(Dessin réalisé au primaire)

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Les charleries

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Ce blogue contient des souvenirs, des anecdotes, des opinions, de la fiction, des bribes d’histoire, des récréations et des documents d’archives.

Charles-É. Jean

Saint-Mathieu-de-Rioux

# 5420             27 mai 2020

Fin tragique de Majorique Rousseau

Chaque paroisse vit ses propres drames. Dans l’édition du 24 octobre 1903, La Presse, un quotidien de Montréal, raconte la disparition d’un paroissien de Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

« Un brave cultivateur de St-Mathieu, comté de Rimouski, M. Majorique Rousseau, âgé d’environ 70 ans, partit de sa demeure l’autre après-midi pour se rendre au bois sur sa terre. Le soir, le vieillard ne revenait pas et, à mesure que la nuit avançait, l’émoi grandissait au foyer.

 

Le lendemain matin, sa famille fit part au voisinage de la disparition du vieillard. Plusieurs amis alors se mirent à sa recherche toute la journée du samedi, mais sans succès.

 

Dimanche dernier, M. le curé de St-Mathieu, dans l’anxiété lui-même de connaître ce qu’était devenu cet estimé paroissien, dit une messe basse au lieu de chanter la messe paroissiale ordinaire et demanda à ses paroissiens de se mettre immédiatement après la messe à la recherche de M. Rousseau.

 

En effet, grand nombre de paroissiens se rendirent de bonne grâce à cette invitation et firent une battue générale dans le bois. Dans le cours de l’après-midi, on trouva le vieillard couché au pied d’un arbre sur le côté droit et la main droite sous l’oreille. Il semblait dormir.

 

M. Majorique Rousseau était un citoyen très estimé à St-Mathieu. Il était connu sous le nom amical de « Père Major ». (Fin du texte cité)

 

Majorique Rousseau est né le 24 avril 1830. Il est le fils de Laurent Rousseau et de Rosalie Lévesque. Il épouse en premières noces Desanges Vaillancourt le 11 juillet 1854 en l’église de Saint-Simon. En secondes noces, il épouse Marie Lagacé le 15 octobre 1872 à Saint-Mathieu, Il décède le 16 octobre 1903. Il a donc 73 ans lors du drame. 

 

De ses deux unions, Majorique Rousseau a 18 enfants. Citons Majorique (Geneviève Marquis), Zoé (Louis Fortin), Luce (Luc Larrivée), Désiré (Caroline Drapeau et Claudia Lavoie), Charles-Eugène (Marie Anne Lagacé), Éva (Jos Vaillancourt), Clairina (Jean-Charles Couturier).

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# 5400             15 mai 2020

Vente du magasin général

L’électeur, journal du matin de Québec, dans son édition du 1er mai 1889, annonce la vente de la maison de T. Lévesque, de Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

Qui est ce T. Lévesque ? Il est fort à parier qu’il s’agit de Théophile Lévesque. En effet, cet homme a été le premier propriétaire en 1866 du magasin général situé en face de l’église. Il est né en 1836. Il est le fils de Pierre Lévesque et de Madeleine Gauvin. Il épouse Arthémise Michaud le 28 octobre 1862 à Trois-Pistoles.

 

Il a été le premier secrétaire-trésorier de la commission scolaire de Saint-Mathieu-de-Rioux en 1869. Il a aussi été le premier secrétaire-trésorier de la municipalité de 1872 à 1881. On en déduit qu’il avait une certaine instruction. Lors de l’annonce de la vente de la bâtisse, il a 63 ans.

 

 

Voici le texte de l’annonce :

 

« Maison à vendre, T. Lévesque

Une magnifique maison à deux étages de 25 × 30 pieds avec cuisine attenante en arrière, de 15 × 25 pieds, située près de l'église St-Mathieu de Rimouski, avec ensemble hangar, étable et remise, sur un emplacement d’un arpent sur un demi-arpent de terre.

 

Le tout en très bon ordre avec un côté de la maison dans le premier étage pour le magasin et très confortable pour la réception des touristes qui ont l’habitude d’aller tour à tour passer quelques jours pendant la saison d’été, pour y faire la pêche dans les beaux lacs de cette paroisse.

 

Conditions faciles.

 

S’adresser sur les lieux à T. Lévesque, St-Mathieu. »

La photo de la maison a été publiée dans la monographie Saint-Mathieu-de-Rioux raconte son histoire en 2016.

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# 5365             24 avril 2020

Décès d’un centenaire

Daniel Jean Girouard, époux de Claire Girouard (née Henley), de Calgary, Alberta, est décédé le samedi 22 février 2020 à l'âge de 100 ans et 4 mois. Il était natif de Saint-Mathieu-de-Rioux. La maison funéraire McInnis & Holloway  a publié sur son site une courte biographie en anglais de cet homme.

Comme le récit de sa vie est assez exceptionnel pour l’époque, j’ai pensé vous présenter ce texte. Le voici en traduction libre :

 

« Daniel John Girouard, est né le 22 octobre 1919 d'Alfred Girouard et d'Yvonne Dionne dans la paroisse de St-Mathieu au Québec. Le temps que Daniel a passé avec sa mère a été malheureusement bref. En 1921, peu de temps après la naissance du frère de Daniel, Charles, sa mère et son bébé Charles sont décédés de complications après la naissance. Cette tragédie a incité Alfred à quitter le Québec pour commencer une nouvelle vie dans l'Ouest, soit dans le district de Peace River en Alberta.

Daniel est demeuré au Québec pour être élevé par ses grands-parents maternels, Ferdinand Dionne et Marie Gagnon. Ceux-ci ayant élevé une famille nombreuse (8 enfants), ils ont donné à Daniel la possibilité de grandir avec des oncles et des tantes, certains presque de son âge. Daniel a grandi sur la ferme familiale et a vécu une enfance heureuse et aimante. Le premier jour d'école où l'enseignante faisait l’appel des noms, elle a dit « Daniel Girouard », personne n'a répondu. Elle a de nouveau appelé le nom, a montré Daniel et a dit : « C'est toi ? » Daniel secoua la tête, il dit : « Non, je m'appelle Daniel Dionne. » Quand il est rentré chez lui, il a dit à sa grand-mère : « Cette maîtresse est folle, elle a dit que je m'appelle Girouard ! »

Quand Daniel eut 12 ans, son père est revenu à Saint-Mathieu pour le ramener en Alberta. Au début du séjour, Daniel ne croyait pas qu'Alfred était son père. Le lendemain, après le retour de Daniel de l'école, Alfred était toujours là. Ses grands-parents ont réussi à le convaincre qu'Alfred était bien son père et il a accepté la situation. Daniel a voyagé avec son père, ses oncles Charles et Ferdinand Dionne, et Philippe D'Auteuil en Alberta.

Son père s'était marié une deuxième fois avec Florentine Campbell en 1926, ils avaient deux enfants : Ted (Phillip Alfred) et Jeanne. Daniel avait un demi-frère et une demi-sœur qu'il avait rencontrés à son arrivée à la propriété familiale de Dreau en Alberta. Daniel a poursuivi ses études jusqu'à l'âge de 15 ans quand il a fait une chute brutale de son cheval et s'est blessé à la jambe. Après avoir récupéré à la maison, il a été décidé qu'il avait suffisamment de scolarité, et il était temps pour lui de commencer à travailler à plein temps à la ferme. Daniel a travaillé à la ferme jusqu'à ce qu'il convainque son père de le laisser aller dans un camp de bûcherons pour aider ses oncles. Il a également défriché des terres avec son père et a travaillé pour le chemin de fer dans sa jeunesse.

En 1941, à l'âge de 21 ans, Daniel s'est enrôlé dans les Forces armées canadiennes à Grande Prairie en Alberta. Il s'est entraîné près de Calgary, puis en Angleterre. Daniel a servi pendant la Seconde Guerre mondiale avec une équipe de transport au sol. Il a été affecté en Méditerranée centrale, en Europe du Nord-Ouest et en Hollande à la fin de la guerre. Il est revenu au Canada en 1946. Il a noué des amitiés à vie avec plusieurs de ses copains de l'armée, dont Dick Page et Henry Johnson de la région de Didsbury, et plusieurs autres de partout en Alberta et au Canada.

Daniel est retourné dans la région de Peace River pour travailler sur le chemin de fer et la ferme. Là, il a rencontré l'amour de sa vie Claire Marie Henley. En décembre 1946, ils se sont mariés à Girouxville, en Alberta. La réception a dû être assez festive car l’édifice a brûlé après le départ des invités tôt le matin.

Daniel et Claire ont acquis une terre au sud de Girouxville qu'ils ont défrichée et cultivée jusqu'en 1950, tout en occupant d'autres emplois pour joindre les deux bouts. En 1947, leur première fille est née, Marguerite Yvonne. En 1948, leur premier fils est né, Richard Theodore. La jeune famille demeurait près de Prince George, en Colombie-Britannique, pour le travail, où leur deuxième fille, Paula Louise, est née en 1949. Pendant leur séjour en Colombie-Britannique, un incendie a de nouveau frappé et ils ont perdu de nombreux biens.

Daniel a ensuite trouvé un emploi dans une équipe sismique et la famille a voyagé avec lui. Ils vivaient dans une petite remorque à la suite de travaux sismiques en Alberta et en Saskatchewan. En 1953, ils sont arrivés à Calgary et ont vécu dans le parc à roulottes d'Inglewood, puis à Sunshine Auto Court, qui fait maintenant partie de Stampede Park. En 1954, Daniel a commencé à travailler pour Postes Canada, où il fut facteur jusqu'à sa retraite en 1980.

En 1955, la famille emménage dans une toute nouvelle maison à Bowness. Les enfants avaient de l’espace en masse : 850 pieds carrés, une grosse différence par rapport à la roulotte. Les enfants ont fréquenté l'école à Bowness, et Daniel et Claire se sont fait de nombreux nouveaux amis. Daniel aimait voyager, et la famille a passé de nombreux week-ends sur la route pour rendre visite à des parents et amis. À la surprise générale, le quatrième enfant de Daniel et Claire, Paul Louis, est arrivé en 1966, 17 ans après sa sœur.

Les voyages de Daniel et Claire les ont emmenés en Europe, en Amérique du Sud et dans les Caraïbes. Après leur retraite en 1980, ils ont passé plusieurs années à faire des voyages en camping-car à travers le Canada, les États-Unis et le Mexique. Après que Daniel ait eu 80 ans, les voyages ont été plus courts, mais ils ont quand même voyagé à travers le Canada pour rendre visite à des amis et à leur famille.

 

Daniel était membre de la filiale 238 de la Légion royale canadienne. Il a passé du temps en tant qu'officier de service et a aidé le Fonds du coquelicot pendant de nombreuses années. Daniel et Claire étaient des habitués du Jam du jeudi pour aînés et aimaient faire une danse ou deux. Ils ont assisté à deux voyages « Merci Canada » en Hollande, où ils ont été extrêmement bien traités grâce à l’implication de Daniel à la fin et après la guerre. Daniel et Claire ont vécu dans leur maison de Bowness jusqu'à ce qu'il soit enfin prêt à emménager dans une résidence de retraite à l'âge de 97 ans.

 

Daniel avait un grand amour pour sa famille et ses amis. Il n'était jamais plus heureux que lorsqu'il jouait avec des enfants. Il aimait taquiner tous les enfants et ils revenaient tous vers lui. Daniel a fêté ses 100 ans en octobre dernier, où il a eu le plaisir de rendre visite à de nombreux amis et à sa famille qui ont voyagé pour profiter d'un après-midi en son honneur. Daniel était très aimé, et sa mémoire vivra avec nous pour longtemps.

 

Daniel a été précédé dans la mort par sa mère Yvonne Dionne, son père Alfred Girouard, deux frères, Charles Girouard et Ted Girouard, sa sœur Jeanne Gendron et ses grands-parents, Ferdinand Dionne et Marie Gagnon. » (Fin du texte cité)

La photo appartient à la maison funéraire McInnis & Holloway.

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# 5340             9 avril 2020

Un père éprouvé

Jusque vers 1950, la mortalité infantile, les accouchements, les maladies pulmonaires, les épidémies plombaient l’espérance de vie. Je vous raconte l’histoire d’Alfred Théberge de Saint-Mathieu-de-Rioux qui a été durement éprouvé par des pertes de vie dans sa famille immédiate.

 

Alfred Théberge est le fils d’Alexandre-Timothée Théberge et d’Émérence St-Pierre. Il est né le 26 février 1840. Il épouse en premières noces Arthémise Bélanger le 24 novembre 1863 et en deuxièmes noces Rose Rousseau le 15 octobre 1878. Cette dernière décède le 13 mai 1940 à l’âge de 88 ans.

 

Pendant sa vie, Alfred Théberge a perdu sa première épouse, Arthémise Bélanger. Elle décède le 3 octobre 1867 à l’âge de 23 ans d’une maladie contagieuse. Elle avait mis au monde son deuxième enfant une semaine plus tôt, soit le 27 septembre.

 

Pendant sa vie, Alfred Théberge a perdu 8 de ses 13 enfants. Voici les noms par ordre chronologique de décès :

 

Victime 1. Délima. Née le 27 septembre 1867, elle décède le 25 novembre 1867 à l’âge de 2 mois de la même maladie que sa mère Arthémise.

 

Les victimes suivantes sont les enfants de Rose Rousseau qui a mis au monde 11 enfants.

 

Victime 2. Adélard. Né le 28 mai 1880, il décède le 9 mai 1881 à l’âge de presqu’un an.

 

Victime 3. Un autre Adélard. Né le 13 juillet 1881, il décède le 7 septembre 1882 à l’âge d’un an et 2 mois.

 

Victime 4. Hermel Alfred. Né le 25 mars 1888, il décède le 3 décembre 1889 à l’âge d’un an et 8 mois.

 

Victime 5. Éva. Née le 26 août 1894, elle décède le 10 février 1901 à l’âge de 6 ans et 6 mois.

 

Victime 6. Émilie. Née le 4 septembre 1892, elle décède le 12 mai 1915 à l’âge de 22 ans. Elle était institutrice.

 

Victime 7. Aurore. Née le 8 mars 1891, elle épouse Cyprien Plourde le 1e juillet 1913. Elle décède le 12 novembre 1918 de la grippe espagnole à l’âge de 27 ans. Elle a mis au monde un enfant anonyme la veille de sa mort. Elle avait perdu un autre enfant anonyme le 29 septembre 1917.

 

Victime 8. Rose. Née le 15 novembre 1883, elle épouse Thomas Ouellet le 25 janvier 1905. Elle décède le 8 janvier 1920 à l’âge de 36 ans après avoir mis au monde 9 enfants.

 

Quand Alfred Théberge décède le 9 août 1924 à l’âge de 84 ans, il ne reste plus que cinq de ses enfants sur 13 pour pleurer sa perte. Ce sont : Clémentine, Émile, Désiré, Laura, une ancienne institutrice, et Corine. Cette dernière, une institutrice, décède le 6 septembre 1924 à l’âge de 39 ans, moins d’un mois après son père.

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