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Les charleries

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Ce blogue contient des souvenirs, des anecdotes, des opinions, de la fiction, des bribes d’histoire, des récréations et des documents d’archives.

Charles-É. Jean

Saint-Mathieu-de-Rioux

# 5560             21 septembre 2020

Vente de terres à l’encan

Dans  son édition du 31 janvier 1880, la Gazette officielle du Québec annonce que six terres appartenant à des cultivateurs de Saint-Mathieu-de-Rioux seront vendues aux enchères publiques à Rimouski le 1er mars prochain à moins que le paiement soit effectué avant le jour indiqué. Le journal précise que ces ventes seront faites à cause de taxes dues à la municipalité.

 

Les lecteurs seront surpris du fait que les montants dus sont minimes. Proposons quelques explications. Il est possible que les taxes scolaires qu’on appelle alors des cotisations soient aussi non payées. De plus, à cette époque, la coutume est à l’effet de faire « marquer » dans les commerces, c’est-à-dire d’acheter à crédit. Le fait de faire saisir leur terre est alors une façon pour les cultivateurs de se débarrasser de leurs dettes, y compris parfois l’hypothèque.

 

De plus, certains cultivateurs laissent aller leur terre soit pour profiter des avantages offerts aux colons d’obtenir gratuitement un lot de colonisation dans des nouvelles paroisses, soit pour recommencer à neuf, soit pour émigrer aux États-Unis.

 

Voici la localisation de six terres mises aux enchères, leur propriétaire et le montant dû, tels que précisés dans le journal :

 

1. Deux arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur, situés en le troisième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ; bornés au nord-est à Frédéric Gaudreau et au sud-ouest à Louis Dubé, circonstances et dépendances ; la propriété de Pierre Ouellet.

 

Montant dû : 75 ¢

 

2. Deux arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur, voisine du côté nord-est à Thomas D’Auteuil et au sud-ouest à Damase St-Pierre, lesquels sont situés en le troisième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ; la propriété de Pierre Ouellet.

 

Montant dû : 1,16 $

 

3. Deux arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur, situés en le cinquième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ; voisine du côté nord-est à Édouard Lagacé et au sud-ouest à Renouf et Rioux ; la propriété de Joseph Dionne.

 

Montant dû : 18 ¢

 

4. Trois arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur, situés en le cinquième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ; bornés au nord-est à Firmin Bérubé et à l'ouest à Narcisse Beaulieu ; la propriété de Thomas Dumont.

 

Montant dû : 88 ¢

 

5. Deux arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur, situés en le cinquième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ; bornés au nord-est à Alphonse Dionne et au sud-ouest à Dumas St-Jean ; la propriété de Pierre Fraser.

 

Montant dû : 8,33 $

 

6. Quatre arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur, situés au cinquième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ; bornés à l’est aux Dames Casault, seigneuresses, et à l'ouest à un inconnu ; la propriété de Hyacinthe Beaulieu.

 

Montant dû : 88 ¢

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# 5535             6 septembre 2020

Nouvelles du 14 février 1913

Dans son édition du 14 février 1913, le Progrès du Golfe, un journal de Rimouski, publie des nouvelles concernant Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

Mariages

- Le 7 janvier, M. Louis Gagnon, de St-Fabien, unissait sa destinée à celle de Mlle Adélia Rioux, fille de M. Narcisse Rioux, cultivateur.

- Le même jour, M. Antoine Paradis, fils de M. Jean-Baptiste Paradis à Mlle Joséphine Caron, fille de M. Georges Caron.

- Le 27 janvier, M. Eugène Dévost, fils de Pierre Dévost, à Mlle Marie-Hélène Rioux, des Trois-Pistoles.

- Le 3 février, M. Charles-Eugène Lagacé, fils de Joseph Lagacé, maire des Trois-Pistoles, à Mlle Marie-Anne Jean, fille de Jean (Johnny) Jean.

 

Sépulture

Le 16 janvier a été inhumée Mme Élise Dubé, épouse de Jean Lagacé. Elle s’est éteinte à l'âge de 40 ans. Elle laisse pour la pleurer un époux bien-aimé et une fille Mme Charles Rousseau (Marie-Anne Lagacé).

 

Baptême

Le 7 courant, l’épouse de M. Georges Leclerc, arpenteur de Lévis, donnait le jour à un fils qui porte les noms de Georges Robert Rosario. Parrain et marraine, M. et Mme Jean Dionne, grands-parents de l’enfant.

 

En visite

- Mlle Clairina Cayouette, de la Rivière de Trois-Pistoles, était de passage au presbytère la semaine dernière.

- Mme Vve Ulric Bérubé est en promenade chez ses parents et amis, ces jours-ci.

- M. le notaire Ouellet, de St-Pascal, était en visite chez son père M. Étienne Ouellet, dimanche dernier.

- Mme Georges Parent, de Trois-Pistoles, était aussi de passage ici, durant les jours gras, en visite chez ses parents et amis.

- Mlle Rose-Aimée Cayouette est de retour d’une promenade dans sa famille à Ste-Claire, où elle était allée pour assister au mariage de son frère M. Fénelon Cayouette.

 

Malade

Mme Majorique Rousseau est dangereusement malade.

 

Fête des Saintes Reliques.

Le 29 janvier, la fête des Saintes Reliques a eu lieu dans cette paroisse. M. le chan. Lavoie, Rév. M. Jean, Rév. M. Santerre, Rév. M. Pelletier, Rév. M. Amyot et le Rév. M. Arpin sont venus prêter leur concours à M. le curé. Le sermon a été donné par le Rév. M. Arpin : il a été très apprécié des auditeurs.

 

Statistiques

Durant l’année qui vient de s'écouler il y a eu 9 mariages, 9 sépultures et 26 baptêmes.

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# 5500             15 août 2020

Émigration vers les États-Unis

Vers 1840, un mouvement d’émigration de Québécois vers les États-Unis prend forme et dure jusqu’en 1930 alors que le pays ferme ses frontières.

 

À Saint-Mathieu-de-Rioux, le mouvement débute en 1887. Nous avons eu la chance de mettre la main sur un article d’un citoyen de Trois-Pistoles, qui semble être bien informé. L’article dont le titre est Le fléau de l’émigration a été publié dans L’Électeur, un quotidien de Québec, le 16 juillet 1892. On y trouve d’abord une brève description de la situation économique de Saint-Mathieu qui apparaît comme désastreuse. Puis, l’auteur fait une liste de familles qui ont émigré aux États-Unis de 1887 à 1892. Voici le texte de présentation :

 

« La paroisse de St-Mathieu, dans le comté de Rimouski n’est pas prospère. Le sol est pauvre. Les trois quarts des terres sont surchargées d’hypothèques et il est impossible à leurs propriétaires de songer à se défaire de ces obligations onéreuses au moyen des produits de la ferme. La récolte n’est pas assez abondante chaque année pour qu’ils puissent entretenir ces espérances. Même si, par impossible, ils récoltaient beaucoup, ils ne seraient guère plus avancés, ils vendraient nécessairement leurs produits à vil prix.

 

Aussi, il ne faudra pas être étonné de voir cette paroisse se dépeupler graduellement. Il est indubitable que le tiers de ses habitants auront émigré dans les États de la Nouvelle-Angleterre avant deux ou trois ans.

 

La population de St-Mathieu est actuellement de 900 âmes environ. » (Fin du texte cité)

 

Voici la liste des partants de 1887 à 1892  et leur nombre par année en supposant que chaque homme est accompagné de son épouse :

 

En 1887 : 7 personnes dont 5 enfants

Anatole Moreau, 5 enfants

 

En 1888 : 49 personnes dont 37 enfants

Narcisse Lévesque, 8 enfants

Noël Lévesque, 4 enfants

Frédéric Rioux, 6 enfants

Lucien Rioux, 8 enfants

Pierre Fraser, 6 enfants

Denis St-Jean, 5 enfants

 

En 1889 : 76 personnes dont 54 enfants

Joseph Bérubé, 7 enfants

Napoléon Charrette, 0 enfant

Joseph Dévost, 6 enfants

J. B. Lavoie, forgeron, 4 enfants

J. B. Lavoie, meunier, 5 enfants

Théophile Lévesque, 0 enfant

Pierre Ouellet, 5 enfants

Michel Paradis, 9 enfants

Charles Ricard, 5 enfants

Marcellin Rousseau, 5 enfants

Joseph Sergerie, 8 enfants

 

En 1890 : 195 personnes dont 143 enfants

Édouard Bérubé, 10 enfants

Édouard Bérubé, fils de Séverin, 4 enfants

Charles Caron, 4 enfants

William Castonguay, 3 enfants

Jean Côté, 7 enfants

Léandre Dévost, 8 enfants

Louis Dubé, 4 enfants

Maxime Dubé, 7 enfants

Séverin Dubé, 7 enfants

Paul Gaudreau, 5 enfants

Luc Jean, 6 enfants

Xavier Jean, 8 enfants

Louis Leclerc, 6 enfants

Eusèbe Lévesque, 4 enfants

Narcisse Lévesque, fils de David, 7 enfants

J. B. Michaud, 6 enfants

Charles Morin, 4 enfants

Aristobule Paradis, 4 enfants

Venant Plourde, 8 enfants

Simon Rioux, 6 enfants

Joseph Roy, 5 enfants

Pierre Roy, 3 enfants

Germain St-Laurent, 5 enfants

Étienne Tardif, 2 enfants

J. B. Tondreau, 4 enfants

Célestin Vaillancourt, 6 enfants

 

En 1891 : 33 personnes dont 23 enfants

Barthélémy Dandurand, 3 enfants

Charles Dandurand, 4 enfants

Denis Fournier, 4 enfants

Philippe Lagacé, 7 enfants

Cléophas Turcot, 5 enfants

 

En 1892 : 21 personnes dont 15 enfants

Octave Boucher, 8 enfants

Narcisse Lévesque, père, 4 enfants

Jos. Paradis, père, 3 enfants

 

Voici un tableau qui résume la situation :

 

 

1887

1888

1889

1890

1891

1892

Total

Parents

2

12

22

52

10

6

104

Enfants

5

37

54

143

23

15

277

Total

7

49

76

195

33

21

381

 

« La plupart de ces familles sont maintenant dans les États du Maine et du Massachusetts. Quelques-unes d’entre elles se sont fixées dans les villes manufacturières de l’État du Michigan ; enfin, d’autres, en petit nombre, sont dans l’ouest américain dans le Minnesota et le Dakota. »

 

Il semble bien que la prédiction de l’auteur de l’article ne s’est pas réalisée parce que de 1891 à 1900 la population de Saint-Mathieu a diminué de 107 personnes dont 54 avaient émigré en 1891 et 1892. D’ailleurs, l’année marquante est de loin 1890, comme le montre le tableau précédent. Les 195 départs ont, sans aucun doute, constitué tout un choc pour la population de la paroisse.

 

Selon des experts, autour de la moitié des partants du Québec sont revenus chez eux après quelques années aux États-Unis. En est-il de même pour les Mathéens ? On n’en sait rien.

 

Alors que la population de Saint-Mathieu-de-Rioux est de 1175 habitants en 1881, pendant les années subséquentes, elle sera à son plus bas niveau en 1921 avec 781 habitants pour dépasser les 1000 personnes de 1941 à 1966.

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# 5475            30 juin 2020

La commission scolaire

Selon le Journal de l’Instruction publique de juillet 1859, la commission scolaire de Saint-Mathieu-de-Rioux a été érigée en 1859.

 

Dans l’Album-souvenir du centenaire publié en 1966, j’avais écrit : « 31 décembre 1869. Première assemblée de la Commission scolaire consignée au registre. Le président est M. le curé Antoine Chouinard et les commissaires sont Georges Parent, Édouard Bérubé et Barthélémy Dandurand. Le secrétaire-trésorier est Théophile Lévesque. »

 

J’avais puisé cette information dans les registres de la commission scolaire. Se peut-il que le secrétaire ne consignait pas les procès verbaux dans un grand livre avant cette date? Pour le savoir, il faudrait peut-êtrre retrouver le registre qui a été ouvert en 1869 car il a été égaré.

 

En novembre 1859, le Journal de l’Instruction publique, annonce que « Son Excellence, le Gouverneur Général, a bien voulu, le 25 octobre dernier, faire les nominations suivantes de commissaires d’école pour Saint-Mathieu : MM. Célestin Vaillancourt, Damase Devost, Hyacinthe Gagnon, Vital Rousseau et Édouard Lagacé. »

 

« Les commissions scolaires reconnues comme pauvres reçoivent des subventions du Gouvernement. La commission scolaire de Saint-Mathieu reçoit pour 1865 une subvention ordinaire de 84,10 $. Elle a prélevé en cotisations (impôts scolaires) 118,60 $. En plus, elle reçoit une subvention supplémentaire de 30 $ alors qu’elle demandait 36 $. » Journal de l’Instruction publique, février 1866

 

« La commission scolaire de Saint-Mathieu reçoit pour 1866 une subvention ordinaire de 84,10 $. Elle a prélevé 121 $ en cotisations. En plus, elle reçoit une subvention supplémentaire de 27 $ alors qu’elle demandait 32 $. » Journal de l’Instruction publique, mars 1867

 

En 1867, « cette municipalité n’a que deux écoles mais on avise aux moyens d’en ouvrir une troisième dans un canton éloigné des écoles établies. Les progrès sont satisfaisants dans ces deux écoles que fréquentent 98 élèves, avec une assistance quotidienne de 67 élèves. On note que les livres de comptes sont bien tenus. » Journal de l’Instruction publique, mai 1867.

 

« La commission scolaire de Saint-Mathieu reçoit pour 1870 une subvention ordinaire de 84,10 $. Elle a prélevé 94,32 $. En plus, elle reçoit une subvention supplémentaire de 30 $ alors qu’elle demandait 30 $. On note que quatre écoles existent. » Journal de l’Instruction publique, janvier 1871

 

« La commission scolaire de Saint-Mathieu reçoit pour 1871 une subvention ordinaire de 84,10 $. Elle a prélevé en cotisations 152,90 $. En plus, elle reçoit une subvention supplémentaire de 30 $ alors qu’elle demandait 36 $. On note que quatre écoles existent. » Journal de l’Instruction publique, mars 1872

 

Les derniers extraits nous montrent le peu de ressources financières de la commission scolaire. Par exemple, en 1871, le budget annuel de l’organisme est de 267 $ pour quatre écoles, soit une moyenne de 66,75 $ par école. Avec cet argent, il fallait payer l’institutrice et assurer le loyer des maisons d’école et l’entretien des écoles, en particulier le chauffage pendant l’hiver.

 

Le 30 octobre 1880, la Gazette officielle du Québec publie un avis de demande d’annexion. Le texte se lit comme suit :

 

« Annexer à la municipalité de Sainte-Françoise, dans le comté de Témiscouata, le territoire suivant de la paroisse de Saint-Mathieu, dans le comté de Rimouski, savoir : dix-huit arpents de front sur la cinquième concession, et 14 arpents sur la sixième concession ; bornée au nord aux terres de la quatrième concession, de la seigneurie de Nicolas Rioux, au sud aux terres de la septième concession, à l’ouest à la ligne de Sainte-Françoise, et à l’est à Thomas P. Pelletier, écuyer, sur les deux concessions. »

 

En septembre 1892, le journal L’enseignement primaire écrit : « Il a plu à Son Honneur le lieutenant-gouverneur, par un ordre en conseil, en date du 8 juillet dernier (1892), de détacher de la municipalité de Saint-Mathieu de Rioux, comté de Rimouski, les propriétés nos 135, 136, 137, 138 et 139 du cadastre de la dite paroisse, et les annexer pour les fins scolaires à la municipalité de la paroisse des Trois-Pistoles, comté de Témiscouata. Cet ordre en conseil ne prendra effet que le premier de juillet prochain (1893) ».

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# 5465             24 juin 2020

Nouvelles du 16 janvier 1909

Dans son édition du 16 janvier 1909, L’Action sociale, journal de Québec qui a précédé l’Action catholique, on peut lire plusieurs nouvelles concernant la paroisse de Saint-Mathieu-de-Rioux. Des éléments d’information ont été ajoutés.

 

« À une assemblée des anciens et nouveaux marguilliers, M. Cyprien Bélanger a été élu marguillier en remplacement de M. Charles Ouellet sortant de charge. Les deux autres marguillers sont Thomas Pelletier et Ludger Ouellet.

 

Baptêmes. M. et Mme Charles d'Auteuil (Émilia Dionne) ont fait baptiser une fille sous les noms de Marie Rose Anna. Parrain et marraine : M. et Mme Adélard d'Auteuil (Elmire Gaudreau). Note. Rose Anna est née le 31 décembre 1908. Elle épousera Georges Roy le 23 décembre 1944 à Louiseville.

 

M. et Mme Philéas Gaudreau (Delphine Dionne) ont fait baptiser une fille Marie Rose Délima. Parrain David Ouellet, marraine Délima Gaudreau. Note. Rose Délima est née le 31 décembre 1908. Elle épousera Ernest Desjardins le 26 décembre 1925 à St-Mathieu.

 

M. et Mme Narcisse Rioux (Arthémise Jean) ont fait baptiser un fils sous les noms de Joseph Roméo Camille. Parrain Victor Jean, marraine Marie-Anna Jean. Note. C'est le 16e enfant du couple Rioux-Jean. Roméo Camille est né le 5 janvier 1909. Il décédera le 13 octobre 1931 à l’âge de 22 ans.

 

M. et Mme Joseph Côté (Marie Ouellet) ont fait baptiser une fille Marie Ange. Parrain et marraine : M. et Mme Thomas Ouellet (Marie-Rose Théberge). Note. Marie Ange est née le 27 décembre 1908.

 

Extrait des registres

Les registres mentionnent pour 1908 : 8 mariages, 39 baptêmes, 15 sépultures. » (Fin du texte cité)

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# 5440             9 juin 2020

Émélie Théberge (1892-1915)

Émélie Théberge est née à Saint-Mathieu-de-Rioux le 4 septembre 1892. Elle est la fille d’Alfred Théberge et de Rose Rousseau. Dans son édition du 13 novembre 1914, le Progrès du Golfe nous apprend qu’Émélie Théberge est malade. Six mois plus tard, soit le 21 mai 1915, le même journal nous apprend son décès. «  Le douze mai, la mort  (…) enlevait à la fleur de l’âge, une victime de la terrible consomption, Mlle Émilie Théberge, institutrice, âgée de 22 ans, fille de M. Alfred Théberge, secrétaire-trésorier. Les funérailles, le 15 mai, furent très solennelles. L’église avait revêtu ses plus riches tentures de deuil et l’assistance était nombreuse. La levée du corps se fit à la maison mortuaire. M. le curé Cayouette officiait.

 

La croix était portée par Mlle M. Audet, accompagnée des porteurs : M. Thomas Ouellet, beau-frère de la défunte, ses frères M. Émile et Désiré Théberge, ses beaux-frères M. Eugène Vaillancourt et M. Cyprien Plourde. Les coins du poêle (drap mortuaire) étaient portés par des enfants de Marie, amis de la défunte, Mlle Élise Bernier, institutrice, Mlle Marie-Thérèse Nicole, de St-Simon, Mlle Octavie Plourde et Mlle Léontine Parent.

 

Le deuil était conduit par M. et Mme Alfred Théberge, père et mère de la défunte, Mesdames Thomas Ouellet, Eugène Vaillancourt et Cyprien Plourde, Mlles Clémentine et Corine Théberge, toutes sœurs de la défunte. Les enfants de l'école modèle vinrent ensuite pour rendre un dernier hommage à celle qui fut leur maîtresse aimée.

 

Dans le cortège, nous remarquions toutes les institutrices de la paroisse, Mme Vve Thomas. Rioux, Mlles Sirois et Ouellet, les deux demoiselles Bilodeau.

 

Le chant fut très réussi. À part les chantres ordinaires, les deux demoiselles suivantes chantèrent des cantiques avant le service. Mademoiselle Octavie Plourde, dont la voix est si douce et si sympathique, chanta le cantique « Jusques à quand, enfants des hommes » avec beaucoup d’âme. Avant le « libéra », Mlle Élise Bernier chanta l’Adieu de Schubert, avec paroles adaptées pour sépulture de jeune fille. Sa voix harmonieuse et si émue fit couler bien des larmes.

 

Mlle Émilie Théberge, jeune fille distinguée par ses vertus, ses talents et son aimable caractère avait su se créer un grand nombre d’amis qui ne l’oublieront pas de longtemps. Sa maladie si longue fut soufferte avec une grande résignation. Dieu est venu cueillir cette belle fleur pour en orner son ciel. Elle emporte des regrets unanimes comme le prouvent les nombreuses offrandes de bouquets spirituels.

 

À la famille affligée nos plus sincères sympathies. »

 

L’article est signé Fleur du Pays.

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# 5420             27 mai 2020

Fin tragique de Majorique Rousseau

Chaque paroisse vit ses propres drames. Dans l’édition du 24 octobre 1903, La Presse, un quotidien de Montréal, raconte la disparition d’un paroissien de Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

« Un brave cultivateur de St-Mathieu, comté de Rimouski, M. Majorique Rousseau, âgé d’environ 70 ans, partit de sa demeure l’autre après-midi pour se rendre au bois sur sa terre. Le soir, le vieillard ne revenait pas et, à mesure que la nuit avançait, l’émoi grandissait au foyer.

 

Le lendemain matin, sa famille fit part au voisinage de la disparition du vieillard. Plusieurs amis alors se mirent à sa recherche toute la journée du samedi, mais sans succès.

 

Dimanche dernier, M. le curé de St-Mathieu, dans l’anxiété lui-même de connaître ce qu’était devenu cet estimé paroissien, dit une messe basse au lieu de chanter la messe paroissiale ordinaire et demanda à ses paroissiens de se mettre immédiatement après la messe à la recherche de M. Rousseau.

 

En effet, grand nombre de paroissiens se rendirent de bonne grâce à cette invitation et firent une battue générale dans le bois. Dans le cours de l’après-midi, on trouva le vieillard couché au pied d’un arbre sur le côté droit et la main droite sous l’oreille. Il semblait dormir.

 

M. Majorique Rousseau était un citoyen très estimé à St-Mathieu. Il était connu sous le nom amical de « Père Major ». (Fin du texte cité)

 

Majorique Rousseau est né le 24 avril 1830. Il est le fils de Laurent Rousseau et de Rosalie Lévesque. Il épouse en premières noces Desanges Vaillancourt le 11 juillet 1854 en l’église de Saint-Simon. En secondes noces, il épouse Marie Lagacé le 15 octobre 1872 à Saint-Mathieu, Il décède le 16 octobre 1903. Il a donc 73 ans lors du drame. 

 

De ses deux unions, Majorique Rousseau a 18 enfants. Citons Majorique (Geneviève Marquis), Zoé (Louis Fortin), Luce (Luc Larrivée), Désiré (Caroline Drapeau et Claudia Lavoie), Charles-Eugène (Marie Anne Lagacé), Éva (Jos Vaillancourt), Clairina (Jean-Charles Couturier).

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# 5400             15 mai 2020

Vente du magasin général

L’électeur, journal du matin de Québec, dans son édition du 1er mai 1889, annonce la vente de la maison de T. Lévesque, de Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

Qui est ce T. Lévesque ? Il est fort à parier qu’il s’agit de Théophile Lévesque. En effet, cet homme a été le premier propriétaire en 1866 du magasin général situé en face de l’église. Il est né en 1836. Il est le fils de Pierre Lévesque et de Madeleine Gauvin. Il épouse Arthémise Michaud le 28 octobre 1862 à Trois-Pistoles.

 

Il a été le premier secrétaire-trésorier de la commission scolaire de Saint-Mathieu-de-Rioux en 1869. Il a aussi été le premier secrétaire-trésorier de la municipalité de 1872 à 1881. On en déduit qu’il avait une certaine instruction. Lors de l’annonce de la vente de la bâtisse, il a 63 ans.

 

 

Voici le texte de l’annonce :

 

« Maison à vendre, T. Lévesque

Une magnifique maison à deux étages de 25 × 30 pieds avec cuisine attenante en arrière, de 15 × 25 pieds, située près de l'église St-Mathieu de Rimouski, avec ensemble hangar, étable et remise, sur un emplacement d’un arpent sur un demi-arpent de terre.

 

Le tout en très bon ordre avec un côté de la maison dans le premier étage pour le magasin et très confortable pour la réception des touristes qui ont l’habitude d’aller tour à tour passer quelques jours pendant la saison d’été, pour y faire la pêche dans les beaux lacs de cette paroisse.

 

Conditions faciles.

 

S’adresser sur les lieux à T. Lévesque, St-Mathieu. »

La photo de la maison a été publiée dans la monographie Saint-Mathieu-de-Rioux raconte son histoire en 2016.

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# 5365             24 avril 2020

Décès d’un centenaire

Daniel Jean Girouard, époux de Claire Girouard (née Henley), de Calgary, Alberta, est décédé le samedi 22 février 2020 à l'âge de 100 ans et 4 mois. Il était natif de Saint-Mathieu-de-Rioux. La maison funéraire McInnis & Holloway  a publié sur son site une courte biographie en anglais de cet homme.

Comme le récit de sa vie est assez exceptionnel pour l’époque, j’ai pensé vous présenter ce texte. Le voici en traduction libre :

 

« Daniel John Girouard, est né le 22 octobre 1919 d'Alfred Girouard et d'Yvonne Dionne dans la paroisse de St-Mathieu au Québec. Le temps que Daniel a passé avec sa mère a été malheureusement bref. En 1921, peu de temps après la naissance du frère de Daniel, Charles, sa mère et son bébé Charles sont décédés de complications après la naissance. Cette tragédie a incité Alfred à quitter le Québec pour commencer une nouvelle vie dans l'Ouest, soit dans le district de Peace River en Alberta.

Daniel est demeuré au Québec pour être élevé par ses grands-parents maternels, Ferdinand Dionne et Marie Gagnon. Ceux-ci ayant élevé une famille nombreuse (8 enfants), ils ont donné à Daniel la possibilité de grandir avec des oncles et des tantes, certains presque de son âge. Daniel a grandi sur la ferme familiale et a vécu une enfance heureuse et aimante. Le premier jour d'école où l'enseignante faisait l’appel des noms, elle a dit « Daniel Girouard », personne n'a répondu. Elle a de nouveau appelé le nom, a montré Daniel et a dit : « C'est toi ? » Daniel secoua la tête, il dit : « Non, je m'appelle Daniel Dionne. » Quand il est rentré chez lui, il a dit à sa grand-mère : « Cette maîtresse est folle, elle a dit que je m'appelle Girouard ! »

Quand Daniel eut 12 ans, son père est revenu à Saint-Mathieu pour le ramener en Alberta. Au début du séjour, Daniel ne croyait pas qu'Alfred était son père. Le lendemain, après le retour de Daniel de l'école, Alfred était toujours là. Ses grands-parents ont réussi à le convaincre qu'Alfred était bien son père et il a accepté la situation. Daniel a voyagé avec son père, ses oncles Charles et Ferdinand Dionne, et Philippe D'Auteuil en Alberta.

Son père s'était marié une deuxième fois avec Florentine Campbell en 1926, ils avaient deux enfants : Ted (Phillip Alfred) et Jeanne. Daniel avait un demi-frère et une demi-sœur qu'il avait rencontrés à son arrivée à la propriété familiale de Dreau en Alberta. Daniel a poursuivi ses études jusqu'à l'âge de 15 ans quand il a fait une chute brutale de son cheval et s'est blessé à la jambe. Après avoir récupéré à la maison, il a été décidé qu'il avait suffisamment de scolarité, et il était temps pour lui de commencer à travailler à plein temps à la ferme. Daniel a travaillé à la ferme jusqu'à ce qu'il convainque son père de le laisser aller dans un camp de bûcherons pour aider ses oncles. Il a également défriché des terres avec son père et a travaillé pour le chemin de fer dans sa jeunesse.

En 1941, à l'âge de 21 ans, Daniel s'est enrôlé dans les Forces armées canadiennes à Grande Prairie en Alberta. Il s'est entraîné près de Calgary, puis en Angleterre. Daniel a servi pendant la Seconde Guerre mondiale avec une équipe de transport au sol. Il a été affecté en Méditerranée centrale, en Europe du Nord-Ouest et en Hollande à la fin de la guerre. Il est revenu au Canada en 1946. Il a noué des amitiés à vie avec plusieurs de ses copains de l'armée, dont Dick Page et Henry Johnson de la région de Didsbury, et plusieurs autres de partout en Alberta et au Canada.

Daniel est retourné dans la région de Peace River pour travailler sur le chemin de fer et la ferme. Là, il a rencontré l'amour de sa vie Claire Marie Henley. En décembre 1946, ils se sont mariés à Girouxville, en Alberta. La réception a dû être assez festive car l’édifice a brûlé après le départ des invités tôt le matin.

Daniel et Claire ont acquis une terre au sud de Girouxville qu'ils ont défrichée et cultivée jusqu'en 1950, tout en occupant d'autres emplois pour joindre les deux bouts. En 1947, leur première fille est née, Marguerite Yvonne. En 1948, leur premier fils est né, Richard Theodore. La jeune famille demeurait près de Prince George, en Colombie-Britannique, pour le travail, où leur deuxième fille, Paula Louise, est née en 1949. Pendant leur séjour en Colombie-Britannique, un incendie a de nouveau frappé et ils ont perdu de nombreux biens.

Daniel a ensuite trouvé un emploi dans une équipe sismique et la famille a voyagé avec lui. Ils vivaient dans une petite remorque à la suite de travaux sismiques en Alberta et en Saskatchewan. En 1953, ils sont arrivés à Calgary et ont vécu dans le parc à roulottes d'Inglewood, puis à Sunshine Auto Court, qui fait maintenant partie de Stampede Park. En 1954, Daniel a commencé à travailler pour Postes Canada, où il fut facteur jusqu'à sa retraite en 1980.

En 1955, la famille emménage dans une toute nouvelle maison à Bowness. Les enfants avaient de l’espace en masse : 850 pieds carrés, une grosse différence par rapport à la roulotte. Les enfants ont fréquenté l'école à Bowness, et Daniel et Claire se sont fait de nombreux nouveaux amis. Daniel aimait voyager, et la famille a passé de nombreux week-ends sur la route pour rendre visite à des parents et amis. À la surprise générale, le quatrième enfant de Daniel et Claire, Paul Louis, est arrivé en 1966, 17 ans après sa sœur.

Les voyages de Daniel et Claire les ont emmenés en Europe, en Amérique du Sud et dans les Caraïbes. Après leur retraite en 1980, ils ont passé plusieurs années à faire des voyages en camping-car à travers le Canada, les États-Unis et le Mexique. Après que Daniel ait eu 80 ans, les voyages ont été plus courts, mais ils ont quand même voyagé à travers le Canada pour rendre visite à des amis et à leur famille.

 

Daniel était membre de la filiale 238 de la Légion royale canadienne. Il a passé du temps en tant qu'officier de service et a aidé le Fonds du coquelicot pendant de nombreuses années. Daniel et Claire étaient des habitués du Jam du jeudi pour aînés et aimaient faire une danse ou deux. Ils ont assisté à deux voyages « Merci Canada » en Hollande, où ils ont été extrêmement bien traités grâce à l’implication de Daniel à la fin et après la guerre. Daniel et Claire ont vécu dans leur maison de Bowness jusqu'à ce qu'il soit enfin prêt à emménager dans une résidence de retraite à l'âge de 97 ans.

 

Daniel avait un grand amour pour sa famille et ses amis. Il n'était jamais plus heureux que lorsqu'il jouait avec des enfants. Il aimait taquiner tous les enfants et ils revenaient tous vers lui. Daniel a fêté ses 100 ans en octobre dernier, où il a eu le plaisir de rendre visite à de nombreux amis et à sa famille qui ont voyagé pour profiter d'un après-midi en son honneur. Daniel était très aimé, et sa mémoire vivra avec nous pour longtemps.

 

Daniel a été précédé dans la mort par sa mère Yvonne Dionne, son père Alfred Girouard, deux frères, Charles Girouard et Ted Girouard, sa sœur Jeanne Gendron et ses grands-parents, Ferdinand Dionne et Marie Gagnon. » (Fin du texte cité)

La photo appartient à la maison funéraire McInnis & Holloway.

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# 5340             9 avril 2020

Un père éprouvé

Jusque vers 1950, la mortalité infantile, les accouchements, les maladies pulmonaires, les épidémies plombaient l’espérance de vie. Je vous raconte l’histoire d’Alfred Théberge de Saint-Mathieu-de-Rioux qui a été durement éprouvé par des pertes de vie dans sa famille immédiate.

 

Alfred Théberge est le fils d’Alexandre-Timothée Théberge et d’Émérence St-Pierre. Il est né le 26 février 1840. Il épouse en premières noces Arthémise Bélanger le 24 novembre 1863 et en deuxièmes noces Rose Rousseau le 15 octobre 1878. Cette dernière décède le 13 mai 1940 à l’âge de 88 ans.

 

Pendant sa vie, Alfred Théberge a perdu sa première épouse, Arthémise Bélanger. Elle décède le 3 octobre 1867 à l’âge de 23 ans d’une maladie contagieuse. Elle avait mis au monde son deuxième enfant une semaine plus tôt, soit le 27 septembre.

 

Pendant sa vie, Alfred Théberge a perdu 8 de ses 13 enfants. Voici les noms par ordre chronologique de décès :

 

Victime 1. Délima. Née le 27 septembre 1867, elle décède le 25 novembre 1867 à l’âge de 2 mois de la même maladie que sa mère Arthémise.

 

Les victimes suivantes sont les enfants de Rose Rousseau qui a mis au monde 11 enfants.

 

Victime 2. Adélard. Né le 28 mai 1880, il décède le 9 mai 1881 à l’âge de presqu’un an.

 

Victime 3. Un autre Adélard. Né le 13 juillet 1881, il décède le 7 septembre 1882 à l’âge d’un an et 2 mois.

 

Victime 4. Hermel Alfred. Né le 25 mars 1888, il décède le 3 décembre 1889 à l’âge d’un an et 8 mois.

 

Victime 5. Éva. Née le 26 août 1894, elle décède le 10 février 1901 à l’âge de 6 ans et 6 mois.

 

Victime 6. Émilie. Née le 4 septembre 1892, elle décède le 12 mai 1915 à l’âge de 22 ans. Elle était institutrice.

 

Victime 7. Aurore. Née le 8 mars 1891, elle épouse Cyprien Plourde le 1e juillet 1913. Elle décède le 12 novembre 1918 de la grippe espagnole à l’âge de 27 ans. Elle a mis au monde un enfant anonyme la veille de sa mort. Elle avait perdu un autre enfant anonyme le 29 septembre 1917.

 

Victime 8. Rose. Née le 15 novembre 1883, elle épouse Thomas Ouellet le 25 janvier 1905. Elle décède le 8 janvier 1920 à l’âge de 36 ans après avoir mis au monde 9 enfants.

 

Quand Alfred Théberge décède le 9 août 1924 à l’âge de 84 ans, il ne reste plus que cinq de ses enfants sur 13 pour pleurer sa perte. Ce sont : Clémentine, Émile, Désiré, Laura, une ancienne institutrice, et Corine. Cette dernière, une institutrice, décède le 6 septembre 1924 à l’âge de 39 ans, moins d’un mois après son père.

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