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Les charleries

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Ce blogue contient des souvenirs, des anecdotes, des opinions, de la fiction, des bribes d’histoire, des récréations et des documents d’archives.

Charles-É. Jean

Saint-Mathieu-de-Rioux

# 6230                      18 janvier 2022

Funérailles de Pierre D’Auteuil

Dans son édition du 16 décembre 1932, le journal La Presse livre un compte-rendu des funérailles de Pierre D’Auteuil de Saint-Mathieu-de-Rioux :

 

« Ces jours derniers ont eu lieu les funérailles de M. Pierre D’Auteuil, décédé à l’âge de 22 ans. La levée du corps fut faite par le curé Joseph Gauvin et le service chanté par l’abbé D’Auteuil, cousin du défunt, assisté des abbés Saindon et J. Gauvin, comme diacre et sous-diacre.

 

Les chorales de Saint-Mathieu et Saint-Simon exécutèrent la messe grégorienne. Mlle Alberta Dionne touchait l’orgue. Les porteurs étaient les beaux-frères du défunt M. Léo Théberge et Henri Vaillancourt, son cousin, M. J. Marie D’Auteuil et MM. Albert Vaillancourt, Louis et Roland Dionne. Son frère Maurice portait la croix. MM. Félix Ouellet et Réal Dionne portaient les couronnes de fleurs.

 

Conduisaient le deuil : le père du défunt, M. Adélard D’Auteuil, ses sœurs Mmes Léo Théberge, Henri Vaillancourt, Rose, Albina, Ida et Ernestine, M. Noël Girouard, M. et Mme Philias Gaudreau, Mme Vve Jean-T. Lagacé. M. et Mme Émile Théberge. M. Ernest Jean, MM et Mmes Ambroise Girouard, Octave Girouard, Edmond Jean, R.-Anna, Ange et Romain D’Auteuil, Mlles Germaine, Elmire et Odile Jean, Lucienne, Ange, Candide et Gabrielle Théberge, MM Georges et Maurice Théberge, les familles Jérémie Jean, Jean Jean, de Saint-Mathieu, M. Noël Théberge, Mlle Clémentine Théberge, MM. et Mmes Louis Mercier, Jean Théberge, Joseph Théberge, MM. Adélard et Noël Théberge de Saint-Simon, Mme Cyrille Saint-Laurent, de Sault-Montmorency.

 

Dans le cortège on remarquait MM. X. Poitras de Rimouski, Cyrille et Thomas Thibault, Ignace Gagné, Jos. Nicole, Magloire D’Anjou, Albert et Armand Thibault, Michel Bérubé et J. Gagné, de Saint-Simon, Émile Ouellet, Antoine Dionne, J. Gauvin, Ernest Dionne, M. et Mme Belzile, MM. Félix Vaillancourt, Félix, Omer et Désiré Dionne, etc.

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# 6215                      9 janvier 2022

La famille Auguste D’Anjou

Auguste D’Anjou est né à Rivière-Ouelle en 1849. Il est le fils de Georges D’Anjou et de Desanges Martin. Il épouse Marie-Victoire Lévesque de la même paroisse, fille de Georges Lévesque et de Marie Boucher, à Saint-Mathieu-de-Rioux le 25 août 1880.

 

Les deux conjoints ont une certaine instruction. Auguste est secrétaire-trésorier de la municipalité de Saint-Mathieu de 1881 à 1890. En 1883, il est nommé juge de paix. Il est secrétaire de la commission scolaire de 1889 à 1891. Il est responsable du bureau de poste du 1er septembre 1889 au 21 juillet 1892. Marie-Victoire, connue sous le prénom de Mary, a enseigné et sera une grande lectrice toute sa vie. Elle a une plume très efficace et très nuancée.

 

Auguste est marchand général à Saint-Mathieu et à ce titre, en 1889, il fait saisir la terre de Timothée Ouellet du cinquième rang pour dettes impayées.

 

Le 14 janvier 1890, le marchand D’Anjou annonce qu’il fait cession de ses biens. Un curateur est nommé. Le 4 mars 1890, une vente à l’encan a lieu pour écouler les produits alimentaires, le matériel de quincaillerie, les chevaux, les voitures, etc. Le terrain d’un arpent sur un demi-arpent et les bâtisses, comme la maison, le hangar, l’étable et la remise ne sont pas touchés.

 

Auguste D’Anjou cède alors ses biens immobiliers, terrain et bâtisses, à son épouse Mary Lévesque. En 1892, une poursuite est engagée par le grossiste Thibaudeau et frères de Québec. La saisie est « contre dame Marie Lévesque, épouse séparée quant aux biens par contrat de mariage d’Auguste D’Anjou, de la paroisse de Saint-Mathieu, district de Rimouski, marchande publique, et le dit Auguste D’Anjou, mis en cause pour assister et autoriser sa dite épouse. »

 

L’objet de la saisie est « un emplacement situé à Saint-Mathieu, avec maison et autres bâtisses dessus construites, étant connu et désigné sous le numéro quatre-vingts (80), du cadastre officiel pour la paroisse de Saint-Mathieu. » (Gazette officielle du Québec, 7 mai 1892).

 

Cette famille a été grandement éprouvée. Six des huit enfants nés à Saint-Mathieu sont décédés en bas âge.

• Arthur, né le 12 novembre 1882, décédé à 1 jour.

• Candide, née le 24 avril 1885, décédée à 4 ans 8 mois.

• Hectorine, née le 21 octobre 1886, décédée à 5 mois.

• Philippe Auguste, né le 18 juillet 1888, décédé à 4 mois.

• Émérence, née le 17 mars 1890, décédée à 2 mois et 4 jours.

• Paul Emmanuel, né le 26 novembre 1892 , décédé à 20 jours.

 

Aimée, l’ainée de la famille, est née le 27 juin 1881. Elle est de santé délicate. À l’aube de ses 18 ans, elle obtient son diplôme d’enseignement à Rivière-Ouelle. Elle enseigne un peu plus d’un an, puis elle entre chez les Sœurs de la Congrégation Notre-Dame en janvier 1902. Vu son état de santé, les religieuses la renvoient à la maison. Elle décède le 22 avril 1904 à l’âge de 22 ans : un autre drame qui perturbe grandement la famille. Les parents auront vu mourir sept de leurs neuf enfants.

 

Corine, la fille du couple, est née le 11 décembre 1883. Elle est de santé normale. Le 4 mai 1909, elle épouse Alfred Bélanger, un veuf ayant deux enfants. Pendant toute sa vie, elle se tient très loin de sa famille à cause du climat toxique ambiant qui est accentué par l’alcoolisme et des périodes dépressives de sa mère.

 

Presque huit ans après la naissance de son huitième enfant, le 27 décembre 1900 au Bic, Mary accouche d’un garçon qui est appelé Réal. Cet être fragile sera toute sa vie sous la férule de sa mère qui l’entraînera dans le vice. Cette histoire est racontée dans un livre de 646 pages écrit par Odette Mainville en 2011.

Dans son avant-propos, l’autrice écrit : « 
Un prêtre, Réal d'Anjou, sombre dans l'alcoolisme sous l'influence de sa mère, qui exerce sur lui un funeste empire. D'abord éconduit par la communauté franciscaine où il avait été ordonné, il est alors admis comme prêtre séculier dans le diocèse de Gaspé par monseigneur François-Xavier Ross, en 1932, et devient curé de la paroisse de Saint-Majorique.

Dans le presbytère, le curé, sa mère et son bedeau, infernal trio, s'adonnent aux pires dévergondages. Excommunié en 1936 par l'Église catholique, Réal d'Anjou devient pasteur dans l'Église presbytérienne, qui, à son tour, finira par l'évincer de ses rangs. Les frasques de ce prêtre sont si énormes et si scandaleuses que l'histoire n'a guère besoin de recourir à la fiction pour construire son intrigue. D'un charisme irrésistible partout où il passe, il séduit et trompe ; mais surtout, il entraîne à la débauche et sème la désolation. »

Voilà une histoire qui débute à Saint-Mathieu-de-Rioux et qui finit dans une déchéance totale. On peut trouver plusieurs critiques du livre sur internet. Un livre passionnant à lire.

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# 6205                      3 janvier 2022

Nouvelles de 1932

En 1932, le journal La Presse donne des nouvelles de Saint-Mathieu-de-Rioux à deux occasions :

 

1. La Presse, 23 juillet 1932

- Ces jours derniers étaient chantées en notre église les premières messes de MM. les abbés Roland Belzile et Stanislas Gauvin.

 

- Ces jours derniers en l'église de Saint- Mathieu, a été célébré le mariage de Mlle Germaine D'Auteuil, fille de M. Adélard D’Auteuil, avec M. Henri Vaillancourt, fils de M. Félix Vaillancourt. La bénédiction nuptiale leur fut donnée par M. l’abbé Stanislas Gauvin. Après la cérémonie, une réception eut lieu chez Adélard D’Auteuil, après quoi, les nouveaux époux partirent en voyage pour le tour de la Gaspésie.

 

- Parmi nos collégiens de retour dans leurs familles, citons : M Paul-Émile Ouellet, du Séminaire de Rimouski. M. Adrien Dionne, du collège de Montmagny et M. Amédée Chouinard, de Sainte-Anne de la Pocatière.

 

- M. J.-Bte Rioux de Montréal, étudiant au collège Bourget de Rigaud, vient passer sa vacance chez son oncle M. Ernest Dionne.

 

- MM. C.-Eugène Belzile et Omer Clavette, d’Edmundston, N.-B, étaient de passage ici ces jours derniers.

 

- M et Mme Ernest Dionne, leur garçon Louis-Philippe, ainsi que leurs filles Valentine et Bertha sont de retour de voyage à Québec, Montmagny et Edmundston, N-B.

 

- M. et Mme Armand Ouellet, de Berlin, sont actuellement en promenade ici chez des parents.

 

- M. et Mme Hilaire Ouellet, de Saint-Fabien, étaient ici ces jours derniers.

 

2. La Presse, 3 décembre 1932

Ces jours derniers ont eu lieu les funérailles de M. Honoré Chouinard, décédé à l'âge de 62 ans. Le service fut chanté par le curé Joseph Gauvin, assisté comme diacre et sous-diacre des abbés Charest et Anctil, curé et vicaire de Saint-Simon. Les porteurs étaient MM. Thomas Lagacé, Édouard Ouellet, Ernest Dionne, de Saint-Mathieu et Gonzague Lévesque de Rivière-du-Loup.

 

M. Ferdinand Lagacé de Trois-Pistoles portait la croix. Dans le cortège, on remarquait l’épouse du défunt (Marie-Caroline Lagacé), son fils Amédée, ses sœurs, Mmes Napoléon Fournier et Édouard Ouellet, ses beaux-frères et sa belle-sœur, M. et Mme Ferdinand Lagacé et M. Thomas Lagacé, ses neveux et nièces, MM. et Mmes Joseph Lagacé, Joseph-Luc Beaulieu, Paul-Émile Beaulieu, Camille, Laure et Géorgienne Lagacé, François, Anna et Emma Fournier, etc.

 

Note. Amédée Chouinard, le fils d’Honoré, est ordonné prêtre pour les Dominicains le 20 décembre 1936. Il décède le 16 janvier 1954.

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# 6190                      24 décembre 2021

Deux premières messes

Dans son édition du 12 juillet 1932, le quotidien La Presse informe que deux premières messes ont été célébrées à Saint-Mathieu-de-Rioux. Voici le texte :

 

« Les abbés Roland Belzile et Stanislas Gauvin ont chanté le même jour leur première messe dans notre paroisse.

 

L'abbé R. Belzile était assisté par ses cousins MM les abbés Médard Belzile, Lazare et X. Lebel, et ses quatre frères Eugène, Albert, Georges et Fénelon. L'abbé Hilaire Desmeules dirigeait les cérémonies.

 

L'abbé Stanislas Gauvin était assisté par trois frères. MM les abbés Joseph Gauvin, curé de Saint-Mathieu, Jean-Baptiste Gauvin et André-Albert Gauvin.

 

Dans le chœur, on remarquait les chanoines Hermel Tremblay et Eugène Pelletier, les abbés Georges Gauvin, Wilfrid Dionne, Louis-D. D’Auteuil, J.–H. Charest, Jean Ross, Charles Pelletier, L.-J. Lavoie, Hermel Pelletier, P. Lafrance, Grégoire Rioux, C.-E. Parent et Laurent Lavoie.

 

L’abbé Philippe Anctil dirigeait la chorale et l'abbé Gilbert Lindsay touchait l'orgue. Le sermon fut prononcé par l’abbé Georges Dionne, professeur au Séminaire de Rimouski. » (Fin du texte cité)

 

Roland Belzile est né à Saint-Mathieu le 1er juin 1906. Il est le fils d’Alfred Belzile, beurrier, et d’Eugénie Lebel. Il fait ses études classiques au Séminaire de Rimouski et sa théologie au Grand Séminaire de la même ville. Il est ordonné prêtre par Mgr Georges Courchesne le 26 juin 1932. Il est nommé vicaire à Lac-au-Saumon.

 

Stanislas Gauvin est né à Sacré-Cœur le 21 septembre 1906. Il est le fils de Joseph Gauvin, cultivateur, et de Christine Gagnon. Il fait ses études classiques au Séminaire de Rimouski et en partie sa théologie au Séminaire des Missions-Étrangères de Pont-Viau. Il est ordonné prêtre par Mgr Georges Courchesne le 26 juin 1932. Il est nommé vicaire à Cabano.

 

Au moment de son ordination, l’abbé Stanislas Gauvin demeure au presbytère chez son frère le curé de Saint-Mathieu. Il a été curé de cette paroisse de 1971 à 1973. C’était quand même assez rare qu’un prêtre devienne curé de la paroisse où il a dit sa première messe.

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# 6180                      18 décembre 2021

Nouvelles du 26 décembre 1929

Dans son édition du 26 décembre 1929, l’Action Catholique, quotidien de Québec, livre des nouvelles concernant Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

L’Immaculée-Conception

Cette fête a été célébrée ici avec tout l’éclat possible. Les Enfants de Marie ont tenu à l'honneur de décorer l’autel de la Ste-Vierge afin de mieux souligner leur fête patronale. Pendant la messe, la quête a été faite par Mesdemoiselles Rose-Aimée Dionne et Marie-Laure Théberge. Plusieurs cantiques appropriés furent très bien rendus à cette occasion.

 

Mariage

Le 27 novembre, M. Arthur Gaudreau cultivateur de cette paroisse, fils de M. Philéas Gaudreau épousait Mlle Marie-Ange Ouellet, fille de M. Joseph Ouellet, également de cette paroisse.

 

Baptême

Le 21 novembre, M. et Mme Joseph-Luc Beaulieu, née Yvonne Lagacé, une fille sous le prénom d’Agathe. Parrain et marraine M. et Mme Camille Lagacé.

 

Départ

À la fin de novembre, M. Joseph Paradis, rentier, nous quittait pour aller résider à Montréal chez ses parents.

 

Élevage de la volaille

Dimanche, le 15 décembre, en notre salle publique, M. Mercier aviculteur du district nous a donné une très intéressante causerie sur ce qui concerne l’élevage de la volaille. Monsieur Gauthier, agronome, a vivement intéressé les cultivateurs en leur donnant des renseignements sur l’utilité des engrais chimiques.

 

Absence

M. Alfred Belzile s’est absenté quelques jours pour assister aux funérailles de son frère M. Fénelon Belzile de Saint-Octave, Matane.

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# 6160                        6 décembre 2021

Décès de Louis Parent

Dans son édition du 2 novembre 1928, le journal L’Action catholique fait un compte-rendu des funérailles de Louis Parent, de Saint-Mathieu-de-Rioux et père de l’abbé Charles-Eugène Parent :

 

« Samedi le 13 octobre, ont eu lieu en l’église de Saint-Mathieu les funérailles de feu Louis Parent, décédé subitement, mercredi le 10.

 

La levée du corps fut faite par M. l’abbé D. S. Giguère, curé de la paroisse. Le service fut chanté par M. l’abbé Charles-Eugène Parent, fils du défunt, assisté de M. l’abbé Hermel Pelletier, curé de Saint-Zénon du Lac-Humqui, de M. l’abbé Fortunat Gagnon, préfet des études au Séminaire de Rimouski. Sa Grandeur Mgr Georges Courchesne présida à l’absoute. »

 

Suivent les noms de 23 prêtres dont Mgr Samuel Langis, vicaire général, les chanoines Joseph-E. Pelletier, curé de Trois-Pistoles, Hermel Tremblay, ancien curé de Saint-Mathieu et l’abbé Joseph Gauvin, directeur de l’école d’Agriculture de Rimouski.

 

« M. Louis Fournier du Bic portait la croix. Les porteurs du cercueil étaient MM. Jean Parent de Trois-Pistoles, Magloire Chénard du Bic, Joseph Parent de Sayabec, Ferdinand Parent de Saint-Éloi, tous neveux du défunt.

 

Conduisaient le deuil : ses fils Victor, Gérard, Léonard et Louis-Joseph, ses filles Mme Joseph Bérubé (Anna), Cécile, Irène, Marie-Jeanne et Germaine, son gendre Joseph Bérubé, Mme Narcisse Jean de Sayabec, sœur du défunt, Mme Georges Parent, belle-sœur du défunt, MM et Mmes Octave Bérubé, Amqui, Émile Lavoie et Ernest Pelletier, Michel Parent, MM. Philippe, Georges, Louis-Jacques, Robert et Édouard Chénard, Mme Vve Gonzague Dionne, Mme Joseph Chénard, Mme Magloire Chénard, Mme Ferdinand Parent, M. et Mme Michel Côté de Saint-Fabien, MM Alphonse Gagnon, Paul-Émile Gagnon, MM et Mmes Alphonse et Georges Bérubé, M. Louis Bérubé, M. Télesphore D’Amours de Trois-Pistoles et une foule d’autres parents et amis dont les noms nous échappent. »

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# 6140                 24 novembre 2021

Nouvelles de 1920

En 1920, le Progrès du Golfe et le journal La Presse ont publié des nouvelles sur Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

Décès de Marie-Rose Théberge

Madame Thomas Ouellet, née Marie-Rose Théberge, est décédée le 8 janvier à l’âge de 36 ans, laissant pour pleurer sa perte son mari, huit enfants, son père, sa mère, des frères et des sœurs. (Progrès du Golfe, 13 février 1920)

 

Complément. Marie-Rose Théberge est née le 15 novembre 1883. Elle est la fille d’Alfred Théberge et de Rose Rousseau. Ses enfants vivants au moment de son décès sont : Robert (né en 1907), Rodolphe (1908), Romuald (1909), Rose-Aime (1912), Ernestine (1913), Émilienne (1914), Marie-Anne (1916), François-Xavier (1917).

 

Décès d’Yvonne Théberge

La mort est venue plonger une de nos braves familles dans un deuil cruel. Le 6 juillet 1920 s’envolait vers le ciel l’âme de Mlle Yvonne Théberge, fille de M. Désiré Théberge, propriétaire de l’hôtel Victoria (à Trois-Pistoles), âgée de 12 ans et 4 mois, après une longue maladie soufferte avec résignation à la volonté de Dieu. (Le Progrès du Golfe, 23 juillet 1920)

 

Complément. Désiré Théberge est le frère de la défunte Marie-Rose. Yvonne Théberge est la nièce de Marie-Rose. Désiré et Marie-Rose ont épousé deux Ouellet de la même famille : Lucette et Thomas.

 

Mariages

- Le 27 janvier, mariage de M. Thomas Albert, de Saint-Simon, avec Mlle Aurore Ouellet, de Saint-Mathieu.

 

- Le 10 février, mariage de M. Jos. N. Ferdinand Lévesque, Trois-Rivières, avec Mlle Mathilda-Ida Lagacé.

 

- Mariage de M. Charles Eugène Jean, Saint-Mathieu, et Mlle Marie-Louise Roy de Saint-Fabien. (Progrès du Golfe, 13 février 1920)

 

Des jumelles

La Presse publie la photo ci-contre des jumelles Jeanne et Blanche, enfants de Joseph Audet et de Claire Vaillancourt de Saint-Mathieu. (La Presse, 14 août 1920)

 
Complément. Joseph Audet, marchand de métier, s’est marié à Saint-Mathieu le 11 avril 1899. Il a eu 15 enfants. Les jumelles sont nées le 2 mars 1914. Claire est la fille de Léon Vaillancourt et de Félicité Dionne.

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# 6120                 12 novembre 2021

La poste à Saint-Mathieu-de-Rioux

Le premier bureau de poste de Saint-Mathieu ouvre ses portes le 1er février 1868. C’est le premier curé de la paroisse, le révérend Antoine Chouinard, qui en est le responsable, lui qui est en fonction depuis un peu plus d’un an seulement.

 

Dans le site Bibliothèque et Archives Canada (BAC), on trouve les responsables successifs du bureau de poste de 1868 à 1971 avec la date d’entrée en fonction et celle de départ. Voici les données :

 

Nom

Entrée en fonction

Date de départ

Rév. Antoine Chouinard

1868-02-01

1870-09-23

Théophile Lévesque

1871-01-01

1889-08-05

Auguste D'Anjou

1889-09-01

1892-07-21

Pierre Talon

1892-10-01

1903-11-02

Joseph Jean

1903-12-01

1913-04-15

Désiré Théberge

1913-05-09

1919-06-19

J. Émile Ouellet

1919-08-18

1960-02-15

Adrienne Ouellet Vignola

1960-02-16

1971-04-25

Yvan Plourde

1971-04-26

 

 

Le premier bureau de poste est situé dans le presbytère. Il déménage au magasin général, puis dans la maison située à l’est du terrain de la fabrique du côté sud. Plus tard, on le trouve dans la maison située immédiatement à l’ouest de l’église au nord de  la salle paroissiale. Enfin, en 1966, un édifice est construit.

  

Un deuxième bureau de poste

Sur le même site, on peut lire que le 1er juillet 1913 un deuxième bureau de poste ouvre ses portes au Faubourg du Moulin sous le nom de Ville Réal. Ce bureau de poste a été en opération pendant presque 18 ans, ayant fermé ses portes le 31 mai 1931 à cause d’une clientèle restreinte. Voici le nom des personnes qui en ont été responsables pendant ce temps :

 

Nom

Entrée en fonction

Date de départ

Henri Côté

1913-07-01

1913-08-15

François Caron

1913-09-18

1915-10

Alphonse Bélanger

1915-10-30

1918

Arthémise Ouellet Bélanger

1918-07-03

1927-10-07

Édouard Bélanger

1927-11-22

1931-05-31

 

Le bureau de poste de Ville Réal est situé successivement au moulin à farine et au rez-de-chaussée de la maison en face de l’ancienne école no 4.

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# 6100                  30 octobre 2021

Nouvelles du 4 juillet 1913

Sous le pseudonyme de Fleur du pays, le Progrès du Golfe du 4 juillet 1913 publie des nouvelles concernant Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

Mariages

- Le 21 juin, M. Philéas Parent, cultivateur de Ste-Perpétue-de-l’Islet à Mlle Alice Jean, fille de M. Narcisse Jean de cette paroisse.

 

- Le 1er juillet, M. Cyprien Plourde, fils de Joseph Plourde, a uni sa destinée à Mlle Aurore Théberge, fille de M. Alfred Théberge, sacristain. Pour cette circonstance, l’église avait revêtu sa toilette des grandes fêtes. Il y eut du chant fait par les jeunes filles, enfants de Marie. L’orgue était tenu par M. Ernest Couillard, ecclésiastique, cousin de la mariée.

 

Travaux

Un ingénieur et quelques arpenteurs ont fait les travaux préliminaires de la passe qui relie les deux lacs et de l’embouchure de la rivière pour rendre la navigation possible jusqu’à St-Fabien. Les ouvriers se sont mis à l’œuvre ces jours-ci et les travaux sont poussés avec activité.

 

Bureau de poste

Un nouveau bureau de poste a été ouvert dans la paroisse. Le nom de ce bureau est Ville Réal. Le transport des malles partant du village à ce bureau sera fait deux fois par jour. Le contrôle a été accordé à M. Alfred Belzile. C’est une grande amélioration pour les gens du 4e et du 5e rang.

 

Décès

- Est décédé, à l’âge de 57 ans, Elzéar Bélanger, époux de dame Marie Plourde. Il a été inhumé le 9 juin dernier.

 

- Aussi vient d’être enlevé à l’affection des siens, à l’âge de 23 ans, Alfred Lévesque, étudiant au collège de St-Hyacinthe. Il était le fils d’Elzéar Lévesque, commerçant. Son service et sa sépulture ont eu lieu lundi le 23 du courant, à St-Mathieu au milieu d’un grand concours de parents et d’amis. L’église avait la parure de grand deuil. Le chant fut très réussi. Le premier cantique fut chanté par M. Ernest Couillard. Le second La cloche tinte pour les morts par M. E. Bellavance.

 

En visite

- Au presbytère, nous comptons plusieurs parents de M. le curé. C’est M. Alphonse Cayouette, marchand de Ste-Justine, avec son épouse, leur bébé et leur jeune fils Gaétan, puis Mlle Marie-Louise, sa sœur, de Ste-Claire et une de ses belles-sœurs, Mme Fénelon Cayouette de Ste-Justine.

 

- Mme Georges Parent des Trois-Pistoles était en promenade à St-Mathieu ces jours derniers.

 

Excursion

Mercredi dernier, partaient du presbytère Mlle O. Richard, tante de M. le curé, Mlle Rose-Aimée, sa sœur, et leurs hôtes pour se rendre à la grève de St-Simon, sur l’aimable invitation de M. et Mme Nicole. La plus franche gaieté n’a cessé de régner pendant tout le trajet. Au retour, tous se rendirent à la jolie résidence de M. Nicole où un excellent souper leur fut servi. Mme et Mlle Marie-Thérèse surent, avec tout le tact et la gentillesse qu’on leur connaît, faire passer d’agréables heures à leurs hôtes. On fit de la musique et du chant. Bref, les excursionnistes reprirent le chemin du presbytère de St-Mathieu emportant le souvenir de leur jolie promenade et de la cordiale réception de M. et Mme A. Nicole.

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# 6080           18 octobre 2021

Beurrerie et boîtes à beurre

Au temps de la colonisation, dès qu’une paroisse comptait suffisamment de producteurs laitiers, une beurrerie ou une fromagerie y était érigée. Antérieurement, les habitants produisaient leur propre beurre. Ils le faisaient aussi par la suite quand l’entreprise fermait en hiver.

 

Malgré la présence d’une beurrerie, certains cultivateurs avaient leur propre installation comme c’est le cas pour Jean-Baptiste Dionne de Saint-Mathieu-de-Rioux. C’est ce que nous rapporte Le Soleil dans son édition du 14 février 1907 :

 

« M. J.-Baptiste Dionne, riche cultivateur, avait pour habitude de fabriquer son beurre depuis plusieurs années. Il avait une laiterie fort bien aménagée tel que séparateur à main Alpha, malaxeur, glacière, etc. M. Dionne avait un beurre de laiterie de première classe et obtenait tous les automnes le plus haut prix.

 

Au 1er avril 1906, après une rencontre avec son ami M. Alphonse Nicole de Saint-Simon, il se décida de porter son lait à la beurrerie de M. Alfred Belzile. Comme cette beurrerie est un vrai modèle, il était confiant de l’avenir. Il a obtenu 35 $ par vache et se propose de continuer à la beurrerie. Soit dit en passant que M. Dionne a un beau troupeau de vaches et sa plus grande attention est le soin de ses vaches. »

 

Le correspondant du journal en profite pour souligner la qualité des boîtes à beurre provenant de Saint-Mathieu.

 

« Nous avons ici au milieu de notre paroisse une grande manufacture de boîtes à beurre appartenant aux MM. Dionne. Ces deux messieurs sont de vieux ouvriers d’expérience. Ils ont en partie fabriqué leurs machines eux-mêmes afin de s’assurer du bon fonctionnement. Aujourd’hui, ils peuvent sortir de cette manufacture 1000 boîtes par jour.

 

Tout dernièrement, M. Nicole recevait un rapport des commerçants d’Angleterre par l’entremise de l’importante maison qu’il représente. Il était dit que le beurre venant du district de Rimouski (1) donnait pleine et entière satisfaction et que les boîtes étaient de qualité supérieure à toutes celles antérieurement reçues. Nous devons être fiers de cette bonne note et nous encourager à faire encore mieux à l’avenir. »

 

* * * * * * *

 

(1) Selon mes recherches, la manufacture de boîtes à beurre de Saint-Mathieu était alors la seule dans le district de Rimouski.

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# 6065           9 octobre 2021

Décès de Pierre Dionne

Dans son édition du 3 avril 1909, le journal L’Action sociale nous informe du décès de Pierre Dionne de Saint-Mathieu-de-Rioux :

 

« Dimanche, le 21 mars dernier, M. Pierre Dionne, époux de feu Angèle Boucher, rendait son âme à Dieu, après une longue et douloureuse maladie, supportée avec la plus parfaite résignation. Il s’éteignit paisiblement entouré de ses enfants dans sa 88ème année. C’était un des plus anciens colons de la paroisse et sa mort a causé un deuil profond à la population toute entière car, par son excellente conduite, il avait su gagner l’estime de tous ses concitoyens.

 

Le défunt laisse pour déplorer sa perte sept enfants dont voici les noms : M. Jean Dionne, M. Jean-Baptiste Dionne, Mmes Joseph Jean et Léon Vaillancourt, ceux-ci résidant dans la paroisse, M. Louis Dionne, de Péribonka, Lac-St-Jean, M. Antoine Dionne de Oaktown, Michigan, et M. Pierre Dionne, résidant aussi aux États-Unis. En outre, il laisse à sa suite 123 petits-enfants. Il est le grand-père de M. Antoine Dionne, de la Cie Dionne & Dionne et de M. Félix Vaillancourt, gardien des lacs Cassette.

 

Ses funérailles ont eu lieu le 23 au milieu d’un nombre considérable de parents et d’amis. »

 

Pierre Dionne est né vers 1821. Il est le fils de Pierre-Antoine Dionne et d’Anastasie Martin. Il s’est marié le 8 août 1843 à l’Isle-Verte. Son épouse, Angèle Boucher, est née le 26 juin 1817 à l’Isle-Verte. Elle est la fille de Bénoni Boucher et de Félicité Grandmaison.

 

Pierre Dionne est le grand-père de deux enfants qui se sont égarés au rang 5 de Saint-Mathieu le 25 octobre 1884 : Ferdinand Dionne, 12 ans, et Philias, 8 ans. Les deux enfants sont les fils de Jean-Baptiste Dionne et de Marguerite Gaudreau mariés le 7 mai 1867 à Saint-Mathieu.

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# 6050           30 septembre 2021

Nouvelles du 11 avril 1913

Dans son édition du 11 avril 1913, le Progrès du Golfe publie des nouvelles provenant de Saint-Mathieu-de-Rioux sous la signature Fleur du pays.

 

Décès

- Le 3 mars, est décédé Paul-Émile Étienne, enfant d’Arthur Ouellet et d’Alice Bélanger.

 

- Le 30 mars, est décédée Mlle Clara Rousseau, âgée de 17 ans, fille d’Édouard Rousseau et d’Aurélie Chassé.

 

- Le 4 avril est décédé M. Joseph Plourde, à l'âge de soixante ans, époux de Victoria Lévesque. Les funérailles qui ont eu lieu le 7 avril ont été très imposantes. L’église était remplie d'une foule de parents et d'amis qui ont tenu à rendre hommage à cet homme intègre qui ne laisse que des regrets après hui. De son premier mariage, il eut deux en­fants, dont une fille vivante ; de son second mariage, il eut dix-neuf en­fants en tout 21 enfants, dont neuf sont morts. Son épouse et douze de ses enfants lui survivent.

 

- Le lendemain 8 avril, avait lieu l'inhumation de Mme Majorique Rousseau, née Geneviève Marquis. Elle est décédée après une longue maladie soufferte avec une grande résignation. Elle laisse pour pleurer sa perte un époux inconsolable et 12 enfants vivants. Deux ou trois de ses enfants sont morts en bas âge. Elle était âgée de 48 ans. Ses funérailles furent solennelles et l’assistance nombreuse. Tous ont voulu témoigner à la famille en deuil en quelle grande estime ils tenaient la défunte.

 

Ces deux personnes disparues laissent dans chaque famille douze enfants vivants : vingt-quatre orphe­lins qui regretteront longtemps, les uns leur père, et les autres, leur mère.

 

Retour

Cinq familles absentes nous sont revenues dans la paroisse. Ce sont les familles de M. Ludger Ouellet, de M. Adélard Ouellet, de M. Ernest Jean qui étaient aux États-Unis depuis deux ans. M. Alexandre Vézina, absent depuis un an est revenu dans sa maison du village. M. Arthur Ouellet a vendu sa terre et réside maintenant au village.

 

Boîtes à beurre

La manufacture de boîtes à beurre fonctionne encore. Elle a employé 21 hommes tout l'hiver. Antoine Dionne, propriétaire de cette manufacture, a acheté le moulin à scie de M. Joseph Bélanger.

 

Température

Nous sommes gratifiés d'une température idéalement capricieuse. Une journée chaude et ensoleillée nous fait croire au printemps vraiment arrivé. Le len­demain, froid, neige, vent, tempête qui nous rejette en plein hiver. Malgré cette inclémence du temps, le sucre est commencé.

 

Mariage

M. Hermel Fournier, fils de M. Napoléon Fournier, a épousé Mlle Joséphine Thériault de Saint-Fabien.

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# 6040           24 septembre 2021

Décès de dame Pierre Talon

Dans son édition de 28 octobre 1904, le journal Le Peuple nous apprend que deux citoyens de Saint-Mathieu-de-Rioux sont des descendants d’intendants de la Nouvelle-France. L’un des paroissiens est Pierre Talon dont l’ancêtre est Jean Talon, le premier intendant résident dont la gestion a été remarquable (1665-1668 et 1670-1672). L’autre est Auguste Bigot dont l’ancêtre est François Bigot, le dernier intendant dont les fraudes sont connues (1748-1760). Ces liens de parenté apparaissent dans le texte ci-après qui informe du décès d’une dame Talon de la paroisse :

 

« À St-Mathieu-de-Rioux, comté de Rimouski, est décédée le 19 courant, dame Pierre Julien Talon (née Céleste St-Laurent) à l’âge avancé de 84 ans. Elle était la fille de feu Joseph St-Laurent de Trois-Pistoles et épouse en premières noces de Joseph Bourgault du même lieu. Elle était la sœur de feu Joseph St-Laurent, pilote, et de feu Théophile St-Laurent, navigateur et marchand à Cacouna.

 

Le père Talon, âgé lui-même de plus de 80 ans, est extrêmement affligé de la perte de la compagne de sa vie. Il est l’ancien maître de poste de St-Mathieu et il a occupé cette charge pendant longtemps. Il est, nous assure-t-on, un des descendants de Jean Talon, premier intendant de la Nouvelle-France. La noblesse de ses sentiments fait croire qu’il a bien cette origine.

 

Chose singulière dans la même paroisse de St-Mathieu s’éteignait, à la fin d’août dernier, Mme Auguste Bigot dont le mari est de la même souche que le fameux intendant de ce nom. On dirait que les familles des intendants du Canada se sont donné rendez-vous pour aller vivre et mourir à St-Mathieu.

 

Les funérailles de Mme Talon ont eu lieu, samedi dernier à St-Mathieu, au milieu d’un grand concours de paroissiens de St-Mathieu, des Trois-Pistoles et des environs. » (Fin du texte cité)

 

La dame Bigot est Emma Lagacé qui est décédée le 18 août 1904 à Saint-Mathieu à l’âge de 47 ans.

 

Je n’ai pas vérifié les liens de parenté entre Pierre et Jean Talon d’une part et entre Auguste et François Bigot d’autre part. Si c’est vrai, tant mieux. Si ce n’est pas vrai, cela est amusant.

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# 6015             9 septembre 2021

Noces d’argent du curé Cayouette

Le journal L’Action sociale, un quotidien de Québec, dans son édition du 8 octobre 1910, fait un compte-rendu de la fête organisée pour souligner le 25e anniversaire de prêtrise du l’abbé J. A. Réal Cayouette, curé de la paroisse depuis 10 ans. Voici ce texte :

 

 

« Lundi le 19 septembre, c’était jour de fête à Saint-Mathieu. Le ciel était pur et le soleil d’automne brillait d’un éclat inaccoutumé. Tout dans la nature semblait s'harmoniser parfaitement avec les cœurs. C’était le 25e anniversaire de prêtrise de notre curé M. l’abbé J. A. Cayouette. Connaissant la modestie et l’humilité de notre curé qui ne voulait pas de fête publique, nous n’avons pas voulu faire résonner trop haut les échos de cette joyeuse journée mais la fête quoique privée avait revêtu un cachet de distinction et de délicatesse.

 

MM. les abbés Riou, curé du Bic, Amiot, curé de Saint-Simon, Lavoie, curé de Saint-Fabien, et M. et Mme Alphonse Nicole de Saint-Simon et beaucoup d'autres sont venus rehausser l'éclat de la fête par leur noble présence.

 

M. le curé reçut de nombreux et riches cadeaux de la part de ses parents d'Ottawa, de sa famille résidant à Sainte-Claire, de ses paroissiens et de ses amis. La joie rayonnait sur tous les fronts et on semblait heureux de témoigner quelque peu de reconnaissance à un si dévoué pasteur. Oh! … la reconnaissance, ce chant du cœur, cette fumée de l’encensoir qui sans cesse tend à s'élever vers le ciel, et que tout cœur bien né ne peut laisser gésir au fond de son âme sans ressentir le poids de l’ingratitude.

 

Le soir, il y eut réunion au presbytère où la joie et la gaieté ne furent pas épargnées grâce à l'amabilité de celui qui était l’objet de cette fête et à la courtoisie des gentilles demoiselles R. A. Cayouette et de Mlle O. Richard qui firent les honneurs de la maison de la manière la plus gracieuse. Durant la soirée, on passa des rafraîchissements qui semblaient activer davantage la conversation.

 

Le lendemain matin, il y eut une messe de circonstance. L’église était décorée avec goût. Le chant fut puissamment exécuté sous l'habile direction de notre organiste Mlle Rose-Aimée Cayouette, sœur de M. le curé.

 

Notre vénéré curé est un des pasteurs les plus zélés et les plus dévoués pour le troupeau dont il est le gardien. Ses forces physiques plus faibles que son courage et que son énergie semblent parfois défaillir sous le poids des fatigues qu'impose son ministère. Il gouverne avec sagesse et bonté et depuis les 11 ans qu’il réside au milieu de nous l’estime et la vénération vont toujours grandissants dans le cœur de ses paroissiens qui reconnaissent en lui un homme doué des plus grandes richesses intellectuelles jointes à une bonté de cœur indéfinissable.

 

La correspondante répond certainement aux sentiments des paroissiens en souhaitant à notre pasteur une bonne et longue vie et qu’il reste longtemps à la place qu’il occupe si bien. La paroisse de Saint-Mathieu contribuera à la réalisation de ce souhait par ses prières et son obéissance à son pieux pasteur. Donc à vingt-cinq ans aux noces d ’or. (1) » (Fin du texte cité)

 

Le même journal publie d’autres nouvelles ce jour-là.

 

- M. Jos. Jean, marchand, est à se faire construire une jolie résidence près de son magasin.

 

- M. le curé Thériault, de Montmartre, Saskatchewan, était en visite au presbytère la semaine dernière.

 

- Mlle Émilie Théberge, institutrice à Saint-Simon, était de passage à Saint-Mathieu dimanche dernier, en visite chez son père M. Alfred Théberge.

 

- M. Hermel Pelletier (2), fils de M. Thomas Pelletier et d’Anna Lévesque, et Charles Rioux, fils de M. Narcisse Rioux, sont partis pour le Séminaire de Rimouski. Un autre fils de M. Rioux nous quittera bientôt pour entrer à l’institut des Frères de la Croix de Jésus à Rimouski.

 

* * * * * * *

 

(1) Le curé Cayouette est décédé subitement le 12 avril 1919 dans son presbytère de Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

(2) Hermel Pelletier est né le 25 avril 1897. Il est le plus jeune d’une famille de 17 enfants. Il est le premier à être ordonné prêtre à Saint-Mathieu, le 25 juillet 1921. Il est curé de Saint-Simon pendant 25 ans. Il décède le 16 mai 1981.

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# 6000               18 juin 2021

Première messe de Mathieu et Ulric Ouellet

Le 6 février 1949, Mgr Georges Courchesne ordonnait prêtres les deux frères Mathieu et Ulric Ouellet à Rimouski. Le lendemain, ceux-ci disaient leur première messe dans leur paroisse natale, Saint-Mathieu-de-Rioux. Voici de larges extraits d’un texte paru dans le Progrès du Golfe, édition du 11 février 1949 :

 

« C’est toute une paroisse qui a chanté l’hymne de reconnaissance au Seigneur pour avoir choisi trois fils prêtres dans la famille de M. et Mme Émile Ouellet, de Saint-Mathieu.

 

Dimanche matin, en la chapelle du Séminaire, Son Excellence Mgr Georges Courchesne, archevêque de Rimouski, conférait le sacrement de l’Ordre à MM. les abbés Mathieu Ouellet et Ulric Ouellet, les deux frères, originaires de Saint-Mathieu. Le 11 octobre 1942, à Saint-Mathieu, Son Exc. Mgr Courchesne avait élevé à la prêtrise leur frère, M. l’abbé Paul-Émile Ouellet qui étudie maintenant la théologie dogmatique et morale au Collège Canadien de Rome où il séjournera deux ans.

 

Mgr l’Archevêque était assisté dimanche de M. le chanoine Louis Martin, supérieur du Séminaire, et de M. l’abbé Louis Lévesque, directeur du Grand Séminaire. Cérémoniaire : M. l’abbé Édouard Courcy, ecclésiastique. »

 

Suit une liste de 28 noms de prêtres qui occupaient le chœur.

 

« Le parrain d’ordination et le prêtre assistant de M. l’abbé Mathieu Ouellet était M. l’abbé Élie Beaulieu, son cousin ; celui de M. l’abbé Ulric Ouellet était M. l’abbé Louis-Joseph Lavoie, curé de Saint-Mathieu.

 

Le lendemain lundi, les deux jeunes prêtres célébraient leur première messe en l’église de Saint-Mathieu, que remplissait la foule. La chorale paroissiale exécuta la messe du jour et des chants de circonstance. Au prône, M. l’abbé Hermel Pelletier, curé de Saint-Simon, se fit l’interprète des paroissiens de Saint-Mathieu pour féliciter les deux nouveaux élus, les deuxième et troisième de cette même famille, et pour rendre hommage à M. et Mme Émile Ouellet qui se sont imposé de lourds sacrifices afin de répondre à l’appel du Seigneur. Il loua le ministère du prêtre et expliqua la sublime grandeur humaine et divine de la vocation sacerdotale.

 

M. l’abbé Mathieu Ouellet célébra sa première messe à l’autel majeur (Saint-Mathieu) et M. l’abbé Ulric Ouellet à l’autel de la Sainte-Vierge. C’était émouvant et l’assistance, impressionnée par le spectacle de ces deux frères célébrant en même temps leur première messe dans l’église paroissiale, priait avec une piété vraiment édifiante. »

 

Suit une liste de neuf prêtres qui assistaient les deux frères.

 

« Au premier rang de l’assistance, on remarquait les parents des abbés Ouellet, M. et Mme J.-Émile Ouellet (Célina Bérubé), leurs frères et sœurs, Sœur Saint-Edgar s. m. de l’Hôpital Sainte-Marie de Trois-Rivières, M. et Mme Gérard Ouellet (Germaine Parent), M. et Mme Raoul Vignola (Adrienne Ouellet), M. et Mme Louis Ouellet (Laura Vaillancourt), M. et Mme Adrien Ouellet (Marie Ouellet), Mlle Claire, MM. Dominique et Jacques Ouellet, leur tante Sœur Ange-Marie, s. m. »

 

Suit une liste de plus de 80 noms d’oncles et de tantes, de cousins et de cousines.

 

« À l’issue de la messe, un banquet fut servi à la maison paternelle, réunissant autour des deux nouveaux prêtres, un grand nombre de parents et d’amis, y compris tous les prêtres présents à la première messe. »

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# 5980             6 juin 2021
La fromagerie par les journaux
Dans son édition du 14 juin 1888, le journal L’Électeur annonce l’ouverture d’une fromagerie à Saint-Mathieu-de-Rioux.

 « Au mois d’avril dernier, on nous écrivait de Saint-Mathieu de Rimouski qu’une magnifique fromagerie serait bientôt établie en cette paroisse. Aujourd’hui, on nous informe qu’elle est maintenant terminée et prête à la fabrication du fromage, et que le fabricant l’a mise en opération ce matin.

 

M. Edmond Pelletier (de Rimouski), le propriétaire, a montré beaucoup d’énergie, de zèle et de courage pour l’érection de cette bâtisse qui est construite sur un très beau plan, et qui ne laisse rien à désirer sous tous les rapports pour la fabrication d’un bon fromage.

 

La direction de la fabrication est confiée à M. Louis Soucy qui a beaucoup d’expérience dans cette ligne, et qui, sans doute, donnera satisfaction à tous les patrons. Le comité nommé pour la direction de l'association est composé de membres intelligents, entre autres M. le curé, L. C. H. Tremblay, nommé président honoraire, et M. Théophile Lévesque, nommé secrétaire. Ce dernier s’est montré fort zélé et courageux pour arriver à la création de cette fabrique, et comme surveillant, il ne manquera pas d’être utile au fabricant pour la comptabilité, tant par sa capacité que par sa bonne volonté.

 

En somme, tout promet de bien marcher dans l’intérêt de la localité. » (Fin du texte cité »

 

Dans Saint-Mathieu raconte son histoire, l’auteur de ce blogue décrit comment la fromagerie a dû fermer ses portes.

 

« Le rêve du curé tourne au cauchemar quand, un an après la signature du contrat, la bisbille s’installe entre le fromager et la société. Le groupe représenté par Johnny Bérubé, époux d’Emma Vaillancourt, reproche à M. Pelletier de ne pas respecter ses engagements. Le 30 avril 1889, un mandat de comparution est adressé au propriétaire.

 

Le jugement tombe le 24 septembre. Le tribunal donne raison aux producteurs laitiers. Joseph-Edmond Pelletier va en appel et finalement se désiste. La fromagerie est saisie et mise en vente. C’est Alphonse Nicole, beurrier de Saint-Simon, qui en fait l’acquisition. L’aventure n’aura duré que 20 mois. » (Fin du texte cité »

 

Dans son édition du 22 février 1890, la Gazette officielle du Québec annonce la mise en vente de la fromagerie. Voici le texte :

« Jean alias Johnny Bérubé, de la paroisse de Saint-Mathieu, cultivateur, demandeur ; contre Joseph Edmond Pelletier, du même lieu, fromager, actuellement de Ia ville de Saint-Germain de Rimouski, défendeur, et Jules Lapointe et al., mis en cause, savoir :

 

Un emplacement sis et situé au premier rang de la paroisse de Saint- Mathieu, contenant cinquante pieds de front sur cinquante pieds de profondeur; borné au nord, au sud et à l'ouest à Vital Rousseau, et à l’est à la route – avec fromagerie et autres bâtisses dessus construites, et dépendances, formant partie du lot numéro soixante-quatorze (74), du cadastre officiel de ladite paroisse de Saint-Mathieu.

 

Pour être vendu à la porte de l'église de la paroisse de Saint-Mathieu dans le district de Rimouski, le vingt-sixième jour d'avril prochain, mil huit cent quatre-vingt-dix, à onze heures de l'avant -midi. »

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# 5955             21 mai 2021

Une histoire d’élections

Dans son édition du 29 mars 1963, le Progrès du Golfe révèle la liste des candidats officiels en vue des élections fédérales devant se tenir le 8 avril suivant. On y trouve six candidats dont trois portent le même nom : Gérard Ouellet. À l’époque au fédéral, le bulletin de vote n’indiquait pas le parti. En cas de noms identiques, le métier et le lieu de résidence étaient donnés. Voici ce que le journal raconte :

 

« La présentation officielle des candidats, le lundi 25 mars, a créé une certaine stupéfaction chez les électeurs du comté de Rimouski. Outre les candidats des quatre partis engagés dans la présente campagne, deux autres citoyens ont posé leur candidature, ce qui portait à six le nombre des candidats.

 

Mais on a vite senti un remous dans l'opinion publique quand on a appris que les deux candidats, dits indépendants, portaient également le nom du candidat officiel du Crédit Social, M. Gérard Ouellet. Les observateurs ont vu, dans cette manœuvre, une tactique pour créer de la confusion parmi les électeurs et diviser les votes.

 

Mais dès mercredi matin, Me Derome Asselin, président d'élection dans le comté de Rimouski, nous révélait qu’un candidat libéral indépendant du nom de Gérard Ouellet, journalier de St-Mathieu, s'était retiré de la lutte. Enfin, jeudi matin, Me Asselin nous confirmait qu'un autre fantôme, candidat créditiste indépendant celui-là, s'était retiré de la lutte. Ce qui laisse donc sur les rangs quatre candidats officiels dans la circonscription de Rimouski. 

 

M. Gérard Légaré, député sortant de charge, brigue à nouveau les suffrages sous l'étendard libéral. M. Raymond D'Auteuil, de Rimouski, se présente sous l'étiquette NPD. M. Fernand Dionne, de Mont-Joli, est le candidat du parti Progressiste-Conservateur. M. Gérard Ouellet (cultivateur) de St-Mathieu est, cette année encore, candidat officiel du Crédit Social. Les porte-étendards NPD et PC en sont à leur première tentative électorale. » (Fin du texte cité)

 

Outre Gérard Ouellet qui n'a pas retiré sa candidature et qui est un citoyen de Saint-Mathieu-de-Rioux, un autre candidat Fernand Dionne est natif de la même paroisse. Il est le fils de Gracia Ouellet et d’Onésime Dionne, ancien maire de Saint-Mathieu pendant 20 ans et préfet du comté de Rimouski pendant huit ans. Des quatre candidats à cette élection, Gérard Ouellet en sortit vainqueur.

 

 

Selon le document des mises en candidature, deux Gérard Ouellet résidaient à Saint-Mathieu et le troisième à Sacré-Cœur (Rimouski). Le candidat créditiste qui ne s’est pas désisté est celui du centre dans ce document qui donne le nom des personnes qui ont appuyé la candidature des trois Gérard Ouellet.

 

 

 (Les images appartiennent au Progrès du Golfe)

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# 5935             9 mai 2021

Olivier Vaillancourt et les pilules Moro

Dans son édition du 3 octobre 1908, le journal La Presse présente un paroissien de Saint-Mathieu-de-Rioux qui a eu recours à une équipe médicale pour soulager ses problèmes de santé. Le journal écrit :

 

« Aujourd’hui, nous publions le certificat de M. Olivier Vaillancourt, de Saint-Mathieu, qui attribue sa gué­rison à l’usage des Pilules Moro. Voici ce qu’il dit :

 

Depuis des mois je souffrais d’une maladie de vessie, de rétention d’urine, qu’aucun remède n’avait pu soulager. Le seul succès qu’un médecin avait pu obtenir, c’était en se servant d’un instrument. Mais l'opération était toujours à répéter, c’était ennuyeux. J’écrivis donc aux Médecins de la Compagnie Médicale Moro, je reçus d’eux une foule de bons conseils, je pris les Pilules Moro et, après deux mois de traitement, j’étais guéri. Tous mes remerciements à ces bons médecins. »

Olivier Vaillancourt, Saint-Mathieu, comté de Rimouski. »

 

Olivier Vaillancourt est né le 2 juillet 1834 à Saint-Simon. Il est le fils de Célestin Vaillancourt et de Marcelline Thibault. Il épouse Hélène Émond le 21 janvier 1861 à Saint-Simon. Comme les registres de Saint-Mathieu-de-Rioux n’étaient pas ouverts lors du mariage, on présume qu’il demeurait à Saint-Mathieu.

 

En 1878, il est propriétaire d’une terre au rang 5 et, en 1881, il est nommé syndic pour la surveillance des travaux de la construction du presbytère. En 1895, il épouse, en secondes noces, Adèle Lagacé, fille d’Amable Lagacé et de Christine Pelletier. Il décède à Saint-Mathieu le 18 mai 1914 à l’âge de 79 ans.

 

De son premier mariage, Olivier Vaillancourt a huit enfants : Démerise (née en 1862), Ferdinand (1866), Odila (1868), Emma (1870), Jean-Baptiste (1871), Amanda (1875), Émélie (1877) et Elmire.

 

Au moment où il écrit sa lettre, Olivier Vaillancourt a 74 ans.

 

D’autres personnes de Saint-Mathieu-de-Rioux ont également participé à des publicités dans les journaux.

Le curé Réal Cayouette et le vin de Carmes en 1901 (# 5245).

Édouard Rousseau et les pilules Moro en 1907 (# 5195).

Laura Théberge et les tablettes Baby’s Own en 1917 (# 5245).

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# 5915             27 avril 2021

La loi des 12 enfants vivants

En 1890, pour atténuer l’exode des québécois vers les États-Unis, le gouvernement du Québec dirigé par Honoré Mercier fait voter une loi qui vise à encourager à la fois la colonisation et la forte natalité. Cette loi accorde gratuitement un lot de 100 acres, ou de quatre arpents de front, aux parents de 12 enfants vivants et nés d’un mariage légitime.

 

La loi qui est en vigueur jusqu’en mai 1905 connaît des changements au cours de son application. Ainsi, pendant un temps, la prime de 50 $ est ajoutée au lot. En un autre temps, ceux dont le dossier est accepté peuvent choisir la prime de 50 $ au lieu du lot.

 

Sauf pour ceux qui louent leur terre ou qui la squattent, les lots octroyés sont en bois debout et sans bâtisses. Ils sont situés dans des cantons en début de colonisation. Le bénéficiaire du lot peut le céder à un fils ou à un gendre qui le veut bien et qui doit s’expatrier. Il peut même le vendre même si sa valeur marchande est au plus bas.

 

 À l’époque, selon Arthur Buies, les jeunes gens manifestent un goût de moins en moins prononcé pour le dur labeur lié au défrichement. Tout cela parce qu’ils ont été habitués à travailler sur une terre faite et avec des bâtisses. Pour cette raison, le programme du gouvernement n’a pas eu les effets escomptés.

 

J’ai trouvé la liste des 17 chefs de familles de Saint-Mathieu-de-Rioux qui se sont prévalus des dispositions de cette loi. Huit ont été bénéficiaires d’une terre et/ou de 50 $. Le lieu du lot choisi est alors indiqué. De plus, 9 ont opté pour la prime de 50 $.

 

Bénéficiaires d’une terre et/ou de 50 $ (8)

• Michel Parent et Célina Landry (15 enfants)

Une terre à Ristigouche (Bonaventure), rang 7, lot 16

 

• Cyprien Bélanger et Marie-Louise Boulanger (13 enfants)

Une terre à Armagh (Bellechasse), rang 5 nord-ouest, lot ? et prime de 50 $

 

• Sévérin Dubé et Émélie Bélanger (13 enfants)

Une terre à Armagh (Bellechasse), rang 5 sud-ouest, lot 33 et prime de 50 $

 

• Majorique Rousseau et Marie Lagacé (12 enfants)

Époux en premières noces de Desanges Vaillancourt (6 enfants)

Une terre à Ashburton (Montmagny), rang 7, lot 16 et prime de 50$

 

• François Parent et Emma Dionne (12 enfants)

Une terre à Ashburton (Montmagny), rang 7, lot 18 et prime de 50 $

 

• Pascal Gaudreau et Aglaé Boucher (13 enfants )

Une terre à Ashburton (Montmagny), rang 7, lot 20 et prime de 50 $

 

• Joseph Plourde et Victoria Levesque (19 enfants)

Une terre à Raudot (Témiscouata), rang 3, lot 47 et prime de 50 $

 

• Édouard Ouellet et Rosalie Chouinard (16 enfants)

Une terre à Raudot (Témiscouata), rang 3, lot 49 et prime de 50 $

 

Bénéficiaires de la prime de 50 $ (9)

• Thomas Bélanger et Marie-Célina Gagnon (19 enfants)

 

• Johnny Bérubé et Emma Vaillancourt (10 enfants)

Époux en premières noces d’Antoinette Gauvin (3 enfants)

 

• Jean Couturier et Adèle Lagacé

Époux en premières noces de Suzanne Bourgouin et en secondes noces d’Ursule Garon

 

• Jean-Baptiste Dionne et Aglaé Rioux (13 enfants)

 

• Jean-Baptiste Lepage et Joséphine Bérubé (15 enfants)

 

• Joseph Lagacé et Rose-Anna Ouellet (4 enfants)

Époux en premières noces de Démerise Vaillancourt (10 enfants)

 

• François Ouellet et Rose-Odila Vaillancourt (11 enfants)

Époux en premières noces de Vitaline Gravel (7 enfants)

 

• Guillaume Rousseau et Clémentine Côté (6 enfants)

Époux en premières noces de Marie-Louise Michaud (6 enfants)

 

• Majorique Rousseau et Geneviève Marquis (15 enfants)

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# 5895             15 avril 2021

Nouvelles du 26 mai 1910

Dans son édition du 26 mai 1910, le journal l’Action sociale publie des nouvelles provenant de Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

Baptêmes

- Marie Georgienne Lucienne, fille de Thomas Lagacé et de Rose Lavoie. Parrain et marraine : M. et Mme Narcisse Jean.

- M. Élise Candide, fille de Théophile Jean et d’Élise Boucher. Parrain et marraine : M. et Mme Jos. Paradis.

- Jos. Charles-Eugène, fils de Charles D’Auteuil et d’Émilia Dionne. Parrain et marraine : M. et Mme Noël Girouard.

- Charles-Eugène, fils d’Ernest Jean et de Cédulie Gaudreau. Parrain et marraine : M. et Mme Pierre Thibault.

- Jos. Ovide, fils de Gonzague Moreau et d’Adèle Lepage. Parrain et marraine : M. et Mme Honoré Chouinard.

- Jos. Pierre Adélard, fils d’Adélard D’Auteuil et d’Elmire Gaudreau. Parrain et marraine : M. et Mme Pascal Gaudreau.

- M. Louise, fille de Jérémie Jean et de Malvina Gagnon. Parrain et marraine : M. et Mme Johnny Jean.

 

Décès              

Le 19 du mois courant, eurent lieu les funérailles de Mme Élise Boucher, 41 ans, (photo ci-contre) épouse de Théophile Jean. Elle laisse pour déplorer sa perte 11 enfants dont plusieurs en bas âge. M. Théophile Jean est aussi malade depuis quelques jours. Espérons que Dieu n’éprouvera pas davantage ces chers petits en leur enlevant leur père. (Note. Parmi les baptêmes ci-avant, apparaît la fille d’Élise Boucher et de Théophile Jean.)

 

Le 22 est décédée Virginie Lévesque, épouse de Zacharie Côté. Ses funérailles auront lieu jeudi. Elle était âgée de 76 ans.

 

Première communion

Le 11 mai, M. le curé a fait faire la première communion à 28 enfants de cette paroisse.

 

Le mois de Marie

Les exercices du mois de Marie ont été bien suivis. Tous les soirs, il y eut du chant par les jeunes filles du village.

 

En promenade

Mme Vve François Ouellet, de Trois-Pistoles, ainsi que sa fille, sont en promenade chez M. François Ouellet.

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# 5870             30 mars 2021

L’incendie de 1860

En 1860, il y a déjà 30 ans que le premier arbre a été abattu à Saint-Mathieu-de-Rioux. La paroisse est érigée canoniquement depuis deux ans. Le curé de Saint-Simon est alors desservant. Il le sera jusqu’à l’arrivée du premier curé en 1866.

 

Comme tous les actes religieux et civils sont enregistrés à Saint-Simon, on ne connaît pas le nombre exact d’habitants de Saint-Mathieu en 1860. Toutefois, il est raisonnable de penser que la population y était d’au moins 650 personnes.

 

L’incendie à Saint-Épiphane

À l’été 1860, une bonne partie du Québec est touchée par des incendies majeurs. Dans son édition du 2 mars 1863, la Gazette des campagnes explique la situation vécue trois ans auparavant en présentant les causes de l’incendie à Saint-Épiphane, une paroisse près de Rivière-de-Loup.

 

« Nous sommes à l’été 1860. Pendant plusieurs semaines, un soleil ardent, une chaleur étouffante avait asséché la terre ; point de pluie depuis plus d’un mois. Le feu, allumé dans les bois voisins ou conservé dans des anciens abattis, attiré, rallumé par un fort vent d'ouest, s’est élevé tout-à-coup ; et voilà qu’il s’agrandit, s’avance, s’approche des champs ensemencés et des demeures des colons. Des efforts vigoureux, inouïs, sont faits pour arrêter l'élément destructeur. C’est en vain ! ... En quelques heures, plusieurs maisons, granges et autres bâtisses, ainsi que près de 500 minots (1) de grain ensemencé, sont devenues la proie des flammes. C’était le 7 juillet. »

 

L’incendie a pu progresser d’une paroisse voisine à l’autre. Ou encore, elle s’est déclarée dans les mêmes conditions dans d’autres paroisses.

 

L’incendie aux Trois-Pistoles

Dans son édition du 3 août 1860, le journal Le Franco-Canadien décrit les ravages causés par l’incendie aux Trois-Pistoles qui se traduisent en pertes considérables. Le correspondant écrit : « Je ne parle que pour la paroisse de Trois-Pistoles, laissant aux autres paroisses le soin de faire connaître leur misère.

Maisons incendiées : 28

Granges incendiées : 28

Grains de semence : 661 minots

Patates : 96 minots

Têtes de bétail : 43

Familles ayant perdu par le feu leurs habitations, ménages, semences et fourrages : 30

Nombre d’individus dans ces familles : 159

Familles qui n‘ont sauvé que leurs bâtisses : 17

Personnes ayant perdu par le feu une partie de leur semence et de leur fourrage : 18

 

Les bois en arrière de notre paroisse sont incendiés sur une superficie d’au moins 40 milles. Un seul enfant est mort des suites de ses brûlures, mais beaucoup d’autres ont été atteints par les flammes. Il n’y a personne de disparu. »

 

Le correspondant raconte qu’une rumeur a circulé à l’effet qu’une femme de Saint-Éloi s’est réfugiée dans un étang avec ses enfants et qu’elle était en compagnie d’un ours et d’un orignal.

 

Pour ce correspondant, l’information est fausse. Il explique ce qui, selon lui, a donné lieu à cette rumeur : « Six hommes étaient occupés dans le township Bégon (Saint-Jean-de-Dieu) à préparer le bois d’une grange ; surpris par l’élément destructeur, ils ont couru se réfugier dans une petite rivière où ils ont passé trois terribles heures à s’entre-jeter de l’eau pour s’empêcher de brûler. À quelques pas d’eux était un ours qui, lui aussi, faisait de son mieux pour se protéger du feu. Ils avaient avec eux un cheval et c’est lui qu’on aura transformé en orignal ; car à part lui et l’ours, il n’y avait avec eux que des lièvres. »

 

Les secours arrivent

Certaines paroisses des comtés de Kamouraska et de l’Islet ont été épargnés par ce terrible fléau et la récolte y a été abondante. Aussi, les brûlés de Trois-Pistoles et des environs ont été secourus par des connaissances, des parents et des amis de ces paroisses. « Chaque jour, la charité distribuait le blé, la viande, le linge et l’argent pour secourir les malheureuses victimes, et cela avec une bienveillance, une sympathie et une générosité dignes des plus beaux éloges. » (2)

 

Les colons purent ainsi nourrir leurs familles et empêcher leurs animaux de mourir de faim pendant l’hiver de 1861.

 

Toutefois, comme beaucoup de colons par manque d’argent ne pouvaient pas se procurer de grains de semence, les curés des localités incendiées se réunirent à l’Isle-Verte pour préparer une demande d’aide au Gouvernement. Ce dernier, après hésitation, acquiesça à la demande et remis entre les mains des curés des montants d’argent qu’il devait distribuer aux colons « au meilleur de leur connaissance et conscience. » (3)

 

Conclusion

En 1860, les surfaces cultivables des rangs 3, 4 et 5 sont habitées en bonne partie. Il est à espérer que le feu ne s’est pas répandu sur le territoire de la paroisse. Toutefois, on sait que le feu ne connaît pas de frontières. Aussi, vu l’ampleur de la catastrophe à Trois-Pistoles, il est peu probable que la paroisse de Saint-Mathieu ait été complètement épargnée.

 

……….

 

(1) Un minot de grain correspond à 60 livres ou environ 27 kilogrammes.

(2) Gazette des campagnes : journal du cultivateur et du colon, 2 mars 1863

(3) Idem

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# 5850             18 mars 2021

Un curé affligé

Joseph-Octave Béland est né à Québec le 7 décembre 1822. Il est ordonné prêtre dans sa ville natale le 18 septembre 1852 alors que le diocèse de Rimouski n’existe pas encore. Il deviendra le deuxième curé de Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

Premières fonctions

Après son ordination, l’abbé Béland (photo* ci-contre) est vicaire à Carleton, puis curé de Sainte-Julie-de-Laurierville. Il arrive dans cette paroisse dont il est le premier curé en octobre 1854. L’église n’est pas encore terminée et le presbytère sert de chapelle. Aussi, il est hébergé par un M. Roberge.

 

L’un de ses anciens paroissiens de Ste-Julie a écrit (1) :

« M. Béland était bien le curé qu'il fallait à Sainte-Julie. Courageux, d'une santé robuste, d'une charité et d'un zèle apostoliques, il ne se laissait jamais abattre par les difficultés. Son temps se partageait entre les travaux du ministère et les travaux des champs. Il était prêtre et défricheur. C'est lui qui a commencé le défrichement de la terre de la fabrique. Au besoin, il se mêlait aux ouvriers et travaillait comme eux. M. Béland a fait terminer l'intérieur de l'église. Il a été sept ans curé de Sainte-Julie. »

 

Les citoyens de Sainte-Julie ont conservé un souvenir impérissable de son passage dans la paroisse, car lors de sa mort on peut lire ce témoignage (2) :

 

« Les anciens savent qu’il a vécu ici dans les privations, parce que ses revenus étaient fort minimes. Cependant cette pauvreté n’a pas ralenti son courage et son dévouement pour le bien spirituel et le développement matériel de cette paroisse naissante. Malgré les sacrifices qu'il lui a fallu faire, il ne s'est jamais départi de sa gaieté habituelle. »

 

En 1861, il est nommé curé de Saint-Victor de Tring ; en 1865, missionnaire à la Pointe-aux-Esquimaux et en 1867, curé de Saint-Anaclet.

 

À Saint-Mathieu-de-Rioux

À l’automne 1871, la paroisse de Saint-Mathieu-de-Rioux est en effervescence. La discorde sévit entre deux clans : l’un est en faveur de la construction d’une église, l’autre est contre. Dans le cadre de cette guerre des clans, une agression armée se produit. Melchior Jean attaque à coups de hache l’un de ses coparoissiens, Thomas Charest. C’est le geste ultime qui incite l’évêque de Rimouski à retirer le jeune curé de 33 ans, Antoine Chouinard. Pour calmer les ardeurs des paroissiens et en même temps pour les punir, l’évêque ne désigne pas de curé. Il nomme un desservant avec résidence à Saint-Simon. L’élu est l’abbé Joseph-Octave Béland.

 

À cause du choc de la perte d’un curé, les paroissiens de Saint-Mathieu réussissent à s’entendre et la construction de l’église commence. En février 1872, l’abbé Béland devient le deuxième curé de Saint-Mathieu. La pierre angulaire de l'église est bénie le 3 septembre de la même année. Malheureusement, en 1874, la maladie l’atteint et il doit quitter son poste. En considérant l’ensemble de sa vie, il est raisonnable de penser qu’il s’agit d’une maladie mentale. Il demeure au repos jusqu’en 1879 alors qu’il est nommé curé de Saint-Joseph-de-Lepage. Un an plus tard, il doit encore abandonner son poste. Il est en retrait pendant quatre ans. En 1884, il reprend ses fonctions comme curé de Saint-Joseph-de-Lepage.

 

Nouvel abandon

En 1887, un événement tragique survient. « Ayant par mégarde pris un jour du poison en guise de remède, il a pu, grâce à sa forte constitution, échapper à Ia mort, mais ses jambes se sont couvertes de plaies qui l’ont fait souffrir jusqu'aux derniers jours de sa vie. » (3) Devenu impotent, il quitte sa cure de Saint-Joseph-de-Lepage pour prendre une retraite définitive.

 

Il est admis à l'hospice Saint-Jean-de-Dieu de Montréal, un institut psychiatrique qui plus tard deviendra l’Hôpital Louis-H. Lafontaine. Les Sœurs de la Providence l’ont accueilli chez elles avec dévouement et compassion. Voici un témoignage de sa haute piété :

 

« Il a témoigné sa reconnaissance à ses bienfaitrices par sa piété et ses prières, et les a édifiées par sa patience et son abandon à Dieu. Ne pouvant plus dire sa sainte messe depuis une couple d’années, il assistait à celle de la communauté et faisait la communion chaque matin. Dans l’après-midi, il passait 3 à 4 heures en présence du St-Sacrement. On le regardait comme un saint prêtre, et on l'avait en vénération et en haute estime. » (4)

 

L’abbé Joseph-Octave Béland décède le 4 novembre 1900 après avoir séjourné à l’hospice pendant 13 ans. Il était âgé de 77 ans et 11 mois. Requiescat in pace.

 

* * * * *

 

(1) Recherches historiques, vol. 7, bulletin publié par Pierre-Georges Roy, janvier 1901.

(2) Journal L’Écho des Bois-Francs, Victoriaville, 17 novembre 1900.

(3) Ibidem

(4) Ibidem

* La photo de l’abbé Béland a été puisée dans Bulletin des recherches historiques, avril 1901.

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# 5840             12 mars 2021

Nouvelles du 31 octobre 1912

Dans  son édition du 31 octobre 1912, le journal l’Action sociale publie des nouvelles provenant de Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

- M. et Mme Georges Leclerc arpenteur de Lévis, sont venus passer quelques temps en promenade chez M. Jean Dionne. Ce dernier est le père de Mme Leclerc.

 

- M. Eugène Vaillancourt est maintenant résidant dans sa maison au village dont il était le propriétaire depuis l’hiver dernier. Bienvenue.

 

Bon coup

La municipalité scolaire vient d’élever le prix des institutrices à 125 $ (annuellement). Nos félicitations à MM. les commissaires.

 

Décès

Le 17 octobre, s’éteignait Mme Vve Louis Couillard, née Démerise Rousseau. Elle était la sœur de Mme Alfred Théberge chez qui elle est décédée. Mme Couillard était âgée de 63 ans. Elle a lentement été emportée par une maladie de cœur qui la faisait parfois violemment souffrir. Sa mort fut vraiment consolante. Aussi avait-elle passé une vie exemplaire, remplie d’exemples de piété, de dévouement et de courage.

 

Elle laisse pour lui survivre 6 garçons dont l’un, M. Ernest Couillard, est étudiant au Grand Séminaire de Rimouski.

 

Son service et sa sépulture ont eu lieu le 21 octobre à Saint-Mathieu. Grand nombre de personnes de Saint-Simon où elle a vécu longtemps ont tenu à rendre un dernier témoignage d’estime à la défunte en assistant à ses funérailles. Parmi ceux de Saint-Simon, on remarquait M. et Mme Jos Lévesque, M. et Mme Xavier Théberge, M. Siméon Fortin, M. Marcel Théberge et plusieurs autres.

 

Ses quatre fils portaient le corps. Son neveu, M. Émile Théberge, portait la croix. On remarquait au chœur M. le curé Amiot, de Saint-Simon.

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# 5820             27 février 2021

La famine de la décennie 1830

En 1830, Michel Jean s’installe au troisième rang de Saint-Simon-de-la-Baie-Ha! Ha! (1), aujourd’hui faisant partie de Saint-Mathieu-de-Rioux. Au cours de cette décennie, le mouvement de colonisation y progresse lentement. De nouveaux chefs de famille viennent occuper les terres d’abord celles du village actuel et celles contigües à l’ouest.

 

Au plan national, la décennie 1830 est marquée par le mouvement des patriotes qui conduit aux troubles de 1837-1838 et par une crise économique qui affecte autant les gens de la campagne que des villes. Cette crise économique a comme origine la perte de récolte de céréales causée en grande partie par des gels hâtifs en automne. Les pertes sont tellement importantes qu’elles conduisent à la famine dans plusieurs régions du Québec.

 

On ne connaît pas en détails l’ampleur de la crise sur le territoire de Saint-Mathieu-de-Rioux, mais on peut présumer que les conséquences sont à peu près les mêmes que celles des autres paroisses voisines touchées.

 

Les hivers 1833 et 1834

Le premier gel hâtif de cette décennie a lieu à l’automne 1832. Une grande partie des récoltes particulièrement de grains est avariée ou détruite. Le même scénario se produit à l’automne 1833. Selon les journaux de l’époque, l’est du Québec est particulièrement touché par ces pertes qui conduisent sans pitié vers une famine sévère. Les comtés visés sont ceux de Saguenay, de Bellechasse, de Kamouraska, de Beauce et de Rimouski, ce dernier s’étendant de Rivière-du-Loup à Matane.

 

L’hiver 1833 et pire encore celui de 1834 s’avèrent pénibles. La famine provoque une grande détresse dans la population et principalement chez les chefs de famille. Ceux-ci ont peur de voir mourir les leurs à petit feu, mais aussi de ne pas pouvoir se procurer des grains de semence à crédit pour mettre en terre au prochain printemps. Certains vont jusqu’à surhypothéquer leur terre pour payer les denrées alimentaires et craignent qu’à un moment donné le crédit ne sera plus disponible.

 

Dans un premier temps, des quêtes sont menées dans les églises pour venir en aide aux plus touchés par la famine. Les curés s’impliquent dans la distribution de l’argent récolté. Malgré bien des efforts, la situation devient tellement alarmante que les curés et les notables de ces lieux se tournent vers le Parlement provincial du Bas-Canada. La Chambre d’assemblée forme un comité spécial appelé Comité sur les requêtes des paroisses en détresse.

 

Témoignages dans le comté de Rimouski

Dans l’édition du 5 février 1834, le journal Le Canadien publie un résumé du rapport du comité spécial. Voici un aperçu des témoignages dans les paroisses du comté de Rimouski :

 

• Messire Mailloux, curé de la Rivière-du-Loup : « Sur le chemin du lac Témiscouata, sur 80 quelques habitants, un seul a de quoi vivre. Déjà des enfants, en allant à l’école, sont tombés en faiblesse, d’autres ont passé deux jours sans prendre de nourriture, 8 familles n’ont absolument rien (à manger), 10 autres à la Rivière, locataires, ne trouvent rien à gagner, et le peu qu’ils avaient a péri. »

 

• Messire Roy, curé de Cacouna : « Environ 23 à 30 familles n’ont les uns rien, les autres presque rien récolté ; ce qu’ils ont d’animaux va être leur seul soutien jusque vers la fin de février. Tous les habitants, excepté 5 ou 6, ont souffert plus ou moins ».

 

• Messire Béland, curé de l’Isle-Verte : « Il est à craindre, si on n’a pas quelque secours, que quelques-uns ne meurent de faim cet hiver ; 72 familles pourront à peine subsister deux ou trois mois. »

 

• Messire Fortier, curé de Trois-Pistoles et, en plus, desservant de Saint-Simon et de Saint-Fabien : « Sur la récolte de 1832, dans Saint-Fabien, deux habitants seulement m’ont payé la dîme (2) : ce qui m’a donné trois minots et demi de mauvais grains. Dans cette paroisse, 30 familles vont être à bout ; il y en a déjà qui n’ont rien (à manger). Sur 135 familles dans Saint-Simon et 271 dans les Trois-Pistoles, le tiers commence déjà à manquer de tout : c’est la deuxième année que tout manque. Malgré tous nos efforts, il est certain que plusieurs périront de faim si la Providence ne vient à leur secours. »

 

• M. Destroismaisons, curé de Rimouski, dit que dans Rimouski et Sainte-Cécile du Bic, 75 familles sont dans un véritable état de détresse, dont la plupart n’ont seulement pas une vache. Il ajoute que Sainte-Luce et Sainte-Flavie sont en détresse dans la même proportion. « Dans les deux Matane, dit-il, il est probable que 22 familles manqueront de nourriture dès le mois de février. »

 

• M. Rivard de Rimouski : « À sa connaissance, nombre de familles de Saint-Fabien, Sainte-Cécile et une partie de Rimouski, n’avaient plus aucune nourriture à la fin de décembre. Il connaît un chef de famille, avec trois enfants, qui a passé trois jours sans manger. La gelée y aurait détruit toutes les céréales ».

 

Recommandations du comité spécial

Le comité spécial sur la détresse recommande de secourir 527 familles dans le comté de Rimouski. Voici la répartition :

 

Saint-Germain et Sainte-Cécile : 74

Sainte-Luce et Sainte-Flavie : 60

Matane et Sainte-Anne des Monts : 38

Saint-Simon et les Trois-Pistoles : 133

Saint-Fabien : 30

Isle-Verte : 72

Cacouna : 30

Rivière du Loup : 90

 

 Notons que Saint-Simon, y compris Saint-Mathieu, et Trois-Pistoles représentent 25 % des familles à secourir dans le comté de Rimouski.

 

Le Parlement se prononce

Des débats ont lieu au Parlement. Les uns parmi les élus sont d’accord pour verser des subsides aux victimes de la famine ; d’autres comme Louis-Joseph Papineau s’opposent à ce que l’on aide sans conditions. Celui-ci préfèrerait des prêts qui seraient garantis par les bénéficiaires ou par des notables des paroisses. Il argue dans une formule lapidaire : « Notre objet sera donc d'aider des gens qui ne s'aident pas eux-mêmes, et qui se contentent de demander ».

 

Toujours est-il que, le 25 février 1834, le Parlement vote 4629 livres pour secourir les paroisses en détresse de tout l’est du Québec. Il décide que cette somme sera donnée en pur don aux habitants des paroisses concernées.

 

Cette somme doit être administrée par le curé en concertation avec les marguilliers. Pour s’assurer que l’argent aille aux personnes vraiment nécessiteuses, un comité de surveillance d’au moins neuf cultivateurs devait être formé par paroisse. L’argent devait « servir à l’achat de grains et de patates de semence pour les cultivateurs qui, sans secours, ne pourraient pas ensemencer leurs terres. » De cette somme, Trois-Pistoles et Saint-Simon devaient recevoir 332 livres.

 

Il semble que le montant total de 4629 livres n’est pas très élevé si on considère que le comité avait ciblé 2243 familles dans le besoin : ce qui donnerait en moyenne un peu plus de deux livres par famille. À titre de comparaison, la veille un montant de 500 livres avait été voté comme aide aux dames Ursulines afin d’agrandir leur maison d’enseignement.

 

L’hiver 1837

À l’automne 1836, des gelées prématurées détruisent encore les récoltes. Le journal La Minerve, dans son édition du 9 janvier 1837, décrit une situation dramatique : « Une lettre des Trois-Pistoles en date du 30 décembre, dont on nous a donné communication, fait un affreux tableau de misère qui règne en cet endroit. Elle est telle que plusieurs habitants mangent leurs chevaux.

 

La lettre en nomme deux, entr’autres l’un de Saint-Fabien et l'autre de Saint-Simon, qui n'ayant chacun qu'un seul cheval maigre, les ont tués pour s'en nourrir eux et leurs familles. Les récoltes ont manqué depuis quatre ans et beaucoup d’habitants n'ont pas une patate. Les plus aisés ont à peine assez pour eux et leurs familles en bien ménageant. Que vont devenir tous ces pauvres malheureux d'ici au mois de mai ? C'est un supplice d'y songer. Il est certain que la plupart d’entr’eux mourront de faim, si l’on ne vient pas promptement à leur secours. » (fin du texte cité)

 

Dans son édition du 4 février 1837, le journal L’ami du peuple, de l’ordre et des lois mentionne que « la misère affreuse accable le pays » et que le district de Montréal est le moins touché par la famine, même si « les pauvres y fourmillent ». Il continue en écrivant :

 

« Mais la détresse de ce district n’est rien en comparaison de celle qui se fait sentir dans les districts inférieurs. Là, la misère se présente dans toutes ses phases ; les habitants privés depuis longtemps de récoltes sont dénués de vivres et souffrent toutes les cruelles angoisses de la famine la plus dure. On a vu par des lettres que nous avons publiées déjà que, vers les Trois-Pistoles, environ 1200 personnes étaient sur le point de mourir de faim. »

 

Le journal déplore les assertions du journal Morning Courier qui « pour toute consolation aux malheureuses victimes de l’intempérie des saisons, les accable de reproches sur leur mode d'agriculture, et se répand en invectives sans nombre sur l’ignorance des habitants des campagnes. »

 

Encore une fois, les familles ont besoin d’aide. Le Parlement ne semble pas disposé à renouveler son secours. Dans son édition du 1er mai 1837, le journal Le Populaire écrit que « ce sont les citoyens de Québec qui se sont rendus cautions des subsides accordés pour arrêter la famine des Trois-Pistoles, de la Malbaie, etc. »

 

Conclusion

On souhaiterait bien que les pionniers installés à Saint-Mathieu-de-Rioux dans la décennie 1830 n’aient pas été touchés par cette famine. Toutefois, vu l’ampleur de la catastrophe, il est difficile de penser qu’ils en aient été épargnés. Bref, Saint-Mathieu-de-Rioux est née dans une détresse vécue ou appréhendée.

 

* * * * * * *

 

(1) Cette appellation deviendra officiellement Saint-Simon-de-Rimouski le 21 mars 2020.

 

(2) La dîme était une contribution d'environ 10 % de la récolte des cultivateurs, versée à la fabrique. Dans le droit canonique de l’église catholique, elle n’est plus en vigueur.

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# 5810             21 février 2021

Décès de Charles D’Auteuil

Dans son édition du 28 février 1931, le journal Le Soleil nous apprend le décès de Charles D’Auteuil, un paroissien de Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

« À Saint-Mathieu de Rimouski, le 10 février, est décédé à l'âge de 58 ans Charles D’Auteuil, époux de feu Émélia Dionne, après une longue maladie très douloureuse soufferte avec une grande résignation.

 

Il était le fils de feu Thomas D’Auteuil et de feu Séraphine Théberge. Il laisse dans le deuil cinq fils, Philippe, Jean-Marie, Eugène, Vézina et Romain, et trois filles, Rosanna, Marie-Ange et Hélène, tous de Saint-Mathieu, deux frères, M. Auguste D’Auteuil de New-Bedford, Mass., et Adélard, de Saint-Mathieu, deux sœurs, Mmes Augustin Thibault (Rose-Anna) de Baie-des-Sables et Vve Pierre Samson (Clémentine) de Saint-Grégoire de Montmorency, et une foule de neveux et nièces.

 

Son service et sa sépulture ont eu lieu le 12 dans l'église de la paroisse, au milieu d’un nombre considérable de parents et d’amis venus de toutes parts de la paroisse, ainsi que de Saint-Simon et de Saint-Fabien, pour rendre un dernier hommage au regretté disparu. » (Fin du texte cité)

 

Charles D’Auteuil est né le 10 février 1873 à Saint-Mathieu-de-Rioux. Il a épousé Émélia Dionne le 11 juillet 1905. Émélia Dionne est la fille de Ludger Dionne et de Marie Lemay. Elle est née à Saint-Jean-de-Dieu le 20 juillet 1876. Elle est décédée à Saint-Mathieu-de-Rioux le 27 décembre 1924 à l’âge de 48 ans.

 

L’une des filles du couple, Hélène, est devenue religieuse de la Charité de Québec le 15 août 1938 sous le nom de sœur Saint-Jean-Claude. Elle est née le 5 octobre 1918 pendant la pandémie de la grippe espagnole

 

L’une des petites-filles du couple, Fernande, une fille d’Eugène D’Auteuil et d’Aurore Plourde a aussi opté pour la vie religieuse. Elle est née le 5 octobre 1936. Elle est entrée chez les sœurs de la Charité de Québec le 15 août 1957. Son nom en religion est sœur Sainte-Fernande-de-Jésus.

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# 5795             12 février 2021

Deux enfants disparus

Dans son édition du 14 novembre 1884, le journal Le Franco-canadien publie un article intitulé Protection divine. Ce texte relate les circonstances où deux enfants du rang 5 de Saint-Mathieu-de-Rioux se sont égarés dans la forêt.

 

« M. le rédacteur,

Auriez-vous la bonté de me permettre l'usage d'une colonne de votre journal pour faire connaitre publiquement un fait tout à fait extraordinaire arrivé dans la paroisse de Saint-Mathieu, comté de Rimouski ? Si je me permets de le livrer au public, c’est pour le prier de remercier Dieu, avec tous les habitants de ladite paroisse, de leur avoir accordé une telle grâce.

 

Samedi, 25 octobre, la tranquille paroisse de Saint-Mathieu était menacée d’un grand malheur. Deux enfants de M. Jean-Baptiste Dionne (fils de Pierre), dont l’un était âgé de 12 ans et l’autre de 8 ans, s'étaient éloignés de la maison pour aller casser quelques branches de cèdre. À peine ces enfants avaient-ils fait quelques arpents dans le bois qu'ils se trouvèrent complétement égarés, et continuèrent ainsi à marcher sans savoir où aller.

 

À cinq heures, les parents, ne voyant pas leurs enfants revenir au foyer, se mirent immédiatement à leur recherche. À eux vinrent se joindre d'autres personnes qui cherchèrent en vain jusqu'à dix heures du soir. Dimanche à trois heures du matin, le curé fut averti de l'accident par le père désolé qui mit en lui toute sa confiance. En bon père, consolé par les avis de son pasteur, qui lui avait assuré qu'il les trouverait, il retourne chez lui après avoir éveillé tous les habitants de son arrondissement et les avoir priés de vouloir bien continuer avec lui les recherches de la veille.

 

À six heures, au moins 30 hommes armés d'un grand courage cherchèrent jusqu’à midi, mais en vain. Immédiatement après la grand-messe, le curé est prié de vouloir bien se rendre sur les lieux afin d'animer, par sa présence, le courage de ces infortunés, c'est ce qu'il fit, non pas avec joie, mais avec les sentiments de véritable père.

 

À 1 heure précise, après avoir récité avec une grande ferveur le chapelet de la Ste Vierge et celui du Sacré-Cœur, et aussi après plusieurs invocations au grand Saint-Antoine de Padoue, cinquante personnes accompagnées de leur curé, se rendirent sur le lieu du malheur et cherchèrent toujours en vain jusqu'à 6 heures. Le père et la mère se laissèrent alors aller au désespoir et n'espéraient plus les trouver au moins vivants ; le curé de nouveau essaya de les consoler, en leur disant qu’ils trouveraient leurs enfants.

 

Le lundi, la messe se disait en l'honneur du Sacré-Cœur afin d'obtenir succès dans cette entreprise, et toutes les personnes présentes s’unissaient d'intentions au célébrant. À 9 heures, quatre bons marcheurs, parmi lesquels se trouvaient d'habiles chasseurs se mirent de nouveau à la recherche des petits malheureux. À onze heures, ils commencèrent à trouver des traces de leur passage. Pleins d'espoir de les trouver, ils continuèrent à suivre ces traces autant que possible et parvinrent enfin auprès de ces chers enfants qui erraient encore pleins de vie.

 

Voyons maintenant en quelques mots la conduite de ces deux affligés pendant le court pèlerinage involontaire. Dès samedi soir, ces enfants avaient entendu la voix des personnes qui les cherchaient, mais ils croyaient que c'était le cri des chars (trains de Saint-Simon), et au lieu de revenir vers ces voix, ils s'en éloignaient. À la nuit, ils se campèrent au pied d'un sapin pour passer la nuit, étant obligés de coucher sur la terre gelée et même couverte de neige. Ils voulurent étendre sous eux des branches, leurs petites mains engourdies par le froid refusèrent de leur rendre ce service ; ils passèrent donc la nuit dans cet état. Le plus âgé était agité, et au milieu de ce demi-sommeil, il suppliait de sa voix enfantine son père ou sa mère de venir les chercher.

 

Ils passèrent toute la journée du dimanche à marcher. Le soir ils se mirent dans le même état que la veille pour y passer la nuit, et le lendemain ils continuèrent à marcher jusqu’à une heure. Au moment de leur heureuse délivrance, le plus âgé avait fait placer son jeune frère dans un pin creux, parce qu'il ne pouvait plus marcher, tandis que lui-même s'efforcerait de trouver ses bons parents, qui ensuite viendraient le chercher.

 

Le plus âgé a été trouvé très bien disposé et a parcouru avec une grande facilité la longue distance qui les séparait du foyer ; mais le plus jeune avait un pied tellement endommagé par le froid qu'il ne pouvait pas s'en servir dans le moment. Ils ont donc été deux jours et deux nuits exposés à la rigueur de la dure saison et déclarent à qui veut les entendre qu'ils n'ont souffert ni de la faim, ni du froid, ni de la fatigue.

 

Tous ensemble rendons grâce à Dieu, et à vous M. le Rédacteur merci pour votre bienveillante hospitalité. »

(Signé) Un paroissien,

St-Mathieu, 29 octobre 1884

 

Jean-Baptiste Dionne est né le 21 avril 1845 à l’Isle-Verte. Il est le fils de Pierre Dionne et d’Angèle Boucher. Il épouse Marguerite Gaudreau le 7 mai 1867 à Saint-Mathieu-de-Rioux. Marguerite est la fille de Pascal Gaudreau père et de Séraphine Caron. Le couple a eu 12 enfants. Au moment des faits, Jean-Baptiste est cultivateur au rang 5.

 

D’après leur âge, les deux enfants touchés par ce drame sont Ferdinand, né le 27 mai 1872, et Philéas, né le 21 janvier 1876. Entre les deux enfants, se trouve Delphine qui a épousé Philéas Gaudreau, lequel a possédé une terre au début du rang 5, là où commence la route du sixième rang. Philéas Gaudreau est le fils de Pascal Gaudreau fils et d’Aglaé Boucher.

 

Le curé est le révérend Hermel Tremblay qui est à ce poste depuis un an.

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# 5750             15 janvier 2021

Dérives du régime seigneurial à Saint-Mathieu-de-Rioux

En 1627, la Nouvelle-France adopte le régime seigneurial qui vise à faciliter la possession du sol et son exploitation par le biais de distribution de terres. La subsistance des familles et l’occupation du territoire sont les deux fondements de cette politique.

 

Certaines personnes parmi les plus influentes du pays reçoivent de larges territoires qui correspondent à cinq ou six paroisses actuelles et souvent même plus. Ces territoires sont appelées seigneuries. Avec le temps, des gens fortunés achètent des fractions de territoire.

 

En 1790, une partie de la seigneurie Nicolas-Rioux est achetée par Joseph Drapeau, un riche marchand de Québec. Outre Saint-Mathieu-de-Rioux, cette seigneurie comprend alors les paroisses actuelles de Saint-Simon-de-Rimouski, de Saint-Fabien et de Saint-Eugène-de-Ladrière. En 1829, les six filles de Joseph Drapeau héritent de la seigneurie. Luce-Gertrude Drapeau en est l’administratrice.

 

Le seigneur doit concéder gratuitement à un chef de famille un lot qu’il a l’obligation de défricher, d’y construire une habitation et d’y résider. En retour, l’acquéreur qu’on appelle censitaire doit verser au seigneur une redevance annuelle appelée cens.

 

Ce régime seigneurial est parfois victime de gens déjà riches ou de gens ambitieux qui cherchent fortune. Ceux-ci acquièrent des lots dans le but de les revendre à profit ou d’exploiter la forêt en engageant des bûcheurs à gages. Ils ne se soucient guère de leur obligation envers la colonisation.

 

Nous vous présentons 12 cas où visiblement, à Saint-Mathieu-de-Rioux, la spéculation et l’exploitation forestière priment sur le développement agricole. (1)

 

Cas 1. William Venner

William Venner, écuyer, naît à Québec en 1813. Il est le premier marchand à s’établir à Saint-Anselme-de-Lauzon. Après 20 ans, il fait office de courtier et de banquier à Québec. Il est l’un des hommes les plus riches du quartier Saint-Roch de cette ville. Il décède en 1890.

 

En 1858, il possède un lot au village de Saint-Mathieu-de-Rioux. Sa terre mesure 4 arpents de front et 20 arpents de profondeur. Elle est située entre celle de Joseph Paradis et celle de Philomène Lauzier.


Cas 2. Le révérend Chouinard et le juge Caron

En mars 1872, Antoine Chouinard, ancien curé de Saint-Mathieu (1866-1871), achète une terre de quatre arpents de front (2) au quatrième rang de Saint-Mathieu. Le vendeur est René-Édouard Caron, 71 ans, à ce moment juge à la Cour du banc de la reine (photo ci-contre). Antérieurement, Caron a été maire de Québec pendant huit ans, député au Bas-Canada, bâtonnier, juge à la Cour supérieure. Il sera plus tard le deuxième lieutenant-gouverneur du Québec.

 

René-Édouard Caron avait obtenu cette terre de Nicolas Leblond en 1838. Leblond l’avait acheté de Joseph Caron qui lui-même l’avait obtenu des seigneuresses Drapeau en 1834.

 

L’acte d’achat par le révérend Chouinard ne mentionne pas de bâtisse. On présume que la terre n’est pas encore défrichée. Nonobstant ce fait, Chouinard a déboursé 100 $ pour cet achat, un montant payable en cinq ans avec un taux d’intérêt de 7 %. Pour en assurer le paiement, il a hypothéqué son lot.

 

En 1878, le juge Caron possède au moins une autre terre sans bâtisse à Saint-Mathieu. On apprend cela quand la seigneuresse Luce-Gertrude Drapeau fait vendre aux enchères publiques une terre qui appartient à Édouard Létourneau. Voici la description du lot :

 

« Une terre située en la paroisse de Saint-Mathieu, contenant huit arpents de front sur trente arpents de profondeur, plus ou moins, en le quatrième rang de la seigneurie Nicolas Rioux ; joignant d'un côté au nord-est à la veuve Thadée Bélanger ou représentants, d'autre côté au sud-ouest aux représentants du juge Caron — sans bâtisses. »

 

Cas 3. Le révérend Louis-Théophile Fortier

Louis-Théophile Fortier naît à Québec en 1803. Il est ordonné prêtre en 1826. Il succède au révérend Édouard Faucher à la cure de Trois-Pistoles, soit de 1831 à 1835. Il décède à Nicolet en 1874.

 

En 1858, il possède une terre de six arpents au rang 4. Elle est située entre celle de Vital Rousseau et celle de William Price.

 

Cas 4. Félix Têtu

Félix Têtu, écuyer, est un riche marchand et maître de poste de Trois-Pistoles. Il est commissaire pour les petites causes dans la seigneurie de Trois-Pistoles. Il décède à Trois-Pistoles le 16 juin 1876 à l’âge de 74 ans.

 

En 1858, il possède une terre de huit arpents au rang 3 de Saint-Mathieu-de-Rioux. Elle est située entre celle de Magloire Bérubé et celle de Simon Talbot.

Cas 5. Ulric-Joseph Tessier

Ulric-Joseph Tessier est né le 3 mai 1817 à Québec. Il est le fils de Michel Tessier, marchand, et de Marie-Anne Perrault. Il est admis au barreau du Québec le 22 juin 1839. En 1847, il épouse à Rimouski Marguerite-Adèle Kelly, fille d'Augustin Kelly et d’Adélaïde Drapeau, l’une des seigneuresses. Il est l’avocat des seigneuresses Drapeau. Il est tour à tour maire de Québec, député, conseiller législatif, sénateur, seigneur et juge. Il décède en 1892 à Québec.

 

En 1858, il possède une terre de neuf arpents au rang 5. Elle est située entre celle de François Lefebvre et l’une de William Price.

 

Cas 6. Le révérend Édouard Faucher

Édouard Faucher naît à Saint-Michel-de-Bellechasse en 1802. Il est ordonné prêtre en 1824. Il est nommé curé de Trois-Pistoles en 1829, l’année même où les Dames Drapeau héritent de la seigneurie Nicolas-Rioux. Le 22 octobre 1829, il achète de Pierre Michaud une terre de 10 arpents de front au troisième rang de Saint-Simon. Quelques mois plus tard, il obtient une cure à Lotbinière et vend son bien à deux de ses sœurs.

 

Détail surprenant. Le 10 février 1835, Luce-Gertrude Drapeau, administratrice de la seigneurie, épouse le notaire Thomas Casault. Ce dernier est le frère de Marie-Geneviève Casault qui est la mère du révérend Faucher. Ce dernier devient le neveu de la seigneuresse Drapeau.

 

Cas 7. Les Ouellet

Fait intriguant. Dans la liste des propriétaires des terres en 1858, on retrouve sept dénommés Ouellet qui ont chacun un arpent de terre au rang 3 et qui sont voisins. Ce sont : Joseph, Pierre, Angélique, Éliza, Justine, Sophie et Génoffe dans cet ordre. Il est fort probable que ce sont des membres d’une même famille, mais je n’ai rien trouvé qui permet de l’affirmer.

 

Une surprise. Au retrouve les mêmes noms dans le même ordre au rang 4 avec encore chacun un arpent sauf que Sophie est remplacée par Marie. (Serait-ce la même ?) Aucune de ces personnes n’est décédée à Saint-Mathieu.

 

Au total, les Ouellet possèdent 14 arpents de terre.

 

Cas 8. Nazaire Têtu

Nazaire Têtu, écuyer, est né en 1814 à Montmagny. Il est le cousin de Félix Têtu. Il devient coseigneur d’une cinquième partie de la seigneurie de Trois-Pistoles, n’ayant toutefois que deux censitaires. Il s’associe à William Price pour le commerce du bois, tout en ayant sa propre scierie à Trois-Pistoles. Il décède à cet endroit en 1891.

En 1858, il possède une terre de neuf arpents au rang 3 de Saint-Mathieu-de-Rioux. Elle est située entre celle de Zéphirin Lebel et celle de Majorique Turcot. Il possède aussi une terre de huit arpents de front et de 10 de profondeur au rang 4, entre celle de François Roussel et celle de Jean-Baptiste Turcot. Au total, Nazaire Têtu possède 17 arpents.

 

Cas 9. Firmin Dion

Firmin Dion est originaire de Saint-Roch des Aulnaies. Pendant un certain temps, il est propriétaire du premier moulin à farine de Saint-Mathieu-de-Rioux. À un moment donné, il éprouve des difficultés financières. En 1877, Jane Price, la fille de William, fait vendre aux enchères publiques non seulement la terre de quatre arpents où est situé le moulin à farine, mais encore six autres de ses terres.

 

Au rang 4, y compris la précédente, Dion possède trois terres contigües bornées à l’est à Charles Lagacé et à l’ouest à Bélonie Pigeon. Au rang 5, Dion possède quatre terres contigües bornées à l’est à Placide Lafontaine et à l’ouest aux seigneuresses Drapeau. Ces sept terres sont sans bâtisse sauf celle voisine de Pigeon où une grange a été érigée. Les sept terres chacune de quatre arpents totalisent 28 arpents.

 

Cas 10. Les frères Turcot (ou Turcotte)

Six membres de la famille Augustin Turcot et Angélique Lavoie ont chacun une terre à Saint-Mathieu-de-Rioux en 1858. Ceux-ci sont nés à Trois-Pistoles. Le père est décédé en 1855 à Saint-Fabien.

 

Au rang 3, on retrouve les propriétaires suivants : Majorique, quatre arpents, Fabien, six arpents, Octave, quatre arpents, Séverin, quatre arpents et Sifroid, sept arpents. Les terres des quatre premiers frères sont voisines dans l’ordre donné. De plus, leur frère Jean-Baptiste possède une terre de 12 arpents de front et de six arpents de profondeur au rang 4. Les Turcot ont 37 arpents de front au total.

 

Il est probable qu’aucun de ces frères n’a demeuré à Saint-Mathieu. Ce qui est sûr, c’est qu’aucun n’y est décédé. D’ailleurs, trois d’entre eux ont aussi des terres au deuxième rang de Saint-Simon.

 

Cas 11. Louis Bertrand

Louis Bertrand est né en 1786 à Cap-Santé. Il s’installe à l’Isle-Verte en 1811. En tant que marchand de bois, il mène des contrats de coupe de bois pour des négociants extérieurs à la région. Il est seigneur de l’Isle-Verte. Parmi ses autres titres, on peut citer : député, maire, lieutenant-colonel de milice. Il est décédé à l’Isle-Verte en 1871.

 

En 1858, il possède au rang 3 de Saint-Mathieu-de-Rioux deux terres chacune de deux arpents, une de cinq arpents et une autre de 34 arpents. Il possède aussi une terre de quatre arpents au rang 4. Ses possessions totalisent 47 arpents.

 

Cas 12. William Price

William Price, marchand de bois, naît en 1789 au Royaume-Uni. Il est propriétaire de nombreux moulins à scie dans les régions de Charlevoix, du Saguenay-Lac-Saint-Jean et du Bas-Saint-Laurent. À Saint-Mathieu-de-Rioux, il a en sa possession pendant un certain temps un moulin à scie et un moulin à farine. Il décède en 1867.

 

En 1858, Price possède une terre de six arpents au rang 3, une autre de 24 arpents au rang 4 et une troisième de 36 arpents au rang 5. Au total, il possède 66 arpents de terre : ce qui correspond à 3,86 kilomètres de front.

 

Autres cas non documentés

Dans le cadastre de Siméon Lelièvre de 1858, on constate qu’il y a deux représentants, l’un est Olivier Simon qui a aussi une terre de six arpents au deuxième rang de Saint-Simon, l’autre est Paul Sylvain. On ne sait pas si, de fait, ces deux hommes habitent sur les terres dont les propriétaires sont inconnus.

 

Il y a d’autres cas qu’il a été impossible de confirmer. Par exemple, en 1858, Éloi Rioux possède une terre de deux arpents au rang 3. Est-ce le nommé Éloi Rioux qui est un coseigneur de la seigneurie des Trois-Pistoles ?

 

On peut aussi penser que certains cultivateurs qui sont parmi les plus fortunés achètent un ou d’autres lots pour les revendre ou en faire l’exploitation forestière. Ces cas n’ont pas été retenus dans le calcul global.

 

Conclusion

À Saint-Mathieu-de-Rioux, en 1858, 760 arpents de terre sont concédés ou revendus. On trouve 355 arpents au rang 3, 243 arpents au rang 4 et 162 arpents au rang 5. Aucune terre du rang 6 n’est alors concédée. L’ensemble des cas cités montre qu’environ 33 % du territoire qui est concédé ou revendu est présumément voué à la spéculation ou à l’exploitation forestière. Si on considère l’ensemble du territoire de Saint-Mathieu, y compris le rang 6, c’est environ 35 % du sol seulement qui est en train d’être colonisé.

 

Les dames Drapeau sont-elles responsables de cette situation ? Il semble exister une certaine complicité entre les élites et les seigneuresses. Certains membres du clergé, certains notables ou certains exploitants forestiers obtiennent des terres sans vouloir s’y installer et les défricher en vue de semer et de récolter. Bref, les seigneuresses Drapeau concèdent des terres sans présumément obliger les tenanciers à faire de l’exploitation agricole.

 

Ces dérives du régime seigneurial ne sont pas totalement négatives. En effet, le fait d’exploiter les ressources forestières aide à consolider l’économie locale en donnant du travail d’appoint à certains cultivateurs ou à leurs fils et en permettant aux moulins à scie de produire autant pour les besoins locaux que pour l’exportation. Bien souvent, à cette époque, les moulins à scie constituent la base de l’économie d’une paroisse.

 

Ces retombées positives ne doivent pas nous faire oublier qu’à Saint-Mathieu-de-Rioux la distribution et l’occupation des terres ne se sont pas toujours faites dans un climat sain et que des élites ont abusé de leur notoriété pour détourner à leur profit les ressources forestières sans se soucier des colons qui trimaient dur pour faire vivre décemment leur famille.

 

* * * * * * *

Notes

(1) La plupart des renseignements concernant les noms des propriétaires de terre sont tirés du Cadastre abrégé de la seigneurie de Nicolas Rioux établi, en 1858, par Siméon Lelièvre, écuyer et commissaire.  Voici le lien qui a été vérifié le 14 janvier 2021 :

Cadastres abrégés des seigneuries du district de Québec: déposés au greffe ... - Canada. Commissioners under the Seigniorial act of 1854 - Google Livres

 

 (2) Lorsque la profondeur d’une terre n’est pas mentionnée, c’est qu’elle est de 30 arpents.

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# 5730             3 janvier 2021

La saga du premier moulin à farine de Saint-Mathieu-de-Rioux

Jusqu’en 1854, le régime seigneurial oblige les seigneurs à bâtir un moulin à farine sur leurs terres. En revanche, les censitaires doivent y faire moudre leurs grains et céder un droit de mouture, appelé droit de banalité.

 

En 1830, quand Michel Jean s’établit au troisième rang de Saint-Simon-de-Rimouski, aujourd’hui Saint-Mathieu-de-Rioux, les six filles de Joseph Drapeau sont propriétaires de façon indivise de la seigneurie Nicolas-Rioux que leur père a achetée en 1790. À ce moment, aucun moulin à farine n’existe dans la paroisse de Saint-Simon (1).

 

Construction d’un moulin à farine

En 1836, Joseph Migné Lagacé (2), un cultivateur de 56 ans de Kamouraska et père de 19 enfants, achète une terre de deux arpents au Faubourg du moulin à Saint-Mathieu. On peut raisonnablement penser qu’il a opté pour ce lot à cause de la rivière Neigette qui y coule du sud au nord et qu’il a des plans précis pour la faire fructifier.

 

Le vendeur de la terre est Antoine Ouellet (3) qui s’est marié à Kamouraska en 1828. Il est âgé de 32 ans et est cultivateur à Saint-Mathieu. Le lien qui unit les deux hommes se consolidera quand Narcisse Ouellet, le fils d’Antoine, épousera en 1851 Hortense Lagacé, la fille de Joseph.

 

Le 21 janvier 1842, un avis public est lu sur le perron de l’église de Saint-Simon. Par cet avis, Joseph Lagacé somme les seigneuresses Drapeau, dont Luce-Gertrude est l’administratrice, d’ériger un moulin à farine sur le territoire de cette paroisse, sinon il le fera. À cette époque, le deuxième rang de Saint-Simon est peu peuplé à cause d’obstacles naturels et le troisième rang, aujourd’hui de Saint-Mathieu, est habité partiellement seulement depuis 12 ans. Par ailleurs, les côtes abruptes constituent un frein pour les déplacements entre les deux paroisses. Le pari, pour Lagacé, de s’engager dans un tel bras de fer est risqué.

 

Devant le refus des dames Drapeau de souscrire à son ultimatum, Joseph Lagacé entreprend par ses propres moyens la construction d’un moulin à farine sur son lot en 1843. Il se procure les machines-outils nécessaires dont deux moulanges. Il hypothèque son lot de Kamouraska et celui de Saint-Mathieu. Il engage Jean Bouchard comme meunier et le moulin commence à opérer le 24 juin 1845.

 

La bâtisse (4) est située à une cinquantaine de mètres au sud du pont qui enjambe la rivière Neigette, aujourd’hui appelé pont à Désiré. Elle a deux étages. Le rez-de-chaussée fait office de meunerie. Un escalier extérieur joint le deuxième étage qui sert de résidence au meunier. Du côté ouest tout près, un barrage est érigé sur la rivière Neigette.

 

Les seigneuresses Drapeau n’apprécient pas qu’un de leurs censitaires les défie. Pour empêcher Lagacé de bâtir, puis de faire fonctionner son moulin, elles font émettre des protêts notariés. Lagacé ne bouge pas.

 

Les dames Drapeau continuent à revendiquer leurs droits en justice. Elles confient leur défense à un jeune avocat de Québec du nom d’Ulric-Joseph Tessier (5). Ce dernier fait partie de leur famille puisqu’il épouse en 1847 une fille d’Adélaïde Drapeau, l’une des seigneuresses.

 

Le 14 mars 1850, Joseph Lagacé cède son lot et le tiers des parts du moulin à farine à son fils Édouard (6) qui a 26 ans et qui est marié depuis moins d’un mois. L’année suivante, sans qu’on en connaisse la raison, Édouard rétrocède à son père cette même terre en même temps que les parts du moulin.

 

Joseph Lagacé se tourne vers William Price, de la compagnie Price Brothers, qui a un droit de coupe de bois dans la seigneurie. Price prend possession de la terre et du moulin et cède à Lagacé en échange un lot de quatre arpents au rang 4, de même qu’un terrain adjacent. Lagacé devait être bien mal pris financièrement pour accepter cet échange.

 

Droit de banalité en jeu

Les dames Drapeau réclament de la compagnie Price une indemnité pour compenser leur droit de banalité. Le commissaire de la tenure seigneuriale décide que celles-ci ne sont pas éligibles à une telle indemnité. En 1858, elles vont en appel. Leur avocat affirme de façon erronée « que le moulin bâti par le nommé Migné Lagacé n'a été érigé non pas comme un moulin à farine véritable, mais que ce n’était qu’une petite bâtisse construite par un pauvre homme sur un terrain qui ne lui appartenait pas, mais appartenait à William Price, écuyer. (7) »

 

Il continue en soutenant qu’un bail avait été négocié entre William Price et les requérantes. Ce bail reconnaissait que les dames Drapeau conservaient leur droit de banalité. L’appel est rejeté.

 

De nouveaux propriétaires

Plus tard, Firmin Dion achète le moulin à farine des Price. Toutefois, en 1877, Jane Price, la fille de William, fait vendre aux enchères publiques la terre maintenant de quatre arpents où est situé le moulin à farine et six autres terres appartenant à Dion. Il semble clair que Dion ne peut pas remplir ses obligations financières envers la compagnie Price. Voici l’acte de mise en vente de la terre où est situé le moulin :

 

« Demoiselle Jane Price, demanderesse, contre Firmin Dion, défendeur, savoir :

Une terre située en le quatrième rang de la seigneurie Nicolas-Rioux, paroisse de Saint-Mathieu, de la contenance de quatre arpents de front et trente arpents de profondeur, borné au nord aux terres du troisième rang, au sud aux terres du cinquième rang, à l’est à Charles Lagacé ou ses représentants, à l’ouest au défendeur, avec un moulin à farine, un moulin à scie et maison et autres bâtisses sus-construites, circonstances et dépendances.

 

Pour être vendue à la porte de l’église de la paroisse de Saint-Mathieu le 10 avril 1877. » (Gazette officielle du Québec, 24 mars 1877)

 

Un nouvel acheteur se pointe en la personne de Jean-Baptiste Lavoie (8) qui est originaire de Kamouraska, tout comme Joseph Lagacé. En voilà un autre qui ne tiendra pas le coup très longtemps.

 

En 1880, Joseph Dionne, un cultivateur et maître de poste de Sainte-Anne de la Pocatière entre en scène. Il a le titre d’écuyer, signe qu’il a une certaine fortune et une certaine notoriété. Il fait vendre aux enchères publiques la terre où se trouve notamment le moulin à farine. Voici l’acte de mise en vente :

 

« Joseph Dionne, de la paroisse de Sainte-Anne la Pocatière, district de Kamouraska, demandeur, contre Jean-Baptiste Lavoie, de la paroisse de Saint-Mathieu, dans le district de Rimouski, cultivateur, défendeur, savoir :

 

Une terre située en le quatrième rang des concessions de la seigneurie de Nicolas-Rioux, paroisse Saint-Mathieu, contenant quatre arpents de front sur trente arpents de profondeur ; bornée au nord au troisième rang, au sud au cinquième rang, au sud-ouest à Jules Fournier, et au nord-est à Joseph Ouellet, avec les moulins à scie et à farine et autres bâtisses sus-construites, appartenances et dépendances.

 

Pour être vendue à la porte de l'église de ladite paroisse de Saint-Mathieu, le 21 décembre 1880. » (Gazette officielle du Québec, 16 octobre 1880)

 

On ne sait pas de quelle façon Joseph Dionne a acquis des droits sur cette terre. Toutefois, fait intriguant, cet homme est le père de Léonidas Dionne qui pratique le droit à Rimouski depuis 1875 avec comme associé, Auguste Tessier (9), le fils d’Ulric-Joseph Tessier. Ce dernier est toujours l’avocat des seigneuresses Drapeau. Voilà un élément qui pourrait faire penser à un complot, mais sans preuve on ne peut rien affirmer.

 

On croit que Jean-Baptiste Lavoie continue d’être meunier, car on retrouve son nom et ce titre dans la liste des partants vers les États-Unis en 1889.

 

Selon Fernand Dionne, un petit-fils d’Ernest Dionne, ce dernier et son frère Ferdinand (10) se portent acquéreurs du moulin Lagacé en 1890. Ils sont les premiers propriétaires originaires de Saint-Mathieu.

 

Dernier propriétaire

Le moulin à farine passe dans les mains d’Alfred Bernier (11), un habitant de Saint-Simon-de-Rimouski. En 1937, le moulin est encore en opération. Selon un rapport intitulé Inventaire des ressources naturelles et industrielles 1938 : comté municipal de Rimouski, cette année-là, Bernier « a moulu près de 215 000 livres de blé représentant 150 000 livres de farine, ainsi que 600 000 livres de moulées alimentaires. M. Bernier moud à commission pour les cultivateurs et garde comme rémunération de son travail 12 % des grains qu'il reçoit. Il est parfois payé en argent. »

 

En 1937, la paroisse de Saint-Mathieu importe 140 000 livres de farine, représentant 70 % de la consommation locale. En plus, elle importe 20 000 livres de moulées alimentaires. Avec le temps, les importations de farine et de moulées s’accentuent. En 1940, un moulin à farine coopératif voit le jour à Saint-Mathieu-de-Rioux. Même si ce moulin est davantage axé sur la moulée, il n’aide pas à la rentabilité du moulin de Bernier.

 

Le 30 mai 1942, la Gazette officielle du Québec publie un acte de vente aux enchères publiques du moulin :

 

« Cour Supérieure, District de Rimouski

Ludger Bernier, Noranda, vs Alfred Bernier, savoir :

1. Parties des lots 225, 226, et 227 au cadastre officiel de la paroisse de St-Mathieu bornées au nord au chemin, au sud à deux arpents au sud de l'écluse du moulin, à l'est et à l'ouest sur le haut de l'écart de la Rivière Neigette, avec la maison, moulin à farine, et accessoires, et autres bâtisses, circonstances et dépendances.

 

2. Partie du lot N° 227 au cadastre officiel de la paroisse de St-Mathieu, d'environ 50 pieds carrés, bornée au nord et à l'est à Édouard Bélanger, au sud à Désiré Dionne, à l'ouest à la Rivière Neigette.

 

Pour être vendues à la porte de l'église de la paroisse de St-Mathieu, le 9 juin prochain (1942). »

 

On peut raisonnablement penser qu’à ce moment le moulin à farine avait cessé d’opérer.

 

Conclusion

Le premier moulin à farine de Saint-Mathieu-de-Rioux a eu une histoire mouvementée. Elle commence par une mise en demeure d’un habitant de Kamouraska envers les seigneuresses Drapeau les intimant de construire un moulin banal. Cet habitant, Joseph Lagacé, passe aux actes en construisant un moulin privé. Des poursuites juridiques s’enclenchent et durent des années. Finalement, Joseph Lagacé en sort vainqueur.

 

Dans un premier temps, Joseph Lagacé cède une partie des parts du moulin à son fils Édouard. S’agit-il d’un cadeau empoisonné ? Toujours est-il qu’au bout d’un an, Édouard remet ce cadeau à son père.

 

Joseph Lagacé échange son moulin contre des propriétés de William Price. Ce dernier cède ses parts à sa fille Janette. Par la suite, au moins deux propriétaires (12) se succèdent et sont forcés de vendre. Ce sont Firmin Dion et Jean-Baptiste Lavoie. Puis, les frères Ernest et Ferdinand Dionne achètent le moulin. Ils le revendent à Alfred Bernier qui abandonne vers 1940. Le moulin privé aura opéré pendant plus de 90 ans.

 

* * * * * * *

Références

(1) Certains renseignements concernant les débuts du moulin à farine de Saint-Mathieu ont été puisés dans l’article La guerre des moulins de Saint-Simon (1836-1870) dont les auteurs sont Jean-Pierre Proulx et Lucie Plante. Cet article a été publié en juin 2019 dans la revue l’Estuaire et met l’accent sur les « relations conflictuelles entre un censitaire et une seigneuresse dans le cadre du régime seigneurial ». Voici le lien permettant de lire l’article : la_guerre_des_moulins_de_saint-simon_1836-1870.pdf (st-simon.qc.ca)

(Lien vérifié le 2 janvier 2021)

(2) Joseph Lagacé est né le 10 février 1780 à Rivière-Ouelle. Il épouse Modeste Pelletier à Kamouraska le 24 juillet 1809, puis Léocadie Dionne le 12 février 1816. Tous ses enfants sont nés à Kamouraska. Il semble bien qu’il quitte Kamouraska pour Saint-Mathieu vers 1850. Il décède le 6 octobre 1864 à Saint-Mathieu à l’âge de 84 ans.

(3) Antoine Ouellet est le fils d’Antoine Ouellet et de Marie-Geneviève Ouellet. Il décède à Saint-Mathieu le 30 décembre 1894 à l’âge de 90 ans. Son fils Narcisse est né le 31 août 1831. Il décède à Saint-Mathieu le 7 avril 1917.

 

(4) La description est faite d’après mes souvenirs vers 1948. La bâtisse abandonnée et le barrage étaient encore en place.

 

(5) Ulric-Joseph Tessier est né le 3 mai 1817 à Québec. Il est le fils de Michel Tessier, marchand, et de Marie-Anne Perrault. Il est admis au barreau de Québec le 22 juin 1839. Il est tour à tour maire de Québec, député, conseiller législatif, sénateur, seigneur et juge. Il décède en 1892 à Québec.

 

(6) Édouard Lagacé est né le 6 mai 1824 à Kamouraska. Il épouse Desanges Bérubé le 5 février 1850 à Trois-Pistoles. Il décède à Saint-Mathieu le 1er juin 1880.

 

(7) Extrait d’un document produit par Ulric-Joseph Tessier lors de la requête des dames Drapeaux en appel à la Cour de Révision des commissaires de la tenure seigneuriale.


(8) Jean-Baptiste Lavoie est né le 21 février 1841. Il épouse Virginie Thibault le 31 janvier 1865 à Saint-Denis-de-la-Bouteillerie (Kamouraska). La cinquième enfant, Florentine, naît à Saint-Simon-de-Rimouski en 1878 et la sixième, Virginie, à Saint-Mathieu-de-Rioux en 1880.

(9) Auguste Tessier naît le 20 novembre 1853 à Québec. Il est admis au Barreau du Québec le 18 juillet 1876. Il épouse Corinne Gauvreau à Rimouski le 21 août 1878.
 

(10) Fernand Dionne est le petit-fils d’Ernest Dionne. Ce dernier est né à Saint-Mathieu le 12 novembre 1870. Il épouse Odila Vaillancourt le 3 février 1891. Il décède le 11 novembre 1947 à l’âge de 77 ans. Il est le fils de Jean-Baptiste Dionne et d’Aglaé Rioux. Ferdinand Dionne est né à Saint-Mathieu le 27 octobre 1868. Il épouse Délima Vaillancourt le 5 mars 1889. Il décède le 18 février 1941 à Amqui.


(
11) Alfred Bernier naît le 29 octobre 1894 à Saint-Simon. Il est le fils de Jean-Baptiste Bernier et de Zoé Chouinard. Il épouse Éva Rousseau, fille d’Édouard Rousseau et d’Aurélie Chassé, le 10 juillet 1917 à Saint-Mathieu. Il décède à Saint-Michel de Squatec le 23 octobre 1976.

 

(12) Il est fort possible que d’autres propriétaires aient existé entre William Price et les frères Dionne. Pour les trouver, il aurait fallu consulter le registre foncier du Québec.

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# 5720             27 décembre 2020

Funérailles de Séraphine Théberge

Dans son édition du 5 avril 1924, le journal Le Soleil nous apprend le décès de Séraphine Théberge.

 

« Le 26 mars dernier, est décédée en notre paroisse à l’âge de 81 ans et 8 mois dame Séraphine Théberge, épouse de sieur Thomas D’Auteuil après une courte maladie de trois semaines soufferte avec résignation.

 

Son service et sa sépulture ont eu lieu le 28 mars dernier au milieu d’un groupe de parents et d’amis. Le service a été chanté par M. l’abbé Giguère, curé de la paroisse.

 

Les porteurs de la dépouille mortelle étaient ses fils, M. Auguste D’Auteuil, de New-Bedford, Charles D’Auteuil, Adélard D’Auteuil, Noël Girouard, son gendre. Portait la croix M. Hermel Samson de St-Grégoire de Montmorency, son petit-fils.

 

Conduisaient le cortège ses enfants, Mme Noël Girouard, Mme Pierre Samson du Lac-Édouard, Mme Augustin Thibault, de Sandy-Bay (aujourd’hui Baie-des-Sables), M. Octave Thibault, son beau-frère de Sandy-Bay, Mme Charles D’Auteuil, Mme Alfred Théberge.

 

Ses petits-fils : Évangéliste, Ambroise, Octave Girouard, Philippe, Jean-Marie D’Auteuil, Pierre, Maurice, Lucie D’Auteuil, Rosée D’Auteuil, Mme Joseph Fournier, Mlle Béatrice Samson de St-Grégoire de Montmorency,

 

Ses neveux : Eusèbe, Noël Théberge, M. et Mme Philippe Théberge de St-Fabien, Alphonse Théberge de Trois-Pistoles, M. et Mme Ferdinand D’Auteuil, P. D’Auteuil, Mme Édouard Ouellet de Ste-Françoise M. et Mme Émile Théberge de St-Mathieu et beaucoup d’autres dont les noms nous échappent.

 

La défunte laisse pour pleurer sa perte son époux, ainsi que M. Alfred Théberge, son frère. »

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# 5695             12 décembre 2020

Nouvelles du 13 novembre 1914

Dans son édition du 13 novembre 1914, Le Progrès du Golfe publie des nouvelles concernant Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

Mariages

Le 11 août, M. Arthur Lagacé, fils de Majorique, conduisait à l’autel Mlle Emma Bérubé, fille de Johnny Bérubé.

 

Le 5 octobre M. Ernest Berger, fils d’Émile Berger, de St-Fabien, avec Mlle Emma Vaillancourt, fille d’Alfred Vaillancourt.

 

40-Heures

Les 40-heures ont eu lieu dans notre paroisse le 26 octobre. Les Révérends MM. Amyot, Jean et Pelletier sont venus prêter leur concours â M. le curé. On peut dire que presque tous les paroissiens se sont approchés de la Ste-Table en ces beaux jours.

 

Il en a été de même pour la Toussaint et le jour des Morts. La fréquente communion est très en honneur par ici.

 

Mois du Rosaire

Quelques jeunes filles et les enfants de l’école du village ont fait les frais du chant aux exercices du mois du Rosaire. Il était beau d’entendre ces voix jeunes et pures répondre aux litanies chantées par Mlle Octavie Plourde dont la voix est si sympathique

 

 

Maladie

Mlle Émilie Théberge, institutrice à l’école modèle du village, se voit forcée d’abandonner la classe pour prendre quelques mois de repos. C’est une grande perte pour les enfants car cette demoiselle était très dévouée pour sa classe et a remporté de grands succès dans l'enseignement. Nous lui souhaitons un prompt rétablissement. Elle est remplacée par Mlle E. Bernier, de St-Simon.

 

Mme Ferdinand Parent, malade depuis quelque temps prend du mieux.

 

M. Cyprien Desjardins est malade d'une inflammation de poumons.

 

M. Johnny Jean, à la suite d’un accident à un bras est si malade qu’il a été obligé d’aller demeurer quelque temps près du médecin aux Trois-Pistoles, afin de recevoir les soins appropriés à son état.

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# 5670             27 novembre 2020

Fêtes chez Désiré Théberge

Le Progrès du Golfe publie deux comptes rendus concernant la famille Désiré Théberge. Le premier souligne le 30e anniversaire de naissance de son épouse, Rosalie Parent. Pour le second, c’est le cinquième anniversaire de mariage. Désiré Théberge est originaire de Saint-Mathieu-de-Rioux et demeure alors à Trois-Pistoles.

1. Le Progrès du Golfe, 20 janvier 1922

Le soir des Rois (6 janvier) quelques intimes se rendaient à la résidence de Mme Désiré Théberge, pour lui présenter leurs compliments et bons souhaits à l’occasion de son 30e anniversaire de naissance. Il y a eu lecture d’adresses par ses filles, Mlles Jeanne et Rose-Aimée Théberge. Mme Eugène Vaillancourt (Laura), au nom des dames présentes, adressa à sa belle-sœur des paroles bien appropriées pour la circonstance.

 

À l’occasion de cette fête, Mme Théberge a reçu de nombreux cadeaux. M. Théberge lui a donné un magnifique cabinet à argenterie ; Mlles Rose-Aimée, Jeanne et Thérèse Théberge, des gerbes de fleurs ; M. Armand Théberge, un set à thé en argent ; Mme J. A. Parent, du Bic, mère de Mme Théberge, un chèque ; M. Adélard Parent et Mlle Maria Parent, du Bic, des cartes de prix, etc.

 

Vers minuit, un succulent goûter préparé par ses filles fut servi aux personnes qui ont pris part à cette charmante réunion et qui ont été si bien reçues par M. et Mme Théberge. Cette magnifique soirée s’est terminée par du chant et de la musique.

 

2. Le Progrès du Golfe, 28 juillet 1922

Le 16 juillet 1922, un groupe de parents et d’amis se rendait au domicile de M. Désiré Théberge, commis-marchand de cette ville (Trois-Pistoles), pour lui présenter ainsi qu’à Madame Théberge des vœux de bonheur à l’occasion du cinquième anniversaire de leur mariage.

 

Parmi les personnes présentes, on remarquait Madame Alfred Théberge (Rose Rousseau), Mlles Clémentine et Corinne Théberge de St-Mathieu, mère et sœurs de M. Théberge, Mlles Marie-Ange et Marie-Laure Théberge, ses nièces, M. Léo Théberge, son neveu.

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# 5655             18 novembre 2020

Une famille noble à Saint-Mathieu

Jusqu’à la fin du 19e siècle, la population du Québec est partagée en deux classes sociales, les nobles qui sont une minorité et les roturiers. Les avocats, les notaires, les médecins, les prêtres et les hauts gradés de l’armée sont souvent associés aux nobles, mais ne font pas nécessairement partie de cette classe.

 

À cette époque, il est rare que des nobles vivent dans des petites paroisses rurales. Pourtant, en 1886, un couple noble s’installe à Saint-Mathieu-de-Rioux. Voici les circonstances :

 

En 1883, l’abbé Hermel Tremblay, âgé de 30 ans et natif des Éboulements, est nommé curé de Saint-Mathieu-de-Rioux. Comme cela se fait souvent à l’époque, le curé héberge ses parents au presbytère. Son père, André Tremblay, a 75 ans et sa mère, Adélaïde Tremblay, a 70 ans. Il est raisonnable de penser que leur fils William Joseph (1) qui est encore célibataire  reçoit aussi l’hospitalité du curé. En effet, le presbytère d’alors est suffisamment grand pour héberger plusieurs personnes. Sa superficie est de 40 pieds de longueur et de 36 pieds de largeur. (Voir photo ci-contre)

 

Publication d’un ban

Il me semble voir le curé Hermel Tremblay dans la chaire de l’église de Saint-Mathieu dimanche le 14 février 1886 lors de la grand’messe. Il a la tête haute et le cœur à la joie quand il prononce ces mots : « Il y a promesse de mariage entre Wilfrid Joseph Tremblay, écuyer, major de milice et négociant, de cette paroisse, fils majeur d’André Tremblay, cultivateur, et d’Adélaïde Tremblay de cette paroisse et autrefois de Notre-Dame des Éboulements et Marie-Lucette d’Estimauville de Beaumouchel (2), fille majeure de feu Robert Anne Chevalier d’Estimauville de Beaumouchel, écuyer et avocat de Saint-François de Montmagny et d’Adèle Zoé Couillard de Lespinay. Le mariage sera célébré à Montmagny mardi de cette semaine. »

 

Le curé Tremblay reprend son souffle et dit : « Je serai absent de la paroisse une bonne partie de la semaine. Le curé de Saint-Simon a bien voulu accepter de répondre aux urgences. Je vais à Montmagny pour bénir le mariage de mon frère William Joseph. »

 

Voyage à Montmagny

On peut penser que, dès le lundi, le bedeau attelle le cheval de la Fabrique. Direction : la gare de Saint-Simon. Le curé Tremblay prend place dans la sleigh à patins. Ses parents ne sont pas du voyage. Sa mère est décédée l’année précédente à Saint-Mathieu (3). Son père a 81 ans. Le curé est accompagné d’Auguste D’Anjou, marchand et secrétaire-trésorier de la municipalité, qui sera le témoin du marié (4). Il est fort probable que le marié fait aussi partie du voyage parce qu’il est alors domicilié à Saint-Mathieu. Puis, c’est le train qui conduit tout ce monde à Montmagny.

 

Le mariage

Dans son édition du 19 février 1886, le Journal de Québec annonce que le mariage de W. Joseph Tremblay et Marie-Lucette d’Estimauville a eu lieu à Montmagny le 16 février. Il continue :

 

« La bénédiction nuptiale a été donnée par le révérend messire Hermel Tremblay, curé de Saint-Mathieu, et frère du marié, assisté par le révérend messire F. (Fréderic Auguste) Oliva, curé de Saint-François. Un chœur d’amis, sous l’habile direction de M. Joseph Létourneau, organiste de Montmagny, a rehaussé l’éclat de la cérémonie. Après le déjeuner pris chez James Oliva, écuyer, C. R., beau-père de la mariée, l’heureux couple est parti pour Saint-Mathieu. »

 

Tout comme le marié, James Oliva est écuyer. À l’époque, c’est une qualification noble. En plus, il est conseiller du roi (C. R.). En 1872, il épouse Adèle Zoé Couillard, mère de la mariée, qui a eu 16 enfants de son premier mariage. Le prêtre qui assiste le curé de Saint-Mathieu lors de la cérémonie de mariage est le frère de James Oliva. Ce dernier est un personnage important dans l’histoire de Montmagny.

 

Retour à Saint-Mathieu

Comme on le sait, après le mariage, W. Joseph Tremblay et Lucette D’Estimauville viennent vivre à Saint-Mathieu. Ils auront quatre enfants dont l’aîné est né à Saint-Mathieu et les autres à Roberval (5). Ils quitteront la paroisse en 1887 ou en 1888.

 

Conclusion

Saint-Mathieu-de-Rioux a hébergé une famille noble pendant deux ou trois ans. Pourquoi W. Joseph Tremblay a-t-il quitté la paroisse ? A-t-il été rappelé par la milice canadienne pour une mission ? Peut-on penser qu’après son mariage, il demeurait encore au presbytère et que l’incendie de cette bâtisse le 28 avril 1887 l’a incité à aller vivre ailleurs, notamment parce que les paroissiens n’ont pu sauver qu’une partie seulement de l’ameublement de la bâtisse et que le curé Tremblay a dû loger dans la salle publique. Aucun document consulté ne répond à ces questions.

 

* * * * * * *

(1) Le marié

W. Joseph Tremblay est né aux Éboulements le 13 mai 1851. Son vrai prénom de baptême est Joseph Guillaume. Lors de son mariage, il a 34 ans. En 1880, il est nommé major commandant du 88e bataillon de Charlevoix et de Kamouraska. Il démissionne en 1892. À cause de ses services dans la milice canadienne, on lui attribue le titre d’écuyer.

 

En janvier 1899, il est élu maire du village de Roberval, poste qu’il occupe pendant trois ans. Pour gagner sa vie, il est marchand et banquier. Il est décédé le 2 juin 1921 à l’âge de 70 ans.

 

(2) La mariée

Lucette d’Estimauville de Beaumouchel est née le 25 décembre 1852 à Saint-Thomas de Montmagny. On lui a donné aussi les prénoms de Marie-Luce Anaïs. Lors de son mariage, elle a 33 ans. Son grand-père paternel était écuyer et adjudant greffier. Son bisaïeul paternel était capitaine et seigneur de Beaumouchel. Son trisaïeul était sire et baron. Elle est décédée le 6 février 1932 à l’âge de 80 ans.

 

(3) Acte de sépulture de la mère du marié

« Le vingt-trois novembre mil huit cent quatre-vingt-cinq nous prêtre soussigné curé de Saint Mathieu Rimouski, fils de la défunte, avons inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps de Adélaïde à l’âge de soixante-douze ans. Étaient présents Joseph Tremblay écuyer et Thomas Tremblay fils de la défunte lesquels ont signé avec nous en présence. » L’acte de sépulture est signé notamment par le curé Tremblay.

 

Plus tard, le 6 janvier 1899, André Tremblay rend l’âme à l’âge de 90 ans. Il est inhumé au même endroit.

 

(4) L’acte de mariage

« Le seize février mil neuf cent quatre-vingt-six vu la dispense de de deux bans et la publication du troisième faite au prône de notre messe paroissiale ainsi qu’à St-Mathieu, diocèse de Rimouski, comme il appert par le certificat du curé du lieu, entre William Joseph Tremblay, écuyer, major dans la milice active et négociant, domicilié à St-Mathieu, diocèse de Rimouski, fils majeur de André Tremblay, cultivateur, et de défunte Adélaïde Tremblay, des Éboulements d’une part, et Marie Lucette d’Estimauville de Beaumouchel, fille majeure de feu Robert Chevalier d’Estimauville de Beaumouchel, écuyer, avocat, et de dame Zoé Couillard de cette paroisse d’autre part, ne s’étant découvert aucun empêchement au dit mariage, nous soussigné, curé de St-Mathieu, avons de l’agrément du curé de cette paroisse, reçu leur mutuel consentement de mariage et leur avons donné la bénédiction nuptiale en présence de James Oliva, écuyer, avocat, beau-père de l’épouse et de Auguste D’Anjou, ami de l’époux, qui ont signé avec nous ainsi que les époux et plusieurs autres parents. » Suivent 15 signatures.

 

(5) Enfants du couple

1. Marie Joseph Robert André François Xavier Hermel Tremblay, né le 2 décembre 1886 à Saint-Mathieu.

2. André Anne Raphaël George Joseph Tremblay, né le 20 novembre 1888 à Roberval.

3. Marie Joseph Henri Louis Philippe Léonce Tremblay, né le 9 mars 1890 à Roberval.

4. Marie Joseph Robert Tremblay, né le 10 novembre 1892 à Roberval.

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# 5645             12 novembre 2020

Funérailles de Raymond Ouellet

Le décès par la tuberculose d’un jeune homme de Saint-Mathieu qui étudiait au Séminaire de Rimouski a fortement ébranlé la population de la paroisse et ses confrères du collège. Voici ce que rapporte le Progrès du Golfe dans son édition du 13 juin 1947 :

 

« Un émouvant hommage a été rendu, le mercredi 4 juin, à la douce mémoire de Raymond Ouellet, étudiant au Séminaire de Rimouski, enfant de M. et Mme J.- Émile Ouellet, de Saint-Mathieu, décédé au Sanatorium Saint-Georges de Mont-Joli, à l'âge de 20 ans et 3 mois, après 19 mois de maladie.

 

Le défunt a laissé dans le deuil : son père, M. J.-Émile Ouellet ; sa mère Célina Bérubé ; ses frères, M. l’abbé Paul-Émile, assistant-procureur à l'Archevêché de Rimouski, MM. les abbés Mathieu et Ulric, étudiants en théologie au Grand Séminaire de Rimouski, Gérard, Louis, Dominique, Jacques ; ses sœurs : la Rév. Sœur Saint-Edgar, S. M., Adrienne, Marie-Claire ; ses belles-sœurs : Mme Gérard (Germaine Parent), Mme Louis (Laura Vaillancourt) ; son beau- frère : M. Raoul Vignola.

 

Les funérailles eurent lieu à l'église paroissiale, au milieu d'un grand concours de parents et d'amis. La levée du corps fut faite à la demeure du défunt par M. l’abbé Louis-Joseph Lavoie, curé de l’endroit. Le service funèbre fut chanté par le frère du défunt, M. l'abbé Paul-Émile Ouellet, assisté de son cousin, M. l'abbé Élie Beaulieu, économe à l’Archevêché, et de son frère, M. l’abbé Mathieu, ces derniers remplissant l’office de diacre et de sous-diacre. »

 

Suit une liste de 19 membres du clergé qui assistaient au chœur dont Mgr Médard Belzile, représentant de Mgr Georges Courchesne, archevêque de Rimouski, M. l’abbé Donat Crousset, préfet des études au Séminaire de Rimouski et représentant de Mgr Georges Dionne, supérieur du Séminaire, M. l’abbé Raoul Thibault, directeur du Séminaire et plusieurs de ses anciens professeurs au Séminaire.

 

Suit une autre liste de plus de 100 personnes de Saint-Mathieu dont le maire Onésime Dionne, plusieurs oncles et tantes, plusieurs cousins et cousines et les révérendes sœurs du Saint-Rosaire avec leurs élèves. Une autre liste comprend les noms de plus de 100 personnes provenant principalement de Rimouski et des environs de la paroisse de Saint-Mathieu.

 

« Les élèves de Rhétorique du Séminaire de Rimouski, promotion de 1946-47, assistaient tous au service de leur confrère. Ils portèrent la dépouille mortelle, la bannière des Enfants de Marie, la Croix du Tiers-Ordre, le drapeau Lacordaire du Séminaire.

 

À l’orgue, M. l’abbé Fernand Beauchemin. La chorale locale était assistée des confrères séminaristes du défunt. Le corbillard était conduit par M. Georges Théberge, cousin. M. Émile Théberge, oncle et parrain du disparu, portait la croix. »

 

Dans son livre Horace ou l’art de porter la redingote, Bertrand B. Leblanc, un confrère de Raymond Ouellet au Séminaire de Rimouski, écrit :

 

« On demanda au directeur la permission d’assister aux obsèques. On nolisa un autobus et on partit sous un soleil arrogant, vers Saint-Mathieu à quelques milles au sud du littoral, dans les montagnes. L’infinie tristesse d’une petite église froide où des étrangers en noir pleuraient incontrôlablement. Et nous tous, comme des intrus, conscients de perdre vraiment cette fois un confrère, un ami qu’il fallait rendre à sa famille. D’ailleurs il était méconnaissable. Ça ne pouvait pas être lui le copain dont on espérait le retour. Les mains exsangues, la bouche filiforme, le corps squelettique, il avait déjà la vieillesse indéfinissable de la mort. Et toutes ces gens qui nous donnaient la main, qui nous remerciaient, à qui on faisait certes un peu de bien mais qui ne pouvaient cacher une sourde rancœur, parce que nous rappelions, avec nos redingotes, la machine hideuse qui leur avait arraché un membre. »

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# 5615             24 octobre 2020

Funérailles de dame Jean Dionne

Dans son édition du 15 août 1918, L’Action catholique, un journal de Québec, nous apprend le décès d’Hélène Jean, épouse de Jean Dionne. Voici ce qui y est écrit :

 

« Le 2 août, madame Jean Dionne, née Hélène Jean, rendait son âme à son Créateur, munie de tous les secours de la religion, après une cruelle maladie de trois mois chrétiennement soufferte.

 

S’il est vrai de dire que le Seigneur éprouve ses fidèles amis, madame Dionne fut plus que tout autre l’amie de choix de son Seigneur et de son Dieu ; car depuis vingt-neuf ans, elle était incapable de vaquer à ses occupations journalières et parfois souffrait cruellement. Elle sut accepter cette croix et la porter courageusement jusqu’au bout à l’exemple du Maître. Aussi, nous en avons la douce espérance reçut-elle la couronne de vie dès son entrée au paradis. C’est une citoyenne intègre et une chrétienne fervente, une épouse fidèle et une mère dévouée qui disparaît.

 

Madame Dionne était de ceux dont la bienveillance et la bonté naturelle jointe à un cœur hospitalier et droit s’attachent des amis nombreux et ne se créent guère d’ennemis malgré les divergences de caractère et d’opinions. Les qualités du cœur font les âmes selon ce qu’on dit : rien de plus vrai. Entourée d’affection, jouissant de la considération générale, heureuse d’une vie paisible et douce, elle avait le bonheur de demeurer près de l’église depuis douze ans. Vivant de son labeur et de son esprit de prévoyance, elle quitta tout à l’âge de 72 ans pour sa véritable patrie. Son dernier sacrifice, elle l’accepta avec la sérénité qu’un chrétien ne peut posséder à cette heure dernière.

 

Son service et sa sépulture ont eu lieu, mardi le 6, au milieu d’un immense concours de parents et d’amis dont voici les noms :

 

Conduisaient le deuil : M. Jean Dionne, son époux. Portaient la croix : M. Eugène Vaillancourt, neveu de la défunte. Portaient le corps : MM Antoine Dionne, Théophile Dionne, François-Xavier Dionne, fils de la défunte, et Georges Leclerc, son gendre.

 

Portaient les coins du poêle (drap mortuaire) : Madame Narcisse Rioux, sœur de la défunte, Madame Joseph Jean, belle-sœur et Madame Xavier Dionne ainsi que Madame Théophile Dionne, ses brus.

 

Suivaient le corps : Madame Georges Leclerc et Mademoiselle Elmina Dionne, ses deux filles, M. Joseph Jean et M. Théophile Jean, ses frères, Madame veuve Léon Vaillancourt, sa belle-sœur.

 

Cousins : M. Vézina Jean de St-Simon, M. Narcisse Jean de St-Mathieu et Ferdinand Jean, Gonzague Dionne, Cyprien Lagacé de St-Mathieu, Émile Gauvin de St-Simon.

 

Neveux et nièces : M. Philéas Gaudreau et son épouse de St-Mathieu, Mme Félix Vaillancourt, M. Ernest Dionne, F. Dionne, Omer Vaillancourt, Félix Vaillancourt, Joseph Audet.

 

Autres : Alfred Dionne, Robert Leclerc, M. Antoine Ouellet, notaire de St-Pascal, M. Jean D’Anjou et Clovis Gagné, M. Vézina Jean, Johnny Gauvin, Joseph Nicole et Mlles Nicole également de St-Simon. M. Cyprien Plourde et son épouse, M. Joseph Ouellet et son épouse, François Parent, Alphonse Bélanger, Georges Parent, Alfred Théberge, Elzéar Lévesque, Samuel Lévesque, François Ouellet, Désiré Rousseau et Émile Ouellet de St-Mathieu.

 

Bouquets spirituels : Offerts par les demoiselles Richard et Cayouette, Mlle Marie-Ange Vaillancourt, M. et Mme Narcisse Rioux, Mlle Adélia Jean de St-Mathieu.

 

Offrandes de messes : M. et Mme Georges Leclerc de Lévis, M. et Mme Joseph Jean, Xavier Dionne et Narcisse Dionne. Signé. Un témoin »

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# 5590             9 octobre 2020

Nouvelles de 1918 et 1919

Dans son édition du 23 novembre 1918, le Progrès du Golfe publie des nouvelles concernant Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

Décès

Encore une nouvelle victime de la grippe. Cette fois-ci, il s’agit d’une jeune femme enlevée à la fleur de l’âge à l’affection des siens : Madame Cyprien Plourde, née Aurore Théberge, décédée mardi et inhumée mercredi le treize à l’âge de 26 ans. (NDLR. Ce fut le dernier décès lié à la grippe espagnole à St-Mathieu.)

 

Elle laisse pour déplorer sa perte son époux et une jeune enfant de deux ans. Son père et sa mère ainsi que deux frères et quatre sœurs lui survivent.

 

Condoléances

Ci-dessous la copie des résolutions de condoléances à propos de la mort du maire de la paroisse M. Georges Caron.

 

À une assemblée spéciale du conseil de cette municipalité tenue lundi le onzième jour de novembre à 9 h du matin, il a été proposé par M. Ernest Dionne, secondé par MM. Louis Parent et François Dumont.

 

« Que les membres de ce conseil ont appris avec chagrin la mort de M. Georges Caron, maire de cette municipalité, et qu'ils offrent à Mme la mairesse leurs plus sincères condoléances.

 

Il a aussi été proposé que copie de la présente résolution soit envoyée à la famille ainsi qu’au journal le Progrès du Golfe.

 

Adopté

Joseph Audet, séc.-trés. »

 

Dans son édition du 17 janvier 1919, le Progrès du Golfe écrit :

 

« Marguillier

M. Narcisse Jean en remplacement de M. Cyprien Plourde, marchand.

 

Conseillers municipaux

Alphonse Lagacé, Napoléon Létourneau et Théophile Dionne. M. Antoine Dionne, manufacturier de boîtes à beurre, a été élu maire de la paroisse.

 

Statistiques (de 1918)

Baptêmes 42, mariages 6, sépultures 15.

 

Visite

M. l’abbé Omer Dubé, curé de St-Simon, était l’hôte de M. le curé le jour de l’An au soir.

 

Le même soir eut lieu le départ de M. l’abbé Ludger Harvey qui était parmi nous depuis 2 ½ mois pour prêter secours à M. le curé durant sa longue maladie (grippe espagnole). Ce jeune prêtre par ses grandes qualités a su se concilier l’estime de tous et c’est avec regret que nous l’avons vu partir. Nous lui souhaitons bons succès dans l'exercice de son saint ministère à sa nouvelle cure de St-Narcisse. »

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# 5560             21 septembre 2020

Vente de terres à l’encan

Dans  son édition du 31 janvier 1880, la Gazette officielle du Québec annonce que six terres appartenant à des cultivateurs de Saint-Mathieu-de-Rioux seront vendues aux enchères publiques à Rimouski le 1er mars prochain à moins que le paiement soit effectué avant le jour indiqué. Le journal précise que ces ventes seront faites à cause de taxes dues à la municipalité.

 

Les lecteurs seront surpris du fait que les montants dus sont minimes. Proposons quelques explications. Il est possible que les taxes scolaires qu’on appelle alors des cotisations soient aussi non payées. De plus, à cette époque, la coutume est à l’effet de faire « marquer » dans les commerces, c’est-à-dire d’acheter à crédit. Le fait de faire saisir leur terre est alors une façon pour les cultivateurs de se débarrasser de leurs dettes, y compris parfois l’hypothèque.

 

De plus, certains cultivateurs laissent aller leur terre soit pour profiter des avantages offerts aux colons d’obtenir gratuitement un lot de colonisation dans des nouvelles paroisses, soit pour recommencer à neuf, soit pour émigrer aux États-Unis.

 

Voici la localisation de six terres mises aux enchères, leur propriétaire et le montant dû, tels que précisés dans le journal :

 

1. Deux arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur, situés en le troisième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ; bornés au nord-est à Frédéric Gaudreau et au sud-ouest à Louis Dubé, circonstances et dépendances ; la propriété de Pierre Ouellet.

 

Montant dû : 75 ¢

 

2. Deux arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur, voisine du côté nord-est à Thomas D’Auteuil et au sud-ouest à Damase St-Pierre, lesquels sont situés en le troisième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ; la propriété de Pierre Ouellet.

 

Montant dû : 1,16 $

 

3. Deux arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur, situés en le cinquième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ; voisine du côté nord-est à Édouard Lagacé et au sud-ouest à Renouf et Rioux ; la propriété de Joseph Dionne.

 

Montant dû : 18 ¢

 

4. Trois arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur, situés en le cinquième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ; bornés au nord-est à Firmin Bérubé et à l'ouest à Narcisse Beaulieu ; la propriété de Thomas Dumont.

 

Montant dû : 88 ¢

 

5. Deux arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur, situés en le cinquième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ; bornés au nord-est à Alphonse Dionne et au sud-ouest à Dumas St-Jean ; la propriété de Pierre Fraser.

 

Montant dû : 8,33 $

 

6. Quatre arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur, situés au cinquième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ; bornés à l’est aux Dames Casault, seigneuresses, et à l'ouest à un inconnu ; la propriété de Hyacinthe Beaulieu.

 

Montant dû : 88 ¢

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# 5535             6 septembre 2020

Nouvelles du 14 février 1913

Dans son édition du 14 février 1913, le Progrès du Golfe, un journal de Rimouski, publie des nouvelles concernant Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

Mariages

- Le 7 janvier, M. Louis Gagnon, de St-Fabien, unissait sa destinée à celle de Mlle Adélia Rioux, fille de M. Narcisse Rioux, cultivateur.

- Le même jour, M. Antoine Paradis, fils de M. Jean-Baptiste Paradis à Mlle Joséphine Caron, fille de M. Georges Caron.

- Le 27 janvier, M. Eugène Dévost, fils de Pierre Dévost, à Mlle Marie-Hélène Rioux, des Trois-Pistoles.

- Le 3 février, M. Charles-Eugène Lagacé, fils de Joseph Lagacé, maire des Trois-Pistoles, à Mlle Marie-Anne Jean, fille de Jean (Johnny) Jean.

 

Sépulture

Le 16 janvier a été inhumée Mme Élise Dubé, épouse de Jean Lagacé. Elle s’est éteinte à l'âge de 40 ans. Elle laisse pour la pleurer un époux bien-aimé et une fille Mme Charles Rousseau (Marie-Anne Lagacé).

 

Baptême

Le 7 courant, l’épouse de M. Georges Leclerc, arpenteur de Lévis, donnait le jour à un fils qui porte les noms de Georges Robert Rosario. Parrain et marraine, M. et Mme Jean Dionne, grands-parents de l’enfant.

 

En visite

- Mlle Clairina Cayouette, de la Rivière de Trois-Pistoles, était de passage au presbytère la semaine dernière.

- Mme Vve Ulric Bérubé est en promenade chez ses parents et amis, ces jours-ci.

- M. le notaire Ouellet, de St-Pascal, était en visite chez son père M. Étienne Ouellet, dimanche dernier.

- Mme Georges Parent, de Trois-Pistoles, était aussi de passage ici, durant les jours gras, en visite chez ses parents et amis.

- Mlle Rose-Aimée Cayouette est de retour d’une promenade dans sa famille à Ste-Claire, où elle était allée pour assister au mariage de son frère M. Fénelon Cayouette.

 

Malade

Mme Majorique Rousseau est dangereusement malade.

 

Fête des Saintes Reliques.

Le 29 janvier, la fête des Saintes Reliques a eu lieu dans cette paroisse. M. le chan. Lavoie, Rév. M. Jean, Rév. M. Santerre, Rév. M. Pelletier, Rév. M. Amyot et le Rév. M. Arpin sont venus prêter leur concours à M. le curé. Le sermon a été donné par le Rév. M. Arpin : il a été très apprécié des auditeurs.

 

Statistiques

Durant l’année qui vient de s'écouler il y a eu 9 mariages, 9 sépultures et 26 baptêmes.

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# 5500             15 août 2020

Émigration vers les États-Unis

Vers 1840, un mouvement d’émigration de Québécois vers les États-Unis prend forme et dure jusqu’en 1930 alors que le pays ferme ses frontières.

 

À Saint-Mathieu-de-Rioux, le mouvement débute en 1887. Nous avons eu la chance de mettre la main sur un article d’un citoyen de Trois-Pistoles, qui semble être bien informé. L’article dont le titre est Le fléau de l’émigration a été publié dans L’Électeur, un quotidien de Québec, le 16 juillet 1892. On y trouve d’abord une brève description de la situation économique de Saint-Mathieu qui apparaît comme désastreuse. Puis, l’auteur fait une liste de familles qui ont émigré aux États-Unis de 1887 à 1892. Voici le texte de présentation :

 

« La paroisse de St-Mathieu, dans le comté de Rimouski n’est pas prospère. Le sol est pauvre. Les trois quarts des terres sont surchargées d’hypothèques et il est impossible à leurs propriétaires de songer à se défaire de ces obligations onéreuses au moyen des produits de la ferme. La récolte n’est pas assez abondante chaque année pour qu’ils puissent entretenir ces espérances. Même si, par impossible, ils récoltaient beaucoup, ils ne seraient guère plus avancés, ils vendraient nécessairement leurs produits à vil prix.

 

Aussi, il ne faudra pas être étonné de voir cette paroisse se dépeupler graduellement. Il est indubitable que le tiers de ses habitants auront émigré dans les États de la Nouvelle-Angleterre avant deux ou trois ans.

 

La population de St-Mathieu est actuellement de 900 âmes environ. » (Fin du texte cité)

 

Voici la liste des partants de 1887 à 1892  et leur nombre par année en supposant que chaque homme est accompagné de son épouse :

 

En 1887 : 7 personnes dont 5 enfants

Anatole Moreau, 5 enfants

 

En 1888 : 49 personnes dont 37 enfants

Narcisse Lévesque, 8 enfants

Noël Lévesque, 4 enfants

Frédéric Rioux, 6 enfants

Lucien Rioux, 8 enfants

Pierre Fraser, 6 enfants

Denis St-Jean, 5 enfants

 

En 1889 : 76 personnes dont 54 enfants

Joseph Bérubé, 7 enfants

Napoléon Charrette, 0 enfant

Joseph Dévost, 6 enfants

J. B. Lavoie, forgeron, 4 enfants

J. B. Lavoie, meunier, 5 enfants

Théophile Lévesque, 0 enfant

Pierre Ouellet, 5 enfants

Michel Paradis, 9 enfants

Charles Ricard, 5 enfants

Marcellin Rousseau, 5 enfants

Joseph Sergerie, 8 enfants

 

En 1890 : 195 personnes dont 143 enfants

Édouard Bérubé, 10 enfants

Édouard Bérubé, fils de Séverin, 4 enfants

Charles Caron, 4 enfants

William Castonguay, 3 enfants

Jean Côté, 7 enfants

Léandre Dévost, 8 enfants

Louis Dubé, 4 enfants

Maxime Dubé, 7 enfants

Séverin Dubé, 7 enfants

Paul Gaudreau, 5 enfants

Luc Jean, 6 enfants

Xavier Jean, 8 enfants

Louis Leclerc, 6 enfants

Eusèbe Lévesque, 4 enfants

Narcisse Lévesque, fils de David, 7 enfants

J. B. Michaud, 6 enfants

Charles Morin, 4 enfants

Aristobule Paradis, 4 enfants

Venant Plourde, 8 enfants

Simon Rioux, 6 enfants

Joseph Roy, 5 enfants

Pierre Roy, 3 enfants

Germain St-Laurent, 5 enfants

Étienne Tardif, 2 enfants

J. B. Tondreau, 4 enfants

Célestin Vaillancourt, 6 enfants

 

En 1891 : 33 personnes dont 23 enfants

Barthélémy Dandurand, 3 enfants

Charles Dandurand, 4 enfants

Denis Fournier, 4 enfants

Philippe Lagacé, 7 enfants

Cléophas Turcot, 5 enfants

 

En 1892 : 21 personnes dont 15 enfants

Octave Boucher, 8 enfants

Narcisse Lévesque, père, 4 enfants

Jos. Paradis, père, 3 enfants

 

Voici un tableau qui résume la situation :

 

 

1887

1888

1889

1890

1891

1892

Total

Parents

2

12

22

52

10

6

104

Enfants

5

37

54

143

23

15

277

Total

7

49

76

195

33

21

381

 

« La plupart de ces familles sont maintenant dans les États du Maine et du Massachusetts. Quelques-unes d’entre elles se sont fixées dans les villes manufacturières de l’État du Michigan ; enfin, d’autres, en petit nombre, sont dans l’ouest américain dans le Minnesota et le Dakota. »

 

Il semble bien que la prédiction de l’auteur de l’article ne s’est pas réalisée parce que de 1891 à 1900 la population de Saint-Mathieu a diminué de 107 personnes dont 54 avaient émigré en 1891 et 1892. D’ailleurs, l’année marquante est de loin 1890, comme le montre le tableau précédent. Les 195 départs ont, sans aucun doute, constitué tout un choc pour la population de la paroisse.

 

Selon des experts, autour de la moitié des partants du Québec sont revenus chez eux après quelques années aux États-Unis. En est-il de même pour les Mathéens ? On n’en sait rien.

 

Alors que la population de Saint-Mathieu-de-Rioux est de 1175 habitants en 1881, pendant les années subséquentes, elle sera à son plus bas niveau en 1921 avec 781 habitants pour dépasser les 1000 personnes de 1941 à 1966.

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# 5475            30 juin 2020

La commission scolaire

Selon le Journal de l’Instruction publique de juillet 1859, la commission scolaire de Saint-Mathieu-de-Rioux a été érigée en 1859.

 

Dans l’Album-souvenir du centenaire publié en 1966, j’avais écrit : « 31 décembre 1869. Première assemblée de la Commission scolaire consignée au registre. Le président est M. le curé Antoine Chouinard et les commissaires sont Georges Parent, Édouard Bérubé et Barthélémy Dandurand. Le secrétaire-trésorier est Théophile Lévesque. »

 

J’avais puisé cette information dans les registres de la commission scolaire. Se peut-il que le secrétaire ne consignait pas les procès verbaux dans un grand livre avant cette date? Pour le savoir, il faudrait peut-être retrouver le registre qui a été ouvert en 1869 car il a été égaré.

 

En novembre 1859, le Journal de l’Instruction publique, annonce que « Son Excellence, le Gouverneur Général, a bien voulu, le 25 octobre dernier, faire les nominations suivantes de commissaires d’école pour Saint-Mathieu : MM. Célestin Vaillancourt, Damase Devost, Hyacinthe Gagnon, Vital Rousseau et Édouard Lagacé. »

 

« Les commissions scolaires reconnues comme pauvres reçoivent des subventions du Gouvernement. La commission scolaire de Saint-Mathieu reçoit pour 1865 une subvention ordinaire de 84,10 $. Elle a prélevé en cotisations (impôts scolaires) 118,60 $. En plus, elle reçoit une subvention supplémentaire de 30 $ alors qu’elle demandait 36 $. » Journal de l’Instruction publique, février 1866

 

« La commission scolaire de Saint-Mathieu reçoit pour 1866 une subvention ordinaire de 84,10 $. Elle a prélevé 121 $ en cotisations. En plus, elle reçoit une subvention supplémentaire de 27 $ alors qu’elle demandait 32 $. » Journal de l’Instruction publique, mars 1867

 

En 1867, « cette municipalité n’a que deux écoles mais on avise aux moyens d’en ouvrir une troisième dans un canton éloigné des écoles établies. Les progrès sont satisfaisants dans ces deux écoles que fréquentent 98 élèves, avec une assistance quotidienne de 67 élèves. On note que les livres de comptes sont bien tenus. » Journal de l’Instruction publique, mai 1867.

 

« La commission scolaire de Saint-Mathieu reçoit pour 1870 une subvention ordinaire de 84,10 $. Elle a prélevé 94,32 $. En plus, elle reçoit une subvention supplémentaire de 30 $ alors qu’elle demandait 30 $. On note que quatre écoles existent. » Journal de l’Instruction publique, janvier 1871

 

« La commission scolaire de Saint-Mathieu reçoit pour 1871 une subvention ordinaire de 84,10 $. Elle a prélevé en cotisations 152,90 $. En plus, elle reçoit une subvention supplémentaire de 30 $ alors qu’elle demandait 36 $. On note que quatre écoles existent. » Journal de l’Instruction publique, mars 1872

 

Les derniers extraits nous montrent le peu de ressources financières de la commission scolaire. Par exemple, en 1871, le budget annuel de l’organisme est de 267 $ pour quatre écoles, soit une moyenne de 66,75 $ par école. Avec cet argent, il fallait payer l’institutrice et assurer le loyer des maisons d’école et l’entretien des écoles, en particulier le chauffage pendant l’hiver.

 

Le 30 octobre 1880, la Gazette officielle du Québec publie un avis de demande d’annexion. Le texte se lit comme suit :

 

« Annexer à la municipalité de Sainte-Françoise, dans le comté de Témiscouata, le territoire suivant de la paroisse de Saint-Mathieu, dans le comté de Rimouski, savoir : dix-huit arpents de front sur la cinquième concession, et 14 arpents sur la sixième concession ; bornée au nord aux terres de la quatrième concession, de la seigneurie de Nicolas Rioux, au sud aux terres de la septième concession, à l’ouest à la ligne de Sainte-Françoise, et à l’est à Thomas P. Pelletier, écuyer, sur les deux concessions. »

 

En septembre 1892, le journal L’enseignement primaire écrit : « Il a plu à Son Honneur le lieutenant-gouverneur, par un ordre en conseil, en date du 8 juillet dernier (1892), de détacher de la municipalité de Saint-Mathieu de Rioux, comté de Rimouski, les propriétés nos 135, 136, 137, 138 et 139 du cadastre de la dite paroisse, et les annexer pour les fins scolaires à la municipalité de la paroisse des Trois-Pistoles, comté de Témiscouata. Cet ordre en conseil ne prendra effet que le premier de juillet prochain (1893) ».

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# 5465             24 juin 2020

Nouvelles du 16 janvier 1909

Dans son édition du 16 janvier 1909, L’Action sociale, journal de Québec qui a précédé l’Action catholique, on peut lire plusieurs nouvelles concernant la paroisse de Saint-Mathieu-de-Rioux. Des éléments d’information ont été ajoutés.

 

« À une assemblée des anciens et nouveaux marguilliers, M. Cyprien Bélanger a été élu marguillier en remplacement de M. Charles Ouellet sortant de charge. Les deux autres marguillers sont Thomas Pelletier et Ludger Ouellet.

 

Baptêmes. M. et Mme Charles d'Auteuil (Émilia Dionne) ont fait baptiser une fille sous les noms de Marie Rose Anna. Parrain et marraine : M. et Mme Adélard d'Auteuil (Elmire Gaudreau). Note. Rose Anna est née le 31 décembre 1908. Elle épousera Georges Roy le 23 décembre 1944 à Louiseville.

 

M. et Mme Philéas Gaudreau (Delphine Dionne) ont fait baptiser une fille Marie Rose Délima. Parrain David Ouellet, marraine Délima Gaudreau. Note. Rose Délima est née le 31 décembre 1908. Elle épousera Ernest Desjardins le 26 décembre 1925 à St-Mathieu.

 

M. et Mme Narcisse Rioux (Arthémise Jean) ont fait baptiser un fils sous les noms de Joseph Roméo Camille. Parrain Victor Jean, marraine Marie-Anna Jean. Note. C'est le 16e enfant du couple Rioux-Jean. Roméo Camille est né le 5 janvier 1909. Il décédera le 13 octobre 1931 à l’âge de 22 ans.

 

M. et Mme Joseph Côté (Marie Ouellet) ont fait baptiser une fille Marie Ange. Parrain et marraine : M. et Mme Thomas Ouellet (Marie-Rose Théberge). Note. Marie Ange est née le 27 décembre 1908.

 

Extrait des registres

Les registres mentionnent pour 1908 : 8 mariages, 39 baptêmes, 15 sépultures. » (Fin du texte cité)

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# 5440             9 juin 2020

Émélie Théberge (1892-1915)

Émélie Théberge est née à Saint-Mathieu-de-Rioux le 4 septembre 1892. Elle est la fille d’Alfred Théberge et de Rose Rousseau. Dans son édition du 13 novembre 1914, le Progrès du Golfe nous apprend qu’Émélie Théberge est malade. Six mois plus tard, soit le 21 mai 1915, le même journal nous apprend son décès. «  Le douze mai, la mort  (…) enlevait à la fleur de l’âge, une victime de la terrible consomption, Mlle Émilie Théberge, institutrice, âgée de 22 ans, fille de M. Alfred Théberge, secrétaire-trésorier. Les funérailles, le 15 mai, furent très solennelles. L’église avait revêtu ses plus riches tentures de deuil et l’assistance était nombreuse. La levée du corps se fit à la maison mortuaire. M. le curé Cayouette officiait.

 

La croix était portée par Mlle M. Audet, accompagnée des porteurs : M. Thomas Ouellet, beau-frère de la défunte, ses frères M. Émile et Désiré Théberge, ses beaux-frères M. Eugène Vaillancourt et M. Cyprien Plourde. Les coins du poêle (drap mortuaire) étaient portés par des enfants de Marie, amis de la défunte, Mlle Élise Bernier, institutrice, Mlle Marie-Thérèse Nicole, de St-Simon, Mlle Octavie Plourde et Mlle Léontine Parent.

 

Le deuil était conduit par M. et Mme Alfred Théberge, père et mère de la défunte, Mesdames Thomas Ouellet, Eugène Vaillancourt et Cyprien Plourde, Mlles Clémentine et Corine Théberge, toutes sœurs de la défunte. Les enfants de l'école modèle vinrent ensuite pour rendre un dernier hommage à celle qui fut leur maîtresse aimée.

 

Dans le cortège, nous remarquions toutes les institutrices de la paroisse, Mme Vve Thomas. Rioux, Mlles Sirois et Ouellet, les deux demoiselles Bilodeau.

 

Le chant fut très réussi. À part les chantres ordinaires, les deux demoiselles suivantes chantèrent des cantiques avant le service. Mademoiselle Octavie Plourde, dont la voix est si douce et si sympathique, chanta le cantique « Jusques à quand, enfants des hommes » avec beaucoup d’âme. Avant le « libéra », Mlle Élise Bernier chanta l’Adieu de Schubert, avec paroles adaptées pour sépulture de jeune fille. Sa voix harmonieuse et si émue fit couler bien des larmes.

 

Mlle Émilie Théberge, jeune fille distinguée par ses vertus, ses talents et son aimable caractère avait su se créer un grand nombre d’amis qui ne l’oublieront pas de longtemps. Sa maladie si longue fut soufferte avec une grande résignation. Dieu est venu cueillir cette belle fleur pour en orner son ciel. Elle emporte des regrets unanimes comme le prouvent les nombreuses offrandes de bouquets spirituels.

 

À la famille affligée nos plus sincères sympathies. »

 

L’article est signé Fleur du Pays.

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# 5420             27 mai 2020

Fin tragique de Majorique Rousseau

Chaque paroisse vit ses propres drames. Dans l’édition du 24 octobre 1903, La Presse, un quotidien de Montréal, raconte la disparition d’un paroissien de Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

« Un brave cultivateur de St-Mathieu, comté de Rimouski, M. Majorique Rousseau, âgé d’environ 70 ans, partit de sa demeure l’autre après-midi pour se rendre au bois sur sa terre. Le soir, le vieillard ne revenait pas et, à mesure que la nuit avançait, l’émoi grandissait au foyer.

 

Le lendemain matin, sa famille fit part au voisinage de la disparition du vieillard. Plusieurs amis alors se mirent à sa recherche toute la journée du samedi, mais sans succès.

 

Dimanche dernier, M. le curé de St-Mathieu, dans l’anxiété lui-même de connaître ce qu’était devenu cet estimé paroissien, dit une messe basse au lieu de chanter la messe paroissiale ordinaire et demanda à ses paroissiens de se mettre immédiatement après la messe à la recherche de M. Rousseau.

 

En effet, grand nombre de paroissiens se rendirent de bonne grâce à cette invitation et firent une battue générale dans le bois. Dans le cours de l’après-midi, on trouva le vieillard couché au pied d’un arbre sur le côté droit et la main droite sous l’oreille. Il semblait dormir.

 

M. Majorique Rousseau était un citoyen très estimé à St-Mathieu. Il était connu sous le nom amical de « Père Major ». (Fin du texte cité)

 

Majorique Rousseau est né le 24 avril 1830. Il est le fils de Laurent Rousseau et de Rosalie Lévesque. Il épouse en premières noces Desanges Vaillancourt le 11 juillet 1854 en l’église de Saint-Simon. En secondes noces, il épouse Marie Lagacé le 15 octobre 1872 à Saint-Mathieu, Il décède le 16 octobre 1903. Il a donc 73 ans lors du drame. 

 

De ses deux unions, Majorique Rousseau a 18 enfants. Citons Majorique (Geneviève Marquis), Zoé (Louis Fortin), Luce (Luc Larrivée), Désiré (Caroline Drapeau et Claudia Lavoie), Charles-Eugène (Marie Anne Lagacé), Éva (Jos Vaillancourt), Clairina (Jean-Charles Couturier).

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# 5400             15 mai 2020

Vente du magasin général

L’électeur, journal du matin de Québec, dans son édition du 1er mai 1889, annonce la vente de la maison de T. Lévesque, de Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

Qui est ce T. Lévesque ? Il est fort à parier qu’il s’agit de Théophile Lévesque. En effet, cet homme a été le premier propriétaire en 1866 du magasin général situé en face de l’église. Il est né en 1836. Il est le fils de Pierre Lévesque et de Madeleine Gauvin. Il épouse Arthémise Michaud le 28 octobre 1862 à Trois-Pistoles.

 

Il a été le premier secrétaire-trésorier de la commission scolaire de Saint-Mathieu-de-Rioux en 1869. Il a aussi été le premier secrétaire-trésorier de la municipalité de 1872 à 1881. On en déduit qu’il avait une certaine instruction. Lors de l’annonce de la vente de la bâtisse, il a 63 ans.

 

 

Voici le texte de l’annonce :

 

« Maison à vendre, T. Lévesque

Une magnifique maison à deux étages de 25 × 30 pieds avec cuisine attenante en arrière, de 15 × 25 pieds, située près de l'église St-Mathieu de Rimouski, avec ensemble hangar, étable et remise, sur un emplacement d’un arpent sur un demi-arpent de terre.

 

Le tout en très bon ordre avec un côté de la maison dans le premier étage pour le magasin et très confortable pour la réception des touristes qui ont l’habitude d’aller tour à tour passer quelques jours pendant la saison d’été, pour y faire la pêche dans les beaux lacs de cette paroisse.

 

Conditions faciles.

 

S’adresser sur les lieux à T. Lévesque, St-Mathieu. »

La photo de la maison a été publiée dans la monographie Saint-Mathieu-de-Rioux raconte son histoire en 2016.

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# 5365             24 avril 2020

Décès d’un centenaire

Daniel Jean Girouard, époux de Claire Girouard (née Henley), de Calgary, Alberta, est décédé le samedi 22 février 2020 à l'âge de 100 ans et 4 mois. Il était natif de Saint-Mathieu-de-Rioux. La maison funéraire McInnis & Holloway  a publié sur son site une courte biographie en anglais de cet homme.

Comme le récit de sa vie est assez exceptionnel pour l’époque, j’ai pensé vous présenter ce texte. Le voici en traduction libre :

 

« Daniel John Girouard, est né le 22 octobre 1919 d'Alfred Girouard et d'Yvonne Dionne dans la paroisse de St-Mathieu au Québec. Le temps que Daniel a passé avec sa mère a été malheureusement bref. En 1921, peu de temps après la naissance du frère de Daniel, Charles, sa mère et son bébé Charles sont décédés de complications après la naissance. Cette tragédie a incité Alfred à quitter le Québec pour commencer une nouvelle vie dans l'Ouest, soit dans le district de Peace River en Alberta.

Daniel est demeuré au Québec pour être élevé par ses grands-parents maternels, Ferdinand Dionne et Marie Gagnon. Ceux-ci ayant élevé une famille nombreuse (8 enfants), ils ont donné à Daniel la possibilité de grandir avec des oncles et des tantes, certains presque de son âge. Daniel a grandi sur la ferme familiale et a vécu une enfance heureuse et aimante. Le premier jour d'école où l'enseignante faisait l’appel des noms, elle a dit « Daniel Girouard », personne n'a répondu. Elle a de nouveau appelé le nom, a montré Daniel et a dit : « C'est toi ? » Daniel secoua la tête, il dit : « Non, je m'appelle Daniel Dionne. » Quand il est rentré chez lui, il a dit à sa grand-mère : « Cette maîtresse est folle, elle a dit que je m'appelle Girouard ! »

Quand Daniel eut 12 ans, son père est revenu à Saint-Mathieu pour le ramener en Alberta. Au début du séjour, Daniel ne croyait pas qu'Alfred était son père. Le lendemain, après le retour de Daniel de l'école, Alfred était toujours là. Ses grands-parents ont réussi à le convaincre qu'Alfred était bien son père et il a accepté la situation. Daniel a voyagé avec son père, ses oncles Charles et Ferdinand Dionne, et Philippe D'Auteuil en Alberta.

Son père s'était marié une deuxième fois avec Florentine Campbell en 1926, ils avaient deux enfants : Ted (Phillip Alfred) et Jeanne. Daniel avait un demi-frère et une demi-sœur qu'il avait rencontrés à son arrivée à la propriété familiale de Dreau en Alberta. Daniel a poursuivi ses études jusqu'à l'âge de 15 ans quand il a fait une chute brutale de son cheval et s'est blessé à la jambe. Après avoir récupéré à la maison, il a été décidé qu'il avait suffisamment de scolarité, et il était temps pour lui de commencer à travailler à plein temps à la ferme. Daniel a travaillé à la ferme jusqu'à ce qu'il convainque son père de le laisser aller dans un camp de bûcherons pour aider ses oncles. Il a également défriché des terres avec son père et a travaillé pour le chemin de fer dans sa jeunesse.

En 1941, à l'âge de 21 ans, Daniel s'est enrôlé dans les Forces armées canadiennes à Grande Prairie en Alberta. Il s'est entraîné près de Calgary, puis en Angleterre. Daniel a servi pendant la Seconde Guerre mondiale avec une équipe de transport au sol. Il a été affecté en Méditerranée centrale, en Europe du Nord-Ouest et en Hollande à la fin de la guerre. Il est revenu au Canada en 1946. Il a noué des amitiés à vie avec plusieurs de ses copains de l'armée, dont Dick Page et Henry Johnson de la région de Didsbury, et plusieurs autres de partout en Alberta et au Canada.

Daniel est retourné dans la région de Peace River pour travailler sur le chemin de fer et la ferme. Là, il a rencontré l'amour de sa vie Claire Marie Henley. En décembre 1946, ils se sont mariés à Girouxville, en Alberta. La réception a dû être assez festive car l’édifice a brûlé après le départ des invités tôt le matin.

Daniel et Claire ont acquis une terre au sud de Girouxville qu'ils ont défrichée et cultivée jusqu'en 1950, tout en occupant d'autres emplois pour joindre les deux bouts. En 1947, leur première fille est née, Marguerite Yvonne. En 1948, leur premier fils est né, Richard Theodore. La jeune famille demeurait près de Prince George, en Colombie-Britannique, pour le travail, où leur deuxième fille, Paula Louise, est née en 1949. Pendant leur séjour en Colombie-Britannique, un incendie a de nouveau frappé et ils ont perdu de nombreux biens.

Daniel a ensuite trouvé un emploi dans une équipe sismique et la famille a voyagé avec lui. Ils vivaient dans une petite remorque à la suite de travaux sismiques en Alberta et en Saskatchewan. En 1953, ils sont arrivés à Calgary et ont vécu dans le parc à roulottes d'Inglewood, puis à Sunshine Auto Court, qui fait maintenant partie de Stampede Park. En 1954, Daniel a commencé à travailler pour Postes Canada, où il fut facteur jusqu'à sa retraite en 1980.

En 1955, la famille emménage dans une toute nouvelle maison à Bowness. Les enfants avaient de l’espace en masse : 850 pieds carrés, une grosse différence par rapport à la roulotte. Les enfants ont fréquenté l'école à Bowness, et Daniel et Claire se sont fait de nombreux nouveaux amis. Daniel aimait voyager, et la famille a passé de nombreux week-ends sur la route pour rendre visite à des parents et amis. À la surprise générale, le quatrième enfant de Daniel et Claire, Paul Louis, est arrivé en 1966, 17 ans après sa sœur.

Les voyages de Daniel et Claire les ont emmenés en Europe, en Amérique du Sud et dans les Caraïbes. Après leur retraite en 1980, ils ont passé plusieurs années à faire des voyages en camping-car à travers le Canada, les États-Unis et le Mexique. Après que Daniel ait eu 80 ans, les voyages ont été plus courts, mais ils ont quand même voyagé à travers le Canada pour rendre visite à des amis et à leur famille.

 

Daniel était membre de la filiale 238 de la Légion royale canadienne. Il a passé du temps en tant qu'officier de service et a aidé le Fonds du coquelicot pendant de nombreuses années. Daniel et Claire étaient des habitués du Jam du jeudi pour aînés et aimaient faire une danse ou deux. Ils ont assisté à deux voyages « Merci Canada » en Hollande, où ils ont été extrêmement bien traités grâce à l’implication de Daniel à la fin et après la guerre. Daniel et Claire ont vécu dans leur maison de Bowness jusqu'à ce qu'il soit enfin prêt à emménager dans une résidence de retraite à l'âge de 97 ans.

 

Daniel avait un grand amour pour sa famille et ses amis. Il n'était jamais plus heureux que lorsqu'il jouait avec des enfants. Il aimait taquiner tous les enfants et ils revenaient tous vers lui. Daniel a fêté ses 100 ans en octobre dernier, où il a eu le plaisir de rendre visite à de nombreux amis et à sa famille qui ont voyagé pour profiter d'un après-midi en son honneur. Daniel était très aimé, et sa mémoire vivra avec nous pour longtemps.

 

Daniel a été précédé dans la mort par sa mère Yvonne Dionne, son père Alfred Girouard, deux frères, Charles Girouard et Ted Girouard, sa sœur Jeanne Gendron et ses grands-parents, Ferdinand Dionne et Marie Gagnon. » (Fin du texte cité)

La photo appartient à la maison funéraire McInnis & Holloway.

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# 5340             9 avril 2020

Un père éprouvé

Jusque vers 1950, la mortalité infantile, les accouchements, les maladies pulmonaires, les épidémies plombaient l’espérance de vie. Je vous raconte l’histoire d’Alfred Théberge de Saint-Mathieu-de-Rioux qui a été durement éprouvé par des pertes de vie dans sa famille immédiate.

 

Alfred Théberge est le fils d’Alexandre-Timothée Théberge et d’Émérence St-Pierre. Il est né le 26 février 1840. Il épouse en premières noces Arthémise Bélanger le 24 novembre 1863 et en deuxièmes noces Rose Rousseau le 15 octobre 1878. Cette dernière décède le 13 mai 1940 à l’âge de 88 ans.

 

Pendant sa vie, Alfred Théberge a perdu sa première épouse, Arthémise Bélanger. Elle décède le 3 octobre 1867 à l’âge de 23 ans d’une maladie contagieuse. Elle avait mis au monde son deuxième enfant une semaine plus tôt, soit le 27 septembre.

 

Pendant sa vie, Alfred Théberge a perdu 8 de ses 13 enfants. Voici les noms par ordre chronologique de décès :

 

Victime 1. Délima. Née le 27 septembre 1867, elle décède le 25 novembre 1867 à l’âge de 2 mois de la même maladie que sa mère Arthémise.

 

Les victimes suivantes sont les enfants de Rose Rousseau qui a mis au monde 11 enfants.

 

Victime 2. Adélard. Né le 28 mai 1880, il décède le 9 mai 1881 à l’âge de presqu’un an.

 

Victime 3. Un autre Adélard. Né le 13 juillet 1881, il décède le 7 septembre 1882 à l’âge d’un an et 2 mois.

 

Victime 4. Hermel Alfred. Né le 25 mars 1888, il décède le 3 décembre 1889 à l’âge d’un an et 8 mois.

 

Victime 5. Éva. Née le 26 août 1894, elle décède le 10 février 1901 à l’âge de 6 ans et 6 mois.

 

Victime 6. Émilie. Née le 4 septembre 1892, elle décède le 12 mai 1915 à l’âge de 22 ans. Elle était institutrice.

 

Victime 7. Aurore. Née le 8 mars 1891, elle épouse Cyprien Plourde le 1e juillet 1913. Elle décède le 12 novembre 1918 de la grippe espagnole à l’âge de 27 ans. Elle a mis au monde un enfant anonyme la veille de sa mort. Elle avait perdu un autre enfant anonyme le 29 septembre 1917.

 

Victime 8. Rose. Née le 15 novembre 1883, elle épouse Thomas Ouellet le 25 janvier 1905. Elle décède le 8 janvier 1920 à l’âge de 36 ans après avoir mis au monde 9 enfants.

 

Quand Alfred Théberge décède le 9 août 1924 à l’âge de 84 ans, il ne reste plus que cinq de ses enfants sur 13 pour pleurer sa perte. Ce sont : Clémentine, Émile, Désiré, Laura, une ancienne institutrice, et Corine. Cette dernière, une institutrice, décède le 6 septembre 1924 à l’âge de 39 ans, moins d’un mois après son père.

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