de la paroisse de Saint-Mathieu — avec
bâtisse.
Taxes municipales dues : 13,89 $. Taxes scolaires dues : 16,42 $.
Total : 30,31 $ (Gazette
officielle du Québec,
20 janvier 1934)
■ Terre de Jean-David Rioux
Vente du lot de Jean-David Rioux par encan, cadastre no 154.
Taxes municipales dues : 7,11 $. Taxes scolaires : 1,04 $. Frais : 0,39
$. Montant dû : 8,64 $ (Gazette officielle du Québec, 22 janvier
1949) |
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Doc 1870B.
Le chemin de fer de Saint-Simon
En 1870, un chemin de fer a été construit
à Saint-Simon. C’était pour la paroisse de Saint-Mathieu-de-Rioux un
lien important pour son développement économique parce qu’il permettait
le transport de marchandises et du courrier. De plus, les Mathéens, même
si ce n’était pas très à la mode, pouvaient utiliser cette voie pour
voyager autant à Rimouski qu’à Rivière-du-Loup et même vers les grands
centres comme Québec et Montréal. On peut affirmer, sans aucun doute,
que les citoyens de Saint-Mathieu se sont réjouis de cette nouveauté.
Toutefois, à au moins deux occasions, les
élus municipaux ont dû intervenir auprès de la Commission des transports
du Canada.
1. Signaux
lumineux
En décembre 1954, un accident tragique à
la traverse à niveau du chemin de fer de Saint-Simon entraîne la mort de
trois personnes. Quelques années plus tard, soit le 3 février 1958, le
conseil municipal vote une résolution pour demander des signaux lumineux
à cette traverse à niveau.
Voici le texte de la résolution :
« Proposé par le conseiller Charles-Hermel Jean, secondé par le
conseiller Joseph Dionne et résolu à l’unanimité : Que demande soit
faite pour demander des signaux lumineux à la traverse à niveau à la
station de St-Simon et que copie de cette résolution soit envoyée à M.
Gérard Légaré au Fédéral. »
Réal Dionne est le maire et Léo Théberge est le
secrétaire-trésorier.
Le 2 juin 1958, on retrouve dans les archives de la
municipalité : « Lecture d’une lettre de la Commission des Transports
pour l’installation des signaux lumineux à la traverse à niveau à la
station St-Simon. (Nous) demandons une contribution de 60 % du coût de
l’installation faite par la caisse des passages à niveau. La
municipalité aurait à assumer 25 % de ce coût qui est évalué à 9200 $ et
les frais annuels d’entretien et d’opération (qui) sont évalués à 600 $.
Le secrétaire devra répondre à cette dite Commission que la municipalité
n’a pas les moyens de faire cette dépense. »
Il fallait du front au Gouvernement fédéral pour
demander à la municipalité de payer même en partie pour une
infrastructure qui n’est pas sur son territoire. Le montant de 9200 $ en
1958 équivaut à 83 043 $ en 2019 et ce, sans compter les frais annuels
d’entretien qui seraient allés chercher au total plus de 100 000 $ en
dollars constants.
2. Fermeture de la gare de Saint-Simon
En 1960, la Commission des transports a l’intention de fermer la gare du
chemin de fer de Saint-Simon. Les Mathéens sont en total désaccord.
Le 2 mai 1960, le conseil municipal de Saint-Mathieu vote une
résolution.
« Proposé par le conseiller Léonard fournier, secondé par le conseiller
Omer Beaulieu : Que résolution soit adoptée pour que la station du
chemin de fer à St-Simon reste ouverte pour nos besoins de transport par
chemin de fer et que copie de cette résolution soit envoyé aux
intéressés ainsi qu’à notre député au Fédéral, M. Émilien Morissette. »
Réal Dionne est le maire et Léo Théberge est le secrétaire-trésorier.
Le 6 juin 1960, le secrétaire-trésorier dépose une lettre au conseil
municipal dans laquelle on peut lire que les « demandes à ce sujet ont
été prises en considération et devront être étudiées au cours de l’été à
laquelle les intéressés seront invités. »
Presque cinq ans passent et rien ne bouge. Le 8 février 1965, le conseil
municipal passe une nouvelle résolution.
« Après avoir reçu une requête de tous les commerçants et industriels de
Saint-Mathieu protestant contre cette dite fermeture, il fut proposé par
le conseiller Gervais Dionne, secondé par le conseiller Henri rousseau :
Que ce dit conseil appuie la requête présentée par les commerçants et
industriels de Saint-Mathieu et proteste énergiquement contre la
fermeture de la station St-Simon pour être remplacé par un abri et
l’enlèvement du chef de gare pour être remplacé par un gardien, et ceci
pour le bien général de la population. »
Le 2 août 1965, le conseil municipal reçoit une lettre de la Commission
des Transports du Canada indiquant « que la requête pour la fermeture de
la station de St-Simon est rejetée. »
Le dossier est clos. Dans les deux cas, la municipalité de Saint-Mathieu
a mordu la poussière.
Doc 1870C. Antoine-Gaspard Ouellet (1870-1945)
Antoine-Gaspard Ouellet est né à Saint-Mathieu le 7 juillet 1870. Il est
le fils d’Étienne Ouellet et de Rachel Lévesque qui ont eu 11 enfants.
Son père est propriétaire de la terre qui avait été défichée, à partir
de 1830, par Michel Jean, le pionnier de la paroisse.
Quand Antoine-Gaspard naît, une controverse est déjà en place pour
savoir où sera construite la future église. Deux requêtes ont déjà été
transmises à l’évêque de Québec : l’une pour demander l’autorisation de
construire une église en pierre, l’autre pour s’y opposer. Finalement,
la construction de l’église commencera en 1872. Antoine-Gaspard est donc
baptisé dans la chapelle.
Antoine-Gaspard fait ses études primaires à l’école modèle du village. À
14 ans, en 1884, il est admis au Séminaire de Rimouski. Le cours
classique est alors d’une durée de six ans. Il est diplômé en juin 1890.
On ne sait pas ce qu’il fait après son cours classique. Peut-être
entreprend-il des études théologiques pour devenir prêtre comme quatre
de ses confrères, mais qu’il abandonne ? Peut-être commence-t-il à
travailler dans un bureau de notaire comme clerc où il fait son
apprentissage et, dans cette hypothèse, pourquoi pas au bureau de son
futur beau-père ? On sait toutefois qu’il fut reçu notaire le 11
septembre 1897. Il devenait le premier notaire, natif de
Saint-Mathieu-de-Rioux et, plus est, le premier professionnel.
À Saint-Pascal, le 18 octobre 1898, il épouse Marie-Laure-Martin, fille
d’Auguste Martin, notaire, et de Marie Têtu. En 1900, le jeune notaire
Antoine-Gaspard rédige le contrat de vente de la beurrerie de
Saint-Mathieu-de-Rioux à Alfred Belzile.
Il pratique le notariat à Sainte-Hélène de Kamouraska, à Sainte-Anne de
la Pocatière et à Saint-Pascal. Il occupe la charge de greffier de la
Cour des Commissaires et celle de la Cour des Juges de Paix.
Le notaire Ouellet est décédé le 23 août 1945 à l’âge de 75 ans.
Outre le notaire, de 1830 à 1966, parmi les natifs de la paroisse, on
compte un agronome, un comptable agréé, deux ingénieurs, une dizaine
d’enseignants masculins, des centaines d’enseignantes, 13 prêtres ou
religieux, près d’une quarantaine de religieuses.
Depuis 1966, des centaines de jeunes femmes et de jeunes hommes
originaires de Saint-Mathieu sont devenus des professionnels en étudiant
dans un cégep, puis à l’université du Québec à Rimouski ou dans d’autres
universités. Pendant ce temps, il y a eu peu de nouveaux prêtres ou
religieux. Par contre, on compte quelques religieuses. Ce sont un autre
signe que la société a changé de la façon qu’on aurait eu de la
difficulté à imaginer lors du centenaire de la paroisse en 1966.
Doc 1870D.
Une famille exceptionnelle
La paroisse Saint-Mathieu-de-Rioux a vu naître sur
son territoire une famille hors du commun. C’est celle d’Ernest Dionne
et d’Odila Vaillancourt. Ernest Dionne, né en 1870 à
Saint-Mathieu-de-Rioux, était le fils de Jean-Baptiste Dionne et d’Aglaé
Rioux. Odila Vaillancourt, née en 1873 dans la même paroisse, était la
fille de Léon Vaillancourt et de Félicité Dionne.
Ernest Dionne et Odila Vaillancourt se marient le 3
février 1891 à Saint-Mathieu. Ernest Dionne a été meunier et industriel.
Il a possédé un moulin à farine et un moulin à scie. Il a fondé en 1906
l’entreprise Dionne et Dionne avec son cousin Antoine Dionne qui fut
maire de Saint-Mathieu de 1918 à 1934.
Le couple eut 19 enfants sur une période de 25 ans,
ce qui les classe dans la classe supérieure du nombre d’enfants. Voici
le nom des enfants par ordre de naissance :
1. Ferdinand, né en 1891, est décédé à l’âge de
quatre mois.
2. Clairina, née le 6 janvier 1893, a épousé Émile
Gauvin. Elle est décédée en 1997 à l’âge de 104 ans.
3. Rose-Anna, née en 1894, a épousé
Louis-Octave-Pierre Bérubé.
4. Léda, née le 3 avril 1895, a épousé Amédée
Plourde, puis Alphonse Bérubé. Elle est décédée en 2004 à l’âge de 109
ans et un mois.
5. Félix, né en 1896, a épousé Yvonne Lévesque.
6. Désiré, né en 1898, a épousé Alice Caron.
7. Antoine, né en 1899, est décédé en 1918 à l’âge
de 19 ans de la grippe espagnole.
8. Onésime, né en 1901, a épousé Gracia Ouellet.
9. Rose-Aimée, née en 1902, a épousé Raoul
Lévesque.
10. Alice, née en 1904, a épousé Charles-Eugène
Pelletier.
11. Elmina, née en 1905, a épousé Georges Gagnon.
12. Louis-Philippe, né en 1906, a épousé Alberta
Vaillancourt.
13. Omer, né en 1907, a épousé Cécile Ouellet, puis
Catherine Brisson.
14. Valentine, née le 1er mars 1909, a
épousé Magloire D’Anjou. Elle est décédée le 30 mars 2012 à l’âge de 103
ans.
15. Alberta (Sœur Jeanne), née le 6 juillet 1910
fut religieuse de la Providence. Elle est décédée le 25 octobre 2019 à
l’âge de 109 ans et 3 mois.
16. Ernest-Edmond, né en 1912, est décédé à l’âge
de cinq mois.
17. Roland, né en 1913, a épousé Thérèse Théberge.
18. Réal, né en 1914, a épousé Ilda D’Auteuil.
19. Adrien, né en 1916, a épousé Léa Ouellet, la
sœur de Cécile.
La famille
d’Ernest Dionne a marqué plus que toute autre l’histoire de
Saint-Mathieu-de-Rioux. Alors que la grande majorité des paroissiens
étaient des cultivateurs, Ernest et certains de ses fils faisaient des
affaires : ce qui a permis de diversifier l’économie de ce coin de pays.
Quatre filles d’Ernest Dionne et d’Odila Vaillancourt ont vécu
centenaires. Rappelons les noms : Clairina 104 ans, Léda 109 ans,
Valentine 103 ans et sœur Jeanne 109 ans, soit une moyenne d’un peu plus
de 106 ans. Ce fait inusité est assez exceptionnel si bien qu’il est
fort peu possible qu’on revoie une telle situation dans l’avenir.
La dernière de la fratrie à quitter ce monde est sœur Jeanne, 128 ans
après le mariage de ses parents.
Doc 1871A. Un curé affligé
Joseph-Octave
Béland est né à Québec le 7 décembre 1822. Il est ordonné prêtre dans sa
ville natale le 18 septembre 1852 alors que le diocèse de Rimouski
n’existe pas encore. Il deviendra le deuxième curé de
Saint-Mathieu-de-Rioux.
Premières
fonctions
« M. Béland
était bien le curé qu'il fallait à Sainte-Julie. Courageux, d'une santé
robuste, d'une charité et d'un zèle apostoliques, il ne se laissait
jamais abattre par les difficultés. Son temps se partageait entre les
travaux du ministère et les travaux des champs. Il était prêtre et
défricheur. C'est lui qui a commencé le défrichement de la terre de la
fabrique. Au besoin, il se mêlait aux ouvriers et travaillait comme eux.
M. Béland a fait terminer l'intérieur de l'église. Il a été sept ans
curé de Sainte-Julie. »
Les citoyens
de Sainte-Julie ont conservé un souvenir impérissable de son passage
dans la paroisse, car lors de sa mort on peut lire ce témoignage (2) :
« Les anciens savent qu’il a vécu ici dans
les privations, parce que ses revenus étaient fort minimes. Cependant
cette pauvreté n’a pas ralenti son courage et son dévouement pour le
bien spirituel et le développement matériel de cette paroisse naissante.
Malgré les sacrifices qu'il lui a fallu faire, il ne s'est jamais
départi de sa gaieté habituelle. »
En 1861, il
est nommé curé de Saint-Victor de Tring ; en 1865, missionnaire à la
Pointe-aux-Esquimaux et en 1867, curé de Saint-Anaclet.
À
Saint-Mathieu-de-Rioux
À l’automne
1871, la paroisse de Saint-Mathieu-de-Rioux est en effervescence. La discorde sévit entre
deux clans : l’un est en faveur de la construction d’une église, l’autre
contre. Dans le cadre de cette guerre des clans, une agression armée se
produit. Melchior Jean attaque à coups de hache l’un de ses
coparoissiens, Thomas Charest. C’est le geste ultime qui incite l’évêque
de Rimouski à retirer le jeune curé de 33 ans, Antoine Chouinard. Pour
calmer les ardeurs des paroissiens et en même temps pour les punir,
l’évêque ne désigne pas de curé. Il nomme un desservant avec résidence à
Saint-Simon. L’élu est l’abbé Joseph-Octave Béland.
À cause du choc de la perte d’un curé, les paroissiens de Saint-Mathieu
réussissent à s’entendre et la construction de l’église commence.
En février 1872, l’abbé Béland devient le deuxième curé de
Saint-Mathieu. La pierre angulaire de l'église est bénie le 3 septembre
de la même année. Malheureusement, en 1874, une maladie mentale
l’atteint et il doit quitter son poste. Il demeure au repos jusqu’en
1879 alors qu’il est nommé curé de Saint-Joseph-de-Lepage. Un an plus
tard, il doit encore abandonner son poste. Il est en retrait pendant
quatre ans. En 1884, il reprend ses fonctions comme curé de
Saint-Joseph-de-Lepage.
Nouvel abandon
En 1887, un
événement tragique survient. « Ayant par mégarde pris un jour du poison en guise de remède, il a
pu, grâce à sa forte constitution, échapper à Ia mort, mais ses jambes
se sont couvertes de plaies qui l’ont fait souffrir jusqu'aux derniers
jours de sa vie. » (3) Devenu impotent, il quitte sa cure de
Saint-Joseph-de-Lepage pour prendre une retraite définitive.
Il est admis à
l'hospice Saint-Jean-de-Dieu de Montréal, un institut psychiatrique qui
plus tard deviendra l’Hôpital Louis-H. Lafontaine.
Les Sœurs de la Providence l’ont accueilli chez elles avec dévouement et
compassion. Voici un témoignage de sa haute piété :
« Il a témoigné sa reconnaissance à ses
bienfaitrices par sa piété et ses prières, et les a édifiées par sa
patience et son abandon à Dieu. Ne pouvant plus dire sa sainte messe
depuis une couple d’années, il assistait à celle de la communauté et
faisait la communion chaque matin. Dans l’après-midi, il passait 3 à 4
heures en présence du Saint-Sacrement. On le regardait comme un saint
prêtre, et on l'avait en vénération et en haute estime. » (4)
L’abbé Joseph-Octave Béland décède le 4 novembre 1900 après avoir
séjourné à l’hospice pendant 13 ans. Il était âgé de 77 ans et 11 mois.
……………………………
(1)
Recherches historiques, vol. 7, bulletin publié par Pierre-Georges
Roy, janvier 1901.
(2)
Journal L’Écho des Bois-Francs, Victoriaville, 17 novembre
1900.
(3) Ibidem
(4) Ibidem
* La photo de l’abbé Béland a été puisée dans Bulletin des recherches
historiques, avril 1901.
Doc 1871B. Une
agression armée à Saint-Mathieu-de-Rioux
(1)
Nous sommes en
mars 1871, presque quatre ans après l’adoption d’une loi créant la
Confédération canadienne. Les travaux de construction
du chemin de fer
intercolonial promis dans la loi sont en cours à Saint-Simon.
Plusieurs cultivateurs de Saint-Mathieu-de-Rioux y travaillent
notamment
pour transporter de la pierre avec leurs voitures tirées par des chevaux.
Les faits
(2)
Le 1er
mars 1871, après leur journée de travail, comme chaque jour, vers trois
heures et demie de l’après-midi, les hommes quittent Saint-Simon pour
Saint-Mathieu. En cours de route, Thomas Charest (3) père, 51
ans, s’arrête une dizaine de minutes chez un ami pour faire boire ses
chevaux. Reprenant le chemin en galopant, les chevaux atteignent
rapidement la file. La dernière voiture est celle de Théophile Jean, 25
ans, fils de Melchior Jean (4), 52 ans. Comme il l’avait déjà
fait auparavant, Charest crie alors : « Clairez le chemin. Clear the
road. Je veux passer. » Quelqu’un crie à Charest de ne pas aller si
vite.
De peur d’être blessé par les deux chevaux, Théophile
se jette hors de son traîneau. Pendant quatre ou cinq arpents, il court
par derrière celui de Charest. Melchior, dont la voiture est devant
celle de son fils et qui est en mauvais termes avec Charest, quitte à
son tour son attelage. Il prend une hache dans le traîneau de son fils
et crie à l’intention de Charest :
« N'avance pas tes chevaux ou je vais les
frapper. » En même temps, il lève sa hache.
Charest répond : « Jean, ne tue pas mes chevaux. »
À ce moment, Charest se penche et prend au fond de sa voiture un
« croband » (possiblement déformation de crowbar, pied-de-biche en
français). Jusqu’à la tête de ses chevaux, il s’avance vers Melchior et
menace de l’abîmer. Croyant être en danger, Melchior brandit sa hache et
frappe Charest. Ce dernier est blessé à l’épaule droite. Il s’écrie : « Il m’a donné un coup de hache. Si je ne m’étais pas reculé, il
me fendait la tête. C’est un assassin. »
Personne
d’autres n’a eu le temps de réagir tellement l’action s’est déroulée
rapidement. Le calme étant revenu, chacun continue sa route vers son
domicile.
Le Dr Alfred Migneault
de Trois-Pistoles qui a visité la victime
a
pu constater une large blessure et doutait
que Charest s’en
réchappe.
La suite
Le lendemain
du drame, Pierre Charest, frère de la victime et cultivateur de
Saint-Mathieu-de-Rioux, va déposer une plainte à la cour criminelle de
Rimouski contre Melchior Jean, alias Melthior Jean.
Le 6 mars,
l’enquête préliminaire a lieu. Pierre Charest et William Rioux,
charretier de Trois-Pistoles sont appelés à titre de témoins de
l’agression. La cour considère alors qu’il y a matière à procès.
Melchior est accusé d’assaut avec intention de meurtre. Il se dit non
coupable. Selon lui, il a agi en état de légitime défense. Il n’a fait
que repousser un assaut à main armée commis par Thomas Charest et ainsi
préserver sa vie.
Un mandat
d’arrestation est émis contre Melchior. Pour éviter la prison en
attendant le procès, une caution de 400 louis est exigée. L’accusé se
porte garant de 200 louis tandis que deux cultivateurs, Romain Bérubé
(5) de Saint-Fabien, un beau-frère, et Henri Plourde
(6) de Bic, un cousin, garantissent chacun 100 louis.
Le 7 mars, le
greffier convoque les témoins de la défense : Vital Rousseau, Théophile
Jean, Élie Dionne, Étienne Ouellet, Richard Fournier, tous cultivateurs
de Saint-Mathieu, le révérend Antoine Chouinard, curé, et Magloire
D’Anjou, marchand de Saint-Simon.
Il est
probable que le procès a eu lieu le 14 mars tel qu’il était prévu.
Malheureusement, les pièces liées à cet événement n’ont pas été trouvées
aux archives judiciaires de Rimouski. On sait toutefois que l’accusé a
plaidé non coupable. Il a été reconnu coupable d’assaut avec intention
de meurtre, mais on ne connaît pas la peine rendue. Précisons que Thomas
Charest n’est pas décédé de ses blessures.
Guerre de clans
Cet événement tragique a lieu alors que la
discorde sévit dans la paroisse à cause d’une guerre de clans : l’un
étant en faveur de la construction d’une église, l’autre contre. En
effet, l’année précédente, soit en 1870, deux requêtes avaient été
adressées à l’évêque de Rimouski. La première, comportant 76 signatures
(59 %), demandait l’autorisation de construire une église ; la seconde,
comportant 53 signatures (41 %), s’opposait à ce projet.
En 1870, la population de la paroisse est
de 880 âmes. C’est donc la très grande majorité des chefs de famille qui
ont signé l'une ou l'autre pétition. Cela a dû créer une profonde
scission et d’énormes tensions dans la paroisse. Il est raisonnable de
penser que les deux hommes étaient dans les clans opposés.
Le jeune curé de 32 ans, Antoine Chouinard, qui en est à sa première
cure, est incapable de gérer la crise. Entre autres, sa présence au
procès en tant que témoin de la défense n’a pas dû apaiser les tensions.
Huit mois après l’événement tragique, il perd son poste de curé et doit
quitter la paroisse. Bien plus, les relations sont si tendues entre les
paroissiens que l’évêque de Rimouski refuse de désigner un nouveau curé.
Il nomme un desservant avec résidence à Saint-Simon en attendant que le
calme revienne.
…………………..
Notes (1) Dans le
cadre de l’agression de Thomas Charest par Melchior Jean, j’ai eu accès
à certains documents conservés aux archives judiciaires de Rimouski, les
autres étant égarés ou détruits par le feu en 1950. Dès le départ, une
surprise : l’acte d’accusation qui est assez élaboré est rédigé en
anglais.
(2) Le récit de
l’agression se base sur trois sources : 1)
un article publié, entre autres, dans le journal
L’Ordre : Union catholique, un
bihebdomadaire de Montréal, dans son édition du 20 mars 1871, 2) le
témoignage de Pierre Charest, 3) le témoignage de
William Rioux, charretier, de Trois-Pistoles. Les deux témoignages ont
été livrés lors de l’enquête préliminaire.
(3) Thomas
Charest père est un cultivateur de Saint-Mathieu-de-Rioux. Il est né
vers 1820. Il épouse Séverine Vaillancourt le 25 novembre 1845 en
l’église de Saint-Simon. Il est le fils de Jean-Baptiste Choret et
d’Euphrosine Morin. En 1862,
lors de la bénédiction de la première cloche de la
chapelle, Thomas Charest, est un des parrains avec son épouse.
(4) Melchior Jean
est un
cultivateur de Saint-Mathieu-de-Rioux. Il est né le 15 août 1819 et est
baptisé à Trois-Pistoles. Il épouse Élisabeth Dionne le 13 août 1844 à
Saint-Denis de Kamouraska. Son mariage est réhabilité le 9 janvier 1845.
Il est le fils de Véronique Plourde et de Michel Jean, le premier
défricheur de la paroisse. Il avait presque 11 ans quand son père s’est
installé à Saint-Mathieu. On peut penser qu’il a participé aux travaux
traditionnels de défrichage, de semence et de construction sur la
première terre de la paroisse.
(5) Romain Bérubé, né le 7 février 1827 et baptisé à Trois-Pistoles, est
le fils de Michel Bérubé et d’Euphrosine Lévesque. Il épouse Restitute
Jean le 6 mars 1848 en l’église de Saint-Simon. Restitute est la sœur de
Melchior Jean.
(6) Henri Plourde, né le 26 janvier 1825 à Trois-Pistoles, est le fils de
Raphaël Plourde et d’Angèle-Soulange Lévesque. Raphaël est le frère de
Véronique Plourde, épouse du père de Melchior Jean.
Doc 1876.
Famille Johnny Ouellet
Johnny Ouellet, Jean de son nom de baptême, est né
le 27 décembre 1876 à Saint-Mathieu-de-Rioux. Il est le fils de Charles
Ouellet et de Marie Bérubé. Le 14 août 1900, il épouse Célina Rioux à
Sainte-Françoise. En 1927, il est élu marguillier. Il décède le 11 juin
1955 à Saint-Mathieu à l’âge de 78 ans. Dans le
Progrès du Golfe du 17 juin
1955, on peut lire : « M. Ouellet laisse le souvenir d’un fervent
chrétien et d’un père de famille modèle. Sa disparition sera vivement
regrettée. »
Célina Rioux est née le 27 février 1880 à
Sainte-Françoise. Elle est la fille d’Arthur Rioux et de Clarina
Charrette dont le mariage a eu lieu le 11 février 1873 à Saint-Mathieu.
Elle décède le 8 mars 1957 à Saint-Mathieu à l’âge de 77 ans.
Trois des enfants du couple ont épousé des membres
d’une même autre famille, soit celle de Joseph Thibault et d’Émilia
Pelletier qui se sont mariés le 11 juillet 1899 à Sainte-Françoise. Ce
sont :
• Arsène, né le 26 septembre 1907. Il épouse Yvonne
Thibault le 17 mai 1935 à Saint-Fabien.
• Anaïs, née le 1er juin 1913. Elle
épouse Adélard Thibault le 13 juillet 1932 à Saint-Mathieu.
• Clairina, née le 24 septembre 1918. Elle épouse
Irénée Thibault le 1er septembre 1937 à Saint-Mathieu.
Quatre enfants du couple ont épousé des parents
immédiats de François Ouellet.
• Albert Ouellet, né le 8 juillet 1901. Il épouse
Marie-Louise Ouellet le 30 juin 1926 à Saint-Mathieu. Celle-ci est la
fille de François Ouellet et d’Odila Vaillancourt.
• Édouard Ouellet, né le 28 octobre 1905. Il épouse
Lucienne Théberge le 27 septembre 1933 à Saint-Mathieu. Celle-ci est la
fille d’Émile Théberge et de Marie-Luce Ouellet. Marie-Luce est la fille
de François Ouellet et de Vitaline Gravel.
• Rose Ouellet, née le 19 juillet 1909. Elle épouse
Romuald Ouellet le 13 juillet 1932 à Saint-Mathieu. Ce dernier est le
fils de Thomas Ouellet et de Marie-Rose Théberge. Thomas est le fils de
François Ouellet et de Vitaline Gravel. Par ailleurs, Thomas Ouellet est
le frère de Marie-Luce, et Marie-Rose Théberge est la sœur d’Émile.
• Louise Ouellet, née le 24 septembre 1911. Elle
épouse Léo Ouellet le 8 juillet 1931 à Saint-Mathieu. Celui-ci est le
fils de Narcisse Ouellet et d’Éva Bérubé. Narcisse est le frère de
François Ouellet.
Deux enfants du couple ne sont pas rattachés aux
deux groupes précédents. Ce sont :
• Napoléon Ouellet, né le 17 juin 1916. Il épouse
Laurence Coulombe le 8 juillet 1942 à Saint-Mathieu. Celle-ci est la
fille d’Ildéphonse Coulombe et de Marie-Anna Rioux de Trois-Pistoles.
• Charles Ouellet, né le 5 décembre 1903. Au moment des funérailles de son père, il est accompagné de son épouse dont on ne donne pas le nom, se contentant de la désigner comme étant Mme Charles Ouellet. Le couple demeure alors à Érié (USA). Dans un compte-rendu des funérailles de sa mère, daté du 15 mars 1957, on ne donne pas plus de détails. Toutefois, on apprend que sa mère est décédée au foyer de son fils Édouard Ouellet au rang 3 est. |
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Doc 1878. Chefs de famille en 1878
En 1871, la population de Saint-Mathieu-de-Rioux était de 896
personnes. En 1880, elle était de 1133. Si on pondère une croissance
uniforme, la population en 1878 peut être estimée à 1079 personnes.
Comme on comptait 84 chefs de famille en 1878, il y avait donc en
moyenne 12,8 personnes par maison : ce qui comprend le père, la
mère, les enfants et les aînés qui vivaient avec leur fils ou leur
fille.
La liste des 84 chefs de famille répartis par secteur a été publiée
dans l’album souvenir du centenaire de Saint-Mathieu-de-Rioux en
1966. Ces chefs de famille n’étaient pas nécessairement des
cultivateurs. Voici cette liste :
Doc 1880.
Vente de terres à l’encan
Dans son édition du 31 janvier 1880, la
Gazette officielle du Québec
annonce que six terres appartenant à des cultivateurs de
Saint-Mathieu-de-Rioux seront vendues aux enchères publiques à Rimouski
le 1er mars prochain à moins que le paiement soit effectué
avant le jour indiqué. Le journal précise que ces ventes seront faites à
cause de taxes dues à la municipalité.
Les lecteurs seront surpris du fait que les montants dus sont minimes.
Proposons quelques explications. Il est possible que les taxes scolaires
qu’on appelle alors des cotisations soient aussi non payées. De plus, à
cette époque, la coutume est à l’effet de faire « marquer » dans les
commerces, c’est-à-dire d’acheter à crédit. Le fait de faire saisir leur
terre est alors une façon pour les cultivateurs de se débarrasser de
leurs dettes, y compris parfois l’hypothèque.
De plus, certains cultivateurs laissent aller
leur terre soit pour profiter des avantages offerts aux colons d’obtenir
gratuitement un lot de colonisation dans des nouvelles paroisses, soit
pour recommencer à neuf, soit pour émigrer aux États-Unis.
Voici la localisation de six terres mises aux enchères, leur
propriétaire et le montant dû, tels que précisés dans le journal :
1. Deux arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur,
situés en le troisième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ; bornés au
nord-est à Frédéric Gaudreau et au sud-ouest à Louis Dubé, circonstances
et dépendances ; la propriété de Pierre Ouellet.
Montant dû : 75 ¢
2. Deux arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur,
voisine du côté nord-est à Thomas D’Auteuil et au sud-ouest à Damase
St-Pierre, lesquels sont situés en le troisième rang de la paroisse de
Saint-Mathieu ; la propriété de Pierre Ouellet.
Montant dû : 1,16 $
3. Deux arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur,
situés en le cinquième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ; voisine du
côté nord-est à Édouard Lagacé et au sud-ouest à Renouf et Rioux ; la
propriété de Joseph Dionne.
Montant dû : 18 ¢
4. Trois arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur,
situés en le cinquième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ; bornés au
nord-est à Firmin Bérubé et à l'ouest à Narcisse Beaulieu ; la propriété
de Thomas Dumont.
Montant dû : 88 ¢
5. Deux arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur,
situés en le cinquième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ; bornés au
nord-est à Alphonse Dionne et au sud-ouest à Dumas St-Jean ; la
propriété de Pierre Fraser.
Montant dû : 8,33 $
6. Quatre arpents de terre de front sur trente arpents de
profondeur, situés au cinquième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ;
bornés à l’est aux Dames Casault, seigneuresses, et à l'ouest à un
inconnu ; la propriété de Hyacinthe Beaulieu.
Montant dû : 88 ¢
https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2354529?docsearchtext=31%20janvier%201880
Doc 1884A.
Deux enfants
disparus
Dans son édition
du 14 novembre 1884, le journal Le
Franco-canadien publie un article intitulé
Protection divine. Ce texte relate les circonstances où deux enfants
du rang 5 de Saint-Mathieu-de-Rioux se sont égarés dans la forêt.
« M. le rédacteur,
Auriez-vous la
bonté de me permettre l'usage d'une colonne de votre journal pour faire
connaitre publiquement un fait tout à fait extraordinaire arrivé dans la
paroisse de Saint-Mathieu, comté de Rimouski ? Si je me permets de le
livrer au public, c’est pour le prier de remercier Dieu, avec tous les
habitants de ladite paroisse, de leur avoir accordé une telle grâce.
Samedi, 25
octobre, la tranquille paroisse de Saint-Mathieu était menacée d’un
grand malheur. Deux enfants de M. Jean-Baptiste Dionne (fils de Pierre),
dont l’un était âgé de 12 ans et l’autre de 8 ans, s'étaient éloignés de
la maison pour aller casser quelques branches de cèdre. À peine ces
enfants avaient-ils fait quelques arpents dans le bois qu'ils se
trouvèrent complétement égarés, et continuèrent ainsi à marcher sans
savoir où aller.
À cinq heures, les
parents, ne voyant pas leurs enfants revenir au foyer, se mirent
immédiatement à leur recherche. À eux vinrent se joindre d'autres
personnes qui cherchèrent en vain jusqu'à dix heures du soir. Dimanche à
trois heures du matin, le curé fut averti de l'accident par le père
désolé qui mit en lui toute sa confiance. En bon père, consolé par les
avis de son pasteur, qui lui avait assuré qu'il les trouverait, il
retourne chez lui après avoir éveillé tous les habitants de son
arrondissement et les avoir priés de vouloir bien continuer avec lui les
recherches de la veille.
À six heures, au
moins 30 hommes armés d'un grand courage cherchèrent jusqu’à midi, mais
en vain. Immédiatement après la grand-messe, le curé est prié de vouloir
bien se rendre sur les lieux afin d'animer, par sa présence, le courage
de ces infortunés, c'est ce qu'il fit, non pas avec joie, mais avec les
sentiments de véritable père.
À 1 heure précise,
après avoir récité avec une grande ferveur le chapelet de la Ste-Vierge
et celui du Sacré-Cœur, et aussi après plusieurs invocations au grand
Saint-Antoine de Padoue, cinquante personnes accompagnées de leur curé,
se rendirent sur le lieu du malheur et cherchèrent toujours en vain
jusqu'à 6 heures. Le père et la mère se laissèrent alors aller au
désespoir et n'espéraient plus les trouver au moins vivants ; le curé de
nouveau essaya de les consoler, en leur disant qu’ils trouveraient leurs
enfants.
Le lundi, la messe
se disait en l'honneur du Sacré-Cœur afin d'obtenir succès dans cette
entreprise, et toutes les personnes présentes s’unissaient d'intentions
au célébrant. À 9 heures, quatre bons marcheurs, parmi lesquels se
trouvaient d'habiles chasseurs se mirent de nouveau à la recherche des
petits malheureux. À onze heures, ils commencèrent à trouver des traces
de leur passage. Pleins d'espoir de les trouver, ils continuèrent à
suivre ces traces autant que possible et parvinrent enfin auprès de ces
chers enfants qui erraient encore pleins de vie.
Voyons maintenant
en quelques mots la conduite de ces deux affligés pendant le court
pèlerinage involontaire. Dès samedi soir, ces enfants avaient entendu la
voix des personnes qui les cherchaient, mais ils croyaient que c'était
le cri des chars (trains de Saint-Simon), et au lieu de revenir vers ces
voix, ils s'en éloignaient. À la nuit, ils se campèrent au pied d'un
sapin pour passer la nuit, étant obligés de coucher sur la terre gelée
et même couverte de neige. Ils voulurent étendre sous eux des branches,
leurs petites mains engourdies par le froid refusèrent de leur rendre ce
service ; ils passèrent donc la nuit dans cet état. Le plus âgé était
agité, et au milieu de ce demi-sommeil, il suppliait de sa voix
enfantine son père ou sa mère de venir les chercher.
Ils passèrent
toute la journée du dimanche à marcher. Le soir ils se mirent dans le
même état que la veille pour y passer la nuit, et le lendemain ils
continuèrent à marcher jusqu’à une heure. Au moment de leur heureuse
délivrance, le plus âgé avait fait placer son jeune frère dans un pin
creux, parce qu'il ne pouvait plus marcher, tandis que lui-même
s'efforcerait de trouver ses bons parents, qui ensuite viendraient le
chercher.
Le plus âgé a été
trouvé très bien disposé et a parcouru avec une grande facilité la
longue distance qui les séparait du foyer ; mais le plus jeune avait un
pied tellement endommagé par le froid qu'il ne pouvait pas s'en servir
dans le moment. Ils ont donc été deux jours et deux nuits exposés à la
rigueur de la dure saison et déclarent à qui veut les entendre qu'ils
n'ont souffert ni de la faim, ni du froid, ni de la fatigue.
Tous ensemble
rendons grâce à Dieu, et à vous M. le Rédacteur merci pour votre
bienveillante hospitalité. »
(Signé) Un
paroissien,
Saint-Mathieu, 29 octobre 1884
Jean-Baptiste
Dionne est né le 21 avril 1845 à l’Isle-Verte. Il est le fils de Pierre
Dionne et d’Angèle Boucher. Il épouse Marguerite Gaudreau le 7 mai 1867
à Saint-Mathieu-de-Rioux. Marguerite est la fille de Pascal Gaudreau
père et de Séraphine Caron. Le couple a eu 12 enfants. Au moment des
faits, Jean-Baptiste est cultivateur au rang 5.
D’après leur âge,
les deux enfants touchés par ce drame seraient Ferdinand, né le 27 mai
1872, et Philéas, né le 21 janvier 1876. Entre les deux enfants, se
trouve Delphine qui a épousé Philéas Gaudreau, lequel a possédé une
terre au début du rang 5, là où commence la route du sixième rang.
Philéas Gaudreau est le fils de Pascal Gaudreau fils et d’Aglaé Boucher.
Le curé est le
révérend Hermel Tremblay qui est à ce poste depuis un an. Serait-ce lui
qui a écrit le texte ?
Doc 1884B. Élèves du Séminaire de Rimouski
De 1884 à 1968, 68 jeunes
de Saint-Mathieu-de-Rioux ont fréquenté le Séminaire de Rimouski pour
des périodes plus ou moins longues. Ci-après, on peut lire par ordre
d’ancienneté le nom des élèves pour la période 1884-1934. Les détails
donnés sont puisés en grande partie sur le site du Séminaire de
Rimouski.
1. Antoine-Gaspard
Ouellet, fils d’Étienne Ouellet et de Rachel Lévesque. Il est né le
7 janvier 1870. Il fait tout son cours au Séminaire, soit de 1884 à
1890. La durée du cours est alors de 6 ans. Il devient notaire.
2.
J.-Émile
Ouellet, fils de François Ouellet
et de Vitaline Gravel. Il est né le 10 juillet 1888. Il étudie au
Séminaire pendant un an, soit en 1903-1904. Il est le neveu
d’Antoine-Gaspard Ouellet. Il devient maître de poste.
3. Georges Rioux,
fils de Georges-Alphonse Rioux et d’Alphonsine Dubé. Il est né le 26
octobre 1889. Il fait tout son cours au Séminaire, soit de 1905 à 1912.
La durée du cours est alors de 7 ans. Il est ordonné prêtre le 1er
juin 1916.
4. Hermel Pelletier,
fils de Thomas Pelletier et d’Anna Lévesque. Il est né le 25 avril 1897.
Il fait tout son cours au Séminaire, soit de 1910 à 1917. Il est ordonné
prêtre le 25 juillet 1921.
5. Charles Rioux,
fils de Narcisse Rioux et d’Arthémise Jean. Il est né le 1er
janvier 1894. Il étudie au Séminaire pendant trois ans, soit de 1909 à
1912. Il devient garagiste.
6. Charles-Eugène
Parent, fils de Louis Parent et de Marie Lavoie. Il est né le 22
avril 1902. Il fait tout son cours au Séminaire, soit de 1914 à 1920, et
cela, en six ans au lieu de sept. Il est ordonné prêtre le 7 mars 1925
et sacré évêque le 24 mai 1944. Charles-Eugène est né à Trois-Pistoles,
mais a fait ses études primaires à Saint-Mathieu.
7. Mathieu Jean,
fils de Johnny Jean et d’Elmire Boucher. Il est né le 20 septembre 1898.
Il étudie au Séminaire pendant quatre ans, soit de 1914 à 1918. Il
devient agent de commerce. Il est l’oncle de Rosaire Dionne.
8. Albert Belzile,
fils d’Alfred Belzile et d’Eugénie Lebel. Il est né le 29 novembre 1903.
Il étudie au Séminaire pendant trois ans, soit de 1917 à 1920. Il
devient inspecteur de beurrerie.
9. Onésime Dionne,
fils d’Ernest Dionne et d’Odila Vaillancourt. Il est né le 8 février
1901. Il étudie au Séminaire pendant un an, soit en 1917-1918. Il
devient marchand et industriel.
10. Georges Belzile,
fils d’Alfred Belzile et d’Eugénie Lebel. Il est né le 19 février 1905.
Il étudie au Séminaire pendant quatre ans, soit de 1920 à 1924. Il
devient marchand.
11. Paul-Roland Belzile,
fils d’Alfred Belzile et d’Eugénie Lebel. Il est né le 1er
juin 1906. Il fait tout son cours au Séminaire, soit de 1920 à 1928. Il
est ordonné prêtre le 26 juin 1932.
12. Georges Rousseau,
fils d’Édouard Rousseau et d’Aurélie Chassé. Il est né le 30 décembre
1906. Il étudie au Séminaire pendant un an, soit en 1921-1922. Il
devient professeur.
13. Louis-Jacques
Beaulieu, fils d’Émile Beaulieu et d’Ernestine Chénard. Il est né le
22 août 1907. Il étudie au Séminaire pendant trois ans, soit de 1921 à
1924. Il devient journalier.
14. Paul-Émile Ouellet,
fils de J.-Émile Ouellet et de Célina Bérubé. Il est né le 19 septembre
1914. Il fait tout son cours au Séminaire, soit de 1931 à 1939. Il est
ordonné prêtre le 11 octobre 1942.
15. Georges Théberge,
fils d’Émile Théberge et de Marie-Luce Ouellet. Il est né le 17 novembre
1918. Il étudie au Séminaire pendant trois ans, soit de 1934 à 1937. Il
devient cultivateur.
16. Léonard Parent,
fils de Louis Parent et de Marie Lavoie. Il est né le 10 juin 1920. Il
fait tout son cours au Séminaire, soit de 1934 à 1942. Il est ordonné
prêtre le 30 juin 1946. Il est le frère de Charles-Eugène.
17. Roland Rioux,
fils de Félix Rioux et d’Alice Lagacé. Il est né le 5 avril 1920. Il
fait tout son cours au Séminaire, soit de 1934 à 1943. Il est ordonné
prêtre le 2 février 1947.
18. Mathieu Ouellet,
fils de J.-Émile Ouellet et de Célina Bérubé. Il est né le 12 octobre
1921
19. Ulric Ouellet, fils de J.-Émile Ouellet
et de Célina Bérubé. Il est né le 10 janvier 1923.
20. Bernard Dionne, fils de
Félix Dionne et d’Yvonne Lévesque.
21. Raymond Ouellet, fils de J.-Émile Ouellet
et de Célina Bérubé.
22. Raymond Boulanger, fils
de Charles Boulanger et de Clarina Parent.
23.
Lucien Beaulieu, fils de Joseph-Luc Beaulieu et d’Yvonne Lagacé.
24. Joseph-Paul Boulanger,
fils de Charles Boulanger et de Clarina Parent.
25. Fernand Dionne, fils
d’Onésime Dionne et de Gracia Ouellet.
26. Rosaire Dionne, fils
d’Edmond Dionne et de Valentine Jean.
27. Roland Thibault, fils
d’Augustin Thibault et de Marie Dubé.
28. Lionel Ouellet,
fils d’Étienne Ouellet et d’Alice Vaillancourt.
29. Yvon Dionne,
fils de Félix Dionne et d’Yvonne Lévesque.
30. Alain Dionne,
fils d’Amédée Dionne et d’Yvonne Rioux.
31. Richard Dionne,
fils de Félix Dionne et d’Yvonne Lévesque.
32. Jean-Guy Théberge,
fils de Léo Théberge et de Lucie D’Auteuil.
33. Léonidas Lagacé, fils d’Émile
Lagacé et de Clara Vaillancourt.
34. Alexandre Théberge,
fils de Léo Théberge et de Lucie D’Auteuil.
35. Julien Dionne, fils d’Amédée
Dionne et d’Yvonne Rioux.
36. Rémi Dionne, fils de Désiré
Dionne et d’Alice Caron.
37. Richard Lagacé, fils de Charles
Lagacé et de Caroline Caron.
38. Clovis Théberge,
fils de Léo Théberge et de Lucie D’Auteuil.
39. Charles-Édouard
Jean, fils d’Edmond Jean et de Marie-Laure Théberge.
40. Ghislain Jean,
fils de Philippe Jean et de Noëlla Devost.
41. Rémi Thibault,
fils de Thomas Thibault et de Candide Jean.
42. Élisée Bérubé, fils de Joseph
Bérubé et d’Anna Parent.
43. Wilbrod Dionne, fils de Désiré
Dionne et d’Alice Caron.
44. Wilbrod Théberge, fils de Léo
Théberge et de Lucie D’Auteuil.
45. Gilles Belzile, fils de Gérard
Belzile et de Jeanne Gagnon.
46. Régis Belzile,
fils de Gérard Belzile et de Jeanne Gagnon.
47. Vincent Théberge,
fils de Léo Théberge et de Lucie D’Auteuil.
48. Augustin Bélanger,
fils de Cyrice Bélanger et de Marie-Laure Lagacé.
49. Laurent Bérubé,
fils de Joseph Bérubé et d’Anna Parent.
50. Raynald Lagacé,
fils d’Amédée Lagacé et de Marie-Anne Bérubé.
51. Patrice Théberge,
fils d’Antonio Théberge et de Germaine Bélanger.
52. Théophile Jean,
fils d’Amédée Jean et de Cécile Parent.
53. Jocelyn Bérubé,
fils de Léo Bérubé et de Cécile Vaillancourt.
54. Léonard Jean,
fils d’Amédée Jean et de Cécile Parent.
55. Louis-Marie Jean,
fils d’Amédée Jean et de Cécile Parent.
56. Urbain Jean,
fils d’Edmond Jean et de Marie-Laure Théberge.
57. Jean-Marie Parent,
fils de Louis Parent et de Germaine Rioux.
58. Gleason Théberge,
fils de Léo Théberge et de Lucie D’Auteuil.
59. Jean-Maurice
D’Anjou, fils de Magloire D’Anjou et de Valentine Dionne.
60. Léandre Dionne,
fils d’Edmond Dionne et de Valentine Jean.
61. René Rioux,
fils d’Armand Rioux et de Rose-Anna Bélanger.
62. Fidel Belzile,
fils de Gérard Belzile et de Jeanne Gagnon.
63. Gaétan Ouellet,
fils de Gérard-Omer Ouellet et de Bernadette Beaulieu.
64. Herman Théberge,
fils de Léo Théberge et de Lucie D’Auteuil.
65. Grégoire Ouellet,
fils d’Adrien Ouellet et de Marie Ouellet.
66. Anselme
Vaillancourt, fils de Charles Vaillancourt et d’Hélène Plourde.
67. Jean-Luc Beaulieu,
fils de Charles Beaulieu et de Thérèse Fournier.
68. Monette Boucher,
fille de Benoît Boucher et de Germaine Fournier.
Doc 1886.
Une famille
noble à Saint-Mathieu
Jusqu’à la fin du 19e siècle, la
population du Québec est partagée en deux classes sociales, les nobles
qui sont une minorité et les roturiers. Les avocats, les notaires, les
médecins, les prêtres et les hauts gradés de l’armée sont souvent
associés aux nobles, mais ne font pas nécessairement partie de cette
classe.
À cette
époque, il est rare que des nobles vivent dans de petites paroisses
rurales. Pourtant, en 1886, un couple noble s’installe à
Saint-Mathieu-de-Rioux. Voici les circonstances :
Publication d’un ban
Il me semble voir le curé Hermel Tremblay dans la chaire de l’église de
Saint-Mathieu dimanche le 14 février 1886 lors de la grand’messe. Il a
la tête haute et le cœur à la joie quand il prononce ces mots : « Il y a
promesse de mariage entre William Joseph Tremblay, écuyer, major de
milice et négociant, de cette paroisse, fils majeur d’André Tremblay,
cultivateur, et d’Adélaïde Tremblay de cette paroisse et autrefois de
Notre-Dame des Éboulements et
Marie-Lucette d’Estimauville de
Beaumouchel (2), fille majeure de feu Robert Anne Chevalier
d’Estimauville de Beaumouchel, écuyer et avocat de Saint-François de
Montmagny et d’Adèle Zoé Couillard de Lespinay. Le mariage sera célébré
à Montmagny mardi de cette semaine. »
Le curé Tremblay reprend son
souffle et dit : « Je serai absent de la paroisse une bonne partie de la
semaine. Le curé de Saint-Simon a bien voulu accepter de répondre aux
urgences. Je vais à Montmagny pour bénir le mariage de mon frère William
Joseph. »
Voyage à Montmagny
On peut penser que, dès le
lundi, le bedeau attelle le cheval de la fabrique. Direction : la gare
de Saint-Simon. Le curé Tremblay prend place dans le traineau à patins.
Ses parents ne sont pas du voyage. Sa mère est décédée l’année
précédente à Saint-Mathieu (3). Son père a 81 ans. Le curé est
accompagné d’Auguste D’Anjou, marchand et secrétaire-trésorier de la
municipalité, qui sera le témoin du marié (4). Il est fort probable que le marié fait aussi partie
du voyage parce qu’il est alors domicilié à Saint-Mathieu. Puis, c’est
le train qui conduit tout ce monde à Montmagny.
Le mariage
Dans son
édition du 19 février 1886, le Journal de Québec annonce que le
mariage de W. Joseph Tremblay et Marie-Lucette d’Estimauville a eu lieu
à Montmagny le 16 février. Il continue :
« La bénédiction nuptiale a
été donnée par le révérend messire Hermel Tremblay, curé de
Saint-Mathieu, et frère du marié, assisté par le révérend messire F.
(Fréderic Auguste) Oliva, curé de Saint-François. Un chœur d’amis, sous
l’habile direction de M. Joseph Létourneau, organiste de Montmagny, a
rehaussé l’éclat de la cérémonie. Après le déjeuner pris chez James
Oliva, écuyer, C. R., beau-père de la mariée, l’heureux couple est parti
pour Saint-Mathieu. »
Tout comme le marié, James
Oliva est écuyer. À l’époque, c’est une qualification noble. En plus, il
est conseiller du roi (C. R.). En 1872, il épouse Adèle Zoé Couillard,
mère de la mariée, qui a eu 16 enfants de son premier mariage. Le prêtre
qui assiste le curé de Saint-Mathieu lors de la cérémonie de mariage est
le frère de James Oliva. Ce dernier est un personnage important dans
l’histoire de Montmagny.
Retour à Saint-Mathieu
Comme on le sait, après le
mariage, W. Joseph Tremblay et Lucette d’Estimauville viennent vivre à
Saint-Mathieu. Ils auront quatre enfants dont l’aîné est né à
Saint-Mathieu et les autres à Roberval (5). Ils quitteront la paroisse
en 1887 ou 1888.
Conclusion
Saint-Mathieu-de-Rioux a hébergé une famille noble pendant deux ou trois
ans. Pourquoi W. Joseph Tremblay a-t-il quitté la paroisse
? A-t-il été rappelé par la milice canadienne pour une mission ? Peut-on
penser qu’après son mariage, il demeurait encore au presbytère et que
l’incendie de cette bâtisse le 28 avril 1887 l’a incité à aller
vivre ailleurs, notamment parce que les paroissiens n’ont pu sauver
qu’une partie seulement de l’ameublement de la bâtisse et que le curé
Tremblay a dû loger dans la salle publique.
Aucun document consulté ne répond à ces questions.
……………………..
(1)
Le marié
W. Joseph Tremblay est né aux Éboulements le 13 mai
1851. Son vrai prénom de baptême est Joseph Guillaume. Lors de son
mariage, il a 34 ans. En 1880, il est nommé major commandant du 88e
bataillon de Charlevoix et de Kamouraska. Il démissionne en 1892. À
cause de ses services dans la milice canadienne, on lui attribue le
titre d’écuyer.
En
janvier 1899, il est élu maire du village de Roberval, poste qu’il occupe pendant trois ans. Pour gagner sa
vie, il est marchand et banquier. Il est décédé le 2 juin 1921 à l’âge
de 70 ans.
(2) La mariée
Lucette d’Estimauville de
Beaumouchel est née le 25 décembre 1852 à Saint-Thomas de Montmagny. On
lui a donné aussi les prénoms de Marie-Luce Anaïs. Lors de son mariage,
elle a 33 ans. Son grand-père paternel était écuyer et adjudant
greffier. Son bisaïeul paternel était capitaine et seigneur de
Beaumouchel. Son trisaïeul était sire et baron. Elle est décédée le 6
février 1932 à l’âge de 80 ans.
(3) Acte de sépulture de la mère du marié
« Le vingt-trois novembre mil huit cent quatre-vingt-cinq nous prêtre
soussigné curé de Saint Mathieu Rimouski, fils de la défunte, avons
inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps de Adélaïde à l’âge
de soixante-douze ans. Étaient présents Joseph Tremblay écuyer et Thomas
Tremblay fils de la défunte lesquels ont signé avec nous en présence. »
L’acte de sépulture est signé notamment
par le curé
Tremblay.
Plus tard, le 6 janvier 1899, André Tremblay rend
l’âme à l’âge de 90 ans. Il est inhumé au même endroit.
(4)
L’acte de mariage
« Le seize février mil huit cent quatre-vingt-six vu
la dispense de deux bans et la publication du troisième faite au prône
de notre messe paroissiale ainsi qu’à Saint-Mathieu, diocèse de
Rimouski, comme il appert par le certificat du curé du lieu, entre
William Joseph Tremblay, écuyer, major dans la milice active et
négociant, domicilié à Saint-Mathieu, diocèse de Rimouski, fils majeur
de André Tremblay, cultivateur, et de défunte Adélaïde Tremblay, des
Éboulements d’une part, et Marie Lucette d’Estimauville de Beaumouchel,
fille majeure de feu Robert Chevalier d’Estimauville de Beaumouchel,
écuyer, avocat, et de dame Zoé Couillard de cette paroisse d’autre part,
ne s’étant découvert aucun empêchement au dit mariage, nous soussigné,
curé de Saint-Mathieu, avons de l’agrément du curé de cette paroisse,
reçu leur mutuel consentement de mariage et leur avons donné la
bénédiction nuptiale en présence de James Oliva, écuyer, avocat,
beau-père de l’épouse et de Auguste D’Anjou, ami de l’époux, qui ont
signé avec nous ainsi que les époux et plusieurs autres parents. »
Suivent 15 signatures.
(5)
Enfants du couple
1. Marie Joseph Robert André François Xavier Hermel
Tremblay, né le 2 décembre 1886 à Saint-Mathieu.
2.
André
Anne Raphaël George Joseph Tremblay, né le 20
novembre 1888 à Roberval.
3. Marie Joseph Henri Louis Philippe Léonce
Tremblay, né le 9 mars 1890 à Roberval.
4. Marie Joseph Robert Tremblay, né le 10
novembre 1892 à Roberval.
Doc 1887A.
Émigration vers les États-Unis
Vers 1840, un mouvement d’émigration de Québécois vers les
États-Unis prend forme et dure jusqu’en 1930 alors que le pays ferme ses
frontières.
À Saint-Mathieu-de-Rioux, le mouvement débute en 1887. Nous avons eu
la chance de mettre la main sur un article d’un citoyen de
Trois-Pistoles, qui semble être bien informé. L’article dont le titre
est Le fléau de l’émigration a été publié dans
L’Électeur, un quotidien de Québec, le 16 juillet 1892. On y trouve
d’abord une brève description de la situation économique de
Saint-Mathieu qui apparaît comme désastreuse. Puis, l’auteur fait une
liste de familles qui ont émigré aux États-Unis de 1887 à 1892. Voici le
texte de présentation :
« La paroisse de Saint-Mathieu, dans le comté de Rimouski n’est pas
prospère. Le sol est pauvre. Les trois quarts des terres sont
surchargées d’hypothèques et il est impossible à leurs propriétaires de
songer à se défaire de ces obligations onéreuses au moyen des produits
de la ferme. La récolte n’est pas assez abondante chaque année pour
qu’ils puissent entretenir ces espérances. Même si, par impossible, ils
récoltaient beaucoup, ils ne seraient guère plus avancés, ils vendraient
nécessairement leurs produits à vil prix.
Aussi, il ne faudra pas être étonné de voir cette paroisse se
dépeupler graduellement. Il est indubitable que le tiers de ses
habitants auront émigré dans les États de la Nouvelle-Angleterre avant
deux ou trois ans.
La population de Saint-Mathieu est actuellement de 900 âmes
environ. » (Fin du texte cité)
Voici la liste des partants de 1887 à 1892 et leur nombre par année
en supposant que chaque homme soit accompagné de son épouse :
En 1887 : 7 personnes dont 5 enfants
Anatole Moreau, 5 enfants
En 1888 : 49 personnes dont 37 enfants
Narcisse Lévesque, 8 enfants
Noël Lévesque, 4 enfants
Frédéric Rioux, 6 enfants
Lucien Rioux, 8 enfants
Pierre Fraser, 6 enfants
Denis St-Jean, 5 enfants
En 1889 : 76 personnes dont 54 enfants
Joseph Bérubé, 7 enfants
Napoléon Charrette, 0 enfant
Joseph Dévost, 6 enfants
J. B. Lavoie, forgeron, 4 enfants
J. B. Lavoie, meunier, 5 enfants
Théophile Lévesque, 0 enfant
Pierre Ouellet, 5 enfants
Michel Paradis, 9 enfants
Charles Ricard, 5 enfants
Marcellin Rousseau, 5 enfants
Joseph Sergerie, 8 enfants
En 1890 : 195 personnes dont 143 enfants
Édouard Bérubé, 10 enfants
Édouard Bérubé, fils de Séverin, 4 enfants
Charles Caron, 4 enfants
William Castonguay, 3 enfants
Jean Côté, 7 enfants
Léandre Dévost, 8 enfants
Louis Dubé, 4 enfants
Maxime Dubé, 7 enfants
Séverin Dubé, 7 enfants
Paul Gaudreau, 5 enfants
Luc Jean, 6 enfants
Xavier Jean, 8 enfants
Louis Leclerc, 6 enfants
Eusèbe Lévesque, 4 enfants
Narcisse Lévesque, fils de David, 7 enfants
J. B. Michaud, 6 enfants
Charles Morin, 4 enfants
Aristobule Paradis, 4 enfants
Venant Plourde, 8 enfants
Simon Rioux, 6 enfants
Joseph Roy, 5 enfants
Pierre Roy, 3 enfants
Germain St-Laurent, 5 enfants
Étienne Tardif, 2 enfants
J. B. Tondreau, 4 enfants
Célestin Vaillancourt, 6 enfants
En 1891 : 33 personnes dont 23 enfants
Barthélémy Dandurand, 3 enfants
Charles Dandurand, 4 enfants
Denis Fournier, 4 enfants
Philippe Lagacé, 7 enfants
Cléophas Turcot, 5 enfants
En 1892 : 21 personnes dont 15 enfants
Octave Boucher, 8 enfants
Narcisse Lévesque, père, 4 enfants
Jos. Paradis, père, 3 enfants
Voici un tableau qui résume la situation :
« La plupart de ces familles sont maintenant dans les États du Maine
et du Massachusetts. Quelques-unes d’entre elles se sont fixées dans les
villes manufacturières de l’État du Michigan ; enfin, d’autres, en petit
nombre, sont dans l’ouest américain dans le Minnesota et le Dakota. »
Il semble bien que la prédiction de l’auteur de l’article ne se soit
pas réalisée parce que de 1891 à 1900 la population de Saint-Mathieu a
diminué de 107 personnes dont 54 avaient émigré en 1891 et 1892.
D’ailleurs, l’année marquante est de loin 1890, comme le montre le
tableau précédent. Les 195 départs ont, sans aucun doute, constitué tout
un choc pour la population de la paroisse.
Selon des experts, autour de la moitié des partants du Québec sont
revenus chez eux après quelques années aux États-Unis. En est-il de même
pour les Mathéens ? On n’en sait rien.
Alors que la population de Saint-Mathieu-de-Rioux est de 1175
habitants en 1881, pendant les années subséquentes, elle sera à son plus
bas niveau en 1921 avec 781 habitants pour dépasser les 1000 personnes
de 1941 à 1966.
Doc 1887B.
Théophile Beaulieu
Dans la revue L’Enseignement
primaire, mai 1898,
C. J. Magnan a présenté Théophile Beaulieu nommé
inspecteur d’écoles le 11 novembre 1887. Voici son texte :
« M. Théophile Beaulieu est né à
l’Isle-Verte, le 10 avril 1857. Il fit ses études à l’École normale
Laval, et en 1879, obtint son brevet académique. Il enseigna pendant
huit ans.
M. Beaulieu fit un voyage en Europe en
1889, et visita les principales écoles primaires de Paris pour se mettre
au courant des nouvelles méthodes d’enseignement. À son retour, il
s’efforça de faire profiter du fruit de ses études les écoles confiées à
ses soins.
Voici la délimitation du district
d'inspection de M. Beaulieu : le comté de Témiscouata, les municipalités
de Saint-Alexandre et de Pohénégamook, dans le comté de Kamouraska, et
les écoles de Saint-Simon et de Saint-Mathieu-de-Rioux, dans le comté de
Rimouski. »
Chaque année, l’inspecteur d’écoles devait
faire un rapport à la commission scolaire à la suite de sa visite du
printemps. Voici un extrait du rapport du 20 mai 1894 signé par
Théophile Beaulieu :
« J’ai fait la semaine dernière ma visite aux écoles de cette municipalité (Saint-Mathieu-de-Rioux), excepté celle du no 5 que je visiterai demain. Les progrès ne sont guère sensibles aux écoles que j’ai visitées, c’est dû pour une bonne part au défaut d’assiduité des enfants aux écoles. MM. les commissaires devront donner une armoire aux écoles no 2 et no 3, un crucifix au no 3 et faire mettre les cabinets d’aisance en ordre à toutes leurs écoles. » |
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Doc 1888.
La
fromagerie
Dans son édition du 14 juin
1888, le journal L’Électeur annonce l’ouverture d’une fromagerie
à Saint-Mathieu-de-Rioux.
« Au mois d’avril dernier, on
nous écrivait de Saint-Mathieu de Rimouski qu’une magnifique fromagerie
serait bientôt établie en cette paroisse. Aujourd’hui, on nous informe
qu’elle est maintenant terminée et prête à la fabrication du fromage, et
que le fabricant l’a mise en opération ce matin.
M. Joseph-Edmond Pelletier (de
Rimouski), le propriétaire, a montré beaucoup d’énergie, de zèle et de
courage pour l’érection de cette bâtisse qui est construite sur un très
beau plan, et qui ne laisse rien à désirer sous tous les rapports pour
la fabrication d’un bon fromage.
La direction de la fabrication
est confiée à M. Louis Soucy qui a beaucoup d’expérience dans cette
ligne, et qui, sans doute, donnera satisfaction à tous les patrons. Le
comité nommé pour la direction de l'association est composé de membres
intelligents, entre autres M. le curé, L. C. H. Tremblay, nommé
président honoraire, et M. Théophile Lévesque, nommé secrétaire. Ce
dernier s’est montré fort zélé et courageux pour arriver à la création
de cette fabrique, et comme surveillant, il ne manquera pas d’être utile
au fabricant pour la comptabilité, tant par sa capacité que par sa bonne
volonté.
En somme, tout promet de bien
marcher dans l’intérêt de la localité. » (Fin du texte cité)
Dans Saint-Mathieu raconte
son histoire, l’auteur de ce blogue décrit comment la fromagerie a
dû fermer ses portes.
« Le rêve du curé tourne au cauchemar quand, un an après la signature du
contrat, la bisbille s’installe entre le fromager et la société. Le
groupe représenté par Johnny Bérubé, époux d’Emma Vaillancourt, reproche
à M. Pelletier de ne pas respecter ses engagements. Le 30 avril 1889, un
mandat de comparution est adressé au propriétaire.
Le jugement tombe le 24
septembre. Le tribunal donne raison aux producteurs laitiers.
Joseph-Edmond Pelletier va en appel et finalement se désiste. La
fromagerie est saisie et mise en vente. C’est Alphonse Nicole, beurrier
de Saint-Simon, qui en fait l’acquisition. L’aventure n’aura duré que 20
mois. » (Fin du texte cité)
Dans son édition du 22 février 1890, la
Gazette officielle du Québec annonce la mise en vente de la fromagerie. Voici le
texte :
« Jean alias Johnny Bérubé, de
la paroisse de Saint-Mathieu, cultivateur, demandeur ; contre
Joseph-Edmond Pelletier, du même lieu, fromager, actuellement de Ia
ville de Saint-Germain de Rimouski, défendeur, et Jules Lapointe et al.,
mis en cause, savoir :
Un emplacement sis et situé au
premier rang de la paroisse de Saint- Mathieu, contenant cinquante pieds
de front sur cinquante pieds de profondeur; borné au nord, au sud et à
l'ouest à Vital Rousseau, et à l’est à la route – avec fromagerie et
autres bâtisses dessus construites, et dépendances, formant partie du
lot numéro soixante-quatorze (74), du cadastre officiel de ladite
paroisse de Saint-Mathieu.
Pour être vendu à la porte de
l'église de la paroisse de Saint-Mathieu dans le district de Rimouski,
le vingt-sixième jour d'avril prochain, mil huit cent quatre-vingt-dix,
à onze heures de l'avant -midi. »
Doc 1889.
Vente du magasin général L’électeur, journal du matin de Québec, dans son
édition du 1er mai 1889, annonce la vente de la maison de T.
Lévesque, de Saint-Mathieu-de-Rioux.
Il a été le premier secrétaire-trésorier
de la commission scolaire de Saint-Mathieu-de-Rioux en 1869. Il a aussi
été le premier secrétaire-trésorier de la municipalité de 1872 à 1881.
On en déduit qu’il avait une certaine instruction. Lors de l’annonce de
la vente de la bâtisse, il a 63 ans.
Voici le texte de l’annonce :
« Maison à vendre, T. Lévesque
Une magnifique maison à deux étages de 25 × 30 pieds avec cuisine
attenante en arrière, de 15 × 25 pieds, située près de l'église
Saint-Mathieu de Rimouski, avec ensemble hangar, étable et remise, sur
un emplacement d’un arpent sur un demi-arpent de terre.
Le tout en très bon ordre avec un côté de la maison dans le premier
étage pour le magasin et très confortable pour la réception des
touristes qui ont l’habitude d’aller tour à tour passer quelques jours
pendant la saison d’été, pour y faire la pêche dans les beaux lacs de
cette paroisse.
Conditions faciles.
S’adresser sur les lieux à T. Lévesque,
Saint-Mathieu. »
La photo de la maison a été publiée dans la
monographie Saint-Mathieu-de-Rioux
raconte son histoire en 2016.
Doc 1890A. Naissance de Célina Bérubé
Célina Bérubé, fille d’Ulric Bérubé et de
Rose-Céline Parent, est née le 24 mars 1890 à Cacouna. Le 11 janvier
1910, à Saint-Mathieu-de-Rioux, elle épouse J.-Émile Ouellet, fils de
François Ouellet et de Vitaline Gravel.
Louis Fournier est né le 23 septembre 1849 à
Saint-Simon. Il est le fils de Louis-Richard Fournier, né en 1812, et
d’Angélique Paradis, née en 1824 à Kamouraska. Le couple
Fournier-Paradis s’est marié à Trois-Pistoles le 24 octobre 1848.
Hermine Parent est baptisée le 26 avril 1848 à Saint-Simon. Elle est la
fille de Louis Parent, né à Kamouraska en 1810, et d’Élisabeth Côté, née
à Rivière-Ouelle en 1823. Le couple Parent-Côté s’est marié à
Selon le livre-souvenir du 150e anniversaire du Bic publié en
1980, « Louis Fournier, cultivateur, arrive au Bic vers 1870 ». Il
épouse Hermine Parent à Saint-Mathieu-de-Rioux le 16 février 1874.
La première photo est celle de Louis Fournier et la seconde, celle
d’Hermine Parent. Elles ont été puisées dans le livre-souvenir du Bic.
Il est probable que personne
ne sait que Saint-Mathieu-de-Rioux a eu un curé au 19e siècle
qui a été responsable de cette charge pendant seulement 17 jours. Son
nom est Charles Guay et il était natif
de Saint-Joseph de Lévis.
C’est ce que j’ai appris dans le livre
de A.- Cléophas Morin, Dans la
Maison du Père. Le biographe écrit : « Curé de Saint-Mathieu le 12
septembre 1890. Donne sa démission le 23 septembre suivant et elle fut
acceptée six jours plus tard. »
Charles Guay a-t-il mis les pieds dans cette paroisse ? A-t-il occupé le
presbytère ? Pourquoi cette démission ? Son biographe reste muet sur le
sujet. Dans l’album souvenir du centenaire de Saint-Mathieu, le chanoine
Léo Bérubé qui a rédigé la biographie des curés de la paroisse ne le
mentionne pas. Il écrit que c’est l’abbé Hermel Tremblay qui y fut curé
de 1883 à 1900.
Est-ce que le presbytère serait en cause ? En avril 1887, le presbytère
d’alors a été ravagé par les flammes. On a rebâti, mais le nouveau
presbytère n’a pu accueillir le curé qu’en octobre 1889. Se pourrait-il
qu’un an plus tard la finition intérieure n’était pas terminée et que
l’abbé Charles Guay n’a pas voulu y loger ? Serait-ce plutôt le résultat
d’un conflit avec l’évêque de Rimouski ? Avant qu’il soit nommé à
Saint-Mathieu, il a été
« déchargé des missions de Matapédia et de Mill-Stream le
26 février 1888 ». Pendant les deux années suivantes, on ne sait pas ce
qu’il a fait.
La carrière sacerdotale de Mgr Guay est plutôt atypique. Après l’épisode
de Saint-Mathieu, on peut lire : « Il se retira du ministère paroissial
pour se consacrer à la prédication des retraites. Fit un autre voyage à
Rome. Fondateur de l’hôpital Guay à Saint-Joseph de Lévis en 1901. »
Cela suppose qu’il n’a pas eu de nomination ecclésiastique pendant 12
ans.
Par ailleurs, sa biographie est d’une longueur exceptionnelle. Il est
allé trois fois à Rome en ces années où l’avion n’existait pas. Il avait
35 ans, la première fois qu’il alla voir le pape. Ce dernier l’a promu
prélat domestique lui permettant ainsi de porter le titre de
monseigneur. Comme ses confrères ne le croyaient pas, il retourna à Rome
deux ans plus tard. Il revint avec la confirmation de sa prélature.
Pendant sa carrière, il eut peu de cure. Celle qu’il a eue était de
courte durée. Il obtenait des missions spéciales de la part de l’Évêque
comme celle de quêter pour une nouvelle construction du Séminaire de
Rimouski dans tout le Canada et même aux États-Unis ou encore celle de
confirmer sur la Côte-Nord.
Il a écrit six livres dont un de 507 pages :
Chronique de Rimouski en 1873,
Album du clergé de Rimouski en 1877,
Recueil de prières en langue
micmaque en 1890, Mémoires
en 1891, Lettres sur l’Île
d’Anticosti en 1902,
Conférences familières en 1907. De plus, une avenue porte son nom à
Baie-Comeau.
En 2009, un étudiant en histoire de l’université de Sherbrooke, Olivier
Jean, a écrit un mémoire de maîtrise
intitulé : Le scandale
Charles Guay de Ristigouche 1884-1890. Une analyse des relations entre
l’évêque, le curé et les fidèles en situation conflictuelle.
Bref Mgr Charles Guay a eu une
vie sacerdotale tumultueuse et il est possible d’imaginer qu’il a été un
prêtre controversé. La paroisse de Saint-Mathieu serait-elle différente
s’il n’avait pas démissionné de la cure en 1890 ?
Doc 1890C.
La loi des 12 enfants vivants
En 1890, pour atténuer l’exode des québécois vers les
États-Unis, le gouvernement du Québec dirigé par Honoré Mercier fait
voter une loi qui vise à encourager à la fois la colonisation et la
forte natalité. Cette loi accorde gratuitement un lot de 100 acres, ou
de quatre arpents de front, aux parents de 12 enfants vivants et nés
d’un mariage légitime.
La loi qui est en vigueur jusqu’en mai 1905 connaît des changements
au cours de son application. Ainsi, pendant un temps, la prime de 50 $
est ajoutée au lot. En un autre temps, ceux dont le dossier est accepté
peuvent choisir la prime de 50 $ au lieu du lot.
Sauf pour ceux qui louent leur terre ou qui la squattent, les lots
octroyés sont en bois debout et sans bâtisses. Ils sont situés dans des
cantons en début de colonisation. Le bénéficiaire du lot peut le céder à
un fils ou à un gendre
qui le veut bien et qui doit s’expatrier.
Il peut même le vendre même si sa valeur marchande est au plus bas.
À l’époque, selon
Arthur Buies,
les jeunes gens manifestent un goût de moins en moins prononcé pour le
dur labeur lié au défrichement. Tout cela parce qu’ils ont été habitués
à travailler sur une terre faite et avec des bâtisses. Pour cette
raison, le programme du gouvernement n’a pas eu les effets escomptés.
J’ai trouvé la liste
des 17 chefs de familles de Saint-Mathieu-de-Rioux qui se sont prévalus
des dispositions de cette loi. Huit ont été bénéficiaires d’une terre
et/ou de 50 $. Le lieu du lot choisi est alors indiqué. De plus, 9 ont
opté pour la prime de 50 $.
Bénéficiaires d’une terre et/ou de
50 $ (8)
• Michel Parent et Célina Landry
(15 enfants)
Une terre à Ristigouche
(Bonaventure), rang 7, lot 16
• Cyprien Bélanger et Marie-Louise
Boulanger (13 enfants)
Une terre à Armagh (Bellechasse),
rang 5 nord-ouest, lot ? et prime de 50 $
• Sévérin Dubé et Émélie Bélanger
(13 enfants)
Une terre à Armagh (Bellechasse),
rang 5 sud-ouest, lot 33 et prime de 50 $
• Majorique Rousseau et Marie
Lagacé (12 enfants)
Époux en premières noces de
Desanges Vaillancourt (6 enfants)
Une terre à Ashburton (Montmagny),
rang 7, lot 16 et prime de 50$
• François Parent et Emma Dionne
(12 enfants)
Une terre à Ashburton (Montmagny),
rang 7, lot 18 et prime de 50 $
• Pascal Gaudreau et Aglaé Boucher
(13 enfants)
Une terre à Ashburton (Montmagny),
rang 7, lot 20 et prime de 50 $
• Joseph Plourde et Victoria
Levesque (19 enfants)
Une terre à Raudot (Témiscouata),
rang 3, lot 47 et prime de 50 $
• Édouard Ouellet et Rosalie
Chouinard (16 enfants)
Une terre à Raudot (Témiscouata),
rang 3, lot 49 et prime de 50 $
Bénéficiaires de la prime de 50 $
(9)
• Thomas Bélanger et Marie-Célina
Gagnon (19 enfants)
• Johnny Bérubé et Emma
Vaillancourt (10 enfants)
Époux en premières noces
d’Antoinette Gauvin (3 enfants)
• Jean Couturier et Adèle Lagacé
Époux en premières noces de Suzanne
Bourgouin et en secondes noces d’Ursule Garon
• Jean-Baptiste Dionne et Aglaé
Rioux (13 enfants)
• Jean-Baptiste Lepage et Joséphine
Bérubé (15 enfants)
• Joseph Lagacé et Rose-Anna
Ouellet (4 enfants)
Époux en premières noces de
Démerise Vaillancourt (10 enfants)
• François Ouellet et Rose-Odila
Vaillancourt (11 enfants)
Époux en premières noces de
Vitaline Gravel (7 enfants)
• Guillaume Rousseau et Clémentine
Côté (6 enfants)
Époux en premières noces de
Marie-Louise Michaud (6 enfants)
• Majorique Rousseau et Geneviève
Marquis (15 enfants)
Doc 1901A.
Le vin de Carmes
Dans le Courrier
de Saint-Jean du 26 avril 1901, une lettre écrite par nul autre que
le curé de Saint-Mathieu-de-Rioux, le révérend Réal Cayouette, a été
publiée. Cette lettre était intitulée
Ce que dit un prêtre
et fait une publicité pour le vin de Carmes. La voici :
« À Toussaint et Cie, Québec.
Votre vin de Carmes est l'unique préparation que j'aie encore trouvée
pour soulager ma dyspepsie et me fortifier. Je m'en trouve si bien que
je puis maintenant faire le catéchisme aux enfants sans la moindre
fatigue, tandis qu’auparavant ces exercices m’épuisaient tellement qu’il
m'était devenu impossible de m'en charger moi-même. Je vous permets de
vous servir de mon nom. »
Notez qu’il ne s’agit pas d’un vin de messe. Réal
Cayouette a été curé de Saint-Mathieu-de-Rioux de 1900 à 1919 où il
mourut subitement le 12 avril 1919.
Doc 1901B. Les Sœurs de la Charité
Du début du 20e siècle à nos jours, une quarantaine de jeunes
filles issues de Saint-Mathieu-de-Rioux ont embrassé la vie religieuse.
Voici les noms des sœurs de la Charité qui sont nées dans la paroisse ou
qui y ont passé leur enfance :
Florida Dionne,
sœur Saint-Arcadius. Née le 28 mars 1879. Entrée le 22 novembre 1901.
Décédée le 1er septembre 1951. Parents : Évangéliste Dionne
et Floride Lebel. Évangéliste est le fils de Jean-Baptiste Dionne et
d’Émilie Garon. Floride est la fille de Magloire Lebel et de Sara Smith.
Vitaline Parent,
sœur Sainte-Expédit. Née le 13 mars 1880. Entrée le 16 septembre 1901.
Décédée le 15 mai 1945. Parents : François Parent et Emma Dionne.
François est le fils de Louis Parent et d’Élisabeth Côté. Emma est la
fille d’Élie Dionne et d’Archange Jean. Vitaline est la tante de
Charles-Eugène Parent.
Joséphine Parent,
sœur Saint-Azarie. Née le 18 octobre 1884. Entrée le 6 novembre 1904.
Décédée le 20 décembre 1947. Parents : François Parent et Emma Dionne.
François est le fils de Louis Parent et d’Élisabeth Côté. Emma est la
fille d’Élie Dionne et d’Archange Jean. Joséphine est la tante de
Charles-Eugène Parent.
Aimée-Stella Dionne,
sœur Sainte-Apollonie. Née le 25 novembre 1884. Entrée le 22 mai 1905.
Décédée le 3 février 1933. Parents : Jean-Baptiste Dionne et Aglaé
Rioux. Jean-Baptiste est le fils d’Élie Dionne et d’Archange Jean. Aglaé
est la fille de Georges Rioux et de Lucie Bélanger. Aimée-Stella est la
sœur d’Ernest Dionne.
Régina Bélanger,
sœur Régina. Née le 8 avril 1891. Entrée le 8 septembre 1912. Décédée le
18 juillet 1919. Parents : Cyprien Bélanger et Marie-Louise Boulanger.
Cyprien est le fils de Jean-Baptiste Bélanger et d’Émérence Cloutier.
Marie-Louise est la fille d’Hilaire Boulanger et de Monique Fournier.
Régina est la sœur de Victor Bélanger, bedeau.
Ernestine Bélanger,
sœur Rita. Née le 9 février 1896. Entrée le 9 février 1913. Décédée le 5
novembre 1963. Parents : Cyprien Bélanger et Marie-Louise Boulanger.
Cyprien est le fils de Jean-Baptiste Bélanger et d’Émérence Cloutier.
Marie-Louise est la fille d’Hilaire Boulanger et de Monique Fournier.
Ernestine est la sœur de Victor Bélanger, bedeau.
Anna Boulanger,
sœur Sainte-Priscilla. Née le 17 novembre 1899. Entrée le 15 août 1922.
Décédée le 1er février 1986. Parents : Jean Boulanger et
Célanire Bélanger. Jean est le fils d’Hilaire Boulanger dit Lefebvre et
de Monique Fournier. Célanire est la fille de Martial Bélanger et
d’Euphémie Lévesque. Anna est la sœur de Marie-Rose Boulanger, épouse de
Georges Rousseau.
Irène Parent,
sœur Saint-Éleuthère. Née le 23 avril 1911. Entrée le 23 août 1933.
Décédée le 18 novembre 2004. Parents : Louis Parent et Marie Lavoie.
Louis est le fils de Louis Parent et d’Élisabeth Côté. Marie est la
fille de Pamphile Lavoie et de Basilisse Leblond. Irène est la sœur de
Charles-Eugène Parent.
Rose-Anna Dionne,
sœur Sainte-Apollonie. Née le 3 juillet 1912. Entrée le 18 janvier 1933.
Décédée le 3 juillet 2005. Parents : Gonzague Dionne et Marie Parent.
Gonzague est le fils de Jean-Baptiste Dionne et d’Aglaé Rioux. Marie est
la fille de Michel Parent et de Victoria Rioux. Rose-Anna est la
demi-sœur d’Edmond Dionne, père de Rosaire.
Hélène D’Auteuil,
sœur Saint-Jean-Claude. Née le 5 octobre 1918. Entrée le 15 août 1938.
Décédée le 2 décembre 2009. Parents : Charles D’Auteuil et Émilia
Dionne. Charles est le fils de Thomas D’Auteuil et de Séraphine
Théberge. Émilia est la fille de Ludger Dionne et de Virginie Rioux.
Charles est le frère d’Adélard D’Auteuil. Hélène est la tante de
Fernande D’Auteuil.
Marie-Marthe Dionne,
sœur Sainte-Valérie. Née le 1er février 1929. Entrée le 15
septembre 1952. Parents : Désiré Dionne et Alice Caron. Désiré est le
fils d’Ernest Dionne et d’Odila Vaillancourt. Alice est la fille de
Georges Caron et de Malvina Parent. Marie-Marthe est la sœur de Wilbrod
Dionne, Père Blanc.
Cécile Boulanger,
sœur Saint-Charles-Omer. Née le 23 décembre 1929. Entrée le 14 août
1953. Décédée le 4 septembre 2002. Parents : Charles Boulanger et
Clairina Parent. Charles est le fils de Joseph Boulanger et d’Eugénie
Rioux. Clairina est la fille de Ferdinand Parent et de Clarina Devost.
Fernande D’Auteuil,
sœur Sainte-Fernande-de-Jésus. Née le 5 octobre 1936. Entrée le 15 août
1957. Parents : Eugène D’Auteuil et Aurore Plourde. Eugène est le fils
de Charles D’Auteuil et d’Émilia Dionne. Aurore est la fille d’Émile
Plourde et de Caroline Rousseau. Fernande est la nièce d’Hélène
D’Auteuil.
Doc 1903.
Fin tragique de Majorique Rousseau
Chaque paroisse vit ses propres drames. Dans
l’édition du 24 octobre 1903, La
Presse, un quotidien de Montréal, raconte la disparition d’un
paroissien de Saint-Mathieu-de-Rioux.
« Un brave cultivateur de Saint-Mathieu, comté de
Rimouski, M. Majorique Rousseau, âgé d’environ 70 ans, partit de sa
demeure l’autre après-midi pour se rendre au bois sur sa terre. Le soir,
le vieillard ne revenait pas et, à mesure que la nuit avançait, l’émoi
grandissait au foyer.
Le lendemain matin, sa famille fit part au
voisinage de la disparition du vieillard. Plusieurs amis alors se mirent
à sa recherche toute la journée du samedi, mais sans succès.
Dimanche dernier, M. le curé de Saint-Mathieu, dans
l’anxiété lui-même de connaître ce qu’était devenu cet estimé
paroissien, dit une messe basse au lieu de chanter la messe paroissiale
ordinaire et demanda à ses paroissiens de se mettre immédiatement après
la messe à la recherche de M. Rousseau.
En effet, grand nombre de paroissiens se rendirent
de bonne grâce à cette invitation et firent une battue générale dans le
bois. Dans le cours de l’après-midi, on trouva le vieillard couché au
pied d’un arbre sur le côté droit et la main droite sous l’oreille. Il
semblait dormir.
M. Majorique Rousseau était un citoyen très estimé
à Saint-Mathieu. Il était connu sous le nom amical de « Père Major ».
(Fin du texte cité)
Majorique Rousseau est né le 24 avril 1830. Il est
le fils de Laurent Rousseau et de Rosalie Lévesque. Il épouse en
premières noces Desanges Vaillancourt le 11 juillet 1854 en l’église de
Saint-Simon. En secondes noces, il épouse Marie Lagacé le 15 octobre
1872 à Saint-Mathieu, Il décède le 16 octobre 1903. Il a donc 73 ans
lors du drame.
De ses deux unions, Majorique Rousseau a 18
enfants. Citons Majorique (Geneviève Marquis), Zoé (Louis Fortin), Luce
(Luc Larrivée), Désiré (Caroline Drapeau et Claudia Lavoie),
Charles-Eugène (Marie Anne Lagacé), Éva (Jos Vaillancourt), Clairina
(Jean-Charles Couturier).
Doc 1904. Des
Bigot et Talon dans la paroisse
Dans son édition de 28 octobre 1904, le journal Le Peuple nous
apprend que deux citoyens de Saint-Mathieu-de-Rioux sont des descendants
d’intendants de la Nouvelle-France. L’un des paroissiens est Pierre
Talon dont l’ancêtre est Jean Talon, le premier intendant résident
dont la gestion a été remarquable
(1665-1668 et
1670-1672). L’autre est Auguste Bigot dont l’ancêtre est François Bigot,
le dernier intendant dont les fraudes sont connues (1748-1760). Ces
liens de parenté apparaissent dans ce texte qui informe du décès d’une
dame Talon de la paroisse :
« À Saint-Mathieu-de-Rioux, comté de Rimouski, est décédée le 19
courant, dame Pierre Julien Talon (née Céleste St-Laurent) à l’âge
avancé de 84 ans. Elle était la fille de feu Joseph St-Laurent de
Trois-Pistoles et épouse en premières noces de Joseph Bourgault du même
lieu. Elle était la sœur de feu Joseph St-Laurent, pilote, et de feu
Théophile St-Laurent, navigateur et marchand à Cacouna.
Le
père Talon, âgé lui-même de plus de 80 ans, est extrêmement affligé de
la perte de la compagne de sa vie. Il est l’ancien maître de poste de
Saint-Mathieu et il a occupé cette charge pendant longtemps. Il est,
nous assure-t-on, un des descendants de Jean Talon, premier intendant de
la Nouvelle-France. La noblesse de ses sentiments fait croire qu’il a
bien cette origine.
Chose singulière dans la même paroisse de Saint-Mathieu s’éteignait, à
la fin d’août dernier, Mme Auguste Bigot dont le mari est de la même
souche que le fameux intendant de ce nom. On dirait que les familles des
intendants du Canada se sont donné rendez-vous pour aller vivre et
mourir à Saint-Mathieu.
Les funérailles de Mme Talon ont eu lieu, samedi dernier à
Saint-Mathieu, au milieu d’un grand concours de paroissiens de
Saint-Mathieu, des Trois-Pistoles et des environs. » (Fin du texte cité)
La
dame Bigot est Emma Lagacé qui est décédée le 18 août 1904 à
Saint-Mathieu à l’âge de 47 ans.
Je
n’ai pas vérifié les liens de parenté entre Pierre et Jean Talon d’une
part et entre Auguste et François Bigot d’autre part. Si c’est vrai,
tant mieux. Si ce n’est pas vrai, cela est amusant.
Doc 1905. Trois mariages croisés
Au début du 20e siècle et avant, il n’était pas rare de voir des
mariages entre les fils et les filles de deux mêmes familles. Le nombre
d’enfants par famille permettait ces situations.
Le 25 janvier 1905, Émile Théberge, fils d’Alfred Théberge et de Rose
Rousseau, épouse Marie-Luce Ouellet, fille de François Ouellet et de
Vitaline Gravel. Le même matin, Rose Théberge, la sœur d’Émile, épouse
Thomas Ouellet, le frère de Marie-Luce.
Deux ans plus tard, soit le 5 février 1907, Désiré Théberge, le frère
d’Émile, épouse Lucette Ouellet, la sœur de Marie-Luce. On assistait
donc à un troisième mariage croisé.
Émile Théberge avait hérité de la terre de son père, terre voisine à
l’est de celle de la fabrique. Il fut en même temps bedeau. Thomas
Ouellet fut cultivateur au quatrième rang. Désiré avait une ferblanterie
chez son frère quand il demeurait à Saint-Mathieu.
Émile Théberge
Avec Marie-Luce Ouellet, Émile Théberge eut 11 enfants. L’année de la
naissance est donnée.
• Léo (1905) qui épouse Lucie D’Auteuil
• Marie-Laure (1907) qui épouse Edmond Jean
• Marie-Ange (1908)
• Antonio (1910) qui épouse successivement Adrienne Théberge, Gertrude
Thériault et Rose Dumont
• Candide (1912)
• Lucienne (1914) qui épouse Édouard Ouellet
• Thérèse (1915) qui épouse Roland Dionne
• Maurice (1916) qui épouse Lucille Lavoie
• Georges (1918) qui épouse Jeanne Parent
• Gabrielle (1920) qui épouse Paul-Émile Bérubé
• Bernadette (1923)
Émile Théberge est décédé le 31 octobre 1960 à l’âge de 78 ans.
Marie-Luce Ouellet est décédée le 22 mai 1945 à l’âge de 66 ans.
Thomas Ouellet
De son mariage avec Rose Théberge, Thomas Ouellet eut six enfants.
• Robert (1907) qui épouse Éveline Fournier
• Rodolphe (1908) qui épouse Adrienne Vaillancourt
• Romuald (1909) qui épouse Rose Ouellet
• Rose-Aimée (1912) qui épouse Omer Ouellet
• Ernestine (1913) qui épouse Charles Vaillancourt du rang 5
• Émilienne (1914) qui épouse Gérard Parent
Thomas Ouellet est décédé le 23 décembre 1940 à l’âge de 59 ans. Rose
Théberge est décédée le 8 janvier 1920 à l’âge de 36 ans.
Désiré Théberge
De son mariage avec Lucette Ouellet, Désiré Théberge eut quatre enfants.
• Yvonne (1908)
• Rose-Aimée (1909)
• Armand (1911) qui épouse Malvina-Laure Larocque
• Jeanne (1913) qui devient une religieuse Franciscaine de Marie, en
religion Sœur Désiré-des-Anges
Désiré Théberge est décédé le 28 mars 1958 à l’âge de 71 ans. Lucette
Ouellet est décédée 21 mars 1916 à l’âge de 29 ans.
Les enfants de ces trois familles sont des frérots. |
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Doc 1907A.
Beurrerie et boîtes à beurre
Au temps de la colonisation,
dès qu’une paroisse comptait suffisamment de producteurs laitiers,
une beurrerie ou une fromagerie y était érigée. Antérieurement, les
habitants produisaient leur propre beurre. Ils le faisaient aussi
par la suite quand l’entreprise fermait en hiver.
Malgré la présence d’une
beurrerie, certains cultivateurs avaient leur propre installation
comme c’est le cas pour Jean-Baptiste Dionne de
Saint-Mathieu-de-Rioux. C’est ce que nous rapporte Le Soleil
dans son édition du 14 février 1907 :
« M. J.-Baptiste Dionne, riche cultivateur, avait pour habitude de
fabriquer son beurre depuis plusieurs années. Il avait une laiterie
fort bien aménagée tels que séparateur à main Alpha, malaxeur,
glacière, etc. M. Dionne avait un beurre de laiterie de première
classe et obtenait tous les automnes le plus haut prix.
Au 1er avril 1906,
après une rencontre avec son ami M. Alphonse Nicole de Saint-Simon,
il se décida de porter son lait à la beurrerie de M. Alfred Belzile.
Comme cette beurrerie est un vrai modèle, il était confiant de
l’avenir. Il a obtenu 35 $ par vache et se propose de continuer à la
beurrerie. Soit dit en passant que M. Dionne a un beau troupeau de
vaches et sa plus grande attention est le soin de ses vaches. »
Le correspondant du journal en
profite pour souligner la qualité des boîtes à beurre provenant de
Saint-Mathieu.
« Nous avons ici au milieu de
notre paroisse une grande manufacture de boîtes à beurre appartenant
aux MM. Dionne. Ces deux messieurs sont de vieux ouvriers
d’expérience. Ils ont en partie fabriqué leurs machines eux-mêmes
afin de s’assurer du bon fonctionnement. Aujourd’hui, ils peuvent
sortir de cette manufacture 1000 boîtes par jour.
Tout dernièrement, M. Nicole
recevait un rapport des commerçants d’Angleterre par l’entremise de
l’importante maison qu’il représente. Il était dit que le beurre
venant du district de Rimouski (1) donnait pleine et entière
satisfaction et que les boîtes étaient de qualité supérieure à
toutes celles antérieurement reçues. Nous devons être fiers de cette
bonne note et nous encourager à faire encore mieux à l’avenir. »
(1) Selon mes recherches, la
manufacture de boîtes
à beurre de Saint-Mathieu était alors la seule dans le district de
Rimouski.
Doc 1907B.
Édouard Rousseau et les pilules Moro
Le 6 juin 1907, la Presse
publiait une lettre d’Édouard Rousseau de Saint-Mathieu qu’il avait
adressée à la compagnie Médical Moro. La voici :
« Messieurs,
Je m’empresse de vous remercier des bons soins que vous m’avez
prodigués et de vous dire combien j’ai apprécié les excellents
effets de vos bonnes Pilules Moro.
Depuis plus d’un an, je souffrais d’une névralgie sciatique qui
m’avait rendu presque infirme et incapable d’aucun travail. Je
pouvais à peine marcher et je souffrais le martyre.
J’avais essayé de bien des remèdes et consulté quatre médecins qui
avaient été impuissants à me soulager, quand j’ai eu la bonne
fortune de songer aux Pilules Moro dont tout le monde disait tant de
bien.
Je vous ai écrit et j’ai reçu de vous des Pilules et un traitement
qui m’ont fait le plus grand bien du monde. Aussitôt que j’ai pris
les Pilules Moro, mes jambes se sont littéralement déliées, je me
suis redressé et j’ai pu marcher sans souffrance. C’était vraiment
merveilleux et mes amis n’en revenaient pas de cette guérison
miraculeuse.
Maintenant, grâce à vous, je vais parfaitement bien et je puis dire
à ceux qui souffrent comme moi de ne pas se décourager car les
Pilules Moro les guériront certainement.
Votre dévoué, Éd. Rousseau »
Cette lettre qui est datée du 26 septembre 1906 avait déjà été
publiée dans des éditions précédentes de
La Presse. Dans l’édition
du 6 juin 1907, la compagnie Médical Moro, 272, rue
Saint-Denis, Montréal, a ajouté une photo d’Édouard Rousseau, soit
celle de gauche.
La photo de La Presse
est-elle celle d’un Édouard Rousseau de Saint-Mathieu-de-Rioux ? Au
cours du 20e siècle, il y eut deux hommes de ce nom dans
la paroisse.
1. Édouard Rousseau né le 3 novembre 1889 à Saint-Mathieu-de-Rioux,
fils de Ferdinand et de Léocadie Lagacé. Il épouse Claudia Béland le
14 juin 1920 à Nashua (USA). Ce n’est sûrement pas lui sur la photo
de gauche car, en 1907, il avait 17 ans.
2. Édouard Rousseau, né en 1866, fils de Guillaume et Clémentine
Côté. Il épouse en premières noces Aurélie Chassé le 7 février 1888
à l’Isle-Verte. Il épouse en secondes noces Rose-Anna Brisebois le 7
avril 1945 au Bic. Il décède le 9 février 1950 à l’âge de 84 ans et
7 mois. Il est notamment le père de Caroline (Émile Plourde),
Albert, Jean-Luc, Georges, Edgar et Éva (Alfred Bernier). Il serait
possible que ce soit lui sur la photo de
La Presse car, en 1907, il avait au plus 41 ans. La photo de droite
est celle de cet homme plus tard.
Est-ce que ce sont les photos du même homme ? Les personnes que j’ai
consultées ont des avis partagés. On ne saurait donc conclure
positivement.
(Photos scannées par Gisèle Théberge)
Doc 1908.
Olivier Vaillancourt et les pilules Moro
Dans son édition du 3 octobre 1908, le journal La Presse
présente un paroissien de Saint-Mathieu-de-Rioux qui a eu recours à
une équipe médicale pour soulager ses problèmes de santé. Le journal
écrit :
« Aujourd’hui, nous publions
le certificat de M. Olivier Vaillancourt, de Saint-Mathieu, qui
attribue sa guérison à l’usage des Pilules Moro. Voici ce qu’il dit
:
Olivier Vaillancourt,
Saint-Mathieu, comté de Rimouski. »
Olivier Vaillancourt est né le
2 juillet 1834 à Saint-Simon. Il est le fils de Célestin
Vaillancourt et de Marcelline Thibault. Il épouse Hélène Émond le 21
janvier 1861 à Saint-Simon. Comme les registres de
Saint-Mathieu-de-Rioux n’étaient pas ouverts lors du mariage, on
présume qu’il demeurait à Saint-Mathieu.
En 1878, il est propriétaire
d’une terre au rang 5 et, en 1881, il
est nommé
syndic pour la surveillance des travaux de la construction du
presbytère. En 1895, il épouse, en secondes noces, Adèle Lagacé,
fille d’Amable Lagacé et de Christine Pelletier. Il décède à
Saint-Mathieu le 18 mai 1914 à l’âge de 79 ans.
De son premier mariage,
Olivier Vaillancourt a huit enfants : Démerise (née en 1862),
Ferdinand (1866), Odila (1868), Emma (1870), Jean-Baptiste (1871),
Amanda (1875), Émélie (1877) et Elmire.
Au moment où il écrit sa
lettre, Olivier Vaillancourt a 74 ans.
Doc 1909A.
Nouvelles du 16 janvier
Dans son édition du 16 janvier 1909, L’Action sociale, journal de Québec qui a précédé
l’Action catholique,
on peut lire plusieurs nouvelles concernant la paroisse de
Saint-Mathieu-de-Rioux. Des éléments d’information ont été ajoutés.
« À une assemblée des anciens et nouveaux
marguilliers, M. Cyprien Bélanger a été élu marguillier en
remplacement de M. Charles Ouellet sortant de charge. Les deux
autres marguilliers sont Thomas Pelletier et Ludger Ouellet.
Baptêmes. M. et Mme Charles d'Auteuil (Émilia
Dionne) ont fait baptiser une fille sous les noms de Marie Rose
Anna. Parrain et marraine : M. et Mme Adélard d'Auteuil (Elmire
Gaudreau). Note. Rose Anna est née le 31 décembre 1908. Elle
épousera Georges Roy le 23 décembre 1944 à Louiseville.
M. et Mme Philéas Gaudreau (Delphine Dionne) ont
fait baptiser une fille Marie Rose Délima. Parrain David Ouellet,
marraine Délima Gaudreau. Note. Rose Délima est née le 31 décembre
1908. Elle épousera Ernest Desjardins le 26 décembre 1925 à
Saint-Mathieu.
M. et Mme Narcisse Rioux (Arthémise Jean) ont fait
baptiser un fils sous les noms de Joseph Roméo Camille. Parrain
Victor Jean, marraine Marie-Anna Jean. Note. C'est le 16e
enfant du couple Rioux-Jean. Roméo Camille est né le 5 janvier 1909.
Il décédera le 13 octobre 1931 à l’âge de 22 ans.
M. et Mme Joseph Côté (Marie Ouellet) ont fait
baptiser une fille Marie-Ange. Parrain et marraine : M. et Mme
Thomas Ouellet (Marie-Rose Théberge). Note. Marie-Ange est née le 27
décembre 1908. » (Fin du texte cité)
Doc 1909B. Décès de Pierre Dionne
Dans son édition du 3 avril 1909, le journal L’Action sociale
nous informe du décès de Pierre Dionne de Saint-Mathieu-de-Rioux :
« Dimanche, le 21 mars dernier, M. Pierre Dionne, époux de feu
Angèle Boucher, rendait son âme à Dieu, après une longue et
douloureuse maladie, supportée avec la plus parfaite résignation. Il
s’éteignit paisiblement entouré de ses enfants dans sa 88e
année. C’était un des plus anciens colons de la paroisse et sa mort
a causé un deuil profond à la population tout entière car, par son
excellente conduite, il avait su gagner l’estime de tous ses
concitoyens.
Le
défunt laisse pour déplorer sa perte sept enfants dont voici les
noms : M. Jean Dionne, M. Jean-Baptiste Dionne, Mmes Joseph Jean et
Léon Vaillancourt, ceux-ci résidant dans la paroisse, M. Louis
Dionne, de Péribonka, Lac-St-Jean, M. Antoine Dionne d’Oaktown,
Michigan, et M. Pierre Dionne, résidant aussi aux États-Unis. En
outre, il laisse à sa suite 123 petits-enfants. Il est le grand-père
de M. Antoine Dionne, de la Cie Dionne & Dionne et de M. Félix
Vaillancourt, gardien des lacs Cassette.
Ses funérailles ont eu lieu le 23 au milieu d’un nombre considérable
de parents et d’amis. »
Note. Pierre Dionne est né vers 1821. Il est le fils de
Pierre-Antoine Dionne et d’Anastasie Martin. Il s’est marié le 8
août 1843 à l’Isle-Verte. Son épouse, Angèle Boucher, est née le 26
juin 1817 à l’Isle-Verte. Elle est la fille de Bénoni Boucher et de
Félicité Grandmaison.
Pierre Dionne est le grand-père de deux enfants qui se sont égarés
au rang 5 de Saint-Mathieu le 25 octobre 1884 : Ferdinand Dionne, 12
ans, et Philias, 8 ans. Les deux enfants sont les fils de
Jean-Baptiste Dionne et de Marguerite Gaudreau mariés
le 7 mai 1867 à Saint-Mathieu.
Doc 1910A.
Noces
d’argent du curé Cayouette
Le journal L’Action
sociale, un quotidien de Québec, dans son édition du 8 octobre 1910,
fait un compte-rendu de la fête organisée
pour souligner le 25e anniversaire de
prêtrise de l’abbé J. A. Réal Cayouette,
curé
de la paroisse depuis 10 ans.
Voici ce texte :
« Lundi le 19 septembre,
c’était jour de fête à Saint-Mathieu. Le ciel était pur et le soleil
d’automne brillait d’un éclat inaccoutumé. Tout dans la nature
semblait s'harmoniser parfaitement avec les cœurs. C’était le 25e
anniversaire de prêtrise de notre curé M. l’abbé J. A. Cayouette.
Connaissant la modestie et l’humilité de notre curé qui ne voulait
pas de fête publique, nous n’avons pas voulu faire résonner trop
haut les échos de cette joyeuse journée mais la fête, quoique
privée, avait revêtu un cachet de distinction et de délicatesse.
MM. les abbés Riou, curé du
Bic, Amiot, curé de Saint-Simon, Lavoie, curé de Saint-Fabien, et M.
et Mme Alphonse Nicole de Saint-Simon et beaucoup d'autres sont
venus rehausser l'éclat de la fête par leur noble présence.
M. le curé reçut de nombreux
et riches cadeaux de la part de ses parents d'Ottawa, de sa famille
résidant à Sainte-Claire, de ses paroissiens et de ses amis. La joie
rayonnait sur tous les fronts et on semblait heureux de témoigner
quelque peu de reconnaissance à un si dévoué pasteur. Oh! … la
reconnaissance, ce chant du cœur, cette fumée de l’encensoir qui
sans cesse tend à s'élever vers le ciel, et que tout cœur bien né ne
peut laisser gésir au fond de son âme sans ressentir le poids de
l’ingratitude.
Le soir, il y eut réunion au
presbytère où la joie et la gaieté ne furent pas épargnées grâce à
l'amabilité de celui qui était l’objet de cette fête et à la
courtoisie des gentilles demoiselles R. A. Cayouette et de Mlle O.
Richard qui firent les honneurs de la maison de la manière la plus
gracieuse. Durant la soirée, on passa des rafraîchissements qui
semblaient activer davantage la conversation.
Le lendemain matin, il y eut
une messe de circonstance. L’église était décorée avec goût. Le
chant fut puissamment exécuté sous l'habile direction de notre
organiste Mlle Rose-Aimée Cayouette, sœur de M. le curé.
Notre vénéré curé est un des
pasteurs les plus zélés et les plus dévoués pour le troupeau dont il
est le gardien. Ses forces physiques plus faibles que son courage et
que son énergie semblent parfois défaillir sous le poids des
fatigues qu'impose son ministère. Il gouverne avec sagesse et bonté
et depuis les 11 ans qu’il réside au milieu de nous l’estime et la
vénération vont toujours grandissants dans le cœur de ses
paroissiens qui reconnaissent en lui un homme doué des plus grandes
richesses intellectuelles jointes à une bonté de cœur
indéfinissable.
La correspondante répond
certainement aux sentiments des paroissiens en souhaitant à notre
pasteur une bonne et longue vie et qu’il reste longtemps à la place
qu’il occupe si bien. La paroisse de Saint-Mathieu contribuera à la
réalisation de ce souhait par ses prières et son obéissance à son
pieux pasteur. Donc à vingt-cinq ans aux noces d’or. (1) » (Fin du
texte cité)
Le même journal publie
d’autres nouvelles ce jour-là.
-
M. Jos. Jean, marchand, est à se faire construire une jolie
résidence près de son magasin.
- M. le curé Thériault, de
Montmartre, Saskatchewan, était en visite au presbytère la semaine
dernière.
- Mlle Émilie Théberge,
institutrice à Saint-Simon, était de passage à Saint-Mathieu
dimanche dernier, en visite chez son père M. Alfred Théberge.
- M. Hermel Pelletier (2),
fils de M. Thomas Pelletier et d’Anna Lévesque, et Charles Rioux,
fils de M. Narcisse Rioux, sont partis pour le Séminaire de
Rimouski. Un autre fils de M. Rioux nous quittera bientôt pour
entrer à l’institut des Frères de la Croix de Jésus à Rimouski.
……………………………
(1) Le curé Cayouette est
décédé subitement le 12 avril 1919 dans son presbytère de
Saint-Mathieu-de-Rioux.
(2) Hermel Pelletier est né le
25 avril 1897. Il est le plus jeune d’une famille de 17 enfants. Il
est le premier à être ordonné prêtre à Saint-Mathieu, le 25 juillet
1921. Il est curé de Saint-Simon pendant 25 ans. Il décède le 16 mai
1981.
L'action sociale | BAnQ numérique
Dans son édition du 26 mai 1910, le journal l’Action
sociale publie des nouvelles provenant de
Saint-Mathieu-de-Rioux.
Baptêmes
- Marie Georgienne Lucienne, fille de Thomas Lagacé et
de Rose Lavoie. Parrain et marraine : M. et Mme Narcisse Jean.
- M. Élise Candide, fille de Théophile Jean et d’Élise
Boucher. Parrain et marraine : M. et Mme Jos. Paradis.
- Jos. Charles-Eugène, fils de Charles D’Auteuil et
d’Émilia Dionne. Parrain et marraine : M. et Mme Noël Girouard.
- Charles-Eugène, fils d’Ernest Jean et de Cédulie
Gaudreau. Parrain et marraine : M. et Mme Pierre Thibault.
- Jos. Ovide, fils de Gonzague Moreau et d’Adèle
Lepage. Parrain et marraine : M. et Mme Honoré Chouinard.
- Jos. Pierre Adélard, fils d’Adélard D’Auteuil et
d’Elmire Gaudreau. Parrain et marraine : M. et Mme Pascal Gaudreau.
- M. Louise, fille de Jérémie Jean et de Malvina
Gagnon. Parrain et marraine : M. et Mme Johnny Jean.
Décès
Le 22 est décédée Virginie Lévesque, épouse de
Zacharie Côté. Ses funérailles auront lieu jeudi. Elle était âgée de
76 ans.
Première communion
Le 11 mai, M. le curé a fait faire la première
communion à 28 enfants de cette paroisse.
Le mois de Marie
Les exercices du mois de Marie ont été bien suivis.
Tous les soirs, il y eut du chant par les jeunes filles du village.
En promenade
Mme Vve François Ouellet, de Trois-Pistoles, ainsi que
sa fille, sont en promenade chez M. François Ouellet.
Doc 1910C. Lacs du Lac-Boisbouscache
Lac-Boisbouscache est un territoire non organisé qui est borné au
nord par Saint-Mathieu-de-Rioux, à l’est par Saint-Eugène, au sud
par Saint-Médard et à l’ouest par Sainte-Françoise.
On peut y accéder notamment par la route du rang 5 qui passe à l’est
du Petit lac Saint-Mathieu, puis par la route du rang 6 de
Saint-Mathieu.
Un club privé de chasse et de pêche a accès à ce territoire depuis
1910 : c’est le club Appalaches. Des pourparlers sont en cours pour
que la MRC des Basques en fasse un parc régional inter-nations en
partenariat avec les Malécites de Viger.
Ce territoire comprend 17 lacs. Les noms de tous ces lacs ont été
officialisés le 5 décembre 1968, sauf pour ceux où on trouve une
date. Voici les noms :
Doc 1912.
Nouvelles du 31
octobre
Dans son édition du 31 octobre 1912,
le journal l’Action
sociale publie des nouvelles provenant de Saint-Mathieu-de-Rioux.
- M. et Mme Georges Leclerc, arpenteur de Lévis, sont venus passer
quelque temps en promenade chez M. Jean Dionne. Ce dernier est le père
de Mme Leclerc.
- M. Eugène Vaillancourt est maintenant résidant dans sa maison au
village dont il était le propriétaire depuis l’hiver dernier. Bienvenue.
Bon coup
La municipalité scolaire vient d’élever le salaire
des institutrices à 125 $ (annuellement). Nos félicitations à MM. les
commissaires.
Décès
Le 17 octobre, s’éteignait Mme Vve Louis Couillard, née Démerise
Rousseau. Elle était la sœur de Mme Alfred Théberge chez qui elle est
décédée. Mme Couillard était âgée de 63 ans. Elle a lentement été
emportée par une maladie de cœur qui la faisait parfois violemment
souffrir. Sa mort fut vraiment consolante. Aussi avait-elle passé une
vie exemplaire, remplie d’exemples de piété, de dévouement et de
courage.
Elle laisse pour lui survivre 6 garçons dont l’un, M. Ernest Couillard,
est étudiant au Grand Séminaire de Rimouski.
Son service et sa sépulture ont eu lieu le 21 octobre à Saint-Mathieu.
Grand nombre de personnes de Saint-Simon où elle a vécu longtemps ont
tenu à rendre un dernier témoignage d’estime à la défunte en assistant à
ses funérailles. Parmi ceux de Saint-Simon, on remarquait M. et Mme Jos
Lévesque, M. et Mme Xavier Théberge, M. Siméon Fortin, M. Marcel
Théberge et plusieurs autres.
Ses quatre fils portaient le corps. Son neveu, M. Émile Théberge,
portait la croix. On remarquait au chœur M. le curé Amiot, de
Saint-Simon.
Doc 1913A. Un deuxième bureau de poste
Le
1er juillet 1913 un deuxième bureau de poste ouvre ses portes
au faubourg du Moulin sous le nom de Ville Réal. Ce bureau de poste a
été en opération pendant presque 18 ans, ayant fermé ses portes le 31
mai 1931 à cause d’une clientèle restreinte. Voici le nom des personnes
qui en ont été responsables pendant ce temps :
Le bureau de poste de Ville Réal est situé
successivement au moulin à farine et au rez-de-chaussée de la maison en
face de l’ancienne école no 4.
Item : 2229- Bibliothèque et
Archives Canada (bac-lac.gc.ca)
Doc 1913B.
Nouvelles de la paroisse du 14
février
Dans son édition du 14 février 1913, le
Progrès du Golfe, un journal de Rimouski, publie des nouvelles
concernant Saint-Mathieu-de-Rioux.
Mariages
- Le 7 janvier, M. Louis Gagnon, de St-Fabien, unissait sa destinée
à celle de Mlle Adélia Rioux, fille de M. Narcisse Rioux, cultivateur.
- Le même jour, M. Antoine Paradis, fils de M. Jean-Baptiste
Paradis, à Mlle Joséphine Caron, fille de M. Georges Caron.
- Le 27 janvier, M. Eugène Dévost, fils de Pierre Dévost, à Mlle
Marie-Hélène Rioux, des Trois-Pistoles.
- Le 3 février, M. Charles-Eugène Lagacé, fils de Joseph Lagacé,
maire des Trois-Pistoles, à Mlle Marie-Anne Jean, fille de Jean (Johnny)
Jean.
Sépulture
Le 16 janvier a été inhumée Mme Élise Dubé, épouse de Jean Lagacé.
Elle s’est éteinte à l'âge de 40 ans. Elle laisse pour la pleurer un
époux bien-aimé et une fille Mme Charles Rousseau (Marie-Anne Lagacé).
Baptême
L’épouse de M. Georges Leclerc, arpenteur de Lévis, a donné le jour
à un fils qui porte les noms de Georges Robert Rosario. Parrain et
marraine, M. et Mme Jean Dionne, grands-parents de l’enfant.
En visite
- Mlle Clairina Cayouette, de la Rivière de Trois-Pistoles, était de
passage au presbytère la semaine dernière.
- Mme Vve Ulric Bérubé est en promenade chez ses parents et amis,
ces jours-ci.
- M. le notaire Ouellet, de St-Pascal, était en visite chez son père
M. Étienne Ouellet, dimanche dernier.
- Mme Georges Parent, de Trois-Pistoles, était aussi de passage ici,
durant les jours gras, en visite chez ses parents et amis.
- Mlle Rose-Aimée Cayouette est de retour d’une promenade dans sa
famille à Ste-Claire, où elle était allée pour assister au mariage de
son frère M. Fénelon Cayouette.
Malade
Mme Majorique Rousseau est dangereusement malade.
Fête des Saintes Reliques.
Le 29 janvier, la fête des Saintes Reliques a eu lieu dans cette
paroisse. M. le chan. Lavoie, Rév. M. Jean, Rév. M. Santerre, Rév. M.
Pelletier, Rév. M. Amyot et le Rév. M. Arpin sont venus prêter leur
concours à M. le curé. Le sermon a été donné par le Rév. M. Arpin : il a
été très apprécié des auditeurs.
Statistiques
Durant l’année qui vient de s'écouler il y a eu 9 mariages, 9
sépultures et 26 baptêmes.
Doc 1913C. Nouvelles de la paroisse du 11 avril
Dans son édition du 11 avril 1913, le Progrès du Golfe
publie des nouvelles provenant de Saint-Mathieu-de-Rioux sous la
signature Fleur du pays.
Décès
- Le 3 mars, est décédé
Paul-Émile Étienne, enfant d’Arthur Ouellet et d’Alice Bélanger.
- Le 30 mars, est décédée Mlle
Clara Rousseau, âgée de 17 ans, fille d’Édouard Rousseau et d’Aurélie
Chassé.
- Le 4 avril est décédé M.
Joseph Plourde, à l'âge de soixante ans, époux de Victoria Lévesque. Les
funérailles qui ont eu lieu le 7 avril ont été très imposantes. L’église
était remplie d'une foule de parents et d'amis qui ont tenu à rendre
hommage à cet homme intègre qui ne laisse que des regrets après lui. De
son premier mariage, il eut deux enfants, dont une fille vivante ; de
son second mariage, il eut dix-neuf enfants, en tout 21 enfants dont
neuf sont morts. Son épouse et douze de ses enfants lui survivent.
- Le lendemain 8 avril, avait
lieu l'inhumation de Mme Majorique Rousseau, née Geneviève Marquis. Elle
est décédée après une longue maladie soufferte avec une grande
résignation. Elle laisse pour pleurer sa perte un époux inconsolable et
12 enfants vivants. Deux ou trois de ses enfants sont morts en bas âge.
Elle était âgée de 48 ans. Ses funérailles furent solennelles et
l’assistance nombreuse. Tous ont voulu témoigner à la famille en deuil
en quelle grande estime ils tenaient la défunte.
Ces deux personnes disparues
laissent dans chaque famille douze enfants vivants : vingt-quatre
orphelins qui regretteront longtemps, les uns leur père, et les autres,
leur mère.
Retour
Cinq familles absentes nous sont revenues dans la paroisse. Ce sont les
familles de M. Ludger Ouellet, de M. Adélard Ouellet, de M. Ernest Jean
qui étaient aux États-Unis depuis deux ans. M. Alexandre Vézina, absent
depuis un an est revenu dans sa maison du village. M. Arthur Ouellet a
vendu sa terre et réside maintenant au village.
Boîtes à beurre
La manufacture de boîtes à
beurre fonctionne encore. Elle a employé 21 hommes tout l'hiver. Antoine
Dionne, propriétaire de cette manufacture, a acheté le moulin à scie de
M. Joseph Bélanger.
Température
Nous sommes gratifiés d'une
température idéalement capricieuse. Une journée chaude et ensoleillée
nous fait croire au printemps vraiment arrivé. Le lendemain, froid,
neige, vent, tempête qui nous rejette en plein hiver. Malgré cette
inclémence du temps, le sucre est commencé.
Mariage
M. Hermel Fournier, fils de M.
Napoléon Fournier, a épousé Mlle Joséphine Thériault de Saint-Fabien.
Doc 1913D. Nouvelles de la paroisse du 4 juillet
Sous le pseudonyme de Fleur du pays, le Progrès du Golfe
du 4 juillet 1913 publie des nouvelles concernant
Saint-Mathieu-de-Rioux.
Mariages
-
Le 21 juin, M. Philéas Parent, cultivateur de Ste-Perpétue-de-l’Islet, à
Mlle Alice Jean, fille de M. Narcisse Jean de cette paroisse.
-
Le 1er juillet, M. Cyprien Plourde, fils de Joseph Plourde, a
uni sa destinée à Mlle Aurore Théberge, fille de M. Alfred Théberge,
sacristain. Pour cette circonstance, l’église avait revêtu sa toilette
des grandes fêtes. Il y eut du chant fait par les jeunes filles, enfants
de Marie. L’orgue était tenu par M. Ernest Couillard, ecclésiastique,
cousin de la mariée.
Travaux
Un ingénieur et quelques arpenteurs ont fait les travaux
préliminaires de la passe qui relie les deux lacs et de l’embouchure de
la rivière pour rendre la navigation possible jusqu’à St-Fabien. Les
ouvriers se sont mis à l’œuvre ces jours-ci et les travaux sont poussés
avec activité.
Bureau de poste
Un
nouveau bureau de poste a été ouvert dans la paroisse. Le nom de ce
bureau est Ville Réal. Le transport des malles partant du village à ce
bureau sera fait deux fois par jour. Le contrôle a été accordé à M.
Alfred Belzile. C’est une grande amélioration pour les gens du 4e
et du 5e rang.
Décès
-
Est décédé, à l’âge de 57 ans, Elzéar Bélanger, époux de dame Marie
Plourde. Il a été inhumé le 9 juin dernier.
-
Aussi vient d’être enlevé à l’affection des siens, à l’âge de 23 ans,
Alfred Lévesque, étudiant au collège de St-Hyacinthe. Il était le fils
d’Elzéar Lévesque, commerçant. Son service et sa sépulture ont eu lieu
lundi le 23 du courant, à Saint-Mathieu au milieu d’un grand concours de
parents et d’amis. L’église avait la parure de grand deuil. Le chant fut
très réussi. Le premier cantique fut chanté par M. Ernest Couillard. Le
second La cloche tinte pour les morts par M. E. Bellavance.
En
visite
-
Au presbytère, nous comptons plusieurs parents de M. le curé. C’est M.
Alphonse Cayouette, marchand de Ste-Justine, avec son épouse, leur bébé
et leur jeune fils Gaétan, puis Mlle Marie-Louise, sa sœur, de
Ste-Claire et une de ses belles-sœurs, Mme Fénelon Cayouette de
Ste-Justine.
-
Mme Georges Parent, des Trois-Pistoles, était en promenade à
Saint-Mathieu ces jours derniers.
Excursion
Mercredi dernier, partaient du presbytère Mlle O. Richard, tante de M.
le curé, Mlle Rose-Aimée, sa sœur, et leurs hôtes pour se rendre à la
grève de St-Simon, sur l’aimable invitation de M. et Mme Nicole. La plus
franche gaieté n’a cessé de régner pendant tout le trajet. Au retour,
tous se rendirent à la jolie résidence de M. Nicole où un excellent
souper leur fut servi. Mme et Mlle Marie-Thérèse surent, avec tout le
tact et la gentillesse qu’on leur connaît, faire passer d’agréables
heures à leurs hôtes. On fit de la musique et du chant. Bref, les
excursionnistes reprirent le chemin du presbytère de Saint-Mathieu
emportant le souvenir de leur jolie promenade et de la cordiale
réception de M. et Mme A. Nicole. |
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Doc 1914.
Nouvelles de la paroisse du 13
novembre
Dans son édition du 13 novembre 1914, Le
Progrès du Golfe publie des
nouvelles concernant Saint-Mathieu-de-Rioux.
Mariages
Le 11 août, M. Arthur Lagacé, fils de Majorique, conduisait à
l’autel Mlle Emma Bérubé, fille de Johnny Bérubé.
Le 5 octobre, M. Ernest Berger, fils d’Émile Berger, de St-Fabien,
avec Mlle Emma Vaillancourt, fille d’Alfred Vaillancourt.
40-Heures
Les 40-heures ont eu lieu dans notre paroisse le 26 octobre. Les
Révérends MM. Amyot, Jean et Pelletier sont venus prêter leur concours à
M. le curé. On peut dire que presque tous les paroissiens se sont
approchés de la Ste-Table en ces beaux jours.
Il en a été de même pour la Toussaint et le jour des Morts. La
fréquente communion est très en honneur par ici.
Mois du Rosaire
Quelques jeunes filles et les enfants de l’école du village ont fait
les frais du chant aux exercices du mois du Rosaire. Il était beau
d’entendre ces voix jeunes et pures répondre aux litanies chantées par
Mlle Octavie Plourde dont la voix est si sympathique
Maladie
Mlle Émilie Théberge, institutrice à l’école modèle du village, se
voit forcée d’abandonner la classe pour prendre quelques mois de repos.
C’est une grande perte pour les enfants
car cette demoiselle était très dévouée pour sa classe et a remporté de
grands succès dans l'enseignement. Nous lui souhaitons un prompt
rétablissement. Elle est remplacée par Mlle E. Bernier, de St-Simon.
Mme Ferdinand Parent, malade depuis quelque temps prend du mieux.
M. Cyprien Desjardins est malade d'une inflammation de poumons.
M. Johnny Jean, à la suite d’un accident à un bras est si malade qu’il a
été obligé d’aller demeurer quelque temps près du médecin aux
Trois-Pistoles, afin de recevoir les soins appropriés à son état.
Doc 1915. Décès d’Émélie Théberge (1892-1915)
Émélie Théberge est née le 4 septembre 1892. Elle est la fille
d’Alfred Théberge et de Rose Rousseau. Dans son édition du 13 novembre
1914, le Progrès du Golfe nous
apprend qu’Émélie Théberge est malade. Six mois plus tard, soit le 21
mai 1915, le même journal nous apprend son décès. « Le douze mai, la
mort (…) enlevait à la fleur de l’âge, une victime de la terrible
consomption, Mlle Émilie Théberge, institutrice, âgée de 22 ans, fille
de M. Alfred Théberge, secrétaire-trésorier. Les funérailles, le 15 mai,
furent très solennelles. L’église avait revêtu ses plus riches tentures
de deuil et l’assistance était nombreuse. La levée du corps se fit à la
maison mortuaire. M. le curé Cayouette officiait.
La croix était portée par Mlle M. Audet, accompagnée des porteurs :
M. Thomas Ouellet, beau-frère de la défunte, ses frères M. Émile et
Désiré Théberge, ses beaux-frères M. Eugène Vaillancourt et M. Cyprien
Plourde. Les coins du poêle (drap mortuaire) étaient portés par des
enfants de Marie, amis de la défunte, Mlle Élise Bernier, institutrice,
Mlle Marie-Thérèse Nicole, de St-Simon, Mlle Octavie Plourde et Mlle
Léontine Parent.
Le deuil était conduit par M. et Mme Alfred Théberge, père et mère
de la défunte, Mesdames Thomas Ouellet, Eugène Vaillancourt et Cyprien
Plourde, Mlles Clémentine et Corine Théberge, toutes sœurs de la
défunte. Les enfants de l'école modèle vinrent ensuite pour rendre un
dernier hommage à celle qui fut leur maîtresse aimée.
Dans le cortège, nous remarquions toutes les institutrices de la
paroisse, Mme Vve Thomas. Rioux, Mlles Sirois et Ouellet, les deux
demoiselles Bilodeau.
Le chant fut très réussi. À part les chantres ordinaires, les deux
demoiselles suivantes chantèrent des cantiques avant le service.
Mademoiselle Octavie Plourde, dont la voix est si douce et si
sympathique, chanta le cantique « Jusques à quand, enfants des hommes »
avec beaucoup d’âme. Avant le « libéra », Mlle Élise Bernier chanta
l’Adieu de Schubert, avec paroles adaptées pour sépulture de jeune
fille. Sa voix harmonieuse et si émue fit couler bien des larmes.
Mlle Émilie Théberge, jeune fille distinguée par ses vertus, ses
talents et son aimable caractère avait su se créer un grand nombre
d’amis qui ne l’oublieront pas de longtemps. Sa maladie si longue fut
soufferte avec une grande résignation. Dieu est venu cueillir cette
belle fleur pour en orner son ciel. Elle emporte des regrets unanimes
comme le prouvent les nombreuses offrandes de bouquets spirituels.
À la famille affligée nos plus sincères sympathies. »
L’article est signé Fleur du
Pays.
Doc 1917A.
Les tablettes Baby’s Own
Cette fois, il s’agit d’une mère de famille de
Saint-Mathieu-de-Rioux. Sous le titre
Toujours des
Tablettes Baby’s Own à la maison,
le Courrier de St-Hyacinthe du 6 octobre 1917 présente une lettre
de Mme Eugène Vaillancourt qui fait de la publicité pour les tablettes
Baby’s Own:
« Mme Eugène Vaillancourt de Saint-Mathieu écrit : Mon bébé
souffrait grandement de constipation de sorte que je commençai à faire
usage des tablettes Baby’s Own. Le prompt soulagement que j’en obtins
m’émerveilla et maintenant j’en garde toujours à la maison.
Une fois qu’une mère s’est servie des tablettes Baby’s Own pour ses
enfants, elle en garde toujours à sa portée, car dès le premier essai,
elle se rend compte qu’il n’y a rien de meilleur pour tenir ses enfants
en santé. Les Tablettes sont en vente chez les marchands de remèdes ou
sont envoyées par la poste à raison de 25 cents la boîte par The Dr
Williams’ Medicine Co, Brockville, Ontario. »
Mme Vaillancourt s’appelle Laura Théberge. Elle est
la fille d’Alfred Théberge et de Rose Rousseau. Le couple a déménagé à
Québec dans les années 1920. Émile Théberge, un frère de Laura, a vécu
toute sa vie à Saint-Mathieu. Eugène Vaillancourt est le fils de Léon
Vaillancourt et de Félicité Dionne. Il est notamment le frère d’Odila
(Ernest Dionne) et d’Ernest Vaillancourt.
Doc 1917B.
Nouvelles de la paroisse
Dans le Progrès du Golfe du 13
juillet 1917, on peut lire plusieurs nouvelles concernant la paroisse de
Saint-Mathieu-de-Rioux. Les voici :
Décès
Le vingt-sept juin est décédé M. Johnny Jean à l’âge de 67 ans. (Né le
21 août 1849, il est fils de Louis Jean et de Marie-Louise Bergeron.
Louis est le fils de Régis.)
Mariages
Le 3 juillet, M. Charles-Eugène Bérubé, fils d’Elzéar, unissait sa
destinée à Mlle Éva Lagacé, fille d’Alphonse Lagacé.
Le 10 juillet, M. Alfred Bernier, de St-Simon, à Mlle Éva Rousseau de
cette paroisse.
Examens de fin d’année
M. le curé a fait les examens d’école à la fin de
juin. Il a été satisfait des progrès des enfants, quoique l’assistance
aux classes laisse un peu à désirer dans certaines écoles.
L’examen de l’école du village a été un succès, tant au cours modèle
qu’au cours élémentaire, au dire des connaisseurs.
Au cours modèle, dirigé par Mlle Marguerite Nicole,
il y eut une jolie séance agrémentée de chants, dialogues, petites
piécettes qui ont charmé le nombreux auditoire qui assistait à cet
examen. Les enfants ont fait de véritables progrès sur toutes choses et
les parents regrettent beaucoup que cette jeune institutrice laisse
l’enseignement passager qu’elle avait entrepris pour finir l’année. La
classe était devenue vacante au mois de février par le mariage de
l’institutrice, Mlle A. Bélanger de St-Simon.
Visites
M. H. Chouinard, récemment nommé vicaire à
Courville, a passé quelques jours au presbytère chez son parent M. le
curé.
M. E. Brière, élève finissant du Séminaire de
Rimouski, est en visite chez son ami M. Hermel Pelletier.
Retraite
M. le curé nous a annoncé que nous aurons un triduum qui commencera le
19 juillet et se terminera le 22 par la bénédiction du monument du
Sacré-Cœur et la consécration solennelle de la paroisse au Sacré-Cœur.
C’est avec regret que nous apprenons que Mgr l’Évêque de Rimouski ne
fera pas lui-même cette bénédiction contrairement à ce que nous nous
attendions. (Fin de l’article)
Doc 1918A. Drame à Trois-Pistoles
Dans son édition du
4 octobre 1918, le Progrès du
Golfe, hebdomadaire de Rimouski, raconte les circonstances du décès
du
Dr Hippolyte Sirois. Le titre de l’article est « Un
médecin victime de son dévouement ». Le sous-titre est « Le Dr Hippolyte
Sirois, de Trois-Pistoles, contracte la grippe espagnole au contact de
ses patients et en meurt dans des circonstances extrêmement pénibles. »
Le préambule est un peu long, mais je préférais conserver l’intégralité
du texte. Voici ce texte :
« La nouvelle de la mort presque tragique, dans des circonstances
particulièrement pénibles et affligeantes, du Docteur Hippolyte Sirois,
médecin aux Trois-Pistoles, a été à peine signalée, en quelques brèves
lignes, par deux ou trois quotidiens qui l’ont annoncée comme un fait
divers d’importance plus ou moins négligeable, comme on en voit chaque
jour dans le cours ordinaire de la vie. Et c'est tout ce qu’on a appris,
par la voix des journaux, par ces détails remarquablement secs et concis
qu’ils en ont donnés, sur la mort héroïque et l’abnégation admirable,
édifiante, de cet obscur martyr du dévouement professionnel, succombant
lui-même aux étreintes de l’impitoyable camarde (mort prête à frapper),
qui, pour mieux opérer son œuvre de destruction des vies humaines, s’est
attaquée sournoisement à la vie de cet homme de l’art, adversaire
infatigable qui lui ravissait tant de proies convoitées, pour le
terrasser à son tour et le coucher brutalement dans la froide tombe où
il repose désormais pour l’éternité.
Nul n’est tenu
à l’héroïsme, ont dit et répété maints philosophes. C’est vrai. Mais si
l’héroïsme ne s’impose à personne, il n’en est, quand il existe, que
plus grand et plus beau, surtout quand l’action héroïque s’accomplit
obscurément et simplement, sans bruit, sans éclat, sans espoir de
gloire, et sans autre motif
que celui du devoir généreusement accepté,
consciencieusement et virilement accompli. Il y a dans la vie de ces
héros et de ces martyrs, qui humblement se dévouent et se sacrifient
pour les autres, d’utiles et précieuses leçons de désintéressement et
d’abnégation qu’il est bon de se rappeler de temps en temps pour
combattre dans une certaine mesure les mesquins penchants de notre
pauvre nature égoïste et souvent sans pitié.
Hippolyte Sirois est mort lundi dernier (30 septembre), emporté à 34 ans
par la pneumonie et la grippe qu’il avait prise en soignant, sans se
lasser, les nombreux patients qui pullulaient aux Trois-Pistoles et aux
environs, atteints de cette pernicieuse et redoutable maladie que l'on a
surnommée, par besoin de lui trouver un nom, la grippe espagnole.
Depuis plus de quinze jours qu’il se prodiguait jour et nuit auprès de
ses malades, il portait déjà en lui les germes du mal funeste ; et sa
constitution, s'affaiblissant à la suite du surmenage, offrait un champ
propice à leur développement et à leur œuvre de ravage en son organisme.
À son cocher qui le conduisait auprès des grippés et des mourants, il
disait souvent : « Grand Dieu, que je suis malade moi aussi ! J'aurais
bien besoin, autant que mes patients, de repos et de soins. Mais que
faire. C’est impossible. Il faut marcher. »
Pendant ce temps, l’infectieuse maladie éclatait à son propre foyer :
son épouse et quatre de ses enfants étaient à leur tour et simultanément
atteints de la grippe. Le pauvre médecin ne se
décourage pas
cependant. Il mande de New-York une infirmière Mlle Dufresne, sœur de sa
femme, qui se rend en toute hâte à l’appel pressant et angoissé.
L’infirmière se prodigue au chevet de Madame Sirois et de ses enfants,
mais elle aussi devient victime de son dévouement. La grippe la force à
s’aliter et à se soigner dans cet hôpital particulier que le Dr Sirois
venait de faire construire et qui se trouve, à certain moment, rempli
des membres de sa famille.
Lundi, 23 septembre, le docteur n’en peut plus. Il lui faut prendre le
lit. Il fait alors venir le prêtre, se confesse et communie. C’est
prudent. Dans la nuit de mardi à mercredi, la maladie fait des progrès
alarmants et le docteur constate qu’il souffre d’une violente pneumonie.
Il appelle par téléphone, vers 1 heure a. m., son parent et ami le
notaire Hervé Rousseau, qui accourt aussitôt. Le docteur lui déclare la
gravité de son état, descend ou plutôt se traîne appuyé sur son ami dans
la pharmacie, s’administre injections et médicaments en présence de son
compagnon auquel il recommande de lui en faire autant quand il sera
incapable de se mouvoir ou qu’il sera, par l’intensité de la fièvre,
dans la période du délire, dont il est menacé. Désormais, c’est Mtre
Rousseau, qui sera son médecin-infirmier, en l’absence du Dr Langlais,
qui est lui-même malade au lit. Le notaire Rousseau fait sans retard
administrer son ami, qui se prépare à la mort avec une ferveur à remplir
les anges d’admiration. Puis le délire s’empare du malade, qui tombe
ensuite dans le coma précurseur de la mort.
Le Docteur Sirois expira lundi dernier (30 septembre) à 3 heures p. m.
Son épouse, qui était la veille encore dans un état de faiblesse
extrême, apprit le soir le désastre qui l’accablait.
Le corps fut porté au cimetière aussitôt que la mort fut constatée avec
certitude par les autorités locales d'hygiène, mais sans passer par
l'église, et sans autres personnes pour le reconduire que trois ou
quatre hommes, dit-on, nécessaires au service du transport des restes et
aux travaux d’inhumation. Les funérailles solennelles ont eu lieu hier
(3 octobre) en l’église des Trois-Pistoles.
Feu Hippolyte Sirois était natif de St-André de Kamouraska et le fils de
M. Pascal Sirois. Il avait fait ses études classiques au Collège de
Ste-Anne et son cours de médecine à l’Université Laval. Il fut admis à
la profession médicale en juin 1909, pratiqua d’abord à St-Clément, puis
alla se fixer aux Trois-Pistoles, où il vient de mourir.
Son épouse, née Lucile Dufresne, et cinq enfants : Roland, Éric,
Fernande, Gabrielle et Bertille, lui survivent.
À Madame Sirois, à ses enfants, et aux autres membres de la famille en
deuil, nous adressons l’expression attristée de nos vives et sincères
condoléances. » (Fin du texte cité)
Doc 1918B.
Nouvelles de la
paroisse
Dans le Progrès du Golfe du 18
octobre 1918, on peut lire plusieurs nouvelles concernant
Saint-Mathieu-de-Rioux. Les voici :
« Décès
Le 22 septembre M. Joseph Moreau est décédé à l'âge
de 59 ans. Son service et sa sépulture ont eu lieu le 24.
Écoles
Nos écoles ont ouvert leurs portes à la gent écolière le 2 septembre.
Voici les noms de nos institutrices pour cette année : Mlle A.
Desrosiers, école modèle du village. Mlle Corine Théberge dirige l’école
élémentaire du village depuis quatre ans à la grande satisfaction des
parents. Mlle Marie-Louise Sirois, école haut de la paroisse. Mlle R.-A.
Fournier, bas de la paroisse, Mlle Clairina Parent, Ville Réal, Mme Vve
Thomas Rioux, école du cinquième rang. L'école du quatrième rang est
fermée cette année.
Visites
M. Auguste D’Auteuil, qui demeure aux États-Unis
depuis plusieurs années, est venu voir ses parents qui ont été heureux
de sa visite après une si longue absence.
M. Jean Dionne, rentier, est en promenade chez sa
fille Mme Leclerc, épouse de M. Georges Leclerc, arpenteur de Lévis.
Récolte
Malgré la mauvaise température du mois de
septembre, nos gens achèvent d’engranger la récolte. Le grain, de même
que les patates, sont en abondance. Il n’y a que les fèves qui laissent
à désirer, elles ont souffert de la gelée. La ménagère canadienne
pourra, dans ses menus, remplacer les fèves par les pois qui sont très
beaux (cette nouvelle recette est donnée par un maître-cook de
chantier). On dit que les beans
avec des pois ne sont pas à dédaigner. Essayez et vous m'en direz des
nouvelles.
Malle.
Plusieurs personnes se plaignent avec raison que depuis le changement
des trains, les journaux nous arrivent en retard. C’était la même chose
l’hiver dernier. Les journaux de Québec, et souvent les lettres,
allaient se balader dans la Baie des Chaleurs pour nous revenir deux
jours en retard et quelquefois plus. Les nouvelles fraîches avaient eu
le temps de s’évaporer le long de la route.
Mortalités
Depuis le commencement de l’année nous n’avons eu à
déplorer que la mort de trois personnes adultes et un tout jeune enfant.
Il faut espérer que la grippe (espagnole) ne fera pas trop de victimes
afin que notre petite paroisse conserve son renom de salubrité. Depuis
que ces dernières lignes ont été écrites, la première victime de la
grippe est décédée. C’est un jeune homme de 24 ans, Eugène Lebel,
marchand. Il a été enterré dimanche dans l’après-midi.
M. le curé est retenu à sa chambre par une forte
attaque de grippe. Nous lui souhaitons un prompt rétablissement. Il y a
beaucoup de malades ces jours-ci. »
Décès
Encore une nouvelle victime de la grippe. Cette fois-ci, il s’agit
d’une jeune femme enlevée à la fleur de l’âge à l’affection des siens :
Madame Cyprien Plourde, née Aurore Théberge, décédée mardi et inhumée
mercredi le treize à l’âge de 26 ans. (NDLR. Ce fut le dernier décès lié
à la grippe espagnole à Saint-Mathieu.)
Elle laisse pour déplorer sa perte son époux et une jeune enfant de
deux ans. Son père et sa mère ainsi que deux frères et quatre sœurs lui
survivent.
Condoléances
Ci-dessous la copie des résolutions de condoléances à propos de la
mort du maire de la paroisse M. Georges Caron.
À une assemblée spéciale du conseil de cette municipalité tenue
lundi le onzième jour de novembre à 9 h du matin, il a été proposé par
M. Ernest Dionne, secondé par MM. Louis Parent et François Dumont. « Que
les membres de ce conseil ont appris avec chagrin la mort de M. Georges
Caron, maire de cette municipalité, et qu'ils offrent à Mme la mairesse
leurs plus sincères condoléances. Il a aussi été proposé que copie de la
présente résolution soit envoyée à la famille ainsi qu’au journal le
Progrès du Golfe. Joseph Audet, séc.-trés. »
Doc 1918C. Signatures à
Saint-Mathieu-de-Rioux
Les Archives nationales du
Québec ont commencé à numériser les fichiers concernant les registres
de l’état civil de Saint-Mathieu-de-Rioux. On y trouve désormais les
actes de baptême, de mariage et de sépulture depuis l’ouverture des
registres paroissiaux de cette paroisse en 1866 jusqu’à décembre 1918.
Voir
Saint-Mathieu-de-Rioux | BAnQ numérique
J’ai fait une étude rapide et sans prétentions de
l’évolution de la signature des parrains, des marraines et des pères
lors des baptêmes. Dans les années se terminant par 7, j’ai relevé le
nombre de signatures lors des 10 premiers baptêmes de l’année. Quand une
personne ne signe pas, il est clairement indiqué dans le registre
qu’elle ne sait pas signer.
Note 1. Vingt-huit marraines sur 60 ont signé, soit
47 %.
Note 2. Dix-neuf parrains sur 60 ont signé, soit 32
%.
Note 3. Dans les 60 baptêmes, le père a été présent
30 fois, soit 50 % du temps.
Note 4. Quinze pères sur 30 ont signé, soit 50 % des
pères présents.
Voici un tableau qui montre la répartition des
signatures de 1867 à 1917 :
À Saint-Mathieu-de-Rioux, le premier
défricheur s’est installé en 1830. Les premières écoles sont apparues
dans les années 1860. Dans ce tableau, peu de personnes savent signer en
1867 et 1877. Par la suite, on remarque une légère augmentation.
Note
particulière. Je ne connais pas les raisons pourquoi
autant de pères étaient absents lors des baptêmes.
Note générale. Dans la période étudiée, à mesure que le temps avance, les signatures
sont de plus grande qualité. C’est de moins en moins un dessin hésitant.
Le 15 janvier 2014, j’ai publié dans ce blogue un article sur le sujet
en titre. Depuis ce temps, j’ai obtenu de nouveaux renseignements qui me
permettent d’apporter certaines précisions. Voici le nouveau texte :
Le 6 octobre 1918, les premiers cas de grippe espagnole apparaissent aux
États-Unis et au Canada. Le 8 octobre, le Service d’hygiène du Québec
ordonne la fermeture de la plupart des lieux publics : écoles, cinémas,
théâtres, magasins et même églises.
La paroisse de Saint-Mathieu-de-Rioux est particulièrement touchée. Le
curé Réal Cayouette doit affronter cette terrible maladie. L’évêque de
Rimouski délègue alors l’abbé Ludger Harvey pour l’assister, mais
celui-ci tombe aussi malade. Tous deux sont cependant épargnés de la
mort. Par ailleurs, le maire Georges Caron meurt de la grippe espagnole.
À Saint-Mathieu, cette grippe a entraîné neuf
décès s’étendant sur la
période du 12 octobre au 12 novembre. Les noms de ces personnes
apparaissent dans le Progrès du
Golfe des 15 et 23 novembre 1918. Voici les noms par ordre
chronologique :
Octobre 1918
Le 12 octobre, Eugène Lebel, fils de Joseph Lebel et de Desanges Lagacé,
décède à l’âge de 24 ans. Il est inhumé le lendemain.
Le 14 octobre, Émile Lebel, frère d’Eugène, décède à l’âge de 21 ans. Il
est inhumé le même jour.
Le 27 octobre, Joseph-Antoine Dionne, fils d’Ernest Dionne et d’Odila
Vaillancourt, décède à l’âge de 19 ans. Il est inhumé le même jour.
Novembre 1918
Le 1er novembre, Paul Parent, époux de Philomène Bélanger,
décède à l’âge de 68 ans. Il est inhumé le lendemain. Il est le père de
Malvina Parent, l’épouse de Georges Caron. Il demeurait chez celle-ci.
Le 3 novembre, Yvonne Caron, la fille de Georges Caron et de Malvina
Parent, décède à l’âge de 10 ans. Elle est inhumée le lendemain.
Le 4 novembre, Arthur Lepage, fils de Pierre Lepage et d’Angèle Boucher,
décède à l’âge de 15 ans. Il est inhumé le lendemain.
Le même jour, Diana Gaudreau, fille de Philéas Gaudreau et de Delphine
Dionne, décède à l’âge de 16 ans. Elle est inhumée le même jour.
Le 5 novembre, le maire Georges Caron décède à l’âge de 46 ans. Il est
inhumé le même jour.
Le 12 novembre, Aurore Théberge, fille d’Alfred Théberge et de Rose
Rousseau, et épouse de Cyprien Plourde, décède à 26 ans. Elle est
inhumée le lendemain. Un enfant anonyme du couple est décédé le 10
novembre et a été inhumé le 11 novembre, jour de la signature de
l’armistice de 1918 qui marque la fin de la Première guerre mondiale.
Dans l’édition du 15 novembre, le
Progrès du Golfe écrit :
« (Georges Caron) était le maire de la paroisse et
comme tel c’était lui, qui lors de la bénédiction du monument du
Sacré-Cœur l’an dernier, avait lu l’acte de consécration de la paroisse
et du conseil municipal au Sacré-Cœur de Jésus. Tout le monde se
rappelle avec quelle âme et quel accent ému il avait prononcé cette
consécration. Le Seigneur dans sa miséricorde l’a enlevé jeune encore de
cette terre d’exil pour le faire revivre dans la véritable patrie.
Puisse-t-il jouir déjà de la récompense promise au bon serviteur du
Sacré-Cœur ? À son épouse et à sa nombreuse famille en larmes, nos
meilleures sympathies.
M. l’abbé Ludger Harvey, assistant de M. le curé
durant sa maladie, est complétement remis de la grippe. Nous ne pouvons
en dire autant de M. le curé qui garde la chambre depuis 4 semaines.
Nous lui souhaitons un prompt rétablissement.
L’épidémie de grippe diminue un peu; cependant, il
y a encore quelques cas graves. M. le curé Omer Dubé de St-Simon a fait
preuve d’un grand dévouement durant la maladie de nos deux prêtres. De
jour ou de nuit, il était toujours prêt à venir porter les secours de la
religion à nos nombreux malades. Il mérite la reconnaissance des
paroissiens pour sa grande générosité. » (Fin du texte cité)
Pendant cette période, l’église est fermée et il ne peut pas y avoir de
services religieux. Les rares personnes qui accompagnent le corps
s’arrêtent devant le presbytère et le curé ou son assistant, selon leur
capacité, bénit la dépouille mortelle derrière la vitre.
Un événement inusité s’est produit en l’église de Saint-Mathieu le 7
janvier 1919. C’était le premier mariage de l’année, celui de Georges
Rousseau et de Marie-Rose Boulanger. Pendant la cérémonie, les deux
mariés, le garçon d’honneur et la fille d’honneur ont eu le privilège de
communier. Cette journée-là, il y eut un second mariage, celui de Jos.
Alfred Girouard et d’Yvonne Dionne. Les mariés et leur suite n’ont pas
eu ce privilège. À cette époque, il n’y avait pas de communion pendant
la cérémonie du mariage.
Dans le Progrès du Golfe du 17
janvier 1919, on peut lire : « Au premier mariage il y eut une
innovation tout à fait édifiante. Les mariés, M. Georges Rousseau et sa
jeune femme ainsi que leur garçon d’honneur et leur fille d’honneur ont
communié. Nul doute qu’un mariage si bien commencé soit béni de Dieu. »
Il faut dire que l’année 1918 avait été particulièrement difficile pour
la paroisse. La grippe espagnole avait fauché la vie de neuf personnes
dont celle du maire Georges Caron et d’une de ses filles qui avait 10
ans. Le curé Réal Cayouette avait été atteint de cette terrible maladie.
Son assistant temporaire, l’abbé Ludger Harvey, avait subi le même sort.
Tous deux cependant avaient été épargnés.
Y a-t-il un rapport entre les événements de 1918 et le privilège accordé
au couple Rousseau-Boulanger ? Est-ce une faveur personnelle accordée au
couple et si oui, pourquoi ? Est-ce une autre raison ? Je ne le sais
pas.
Le couple Rousseau-Boulanger a eu 12 enfants. L’abbé Ludger Harvey
quitta la paroisse le 1er janvier 1919 pour devenir
responsable de la mission de Saint-Narcisse. Le curé Réal Cayouette est
décédé subitement peu longtemps après, soit le 12 avril 1919.
Doc 1919B.
Nouvelles de la
paroisse
Dans son édition
du 17 janvier 1919, le Progrès du
Golfe écrit :
M. l’abbé Omer Dubé, curé de St-Simon, était l’hôte
de M. le curé le jour de l’An au soir.
Le même soir eut lieu le départ de M. l’abbé Ludger
Harvey qui était parmi nous depuis 2 ½ mois pour prêter secours à M. le
curé durant sa longue maladie (grippe espagnole). Ce jeune prêtre par
ses grandes qualités a su se concilier l’estime de tous et c’est avec
regret que nous l’avons vu partir. Nous lui souhaitons de bons succès
dans l'exercice de son saint ministère à sa nouvelle cure de
St-Narcisse. »
Marguillier
M. Narcisse Jean en remplacement de M. Cyprien
Plourde, marchand.
Conseillers municipaux Alphonse Lagacé, Napoléon Létourneau et Théophile Dionne. M. Antoine Dionne, manufacturier de boîtes à beurre, a été élu maire de la paroisse. »
Doc 1920A. Décès d’Yvonne Théberge
Le
Progrès du Golfe du 23
juillet 1920 nous apprend le décès de la jeune Yvonne Théberge. Voici ce
texte signé par une amie de la famille :
« La mort est venue plonger une de nos
braves familles dans un deuil cruel. Le 6 juillet 1920 s’envolait vers
le Ciel l’âme de Mlle Yvonne Théberge, fille de M. Désiré Théberge,
propriétaire de l’hôtel Victoria (à Trois-Pistoles), âgée de 12 ans et 4
mois, après une longue maladie soufferte avec résignation à la volonté
de Dieu.
La dépouille mortelle fut transportée à Saint-Mathieu, chez M.
Alfred Théberge, grand-père de la défunte. Les porteurs du corps, de
Trois-Pistoles à Saint-Mathieu, étaient M. Henri Bergeron, marchand de
bois, M. Edgar Parent, MM. Adélard et Joseph Parent, fils de M. J.-A.
Parent, marchand de Bic, frère de Mme Théberge.
Le service funèbre eut lieu à Saint-Mathieu le 8 du courant au
milieu d'un grand concours de parents et amis. L'église avait revêtu ses
plus beaux ornements de deuil. Le chant fut dirigé par M. Ernest
Couillard. Les porteurs du corps, à Saint-Mathieu, étaient MM. Albert
Belzile, fils d’Alfred, Charles-Eugène Parent, fils de Louis, Charles et
Félix Ouellet, fils de Joseph, ses cousins. Les coins du drap étaient
portés par Mlles Marie-Laure et Marie-Ange Théberge, filles d’Émile,
Rose-Alma et Émilienne Vaillancourt, filles de Félix. La croix était
portée par un cousin, M. Léo Théberge.
La famille reçut beaucoup de sympathies, messes et bouquets
spirituels, entre autres les suivants : Cécile Parent, 1 bouquet.
Blanche et Jeanne Plourde, 1 bouquet. Rose-Alma et Émilienne
Vaillancourt, 1 bouquet. Marie-Ange et Marie-Laure Théberge, 1 bouquet.
Marie-Anne et Yvonne Ouellet, 1 bouquet. Maria Parent, Bic, une
grand’messe, Edgard, Adélard et Joseph Parent, ses oncles, une
grand-messe. M. et Mme J. A. Parent, Bic, un bouquet spirituel. Beaucoup
d’autres parents ont tenu à offrir des témoignages de sympathies à la
famille, mais la liste en serait trop longue à publier.
À M. et Mme Théberge nous offrons nos sincères sympathies ainsi qu'à
leur famille. Les funérailles étaient dirigées par M. Martin, de
Trois-Pistoles. » (Fin du texte cité)
Voici quelques renseignements complémentaires :
Désiré Théberge naît le 6 décembre 1886 à Saint-Mathieu dans la maison
paternelle située à l’est du cimetière. Il épouse Lucette Ouellet le 5
février 1907 à Saint-Mathieu. Deux ans plus tôt, Émile Théberge, le
frère de Désiré, avait épousé Marie-Luce Ouellet, sœur de Lucette, en
même temps que Rose, la sœur de Désiré, avait épousé Thomas Ouellet, le
frère de Lucette. Désiré Théberge épouse en deuxièmes noces Rose-Florida
Parent le 21 mai 1917 à Bic.
Yvonne est l’aînée du premier lit. Elle naît le 8 février 1908. Une de
ses sœurs, Jeanne, née le 17 juillet 1913, est devenue religieuse dans
la communauté des Petites Franciscaines de Marie sous le nom de Sœur
Marie-Désiré-des-Anges. Elle est décédée le 21 avril 2000. Une autre de
ses sœurs, Thérèse Théberge, est devenue aussi religieuse, mais chez les
Sœurs de la Charité de Montréal.
Un bouquet spirituel est une carte dans laquelle on énonce des actes de
dévotion faits ou à faire aux intentions de la personne à laquelle la
carte est destinée. Par exemple, on peut promettre de réciter un
chapelet, faire un chemin de croix, etc.
Doc 1920B.
Nouvelles de la paroisse
En
1920, le Progrès du Golfe et le journal La Presse ont
publié des nouvelles sur Saint-Mathieu-de-Rioux.
Décès de Marie-Rose Théberge
Madame Thomas Ouellet, née Marie-Rose Théberge, est décédée le 8 janvier
à l’âge de 36 ans, laissant pour pleurer sa perte son mari, huit
enfants, son père, sa mère, des frères et des sœurs. (Progrès du
Golfe, 13 février 1920)
Complément. Marie-Rose
Théberge est née le 15 novembre 1883. Elle est la fille d’Alfred
Théberge et de Rose Rousseau. Ses enfants vivants au moment de son décès
sont : Robert (né en 1907), Rodolphe (1908), Romuald (1909), Rose-Aime
(1912), Ernestine (1913), Émilienne (1914), Marie-Anne (1916),
François-Xavier (1917).
Mariages
-
Le 27 janvier, mariage de M. Thomas Albert, de Saint-Simon, avec Mlle
Aurore Ouellet, de Saint-Mathieu.
-
Le 10 février, mariage de M. Jos. N. Ferdinand Lévesque, Trois-Rivières,
avec Mlle Mathilda-Ida Lagacé.
La
Presse publie
la photo ci-contre des jumelles Jeanne et Blanche, enfants de Joseph
Audet et de Claire Vaillancourt de Saint-Mathieu. (La Presse, 14
août 1920)
Doc 1920C. Vente d’un terrain à Théophile Jean
Le 18 octobre 1920, Louis Parent vendait à Théophile Jean un terrain au
centre du village de Saint-Mathieu-de-Rioux. Louis Parent, marié à Marie
Lavoie, est le fils de Louis Parent et d’Élisabeth Côté. Théophile Jean,
marié à Élise Boucher, est le fils de Melchior Jean et d’Élisabeth
Dionne. Voici le contrat de vente fait à Saint-Mathieu :
Ont comparu Sieur Louis Parent de St Mathieu, cultivateur, lequel a
vendu avec garantie clair de tout trouble et empêchement quelconque à
Sieur Théophile Jean de St Mathieu rentier à ce présent et acceptant
acquéreur pour lui ses hoirs et ayant cause un terrain ou emplacement
une partie vendu le 15 avril 1915 et l’autre partie l’année suivante
1916 sis et situé au troisième rang de la Seigneurie de Nicolas Rioux
paroisse de Saint-Mathieu contenant cinquante pieds de front sur deux
cent cinq pieds de profondeur mesure anglaise tenant au nord au chemin
royal, à l’est à Eugène Vaillancourt et à Ferdinand Parent, au sud et à
l’ouest au vendeur, le tout sans bâtisse et maintenant avec bâtisse que
l’acquéreur a fait bâtir, étant le lot parti du numéro 84
(quatre-vingt-quatre du cadastre pour la dite paroisse de
Saint-Mathieu). Cette vente est faite à la charge de l’acquéreur qui s’y
oblige lui ses hoirs et ayant cause de payer à l’avenir les taxes
locales et cotisation quitte du passé à ce jour.
Cette vente est faite en autre pour en considération du prix et somme de
cent quatre-vingt-quinze piastres argent courant, que le vendeur déclare
avoir reçu de l’acquéreur dont cent vingt-cinq piastres par l’entremise
de Jos Jean le 15 avril 1915 et soixante-dix piastres dans le courant de
l’année 1916 par l’acquéreur, dont quittance finale.
L’acquéreur s’oblige de clore le dit terrain à ses frais et en clôture
de broches pour tenir les poules. Au moyen de quoi le vendeur se
dessaisit de tout ce que dessus, vendu en faveur de l’acquéreur de ce
jour et pour toujours. Et pour l’exécution des présentes, ont signé
Louis Parent
Théophile Jean
Doc 1922.
Fêtes chez Désiré Théberge
Le Progrès du Golfe publie
deux comptes rendus concernant la famille Désiré Théberge. Le premier
souligne le 30e anniversaire de naissance de son épouse,
Rosalie Parent. Pour le second, c’est le cinquième anniversaire de
mariage. Désiré Théberge est originaire de Saint-Mathieu-de-Rioux et
demeure alors à Trois-Pistoles.
1. Le Progrès du Golfe, 20
janvier 1922
Le soir des Rois (6 janvier) quelques intimes se rendaient à la
résidence de Mme Désiré Théberge, pour lui présenter leurs compliments
et bons souhaits à l’occasion de son 30e anniversaire de
naissance. Il y a eu lecture d’adresses par ses filles, Mlles Jeanne et
Rose-Aimée Théberge. Mme Eugène Vaillancourt (Laura), au nom des dames
présentes, adressa à sa belle-sœur des paroles bien appropriées pour la
circonstance.
À l’occasion de cette fête, Mme Théberge a reçu de nombreux cadeaux.
M. Théberge lui a donné un magnifique cabinet à argenterie ; Mlles
Rose-Aimée, Jeanne et Thérèse Théberge, des gerbes de fleurs ; M. Armand
Théberge, un set à thé en argent ; Mme J. A. Parent, du Bic, mère de Mme
Théberge, un chèque ; M. Adélard Parent et Mlle Maria Parent, du Bic,
des cartes de prix, etc.
Vers minuit, un succulent goûter préparé par ses filles fut servi
aux personnes qui ont pris part à cette charmante réunion et qui ont été
si bien reçues par M. et Mme Théberge. Cette magnifique soirée s’est
terminée par du chant et de la musique.
2. Le Progrès du Golfe, 28
juillet 1922
Le 16 juillet 1922, un groupe de parents et d’amis se rendait au
domicile de M. Désiré Théberge, commis-marchand de cette ville
(Trois-Pistoles), pour lui présenter ainsi qu’à Madame Théberge des vœux
de bonheur à l’occasion du cinquième anniversaire de leur mariage.
Parmi les personnes présentes, on remarquait Madame Alfred Théberge
(Rose Rousseau), Mlles Clémentine et Corinne Théberge de Saint-Mathieu,
mère et sœurs de M. Théberge, Mlles Marie-Ange et Marie-Laure Théberge,
ses nièces, M. Léo Théberge, son neveu. |
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Doc 1924A.
Funérailles de Séraphine Théberge
Dans son édition du 5 avril 1924, le journal
Le Soleil nous apprend le
décès de Séraphine Théberge.
« Le 26 mars dernier, est décédée en notre paroisse à l’âge de 81
ans et 8 mois dame Séraphine Théberge, épouse de sieur Thomas D’Auteuil
après une courte maladie de trois semaines soufferte avec résignation.
Son service et sa sépulture ont eu lieu le 28 mars dernier au milieu
d’un groupe de parents et d’amis. Le service a été chanté par M. l’abbé
Giguère, curé de la paroisse.
Les porteurs de la dépouille mortelle étaient ses fils, M. Auguste
D’Auteuil, de New-Bedford, Charles D’Auteuil, Adélard D’Auteuil, Noël
Girouard, son gendre. Portait la croix, M. Hermel Samson de St-Grégoire
de Montmorency, son petit-fils.
Conduisaient le cortège ses enfants, Mme Noël Girouard, Mme Pierre
Samson du Lac-Édouard, Mme Augustin Thibault, de Sandy-Bay (aujourd’hui
Baie-des-Sables), M. Octave Thibault, son beau-frère de Sandy-Bay, Mme
Charles D’Auteuil, Mme Alfred Théberge.
Ses petits-fils : Évangéliste, Ambroise, Octave Girouard, Philippe,
Jean-Marie D’Auteuil, Pierre, Maurice, Lucie D’Auteuil, Rosée D’Auteuil,
Mme Joseph Fournier, Mlle Béatrice Samson de St-Grégoire de Montmorency,
Ses neveux : Eusèbe, Noël Théberge, M. et Mme Philippe Théberge de
St-Fabien, Alphonse Théberge de Trois-Pistoles, M. et Mme Ferdinand
D’Auteuil, P. D’Auteuil, Mme Édouard Ouellet de Ste-Françoise, M. et Mme
Émile Théberge de Saint-Mathieu et beaucoup d’autres dont les noms nous
échappent.
La défunte laisse pour pleurer sa perte son époux, ainsi que M.
Alfred Théberge, son frère. »
Doc 1924B. Vente de la terre de Théophile Jean
Théophile Jean est décédé le 28 février 1922 à l’âge de 77 ans. Sa fille
cadette avait 12 ans. Il avait au préalable nommé Antoine Dionne comme
tuteur de ses enfants mineurs et exécuteur testamentaire. Antoine Dionne
était alors maire de Saint-Mathieu-de-Rioux. Voici l’acte de vente de la
terre de Théophile Jean à l’intention de Louis Beaulieu :
L’An mil neuf cent vingt-quatre, le vingt-deuxième jour de septembre.
Devant Eugène Boucher, notaire public pour la province de Québec,
résidant et pratiquant en la ville de Trois-Pistoles dans le district de
Kamouraska.
A comparu : Monsieur Antoine Dionne, ouvrier, de la paroisse de
Saint-Mathieu, agissant aux présentes en sa qualité d’exécuteur
testamentaire avec pouvoirs spéciaux, de feu Théophile Jean, en son
vivant rentier, de la paroisse de Saint-Mathieu, en vertu du testament
de ce dernier reçu devant le notaire A. G. Ouellet, le seize août mil
neuf cent-vingt et un, et enregistré au bureau d’enregistrement du comté
de Rimouski, sous le numéro 50817.
Lequel en sa dite qualité a par les présentes vendu, avec toutes les
garanties de droit et possession immédiate, à Sieur Louis Beaulieu,
rentier de la dite paroisse de Saint-Mathieu, à ce présent et acceptant
acquéreur, savoir : Un emplacement situé en la dite paroisse de
Saint-Mathieu, contenant cinquante pieds de front , sur deux cents cinq
pieds de profondeur, le tout mesure anglaise, borné au nord au chemin
royal, à l’est à Eugène Vaillancourt et Ferdinand Parent, à l’ouest à
Louis Parent, lequel emplacement est maintenant connu et désigné aux
plan et livre de renvoi officiels du cadastre pour la paroisse de
Saint-Mathieu, comme faisant partie du lot numéro quatre-vingt-quatre
(84-p), avec les bâtisses dessus construites, circonstances et
dépendances.
Ce que dessus vendu appartenait au dit feu Théophile Jean pour l’avoir
eu de Sieur Louis Parent, suivant vente sous seing privé en date du 18
octobre 1920.
Cette vente est faite à charge par l’acquéreur qui s’y oblige : des
droits municipaux et locaux, le tout à compter de ce jour.
Faite en outre pour le prix et somme de huit cents piastres courant, à
compte de laquelle dite somme le vendeur reconnaît avoir présentement
reçu celle de quatre cent piastres dont quittance en conséquence pour ce
montant. La balance de quatre cents piastres restant due, l’acquéreur
s’engage la payer en quatre termes égaux, annuels et consécutifs de cent
piastres chacun, dont le premier d’iceux écherra et se fera dans un an
de ce jour, et de là continuer d’année en année, à même époque, jusqu’au
paiement final, sans intérêt jusqu’à échéance, mais avec intérêt après.
Aux présentes est intervenu Sieur Louis Parent, cultivateur du dit lieu
de Saint-Mathieu.
Lequel après avoir eu lecture du présent acte le confirme et ratifie, et
déclare par les présentes suppléer en autant qu’il est nécessaire au
défaut de titre notarié et enregistré entre lui et le dit feu Théophile
Jean, déclarant de plus qu’il n’a plus aucun droit à exercer contre le
susdit emplacement, le tout de manière que le présent acquéreur ait un
titre parfait.
Dont acte en la ville de Trois-Pistoles, les jour et an susdits, sous le
numéro mil neuf cent dix-huit.
Requis de signer, les parties l’ont fait avec nous notaire, lecture
faite.
Antoine Dionne
Louis Beaulieu
Louis Parent
Eugène Boucher N. P.
Vraie copie de la minute demeurée en mon étude.
Eugène Boucher N. P.
Doc 1928A. Centenaire de Saint-Simon
Le 12 juillet 1928, le journal Le Devoir annonçait que
Saint-Simon s’apprêtait à fêter le centenaire de l’érection de la
paroisse qui comprenait les six premiers rangs de la seigneurie
Nicolas-Rioux. Le journal en profitait pour publier quelques notes
historiques.
« Les
paroissiens de Saint-Simon fêteront dimanche et lundi, dans l’intimité,
le centenaire de fondation de leur paroisse. Une retraite de huit jours
prêchée par Ies Oblats de Mont-Joli précède ces fêtes. Dimanche, S. E.
Mgr Courchesne chantera une messe pontificale et adressera la parole.
Lundi matin, il y aura service solennel pour les anciens curés et les
paroissiens décédés.
Notes historiques
La paroisse de
Saint-Simon appartient au comté et au diocèse de Rimouski. Elle est
essentiellement agricole. Elle comprend les six premiers rangs de la
seigneurie de Nicolas Rioux, seigneur des Trois-Pistoles. Érigée
canoniquement le 10 décembre 1828 et civilement le 5 mars 1835, la
municipalité de la paroisse de St-Simon de la Baie des Ha ! Ha ! a été
érigée le 1er juillet 1845.
Les curés des
Trois-Pistoles ont desservi Saint-Simon de 1823 à 1836. Voici la liste
des curés de St-Simon : Germain-Siméon-Marceau, de 1836 à 1872 ;
François Magloire Fournier, de 1872 à 1876 ; Thomas Bérubé, de 1876 à
1888 ; Jos Ludger Rioux, de 1888 à 1907 ; Jules Amiot, de 1907 à 1917 ;
Jos. Omer Bérubé, de 1917 à 1923. Le curé actuel est l'abbé J. R.
Charest.
De 1823 à
1835, les offices eurent lieu dans une chapelle qui servait en même
temps de presbytère. L’église actuelle fut commencée en 1831 et terminée
en 1835. (On a bâti le chœur et terminé l'intérieur en 1873.) Lorsqu'en
1831, on fit une requête pour la construction de l'église devant être
présentée à Mgr Bernard Claude Panet, évêque de Québec, 64 propriétaires
signèrent cette requête. La population d’alors devait être presque aussi
forte que celle d'aujourd’hui.
La cloche fut
bénite le 18 octobre 1841. En 1892, construction du presbytère actuel ;
en 1903 travaux d'embellissement à l’extérieur et à l’intérieur de
l’église ; en 1904 bénédiction d’un carillon de trois cloches.
L'électricité a été installée au presbytère et à l’église dans le cours
de la présente année.
La paroisse a
donné à l'Église 12 prêtres et plus de 50 religieux et religieuses dans
diverses communautés. Depuis l'ouverture des registres, il y a eu 5068
baptêmes, 1878 sépultures el 820 mariages. » (Fin du texte cité)
Doc 1928B. Décès de Louis Parent
Dans son édition du 2 novembre
1928, le journal L’Action catholique fait un compte-rendu des
funérailles de Louis Parent, de Saint-Mathieu-de-Rioux et père de l’abbé
Charles-Eugène Parent :
« Samedi le 13 octobre, ont eu
lieu en l’église de Saint-Mathieu les funérailles de feu Louis Parent,
décédé subitement, mercredi le 10.
La
levée du corps fut faite par M. l’abbé D. S. Giguère, curé de la
paroisse. Le service fut chanté par M. l’abbé Charles-Eugène Parent,
fils du défunt, assisté de M. l’abbé Hermel Pelletier, curé de
Saint-Zénon du Lac-Humqui, de M. l’abbé Fortunat Gagnon, préfet des
études au Séminaire de Rimouski. Sa Grandeur Mgr Georges Courchesne
présida à l’absoute. »
Suivent les noms de 23 prêtres dont Mgr Samuel Langis, vicaire général,
les chanoines Joseph-E. Pelletier, curé de Trois-Pistoles, Hermel
Tremblay, ancien curé de Saint-Mathieu et l’abbé Joseph Gauvin,
directeur de l’école d’Agriculture de Rimouski.
« M. Louis Fournier du Bic portait la croix. Les porteurs du cercueil
étaient MM. Jean Parent de Trois-Pistoles, Magloire Chénard du Bic,
Joseph Parent de Sayabec, Ferdinand Parent de Saint-Éloi, tous neveux du
défunt.
Conduisaient
le deuil : ses fils Victor, Gérard, Léonard et Louis-Joseph, ses filles
Mme Joseph Bérubé (Anna), Cécile, Irène, Marie-Jeanne et Germaine, son
gendre Joseph Bérubé, Mme Narcisse Jean de Sayabec, sœur du défunt, Mme
Georges Parent, belle-sœur du défunt, MM. et Mmes Octave Bérubé, Amqui,
Émile Lavoie et Ernest Pelletier, Michel Parent, MM. Philippe, Georges,
Louis-Jacques, Robert et Édouard Chénard, Mme Vve Gonzague Dionne, Mme
Joseph Chénard, Mme Magloire Chénard, Mme Ferdinand Parent, M. et Mme
Michel Côté de Saint-Fabien, MM. Alphonse Gagnon, Paul-Émile Gagnon, MM.
et Mmes Alphonse et Georges Bérubé, M. Louis Bérubé, M. Télesphore
D’Amours de Trois-Pistoles et une foule d’autres parents et amis dont
les noms nous échappent. »
Doc 1928C.
Décès de
Félécité Dionne
Félécité Dionne naît à l’Isle-Verte le 6 juillet 1851. Elle est la fille
de Pierre Dionne et d’Angèle Boucher qui se sont mariés le 8 août 1843.
À 17 ans, le 21 juillet 1868, elle épouse Léon Vaillancourt, 23 ans, à
Saint-Mathieu-de-Rioux. Le couple a 17 enfants. Elle décède le 25
septembre 1928 à l’âge de 77 ans. Elle était veuve depuis 17 ans.
Dans son édition du 2 novembre 1928, le
Progrès du Golfe fait un
compte-rendu de ses funérailles. Voici le texte :
« Une foule imposante a rendu un dernier hommage à Mme (Vve) Léon
Vaillancourt dont les obsèques ont eu lieu en l'église paroissiale de
Saint-Mathieu ces jours derniers. Le service fut chanté par le Rév. D.
S. Giguère, curé de la paroisse. L’église pour la circonstance était
revêtue de ses plus riches tentures de deuil.
Le corps était porté par MM. Félix, Antoine, Charles, Eugène et Ernest
(Vaillancourt), fils du défunt, et son gendre M. Henri Côté. Portait la
croix, son petit-fils M. Albert Côté.
Conduisaient le deuil : M. et Mme Ernest Dionne ; M. et Mme Henri Côté,
de Beaupré ; M. et Mme Jos Audet, d’Amqui ; M. et Mme Alphonse Côté, de
l’Isle-Verte ; M. et Mme Ferdinand Côté, de Bic ; M. et Mme Félix
Vaillancourt, M. et Mme Charles Vaillancourt, de Ste-Françoise ; M. et
Mme Eugène Vaillancourt, de Québec ; Mme Alphonse Rousseau, de Québec ;
Mme Jean-Baptiste et Pierre Dionne ; M. et Mme Xavier Dionne, d'Amqui ;
M. et Mme Émile Gauvin, de St-Simon ; M. et Mme Louis et Georges Bérubé,
de St-Arsène.
M. et Mme Félix, Désiré et Onésime Dionne, M. et Mme Wilfrid Desjardins,
de Cacouna ; M. et Mme Jean Vaillancourt, MM. Louis, Omer, Roland, Réal
et Adrien Dionne, M. Omer Rousseau, de Québec ; M. Edmond Côté, de
Beaupré ; M. Félix Vaillancourt de Québec ; M. Omer Vaillancourt de
Rivière-du-Loup ; M. Eugène Audet, de Trois-Pistoles.
M. Ls-Philippe Lavoie, de Bic ; M. Aubert Côté, de Bic ; M. Léo
Vaillancourt, M. Félix Ouellet, M. Albert Vaillancourt, Mlles
Rose-Aimée, Elmina, Valentine et Alberta Dionne, Mlle Yvonne Audet, de
Trois-Pistoles ; Mlle Maria Côté, de Beaupré ; Mlle Ida Côté, de
l’Isle-Verte ; Mlles Émilienne, Bertha et Simone Vaillancourt, Mlle
Germaine Audet, d’Amqui ; M. M. L. D’Amours et une foule d’autres
personnes dont les noms nous échappent. »
Doc 1929. Nouvelles de la paroisse
Dans son édition du 26 décembre 1929, l’Action
Catholique, quotidien de Québec, livre des nouvelles concernant
Saint-Mathieu-de-Rioux.
L’Immaculée-Conception
Cette fête a été célébrée ici
avec tout l’éclat possible. Les Enfants de Marie ont tenu à l'honneur de
décorer l’autel de la Ste-Vierge afin de mieux souligner leur fête
patronale. Pendant la messe, la quête a été faite par Mesdemoiselles
Rose-Aimée Dionne et Marie-Laure Théberge. Plusieurs cantiques
appropriés furent très bien rendus à cette occasion.
Mariage
Le 27 novembre, M. Arthur
Gaudreau, cultivateur de cette paroisse, fils de M. Philéas Gaudreau
épousait Mlle Marie-Ange Ouellet, fille de M. Joseph Ouellet, également
de cette paroisse.
Baptême
Le 21 novembre, M. et Mme
Joseph-Luc Beaulieu, née Yvonne Lagacé, une fille sous le prénom
d’Agathe. Parrain et marraine M. et Mme Camille Lagacé.
Départ
À la fin de novembre, M.
Joseph Paradis, rentier, nous quittait pour aller résider à Montréal
chez ses parents.
Élevage de la volaille
Dimanche, le 15 décembre, en
notre salle publique, M. Mercier aviculteur du district nous a donné une
très intéressante causerie sur ce qui concerne l’élevage de la volaille.
Monsieur Gauthier, agronome, a vivement intéressé les cultivateurs en
leur donnant des renseignements sur l’utilité des engrais chimiques.
Absence
M. Alfred Belzile s’est
absenté quelques jours pour assister aux funérailles de son frère M.
Fénelon Belzile de Saint-Octave, Matane.
Doc 1930.
Nouvelles de la paroisse
Le
journal l’Action catholique du 18 octobre 1930 publie des
nouvelles sur Saint-Mathieu-de-Rioux. Les voici :
Mariages
Le
10 septembre, en notre église paroissiale, fut béni le mariage de M.
Raoul Lévesque, banquier d’assurances de Montmagny, fils de feu Elzéar
Lévesque, et de Mlle Rose-Aimée Dionne, fille de M. et Mme Ernest
Dionne.
Le
même jour, fut béni le mariage de M. Omer Dionne, industriel de cette
paroisse, fils de M. et Mme Ernest Dionne, et de Mlle Cécile Ouellet,
fille de M. et Mme Joseph Ouellet, également de cette paroisse. Les
mariés partirent ensuite pour un voyage à Montréal.
Va-et-vient
- Vers la mi-septembre, M. Paul-Hubert, inspecteur du district,
visitait les écoles de notre paroisse.
- M. le curé et un certain nombre de la paroisse se sont rendus à
St-Simon le 18 septembre pour assister aux funérailles de feu M.
Théophile Thibault.
- M. et Mme Xavier Dionne d’Amqui sont chez leurs parents M. J.
Dionne.
- MM. et Mmes Noël Fournier, Philias Fortin, Joseph Bélanger, de
St-Fabien visitaient des parents dernièrement.
- Mlle Marie-Laure Théberge a passé quelques jours à Québec.
- M. Antoine Dionne est de passage à Rimouski.
- Mlle Marie-Laure Lagacé est de retour d’une huitaine à
Rivière-du-Loup chez des parents.
- M. le notaire C. D’Anjou de Rimouski était de passage ici le 20
septembre par affaire.
- M. et Mme Albert Dionne sont partis pour demeurer à Montréal.
Funérailles
Le
22 septembre en l’église paroissiale fut célébré le service de feu Aglaé
Boucher, épouse de M. Pascal Gaudreault.
Les récoltes
Les récoltes sont en partie terminées. Les cultivateurs en sont très
optimistes car elles sont abondantes.
Doc 1931.
Décès de
Charles D’Auteuil
Dans son édition du 28 février
1931, le journal Le Soleil nous apprend le décès de Charles
D’Auteuil, un paroissien de Saint-Mathieu-de-Rioux.
« À Saint-Mathieu de Rimouski,
le 10 février, est décédé à l'âge de 58 ans Charles D’Auteuil, époux de
feu Émélia Dionne, après une longue maladie très douloureuse soufferte
avec une grande résignation.
Il était le fils de feu Thomas
D’Auteuil et de feu Séraphine Théberge. Il laisse dans le deuil cinq
fils, Philippe, Jean-Marie, Eugène, Vézina et Romain, et trois filles,
Rosanna, Marie-Ange et Hélène, tous de Saint-Mathieu, deux frères, M.
Auguste D’Auteuil de New-Bedford, Mass., et Adélard, de Saint-Mathieu,
deux sœurs, Mmes Augustin Thibault (Rose-Anna) de Baie-des-Sables et Vve
Pierre Samson (Clémentine) de Saint-Grégoire de Montmorency, et une
foule de neveux et nièces.
Son service et sa sépulture
ont eu lieu le 12 dans l'église de la paroisse, au milieu d’un nombre
considérable de parents et d’amis venus de toutes parts de la paroisse,
ainsi que de Saint-Simon et de Saint-Fabien, pour rendre un dernier
hommage au regretté
disparu. » (Fin du texte cité)
Charles
D’Auteuil est né le 10 février 1873 à Saint-Mathieu-de-Rioux. Il a
épousé Émélia Dionne le 11 juillet 1905. Émélia Dionne est la fille de
Ludger Dionne et de Marie Lemay. Elle est née à Saint-Jean-de-Dieu le 20
juillet 1876. Elle est décédée à Saint-Mathieu-de-Rioux le 27 décembre
1924 à l’âge de 48 ans.
L’une des filles du couple,
Hélène, est devenue religieuse de la Charité de Québec le 15 août 1938
sous le nom de sœur Saint-Jean-Claude. Elle est née le 5 octobre 1918
pendant la pandémie de la grippe espagnole
L’une des petites-filles du couple, Fernande, une fille d’Eugène
D’Auteuil et d’Aurore Plourde a aussi opté pour la vie religieuse. Elle
est née le 5 octobre 1936. Elle est entrée chez les sœurs de la Charité
de Québec le 15 août 1957. Son nom en religion est sœur
Sainte-Fernande-de-Jésus.
Doc 1932A.
Funérailles de
Pierre D’Auteuil
Dans son édition du 16
décembre 1932, le journal La Presse livre un compte-rendu des
funérailles de Pierre D’Auteuil de Saint-Mathieu-de-Rioux :
« Ces jours derniers ont eu
lieu les funérailles de M. Pierre D’Auteuil, décédé à l’âge de 22 ans.
La levée du corps fut faite par le curé Joseph Gauvin et le service
chanté par l’abbé D’Auteuil, cousin du défunt, assisté des abbés Saindon
et J. Gauvin, comme diacre et sous-diacre.
Les chorales de Saint-Mathieu
et Saint-Simon exécutèrent la messe grégorienne. Mlle Alberta Dionne
touchait l’orgue. Les porteurs étaient les beaux-frères du défunt M. Léo
Théberge et Henri Vaillancourt, son cousin, M. J. Marie D’Auteuil et MM.
Albert Vaillancourt, Louis et Roland Dionne. Son frère Maurice portait
la croix. MM. Félix Ouellet et Réal Dionne portaient les couronnes de
fleurs.
Conduisaient le deuil : le
père du défunt, M. Adélard D’Auteuil, ses sœurs Mmes Léo Théberge, Henri
Vaillancourt, Rose, Albina, Ida et Ernestine, M. Noël Girouard, M. et
Mme Philias Gaudreau, Mme Vve Jean-T. Lagacé. M. et Mme Émile Théberge.
M. Ernest Jean, MM. et Mmes Ambroise Girouard, Octave Girouard, Edmond
Jean, R.-Anna, Ange et Romain D’Auteuil, Mlles Germaine, Elmire et Odile
Jean, Lucienne, Ange, Candide et Gabrielle Théberge, MM. Georges et
Maurice Théberge, les familles Jérémie Jean, Jean, de Saint-Mathieu, M.
Noël Théberge, Mlle Clémentine Théberge, MM. et Mmes Louis Mercier, Jean
Théberge, Joseph Théberge, MM. Adélard et Noël Théberge de Saint-Simon,
Mme Cyrille Saint-Laurent, de Sault-Montmorency.
Dans le cortège on remarquait
MM. X. Poitras de Rimouski, Cyrille et Thomas Thibault, Ignace Gagné,
Jos. Nicole, Magloire D’Anjou, Albert et Armand Thibault, Michel Bérubé
et J. Gagné, de Saint-Simon, Émile Ouellet, Antoine Dionne, J. Gauvin,
Ernest Dionne, M. et Mme Belzile, MM. Félix Vaillancourt, Félix, Omer et
Désiré Dionne, etc.
Doc 1932B.
Deux premières
messes
Dans son édition du 12 juillet 1932, le quotidien
La Presse informe que deux premières messes ont été célébrées
à
Saint-Mathieu-de-Rioux. Voici le texte :
«
Les abbés Roland Belzile et Stanislas Gauvin ont chanté le même jour
leur première messe dans notre paroisse. L'abbé R. Belzile était assisté
par ses cousins MM les abbés Médard Belzile, Lazare et X. Lebel, et ses
quatre frères Eugène, Albert, Georges et Fénelon. L'abbé Hilaire
Desmeules dirigeait les cérémonies. L'abbé Stanislas Gauvin était
assisté par trois frères. MM. les abbés Joseph Gauvin, curé de
Saint-Mathieu, Jean-Baptiste Gauvin et André-Albert Gauvin.
Dans le chœur, on remarquait
les chanoines Hermel Tremblay et Eugène Pelletier, les abbés Georges
Gauvin, Wilfrid Dionne, Louis-D. D’Auteuil, J.–H. Charest, Jean Ross,
Charles Pelletier, L.-J. Lavoie, Hermel Pelletier, P. Lafrance, Grégoire
Rioux, C.-E. Parent et Laurent Lavoie.
L’abbé Philippe Anctil
dirigeait la chorale et l'abbé Gilbert Lindsay touchait l'orgue. Le
sermon fut prononcé par l’abbé Georges Dionne, professeur au Séminaire
de Rimouski. » (Fin du texte cité)
Roland Belzile est né à
Saint-Mathieu le 1er juin 1906. Il est le fils d’Alfred
Belzile, beurrier, et d’Eugénie Lebel. Il fait ses études classiques au
Séminaire de Rimouski et sa théologie au Grand Séminaire de la même
ville. Il est ordonné prêtre par Mgr Georges Courchesne le 26 juin 1932.
Il est nommé vicaire à Lac-au-Saumon.
Stanislas Gauvin est né à
Sacré-Cœur le 21 septembre 1906. Il est le fils de Joseph Gauvin,
cultivateur, et de Christine Gagnon. Il fait ses études classiques au
Séminaire de Rimouski et en partie sa théologie au Séminaire des
Missions-Étrangères de Pont-Viau. Il est ordonné prêtre par Mgr Georges
Courchesne le 26 juin 1932. Il est nommé vicaire à Cabano.
Au moment de son ordination,
l’abbé Stanislas Gauvin demeure au presbytère chez son frère le curé de
Saint-Mathieu. Il a été curé de cette paroisse de 1971 à 1973. C’était
quand même assez rare qu’un prêtre devienne curé de la paroisse où il a
dit sa première messe.
Doc 1932C. Nouvelles de la paroisse
En 1932, le journal La Presse donne des nouvelles de
Saint-Mathieu-de-Rioux à deux occasions :
1. La Presse, 23 juillet 1932
- Ces jours derniers étaient chantées en notre église les premières
messes de MM. les abbés Roland Belzile et Stanislas Gauvin.
- Ces jours derniers en l'église de Saint-Mathieu, a été célébré le
mariage de Mlle Germaine D'Auteuil, fille de M. Adélard D’Auteuil, avec
M. Henri Vaillancourt, fils de M. Félix Vaillancourt. La bénédiction
nuptiale leur fut donnée par M. l’abbé Stanislas Gauvin. Après la
cérémonie, une réception eut lieu chez Adélard D’Auteuil, après quoi,
les nouveaux époux partirent en voyage pour le tour de la Gaspésie.
- Parmi nos collégiens de retour dans leurs familles, citons : M.
Paul-Émile Ouellet, du Séminaire de Rimouski. M. Adrien Dionne, du
collège de Montmagny et M. Amédée Chouinard, de Sainte-Anne de la
Pocatière.
- M. J.-Bte Rioux de Montréal, étudiant au collège Bourget de Rigaud,
vient passer ses vacances chez son oncle M. Ernest Dionne.
- MM. C.-Eugène Belzile et Omer Clavette, d’Edmundston, N.-B., étaient
de passage ici ces jours derniers.
- M. et Mme Ernest Dionne, leur garçon Louis-Philippe, ainsi que leurs
filles Valentine et Bertha sont de retour de voyage à Québec, Montmagny
et Edmundston, N-B.
- M. et Mme Armand Ouellet, de Berlin, sont actuellement en promenade
ici chez des parents.
- M. et Mme Hilaire Ouellet, de Saint-Fabien, étaient ici ces jours
derniers.
2.
La Presse, 3 décembre 1932
Ces jours derniers ont eu lieu
les funérailles de M. Honoré Chouinard, décédé à l'âge de 62 ans. Le
service fut chanté par le curé Joseph Gauvin, assisté comme diacre et
sous-diacre des abbés Charest et Anctil, curé et vicaire de Saint-Simon.
Les porteurs étaient MM. Thomas Lagacé, Édouard Ouellet, Ernest Dionne,
de Saint-Mathieu et Gonzague Lévesque de Rivière-du-Loup.
M.
Ferdinand Lagacé de Trois-Pistoles portait la croix. Dans le cortège, on
remarquait l’épouse du défunt (Marie-Caroline Lagacé), son fils Amédée,
ses sœurs, Mmes Napoléon Fournier et Édouard Ouellet, ses beaux-frères
et sa belle-sœur, M. et Mme Ferdinand Lagacé et M. Thomas Lagacé, ses
neveux et nièces, MM. et Mmes Joseph Lagacé, Joseph-Luc Beaulieu,
Paul-Émile Beaulieu, Camille, Laure et Géorgienne Lagacé, François, Anna
et Emma Fournier, etc.
Note. Amédée Chouinard, le fils d’Honoré, est ordonné prêtre pour les
Dominicains le 20 décembre 1936. Il décède le 16 janvier 1954.
Doc 1935. Décès d’Adélard D’Auteuil
Dans son
édition du 3 juillet 1935, le Soleil fait un compte-rendu des
funérailles d’Adélard D’Auteuil, un paroissien de
Saint-Mathieu-de-Rioux.
« Le 6 juin, s’éteignait pieusement dans le Seigneur, après une
longue maladie soufferte avec résignation, M. Adélard D’Auteuil, époux
d’Elmire Gaudreau, à l’âge de 52 ans. C’était un époux exemplaire, un
père chrétien, charitable et dévoué. Aussi sa disparition est-elle
unanimement regrettée.
Ses funérailles eurent lieu lundi, le 10, à 8 heures. De nombreux
parents et amis de l’extérieur et de la paroisse avaient tenu à
témoigner à la famille leurs sincères sympathies en y assistant.
M. l’abbé Louis-David D’Auteuil, cousin du défunt, fit la levée du
corps. Le service a été chanté par M. l’abbé Joseph Gauvin, curé de la
paroisse, assisté du révérend Père R. Nicole et de M. l’abbé A.
Couillard, comme diacre et sous-diacre. Au chœur, on remarquait M.
l’abbé Louis-David D’Auteuil, curé du Sacré-Cœur.
Lorsque le cortège funèbre laissa la maison mortuaire, le deuil
était conduit par
• ses enfants et gendres, son fils M. Maurice D’Auteuil, M. et Mme
Léo Théberge (Lucie), M. et Mme Henri Vaillancourt (Germaine), Mlles
Rose D’Auteuil, Albina, Ida et Ernestine D’Auteuil, son frère M. Auguste
D’Auteuil, de New-Bedford, son beau-frère et sa belle-sœur, M. et Mme
Philéas Gaudreau de Saint-Mathieu, Mme Wilfrid Gaudreau de Val
Saint-Michel.
• ses neveux et nièces, M. et Mme Eugène D’Auteuil, MM. Jean et
Romain D’Auteuil, M. et Mme Ambroise Girouard, M. et Mme Octave Girouard
de Saint-Mathieu, Mlle Béatrice Samson, Mme Joseph Fournier (Rose-Anna
Samson) de Saint-Grégoire de Montmorency, Mlle Odile Jean, M. Omer Jean,
Donat, Gérard, Paul Jean, de Saint-Mathieu, M. et Mme Louis Mercier, de
Saint-Siméon.
• ses cousins et cousines, M. et Mme Eugène Vaillancourt, de
Québec, M. et Mme Noël Théberge, M. et Mme Louis-Philippe Théberge, M.
et Mme Joseph Gaudreau, M. Michel Jean, de Saint-Fabien, M. et Mme
Alphonse Gagnon, de Saint-Valérien, M. Marcellin Théberge, M. et Mme
Jean Théberge, M. et Mme Arthur Lavoie, de Saint-Simon, M. et Mme
Adélard D’Auteuil, M. et Mme Édouard Ouellet, M. Télesphore D’Auteuil,
de Sainte-Françoise, Mlle Laurette Vaillancourt, de Québec.
Une foule considérable assistait aux obsèques. » |
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Doc 1936. Décès d’Édouard Ouellet
Le Soleil
du 24 août 1936 nous apprend le décès d’Édouard Ouellet survenu à
Sainte-Françoise. Voici ce texte :
« Jeudi 20 août, eurent lieu les funérailles de M. Édouard Ouellet,
époux d’Anna D’Auteuil, décédé à sa résidence, à l’âge de 53 ans et 10
mois. À peine arrivé de l'hôpital de Sherbrooke la veille seulement, il
a fallu dire un adieu suprême à sa famille inconsolable.
Les porteurs étaient MM. Adélard Ouellet, Hermel Ouellet, Ludger
Ouellet, Trefflé Ouellet, ses frères, tous de Saint-Mathieu. La croix
(était portée par) Jos. Desjardins, de Cabano, son beau-frère.
Conduisaient le deuil, son père M. Édouard Ouellet et la famille de M.
Télesphore D’Auteuil, Mme Alfred Drapeau, de St-Jean-de-Dieu. M. et Mme
Charles Ouellet, de Saint-Mathieu, MM. Omer et Réal Ouellet de
Saint-Mathieu. »
Voici quelques renseignements supplémentaires :
Édouard Jr Ouellet est le fils d’Édouard Ouellet et de Rosalie
Chouinard. Il est né le 7 novembre 1883. Il a épousé successivement
Mirza Bélanger le 26 février 1906 à Saint-Mathieu et Anna D’Auteuil le
12 septembre 1916 à Sainte-Françoise.
Édouard Ouellet et Rosalie Chouinard se sont mariés le 1er
juin 1880 à Saint-Mathieu. Ils ont eu 16 enfants. Édouard est décédé le
16 novembre 1951 à l’âge de 93 ans et 6 mois. Son épouse est décédée le
19 octobre 1938 à l’âge de 75 ans, tous deux à Saint-Mathieu.
Quatre des enfants du couple Ouellet/Chouinard se sont mariés aux
États-Unis.
1. Adélard, né le 14 avril 1881, épouse Emma Ouellet le 8 mai 1904 à
Newmarket au New Hampshire.
2. Arthur, né le 27 septembre 1882, épouse Elmina Durette le 7 février
1910 au même endroit.
3. Délima, née le 5 septembre 1889, épouse Charles Ouellet le 10 mai
1909 à Lowell au Massachusetts.
4. Jean Armand, né le 27 juin 1906, épouse Amanda Roy le 8 septembre
1930 à Berlin au New Hampshire.
Omer et Réal Ouellet sont les fils d’Adélard.
Doc 1937A.
Napoléon Fournier
Le 30 juillet 1937, le Progrès du
Golfe faisait un compte-rendu des funérailles de Napoléon Fournier
décédé le 18 juillet 1937 à Saint-Mathieu-de-Rioux. Voici une partie de
ce compte-rendu :
« Le 22 juillet, avaient lieu en l’église de Saint-Mathieu les
funérailles de M. Napoléon Fournier, époux de Délima Chouinard, décédé à
l’âge de 87 ans et 3 mois. Le défunt laisse 5 fils : Hermel,
Charles-Eusèbe, François, Alexis et Édouard, 3 filles, Loyola Buteau
(Alphéda), Rose-Anne et Emma Fournier.
Un long cortège accompagnait la dépouille mortelle à la demeure du
vénérable vieillard qui donna l'exemple de toutes les vertus. Les
funérailles ont eu lieu avec grande pompe. L’église avait revêtu ses
plus beaux ornements de deuil. Elle était remplie d'une foule de parents
et d’amis offrant au cher défunt l'obole de leurs prières. La levée du
corps a été faite par M. l'abbé Charles Pelletier, curé, qui chanta le
service, assisté de diacres.
En tête du cortège, venait M. Charles Boulanger qui portait la croix.
MM. Arthur Boulanger, Jos. Bélanger de Berlin (N. H.), Philippe
Fournier, de St-Simon, et Paul Parent, de Saint-Mathieu, portaient le
cercueil. Le deuil était conduit par ses enfants : MM. François Fournier
de Saint-Mathieu, Édouard Fournier, de Berlin, Mlle Rose-Anne Fournier,
de Saint-Mathieu, M. et Mme Hermel Fournier, de Saint-Mathieu, M. et Mme
Charles-Eusèbe Fournier, de St-Léon le Grand, Mme Loyola Buteau
(Alphéda), de Québec, M. et Mme Alexis Fournier, de Saint-Mathieu.
(Lui survivent) MM. Hermel, Rosario, Léonard, Mathieu, Donat, Fabien
Fournier, Mlles Évelyne, Germaine, Irène Fournier, de Saint-Mathieu, M.
Gérard Fournier, Mlle Jeannette Fournier, de St-Léon le Grand, M.
Rosaire Fournier, Mlle Gemma Fournier de Bic, M. Roland Buteau, de
Québec.
Son beau-frère et ses belles-sœurs : M. et Mme Édouard Ouellet, Mme
Honoré Chouinard de Saint-Mathieu, ses neveux et nièces : Mme Alfred
Tremblay, Rimouski, M. et Mme Adélard Ouellet, M. et Mme Charles
Ouellet, M. et Mme Ludger Ouellet, M. et Mme Trefflé Ouellet, de
Saint-Mathieu, Mme Gonzague Lévesque, de Rivière-du-Loup. »
Suivent une cinquantaine de noms d’autres parents et de personnes
présentes.
Napoléon Fournier naît en 1850. Il est le fils de Jean-Baptiste Fournier
et d’Hortense Lavoie qui se sont mariés à Trois-Pistoles le 8 juillet
1844. Le 24 avril 1888, il épouse Délima Chouinard. Celle-ci décède le 4
février 1939 à l’âge de 79 ans. Le couple Fournier-Chouinard a eu 10
enfants.
Doc 1937B.
Nouvelles de la paroisse
En cette fin d’année 1937, le Progrès du Golfe, un hebdomadaire
de Rimouski, publie des nouvelles provenant de Saint-Mathieu-de-Rioux.
26 novembre 1937
- La Compagnie Dionne & Dionne vient d'être réorganisée. M. Ernest
Dionne, le père, se retire complètement des affaires et cède ses
intérêts à ses fils MM. Louis et Réal Dionne, qui deviennent les
coassociés de M. Félix Dionne. M. Félix Dionne devient président et
gérant de la compagnie. La Compagnie Dionne, en plus d'exploiter une
scierie, se spécialise dans la confection et la vente des boites pour le
beurre et le fromage. La Compagnie Dionne commencera ses chantiers
immédiatement. L’usine pour la confection des boites est fermée pour
jusqu'à la fin de mars.
- Mlle Rose-Anna Fournier, institutrice, vient de recevoir une prime
pour succès dans l’enseignement.
- Mlle Marie-Claire Paradis, institutrice à l'école de l'église, vient
d'obtenir également une prime pour succès.
- Le dernier recensement de la paroisse de Saint-Mathieu a été comme
suit : population : 952, communiants : 704, familles : 135.
- M. Charles Vaillancourt, époux de Marianne Albert, de Saint-Mathieu,
est décédé subitement à l’hôpital Saint-Sacrement de Québec le 22
novembre.
10 décembre 1937
- Mlle Jeanne Ouellet, fille de Madame Joseph Ouellet, est entrée à
l’hôpital de Rimouski, hier pour y subir une opération pour
l'appendicite.
- Mlle Candide Théberge, fille de M. et Madame Émile Théberge, a dû être
transportée d'urgence dans la nuit du 6 décembre à l'hôpital de
Rivière-du-Loup, où elle a subi une opération pour l’appendicite.
- Mlles Thérèse Boulanger et Clairina Bélanger sont allées à Rimouski
pour y suivre les exercices d’une retraite fermée.
Doc 1938A-1. État des sols
« Pour remédier au manque de fertilité des sols, les cultivateurs de
Saint-Mathieu emploient annuellement sur leurs terres une soixantaine de
tonnes d'amendements calcaires au total, quantité évidemment
insuffisante. Cette municipalité et celle de Saint-Simon, sa voisine,
sont dépourvues de lacs de marne, mais par contre elles sont assez
riches en pierre à chaux ; il serait bon de voir à y installer un
concasseur.
On n'a employé en 1938 que 70 tonnes d'engrais chimiques. On ne fait
aucunement usage des engrais de mer ; le mode d'engrais le plus à la
mode est toujours l'application du fumier de ferme dont on obtient en
général des résultats plus ou moins satisfaisants. En effet, 10
cultivateurs seulement s'astreignent à suivre certaines règles pour 1a
conservation de leur fumier de ferme.
L'état d’égouttement des terres arables n'est pas très bon à cause du
mauvais état des grandes décharges. Afin d'obtenir une amélioration en
ce sens, on a commencé certains travaux sur une longueur de 6 arpents,
mais il semble que ces travaux devraient se prolonger sur une distance
de 4 milles.
Quelques fermiers ont essayé de fertiliser les pâturages. Ces essais
furent cependant insuffisants pour donner des résultats probants.
Le trèfle s'établit sans trop de difficulté mais non pas la luzerne.
Cette dernière plante requiert tout particulièrement un sol non acide et
nous avons mentionné plus haut que les terrains de Saint-Mathieu
manquent d'amendements calcaires. » Extrait du rapport intitulé
Inventaire des ressources naturelles et industrielles du comté municipal
de Rimouski.
Doc 1938A-2. Bovins et industrie laitière
« L'élevage des bovins ne s'est pas développé ici dans les mêmes
proportions qu'à Saint-Simon. Cependant depuis 1931, le troupeau de
vaches laitières s'est enrichi de quelque 44 têtes puisqu'il se chiffre
actuellement par 730. Ce troupeau comprend une trentaine de vaches
pur-sang dont 10 Canadiennes, 15 Ayrshire et 5 Holstein ; toutes les
autres sont des bêtes croisées. On compte aussi 6 troupeaux Ayrshire, 1
Canadien, 1 Holstein et 25 croisés.
La vache Holstein donne en moyenne 8000 livres de lait ; vient ensuite
la Ayrshire avec un rendement de 7000 livres et enfin la Canadienne qui
donne environ 6000 livres. Le rendement moyen des autres vaches croisées
est d'environ 4000 livres. Le rendement moyen est donc de 4200 livres
par vache laitière dans Saint-Mathieu.
En plus du lait nécessaire à la consommation dans 1a famille, on estime
que 1/5 environ de la production totale du lait dans la municipalité
sert à la fabrication domestique du beurre ; tout le reste est porté à
la beurrerie locale.
L'industrie laitière constitue donc la principale activité de la ferme
puisque la beurrerie de Saint-Mathieu produit annuellement environ 100
000 livres de beurre et parfois au-delà, et que la vente des produits
laitiers a rapporté 300 $ par ferme en moyenne.
Les fermiers vendent aussi des bovins de boucherie. Ils ont mis sur le
marché en 1937, 150 vaches, bouvillons ou taureaux et 400 veaux d'herbe.
La vente de ces bêtes à cornes a rapporté un appoint de revenu moyen de
47 $ par famille. » Extrait du rapport intitulé Inventaire des
ressources naturelles et industrielles du comté municipal de Rimouski.
Doc 1938A-3. Travaux de la ferme
« Les activités de la ferme se poursuivent habituellement pendant
environ sept mois. Elles commencent dès la fonte des neiges, vers la fin
de mars, époque où se fait 1'entaillage des érables, et se terminent
vers la fin d'octobre ou le début de novembre avec la chute de la
première neige, époque où les cultivateurs cessent les labours
d'automne. La saison des sucres dure environ un mois.
Le travail proprement dit de tous les fermiers commence au début de mai
avec les labours du printemps. Les premiers jours de juin marquent la
venue des dernières fortes gelées du printemps. Cependant, on commence à
semer dès la mi-mai.
Vers le 20 juillet, les cultivateurs commencent à faire les foins. La
coupe du grain se fait dans la dernière quinzaine d’août. Tous les
grains en général ont le temps de mûrir complètement. Dès la fin de
septembre surviennent les premières gelées d'automne qui détruisent les
jardinages.
On estime que dans Saint-Mathieu, l’épaisseur moyenne de la couche de
neige est de 48 pouces. » (Fin du texte cité)
Doc 1938A-4. La beurrerie
« Les cultivateurs de Saint-Mathieu ont à leur disposition une beurrerie
industrielle, propriété de M. Gérard Belzile. Établie dans la
municipalité depuis 43 ans, cette industrie emploie actuellement 2
hommes et fonctionne 8 mois par année. Le lait utilisé à la beurrerie
provient de 97 patrons dont 80 de Saint-Mathieu et les autres de
Saint-Simon surtout.
La production totale pour l'année 1937 fut de 100 000 livres de beurre
environ. Le propriétaire estime que son beurre s'est vendu alors au prix
moyen de 0,265 $ la livre.
À part quelques 1000 livres vendues au détail aux consommateurs locaux,
toute la production fut écoulée sur le marché de Témiscouata.
La beurrerie semble fonctionner à la satisfaction de l’exploitant et des
cultivateurs. Le développement de cette industrie est évidemment lié au
progrès de l’industrie laitière. » Extrait du rapport intitulé
Inventaire des ressources naturelles et industrielles du comté municipal
de Rimouski.
Cette beurrerie était située sur la rue de la Beurrerie dont le nom a
été officialisé le 4 février 1982.
Doc 1938A-5. La meunerie
« Une vieille meunerie dont l'établissement dans la municipalité remonte
à au-delà de 100 ans, est actuellement exploitée par M. Alfred Bernier.
Ce dernier assure ses services aux cultivateurs pendant tout le cours de
l'année. Il a moulu en 1937 près de 215 000 livres de blé représentant
150 000 livres de farine, ainsi que 600 000 livres de moulées
alimentaires.
M. Bernier moud à commission pour les cultivateurs et garde comme
rémunération de son travail 12 % des grains qu'il reçoit. Il est parfois
payé en argent à raison de 0,15 $ du 100 livres d'avoine et de grains
mélangés et 0,25 $ du 100 livres de blé. Ce dernier mode de paiement est
plutôt rare.
Cette meunerie est la seule en exploitation dans la municipalité et son
propriétaire semble satisfait de la marche actuelle de son entreprise. »
Extrait du rapport intitulé Inventaire des ressources naturelles et
industrielles du comté municipal de Rimouski.
Cette meunerie était située au faubourg du Moulin à l’embouchure de la
Rivière-Neigette. Elle a abandonné ses activités vers 1940.
Doc 1938A-6. Impôts et contributions
« Chaque famille verse en moyenne une contribution monétaire annuelle de
30 $ pour l’entretien du culte. Cette contribution comprend la dîme,
habituellement payée en nature, la capitation, les bancs, les collectes,
etc. Les paroissiens supportent également une répartition légale de 23 $
en moyenne par famille ; cette répartition a pour but d'éteindre la
dette d'église qui s'élève encore à 15 000 $.
Quant aux taxes municipales et scolaires, elles sont respectivement de 4
$ et 12 $ en moyenne par famille.
Les occupants du sol, étant établis sur la seigneurie Nicolas-Rioux,
doivent aussi payer tous les ans une rente seigneuriale totale de 284,32
$.
En somme, chaque famille de cultivateurs doit verser annuellement
quelque 70 $ pour les impôts ou contributions de toutes sortes. Notons
que ces charges sont constituées dans une proportion de plus de 75 % par
les taxes d'église.
L'évaluation municipale représente les 2/3 de la valeur réelle. »
Extrait du rapport intitulé Inventaire des ressources naturelles et
industrielles du comté municipal de Rimouski.
J’ai été surpris d’apprendre que les habitants de Saint-Mathieu-de-Rioux
devaient payer une rente aux descendants du premier seigneur alors que
le régime seigneurial avait été aboli en 1854. Je n’ai aucune souvenance
que cela existait dans les années 1940 et 1950.
Dans le même rapport, l’auteur estime le revenu moyen du cultivateur à
687 $. Le fait de verser 70 $ en contributions faisait un trou dans le
budget de chaque famille.
Doc 1938A-7. L’artisanat
Dans les années 1930, à Saint-Mathieu-de-Rioux, l’artisanat était un
moyen de subsistance. On parlait alors d’arts domestiques qui étaient
l’apanage des femmes.
En 1938, le ministère des Affaires municipales, de l’industrie et du
Commerce a publié le rapport d’un inventaire des ressources naturelles
et industrielles (section artisanat) du comté municipal de Rimouski. On
y donnait des renseignements sur Saint-Mathieu-de-Rioux qui était alors
une paroisse de ce comté.
On apprend qu’en 1937 le Cercle des fermières de Saint-Mathieu-de-Rioux
comptait 94 membres et que ce regroupement a moyennement aidé les arts
domestiques dans cette paroisse où il y avait 136 familles et 84
cultivateurs.
On y écrit : « Saint-Mathieu est un très joli village construit sur les
bords du lac du même nom. La population, qui semble heureuse et
intelligente, s’adonne beaucoup aux arts domestiques.
Le Cercle des Fermières est devenu une section de l’U.C.F (Union
catholique des fermières) et la contribution a été baissée à 50 sous.
Les ouvrières souffrent de manque de connaissances techniques et
seraient heureuses qu’on leur donnât d’autres cours, car l’unique
qu’elles aient eu leur fut donné en 1931. (NDLR. sous l’instigation de
l’abbé Joseph Gauvin, nouveau curé de la paroisse et ancien directeur de
l’École d’agriculture de Rimouski)
Les matières premières sont la laine, le lin et le coton.
Laine
On compte 1000 moutons. La laine est cardée à Saint-Jean-de-Dieu,
l’Isle-Verte, Trois-Pistoles et Saint-Pascal. Elle revient totalement
dans la localité et suffit aux besoins. Elle sert à confectionner des
couvertures, des étoffes, des tricots, des vêtements et des tapis.
Le lin
Une dizaine de familles pratiquent encore cette culture et environ trois
acres y sont affectées. Il y a une couple d’années, certaines ouvrières
en ont acheté environ 25 livres de la Coopérative de Beaujeu (près de
Saint-Polycarpe). Elles confectionnent des essuie-mains, des serviettes
et des nappes.
Le coton
Les artisanes achètent de 500 à 900 livres de coton dans les magasins
locaux à 55 et 70 sous la livre. Les sacs d’avoine sont aussi utilisés
pour faire des catalognes, des tapis, des draps ou des couvertures de
flanelle (flanalette) et des robes.
La main d’œuvre
110 familles filent sur environ 100 rouets et une cinquantaine tissent.
Sauf 5 ou 6 qui travaillent pour des voisines, ces ouvrières s’occupent
surtout des besoins de la maison. 125 font du tricot pour la moitié de
leurs besoins.
Les produits
Sur les 125 familles qui s’adonnent à l’artisanat,
100 % font du tricot.
80 % font du tapis tressé ou crocheté.
40 % font de la catalogne.
35 % font des tissus croisés.
35 % font des étoffes pure laine.
20 % font des travaux au crochet.
20 % font de la broderie.
5 % font des tissus frappés.
4 % font de la toile.
Doc 1938A-8. Portrait des habitants
« Mouvement démographique depuis
1931
Les bornes de la paroisse religieuse sont marquées par celles de 1a
municipalité civile. La population de 1a municipalité de Saint-Mathieu
était de 858 âmes en 1931, d'après le dernier recensement fédéral. Or la
population actuelle (en 1937), d'après le chiffre fourni par
l'administration municipale, est de 1022 habitants. Il y a donc une
augmentation de 164 âmes, augmentation inférieure à celle que donnerait
l'accroissement naturel. En effet, si l'on tient compte des naissances
et des décès depuis 1931, la population actuelle serait de 1063 âmes. On
conclut qu'il y a eu une émigration nette de 41 âmes.
Occupation du sol
Avec l’aide de l'administration municipale, nous avons relevé dans
Saint-Mathieu 100 propriétaires de fermes, 45 propriétaires de lots
boisés et 5 locataires de fermes. On compte en outre une quarantaine de
propriétaires de maisons sur emplacements. Le nombre de propriétaires
domiciliés s'estime à 131 alors que celui des propriétaires non
domiciliés se chiffre par 54.
Nous avons signalé un peu plus haut une émigration de 41 âmes depuis
1931. Si les conditions économiques demeurent telles qu'elles sont
actuellement, ce mouvement d'émigration continuera à augmenter en
rapport avec l'accroissement naturel car la colonisation est arrêtée par
1es propriétés de la Brown Corporation. Cette dernière détient en effet
dans la municipalité une superficie de 10 297 arpents (8581 acres).
Cette étendue est en grande partie constituée par des terrains qui
seraient très propices à 1a culture et sur lesquels on pourrait établir
une quarantaine de familles. Il y aurait certainement lieu de considérer
l'ouverture de la colonisation des terrains cultivables détenus par la
Compagnie. Quant aux autres comprenant les terrains non cultivables et
quelques bons morceaux colonisables mais isolés, ils pourraient être
constitués en réserves forestières.
Modes de vie
La municipalité compte 96 cultivateurs qui vivent de l'exploitation de
leurs terres. Ce sont en grande partie des chefs de familles. Il y a
cependant quelques cultivateurs célibataires.
On relève une quinzaine de familles de journaliers tirant leur
subsistance surtout de l'industrie forestière (travail aux chantiers et
dans les scieries). La paroisse ne compte actuellement aucun chômeur. On
relève 8 artisans dont 4 menuisiers, 1 forgeron, 2 cordonniers et 1
boucher. Tous ces artisans possèdent un atelier dans lequel ils
travaillent pour leur propre compte.
Quatre familles vivent du commerce de détail. Dans les autres
occupations, signalons 1 camionneur et quelques petits industriels. On
relève dans Saint-Mathieu une dizaine de petites industries employant au
total près d'une centaine d'hommes pendant des périodes de temps très
variables.
Pour ce qui a trait au travail féminin, nous n'avons à signaler que six
jeunes filles employées comme institutrices. Le service domestique ne
semble pas attirer la main-d'œuvre féminine. Les jeunes filles préfèrent
en général demeurer et travailler dans leurs familles.
Notons en outre que la municipalité compte 8 rentiers. » Extrait du
rapport intitulé Inventaire des ressources naturelles et
industrielles du comté municipal de Rimouski.
Doc 1938A-9. Les produits de l’érable
« On ne relève dans tout le comté (de Rimouski) que 175 érablières dont
135 dans Saint-Simon, Saint-Mathieu et Saint-Fabien. On peut donc dire
que, sauf dans ces trois municipalités, l'industrie du sucre et du sirop
d'érable compte pour très peu dans l'économie générale du comté. La
production totale du sucre en 1937 fut de quelque 100 000 livres et
celle du sirop d'environ 2 000 gallons. Les revenus moyens des
érablières varient de 35 $ à 100 $.
Cette industrie se pratique en général d'une façon plutôt rudimentaire
car l'argent qu'elle procure sert à améliorer d'autres départements de
la ferme et, de la sorte, les exploitants ne peuvent pas moderniser
leurs procédés d'exploitation en renouvelant leur outillage. Des
produits ainsi fabriqués avec un outillage peu perfectionné ne
commandent pas un gros prix ; le sirop se vend habituellement 1,25 $ le
gallon, alors que le prix du sucre est de 0,10 $ et 0,11 $ la livre. »
Extrait du rapport intitulé Inventaire des ressources naturelles et
industrielles du comté municipal de Rimouski.
Un peu plus loin, dans le même rapport, l’auteur traite plus
spécifiquement des érablières de Saint-Mathieu. Il écrit :
« Saint-Mathieu possède 50 érablières en exploitation. Notons qu'aucune
érablière n'a été coupée (déboisée) depuis 5 ans. Cette industrie n'est
pas rémunératrice comme elle devrait l’être ici, pour la raison
principale que les exploitants manquent d'outillage.
On estime qu'en 1937 on a fabriqué à peu près 50 000 livres de sucre
dans la municipalité. Environ la moitié de cette production fut vendue
dans la région alors que l'autre moitié a servi à 1a consommation
domestique.
La vente du sucre d'érable a rapporté en moyenne 50 $ par érablière. »
(Fin du texte cité)
D’après les chiffres donnés, en 1937, Saint-Mathieu comptait près de 30
% de toutes les érablières du comté de Rimouski. Elle produisait 50 % du
sucre pour le comté. Nous avions la chance d’en avoir une sur la terre
de la famille. Elle était située au nord et jouxtait celle du
cultivateur du rang 4.
Doc 1938A-10. Culture et pâturage
En 1938, l'Office de Recherches économiques du Québec a publié le
rapport d’un inventaire des ressources naturelles et industrielles du
comté municipal de Rimouski.
J’ai tiré de ce rapport les données qui concernent l’étendue des
cultures et des pâturages dans la paroisse de Saint-Mathieu en 1937. On
y constate que 10 011 acres sont cultivées, ce qui correspond
à 40,5 kilomètres carrés. En d’autres mots, c’est comme si on
cultivait un vaste terrain de 4 kilomètres sur 10 kilomètres.
Le territoire terrestre de
Saint-Mathieu-de-Rioux est de 109,67 kilomètres carrés. C’est donc 37 %
de la superficie totale qui était cultivée.
Les pâturages, des espaces où les animaux herbivores comme les vaches se
nourrissent de plantes principalement d’herbe, couvrent la plus grande
superficie, soit 4000 acres : ce qui correspond approximativement à 16
kilomètres carrés, soit 40 % de la surface cultivée. Un kilomètre carré
équivaut à 248 acres.
Les cultures occupent 60 % de la superficie cultivée et se répartissent
ainsi :
1. Le foin (mil et trèfle) : 3761 acres
Le foin est cultivé tout l'abord en fonction de l’alimentation des
animaux : vaches, moutons, chevaux. Il est parfois vendu pour les
chantiers.
2. L’avoine : 1446 acres
Cette graminée est destinée en très grande partie à l'alimentation des
animaux surtout sous forme de mouture.
Une faible partie sert au paiement de la dîme en nature.
3. Le blé : 200 acres
Le blé est
transformé en farine pour la consommation humaine.
4. Les pommes de terre : 200 acres
Elles sont produites pour la consommation humaine et même pour les
porcs. Peu de cultivateurs en vendent à l’extérieur.
5. L’orge : 150 acres
Cette graminée est destinée en très grande partie à l'alimentation des
animaux surtout sous forme de mouture.
6.
Les grains mélangés : 129 acres
C’est un mélange de blé, d’avoine, d’orge et parfois de pois fourragers.
Les grains mélangés sont cultivés en vue de l’engraissement du bétail.
7. Les racines fourragères : 50 acres
Elles comprennent les navets, les betteraves et les choux. Elles servent
à l’alimentation du bétail laitier surtout pendant l’hiver.
8.
Le seigle : 25 acres
Le seigle est produit pour l’alimentation des animaux. Cette céréale est
cultivée surtout à Saint-Mathieu et à Saint-Simon dans le comté de
Rimouski.
9. La luzerne : 25 acres
La luzerne
est cultivée pour l'alimentation du bétail, soit à l'état frais, soit
sèche sous forme de foin.
Elle constitue pour les animaux une matière nutritive de beaucoup
supérieure au foin ordinaire.
10. Autres plantes : 25 acres
On y inclut le maïs fourrager, les fèves et les pois de même que le
sarrasin et le lin.
Les grains comme l’avoine, le blé, etc. occupaient 20 % de l’espace
cultivé. Le battage se faisait à l’automne et en hiver. La paille
servait à l’alimentation du bétail pendant l’hiver. On recommandait à
l’époque d’introduire, pendant cette saison, une portion verte avec le
foin sec pour donner plus de vigueur aux vaches. Mais, peu s’en
préoccupaient.
Doc 1938A-11. L’industrie du bois
Dans les années 1930, Saint-Mathieu était une paroisse relativement
prospère. L’industrie du bois donnait du travail à près d’une centaine
d’hommes à temps partiel ou à temps complet, sans compter des
cultivateurs qui produisaient et vendaient leur bois. Il ne faut pas
oublier qu’en 1930, Saint-Mathieu comptait 836 habitants et qu’en 1940
la population avait grimpé à 1037 habitants. En même temps, le nombre de
cultivateurs augmentait. Il se situait à 89 en 1931 et à 105 en 1941.
Dans l’industrie du bois, il y avait quatre scieries et trois ateliers
de menuiserie. Il y avait aussi l’entreprise Dionne & Dionne qui
produisait des boîtes à beurre. Le texte qui suit est tiré d’un
Inventaire des ressources
naturelles et industrielles en 1938 :
« 1. Scieries
La municipalité compte quatre scieries actuellement en exploitation.
Elles fonctionnent respectivement sous les raisons sociales de Deschênes
& Frère, Dionne & Dionne, Désiré Dionne, Victor Rousseau. Seule
l'entreprise de Deschênes & Frère, la plus importante, est de fondation
récente ; son établissement dans les limites de la municipalité date de
1933 seulement. Les autres scieries fonctionnent depuis plusieurs années
dans Saint-Mathieu, Ces différentes industries, d'après l'ordre donné
plus haut, fonctionnent respectivement 5 mois, 3 mois, 8 à 10 mois et 1
mois par année, donnant du travail à 68 hommes environ pendant des
périodes de temps variant de 1 à 8 mois. Deschênes & Frère, à eux seuls,
emploient une quarantaine d'ouvriers à leur moulin pendant la période
d'exploitation.
Le tableau suivant répartit la production totale de la municipalité, qui
est de 4 040 000 p.m.p. (pieds mesure de planche) de bois de sciage et
4 570 000 bardeaux pour l'année 1937.
PRODUCTION
Les trois industriels qui scient à commission travaillent en ce cas pour
les cultivateurs, sauf M. Désiré Dionne dont la production totale
comprend 200 000 p.m.p, de bois de sciage et 1 000 000 de bardeaux sciés
à contrat pour L. Pelletier de Saint-Fabien.
Deschênes & Frère et Dionne & Dionne ont coupé sur les réserves
forestières de la Brown Corporation tout le bois qu'ils ont scié pour
eux-mêmes. Tout le reste du bois utilisé dans les scieries de la
municipalité, soit 1 140 000 p.m.p. provient des terres des
cultivateurs.
À part le bois qui fut scié pour les cultivateurs, presque toute la
production fut vendue aux commerçants de gros de la région. Un certain
nombre de cultivateurs revendent également aux mêmes acheteurs une bonne
partie du bois qu'ils font scier à commission. La plupart cependant
l'emploient pour les constructions ou réparations sur leurs fermes. MM.
Dionne et Dionne ont utilisé 350 000 p.m.p., de leur production à leur
manufacture de boîtes à beurre.
À part le cèdre dont on fait les bardeaux, la presque totalité des bois
utilisés comprend le sapin et l'épinette. On estime qu'environ 50 000
p.m.p. de bois dur, comprenant surtout du merisier et du bouleau, furent
sciés pour les besoins des cultivateurs.
2. Ateliers de menuiserie
La municipalité possède deux ateliers de fabrication de portes et
châssis. Nous ne faisons que signaler celui de M. Charles Plourde qui
est surtout un menuisier travaillant à la journée en dehors ; il possède
depuis 13 ans une petite boutique où il fabrique de temps à autre des
portes et des châssis.
L'autre atelier, établi dans la municipalité depuis 29 ans, appartient à
M. Xavier Devost. Ce dernier travaille seul à sa boutique environ 9 mois
par année. Il achète très peu de bois. En général, les cultivateurs
apportent leur propre bois qu'ils font travailler par Monsieur Devost.
Celui-ci a fabriqué en 1937 une quinzaine de portes au prix moyen de 5 $
l'unité, et une soixantaine de châssis au prix moyen de 4 $ l'unité. Il
a aussi préparé environ 50 000 p.m.p. en moulures, plinthes, etc. M.
Devost ne travaille actuellement que pour les besoins des cultivateurs
de la localité.
On relève aussi dans Saint-Mathieu depuis 1936 une petite manufacture de
manches de haches et de gaffes, de râteaux à foin et de chaises. Cette
entreprise est exploitée par M. Amédée Dionne qui n'emploie qu'un homme
à l'occasion.
M. Dionne a fabriqué en 1937 environ 800 douzaines de manches de haches
à 1,50 $ la douzaine, 50 douzaines de manches de gaffes à 3,25 $ la
douzaine, 100 douzaines de râteaux à foin à 2,25 $ la douzaine et une
cinquantaine de chaises au prix moyen de 1,75 $ l'unité. Il a donc
atteint le chiffre d'affaires assez important de près de 1700 $.
Les manches de haches et de gaffes sont fabriqués surtout pour les
besoins des chantiers avoisinants. Quant aux râteaux et aux chaises, M.
Dionne fabrique ces articles surtout pour les besoins de la localité et
des voisines.
L'exploitant de cette entreprise prétend ne fournir que le tiers des
manches de haches utilisés dans la région. Il pourrait répondre à la
demande du marché régional en employant de la main d’œuvre ; mais il
subit, paraît-il, la concurrence des vendeurs de Rivière Blanche et
surtout de Montmagny qui viennent offrir leur produit dans la région.
3. Manufacture de boîtes
MM. Dionne & Dionne qui exploitent une scierie dont il fut question
précédemment, possèdent aussi dans la municipalité une manufacture de
boîtes à beurre et à fromage.
Établie depuis 1906 et située au centre du village, cette industrie
fonctionne annuellement pendant une centaine de jours pour la
fabrication des boîtes à beurre avec un personnel de 18 employés, et
pendant une cinquantaine de jours pour la fabrication des boîtes à
fromage avec 4 employés seulement.
En 1937, MM. Dionne ont fabriqué 98 000 boîtes à beurre et 20 000 boîtes
à fromage. Ces boîtes se sont vendues à 0,16 $ l'unité.
Tout le bois employé dans la manufacture, soit 350 000 p.m.p, provenait
de la scierie que les mêmes propriétaires exploitent dans la
municipalité.
Environ 45 000 boîtes à beurre furent vendues à des "jobbers" d'Ontario.
Tout le reste a trouvé son débouché chez les beurriers et les fromagiers
de la province.
MM. Dionne pourraient demeurer annuellement plus longtemps en
exploitation et de ce fait fabriquer davantage, mais ils subissent la
concurrence de trois compétiteurs dans la Province.
…..
Il est évident que l'industrie du bois joue un rôle assez important dans
la vie économique de Saint-Mathieu, puisqu'elle occupe près d'une
centaine d'hommes pendant des périodes de temps variant entre 1 mois et
10 mois. Il serait à souhaiter cependant que la main d'œuvre soit
toujours recrutée parmi les journaliers surtout et le moins possible
parmi les fils de cultivateurs car la ferme, au cours de ses principales
activités, a besoin de toute sa main d'œuvre à elle. » (Fin du texte
cité)
Bref, si on juge par ce document, la crise économique, qui a débuté en
1929 et qui a atteint son apogée en 1932, semble avoir eu moins d’effets
négatifs à Saint-Mathieu qu’en beaucoup d’autres centres et cela même si
l’argent y était très rare.
Doc 1938A-12. L’apiculture
En 1938, l'Office de recherches économiques du Québec a publié le
rapport d’un inventaire des ressources naturelles et industrielles du
comté municipal de Rimouski. On y retrouve notamment des renseignements
sur l’apiculture.
Il est écrit : « Il n'y a qu'un seul apiculteur dans la municipalité. Ce
dernier possède 10 ruches et son produit est naturellement vite écoulé
sur le marché local. »
Après avoir fait un appel sur la page Facebook de Ghislaine Théberge
pour connaître ce propriétaire, on m’a informé que les ruches
appartenaient à Maurice D’Auteuil sur sa terre située à l’extrémité est
du village. Voici ce que Nathalie Fournier a écrit : « Chose
certaine, un de mes proches âgé de 93 ans (son père) se souvient
parfaitement qu'il y avait des ruches (chez Maurice D’Auteuil). Le
verger de pommes était à proximité et c'était en vue, entre autres, de
favoriser la pollinisation. Et mon témoin ajoute : « J'étais jeune. Je
passais par là et je vois encore une des filles de monsieur Adélard
(père de Maurice) vêtue de sa salopette, son grand chapeau et sa
protection au visage en train de voir à ses ruches. » (Fin du texte
cité)
À cette époque, dans le comté de Rimouski, le plus important apiculteur
avait 40 ruches et il demeurait à Bic. La majorité des cultivateurs qui
se livraient à la production du miel n’avaient qu'une ruche ou deux.
Dans ces derniers cas, la production était généralement consommée dans
la famille.
Avec 10 ruches, Maurice D’Auteuil pouvait sûrement écouler une grande
partie de sa production sur le marché paroissial avec quelque bénéfice.
Doc 1938A-13. Élevage de renards
En 1938, l'Office de recherches économiques du Québec a publié le
rapport d’un inventaire des ressources naturelles et industrielles du
comté municipal de Rimouski. On y retrouve notamment des renseignements
sur l’élevage du renard.
Dans le rapport, on peut lire : « La municipalité compte 7 éleveurs
d'animaux à fourrure. Ils ont vendu en coopération à l’Île du
Prince-Édouard, en 1937, 250 peaux de renards au prix moyen de 15 $
l'unité. Cet élevage a donc apporté un appoint de revenu de 536 $ en
moyenne par éleveur. »
C’était un revenu très appréciable car, cette année-là, la vente du
sucre d'érable a rapporté en moyenne 50 $ par érablière, la vente de
porcs 165 $ par ferme et la vente des produits laitiers 300 $ par ferme.
Après avoir fait un appel sur la page Facebook de Ghislaine Théberge,
Lisette Voyer a mentionné qu’un des éleveurs était Omer Rousseau, fils
de Désiré, qui avait une terre sur la rue de la Beurrerie.
Thérèse Desjardins a indiqué que son grand-père Cyprien Desjardins du
Sud du lac s’adonnait aussi à cet élevage. Lorenzo Dionne a mentionné
que son père Désiré Dionne du faubourg du Moulin avait aussi été un
éleveur de renards.
Comme le renard est omnivore, on pouvait le nourrir, en partie, de
restes de table. Les renards vivaient généralement à l’extérieur dans
des enclos grillagés, genre broche à poule. La base devrait être enfouie
à 6 pouces dans le sol pour ne pas qu’un renard creuse un trou et
s’évade.
L’auteur du rapport écrit : « L'élevage du renard se pratique sur
au-delà de 80 fermes dans le comté de Rimouski et rapporte aux éleveurs
des revenus très variables qui sont parfois de beaucoup inférieurs aux
dépenses d'exploitation. Cette industrie se pratique à peu près
exclusivement pour la vente des fourrures. Très rares sont les renards
élevés ou vendus pour la reproduction.
Nous n'avons pas à démontrer ici combien de renardières furent une cause
de ruine complète pour un grand nombre de fermiers dans la Province. Ce
fait est connu et Rimouski n'en fut pas exempt. Cette industrie a mal
débuté parce qu'elle a été mal dirigée et le marché est aujourd'hui (en
1937) encombré par une surproduction de mauvaises fourrures. Plusieurs
causes d'échecs sont dues à une mauvaise alimentation des renards. »
Doc 1938A-14. Sociétés agricoles
En même temps que les Dionne contribuaient à la vie économique de
Saint-Mathieu-de-Rioux par la transformation du bois, les cultivateurs
de la paroisse se prenaient en mains en mettant sur pied des sociétés
agricoles. La plupart des curés qui se sont succédé ont encouragé et
même participé activement à la mise sur pied de telles sociétés.
Dès 1888, une assemblée de paroisse est convoquée pour établir une
fromagerie qui sera transformée plus tard en beurrerie. En 1898, sous
l’instigation du curé Charles-Hermel Tremblay un cercle agricole voit le
jour. En 1929, avec la collaboration du curé Delphis-Salomon Giguère et
d’Alfred Belzile, propriétaire de la beurrerie, le premier cercle de
l’UCC (Union catholique des cultivateurs) est fondé. Pour marquer cet
événement, 10 ans plus tard, une croix, dite de l’UCC, est érigée sur la
terre de Louis Parent.
En 1937, une Caisse populaire Desjardins est fondée. L’année suivante,
un Syndicat coopératif voit le jour. Ce dernier organisme permettra la
mise sur pied d’une coopérative de transformation agricole et une autre
de consommation.
Dans un rapport d’inventaire des ressources naturelles et industrielles
en 1938, l'Office de recherches économiques du Québec mentionne les
sociétés agricoles qui étaient actives à Saint-Mathieu en 1937. Les
voici :
Cercle agricole : 45 membres
Cercle de L'UCC : 135 membres
Cercle de L'UCF (Union catholique des fermières) : 93 membres
Syndicat coopératif : 25 membres
Caisse populaire : 142 membres
Cercle de jeunes éleveurs : 34 membres
L’auteur écrit aussi que plusieurs cultivateurs font aussi partie de la
Société d'agriculture du comté de Rimouski. Tous ces chiffres sont assez
impressionnants si on considère que la paroisse comptait moins de 1000
habitants.
L’auteur ajoute : « Le plus récent cercle est le Syndicat Coopératif qui
vient seulement d'être fondé cette année. Ces différents groupements,
sauf le Cercle agricole, fonctionnent très bien grâce à l’initiative de
quelques bons chefs qui doivent encore lutter cependant contre
l'ignorance, l'individualisme, l'opposition des intérêts commerciaux et
trop souvent la partisannerie politique. » (Fin du texte cité)
Cette dernière phrase montre qu’il ne fut pas toujours facile d’établir
des mouvements coopératifs à Saint-Mathieu. Il faut dire aussi que, par
leur occupation, les gens du village s’impliquaient moins dans ces
sociétés parce qu’ils se sentaient moins concernés. |
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